“Du bon côté de la barricade” : Quand BHL soutenait Weinstein qui défendait Polanski….

Je dois avouer que je ne résiste pas à vous proposer cet extrait reprenant la fin d’un texte de 2012, qui figure sur le site de BHL, à consulter ici (archive), repris sur son site perso

Le désormais célèbre Harvey Weinstein venait alors d’acheter le film de BHL “Le Serment de Tobrouk”.

« Ce film “merveilleux”, poursuit Weinstein, “montre l’incroyable courage de BHL” ainsi que “la détermination de l’ancien président français Sarkozy”. Il souligne aussi, ajoute-t-il, “le leadership du Président Barack Obama et de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton”.

Bernard-Henri Lévy, interrogé cette nuit par l’AFP sur le sens qu’il donnait à cette nouvelle a souligné qu’Harvey Weinstein fit partie des rares Américains qui, au moment du lynchage de Roman Polanski, furent du bon côté de la barricade et s’opposèrent avec force aux modernes Sorcières de Salem. A la question de savoir l’effet que lui faisait l’acquisition de son film par l’homme considéré outre-Atlantique, et sur le marché du cinéma en général, comme le meilleur “Oscar maker” du monde, il a répondu que ses pensées, pour le moment, allaient surtout aux « Syriens massacrés ». Il a conclu : “Puisse ce film, avec cette nouvelle carrière américaine, contribuer, même modestement, à ce que stoppe l’effusion de sang dans les villes syriennes”.

Un axe Weinstein-Lévy contre Bachar al-Assad ? Mais oui. Un film, aussi, peut changer le monde. »

Maria de França, la Règle du Jeu, 18 mai 2012

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Rappels :

Bon, après, la situation à ce jour est la suivante :

Et on ne présente plus Weinstein :

Il est à gauche là :

Espérons que BHL n’a pas été – lui aussi – agressé sexuellement…

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Pour finir, vu que c’était le sujet :

Et donc, grâce à BHL, j’ai découvert qu’un film pouvoir avoir une note de 1,2/5 sur Allociné…

P.S. merci de rester respectueux en commentaires

49 réponses à “Du bon côté de la barricade” : Quand BHL soutenait Weinstein qui défendait Polanski….

Commentaires recommandés…. Pour lire les 49 réponses ,cliquez sur le lien :

http://www.les-crises.fr/du-bon-cote-de-la-barricade-quand-bhl-soutenait-weinstein-qui-defendait-polanski/

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INFO FRANCEINFO. Lafarge en Syrie : d’anciens employés réclament l’audition de Laurent Fabius par la justice

INFO FRANCEINFO. Lafarge en Syrie : d’anciens employés réclament l’audition de Laurent Fabius par la justice

La responsable du contentieux de l’ONG Sherpa, défendant d’ex-salariés syriens de Lafarge, estime que « l’État doit être exemplaire », ajoutant que « les juges doivent rechercher son éventuelle responsabilité ».

https://dailymotion.com/video/x64adg7?autoplay=1 ( VOIR LA VIDEO )
FRANCEINFO

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Elodie GuéguenBenoît CollombatfranceinfoRadio France

Mis à jour le
publié le

L’ONG Sherpa, qui défend des anciens salariés syriens de Lafarge, réclame l’audition par la justice de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de mai 2012 à février 2016. L’association de juristes et d’avocats, partie civile dans l’enquête visant les activités du cimentier Lafarge en Syrie, demande également aux juges d’entendre deux anciens ambassadeurs de France en Syrie.

« La justice française ne doit oublier aucun acteur dans cette affaire, estime la responsable du contentieux de Sherpa, Marie-Laure Guislain. L’État doit être exemplaire, les juges doivent donc rechercher son éventuelle responsabilité. »

Le Quai d’Orsay régulièrement informé

La « demande d’acte » a été déposée cette semaine auprès des juges d’instruction du tribunal de Paris. Depuis juin 2017, trois juges enquêtent sur des soupçons de financement du terrorisme et sur une possible mise en danger de la vie d’autrui des salariés. Onze anciens salariés de l’usine syrienne ont saisi la justice française. La filiale syrienne de Lafarge – le leader mondial des matériaux de construction, quia fusionné en 2015 avec Holcim –, est soupçonnée d’avoir versé de l’argent à des organisations terroristes comme le groupe État islamique entre 2012 et 2014.

Tous les six mois, on allait voir le Quai d’Orsay qui nous poussait à rester

Le directeur général-adjoint de Lafarge

Devant les enquêteurs, plusieurs dirigeants du cimentier affirment que le Quai d’Orsay était parfaitement informé des activités de l’entreprise sur place. Certains ajoutent même que la diplomatie française a poussé Lafarge à rester en Syrie. « Tous les six mois, on allait voir le Quai d’Orsay qui nous poussait à rester. (…) Le Quai d’Orsay dit qu’il faut tenir, que ça va se régler », déclare, par exemple, Christian Herrault, le directeur général adjoint de Lafarge de l’époque.

De source diplomatique, on conteste vivement cette version. Le ministère des Affaires étrangères aurait « alerté le groupe Lafarge sur les risques encourus à rester en Syrie ».

L’État syrien dans le capital de la filiale de Lafarge

Des « risques » qui n’ont pas empêché Lafarge de rester en Syrie. Pour continuer à produire du ciment, la filiale aurait payé des bakchichs à des groupes armés, y compris aux islamistes du groupe État islamique. Ce qui n’a pas empêché l’entreprise d’être liée au régime. Selon les informations recueillies par franceinfo, l’État syrien est entré au capital de la filiale de Lafarge en Syrie, pendant la guerre civile. Le régime de Bachar al Assad a récupéré les parts de la cimenterie que détenait un homme d’affaire syrien, soit 1,33% du capital. Ce montant peut sembler dérisoire, mais ça n’est pas anodin. A l’époque, la France n’a pas de mots assez durs pour condamner le régime de Bachar al Assad, alors que des sanctions internationales visent la Syrie.

L’État français savait-il qu’un encombrant actionnaire était entré au capital de la filiale syrienne de Lafarge ? En septembre 2014, la diplomatie française était au courant, comme le montre un document confidentiel rédigé par le conseiller de l’ambassadeur de France en Jordanie : « Bien qu’ultra majoritaire, Lafarge doit désormais cohabiter avec l’État syrien comme coactionnaire de son usine », écrit le diplomate, qui a compris que le régime de Bachar al Assad a bien un pied dans l’usine française et qui transmet l’information à Paris.

Selon plusieurs experts contactés par franceinfo, cette présence de l’État syrien dans une entreprise française, à l’époque, ne tombe pas forcément sous le coup des sanctions internationales. Mais  c’est l’un des nombreux fils que la justice doit encore démêler. Côté syrien comme côté français, certains pouvaient avoir intérêt à ce que cette usine continue à fonctionner, même en pleine guerre.

Des salariés livrés à eux-mêmes en pleine offensive jihadiste

Lafarge était alors la seule multinationale encore présente pendant la guerre civile en Syrie. Les onze anciens salariés de l’usine syrienne qui ont saisi la justice française estiment que leur employeur les a mis en danger. Notamment en septembre 2014, lorsque la cimenterie est attaquée par des hommes du groupe État islamique.

Ce jour-là, ces salariés ont été livrés à eux-mêmes, estime Marie-Laure Guislain, responsable du contentieux chez Sherpa : « Aucun plan d’évacuation n’est prévu. (…) Lafarge Paris et Syrie leur donnent l’ordre de rester dans l’usine alors que tous les managers ont mis leurs familles à l’abri et que toute la région a déjà fui, puisqu’ils savent qu’une attaque est imminente. Pourtant, on demande à ces salariés de rester sur place. Ils doivent, deux heures avant l’attaque, fuir par trois véhicules dont une moto, par leurs propres moyens. Ils ont envoyé un mail commun à la direction, indignés, en demandant tout simplement pourquoi Lafarge voulait leur mort. »  Lafarge de son côté explique qu’un plan d’évacuation de l’usine était bien prêt. Et que même si les choses ne se sont pas passées comme prévu, il n’y a eu ni mort, ni blessé.

 

http://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/offensive-jihadiste-en-irak/info-franceinfo-lafarge-en-syrie-danciens-employes-reclament-laudition-de-laurent-fabius-par-la-justice_2416497.html#xtor=EPR-51-%5Binfo-franceinfo-lafarge-en-syrie-danciens-employes-reclament-laudition-par-la-justice-de-laurent-fabius-ministre-des-affaires-etrangeres-a-l-epoque-des-faits_2417401%5D-20171013-%5Btitre%5D

La BCE nous annonce des faillites bancaires

Un Krach Boursier Annonciateur De R Cession

La BCE nous annonce des faillites bancaires

Marc Rousset, économiste, ancien haut dirigeant d’entreprise

♦ Ça va « barder » dans le secteur bancaire…

Mis à part l’erreur grotesque de Macron dans la fusion Alstom/Siemens, tout va toujours très bien en matière économique selon les médias… Cependant, une dépêche du 27 septembre de l’agence Reuters, retransmise par l’AGEFI (Agence économique et financière), nous informe « que le secteur bancaire européen est surdimensionné et pourrait avoir besoin d’une cure d’amaigrissement, probablement à travers des fusions ou des fermetures ».


Ces propos ont été tenus par Madame Danièle Nouy, qui n’est autre que la responsable de la supervision bancaire au sein de la Banque centrale européenne. Et d’ajouter : « Au final, il semblerait que le secteur bancaire européen soit devenu trop gros. Et nous pouvons en voir au moins l’une des conséquences : de nombreuses banques dans la zone euro ne gagnent pas leurs coûts du capital. Il semble que beaucoup trop de banques se font concurrence pour attirer des clients. Il y a de bonnes chances que la taille du secteur bancaire doive en effet diminuer. » Propos de vérité mais propos lénifiants de haut fonctionnaire européen qu’il importe de traduire aux Européens : ça va « barder » dans le secteur bancaire, des faillites sont à venir.

Il suffit de voir la vérité en face et d’écouter son bon sens : pourquoi la directive BRDD de l’Union européenne qui permet de chypriser et de ponctionner les comptes des clients ? Pourquoi la loi Sapin 2, qui permet de bloquer les comptes de l’assurance-vie s’il n’y a pas des dangers imminents ou des risques d’incendie un de ces jours prochains à la demeure ?

Les premiers feux annonciateurs se sont, en fait, déjà subrepticement déclarés : la Deutsche Bank qui a été sauvée par des fonds d’investissement des pays du Golfe, des rumeurs de rachat de la Commerzbank par la BNP, le rachat de deux banques vénitiennes par Intesa Sanpaolo avec 4.000 suppressions d’emplois et 17 milliards d’euros d’engagements pour l’État italien, le sauvetage de Monte Paschi avec sa perte abyssale de trois milliards d’euros, les 350 milliards d’euros de créances douteuses dans les actifs des banques italiennes.

En Espagne, Banco Popular avait renforcé à trois reprises son capital pour cinq milliards d’euros et cela n’a pas empêché son sauvetage en hâte par Banco Santander. Et voilà que maintenant, nonobstant les problèmes en Catalogne qui augmentent les risques économiques, bancaires et financiers, on parle de Liberbank comme d’une nouvelle banque en difficulté ! Or, Liberbank, créée en 2011, n’est rien d’autre que le mariage forcé de trois « cajas » (banques d’épargne) : Cajastur, Caja de Extremadura, Caja Cantabria. Le titre, qui valait encore 1,7 euro à fin août, ne vaut plus aujourd’hui que quelques centimes.

Quant à la Grèce, pays en faillite qui ne tient que par des prêts nouveaux européens, son système bancaire détient des titres de la dette souveraine grecque, ce qui fait que les banques grecques seraient immédiatement en faillite si l’État grec devenait insolvable.

Le comble, c’est le Crédit agricole, qui a fait une expérience catastrophique en Grèce et a essuyé de très lourdes pertes pour se retirer à tout prix de ce pays. Attiré par l’appât du gain, il recommence la même erreur en Italie ! Il vient d’acheter, le 29 septembre 2017, trois caisses d’épargne italiennes pour 130 millions d’euros après que le Fonds interbancaire de garantie des dépôts italiens a décidé de prendre à sa charge trois milliards d’euros de créances douteuses.

C’est Napoléon qui disait : « L’argent n’a pas de patrie ; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain. »

Marc Rousset
9/10/2017

Source :Boulevard Voltaire.fr

Correspondance Polémia – 11/10/2017

Image : un krach boursier annoncé

 

 

https://www.polemia.com/la-bce-nous-annonce-des-faillites-bancaires-a-venir/

Relations économiques alternatives et mort de l’argent


Katasonov

Par Valentin Katasonov – Le 2 octobre 2017 – Source katehon

Les banques centrales des principaux pays occidentaux inondent l’économie mondiale avec de l’argent. Cela se voit surtout dans le fait qu’après la crise financière de 2007-2009, la Réserve fédérale américaine, la Banque d’Angleterre, la Banque centrale européenne (BCE) et d’autres banques centrales ont commencé à adopter des politiques appelées assouplissement quantitatif (QE). Elles ont commencé à acheter des titres de créance – y compris beaucoup de mauvaise qualité – en injectant des centaines de milliards de dollars, d’euros, de livres sterling et d’autres devises sur les marchés.

Les banques centrales ont adopté simultanément une politique de réduction continue des taux d’intérêt sur les transactions actives et passives. En conséquence, les taux d’intérêt sur les dépôts auprès des banques centrales de Suède, du Danemark, de la Suisse, du Japon et de la Banque centrale européenne ont plongé en taux négatif. L’argent est devenu non seulement abondant, mais presque gratuit.

Le paradoxe est que cette expansion monétaire, orchestrée par les principales banques centrales de l’Ouest n’a pas conduit à l’expansion de l’économie réelle, mais a plutôt commencé à entraîner celle-ci vers le bas. Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, une part croissante de ce qui est généré par les planches à billets se dirige vers les marchés financiers pour servir la spéculation, car le secteur de l’économie réelle ne peut pas offrir des bénéfices aussi rapides et impressionnants. Deuxièmement, l’argent produit par la planche a billets ressemble de moins en moins à de la monnaie traditionnelle. La monnaie ne peut plus servir à mesurer la valeur des biens et des services. Le prix du pétrole est un exemple notable de cette réalité. Le fait est que les prix du pétrole sont maintenant mesurés avec un outil que nous appelons l’argent, uniquement par habitude. C’est en fait un outil de spéculation, de manipulation et de redistribution de la richesse en faveur des détenteurs de capitaux – ceux qui contrôlent les planches à billets. On peut dire avec certitude que nous assistons à la mort de l’argent.

Les producteurs du secteur réel de l’économie sont rendus douloureusement conscients de tout cela. Les entreprises impliquées dans la fabrication, l’agriculture, la construction et les transports sont incapables de réaliser des investissements et de conclure des contrats à long terme, ou de s’engager dans des travaux prometteurs de recherche et de développement. Ils ne peuvent même pas s’engager dans un commerce normal. Le fonds de roulement est insuffisant – tout l’argent est absorbé par les jeux financiers des spéculateurs – et même lorsqu’il est disponible, il comporte désormais des risques associés aux fortes fluctuations des taux de change, à la dépréciation inflationniste et aux hausses et baisses des prix des produits de base. Les producteurs modernes sont dans la même position que nos ancêtres il y a des milliers d’années, alors qu’aucun moyen d’échange universel n’existait.

Naturellement, les fournisseurs de produits de base tentent de s’adapter à cette ère de la mort de l’argent – concevoir de nouvelles relations économiques. Ces nouvelles relations s’appellent indifféremment : alternatives, non traditionnelles, hors espèces, swaps, échanges…

Des formes alternatives de relations économiques peuvent exister à plusieurs niveaux :

– Local : commerce dans une seule ville, région ou communauté.

– National : commerce dans un seul pays.

– International : échanges entre acteurs appartenant à différentes juridictions nationales.

Le développement de relations économiques alternatives fait l’objet d’une résistance très active de la part des propriétaires de l’argent. Ce n’est pas une surprise, étant donné que toutes les relations économiques alternatives compromettent le monopole détenu par les banques centrales sur la monnaie émise et le monopole détenu par les banques privées lors de l’émission de monnaie scripturaire à partir des comptes de dépôt. Sous différents prétextes, les banques centrales et les gouvernements de divers pays mènent une bataille féroce contre ce genre de créativité de la part des agents économiques. Par ailleurs, cela explique le fait que beaucoup de ces relations économiques alternatives peuvent être trouvées dans l’économie de l’ombre.

L’ensemble des relations économiques alternatives peut être divisé en trois groupes principaux :

1. Transactions impliquant seulement le simple échange de produits et sans l’utilisation d’argent sous quelque forme que ce soit. Le troc est l’exemple classique d’une telle transaction. En plus des formes classiques de troc, le négoce multiproduits gagne en popularité – un accord dans lequel des dizaines, des centaines ou des milliers d’agents économiques peuvent jouer un rôle.

2. Transactions payées en partie par l’échange de produits. Ceux-ci sont conçus pour minimiser l’utilisation de l’argent officiel. En règle générale, une large catégorie de transactions internationales – accords de compensation – inclut une certaine utilisation de la monnaie. Les accords de compensation impliquent un paiement monétaire pour des biens ou des services échangés entre deux pays, mais l’objectif principal est d’essayer d’équilibrer la valeur de ces échanges. Les mécanismes utilisés pour effectuer les transactions peuvent être très variés. Par exemple, les revenus d’exportation encaissés par les fournisseurs du pays A peuvent être stockés dans leurs comptes bancaires, puis dépensés pour importer des marchandises du pays B. Dans cet exemple, il serait possible de contourner l’utilisation de devises fortes − le dollar américain, l’euro ou la livre sterling − en évaluant la transaction avec les devises des pays impliqués dans l’accord de compensation

Même si l’accord de compensation ne comporte pas d’engagement tel que le versement des revenus d’exportation dans un compte bancaire pour payer les importations, le principe de compensation reste important pour les pays concernés, car cela leur permet de contrôler l’équilibre des comptes commerciaux extérieurs et la balance des paiements, ce qui est important pour maintenir la stabilité du taux de change de la monnaie nationale.

Certaines des formes les plus largement reconnues de commerce extérieur sont : la compensation sur une base commerciale ; les achats au comptoir ; la compensation fondée sur des accords de coopération industrielle ; le rachat de produits usés ; les transactions impliquant des matières premières fournies par le client, etc. La forme la plus complexe est la compensation fondée sur des accords de coopération industrielle. En réalité, ce n’est pas seulement un échange de produits, mais un accord pour échanger des investissements pour un produit. En règle générale, ce type d’accord nécessite un prêteur qui fournit le capital de l’investissement.

Divers mécanismes pour gérer les arrangements de compensation devraient également être notés ici, permettant de prendre en compte les créances et passifs financiers mutuels de chaque partie dans une relation économique. Habituellement, une banque sert de centre de compensation. Dans un arrangement de compensation, le solde des créances par rapport aux passifs est enregistré périodiquement. Le solde peut être réglé (remboursé) dans une devise prédéterminée (la devise de compensation). Il est possible d’étendre le financement à un participant, si cette entité se trouve dans le rouge. Un solde négatif peut également être remboursé en fournissant des biens. La destruction délibérée des accords de compensation de devises a commencé dans les années 1970, car ceux-ci réduisaient la demande pour les produits financiers de la Réserve fédérale américaine. Aujourd’hui, nous constatons une fois de plus un intérêt croissant pour les accords de compensation de devises, comme une alternative à la dictature du dollar de Washington.

3. Opérations de troc, basées sur des formes alternatives de monnaie. Une façon de survivre dans le monde moderne, où le dollar américain est imposé par la force à tous les acteurs des relations économiques, réside dans la création de formes alternatives de monnaie qui pourraient véritablement remplir leurs fonctions économiques (principalement comme mesure de valeur et moyen d’échange). Dans divers pays du monde, une importante quantités de monnaies locales sont utilisées dans les villes et les régions. Bien sûr, cette monnaie locale ne remplace pas entièrement l’argent officiel, mais dans certains cas, le besoin d’argent officiel de la population locale peut être réduit de moitié ou même plus. Cette monnaie locale, que ce soit sous la forme d’une monnaie papier ou d’un enregistrement dans un ordinateur, encourage l’échange de produits manufacturés fabriqués dans une zone circonscrite. Le troc se distingue particulièrement dans la grande variété des types d’argent alternatif. De nombreux experts reconnaissent que, compte tenu de l’instabilité mondiale croissante, le sujet des approches alternatives (non traditionnelles) des échanges et des règlements devient de plus en plus pertinent.

Valentin Katasonov

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

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Les citoyens des Balkans doutent de leur adhésion à l’UE

Les citoyens des Balkans doutent de leur adhésion à l’UE

Malgré les déclarations rassurantes de Bruxelles, plus d’un quart des citoyens des Balkans ne croient plus à l’adhésion de leurs pays à l’UE,  selon l’étude 2017 du baromètre des Balkans.

Selon les résultats de l’étude du baromètre des Balkans, dévoilée par le Conseil de coopération régionale (CCR), la Serbie est le pays des Balkans le plus pessimiste quant à une intégration européenne, alors que ce sont les Kosovars qui se montrent les plus enthousiastes.

Le CCR indique qu’en 2015, 27 % des citoyens interrogés dans les Balkans pensaient rejoindre l’UE d’ici 2020. En 2016, ils étaient 24 % et en 2017, ce chiffre est tombé à 19 %. Et ils ne sont pas moins de 28 % à ne plus croire à l’adhésion tout court.

Lors de la présentation du baromètre 2017 des Balkans, Goran Svilanović, secrétaire général du CCR, rappelle que les représentants européens parlaient souvent de la « fatigue de l’élargissement » des citoyens et personnalités politiques européens et indique que le même phénomène semble s’être emparé des Balkans, où les promesses et attentes liées à l’UE semblent ne jamais devoir aboutir.

« Cela fait à présent 17 ans que le processus a débuté et les citoyens estiment que tout cela prend trop de temps, et leurs vies n’ont pas autant changé que ce qu’ils pensaient », a-t-il ajouté.

Juncker tend la main aux Balkans occidentaux

Lors de son discours sur l’état de l’Union, Jean-Claude Juncker a appelé à une vision crédible pour l’élargissement et l’adhésion des pays des Balkans occidentaux, tout en rejetant tout raccourci vers l’UE.

Dans son discours sur l’état de l’union, le président européen, Jean-Claude Juncker, a estimé que le Monténégro et la Serbie pourraient entrer dans l’UE d’ici 2025.

Il a souligné le caractère positif et encourageant de cette nouvelle, qui signifie qu’il n’y a pas de politique alternative et que le processus d’adhésion se poursuit, même si cela va lentement. Il a cependant admis que nombre de citoyens de la région ont cessé de croire que l’adhésion se concrétisera vraiment.

L’enquête révèle que 42 % des habitants des Balkans considèrent que l’adhésion européenne serait une bonne chose, alors que 19 % la rejettent. C’est au Kosovo, une région très peu développée, que les citoyens ont la meilleure opinion de l’UE, puisqu’ils sont 90 % à considérer l’intégration comme positive. À l’autre extrême, en Serbie, qui revendique toujours le territoire kosovar, seuls 26 % de la population voient l’adhésion d’un bon œil.

L’élargissement, une manne pour l’économie

En ce qui concerne les hommes d’affaires, la question est plus tranchée : ils sont plus de la moitié, 57 %, à penser que l’adhésion serait positive, contre 7 % qui l’estiment négative.

Vladimir Gligorov, de l’Institut viennois d’étude économique internationale, juge très compréhensible l’enthousiasme des Kosovars, étant donné l’impact qu’aurait l’adhésion sur l’économie, l’éducation, le marché du travail et la levée des visas.

L’économie du pays est en effet encore très dépendante des aides extérieurs et l’augmentation des possibilités liées à l’emploi, à l’immigration et à l’activité économiques est très tentante.

« En ce qui concerne la Serbie, on remarque une divergence énorme entre ce qui serait important pour le pays en termes économiques et ce que pense le public », explique le spécialiste.

« La Serbie est très dépendante de l’UE et cette dépendance augmentera dans le domaine économique, mais politiquement parlant les Serbes, et particulièrement l’élite, font preuve d’un sentiment anti-européen très agressif. Être pro-Européen est donc considéré comme antipatriotique. »

Maciej Popowski, vice-directeur général pour les négociations et la politique de voisinage de la Commission européenne, estime néanmoins encourageant de savoir que dans la région, 42 % des citoyens sont favorables à l’UE. Ce n’est pas une majorité, mais c’est plus qu’en 2016, souligne-t-il.

Les tensions entre Serbie et Kosovo préoccupent l’ONU

Zahir Tanin, qui dirige la mission de l’ONU au Kosovo, a souligné les tensions croissantes au Kosovo et la dégradation de la confiance entre Belgrade et Pristina, lors d’une session du Conseil de sécurité. Un article d’Euractiv Serbie.

Chômage et économie

Le baromètre 2017 des Balkans indique aussi que la plupart des citoyens du Sud-est européen ne sont pas satisfaits de la situation actuelle dans leurs pays. Ils considèrent le chômage comme le problème principal, mais un nombre croissant d’entre eux dénoncent également la corruption.

Selon l’enquête, ils sont ainsi 67 % à s’inquiéter du chômage et 49 % de la situation économique. Pour 32 % d’entre eux, la corruption fait partie des principaux problèmes, une augmentation depuis les 15 % de 2015. Ils sont 58 % à se déclarer insatisfaits de la situation générale dans leur pays et seulement 7 % à la trouver satisfaisante.

Les citoyens de tous les pays de la région identifient le chômage comme le principal problème, mais c’est en Bosnie-Herzégovine que le phénomène est le plus marqué (73 %). Les Bosniens sont également les plus mécontents de la situation économique de leur pays (76 %) et les plus pessimistes, puisqu’ils sont 39 % à estimer que les choses vont empirer en 2018.

Au Kosovo, la moitié des personnes interrogées est optimiste quant à l’année prochaine et ils sont 81 % à penser ne pas perdre leur emploi. Dans ce pays, c’est avant tout la corruption qui inquiète. Le sujet est le deuxième problème, après la situation économique, cité par 62 % de la population, soit deux fois plus que dans les autres pays.

La confiance dans les institutions nationales est au plus bas. Les citoyens des Balkans estiment que les pots-de-vin sont surtout présents au sein des partis politiques, suivis par la justice, le système de santé et la douane. Par ailleurs, 73 % jugent les efforts des autorités inefficaces.

Au total, 67 % des habitants de la région ne font pas confiance au système judiciaire, 71 % se méfient du parlement et 69 % du gouvernement. En Serbie et en Bosnie-Herzégovine, le manque de confiance dans ces institutions tourne autour des 80 %. Et c’est en Macédoine qu’on fait le moins confiance à la justice.

Le baromètre est un sondage annuel réalisé auprès des citoyens et entreprises de la région. La version 2017 a été établie sur base des témoignages de 8 000 citoyens et 1 600 entreprises.

La reconnaissance du Kosovo fait tanguer les négociations d’adhésion de la Serbie

Le président serbe Tomislav Nikoli? a affirmé être contre l’entrée de son pays dans l’Union européenne si cela impliquait la reconnaissance du Kosovo. Un article d’EURACTIV Serbie.

 

https://www.euractiv.fr/section/elargissement/news/balkan-citizens-doubt-they-will-ever-join-eu/

Catalogne : le président catalan pris entre deux feux

Catalogne : le président catalan pris entre deux feux


Vendredi 13 Octobre 2017 modifié le Vendredi 13 Octobre 2017 – 13:55


Le président catalan était pris vendredi sous les feux croisés des factions les plus dures du mouvement séparatiste qui le pressent de proclamer l’indépendance de la Catalogne et des entreprises qui quittent la région en masse.


Carles Puigdemont a été sommé par le gouvernement espagnol de « clarifier » la déclaration unilatérale d’indépendance qu’il avait suspendue aussitôt après l’avoir annoncée mardi.

Si jeudi il n’a pas fait marche arrière, Madrid annoncera les mesures nécessaires pour suspendre l’autonomie de cette région de 7,5 millions d’habitants, un acte inédit depuis le rétablissement de la démocratie en Espagne et susceptible de mettre le feu aux poudres.

Depuis cet ultimatum, le leader séparatiste est pris entre d’un côté les milieux d’affaires qui prédisent une « catastrophe » en cas de divorce avec Madrid et commencent à fuir la région et, de l’autre, la frange la plus dure des indépendantistes qui réclame un passage en force pour mettre en oeuvre dès maintenant le processus d’indépendance. Et ce en s’appuyant sur les résultats du référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre.

« Nous ne serons capables de respecter ce que la majorité a exprimé dans les urnes qu’à travers une proclamation de la république », a averti vendredi dans une lettre ouverte la CUP, allié d’extrême gauche de l’exécutif catalan, dont certains membres s’étaient sentis « trahis » par le discours ambigu de M. Puigdemont mardi.

‘Aucun sens’

Les séparatistes affirment avoir remporté le référendum avec 90 % des voix et 43 % de participation, des chiffres invérifiables en l’absence d’une commission électorale indépendante.

Le scrutin a été décrété illégal par la justice espagnole, antidémocratique par Madrid et les leaders européens ont insisté sur le fait qu’ils ne reconnaîtraient pas l’indépendance de la Catalogne en l’état.

« S’ils prétendent (…) encore nous menacer ou nous museler, qu’ils le fassent avec une République déjà proclamée », demande encore la CUP.

L’influente association indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC) a également pressé M. Puigdemont d’aller de l’avant.

« Face au rejet par l’Etat espagnol de toute proposition de dialogue, maintenir la suspension de la déclaration d’indépendance n’a plus aucun sens », insiste l’ANC, organisatrice depuis plusieurs années de grandes manifestations séparatistes.

Carles Puigdemont, qui hormis quelques tweets s’est fait discret depuis mardi, n’a pas réagi à ces injonctions. Concernant la situation économique, il a déclaré mardi devant le Parlement régional que la décision de dizaines d’entreprises de transférer leur siège social hors de Catalogne n’avait « pas un véritable impact sur notre économie ».

‘Une catastrophe’

Mais du côté des milieux d’affaires, le ton est tout autre. Ils sont nombreux à craindre un mouvement irréversible et une répétition du scénario au Québec lorsque, après l’arrivée au pouvoir des indépendantistes en 1976, plus de 200 entreprises avaient déménagé leurs sièges sociaux en quelques mois, pour ne jamais revenir.

« C’est une catastrophe pour la Catalogne et son économie. Je doute fortement qu’une seule entreprise revienne avant au moins trois à cinq ans de stabilité absolue », s’alarme dans El Pais Juan Ignacio Sanz, spécialiste des questions bancaires à l’Ecole de Commerce de Barcelone ESADE.

Les agences de notation observent la situation de près. La semaine dernière, Standard and Poors (SP) et Fitch avaient dit envisager un abaissement de la note de la dette de la Catalogne, déjà classée en catégorie spéculative, ce qui l’empêche de se financer sur les marchés internationaux.

Jeudi, SP a même souligné le risque d’une récession en cas de crise prolongée dans cette région qui est, avec 19 % du PIB espagnol en 2016, l’une des plus riches d’Espagne mais aussi l’une des plus endettées, à hauteur de 35,4 % de son PIB.

L’impact sur le tourisme commence à se faire sentir en Catalogne, qui accueille un visiteur sur quatre en Espagne. Dans certains hôtels de Barcelone, les prix des chambres ont chuté de moitié.

Selon le journal économique en ligne El Confidencial, l’ouverture fin février dans cette ville du Congrès mondial de la téléphonie mobile (MWC), le plus grand salon du genre dans le monde et source majeure de revenus pour elle, est également menacée et susceptible d’être retardée.

« Nous continuons à surveiller les événements en Espagne et en Catalogne et à évaluer tout impact potentiel », a réagi une porte-parole du Congrès, interrogée par l’AFP, sans démentir l’information. (afp)

Vendredi 13 Octobre 2017 – 13:53


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La Chine et la Russie ont un plan pour détrôner le dollar. Si elles réussissent, le monde se réjouira

La Chine et la Russie ont un plan pour détrôner le dollar. Si elles réussissent, le monde se réjouira


Dans un monde où le choix consiste trop souvent à se soumettre à la domination impériale, ou à souffrir du chaos provoqué par la vengeance de l’empire, les changements financiers qui se produisent sont pour une grande partie du globe un développement bienvenu, et depuis longtemps attendu.


Par Federico Pieraccini – Le 6 octobre 2017 – Source Strategic Culture via Russia Insider

Si nous voulions identifier le seul carburant qui alimente l’impérialisme américain et ses aspirations à l’hégémonie mondiale, le rôle du dollar américain prendrait une place évidente.

Une exploration en profondeur des effets du dollar sur l’économie mondiale est donc nécessaire pour comprendre les développements géopolitiques conséquents survenus au cours des dernières décennies.

La raison pour laquelle le dollar joue un rôle aussi important dans l’économie mondiale est due aux trois facteurs principaux suivants : le pétrodollar ; le dollar comme monnaie de réserve mondiale ; et la décision de Nixon, en 1971, de supprimer la convertibilité du dollar en or.

Comme il est facile de le deviner, le pétrodollar a fortement influencé la composition du panier de DTS [droits de tirages spéciaux] du FMI, ce qui a amené le dollar à devenir la monnaie de réserve mondiale, entraînant de graves implications pour l’économie mondiale en raison de la décision de Nixon de supprimer la convertibilité du dollar en or. La plupart des problèmes pour le reste du monde ont commencé par une combinaison de ces trois facteurs.

Dollar – Pétrodollar – Or

Le plus grand changement géoéconomique au cours des cinquante dernières années a eu lieu en 1973 avec l’accord entre l’OPEP, l’Arabie saoudite et les États-Unis pour vendre le pétrole exclusivement en dollars.

Plus précisément, Nixon s’est arrangé avec le roi saoudien Fayçal pour que les Saoudiens n’acceptent que des dollars pour payer les investissements pétroliers et connexes, recyclant ainsi des milliards d’excédent en dollars américains et d’autres ressources financières en dollars.

En échange, l’Arabie saoudite et d’autres pays de l’OPEP étaient sous la protection militaire américaine. Cela rappelle un arrangement de style mafieux : les Saoudiens sont obligés de mener des affaires en dollars américains selon les termes et conditions fixés par les États-Unis avec peu d’arguments, et en échange, ils reçoivent une protection généreuse.

Le deuxième facteur, peut-être encore plus important pour l’économie, est que le dollar est devenu la monnaie de réserve mondiale et maintient un rôle prédominant dans le panier des réserves internationales du FMI depuis 1981.

Le rôle du dollar, lié évidemment au pétrodollar, a presque toujours maintenu une part de plus de 40% dans le panier des DTS, tandis que l’euro a maintenu une part stable de 29% à 37% depuis 2001.

Afin de comprendre les changements économiques en cours, il suffit de constater que le yuan est enfin inclus dans le panier des DTS, avec une part initiale de 10% qui est légèrement supérieure au yen (8,3%) et à la livre sterling (8,09%) mais nettement inférieure au dollar (41%) et à l’euro (31%). La monnaie yuan, lentement mais significativement, devient de plus en plus utilisée dans le commerce mondial.

La raison pour laquelle les États-Unis ont pu alimenter cette demande mondiale de dollars est liée à la nécessité pour d’autres pays d’utiliser cette monnaie afin d’acheter du pétrole et d’autres biens.

Par exemple, si une entreprise bolivienne exporte des bananes vers la Norvège, la procédure de paiement nécessite l’utilisation de dollars. La Norvège doit donc acquérir la monnaie américaine pour payer et recevoir les biens achetés en Bolivie.

De même, les dollars que reçoit la Bolivie seront utilisés pour acheter d’autres produits de première nécessité comme le pétrole du Venezuela. Cela peut sembler incroyable, mais pratiquement tous les pays, jusqu’à il y a quelques années, utilisaient des dollars américains pour échanger entre eux, même avec des pays qui étaient anti-américains et contre les politiques impérialistes américaines.

Cette utilisation continue du dollar a eu des effets dévastateurs sur le globe. Tout d’abord, l’utilisation intense de la monnaie américaine, associée aux décisions de Nixon, a créé une norme économique basée sur le dollar qui a rapidement remplacé les métaux précieux comme l’or, qui était la norme pour l’économie mondiale depuis des années.

Cela a entraîné une instabilité majeure pour les systèmes économiques qui, au cours des années, ont créé des politiques financières désastreuses, comme on l’a vu en 2000 et 2008, par exemple. La principale source de fiabilité économique est transférée de l’or au dollar, en particulier par les bons du Trésor américains.

Ce changement majeur a permis à la Réserve fédérale d’imprimer des dollars pratiquement sans limite (comme on l’a vu ces dernières années avec des taux d’intérêt pour emprunter de l’argent à la FED proches de 0%), bien consciente que la demande de dollars ne cesserait jamais, ce qui permet la survie d’énormes secteurs d’entreprises privées et publiques (comme l’industrie du fracking [fracturation hydraulique du pétrole de schiste]).

Cela a ouvert la voie à un système économique mondial basé sur des instruments financiers comme les dérivés et autres titres, au lieu de biens réels et tangibles comme l’or. En faisant cela pour leur propre bénéfice, les États-Unis ont créé les conditions d’une nouvelle bulle financière qui pourrait même détruire l’économie mondiale lorsqu’elle éclatera.

Les États-Unis se trouvent dans la position enviable de pouvoir imprimer des morceaux de papier, simplement des IOU [I owe you = je vous dois = reconnaissance de dette] sans aucun support en or, puis les échanger contre des biens réels. Cet arrangement économique a permis à Washington d’obtenir un avantage stratégique sans égal sur ses adversaires géopolitiques – initialement l’URSS, maintenant la Russie et la Chine – à ​​savoir une capacité pratiquement illimitée de dépenser en dollars, même si elle accumule une dette publique astronomique d’environ 21 000 milliards de dollars.

Le facteur déstabilisant pour l’économie mondiale a été la capacité de Washington d’accumuler d’énormes dettes publiques, sans avoir à se soucier des conséquences, ni même de la défiance possible des marchés internationaux envers le dollar. Les pays ont simplement besoin de dollars pour le commerce et achètent des bons du Trésor américains pour diversifier leurs actifs financiers.

L’utilisation continue du dollar comme moyen de paiement pour presque tout, associée à la capacité quasiment infinie de la FED d’imprimer de l’argent et du Trésor US d’émettre des obligations, ont conduit le dollar à devenir le principal refuge sûr pour les organisations, les pays et les individus, en légitimant ce système financier pervers qui a affecté la paix mondiale pendant des décennies.

Des dollars et des guerres, bientôt la fin ?

Les problèmes pour les États-Unis ont commencé à la fin des années 1990, à un moment d’expansion pour l’empire américain, suite à la disparition de l’Union soviétique.

L’objectif géopolitique annoncé était l’hégémonie mondiale. Avec une capacité de dépense illimitée et une idéologie basée sur l’exceptionnalité américaine, cette tentative semblait être à la portée des décideurs, au Pentagone et à Wall Street.

Un élément clé pour parvenir à une hégémonie globale consistait à empêcher la Chine, la Russie et l’Iran de créer une zone eurasienne intégrée. Pendant de nombreuses années, et pour diverses raisons, ces trois pays ont continué à mener des échanges à grande échelle en dollars américains, se pliant aux prescriptions économiques d’un système financier frauduleux créé au profit des États-Unis.

La Chine devait continuer dans son rôle pour devenir l’usine du monde entier, ayant toujours accepté des paiements en dollars et acheté des centaines de milliards de bons du Trésor aux États-Unis.

Avec Poutine, la Russie a commencé presque immédiatement à dédollariser, remboursant ses dettes étrangères en dollars, en essayant de se décharger du fardeau de la pression économique. La Russie est aujourd’hui l’un des pays du monde ayant le moins de dettes publiques et privées libellées en dollars, et l’interdiction récente de l’utilisation du dollar américain dans les ports maritimes russes est le dernier exemple.

Pour l’Iran, le problème a toujours été les sanctions, créant de grandes incitations à contourner le dollar et à trouver d’autres moyens de paiement.

Le facteur décisif qui a changé la perception de pays comme la Chine et la Russie a été la crise financière de 2008, ainsi que l’agression croissante des États-Unis depuis les événements de Yougoslavie en 1999. La guerre en Irak, entre autres facteurs, empêchait Saddam de vendre son pétrole en euros, ce qui aurait menacé l’hégémonie financière du dollar au Moyen-Orient.

La guerre et la présence continue de l’Amérique en Afghanistan ont souligné l’intention de Washington de continuer à encercler la Chine, la Russie et l’Iran afin d’éviter toute intégration eurasienne.

Naturellement, plus le dollar était utilisé dans le monde, plus Washington avait le pouvoir de dépenser pour ses armées. Pour les États-Unis, le paiement d’une facture de six mille milliards de dollars (c’est le coût des guerres en Irak et en Afghanistan) s’est fait sans effort, ce qui constitue un avantage inégalé sur des pays comme la Chine et la Russie dont les dépenses militaires en comparaison sont un cinquième et un dixième, respectivement.

Les tentatives infructueuses répétées de conquérir, subvertir et contrôler des pays comme l’Afghanistan, la Géorgie, l’Irak, la Libye, la Syrie, le Donbass, la Corée du Nord, l’Égypte, la Tunisie, le Yémen et le Venezuela ont eu des effets importants sur la perception du pouvoir militaire américain.

En termes militaires, Washington a fait face à de nombreuses défaites tactiques et stratégiques, avec la péninsule de Crimée retournée à la Russie sans un coup de feu, et avec l’Occident incapable de réagir. Dans le Donbass, la résistance a infligé d’énormes pertes à l’armée ukrainienne soutenue par l’OTAN.

En Afrique du Nord, l’Égypte est maintenant sous le contrôle de l’armée, suite à une tentative de transformer le pays en un État dirigé par les Frères musulmans. La Libye, après avoir été détruite, est maintenant divisée en trois entités et, comme l’Égypte, semble regarder favorablement vers Moscou et Pékin.

Au Moyen-Orient, la Syrie, la Turquie, l’Iran et l’Irak coopèrent de plus en plus dans la stabilisation des conflits régionaux ; ils sont soutenus par la puissance militaire russe et la force économique chinoise.

Et bien sûr, la Corée du Nord continue d’ignorer les menaces militaires américaines et a pleinement développé sa dissuasion conventionnelle et nucléaire, ce qui rend ces menaces américaines nulles et vides.

Les révolutions de couleur, la guerre hybride, le terrorisme économique, et les tentatives de supplétifs pour déstabiliser ces pays ont eu des effets dévastateurs sur la crédibilité et l’efficacité militaire de Washington.

Les États-Unis sont maintenant vus par beaucoup de pays comme un appareil de guerre massif qui lutte pour obtenir ce qu’il veut, se démène en vain pour atteindre des objectifs cohérents, et manque même de la capacité de contrôler des pays comme l’Irak et l’Afghanistan, en dépit d’une supériorité militaire écrasante.

Personne ne vous craint !

Jusqu’à quelques décennies en arrière, toute idée de s’éloigner du pétrodollar était considérée comme une menace directe pour l’hégémonie mondiale américaine, nécessitant une réponse militaire.

En 2017, compte tenu de la baisse de la crédibilité des États-Unis en raison du déclenchement de guerres contre des pays plus petits – en ignorant les pays comme la Russie, la Chine et l’Iran qui ont des capacités militaires auxquelles les États-Unis n’ont pas fait face depuis plus de soixante-dix ans – un éloignement général du système basé sur le dollar se constate dans de nombreux pays.

Au cours des dernières années, cet éloignement est devenu, pour de nombreuses nations qui s’opposent à Washington, la seule façon de contenir adéquatement les retombées d’un empire américain qui s’écroule est d’abandonner progressivement le dollar.

Cela sert à limiter la capacité de Washington pour les dépenses militaires en créant les outils alternatifs nécessaires dans les domaines financiers et économiques qui élimineront la domination de Washington.

Ceci est essentiel dans la stratégie russo-sino-iranienne pour unir l’Eurasie et mettre ainsi les États-Unis hors-jeu.

La dédollarisation est devenue une priorité stratégique pour Pékin, Moscou et Téhéran. L’élimination de la capacité de dépenses illimitée de la FED et de l’économie américaine signifie la limitation de l’expansion impérialiste des États-Unis et diminue la déstabilisation mondiale.

Sans la puissance militaire américaine habituelle pour renforcer et imposer l’utilisation de dollars américains, la Chine, la Russie et l’Iran ont ouvert la voie à des changements importants dans l’ordre global.

Les États-Unis se sont tiré une balle dans le pied en accélérant ce processus par l’exclusion de l’Iran du système SWIFT [réseau électronique de transactions financières internationales] (ouvrant la voie à l’alternative chinoise, CIPS) et l’imposition de sanctions à des pays comme la Russie, l’Iran et le Venezuela.

Cela a également accéléré l’extraction et l’acquisition d’or physique en Chine et en Russie, ce qui contraste directement avec la situation aux États-Unis, où court la rumeur que la FED ne possède plus d’or. Ce n’est pas un secret que Pékin et Moscou visent une monnaie soutenue par l’or, quand le dollar s’effondrera, si cela arrive. Cela a poussé les pays inflexibles à commencer à opérer dans un environnement hors dollar et à travers des systèmes financiers alternatifs.

Un exemple parfait de la façon dont cela se réalise peut être vu avec l’Arabie saoudite, qui représentait le centre du pétrodollar.

Dédollarisation

Beijing a commencé a exercer une forte pression sur l’Arabie saoudite pour qu’elle commence à accepter les paiements en yuan pour le pétrole au lieu de dollars, tout comme d’autres pays, dont la Fédération de Russie.

Pour Riyad, il s’agit d’une question presque existentielle. Riyad est dans une situation délicate, quand on sait à quel point elle est dévouée à conserver le lien entre le dollar américain et le pétrole, même si son principal allié, les États-Unis, ont poursuivi au Moyen-Orient une stratégie contradictoire, comme on le voit dans l’accord JCPOA [avec l’Iran].

L’Iran, principal ennemi régional de l’Arabie saoudite, a pu voir levées des sanctions (en particulier des pays européens) grâce à l’accord JCPOA. En outre, l’Iran a pu construire une victoire historique avec ses alliés en Syrie, jouant un rôle prépondérant dans la région et aspirant à devenir une puissance régionale.

Riyad est obligé d’obéir aux États-Unis, un allié qui ne se préoccupe pas de son destin dans la région – l’Iran est de plus en plus influent en Irak, en Syrie et au Liban –, allié qui est même en compétition sur le marché du pétrole [avec le pétrole de schiste].

Pour empirer les choses à Washington, la Chine est le plus gros client de Riyad, et compte tenu des accords avec le Nigeria et la Russie, Pékin peut cesser d’acheter du pétrole en provenance d’Arabie saoudite si Riyad continue d’insister pour ne recevoir le paiement qu’en dollars. Cela nuirait gravement au pétrodollar, un système pervers qui fait surtout du tort à la Chine et à la Russie.

Pour la Chine, l’Iran et la Russie, ainsi que d’autres pays, la dédollarisation est devenue une question urgente. Le nombre de pays qui commencent à voir les avantages d’un système décentralisé, par opposition au système dollar américain, augmente. L’Iran et l’Inde, mais aussi l’Iran et la Russie, ont souvent troqué des hydrocarbures en échange de produits primaires, contournant ainsi les sanctions américaines.

De même, le pouvoir économique de la Chine lui a permis d’ouvrir une ligne de crédit de 10 milliards d’euros à l’Iran pour contourner les sanctions récentes. Même la Corée du Nord semble utiliser des crypto-monnaies comme le bitcoin pour acheter du pétrole en provenance de Chine et contourner les sanctions américaines. Le Venezuela – qui dispose des plus grandes réserves de pétrole du monde – vient de faire un mouvement historique en renonçant complètement à vendre du pétrole en dollars, annonçant qu’il commencerait à recevoir de l’argent dans un panier de devises sans dollars américains. Ceci sans mentionner le plus gros changement qui a eu lieu au cours des 40 dernières années, le projet de la Chine d’amarrer le yuan à l’or.

Pékin achètera du gaz et du pétrole à la Russie en payant en yuans, Moscou pouvant convertir le yuan en or immédiatement grâce à l’échange sur le marché international de l’énergie de Shanghai. Ce mécanisme gaz-yuan-or signale un changement économique révolutionnaire grâce à l’abandon progressif du dollar.

Dans le prochain et dernier article, nous nous concentrerons, d’une part sur la réussite de la Russie, de l’Iran et de la Chine dans la mise en place d’un ordre mondial multipolaire, avec l’objectif de contenir pacifiquement les retombées de l’empire américain qui s’effondre, et d’autre part, sur la manière dont cet autre ordre mondial ouvrira des perspectives géopolitiques nouvelles pour les alliés américains et d’autres pays.

Federico Pieraccini

 

 

http://lesakerfrancophone.fr/la-chine-et-la-russie-ont-un-plan-pour-detroner-le-dollar-si-elles-reussissent-le-monde-se-rejouira

 

 


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