Europe: Macron veut avancer sans braquer

Europe: Macron veut avancer sans braquer

Derek Perrotte Le 28/09 à 20:08

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Le Premier ministre l’Estonie, Juri Ratas, reçoit homologues européens vendredi Tallinn sommet consacré numérique.

Le Premier ministre de l’Estonie, Juri Ratas, reçoit ses homologues européens ce vendredi à Tallinn pour un sommet consacré au numérique. – Raigo Pajula/ AFP

Après un dîner informel sur l’avenir de l’Europe jeudi soir, La France devrait défendre son projet de taxation des géants du numérique lors du sommet de Tallinn, ce vendredi.

Le menu s’annonçait copieux : entrée, plat, dessert et avenir de l’Europe. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne se retrouvaient jeudi soir à Tallinn (Estonie) pour un dîner informel, prélude au sommet de vendredi, entièrement dédié – une première – aux enjeux du numérique.

Deux jours après son discours de la Sorbonne, où  il a appelé à «l’audace» et défendu une refondation ambitieuse de l’Europe, Emmanuel Macron devait prendre le pouls de ses partenaires. Sans Mariano Rajoy, qui a annulé sa venue suite aux tensions en Espagne autour du référendum d’autodétermination dimanche en Catalogne. Mais avec Theresa May, présente pour la première fois à un de ces diners informels lancés après le choc du Brexit. Un nouveau signe d’ouverture mutuelle après son plaidoyer récent à Florence pour un « soft Brexit » et alors que le quatrième round de négociations sur le départ du Royaume-Uni de l’Union s’est clos jeudi par de premières concessions britanniques.

Merkel salue le discours de la Sorbonne

L’exercice est délicat. Emmanuel Macron doit proposer et impulser sans ruer dans les brancards ou braquer. « Il ne s’agit pas de dire, c’est à prendre ou à laisser. Il s’agit d’être efficaces, pas arrogants », confie un diplomate français. « Afin d’assurer un échange ouvert, franc et informel (…) aucun texte ne sera présenté et nos discussions ne donneront pas lieu à des conclusions écrites », avait prévenu Donald Tusk, le président du Conseil européen. Si le souffle impulsé par Emmanuel Macron a été globalement salué, l’hypothèse d’une Europe à plusieurs vitesses fait en particulier grincer des dents de nombreux pays de l’Est. La création d’un gouvernement économique de la zone euro ou encore d’une force d’intervention européenne pour 2020 divisent également.

Dans ce contexte, les yeux étaient aussi braqués sur Angela Merkel, et sa ligne prudente alors que sa victoire étriquée aux législatives allemandes l’oblige à conclure un accord de gouvernement avec les libéraux du FDP, opposés au projet de Paris sur la zone euro. La chancelière allemande et le président français se sont retrouvés avant le diner pour  une rencontre bilatérale qui n’était pas initialement programmée« Il y a un large consensus entre l’Allemagne et la France. Je suis fermement convaincue que l’Europe ne peut pas en rester là », a indiqué en amont Angela Merkel, réagissant pour la première fois au discours de la Sorbonne. A l’issue de l’entretien, l’Elysée évoquait « une ambiance très positive » et une « volonté commune d’avancer vite » sur les sujets de convergence, comme « la défense, l’immigration, le digital »« La France doit montrer ses propositions avant la formation du gouvernement de coalition en Allemagne. On ne peut pas attendre passivement », insiste l’entourage d’Emmanuel Macron.

Priorité au numérique

Cette riche actualité risque d’éclipser les questions numériques au menu du vendredi. Elles n’en sont pas moins clé pour l’avenir économique de l’Europe, avec des discussions prévues la cybersécurité, la libre circulation des données et le déploiement des futurs réseaux 5G, autant de questions érigées en priorité de cette rentrée par la Commission européenne et dont le succès passera par une plus forte coopération entre Etats membres.

La France tentera d’en profiter pour battre le fer sur la question de la fiscalité des géants du net et rallier de nouveaux pays à  sa proposition de créer une taxe sur leurs chiffres d’affaires, déjà soutenue par dix Etats.

Derek Perrotte
Envoyé spécial à Tallinn

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/monde/europe/030632538039-europe-macron-veut-avancer-sans-braquer-2118055.php#TDEaHOhfjFBQ65gY.99

 

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