DIRECT. Droit du travail : le gouvernement défend une réforme « ambitieuse, équilibrée et juste »

DIRECT. Droit du travail : le gouvernement défend une réforme « ambitieuse, équilibrée et juste »

Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud détaillent les ordonnances réformant le Code du travail devant la presse jeudi midi.

Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, lors d\'une conférence de presse présentant les ordonnances réformant le Code du travail, jeudi 31 août à Paris. 
Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, lors d’une conférence de presse présentant les ordonnances réformant le Code du travail, jeudi 31 août à Paris.  (ALAIN JOCARD / AFP)

Mis à jour le 31/08/2017 | 15:16
publié le 31/08/2017 | 06:21

Ce qu’il faut savoirC’est le jour J. Le gouvernement a dévoilé, jeudi 31 août, ses ordonnances réformant le Code du travail. Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud les ont détaillées à la presse lors d’une conférence, après les avoir présentées aux partenaires sociaux au cours d’une réunion multilatérale, ce matin, à Matignon. Parmi les principales annonces, le délai de recours aux prud’hommes sera limité à un an pour tous les types de licenciements, et les indemnités de licenciement augmenteront elles de 25%.

De nouvelles règles dans le dialogue social. « L’entreprise sera désormais le niveau essentiel du dialogue social », a affirmé Edouard Philippe lors de la présentation des ordonnances, jeudi. La réforme du Code du travail modifie l’articulation entre les accords de branches et d’entreprises, et le dialogue social dans ces dernières. La direction des TPE et PME pourra directement négocier avec un élu du personnel, même s’il n’est pas mandaté par un syndicat. Les instances représentatives du personnel (délégués du personnel, CE et CHSCT) seront également fusionnées au sein d’un « comité social et économique ».

 Réforme des licenciements. Ces ordonnances prévoient aussi des mesures relatives aux licenciements. Le délai de recours aux prud’hommes est limité à un an pour tout type de licenciement, et les indemnités prud’homales seront plafonnées à trois mois de salaire jusqu’à deux ans d’ancienneté, et à vingt mois jusqu’à trente ans d’ancienneté. En parallèle, les indemnités légales de licenciement vont augmenter de 25%, pour atteindre un quart de mois de salaire par année d’ancienneté. La réforme prévoit également un passage à un périmètre national pour apprécier les difficultés économiques des multinationales qui licencient en France.

 « Faire baisser le chômage ». C’est « une réforme de transformation profonde » qui « doit être assez ambitieuse et efficace pour continuer à faire baisser le chômage de masse et permettre de ne pas revenir sur ce sujet durant le quinquennat », explique le président Emmanuel Macron dans un entretien fleuve accordé jeudi au Point. Le Premier ministre, quant à lui, a qualifié cette réforme d’« ambitieuse, équilibrée et juste ». La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a elle affirmé que sa réforme représentait « une ambition et un saut culturel et qualitatif importants ».

Des manifestations les 12 et 23 septembre. Les opposants dénoncent une « loi travail XXL » dans la droite ligne de la loi El Khomri. Contrairement à 2016, où CGT et FO manifestaient main dans la main, la première est, pour l’heure, la seule grande organisation syndicale à appeler à manifester le 12 septembre. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a déjà annoncé que son syndicat « ne sera pas dans la rue le 12 septembre » pour cette journée d’action. La France insoumise, elle, compte « déferler » sur Paris le 23 septembre contre ce qu’elle considère comme un « coup d’Etat social ».

Retrouvez ici l’intégralité de notre live #TRAVAIL

15h16 : Voici les sujets les plus lus actuellement sur notre site :

Notre direct concernant l’enquête sur la disparition de la petite Maëlys, dans laquelle un homme est en garde à vue.

Notre article sur cette photo d’un jeune homme volage devenu le cliché le plus partagé et détourné de l’été.

Notre résumé des principales mesures annoncées ce midi dans le cadre de la réforme du droit du travail.

15h03 : « Pour nous, c’est une agression confirmée contre le code du travail, avec préméditation en plus », dénonce Alexis Corbière, député de La France insoumise, juste après la présentation des ordonnances réformant le code du travail présentées par le gouvernement. « C’est le basculement de l’ordre social dans une nouvelle étape, hélas, de régression ».

(FRANCEINFO)

14h31 : Si vous êtes perdus, nous résumons dans cet article les principales mesures contenues dans les ordonnances réformant le droit du travail, présentées tout à l’heure.

(ALAIN JOCARD / AFP)

14h35 : Raquel Garrido était présente en tant que chroniqueuse de C8, bien sûr, et non comme membre de la France insoumise. En revanche, je doute qu’elle ait sa carte de presse : il faudrait qu’elle tire la majorité de ses revenus du journalisme depuis au moins trois mois, alors qu’elle vient de débuter son nouveau rôle. Et que son travail soit considéré comme du journalisme. Quoi qu’il en soit, les organisateurs d’une conférence de presse ont le droit de ne pas exiger de carte de presse.

14h22 : Madame Garrido a-t-elle une carte de presse ? A quel titre était-elle présente à la conférence de presse ?

14h10 : La porte-parole de Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle, Raquel Garrido, est récemment devenue chroniqueuse de l’émission « Les Terriens du dimanche ». Elle a surpris en posant une question au Premier ministre pendant sa conférence de presse sur les ordonnances réformant le Code du travail. Voici la vidéo.

14h05 : « Lorsqu’on assume ses réformes et qu’on croit aux mesures que l’on présente, on a aucun problème, bien au contraire, a donner la parole à l’opposition », assure encore Matignon à franceinfo sur la présence l’Insoumise Raquel Garrido à la présentation des Ordonnances.

14h05 : Contacté par franceinfo sur la présence de l’Insoumise Raquel Garrido à la conférence de presse d’Edouard Philippe et de Muriel Pénicaud, Matignon assure n’avoir « vu aucun problème à l’accréditer » puisqu’elle travaille sur C8.

13h58 : Plafonnement des indemnités en cas de contentieux, réduction des délais de recours des salariés, possibilité de négocier sans syndicat… Après les nombreuses annonces du gouvernement qui a dévoilé le contenu des ordonnances réformant le Code du travail, n’hésitez à nous poser vos questions, nous y répondrons dans ce direct dans l’après-midi.

13h31 : J’ajoute que mon collègue Vincent Daniel répondra à vos interrogations sur la réforme du Code du travail dans l’après-midi dans ce direct. Je garde certaines de vos questions de côté pour tout à l’heure.

13h30 : Le discours d’Edouard Philippe et Muriel Pénicaud est terminé. Vous pouvez relire tout ce que nous avons écrit à son sujet dans ce direct, et nous préparons un article récapitulatif des annonces, qui arrivera vite.

13h28 : Le texte présenté aujourd’hui « peut être modifié à la marge (…) le cas échéant en fonction des avis des organismes appelés à formuler des avis », explique Edouard Philippe. Mais dans son ensemble il est « arrêté ».

13h23 : « Toutes les craintes que nous avions se confirment. » Voici la réaction à chaud du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, après la présentation par le gouvernement de ses ordonnances réformant le Code du Travail.

13h22 : Raquel Garrido a demandé à en savoir plus sur l’identité des auteurs de la réforme, et notamment des précisions sur le rôle de l’Elysée dans sa rédaction. Edouard Philippe assure qu’elle a été élaborée par les services du ministère du Travail, et que l’Elysée a « bien entendu » participé aux discussions sur son contenu.

13h18 : Surprise : parmi les journalistes présents s’est glissée Raquel Garrido, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon pendant la présidentielle, et récemment devenue chroniqueuse dans une émission de C8. Le Premier ministre a semblé surpris de la voir dans la foule.

13h15 : « Notre objectif dans la concertation n’a pas été de faire plaisir à tel ou tel, de se dire que telle organisation syndicale avait plus ou moins de légitimité ».

13h12 : Edouard Philippe explique pourquoi la réforme ne touche pas au contrat de travail : « On a considéré que les mesures qui sont dans ce texte sont plus efficaces. Les réflexions sur la nature du contrat de travail, notamment du CDI, ne nous ont pas semblé opportunes ».

13h10 : Le Premier ministre explique que, selon lui, sa réforme clarifiera le droit du travail et permettra de lever les hésitations des investisseurs étrangers : « Si vos affaires ne vont pas bien, vous pourrez, en sachant quelles sont les règles, réduire un peu la taille de votre entreprise ».

13h09 : Edouard Philippe répond maintenant aux questions des journalistes. Vous pouvez toujours le regarder dans notre direct.

13h07 : « Il faut accompagner cette transformation du Code du travail d’autres mesures. C’est d’abord le cas sur le coût du travail », le Premier ministre évoquant la baisse des cotisations salariales dans cette optique. Un autre champ d’action qu’il évoque est celui de la formation.

13h06 : Edouard Philippe « insiste » sur le dialogue social dans les très petites et moyennes entreprises. Dans les entreprises de moins de 20 salariés, il sera possible de négocier tout ce qui ne relève pas de la branche avec les employés, sans la participation d’un délégué syndical. Dans les entreprises de 20 à 50 salariés, le dialogue social sera possible avec un délégué du personnel, même s’il n’est pas mandaté par un syndicat (comme c’est le cas actuellement).

13h05 : Edouard Philippe explique qu’entre temps, « au moins cinq organismes » dans lesquels les syndicats sont représentés pourront examiner et donner leur avis sur le contenu des ordonnances.

13h03 : Les ordonnances seront présentées en Conseil des ministres le 22 septembre (soit, exceptionnellement, un vendredi), annonce Edouard Philippe, qui estime que l’engagement de les présenter avant la fin de l’été est tenu.

13h02 : Muriel Pénicaud conclut en affirmant que sa réforme représente « un ambition et un saut culturel et qualitatif importants ».

13h01 : Muriel Pénicaud promet que des critère d’évaluation de l’impact de cette réforme du Code du travail seront définis avec les partenaires sociaux.

13h00 : Le patron de FO, Jean-Claude Mailly, lui se garde de tout jugement définitif sur la réforme du Code du travail, même si « tout n’est pas parfait », reconnaît-il.

12h59 : Pour limiter la peur d’être condamné aux prud’hommes pour une erreur de forme, les entreprises ne seront sanctionnées que par un mois de dommages et intérêts, mais un employeur ne pourra plus être condamné sur la forme si les prud’hommes lui donnent raison sur le fond.

12h58 : Les TPE et PME sont au cœur du discours du Muriel Pénicaud et Edouard Philippe. Sans surprise, la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises salue la réforme : son président, François Asselin, la juge « particulièrement pragmatique ».

12h56 : Les indemnités de licenciement vont augmenter de 25%, affirme Muriel Pénicaud, ce qu’elle présente comme une compensation du plafonnement des dommages et intérêts aux prud’hommes.

12h56 : Ce délai de recours aux prud’hommes était d’un an pour les licenciements économiques, deux ans pour tous les autres types de licenciements.

12h55 : Le salarié aura un délai de 12 mois pour avoir recours aux prud’hommes quel que soit le type de licenciements, confirme Muriel Pénicaud.

12h54 : Les CDD et CDI de chantier sont un dispositif à mi-chemin entre le CDI et l’intérim. Pour en savoir plus, découvrez notre article consacré à la question. Si les branches le souhaitent, elles pourront y avoir recours. Actuellement, seul le bâtiment pouvait les utiliser.

12h52 : Muriel Pénicaud annonce que les branches pourront négocier sur les CDD et CDI de chantier, mais pas sur les modalités de recours à ces contrats dont la durée correspond à celle de la mission effectuée.

12h49 : La réforme présentée aujourd’hui vise à « changer l’état d’esprit » du Code du travail, a expliqué la ministre du Travail.

12h48 : Muriel Pénicaud évoque le CSE, conseil qui réunira trois des quatre instances représentatives du personnel (délégués du personnel, CE et CHSCT). Elle explique qu’il reprendra toutes les compétences de ces trois instances.

12h49 : Si l’entreprise (quelle que soit sa taille) trouve un accord majoritaire sur le temps de travail ou sur les rémunérations (primes de garde, 13e mois…), cet accord remplacera l’accord de branche (par secteur économique) en vigueur actuellement.

12h48 : Le patron de la CGT Philippe Martinez réagit également au contenu de ces ordonnances : « Toutes les craintes que nous avions se confirment. (…) C’est la fin du contrat de travail ». Son syndicat a appelé à manifester le 12 septembre.

12h45 : Si vous l’avez manquée, voici l’intégralité de l’intervention d’Edouard Philippe, en préambule de la présentation des ordonnances par Muriel Pénicaud, la ministre du Travail.

12h44 : Muriel Pénicaud affirme que quatre des dix critères de pénibilité prévus pas le compte pénibilité sont « inapplicables », question qui sera abordée par une des cinq ordonnances.

12h43 : La CFDT « est déçue » par les ordonnances sur le Code du travail présentées par le gouvernement aux partenaires sociaux. Son secrétaire général, Laurent Berger, vient de le déclarer à sa sortie de Matignon. Il juge que « cette réforme n’est pas à la hauteur ».

12h43 : C’est déjà le cas avec le CODIT disponible en ligne sur le site du gouvernement.

12h43 : Muriel Pénicaud annonce la mise en ligne du Code du travail, mais on peut déjà le trouver en intégralité sur Légifrance.

12h45 : La ministre du Travail estime qu’au-delà de son contenu, la méconnaissance du droit du travail est un obstacle à l’emploi. Elle explique que le contenu du Code du travail sera accessible sous forme numérique.

12h46 : La direction des TPE et PME pourra négocier directement avec un élu du personnel, même s’il n’est pas mandaté par un syndicat, annonce Muriel Pénicaud.

12h39 : « Dans les entreprises de moins de 50 salariés, il y a 4% de délégués syndicaux », estime Muriel Pénicaud, pour qui cela prive leurs salariés d’un droit à la négociation.

12h34 : Edouard Philippe laisse la parole à la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Celle-ci se vante d’avoir fait plus de 300 heures de réunion avec les partenaires sociaux. Regardez son intervention dans notre direct.

12h33 : Le dernier axe cité est « le renforcement de l’attractivité économique de notre territoire ».

12h33 : Le troisième axe est d’« apporter des solutions concrètes aux TPE et PME », explique Edouard Philippe, qui estime que les réformes sont trop souvent « pensées pour les grandes entreprises ».

12h33 : Le deuxième axe selon Edouard Philippe est « la construction de vrai garanties pour tous ». Il cite notamment la réforme du barème des prud’hommes.

 

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Entretien avec Assange de Wikileaks, par Randy Credico et Dennis J Bernstein

Source : Randy Credico & Dennis J. Bernstein, Consortium News, 29-07-2017

Le directeur de la CIA, Mike Pompeo, a déclaré que Wikileaks serait considéré comme un « service de renseignements hostile », aggravant ainsi le conflit de longue date qui oppose le gouvernement américain à Julian Assange, interviewé par Randy Credico et Dennis J. Bernstein.

Le fondateur et rédacteur en chef de Wikileaks Julian Assange est toujours dans le collimateur du directeur de la CIA, Mike Pompeo. Celui-ci a récemment qualifié l’entité lanceuse d’alerte de « service de renseignements non-gouvernemental hostile » contre qui la CIA pourrait prendre des mesures.

« Je pense que notre communauté du renseignement doit fournir beaucoup d’efforts afin de trouver quelle est la réponse la plus adaptée », a déclaré Pompeo le 20 juillet dernier lors d’un sommet sur la sécurité à Aspen, dans le Colorado. Malgré de telles menaces, Assange continue de faire fonctionner Wikileaks depuis l’ambassade équatorienne de Londres où l’asile lui a été accordé il y a cinq ans.

Assange a été invité et a accordé un entretien à la radio WBAI, dans l’émission Live on the Fly, à Randy Credico et à l’invité et co-animateur Dennis Bernstein, producteur délégué de l’émission Flashpoints sur radio Pacifica.

Randy Credico : Julian Assange, je voulais tout d’abord vous raconter quelque chose qui m’est arrivé hier. Une dame du nom de Laura Krause m’a appelé la nuit dernière. C’est la sœur d’Allison Krause, l’un des quatre étudiants qui ont été tués à l’Université d’État de Kent, le 4 mai 1970 par la Garde nationale. Elle a exprimé sa gratitude envers WikiLeaks pour avoir découvert et conservé des documents cruciaux en relation avec ce tragique événement.

Julian Assange : C’est intéressant, car initialement nous ne souhaitions pas publier les documents relatifs aux événements de Kent. Ils faisaient partie de nos grandes archives de câbles datant des années 70, et qui étaient intitulées « Les câbles de Kissinger ». Souvent quand il s’agit des communications internes du département d’État ou d’une autre organisation aussi puissante, elles ont tendance à toucher presque tous les sujets. Et la capacité du public à déceler des liens logiques dans votre contenu surpasse souvent la vôtre de manière considérable.

Je suis toujours extrêmement irrité par les journalistes qui ignorent les ribambelles de trésors historiques qui détaillent comment leurs institutions se comportent réellement. La capacité du public à prendre ces informations et à les mettre en relation avec leurs histoires personnelles, ainsi qu’à les utiliser à des fins juridiques ou au cours de campagnes politiques, est en réalité beaucoup plus grande que celle de n’importe quel journaliste ou rédacteur en chef à l’esprit obtus, y compris moi-même.

Dennis Bernstein : Je viens juste de raccrocher avec Oliver Stone, qui se fait attaquer de toutes parts parce qu’il a eu l’audace de réaliser une série d’entretiens avec Vladimir Poutine. Avez-vous eu la chance de voir l’un de ces entretiens ?

JA : J’ai vu les quatre. Le dernier a été enregistré après les élections américaines, ce qui veut dire qu’il a eu lieu dans le contexte de ce néo-maccarthysme hystérique contre la Russie. Poutine représente le politicien accompli, en particulier en Russie même, mais également lorsqu’il s’agit de traiter avec le monde entier. Vous ne pouvez pas totalement dissimuler qui vous êtes pendant quatre heures, et plein de petites choses intéressantes en sont ressorties.

Dans le troisième épisode, par exemple, Oliver Stone montre Docteur Folamour à Vladimir Poutine, lequel ne l’avait jamais vu auparavant. S’il n’a véritablement jamais vu le film, il faut qu’il soit prudent car il ignore sur quoi chaque scène va déboucher, de même que pour le film dans son ensemble. À la fin, il déclare la chose suivante : « Eh bien, c’est intéressant, ils ont même prédit certains problèmes techniques ». Et il souligne également que peu de choses ont changé dans les dynamiques de pouvoir.

Oliver Stone remet la boîte du DVD du film à Poutine, et celui-ci se dirige dans une autre salle du Kremlin. Quand il revient, il arbore un léger sourire en coin et tout en montrant la boîte vide à la caméra, il déclare : « Cadeau typiquement américain ». En réalité, il savait probablement déjà que la boîte était vide lorsque Oliver Stone la lui a donnée.

DB : Julian, j’aimerais beaucoup attirer votre attention sur l’une des actualités brûlantes qui concerne votre combat. Je crois comprendre que votre équipe judiciaire a présenté votre cas à la Commission inter-américaine des droits de l’homme. Pouvez-vous nous en dire plus sur la portée de cette action ?

JA : Eh bien, elle est importante pour les dispositions concernant les réfugiés à travers le monde. Je suis très fier d’avoir déclenché ce processus quelque part. C’est l’Équateur qui s’est officiellement adressé à la Commission inter-américaine des droits de l’homme. La plupart des membres de l’OEA [Organisation des États américains] respectent ses décisions, alors que les USA les considèrent uniquement comme consultatives. C’est l’une des entités judiciaires les plus respectées dans le monde, les deux autres étant la Commission européenne des droits de l’homme et la Commission des droits de l’homme des Nations unies.

Dans mon cas, l’Équateur a adopté le point de vue que plusieurs atteintes aux droits de l’homme qui m’ont touché nécessitent une véritable prise en charge. Cela concerne en particulier les obligations des États de considérer les statuts des réfugiés et de leur offrir une protection, et la manière dont les réfugiés devraient être traités lorsqu’ils sont en dehors de leur territoire national, par exemple dans une ambassade, dans un organe des Nations Unies, à bord d’un bateau, etc.

Cela me concerne directement, mais ça concerne aussi fortement la situation en Syrie et dans d’autres pays où vous avez des réfugiés qui fuient les persécutions et qui s’engagent dans de longs et dangereux périples vers les pays voisins. Si vous prenez en charge ces réfugiés très près de là d’où ils viennent, vous allez sauver des vies. La manière dont ces individus sont pris en charge devrait être standardisée, sans passer par leur ambassade ou quoi que ce soit.

Je pense que c’est la prise de conscience du droit des réfugiés la plus importante depuis 1969, lorsque le protocole facultatif de la Convention de 1951 relatif aux statuts des réfugiés a été signé par de nombreux pays à l’ONU. Il y a eu une tentative de réévaluer le problème en 1975, à l’initiative de l’Australie. Au début des années 70, de nombreux réfugiés essayaient de fuir le Sud Vietnam pour aller en Australie en passant par l’archipel indonésien. À cette époque, l’Australie souhaitait normaliser la prise en charge des réfugiés au sein de ses différentes ambassades. Cette volonté a été bloquée par l’Union soviétique et par les États-Unis.

Depuis lors, la juridiction sur les droits de l’homme a réellement évolué jusqu’à devenir un champ légal à part entière, qui impose aux États de ne pas mettre en détention des individus de manière arbitraire, etc. Fondamentalement, plusieurs de ces outils relatifs aux droits de l’homme, lorsqu’ils sont correctement utilisés, forcent les États à protéger les individus, ou, tout au moins, donnent aux États le droit de protéger les individus. Si un État est obligé de protéger des personnes qui sont persécutées, qui sont menacées, alors conformément au droit relatif aux droits de l’homme, ces réfugiés doivent être pris en charge.

La convention de 1951, dans son protocole de 1967, recoupe la Déclaration universelle des droits de l’homme en cela qu’elle impose l’obligation, dans le cadre du droit des réfugiés, de permettre une cohérence et d’éviter les conflits. La Commission inter-américaine des droits de l’homme comprend cela et l’Équateur a fourni un formidable effort en présentant mon cas. Il y a eu 54 amicus curiae provenant du HCR [Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés], de la Commission inter-américaine des droits de l’homme, du Mexique et de six autres États américains, de nombreuses cliniques juridiques, et ainsi de suite. Nous attendons maintenant la décision de la Cour inter-américaine, mais nous savons déjà qu’elle émettra un avis quoi qu’il arrive. Elle a déjà considéré que c’était un domaine du droit qui était très important et une audience sera tenue en août.

Et, comme je l’ai dit, je crois que c’est la seule tentative, ainsi que la plus importante qui ait été effectuée afin d’harmoniser le droit international concernant les réfugiés. Je dois dire que je suis content que ma situation ait pu mettre autre chose en jeu que ma liberté, par exemple.

On parle beaucoup aux États-Unis de l’administration Trump qui ferme l’immigration et le tourisme sur le territoire américain aux ressortissants de certains pays musulmans du Moyen-Orient. Je trouve étrange que l’on parle si peu de ce que je pense être une situation beaucoup plus grave : le refus de toutes les demandes d’asile pour les réfugiés pendant 180 jours. Il n’est pas raisonnable d’accepter des touristes venant du monde entier mais de ne pas accepter de réfugiés.

OK, à l’heure actuelle, il est très dangereux d’accepter des réfugiés venant de Syrie, il serait peut-être nécessaire de verrouiller le système et de prendre un peu de temps afin de relancer le processus. Mais qu’en est-il des réfugiés venant de Nouvelle-Zélande ou du Mexique ? Sont-ils susceptibles d’appartenir à l’EI ? Absolument pas. Et si on accepte des touristes venant de ces mêmes pays, il est complètement absurde de bloquer le processus d’entrée pour les réfugiés.

DB : Julian, la question vous paraîtra peut-être un peu naïve, mais…

JA : Dennis, vous savez ce qu’on dit : il vaut mieux être naïf et se battre pour ce qui est juste, car ce sont les réalistes qui ont laissé le monde dans cet état.

DB : OK, je vais simplement essayer de me rapprocher de la vérité, si je le peux. Considérez-vous le flux d’informations venant du CND [Comité national démocrate, NdT] comme un piratage ou comme une fuite ?
JA : Eh bien, tout dépend de la source. Il y a eu beaucoup de flux du CND au cours d’une période de deux ans, apparemment par cinq acteurs différents, selon des déclarations émanant des services secrets américains. En réalité, nous n’avons pas vu ceux répétés en 2017. Nous ne parlons pas de sources de cette façon. Nous nous assurons que nos publications sont parfaitement précises et que nos informations ne proviennent pas d’un acteur de l’État. Nous n’avons rien dit d’eux et nous ne le ferons probablement pas, cela dépend de l’évolution des choses. Parce que si nous commençons à donner plus de détails, il deviendrait plus facile de piéger nos sources, ce que nous ne voulons évidemment pas.

Dennis J Bernstein est animateur de « Flashpoints » sur Pacifica radio et l’auteur de Special Ed : Voices from a Hidden Classroom.

Source : Randy Credico & Dennis J. Bernstein, Consortium News, 29-07-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

http://www.les-crises.fr/entretien-avec-assange-de-wikileaks-par-randy-credico-et-dennis-j-bernstein/

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A propos de la junte, de l’inutile corridor terrestre et d’une manœuvre russe de routine

A propos de la junte, de l’inutile corridor terrestre et d’une manœuvre russe de routine


Moon of Alabama
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Par Moon of Alabama – Le 24 août 2017

Selon une théorie politique des années 1950, La structure du pouvoir dans la société américaine repose principalement sur trois groupes d’élites : les hauts-gradés de l’armée, les dirigeants de grandes sociétés et les dirigeants politiques (par « direction politique » j’entends en fait la bureaucratie, la CIA et leurs forces par procuration du Congrès).
Le jour de l’élection, j’ai noté que seuls les militaires avaient soutenu la campagne Tout sauf Hillary. Les deux autres angles du triangle, les multinationales et l’exécutif ont soutenu Hillary Clinton et ont continué à le faire même après la victoire de Trump. (Ce n’est que récemment que la propagande de la « collusion avec la Russie » a tout à coup cessé). J’ai écrit :
« L’armée va exiger son dû et ce sera plus que les trois généraux qui sont maintenant au cabinet de Trump. »
Cela s’est avéré juste. Une junte militaire dirige maintenant les États-Unis :
À la Maison Blanche, les généraux gèrent les interactions de Trump heure par heure et murmurent à son oreille – et ces murmures, comme pour la décision de cette semaine d’étendre les opérations militaires américaines en Afghanistan, deviennent souvent des décisions politiques.
 
Parmi les proches de Trump, il y a un trio chevronné de généraux qui ont l’expérience du commandement des champs de bataille : le chef d’état-major de la Maison Blanche, John F. Kelly, le secrétaire à la Défense Jim Mattis et le conseiller de sécurité nationale H. R. McMaster. Les trois hommes ont soigneusement cultivé des relations personnelles avec le président et ont gagné sa confiance.
(…)
Kelly, Mattis et McMaster ne sont pas les seules figures militaires qui servent à des niveaux élevés dans l’administration Trump. Le directeur de la CIA, Mike Pompeo, le procureur général Jeff Sessions, le secrétaire à l’énergie Rick Perry et le secrétaire à l’Intérieur, Ryan Zinke, ont servi dans plusieurs branches de l’armée, et Trump a récemment mis l’ancien général d’armée, Mark S. Inch, à la direction du Bureau fédéral des prisons. […] Le Conseil de sécurité nationale […] compte deux autres généraux parmi les cadres supérieurs.
Avec le licenciement du renégat Flynn et de divers autres conseillers de Trump, la Junte a déjà éliminé toutes les voix indépendantes de la Maison Blanche. Elle attache maintenant plus de fils à sa marionnette « chargée de la vente » pour la contrôler mieux encore :
Le nouveau système, décrit dans deux notes co-écrites par [les généraux] Kelly et Porter et distribuées aux membres du Cabinet et récemment au personnel de la Maison Blanche, vise à s’assurer que le président ne prendra connaissance d’aucun document de politique extérieure et intérieure, d’aucune note de service, rapport d’agence, ni même article qui n’aient pas été validés.
Trump a un faible pour l’armée depuis qu’il a étudié dans une Académie militaire de New York pendant sa jeunesse.
Mais il n’aime pas être contrôlé. Je m’attends à ce qu’il se révolte un jour. Il se rendra alors compte qu’il est trop tard et qu’il est impuissant.
***
La propagande sioniste prétend que l’Iran est en train de se saisir de la Syrie et que son seul souci est de créer un corridor terrestre entre l’Iran et le Liban. Associated Press relaye maintenant ce mythe comme s’il s’agissait d’un fait. L’argument des journalistes d’AP est illogique et ne convainc pas :
L’itinéraire terrestre serait le plus grand gain que l’Iran récolterait de sa participation à la guerre civile de six ans de la Syrie. […] Cela faciliterait le mouvement des combattants soutenus par l’Iran entre l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Liban, ainsi que l’acheminement d’armes vers Damas et le Hezbollah libanais, les principales forces par procuration de l’Iran.
Cette route terrestre faciliterait quelque chose qui, d’après les « rapports » d’AP, a déjà été obtenu sans cette route :
La route est en grande partie taillée par les alliés et les forces par procurations de l’Iran, un mélange de soldats du président syrien Bashar Assad, de combattants du Hezbollah et de milices chiites, sur les deux côtés de la frontière avant de se rejoindre à la frontière. L’Iran a également des forces de sa propre Garde révolutionnaire directement impliquées dans la guerre aux côtés des Syriens.
Donc, apparemment, l’Iran a besoin d’un couloir terrestre pour acheminer des armes et des combattants en Syrie et au Liban. Pour ouvrir ce corridor terrestre actuellement fermé, il a envoyé des armes et des combattants en Syrie et au Liban. Cela n’a pas de sens.
***
Les médias de propagande de l’OTAN agitent la peur d’une prochaine manœuvre russe :
La Russie se prépare à monter ce qui pourrait être l’un de ses plus grands exercices militaires depuis la guerre froide, une démonstration de puissance que l’OTAN observera attentivement dans un contexte de tensions est-ouest.
 
Les responsables occidentaux et les analystes estiment que jusqu’à 100 000 membres du personnel militaire et du soutien logistique pourraient participer à l’exercice Zaphad (Ouest) 17, qui aura lieu le mois prochain en Biélorussie, Kaliningrad et en Russie elle-même.
Plus haut dans l’article il y a beaucoup de spéculations et d’idioties. En réalité, Zaphad est une série de petites manœuvres qui se déroulent sur une période de six mois. Les policiers locaux et les organismes de protection civile qui participent à Zaphad font monter le nombre des participants. De telles manœuvres se déroulent chaque année dans l’un des quatre districts militaires de Russie. Le nombre réel de soldats qui participeront à l’exercice s’élèvera à environ celui d’une division, c’est-à-dire 13 000 à 15 000 soldats. Il n’y a rien, absolument rien d’inhabituel dans cette manœuvre, mais la propagande de l’OTAN essaie de donner l’impression qu’une invasion russe de l’Europe occidentale est imminente.

 

http://lesakerfrancophone.fr/a-propos-de-la-junte-de-linutile-corridor-terrestre-et-dune-manoeuvre-russe-de-routine

Daech lessivé

Daech lessivé

29 Août 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Diantre chers amis, quelques semaines coupé du monde et voilà que Daech ne lave plus blanc. Lessivée, rincée, essorée, la coproduction saoudo-obamesque…

La poche de Qalamoun (2) à la frontière syro-libanaise n’est plus qu’un mauvais souvenir. Offensive à la fois contre Al Nosra et l’EI, victoire, accord d’évacuation pour les restes djihadistes afin de ne pas s’éterniser dans la région. La frontière est sécurisée et le Hezbollah peut désormais redéployer toutes ses forces ailleurs. Pas étonnant que Bibi la Terreur soit de plus en plus fébrile… Et l’information (notez la formulation délicieusement ambiguë laissant ouvertes toutes les portes) selon laquelle Moscou et Damas ont établi un système de défense anti-aérien commun n’est pas fait pour le rassurer.

Mais c’est en Syrie centrale (1) que les grands mouvements ont eu lieu. Annihilé, le saillant daéchique qui, le mois dernier encore, enfonçait un coin territorial dans le ventre mou des loyalistes, obligés d’étirer leurs forces afin de surveiller des centaines de kilomètres par où pouvaient surgir les petits hommes en noir. Que de chemin parcouru depuis juillet…

Désormais, sous réserve que la dernière poche d’Uqayribat soit réduite, la ligne de front est divisée par deux (300 km au lieu de 600 km), permettant à l’armée syrienne de masser ses troupes pour se ruer vers Deir ez-Zoor. L’attaque se fera sans doute sur trois axes :

Comme si cela ne suffisait pas, le calife, dont personne ne veut la place, est également en train de perdre la poche de Tal Afar en Irak (3). La ville, berceau de plusieurs cadres daéchiques, devrait bientôt être libérée par l’armée irakienne et les milices chiites, leur permettant elles aussi de réaffecter leurs forces vers la frontière pour la grande bataille finale que nous annonçons depuis longtemps :

Al Bukamal, bientôt le dernier bastion urbain de Daech et bataille ultime de la longue guerre syrakienne ? C’est bien possible… A moins que tout n’ait déjà été réglé par de discrets envoyés dans les couloirs du pouvoir à Moscou, Washington, Damas et Téhéran, l’on pourrait assister à une détonante convergence de l’armée syrienne, des YPG kurdo-américaines, des UMP iranisées et de l’armée irakienne. Deux contre un si l’on considère, dans le meilleur des cas pour les Américains, que l’armée irakienne restera neutre : le rapport de force n’est de toute façon pas en faveur de l’empire. Le tout face à une résistance désespérée de l’EI dont ce sera le chant du cygne. Chaud devant…

La carte ci-dessus datait de juin. On voit maintenant que le 4+1 a pris une option conséquente tandis que les derniers proxies de l’empire, les Kurdes, n’ont à peu près pas bougé, embringués qu’ils sont dans la bataille de Raqqa et les menaces turques.

Notons quand même que dans le maelstrom des SDF, dont les Kurdes sont le fer de lance, certains bataillons arabes ont fait sécession et menacent de lancer une offensive sur Deir ez-Zoor (mais que valent ces unités ?) tandis que d’autres ont fait défection et se sont ralliés à l’armée loyaliste. Dans ces conditions, et sauf retournement de situation, la frontière syro-irakienne sera reconquise par le 4+1 et l’arc chiite reconstitué.

***

Chers amis, je ne peux pas ne pas vous faire profiter de ces quelques photos prises dans le métro de Téhéran où l’on voit que, même si ce n’est pas spécifié comme tel, le Grand jeu n’est jamais très loin…

 

 

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques nouvelles de OMBRE43 https://ombre43.wordpress.com

Quelques nouvelles de OMBRE43 https://ombre43.wordpress.com

je travaille depuis quelques mois à améliorer et enrichir la revue de presse, que beaucoup d’entre vous connaissent depuis plus de 4 ans.

En effet je continuerais à  vous présenter des analyses développées par des auteurs, journalistes et points de vue particuliers ,d’auteurs indépendants, sur ce point particulier, vos analyses seront lues et publiées après acceptation du modérateur.

La revue de presse couvrira la RUSSIE, ASIE  CHINE  L’évolution de la Route de la soie,le gaz et le  pétrole, le Proche et Moyen Orient, l’AFRIQUE de l’OUEST, je cite les grands dossiers. mais ombre43 se réserve le droit d’aborder avec intérêt toute zone géographique pouvant enrichir la géopolitique et les géostratégies.

En quelques lignes voici  quelques propositions sur lesquelles , je ( nous ) travaillons et nous vous invitons à y participer)

Ombre43  vous tiendra au courant , et en attendant  vous invite a faire plus ample connaissance avec ombre 43, et ses revues de presse et ses analyses en visitant quotidiennement :

. https;//ombre43.wordpress.com

A BIENTÖT         amicalement

Bernard FELLI  administrateur.

 

 

L’Inde de Narendra Modi a-t-elle changé de camp ?

Au cours des derniers mois, l’Inde a brusquement changé d’attitude dans plusieurs dossiers. Tout se passe comme si le Premier ministre Narendra Modi tentait de saboter son rapprochement avec la Chine et le Pakistan et de créer des conflits artificiels. Pour William Engdhal, ce revirement serait inspiré par Washington et Tel-Aviv.

| Francfort (Allemagne) | 28 août 2017

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Il est très dérangeant pour l’esprit de voir une nation comme l’Inde, potentiellement l’un des plus grands pays émergents du monde, s’autodétruire systématiquement. Provoquer une nouvelle guerre avec la Chine pour quelques parcelles de terre éloignées dans les hauteurs de l’Himalaya, là où les frontières de la région autonome chinoise du Tibet convergent avec l’Inde et le royaume du Bhoutan, n’en est que le plus récent exemple. La question posée est de savoir qui ou quel grand dessein se trouvent derrière ces politiques intérieures et étrangères de l’Inde de Narendra Modi. Modi vient-il de changer de camp ? Et dans l’affirmative, pour se ranger sous quelle bannière ?

L’harmonie eurasienne ?

Une année plus tôt seulement, tout semblait sinon serein, du moins les développements pacifiques du voisinage asiatique semblaient sur la bonne voie, y compris vis-à-vis de la Chine et même non sans prudence, avec le Pakistan.

L’année dernière en effet, l’Inde fut acceptée aux côtés du Pakistan en tant que membre à part entière de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à l’importance grandissante, dans laquelle la Chine est un membre fondateur aux côtés de la Russie. Ceci fit croître les espoirs en un format commun par lequel l’OCS permettrait une résolution pacifique des tensions frontalières toujours frémissantes, créées par la partition britannique de l’Inde en 1947 : entre un Pakistan à dominante musulmane et une Inde à majorité hindoue, laissant de nombreuses zones de frictions non résolues incluant le Cachemire, et sournoisement laissée par le vicomte Mountbatten en tant que futurs points d’explosion possible.

L’Inde et la Chine sont membres du BRICS, qui vient de créer une nouvelle Banque de développement à Shanghai, dont le président est un Indien. L’Inde est aussi membre de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, basée en Chine. Et jusqu’à ce que le Premier ministre Narendra Modi ait annoncé le refus de son pays de participer à la conférence de Beijing sur la route de la soie (China One Belt, One Road), du 14 mai, l’Inde avait également participé au vaste projet d’infrastructure eurasienne.

Le boycott de la route de la soie par l’Inde, et le « Corridor de la liberté du Japon »

Combien rapidement les choses ont pu changer ! Modi a annoncé son refus de participer à la conférence sur la route de la soie, citant comme motif les investissements chinois dans le Corridor économique Chine–Pakistan (China-Pakistan Economic Corridor — CPEC) : un développement d’infrastructures portuaires, ferroviaires et autoroutières chiffré à 62 milliards de dollars, entre la Chine et le Pakistan en tant que partie intégrante de la route de la soie, passant à travers la partie pakistanaise du Cachemire.

Par la suite, avec une précipitation surprenante, l’Inde a dévoilé un document prospectif pour un nouveau « Corridor de croissance Asie-Afrique » (Asia-Africa Growth Corridor — AAGC), lors de la réunion de la Banque africaine de Développement (BAD) dans l’État indien du Gujarat, dans le cadre d’un projet conjoint présenté avec le Premier ministre du Japon, Shinzo Abe. Cet AAGC indo-japonais, est une partie explicite de ce qui est appelé le « Corridor de la liberté indo-pacifique » (Indo-Pacific Freedom Corridor — IPFC), qui est en train d’être mis en place par l’Inde et le Japon afin de contrer la route de la soie, utilisant pour ce faire de l’argent japonais et la présence indienne déjà établie en Afrique [1].

Sous le Premier ministre Abe, le Japon s’est engagé dans un agenda anti-chinois de plus en plus agressif, incluant la dispute autour des îles Diaoyu —appelées « îles Senkaku » par le Japon—, dans l’est de la mer de Chine. Dans le même sens, le Japon a opté pour l’installation de systèmes de défense missiliers états-uniens, et est considéré sous Abe comme le plus fort allié militaire des États-Unis en Asie. Lorsque Abe a rencontré Trump en février dernier (2017), le président US a réaffirmé les termes du traité de défense mutuelle entre les États-Unis et le Japon, et a rendu clair que ce traité s’étendait bien à ces îles disputées, pourtant pareillement stériles, qu’elles soient considérées depuis la Chine ou le Japon.

Modi à Washington, Tel-Aviv

Des semaines plus tard, le 27 juin, le Premier ministre Indien a rencontré le président états-unien à Washington. Le jour précédent, commodément, le département d’État a placé Mohammad Yusuf Shah et de son groupe terroriste islamiste séparatiste du Cachemire basé au Pakistan Hizb-ul-Moujahidines, sur la liste officielle des « terroristes mondiaux spécialement désignés » (Specially Designated Global Terrorist — SDGT). Cette démarche étant notamment susceptible de permettre les sanctions des États-Unis à l’encontre du Pakistan [2].

À la suite des discussions entre Modi et Trump, les États-Unis ont donné leur accord pour la vente de 22 drones Guardian considérés comme donnant un « avantage déterminant » (game-changer) à l’Inde, ceci pour un montant d’environ 3 milliards de dollars. D’autres éléments incluent une coopération militaire étendue, et l’accord indien en vue de l’achat de gaz de schiste liquéfié US. Modi a semblé si satisfait par ces pourparlers à Washington, qu’il a invité la fille du président, Ivanka Trump, à présider le Sommet global de l’entreprenariat (Global Entrepreneurship Summit — GES), devant se tenir plus tard cette année en Inde [3].

Tout auréolé de son succès politique clair à Washington, le Premier ministre indien s’est ensuite envolé pour Israël, le 7 juillet, pour une réunion sans précédent entre un chef de gouvernement indien et son homologue israélien. Les discussions entre Narendra Modi et Benjamin Netanyahu ont été saluées dans les médias indiens, comme une évolution majeure dans la politique étrangère indienne

C’est là que les choses deviennent sérieusement intéressantes. Il y a eu une collaboration secrète comprenant les bons offices du service de Renseignement israélien, le Mossad, en faveur de l’agence de Renseignement indienne, le Research and Analysis Wing (R&AW). En 2008, l’ambassadeur d’Israël en Inde, Mark Sofer, révéla par exemple que le Renseignement israélien avait fourni à l’Armée indienne de l’imagerie satellite vitale durant la guerre de Kargil de 1999 contre le Pakistan ; des renseignements qui avaient permis à l’Inde de bombarder précisément les positions des troupes pakistanaises occupant des postes dans l’État indien de Jammu-et-Cachemire [4].

Le rôle douteux d’Ajit Doval

La visite de Modi à Tel-Aviv en juillet 2017, était en préparation depuis des mois. Déjà vers la fin février, Modi avait envoyé son conseiller à la Sécurité nationale Ajit Doval à Tel Aviv, afin de discuter des détails de ce voyage. Là-bas, Doval rencontra Yosef Cohen, l’actuel patron du Mossad, afin de discuter entre autres choses, du soutien allégué par la Chine et le Pakistan ainsi que par d’autres États, en faveur des talibans en Afghanistan près de la frontière afghano-pakistanaise

Doval n’est pas un sentimental. C’est l’auteur de la doctrine homonyme, correspondant à un récent mouvement dans la politique de sécurité indienne en relation avec le Pakistan, la faisant passer d’une logique « défensive » à une nouvelle, à la fois « défensive et offensive ». Doval serait derrière les frappes dites chirurgicales de l’Inde au Pakistan en septembre 2016, ainsi que derrière la montée de militants pro-Indiens au Cachemire pakistanais.

Comme un blog indien l’a récemment décrite, la « Doctrine Doval » formulée dans ses discours de 2014 et 2015, après avoir été nommé conseiller à la Sécurité nationale de Modi, vise essentiellement la Chine et le Pakistan, et se constitue de trois éléments :
- la non-pertinence de la moralité,
- la non-pertinence de l’extrémisme libre de tout calcul ou calibrage,
- et la confiance dans l’appareil militaire.
Clairement, Doval semble ainsi faire bien peu de cas des solutions diplomatiques [5].

Quoi qu’il ait pu être décidé en privé entre Modi et Washington en juin, de même qu’avec Tel-Aviv début juillet, c’est dans ce laps de temps que la dispute dite du Doklam a fait éruption par la décision indienne d’envoyer des troupes pour intervenir par la force contre les équipes de constructions chinoises, dans la zone frontalière sensible entre la Chine, le Bhoutan et l’Inde sur le plateau tibétain.

De son côté, la Chine cite une lettre de l’ancien Premier ministre indien Jawaharlal Nehru adressé à son homologue chinois Chou En-Lai en 1959 : « Cette convention de 1890 définit également la frontière entre le Sikkim et le Tibet, et la frontière fut démarquée plus tard en 1895. Il n’y a dès lors aucune dispute au regard de la démarcation faite entre le Sikkim et le Tibet », conclut la lettre. La Chine cite également en référence une lettre du 10 mai 2006, aux côtés de la convention de 1890 et de l’échange de courriers des années 1959 et 60, selon lesquelles « Les deux parties s’accordent quant à l’alignement de la frontière dans le Sikkim ». La Chine proclame enfin publiquement qu’elle a notifié la construction de la route en cours, notification attestant de sa bonne volonté [6].

À ce point, le vrai problème n’est pas tant la validité ou la non validité des arguments chinois sous l’angle du Droit international. Mais tout ce qui entoure ce récent incident du Doklam entre la Chine et l’Inde, suggère la main sombre de Washington et de Tel-Aviv, comme étant de mèche avec le gouvernement Modi afin d’utiliser cette confrontation pour saboter les progrès de l’énorme projet chinois développant la « route de la soie », en tentant de déclencher une nouvelle guerre par procuration à l’instigation des États-Unis

Cette escalade dans la dispute au sujet du Doklam, n’aurait jamais eu besoin d’une escalade sur le front militaire. Ceci fut une décision délibérée du gouvernement Modi, et porte clairement les empreintes d’Ajit Doval, le conseiller à la Sécurité nationale de Modi et ancien patron du Renseignement indien.

Est-ce que Narendra Modi aurait en effet changé de camp ? Étant passé d’un véritable soutien d’une résolution pacifique des litiges frontaliers entre l’Inde et le Pakistan d’une part, l’Inde et la Chine d’autre part, dans un esprit de bonne volonté et de collaboration au sein de l’Organisation de Coopération de Shanghai, Narendra Modi ne vient-il pas plutôt tel un Janus, au terme de ces allégeances depuis le début de son mandat en tant que Premier ministre (2014), de se révéler comme une sorte de cheval de Troie anglo-étatsuno-israélien, envoyé pour saboter la promotion par la Chine d’une nouvelle route de la soie économique eurasiatique ?

La réponse n’est pas encore connue précisément par l’auteur. Cependant une source indienne bien placée disposant de liens étroits avec les forces militaires indiennes, m’a fait savoir au gré d’une correspondance privée récente, que peu de temps après l’élection de Trump en novembre de l’année dernière, un conseiller senior du Renseignement états-unien au sein du premier cercle de Trump, a déclaré sans ambages qu’en lieu et place d’une guerre entre les États-Unis et la Chine, il y aurait plutôt une guerre entre l’Inde et la Chine par-dessus l’Himalaya. C’était en novembre dernier. À cette époque, le Doklam était complètement calme.

Traduction
Jean-Louis Scarsi

Source
New Eastern Outlook (Russie)

[1] “In Welcoming Shinzo Abe, Trump Affirms U.S. Commitment to Defending Japan”, Julie Hirschfeld & Peter Baker, The New York Times, February 10, 2017.

[2] “Sanctioning Syed Salahuddin : Too Little, Too Late”, Sudha Ramachandran, Terrorism Monitor Volume : 15 Issue : 15, Jamestown Foundation, July 28, 2017.

[3] “Top 10 takeaways from Modi’s U.S. visit”, The Hindu, June 27, 2017.

[4] Deadly Impasse : Kashmir and Inda-Pakistani Relations at the Dawn of a New Century, Sumit Ganguly, Cambridge University Press, 2016.

[5] “What is the Doval doctrine ?”, Ankith Bp, Quora, September 19, 2016.

[6] “New Aftergrowth in India, China Doklam Dispute”, Sputnik, August 3, 2017.

F. William Engdahl

F. William Engdahl Journaliste états-unien, spécialiste des questions énergétiques et géopolitiques. Dernier ouvrage paru en français : OGM : semences de destruction – L’arme de la faim (Jean-Cyrille Godefroy éd., 2008). Dernier ouvrage en anglais : Gods of Money : Wall Street and the Death of the American Century (2010).

voltairenet.org/article197615

[Vidéo] L’influence de l’Arabie saoudite par Pierre Conesa

Source : Stratpol, Youtube, 28-10-2016

Pierre Conesa, auteur de Dr Saoud et Mr Djihad, la diplomatie religieuse de l’Arabie Saoudite (Robert Laffont).

Ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense.

Source : Stratpol, Youtube, 28-10-2016

 

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[Vidéo] L’influence de l’Arabie saoudite par Pierre Conesa

Source : Stratpol, Youtube, 28-10-2016

Pierre Conesa, auteur de Dr Saoud et Mr Djihad, la diplomatie religieuse de l’Arabie Saoudite (Robert Laffont).

Ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense.

Source : Stratpol, Youtube, 28-10-2016

http://www.les-crises.fr/video-linfluence-de-larabie-saoudite-par-pierre-conesa/

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L’euro grimpe, le dollar descend et le dirham plonge !

Économie et Finance

le 28 août 2017

La réforme de la cotation des changes, même si elle a été reportée, sera de mieux en mieux comprise dans son concept et sa nécessité pour notre pays au fil des problèmes qui toucheront au solde extérieur de notre balance des paiements.

Ce solde, qui arithmétiquement dépend du poids des exportations et importations, est également très sensible à la cotation du dirham fixé par le panier de référence, lui-même composé à 60% en euros et 40% en dollars US.

En conséquence, notre monnaie est prise dans un étau entre les devises plus importantes et qui régissent le monde.

Or, il faut savoir que le Maroc importe plus en euros et exporte essentiellement en dollars et que déjà, aux cours de Bank Al-Maghrib, il importe plus qu’il n’exporte.

Cette première cause du déséquilibre de notre balance des paiements est assortie d’une seconde, celle du coût de chacune de ces devises, rapporté aux flux d’importations et exportations du moment.

La suprématie de l’une sur l’autre impacte le dirham et peut aggraver de fait notre solde extérieur.

C’est le cas pour cet été et ce mois d’août en particulier où l’euro s’est raffermi face au dollar, renchérissant ainsi nos importations en euros au détriment du dollar, dévalorisant nos exportations tout particulièrement celles des phosphates qui en constituent une proportion importante.

La réforme de la cotation du dirham se justifiant, selon M. Jouahri, Gouverneur de BAM, notamment par la possibilité de préserver le dirham contre les crises internationales, l’on est en droit de se demander si la tendance d’un euro fort n’en serait pas une justement.

Et pour cause ! Alors que l’économie américaine ne cesse de réaliser des exploits en matière de création d’emplois, avec un taux de chômage à 4,3%, soit son plus bas depuis 16 ans (et qu’en juillet les nouvelles embauches se sont élevées à 209 000 contre 181 000 le mois auparavant, signe d’une santé économique en continuelle amélioration même si le taux de croissance reste en deçà des attentes puisqu’inférieur à 3%), le dollar ne résiste pas à la remontée de l’euro.

Pourtant la santé économique en Europe, si elle s’améliore notamment en France qui connaît quand même un taux de chômage élevé, cumule les mauvaises nouvelles. Ainsi, la production industrielle allemande a baissé en juin de 1,1% par rapport au mois de mai.

On peut donc légitimement se demander si la santé économique européenne justifie un euro fort surtout si l’on s’intéresse à la situation de l’Italie, de la Grèce et de certains pays de l’Est…

Mais surtout, on est obligé de constater que la force d’une monnaie n’est plus malheureusement totalement corrélée à celle d’une économie !

Bien sûr, l’on sait que le risque politique domine ce postulat et que les USA de Trump inquiètent les investisseurs, mais le dirham et les fondamentaux du Maroc en sont victimes ! C’est exactement ce que la réforme de la cotation du dirham voulait éviter.

En effet, si elle avait été mise en oeuvre, et que Bank Al-Maghrib avait déclenché l’opérabilité de la fourchette de flottement du dirham, celle-ci évoluant à plus ou moins 2,5%, cela aurait constitué des barrières de protection du dirham !

Il est fort dommage et bien regrettable ainsi, en raison de l’ouverture de notre économie, que les spécialistes, les professionnels et les experts de la politique des changes se soient effacés devant les politiques en différant une réforme qui aurait initié la stabilisation de notre monnaie.

Face à tous genres de chocs exogènes qui peuvent se transformer en crise pour le dirham, toute variation des grandes devises peut attaquer notre solde extérieur et fragiliser nos fondamentaux macroéconomiques.

Qu’on se le dise !

Afifa DASSOULI

https://lnt.ma/leuro-grimpe-dollar-descend-dirham-plonge/

L’euro grimpe, le dollar descend et le dirham plonge !

Comment le New York Times joue avec l’Histoire, par Robert Parry

Source : Consortium News, Robert Parry, 19-01-2017

Reportage spécial : En ne parvenant pas à écrire la dure vérité au sujet des malversations de la classe dirigeante, le New York Times – au même titre que d’autres publications de médias dominants américains – a déstabilisé la démocratie américaine, rapporte Robert Parry

Par Robert Parry

Chaque fois que le New York Times ou d’autres grands médias d’information se présentent comme des parangons du journalisme professionnel – en agitant le doigt à propos de certaines “fausses informations” pro-Trump ou de quelques “théories du complot” d’Internet – je grince des dents devant cette auto illusion et cette hypocrisie.

 

Personne ne déteste plus que moi les fausses informations et les théories du complot sans preuves, mais la triste vérité c’est que la presse grand public, en ouvrant la porte à de tels fantasmes, a fini par perdre la confiance du peuple Américain et n’est plus guère aujourd’hui que le porte-parole des élites, inventant la version des fait qui l’arrange et diffusant ses propres mensonges.

Plutôt que d’agir comme un chien de garde contre ces supercheries, le Times et ses compagnons de route des courants principaux sont devenus à peine plus que les apologistes et les propagandistes des pouvoirs établis.

Quand l’Irak est “l’ennemi”, on nous raconte des mensonges délirants sur ses armes de destruction massive inexistantes qui sont un danger pour nous tous. Quand la Syrie entre dans le collimateur de Washington, on nous fournit un récit biaisé de ce qui se passe là-bas, chapeaux noirs pour le “régime” et chapeaux blancs pour les “rebelles”?

Quand le Département d’Etat soutient un coup d’Etat en Ukraine pour renverser un dirigeant élu, on nous régale de contes sur sa corruption et sur la “promotion démocratique” que ça produirait de le renverser. À l’heure actuelle, nous subissons une sténographie aveugle de toutes les accusations possibles que le gouvernement américain forme contre la Russie.

Pourtant, alors que cette crise du journalisme américain s’est aggravée ces dernières années, le schéma n’est pas entièrement nouveau. Il fait écho à la façon dont les médias grands public ont manqué bien des affaires les plus importantes de l’histoire moderne et ont plus souvent qu’à leur tour été un obstacle à la vérité.

Par la suite, quand les preuves sont finalement devenues si accablantes qu’il n’est plus possible de rester dans le déni, les médias traditionnels essaient de restaurer leur crédibilité en lambeaux en prenant le moindre petit bout de preuve pour prétexte et déclarer que, jusque là, on avait juste entendu des rumeurs mais que maintenant, c’est du solide, on peut prendre les rumeurs au sérieux – on a l’autorisation du Times.

Par exemple, il y a l’affaire du sabotage par Richard Nixon des négociations de paix du président Lyndon Johnson pendant la guerre du Vietnam en 1968, pour se donner un coup de pouce essentiel dans sa course présidentielle serrée contre le vice-président Hubert Humphrey. En “temps réel” – à la fois pendant que Nixon exécutait sa manœuvre et dans les années qui ont suivi – les journaux alternatifs et les journalistes indépendants ont signalé ce que Johnson appelait en privé la “trahison” de Nixon, mais le Times et d’autres ” journaux de référence” ont traité l’histoire avec guère plus de sérieux que s’il s’agissait d’une théorie du complot.

Au fur et à mesure que les années passaient et que la culpabilité de Nixon devenait de plus en plus évidente, l’histoire ne parvenait toujours pas à franchir le seuil d’attention du Grand Média.

Preuve définitive

Il y a plusieurs années, j’ai compilé un récit détaillé des événements de 1968 à partir des documents déclassifiés par la bibliothèque présidentielle de Johnson et j’ai publié le résultat chez Consortiumnews.com. J’ai pu exploiter les enregistrements récemment disponibles des appels téléphoniques de Johnson, mais aussi un fichier d’écoutes téléphoniques top secret – étiqueté “L’enveloppe X ” – que Johnson avait ordonné à son conseiller en sécurité nationale, Walt Rostow, de récupérer de la Maison Blanche avant l’installation de Nixon.

J’ai également retracé comment, au sujet du dossier de la Maison Blanche manquant et de son détendeur, la paranoïa de Nixon l’avait conduit à rassembler une équipe de cambrioleurs, connue sous le nom de “plombiers”, dont les activités ont par la suite fait surface dans le scandale du Watergate.

En d’autres termes, en démêlant le mystère de la “trahison” de Nixon en 1968, on change les récits de la guerre du Vietnam et du Watergate, deux des questions essentielles de l’histoire américaine moderne. Les médias américains traditionnels ont bien soigneusement ignoré ces nouvelles révélations.

C’est seulement en novembre dernier, dans un récapitulatif des affaires de “La surprise d’Octobre” passées – dans le contexte de la déclaration au Congrès de la réouverture de l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton par le Directeur du FBI, James Comey – que le Times a fourni le résumé suivant de l’affaire de 1968 :

“Le président Lyndon Baines Johnson avait annoncé une trêve des bombardements sur le Nord Vietnam, justifiée selon ses dires par le fait que les pourparlers de paix étaient ” entrés dans une phase nouvelle et bien plus prometteuse” et il avait invité le gouvernement du Sud Vietnam et le Viet Cong à prendre part aux négociations. Soulevant l’espoir que la guerre pourrait se terminer bientôt, l’annonce avait semblé renforcer la position dans les sondages du vice-président Hubert H. Humphrey, le candidat présidentiel démocrate désigné, mais Humphrey perdit malgré tout les élections face à l’ancien vice-président Richard M. Nixon, le Républicain.”

En d’autres termes, c’est la trêve du bombardement par Johnson et les pourparlers de paix que le Times considère comme étant la “surprise d’octobre” destinée à influencer l’élection en faveur de Humphrey. Alors que la preuve est maintenant établie qu’un accord de paix était vraiment à portée de main et que la “surprise d’octobre” c’était que Nixon avait saboté les négociations en persuadant le président sud-vietnamien Nguyen van Thieu de boycotter les discussions de Paris.

Le Times retourne complètement l’histoire en échouant à réexaminer l’affaire à la lumière de nouvelles preuves irréfutables qui étaient disponibles depuis des années, bien que circulant en dehors du courant dominant.

Cependant, au final, ce dédain pour l’histoire peut parfois être dissipé. Ce mois-ci, le Times a mis en évidence dans un éditorial et dans un article faisant suite, des notes cryptées de la campagne de 1968 de Nixon révélant les instructions de Nixon à son aide principal H.R. Haldeman.

Les notes de Haldeman – découvertes à la bibliothèque présidentielle de Nixon par l’historien John A. Farrell – révèlent que Nixon a dit à Haldeman ” Conservez Anna Chennault au travail sur SVN”, employant SVN pour Sud Vietnam et se référant à l’émissaire en chef de la campagne auprès du gouvernement sud-vietnamien, l’émigrée chinoise Anna Chennault du parti de droite.

La manoeuvre de Nixon était de faire passer le mot par Chennault au président sud-vietnamien Thieu, que s’il boycottait les discussions de paix de Johnson à Paris – ce qui ferait dérailler les négociations – Nixon assurerait à Thieu qu’il poursuivrait le soutien militaire américain à la guerre.

Semer la pagaille

Une autre note de Haldeman révélait l’intention de Nixon d’obtenir du chef de la minorité au Sénat, Everett Dirksen, Républicain de l’Illinois, d’admonester Johnson au sujet d’une trêve du bombardement planifié alors que Nixon cherchait ” n’importe quelle autre façon de mettre la pagaille ? RN [Richard Nixon] est capable de tout “.

Bien que le gribouillage de Haldeman soit parfois difficile à déchiffrer, l’inscription suivante fait référence à “SVN” et ajoute: “Dites-lui de tenir bon” – le même message que Anna Chennault a transmis plus tard aux hauts fonctionnaires sud-vietnamiens lors des derniers jours de la campagne de 1968.

Bien que la découverte de Farrell soit certainement en soi une information d’importance, sa plus grande signification est peut-être qu’elle a servi de point de basculement qui a finalement obligé le Times et les médias traditionnels à dépasser le stade de leur rejet de longue date de cette “théorie de la conspiration”.

The Times a donné à Farrell de l’espace sur sa page d’éditorial du 1er janvier pour expliquer sa découverte et l’a fait suivre d’articles à l’intérieur sur les billets de Haldeman. Cette histoire comprenait des commentaires favorables de la part de journalistes traditionnels, tels que l’ancien chef de bureau de Newsweek, Evan Thomas, notant que Farrell “a établi définitivement ce qui est l’objet de discussions depuis longtemps”.

Bien sûr, l’histoire du sabotage de la paix au Vietnam de Nixon a été plus que ” discuté depuis longtemps “. Une série de journalistes ont rassemblé les preuves, dont certaines au fur et à mesure que le complot se dévoilait et d’autres en fouillant les fichiers gouvernementaux jaunis quand ils devenaient disponibles ces deux dernières décennies.

Mais les grands journaux ont surtout balayé cette accumulation de preuves, apparemment parce qu’elles contestaient leur récit “autorisé” de cette époque. Aussi étranges et vicieux que certains des comportements paranoïaques de Nixon aient pu être, ils semblent avoir été trop durs à intégrer pour pouvoir suggérer qu’il mettait ses ambitions politiques en amont de la sécurité d’un demi million de soldats américains dans la zone de guerre du Vietnam en 1968.

Parce qu’informer de cette troublante vérité le peuple américain aurait profondément secoué sa confiance dans la classe dirigeante, compte tenu du décès de 58 000 soldats américains dans la guerre du Vietnam, plus le meurtre de plusieurs millions de Vietnamiens. (Près de la moitié des morts ont été tués après l’échec des négociations de paix de Johnson et la réponse de Nixon à son engagement envers Thieu en augmentant l’implication directe des États-Unis dans le combat pendant quatre années supplémentaires).

[Pour plus de détails, consultez le “Fichier X” de LBJ du Consortiumnews.com sur “La trahison” de Nixon et “Le Crime Odieux Derrière le Watergate“.]Une Reprise

Mais la dissimulation par les médias traditionnels de la “trahison” de Nixon n’était pas un problème isolé en termes de distorsion de l’histoire américaine récente. Si le peuple américain avait réalisé jusqu’où certains hauts fonctionnaires américains pouvaient aller pour atteindre leurs ambitions politiques, ils auraient été plus disposés à croire d’autres accusations sérieuses d’actes répréhensibles de la part du gouvernement.

Reagan a repris la manoeuvre de Nixon de 1968 en 1980 en minant les négociations du président Jimmy Carter pour libérer les 52 otages américains alors détenus en Iran, un autre cas bien documenté de la ” Surprise d’Octobre” que les médias traditionnels désignent encore comme une ” théorie du complot “.

Avec plus de deux douzaines de témoins – y compris les responsables américains, iraniens, israéliens et autres – décrivant les aspects de cet accord républicain en coulisse, la réalité de ce “prologue” au futur scandale de l’Iran-Contra de Reagan, des armes contre des otages, devrait être largement accepté comme un élément véritable de l’histoire américaine moderne.

Mais une enquête sans conviction du congrès en 1991-93 a naïvement confié alors au président d’alors George H.W. Bush le soin crucial de rassembler des dossiers gouvernementaux internes des États-Unis pour confirmer les allégations – malgré le fait que Bush était le principal suspect de l’opération de 1980.

Il y a plusieurs années, j’ai découvert des documents dans la bibliothèque présidentielle de Bush à College Station, au Texas, montrant comment le personnel de Bush à la Maison-Blanche s’est organisé pour masquer des preuves indéniables et cacher un témoin-clé de l’enquête.

Une note d’un des avocats de Bush a révélé que la Maison Blanche avait reçu la confirmation d’une révélation majeure concernant la Surprise d’Octobre – un voyage secret par le président de campagne (et plus tard le directeur de la CIA) William Casey à Madrid – mais a caché cette information auprès des enquêteurs du Congrès. Les documents ont également montré que la Maison Blanche a empêché les tentatives d’interroger l’ancien officier de la CIA, Donald Gregg, un témoin-clé.

Un autre document expose crûment le but de la Maison Blanche : ” détruire/supprimer cette histoire ” pour protéger les chances de réélection de Bush en 1992.

Après que j’ai découvert la confirmation du voyage à Madrid il y a plusieurs années – et envoyé le document à l’ancien représentant Lee Hamilton, qui avait dirigé l’enquête du Congrès qui avait conclu qu’il n’y avait aucune preuve crédible étayant les accusations – il était stupéfait par la trahison apparente de sa confiance.

“Le 41e président de la Maison Blanche [Bush-41] ne nous a pas informés qu’il [Casey] a fait le voyage” à Madrid, m’a dit Hamilton dans une interview. Questionné si le fait de savoir que Casey s’était rendu à Madrid aurait peut-être changé la conclusion décevante de la Surprise d’Octobre, Hamilton a déclaré oui, car la question du voyage de Madrid était au centre de l’enquête.

Pourtant, à ce jour, à la fois l’aile droite et les publications des médias traditionnels citent les résultats non concluants de l’enquête comme leur argument central pour défendre Reagan et son héritage. Cependant, si la manoeuvre de Nixon en 1968 – compromettant la vie d’un demi million de soldats américains – avait été acceptée comme la véritable histoire plus tôt, la preuve que Reagan avait mis en danger 52 membres de l’ambassade américaine aurait semblé beaucoup plus facile à croire.

Au fur et à mesure que ces anciens masques de la vérité se fissurent lentement et commencent à s’effondrer, l’histoire sérieuse derrière eux a commencé à se manifester dans les médias traditionnels. Par exemple, le 3 janvier, lors d’une table ronde de la CNN sur l’ingérence dans les élections présidentielles aux États-Unis, l’historien populaire Doug Brinkley a ajouté : “Un point : en 1980, Ronald Reagan parlait de Jimmy Carter, et il y a eu la rencontre de la Surprise d’Octobre avec l’Iran qui gardait les otages. William Casey, les gens de l’administration Reagan étaient en interférence avec la politique étrangère en disant : “Conservez les otages jusqu’à l’issue de l’élection”. Donc, c’est déjà arrivé. Ce n’est pas seulement Nixon ou Donald Trump. ”

[Pour plus de détails sur l’affaire de 1980, reportez-vous à America’s Stolen Narrative or Trick or Treason par Robert Parry : The Second Surprise Mystery de 1980 ou Consortiumnews.com, “Second Thoughts on October Surprise“.]Le scandale Cocaïne-Contra

Mais le déni d’une sérieuse malversation des pouvoirs dominants meurt difficilement. Par exemple, The New York Times, The Washington Post et d’autres organes de presse importants ont longtemps refusé d’accepter la preuve écrasante que les précieux rebelles Contra du Nicaragua de Reagan se sont engagés dans le trafic de cocaïne sous le regard bienveillant de la Maison-Blanche et de la CIA.

Mon confrère Brian Barger de l’Associated Press et moi-même avons rassemblé énormément de ces preuves en 1985 pour le premier reportage sur ce scandale qui a sapé les déclarations de Reagan selon lesquelles il menait une guerre implacable contre les drogues. À l’époque, le Times est également allé au combat pour défendre le pouvoir en place. S’étant basé sur les propres informations du ministère de la Justice de Reagan, le Times a défoncé nos reportages sur AP. Et une fois que le Times a été confondu par ses sources officielles, lui-même et d’autres presses traditionnelles déclenchaient des vendettas contre quiconque osait contredire la version admise.

Ainsi, lorsque le journaliste de San Jose Mercury News, Gary Webb, a relancé l’histoire de Cocaïne-Contra en 1996 – avec des preuves qu’une partie de cette cocaïne avait alimenté l’épidémie de crack – le Times et d’autres grands journaux ont férocement attaqué les articles de Webb et ont détruit sa carrière. Pas même un aveu institutionnel de la CIA en 1998 selon lequel elle avait été consciente de la diffusion de la drogue de contrebande des Contra tout en regardant ailleurs était suffisante pour ébranler la fausse information conventionnelle des médias traditionnels au sujet de l’innocence des Contra et de la CIA.

Après que l’inspecteur général de la CIA a abouti à ses conclusions accablantes en admettant la connaissance de la circulation des drogues, le Times a lancé une histoire en reconnaissant qu’il pourrait y avoir eu plus d’allégations que le journal l’avait cru auparavant, mais le même article a maintenu le dénigrement de Webb, qui a été évincé du journalisme et, presque sans le sou, s’est suicidé en 2004.

Malgré les aveux de la CIA, le Washington Post a malgré tout continué à nier la réalité du Cocaïne-Contra. Quand un film sur le supplice de Webb, “Kill the Messenger”, a été réalisé en 2014, le journaliste d’investigation de la rédaction du Post, Jeff Leen, a maintenu le déni de la réalité du journal avec une nouvelle attaque immonde envers Webb.

L’histoire de Leen a été validée par l’ancien directeur de la rédaction du Post, Leonard Downie Jr., qui a fait circuler la rabaissante publication de Leen sur Webb avec le commentaire associé: “J’étais au Washington Post au moment où il a enquêté sur les reportages de Gary Webb et Jeff Leen a parfaitement raison. Cependant, il est trop complaisant avec un film qui présente un mensonge comme un fait établi”.

[Pour en savoir plus sur la publication en riposte de Leen, consultez le “Wimper’s Slimy Assault on Gary Webb” de Consortiumnews.com. Pour en savoir plus sur l’histoire de Cocaïne-Contra, consultez la section “The Sordid Contra-Cocaine Saga“.]Des mensonges en tant que vérité

Le fait que les “stars” des médias traditionnels mentent en désignant les faits comme mensongers – ou qu’ils ne peuvent distinguer les faits des mensonges – a contribué à une dégradation dangereuse de la capacité du public à discerner le vrai du faux.

Essentiellement, le problème est que les médias traditionnels ont cherché à protéger l’intégrité des pouvoirs établis en éconduisant les cas réels de criminalité institutionnelle et d’abus de pouvoir. Cependant, en supprimant ces faits, plutôt que de contester les actes répréhensibles du système, les médias traditionnels ont vu leur propre crédibilité s’effondrer.

On pourrait espérer que quelqu’un en position de pouvoir au sein des principaux organes d’information reconnaîtrait ce danger et déclencherait une réforme radicale, qui pourrait commencer par reconnaître certaines des réalités historiques longtemps enterrées, même si elles mettent les icônes du pouvoir établi, telles que Ronald Reagan et George HW Bush, dans un éclairage négatif.

Mais ce n’est clairement pas la direction vers laquelle les médias américains traditionnels se dirigent. Au lieu de cela, le Times, le Post et d’autres publications principales continuent de prendre à la lettre toutes les sources que le pouvoir dominant leur distribue, y compris des accusations douteuses et bizarres des renseignements américains concernant la Russie et le Président élu Donald Trump.

Plutôt que de se joindre à des demandes de preuves réelles pour soutenir ces déclarations, les médias traditionnels semblent vouloir simplement canaliser le mépris du pouvoir institutionnel pour la Russie et Trump. Donc, tout ce qui est dit – même le plus improbable – mérite les gros titres en première page.

Le résultat final, cependant, est de pousser de plus en plus d’Américains dans un état de confusion quant à ce qu’il faut croire. Bien que certains citoyens puissent chercher un journalisme indépendant et honnête pour combler ce qui leur manque, les autres seront certainement victimes de fausses nouvelles et de théories du complot.

Le journaliste d’enquête Robert Parry a décrédibilisé plusieurs des récits de l’Iran-Contra pour The Associated Press et Newsweek dans les années 1980.

Source : Consortium News, Robert Parry, 19-01-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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4 réponses à Comment le New York Times joue avec l’Histoire, par Robert Parry

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