En France, le droit au blasphème est sacré

En France, le droit au blasphème est sacré

 

André Versaille publie en ce moment un feuilleton sur le site du Monde, intitulé: « Les musulmans ne sont pas des bébés phoques »

Nous sommes, aujourd’hui, confrontés à des comportements culturels et religieux musulmans dont plusieurs sont en contradiction avec nos valeurs. « Intérioriser la sensibilité » musulmane majoritaire, comme le propose Tariq Ramadan, impliquerait pour les sociétés d’accueil occidentales d’accepter l’instauration de « droits du croyant » qui contrebalanceraient les droits humains, et de réserver, en opposition à nos principes de société laïcisée, une large place à une religiosité importée et à des dogmes, avec l’obligation de respecter certaines pratiques assimilées à des « bonnes mœurs », mais aussi à la justice. Or, il est impossible, dans un État de droit, d’accepter des lois coraniques discriminatoires qui signeraient l’infériorité de la femme et nous amèneraient à une inégalité de traitements juridiques entre les citoyens.

Sensibilités variables

Intégrer cette sensibilité et ces « droits du croyant » provoquerait un bouleversement législatif qui nous amènerait à devoir observer des prescriptions religieuses considérées comme sacrées, et dont la transgression serait pénalisée au même titre que le racisme ou l’appel à la haine. Peut-on intégrer dans notre droit des conceptions qui le nieraient ? Sommes-nous prêts à assumer l’inégalité de droits entre hommes et femmes, la pratique de l’excision, le châtiment de l’apostasie, voire de la conception musulmane du crime d’honneur ?

Réfléchissons sur ce dernier exemple. En Occident, notre « sensibilité » nous amène – à tort ou à raison – à condamner le crime passionnel beaucoup moins sévèrement que le crime crapuleux ou le meurtre d’enfant. Dans plusieurs États musulmans qui appliquent la charia, la « sensibilité » fait que le crime d’honneur est souvent jugé avec mansuétude. Sommes-nous prêts à « intérioriser cette sensibilité » jusqu’à montrer de l’indulgence pour un homme qui aurait assassiné sa femme ou sa sœur coupable d’adultère ?

Il n’est pas rare d’entendre que, contrairement aux Européens sécularisés, les musulmans ont conservé le sens du sacré et ne peuvent donc souffrir que l’on blasphème impunément leur prophète et dénigre leur foi. D’où la nécessité supposée d’obtenir, en leur faveur, une exception au droit à la liberté d’expression.

Le sacré ne se discute pas

Rappelons que le sacré religieux ne nous est pas étranger. Longtemps, l’Occident fut immergé dans le sacré chrétien, et c’est précisément parce que celui-ci fut dogmatique, lourd et oppressif, qu’il apparut nécessaire aux philosophes des Lumières de combattre l’Église. Et il aura fallu toute leur détermination, tout leur courage – et une révolution – pour libérer la société de ce carcan. Deuxièmement, il n’y a pas de société dépourvue de sacré. Pour sécularisées qu’elles soient, les sociétés occidentales actuelles n’en ont pas moins leurs « sacrés laïcs ». Régis Debray en donne pour exemple le portail d’Auschwitz. Il y en eut d’autres, notamment le tombeau du Soldat inconnu. Ensuite, la notion de sacré et le choix des objets considérés comme tels changent avec l’évolution de la société. Autrefois, en terre chrétienne, il suffisait, nous l’avons vu avec le sort du chevalier de La Barre, d’être soupçonné d’avoir tailladé un crucifix, et de ne pas s’être découvert devant une procession, pour être condamné aux pires supplices. Aujourd’hui, même le plus fanatique des catholiques n’oserait proposer la réhabilitation d’une telle peine pour un tel délit. Du côté des laïcs (exemple que je tiens du même Régis Debray), au lendemain de la guerre de 14-18, un individu qui se serait fait cuire un œuf sur la flamme du tombeau du soldat inconnu aurait été sévèrement jugé et puni. Au XXIe siècle, un tel acte provoquerait de la réprobation, mais son auteur n’encourrait vraisemblablement pas une lourde peine – je gage même que des esprits loufoques ne manqueraient pas d’y voir une « performance artistique géniaaale » et « subversive », cela va de soi.

A lire aussi: Il faut encourager le développement d’un « islam des Lumières »

Autre exemple : il fut un temps, pendant la guerre froide, où la sensibilité des communistes à l’égard de la personne de Staline était à fleur de peau. Lorsqu’en 1953 le petit père des peuples mourut, Aragon publia en première page des Lettres françaises un portrait du pleuré, qu’il avait commandé à Picasso (lui-même communiste). La violence de la protestation des militants fut énorme : Picasso avait insulté Staline ! Le crayon de l’artiste n’était pourtant pas cubiste, mais figuratif. Hélas, l’artiste n’avait pas suivi les canons du réalisme socialiste. Or, pour les dévots, il ne suffisait pas de représenter Staline, encore fallait-il ennoblir ses traits. C’était là un impératif de l’art communiste que d’enjoliver les visages de leurs dirigeants ou héros.

Des exemples de ce genre abondent. Le problème, c’est que le sacré ne se discute ni ne se négocie. Renoncer au droit au blasphème au nom du sacré serait aussi calamiteux que de supprimer, pour des « raisons humanitaires », les droits de la défense pour des auteurs de crimes abominables. En démocratie, aussi ignoble que soit un criminel, le droit à la défense que la société lui reconnaît est, pour le coup, « sacré » et témoigne précisément de ce que nous sommes dans un État de droit.

Retrouvez André Versaille sur son blog, Les musulmans ne sont pas des bébés phoques

 

https://www.causeur.fr/droit-blaspheme-sacre-societe-islam-146796?utm_source=Envoi+Newsletter&utm_campaign=ddc695bb8b-Newsletter&utm_medium=email&utm_term=0_6ea50029f3-ddc695bb8b-57279225

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Une solution en or pour la crise de la dette étasunienne

Une solution en or pour la crise de la dette étasunienne


Par Jim Rickards – Le 15 septembre 2017 – Source Daily Reckoning

À l’heure actuelle, les États-Unis détiennent une dette officielle de 20 000 milliards de dollars. Plus de la moitié de cette somme s’est accumulée au cours de la dernière décennie seulement.

Il semble que le déficit annuel sera autour de 1 000 milliards de dollars assez rapidement si les dépenses projetées sont effectivement faites.

Fondamentalement, les États-Unis sont en faillite.

Je ne dis pas cela pour dramatiser. Je ne cherche pas à effrayer les gens ou à attirer l’attention sur moi-même. C’est seulement une évaluation honnête, basée sur les chiffres.

Cela dit, une dette de 20 000 milliards de dollars serait acceptable si nous avions une économie de 50 000 milliards de dollars.

Dans ce cas, le ratio dette / PIB serait de 40%. Mais nous n’avons pas une économie de 50 000 milliards de dollars. Nous avons une économie d’environ 19 000 milliards de dollars, ce qui signifie que notre dette est plus importante que nos revenus.

Quand le ratio dette / PIB est-il trop élevé ? Quand un pays arrive-t-il au point où il faut changer les choses avant de se retrouver comme la Grèce ?

Les économistes Ken Rogoff et Carmen Reinhart ont réalisé une longue recherche historique étalée sur 800 ans, en étudiant des pays un à un, des empires dans certains cas, qui ont fait faillite ou se sont retrouvés en défaut de paiement.

Ils ont établi que la zone dangereuse se trouvait à un ratio dette / PIB de 90%. Une fois les 90% atteints, ils ont trouvé qu’un virage se faisait …

À ce moment-là, un dollar de dette récolte moins d’un dollar de rendement. La dette devient un véritable frein à la croissance.

Quel est le ratio dette / PIB américain actuel ?

105%.

Nous sommes donc profondément dans la zone rouge, c’est un fait. Et nous ne faisons que nous y enfoncer.

Les États-Unis ont un ratio dette / PIB de 105%, des milliers de milliards de dollars à rembourser, et encore plus de dépenses à prévoir.

Nous devenons de plus en plus comme la Grèce. Nous nous dirigeons vers une crise de la dette souveraine. Ce n’est pas une opinion ; c’est basé sur les chiffres.

Alors, comment s’en sortir ?

Pour les élites, il n’y a en réalité qu’une seule issue, l’inflation.

Et ils ont raison sur un seul point. Les réductions d’impôt n’y feront rien, les changements structurels dans l’économie non plus. Les deux en même temps pourraient aider si c’était fait correctement, mais le problème est tout simplement trop important.

Il ne reste qu’une seule solution, l’inflation.

Maintenant, la Fed a imprimé environ 4 000 milliards de dollars au cours des dernières années et nous n’avons toujours aucune inflation.

Mais la plus grande partie de ce nouvel argent a été donné par la Fed aux banques, qui ont tourné autour et l’ont mis en dépôt à la Fed pour en gagner les intérêts. L’argent n’a jamais pénétré l’économie, où il aurait créé de l’inflation.

En fin de compte, même la création d’argent n’a pas permis d’influer sur l’inflation.

Reste-t-il quelque chose dans le sac à malice ?

Oui, il en reste un. La Fed pourrait effectivement créer de l’inflation en environ 15 minutes si elle voulait le faire.

Comment ?

La Fed peut réunir le conseil d’administration, voter une nouvelle politique, se percher sur le balcon et annoncer au monde que, dès maintenant, le prix de l’or est de 5 000 dollars l’once.

Ils pourraient faire adopter ce nouveau prix en utilisant l’or du Trésor, stocké à Fort Knox et chez les principaux courtiers en or étasuniens pour mener des « opérations financières ouvertes » sur l’or.

Il y aura des acheteurs si le prix atteint 4 950 dollars l’once ou moins et des vendeurs si le prix atteint 5 050 dollars l’once ou plus. Ils imprimeront de l’argent pour l’acheter et réduiront la masse monétaire lorsqu’il sera revendu, via les banques.

La Fed ciblerait le prix de l’or plutôt que les taux d’intérêt.

Le but est de provoquer une augmentation généralisée du niveau de prix. Une hausse du prix de l’or de 1 350 dollars l’once à 5 000 dollars l’once revient à une dévaluation massive du dollar lorsque celui-ci est mesuré dans la quantité d’or qu’un dollar peut acheter.

Et voilà, une inflation massive en 15 minutes : le temps nécessaire pour voter la nouvelle politique.

Vous pensez que cela n’est pas possible ? C’est déjà arrivé aux États-Unis, deux fois au cours des 80 dernières années.

La première fois en 1933, lorsque le président Franklin Roosevelt a ordonné une augmentation du prix de l’or de 20,67 dollars l’once à 35,00 dollars l’once, soit une hausse de près de 75% du prix de l’or en dollars.

Il a fait cela pour briser la déflation due à la Grande Dépression, et cela a fonctionné. L’économie a fortement progressé de 1934 à 1936.

La deuxième fois dans les années 1970, lorsque Nixon a mis fin à la conversion du dollar en or pour les partenaires commerciaux des États-Unis. Nixon ne voulait pas d’inflation, mais il en a eu.

L’or est passé de 35 à 800 dollars l’once en moins de neuf ans, soit une augmentation de 2 200 %. L’inflation en dollars américains a été supérieure à 50% de 1977 à 1981. La valeur du dollar a été réduite de moitié pendant ces cinq années.

L’histoire montre qu’augmenter le prix de l’or en dollar est le moyen le plus rapide pour provoquer une inflation générale. Si les marchés ne le font pas, le gouvernement le peut. Cela fonctionne à chaque fois.

Mais ce que les gens ne réalisent pas, c’est qu’il existe une façon d’utiliser l’or pour contourner une crise du plafond de la dette si un accord n’est pas atteint dans les mois à venir.

Je l’appelle le truc étrange sur l’or, et on en parle rarement en dehors de certains cercles académiques très techniques.

Cela peut sembler étrange, mais ça marche vraiment. Voici comment…

Lorsque le Trésor a pris le contrôle de l’or de tout le pays pendant la Dépression en vertu de la Loi sur la réserve d’or de 1934, il a également pris le contrôle de l’or de la Réserve fédérale.

Mais nous avons le cinquième amendement dans ce pays qui dit que le gouvernement ne peut saisir une propriété privée sans une compensation équitable. Et malgré son nom, la Réserve fédérale n’est techniquement pas une institution gouvernementale.

Le Trésor a donc donné à la Réserve fédérale un certificat basé sur l’or en compensation, au titre du cinquième amendement (à ce jour, ce certificat est toujours au bilan de la Fed).

Maintenant, avançons jusqu’en 1953.

L’administration Eisenhower avait le même problème de plafond de la dette que nous avons aujourd’hui. Et le Congrès n’a pas augmenté le plafond de la dette à temps. Eisenhower et son secrétaire du Trésor se sont rendus compte qu’ils ne pouvaient pas payer les factures.

Qu’est-il arrivé ?

Ils ont utilisé le truc étrange sur l’or pour obtenir de l’argent. Il s’est avéré que le certificat basé sur l’or que le Trésor avait donné à la Fed en 1934 ne représentait pas tout l’or que le Trésor possédait. Il n’était pas basé sur tout l’or en possession du Trésor.

Le Trésor a donc calculé la différence, a envoyé à la Fed un nouveau certificat pour cette différence et a déclaré: « Fed, donnez-moi l’argent. » Elle l’a fait. Ainsi, le gouvernement a obtenu l’argent dont il avait besoin jusqu’à ce que le Congrès augmente le plafond de la dette.

Cette capacité existe aujourd’hui. En fait, elle existe sous une forme beaucoup plus grande, et voici pourquoi…

À l’heure actuelle, le certificat d’or de la Fed évalue l’or à 42,22 dollars l’once. Ce qui est très éloigné du prix de l’or sur le marché qui est d’environ 1 330 dollars l’once.

Le Trésor pourrait donc émettre à la Fed un nouveau certificat sur l’or en évaluant les 8 000 tonnes d’or du Trésor à 1 330 dollars l’once. Ils pourraient prendre le prix de marché actuel de 1 330 dollars, soustraire le prix officiel de 42,22 dollars et multiplier la différence par 8 000 tonnes.

J’ai fait le calcul, et ce chiffre est proche de 400 milliards de dollars.

En d’autres termes, demain matin, le Trésor pourrait délivrer à la Fed un certificat sur l’or pour les 8 000 tonnes de Fort Knox à 1 330 dollars l’once et dire à la Fed : « Donnez-nous la différence avec les 42 dollars l’once. »

Le Trésor obtiendrait près de 400 milliards de dollars sans dette supplémentaire. Cela n’ajoute pas à la dette parce que le Trésor a déjà l’or. C’est juste utiliser un capital et le valoriser sur le marché.

Si le plafond de la dette n’est pas levé, ce truc étrange sur l’or pourrait financer le gouvernement pendant presque une année entière, car nous avons un déficit d’environ 400 milliards de dollars.

Ce n’est pas un délire. Cela a déjà été fait deux fois. En 1934 et de nouveau en 1953 par l’administration Eisenhower. Cela pourrait être fait à nouveau et ne nécessite aucune législation.

Est-ce que le gouvernement travaille sur ce truc sur l’or que je viens de décrire ? Je ne sais pas.

Mais il est suspect que le secrétaire du Trésor, Mnuchin, ait récemment inspecté l’or de Fort Knox. C’est le troisième secrétaire du Trésor de l’histoire à visiter Fort Knox, et le premier depuis 1948. Cette visite est très, très inhabituelle.

Je vais garder un œil sur cette histoire, mais le message réel est que les solutions aux niveaux actuels de la dette sont inflationnistes.

Elles impliquent une réinitialisation du dollar. Cela signifie réévaluer le dollar soit grâce à un prix de l’or plus élevé, soit en valorisant l’or au prix du marché et en donnant l’argent au gouvernement.

Les choses bougent beaucoup ici, mais elles indiquent toutes une direction, une inflation plus forte. C’est le seul moyen d’empêcher une panne pour les États-Unis. Malheureusement, votre argent vaudra moins cher.

Jim Rickards

Note du Saker Francophone

Si Mnuchin est allé voir l'or à Fort Knox, c'est peut être qu'il a un doute 

... Espérons pour lui qu'il n'a pas vu un entrepôt vide ou rempli de fausses barres peintes en jaune ..

 

http://lesakerfrancophone.fr/une-solution-en-or-pour-la-crise-de-la-dette-etasunienne

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