Les Kirghizes aux urnes pour une élection présidentielle inédite

Les Kirghizes aux urnes pour une élection présidentielle inédite

Un électeur kirghize prend son bulletin pour voter à la présidentielle à Bichkek, le 15 octobre 2017 / © AFP / Vyacheslav OSELEDKO

Les Kirghizes se rendaient aux urnes dimanche pour une élection qui devrait aboutir à la première passation de pouvoir pacifique entre deux présidents élus, un test pour la démocratie dans ce pays d’Asie centrale.

Les bureaux de vote ont ouvert à 08H00 (02H00 GMT) et devaient fermer à 20H00 (14H00 GMT) dans ce pays de 5,7 millions d’habitants, pour une élection présidentielle qui s’annonce serrée. Onze candidats sont en lice et un second tour devrait être nécessaire pour départager les deux favoris, les ex-Premiers ministres Sooronbaï Jeenbekov et Omourbek Babanov.

Deux heures après l’ouverture des bureaux de vote, la participation était d’environ 7,5%, selon les autorités.

A Bichkek, des électeurs prenaient des selfies avec M. Jeenbekov, le candidat soutenu par le président sortant, et son principal rival, M. Babanov.

Mais l’atmosphère, plutôt festive, a été plombée par l’annonce dimanche de l’arrestation d’un ancien député que les services de sécurité accusent d’avoir voulu provoquer des troubles après l’annonce des résultats.

De quoi dissuader certains électeurs d’aller voter.

« Je ne vais pas aller voter », a expliqué à l’AFP Valeri Kirlilenko, chauffeur de taxi à Bichkek. « J’ai entendu dire qu’il y aurait des troubles en cas de défaite de tel ou tel candidat ».

Secoué par deux révolutions en 25 ans d’indépendance, qui ont vu la chute du chef de l’Etat en place en 2005 puis en 2010, et par plusieurs épisodes de violences ethniques, le Kirghizstan est dirigé depuis 2011 par Almazbek Atambaïev qui, selon la Constitution, n’a pas le droit de se représenter.

Sous sa présidence, le Kirghizstan s’est politiquement rapproché de la Russie tout en cherchant du côté de la Chine un soutien économique vital pour le développement du pays. Le mandat de M. Atambaïev a été épargné par la violence, mais n’a pas été exempt de mesures répressives et de tensions à l’approche de l’élection.

– ‘Façade démocratique’ –

Le président en poste s’est clairement prononcé en faveur de Sooronbaï Jeenbekov, candidat du Parti social-démocrate du Kirghizstan. Dimanche, M. Jeenbekov a dit avoir voté « pour la stabilité ».

Son principal adversaire est le charismatique député Omourbek Babanov, 47 ans, lui aussi un ex-Premier ministre. Il a fait fortune dans le pétrole est considéré comme l’un des hommes les plus riches du pays et est régulièrement critiqué par M. Atambaïev.

Ce dernier a affirmé dimanche que les autorités « ont emprisonné et continueront d’emprisonner » les responsables politiques qui préparent des troubles après la fermeture des bureaux de vote, « pour qu’ils ne gâchent pas notre fête. Les élections doivent être une fête ».

Omourbek Babanov s’est dit, lui, « totalement confiant » dans sa victoire. Mais il a aussi accusé les services de sécurité de « préparer des provocations » pour influencer le résultat du scrutin.

Bermet Ulanova, 39 ans, a assuré avoir voté pour M. Babanov « parce qu’il est riche, qu’il a du succès, qu’il est dynamique et qu’il est beau. Il avait un bon programme ».

La vie politique kirghize contraste avec celle de ses voisins d’Asie centrale, où le règne à vie de présidents autoritaires est la règle. Mais « si elle est mal gérée, cette élection pourrait faire voler en éclat la façade démocratique du Kirghizstan », prévient Deirdre Tynan, directrice pour l’Asie centrale du centre d’études International Crisis Group.

– Divisions régionales –

Les divisions régionales devraient jouer un rôle clé dans l’élection. M. Babanov espère remporter les voix de sa province natale de Talas, dans le nord-ouest, tandis que Sooronbaï Jeenbekov attend un fort soutien des électeurs de sa région d’Och, dans le sud.

La popularité de plusieurs autres candidats, de Temir Sariyev – un autre ex-Premier ministre – au nationaliste Adakhan Madoumarov, réduit la possibilité de voir un des deux favoris obtenir plus de 50% des voix, ce qui rend probable la tenue d’un second tour.

Le vote de la minorité ouzbèke, qui avait été particulièrement visée lors des violences ethniques de 2010, pourrait aussi être crucial.

Vendredi, le Procureur général du pays a annoncé qu’il allait enquêter sur les propos tenus par Omourbek Babanov lors d’un meeting dans une région à majorité ouzbèke, estimant qu’ils relevaient de l’incitation à la haine raciale.

Ces accusations arrivent peu après l’arrestation d’un proche allié de M. Babanov, accusé de tentative de coup d’Etat, et une campagne médiatique très violente contre l’homme d’affaires, présenté comme étant à la solde du Kazakhstan.

(©AFP / 15 octobre 2017 13h25)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Les-Kirghizes-aux-urnes-pour-une-election-presidentielle-inedite/852935.rom

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Présente partout, victorieuse nulle part – La meilleure force autodestructrice de l’Histoire

Présente partout, victorieuse nulle part – La meilleure force autodestructrice de l’Histoire


Par Alexis Toulet − 29 septembre 2017 − Source noeud-gordien.fr

Seize années de guerre depuis les attentats du 11 septembre, des budgets de défense toujours plus colossaux, et pourtant l’armée américaine « projetée » partout n’arrive à l’emporter pour de bon nulle part. Pourquoi ?

William Astore, ancien officier de l’US Air Force et professeur d’histoire, répond. Citoyen américain engagé, il dessine en perspective les risques grandissants de la situation non seulement pour l’armée, mais pour la société américaine toute entière.

L’armée américaine hors limites – Présente partout, victorieuse nulle part

Les nouvelles de la « meilleure armée du Monde » sont choquantes. Deux  navires rapides de l’US Navy qui sont entrés en collision avec de lents bateaux commerciaux, provoquant des pertes humaines. Une US Air Force qui est continuellement en action depuis des années, et qui pourtant n’a pas assez de pilotes pour ses avions de combat. Des soldats qui se retrouvent à combattre des « rebelles » en Syrie dont l’équipement et l’entraînement ont été assurés par la CIA. Des forces spéciales déjà trop sollicitées qui doivent faire face à des besoins grandissants, alors que leurs taux de détresse mentale et de suicide augmentent. Des forces locales d’appoint en Irak et en Afghanistan qui sont tout sauf fiables, revendant souvent sur le marché noir les armes que l’Amérique leur a fournit, si bien qu’elles se retrouvent dans des mains ennemies. Tout cela et plus encore, alors que les dépenses de défense recommencent à s’élever et alors que l’Etat de sécurité nationale croûle sous des financements totalisant près d’un trillion de dollars par an.

Que se passe-t-il ? Pourquoi des navires sophistiqués et hautement manœuvrables se heurtent-ils à de lourds cargos ? Pourquoi une armée de l’air qui n’existe que pour voler et pour combattre est-elle à court de 1 200 pilotes ? Pourquoi les forces spéciales américaines sont-elles déployées partout et victorieuses nulle part ? Pourquoi, en un mot, l’armée américaine est-elle en train de se battre contre elle-même – et de perdre ?

C’est le rythme des opérations, gros bêta !

Après 16 ans d’une guerre contre le terrorisme jamais achevée et qui continue à s’étendre, les sonnettes d’alarme se déclenchent en Asie, des Corées et de l’Afghanistan jusqu’aux Philippines, tandis que dans le grand Moyen Orient 1 et en Afrique la « dernière superpuissance » est enlisée dans une série de conflits sans fin contre un éventail d’ennemis mineurs, dont peu arrivent à maintenir la liste à jour. Si bien que l’armée américaine à l’esprit si volontariste, engagée dans un nombre effarant de missions, est de plus en plus devenue une armée inefficace.

Trop peu de navires, déployés pendant trop longtemps. Trop peu de pilotes usés par des patrouilles incessantes et par des missions de bombardement et de drone qui se multiplient comme la mauvaise herbe. Les forces spéciales (les « commandos de partout » comme les appelle Nick Turse) sont déployées dans bien trop de pays – rien que cette année, plus des deux-tiers des nations de la planète – et engagées dans des conflits qui n’ont guère de chances de se terminer d’une manière favorable pour Washington. Pendant ce temps, des gens bien informés comme le général à la retraite David Petraeus parlent calmement de « guerres générationnelles », qui pour faire simple ne se termineront jamais. Pour paraphraser un vieux slogan d’une émission sportive de ABC, l’armée américaine en englobant le monde « connaît plus souvent l’abattement de la défaite que l’excitation de la victoire ».

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« Guerre Éternelle », un roman de science-fiction… devenu réalité ?

Pour le président Donald Trump (comme pour tant d’autres politiciens à Washington) cette situation peu ragoûtante a une solution évidente : gonfler le budget de l’armée, construire plus de navires de guerre, former davantage de pilotes et leur donner une meilleure incitation financière à rester dans l’armée, s’appuyer davantage sur les drones et d’autres « multiplicateurs de force » technologiques pour épauler des troupes épuisées, cajoler des alliés comme les Allemands et les Japonais afin qu’ils dépensent plus pour leurs armées, et faire pression sur des forces d’appoint comme les armées irakienne et afghane pour trancher dans la corruption et améliorer les performances au combat.

Une option – la plus logique – n’est jamais prise sérieusement en considération à Washington : réduire sévèrement le rythme des opérations militaires en diminuant les dépenses ainsi que la mission globale, en ramenant les troupes à la maison et en les y laissant. Ce n’est pas là un plaidoyer isolationniste. Les États-Unis font certes face à des challenges, notamment de la part de la Russie (qui reste une puissance nucléaire majeure) et de la Chine (puissance économique mondiale qui développe sa force militaire régionale). La Corée du Nord, comme toujours, fait un spectacle provocateur de ses essais balistiques et nucléaires. Des organisations terroristes cherchent à déstabiliser les alliés de l’Amérique et à fomenter le trouble même « au pays ».

De tels challenges nécessitent de la vigilance. Mais pas davantage de navires sur les flots, de pilotes dans les airs, ni de bottes de soldats sur le terrain. En vérité, 16 ans après les attentats du 11 septembre, il devrait être évident que continuer la même chose en plus grand a toute chance de produire encore plus de ce à quoi nous ne nous sommes que trop bien habitués : une instabilité grandissante dans des régions étendues de la planète, ainsi que l’avènement de nouveaux groupes terroristes, ou de nouvelles versions de groupes anciens, qui sont autant d’occasions pour des interventions militaires américaines ratées. 2

Il fut un temps lorsqu’il y avait encore deux superpuissances sur la planète Terre, alors, le déploiement mondial de l’armée américaine avait une justification claire : contenir le communisme 3 Peu après que l’Union soviétique eut implosé en 1991 sous les cris de triomphe et d’orgueil de Washington, le chercheur et ancien consultant de la CIA Chalmers Johnson eut une révélation. Ce qu’il en viendrait à appeler « le Raj américain » 4, une structure impériale globale visiblement construite pour contenir la menace du communisme, n’était pas en train de disparaître juste parce que cette menace s’était évaporée, ne laissant ni superpuissance ni même une puissance majeure comme adversaire à l’horizon. Bien au contraire, Washington – et son réseau « impérial » de bases militaires sur lequel le soleil ne se couche jamais – ne faisait que s’ancrer toujours plus profondément en préparation du long terme. À ce moment, Johnson sous le choc réalisa que les États-Unis eux-mêmes étaient un empire, et l’image miroir que lui fournissait son ennemi maintenant disparu risquait de devenir lui-même sa propre Némésis.

Il s’avéra que ce n’était pas seulement les États-Unis qui avaient contenu les Soviétiques. Eux aussi nous avaient contenu 5 Leur empire une fois disparu, nos chefs s’imprégnèrent du vieux rêve de Woodrow Wilson, même si c’était sous une forme militarisée : refaire le monde à notre propre image 6 – au besoin à la pointe de l’épée.

Depuis le début des années 1990, loin d’être contenus par des rivaux équivalents, les dirigeants américains ont agi comme si rien ne devait les empêcher de faire comme ils l’entendaient sur la planète, c’est-à-dire, comme la suite devait le prouver, que rien ne les protégeait plus de leur propre folie 7 Nous voyons maintenant les résultats. Des guerres désastreuses qui s’éternisent en Irak et en Afghanistan. Des interventions à travers le grand Moyen-Orient (Libye, Syrie, Yémen et au-delà) qui répandent le chaos et la destruction.

Des attaques contre le terrorisme qui partout ont donné des ailes aux djihadistes. Et récemment, des appels à armer l’Ukraine contre la Russie. Tout cela est la traduction d’une vision stratégique démesurée qui ces dernières années parle sans ironie d’intervention globale, de puissance globale, et de domination de tous les domaines.

Dans ce contexte, il est bon de nous rappeler l’étendue de la puissance militaire américaine. Le monde entier est zone d’intervention – ou zone de départ – pour les soldats américains. Il y a encore environ 800 bases militaires américaines dans des pays étrangers. Les commandos américains se déploient dans plus de 130 pays chaque année. Et même le monde ne suffit pas au Pentagone qui cherche à dominer non seulement la terre, la mer et l’air mais l’espace, le cyberespace et même l’espace privé si l’on tient compte des efforts pour atteindre la « conscience informationnelle totale » grâce à 17 agences de renseignement se chargeant – pour 80 milliards de dollars par an – de récolter toutes les données sur la planète Terre.

En un mot, les soldats américains sont présents partout et victorieux nulle part, un problème que le président américain le plus « gagneur », Donald Trump, ne fait qu’exacerber. Entouré de « ses » généraux, Trump – contre ses propres instincts, il l’a récemment prétendu – a réengagé troupes et prestige américains dans la guerre en Afghanistan. Il a aussi étendu de manière notable frappes de drone et bombardements américains dans le grand Moyen-Orient, et menacé « feu et colère » contre la Corée du Nord, tout en poussant la dépense militaire.

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Dwight Eisenhower, chef de l’armée américaine en Europe pendant la seconde guerre mondiale et président des États-Unis (1953-1960)

« Nous devons empêcher l’acquisition par le complexe militaro-industriel d’une influence illégitime (…) Seuls des citoyens alertes et informés pourront forcer l’énorme machine industrielle et militaire de la Défense à se plier à nos méthodes et nos objectifs pacifiques. » (Adressé au peuple américain avant de quitter ses fonctions de président, 1961).

Ce Pentagone croûlant sous l’argent, et la promesse d’encore davantage à l’avenir, réduit rarement les missions. Pendant ce temps, ce qui passe pour une pensée originale à la Maison Blanche de Trump, c’est la suggestion d’Erik Prince le fondateur de Blackwater de privatiser la guerre de l’Amérique en Afghanistan (et peut-être ailleurs encore). Les mercenaires, voilà la réponse aux problèmes militaires de Washington, selon Prince. Et les nervis ont bien sûr l’avantage supplémentaire de ne pas être soumis aux règles qui s’appliquent aux membres des forces armées américaines.

De fait, la proposition de Prince, quoique les généraux de Trump s’y opposent, a sa propre logique. Si vous acceptez l’idée que les guerres de l’Amérique ces dernières années ont largement servi les objectifs des entreprises du complexe militaro-industriel, pourquoi ne pas confier les opérations militaires elles-mêmes aux entreprises guerrières qui accompagnent maintenant régulièrement l’armée au combat – supprimant l’intermédiaire, c’est-à-dire l’armée elle-même ?

Cogner sur un nuage de moucherons

Les mercenaires d’Erik Prince devront cependant ronger leur frein pendant que le haut commandement de l’armée continue dans le monde entier à frapper des ennemis insaisissables. De son propre aveu, la force que les récents présidents américains ont vantée comme la « meilleure » de l’Histoire fait face à des ennemis remarquablement « asymétriques » et protéiques, y compris les quelques 20 organisations terroristes du théâtre d’opérations Afghanistan – Pakistan. Frappant des ennemis relativement si insignifiants, les États-Unis font penser au puissant Thor, le fameux super-héros frappant violemment de son marteau… un nuage de moucherons. Bien sûr, certains moucherons meurent, mais le résultat est toujours un super-héros épuisé, et encore davantage de moucherons attirés par la chaleur et le choc de la bataille.

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Thor le super-héros… à l’attaque des moucherons !

J’ai rencontré pour la première fois la phrase « utiliser une masse d’armes pour tuer des moucherons » en étudiant l’histoire de la puissance aérienne américaine pendant la guerre du Vietnam. Les raids de B-52 « Arc Light » lâchaient un tonnage record de bombes sur des régions du Sud-Vietnam et du Laos dans des efforts largement sans effet pour tuer des guérilleros dispersés et couper par le feu les voies logistiques issues du Nord-Vietnam. Un demi-siècle plus tard, l’armée de l’air vante périodiquement la précision bien meilleure de sa puissance aérienne avec ses bombes guidées au laser ou au GPS. Cependant, dans un pays après l’autre, les États-Unis utilisant ces armements se sont livrés à des frappes trop brutales en série. En Afghanistan, c’est l’utilisation récente de la MOAB la « mère de toutes les bombes », la plus grande arme non-nucléaire jamais utilisée au combat, contre un petit groupe de combattants de l’E.I. De même, la guerre aérienne américaine en Syrie a dépassé les Russes et même le régime d’Assad pour ce qui est des effets meurtriers sur les civils, surtout autour de Raqqa, la « capitale » de l’État islamique. Ce genre de déluge de violence est évident aussi à terre, avec des raids de forces spéciales qui rien que cette année ont tué des civils du Yémen à la Somalie. En d’autres termes, dans le grand Moyen-Orient tout entier, la généreuse machine à tuer de Washington crée encore un désir de vengeance dans la population civile, dont un grand nombre, quand ils n’ont pas été tués, ont été déplacés ou envoyés fuir au-delà des frontières en réfugiés de ces guerres. Elle a joué un rôle important pour déstabiliser ces régions, créant des États faillis et encore plus de recrues pour les groupes terroristes 8.

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La « Mère de Toutes les Bombes » – 10 tonnes, 16 millions de dollars pièce

Laissant de côté les avancées technologiques, peu de choses ont changé depuis le Vietnam. L’armée américaine se repose toujours sur une puissance de feu énorme pour tuer des ennemis insaisissables tout en limitant les pertes (américaines). En tant qu’instrument de victoire, elle n’a pas fonctionné au Vietnam, et pas davantage en Irak ou en Afghanistan.

Mais qu’importent les leçons de l’Histoire. Le président Trump affirme que sa « nouvelle » stratégie afghane – dont les détails suivant un porte-parole militaire ne sont « pas encore disponibles » – mènera à davantage de terroristes (de moucherons) morts.

Depuis le 11 septembre, les dirigeants américains, Trump inclus, n’ont que rarement cherché les moyens d’éviter ces moucherons, tandis que les efforts pour « assécher le marais » dans lesquels ils prolifèrent n’ont servi qu’à les élargir encore. En même temps, les efforts pour recruter des « moucherons » indigènes – des forces supplétives locales – pour qu’ils continuent le combat ont été fort décevants. Comme au Vietnam, les États-Unis se sont avant tout employés à développer des marteaux meilleurs et technologiquement plus avancés (ce qui signifie plus coûteux), tout en continuant à faire des moulinets dans le nuage des moucherons – une entreprise aussi vaine que contre-productive.

La plus grande et la meilleure force autodestructrice de l’Histoire

La guerre incessante représente la fin de la démocratie. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est James Madison. 9.

Je suis cependant fermement convaincu, comme le disait le président Eisenhower, que « seuls les Américains peuvent blesser l’Amérique ». Alors, comment soigner la blessure ? Il faut commencer par mettre l’armée sous contrôle. Une armée permanente n’existe – ou plus précisément ne devrait exister – que pour soutenir et défendre la Constitution et notre pays contre les menaces immédiates à notre survie. Des attaques sans fin contre des ennemis novices dans les arrière-cours de la planète sont loin de s’inscrire dans cette mission. En fait, plus ces attaques usent l’armée, plus elles mettent en danger la sécurité nationale.

Un ami à moi, capitaine dans l’armée de l’air, m’a dit un jour : « Longues études, fausses études ». C’est un sentiment qui est particulièrement pertinent quand on l’applique à la guerre : combats longtemps, combats faussement. Pourtant, aussi usantes qu’elles puissent être pour les armées, les longues guerres sont encore plus dévastatrices pour les démocraties. Plus longtemps notre armée fait la guerre, plus notre pays se militarise, abandonnant ses valeurs et ses idéaux démocratiques.

À l’époque de la Guerre froide, les régions où l’armée américaine est aujourd’hui à la peine étaient considérées comme les « zones d’ombre » où des agents secrets à la John Le Carré envoyés par les deux superpuissances faisaient assaut de coups fourrés dans des conflits ténébreux. Après le 11 septembre, ayant « enlevé les gants » et cherchant à mettre KO ses ennemis, l’armée américaine est entrée en force dans ces mêmes zones d’ombre. Sans surprise, elle n’y arrive souvent pas à distinguer l’ami de l’ennemi.

Une nouvelle stratégie pour l’Amérique, cela signifierait sortir de ces zones d’ombre de guerres sans victoire. Mais non, l’armée américaine en expansion continue d’aggraver les erreurs stratégiques des 16 dernières années. Cherchant à dominer partout mais ne gagnant nulle part pour de bon, elle pourrait pourtant s’effondrer comme la plus grande et la meilleure force autodestructrice de l’Histoire.

Alexis Toulet pour le site noeud-gordien.fr

Notes

  1. L’expression américaine « Grand Moyen-Orient » ajoute l’Afrique du Nord au Moyen-Orient proprement dit
  2. Était-ce une analyse intelligente, ou même une stratégie pensée à l’avance ? Oussama Ben Laden remarquait dès son discours de 2004 :« Al-Qaida a dépensé 500 000 dollars (pour réaliser les attentats du 11 septembre) tandis que l’Amérique, dans l’incident et ses suites, a perdu dans les estimations les plus basses plus de 500 milliards de dollars.

    (…) Quant à la taille du déficit économique, il a atteint des chiffres astronomiques record estimés à un total de plus d’un trillion de dollars.

    Encore plus dangereux et amer pour l’Amérique, les saints guerriers ont récemment forcé Bush à recourir à des fonds d’urgence afin de continuer le combat en Afghanistan et en Irak, ce qui montre bien le succès du plan saigner-jusqu’à-banqueroute, avec la permission de Dieu. » Il n’est pas interdit de remarquer que les djihadistes sont des ennemis cruels, mais il ne faut surtout pas s’imaginer qu’ils seraient stupides…

  3. Le spécialiste soviétique de l’Amérique Georgi Arbatov avait prévenu les Américains vers la fin des années 1980 : « Nous allons vous faire quelque chose de terrible. Vous n’aurez plus d’ennemi. ».
  4.  Décalque de l’expression « Raj britannique » désignant le régime colonial imposé aux Indes entre 1858 et 1947
  5. Dès les années 1960, De Gaulle remarquait que c’était une excellente chose que les États-Unis soient là pour contenir l’Union soviétique. Et l’Union soviétique, pour contenir les États-Unis.
  6.  Pourtant, s’il faut en croire la Bible, seul Dieu peut créer « à son image » (Genèse, 1, 27) – une mise en garde contre toute entreprise humaine de refaire l’autre « à son image » ?
  7. Le dialogue suivant vaut d’être cité in extenso, tant il est significatif. À un journaliste critiquant l’intervention militaire en Irak au nom des « réalités », le consultant du président américain Karl Rove répondait en 2004 : « Ce n’est plus ainsi que le monde fonctionne en réalité. Nous sommes un empire maintenant, et quand nous agissons nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité – avec justesse j’en suis sûr – nous agirons encore, créant encore d’autres réalités, que vous pouvez étudier aussi, et c’est comme ça que les choses se passeront. Nous sommes les acteurs de l’Histoire… et vous, vous tous, il ne vous restera qu’à étudier ce que nous faisons. »
  8. Il faut toutefois souligner que si l’effet pointé par William Astore est bien réel, c’est encore pour bien d’autres raisons que des États s’effondrent, de la Somalie depuis un quart de siècle à la Syrie plus récemment, et bien d’autres. Imaginer que les interventions militaires de l’Amérique sont la principale cause de toutes ces États faillis serait illusoire, ce n’est guère vrai que pour l’Irak et la Libye – et la France a d’ailleurs une large part à ce dernier cas.
  9. Architecte de la Constitution des États-Unis. Voici la citation complète : « De tous les ennemis de la véritable liberté, la guerre est peut-être le plus redoutable, parce qu’en elle se trouve le germe et le développement de tous les autres. La guerre est mère des armées, d’où procèdent dettes et impôts, et armées comme dettes et impôts sont les instruments qui permettent d’amener la multitude sous la domination de quelques-uns. À la guerre encore, le pouvoir discrétionnaire de l’Exécutif est agrandi, son influence pour attribuer places, honneurs et émoluments est multipliée, et tous les moyens de séduire les esprits s’ajoutent à ceux de subvertir la force du peuple. La même force maligne dans le républicanisme trouve sa source dans l’inégalité des fortunes et les occasions de fraude qui découlent d’un état de guerre, et dans la dégénérescence des manières et de la morale qui découlent des deux. Aucune nation ne peut préserver sa liberté au milieu d’une guerre sans fin. »
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Revue de presse du 15/10/2017

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DÉMOCRATIE

Droits de l’homme : mensonges sur le Venezuela, silence complice pour le Mexique

« Ces derniers mois, les projecteurs de nos médias dominants au service de la pensée unique se sont braqués sur un pays qui tente, avec ses réussites et ses erreurs (mais qui n’en commet pas ?), de construire les bases d’une société différente au modèle néolibéral que nous impose le système capitaliste. Il s’agit évidemment du Venezuela, et si ce pays s’est retrouvé au centre de toutes les attentions, c’était dans le seul but d’attaquer le candidat de la « vraie gauche » française qui avait une possibilité de remporter l’élection présidentielle d’avril/mai dernier. Le Venezuela a été accusé à tort par les médias dominants de violation massive des droits de l’homme. »

Source : INVESTIG’ACTION

ENVIRONNEMENT

Asphyxiées par les activités humaines, les forêts n’absorbent plus assez de CO2 !

« Les forêts tropicales ne nous sauveront pas : c’est le constat d’une étude scientifique publiée dans le journal Science. Menée par une équipe internationale, elle nous exhorte à réhabiliter d’urgence les forêts amazonienne et boréale qui n’absorbent plus le CO2 contenu dans l’atmosphère. Le constat de l’étude est alarmant : les forêts du monde entier relâchent dans l’atmosphère l’équivalent de 425 téragrammes de carbone par an – 425 millions de tonnes. C’est plus que tout le trafic routier américain… Pour vous donner un ordre d’idée, c’est comme si une énorme cheminée expulsait 71 millions d’éléphants composés uniquement de gaz à effet de serre ! L’explication tient en un seul mot : pollution. Les forêts sont tellement asphyxiées qu’elles commencent à libérer tous les agents polluants qu’elles absorbaient jusque-là. Les résultats sont d’autant plus inquiétants qu’ils résultent de l’étude la plus poussée et la plus détaillée jamais entreprise sur le sujet. »

Source : DAILY GEEK SHOW

Les États généraux de l’alimentation déçoivent les paysans et les écologistes

« Cet après-midi, mercredi 11 octobre, le président de la République doit prendre la parole pour faire le bilan de la première partie des États généraux de l’alimentation. Tant sur la forme que sur le fond, le monde écolo et paysan reste dubitatif. Certains pourraient se retirer des discussions. »

Source : REPORTERRE

EUROPE

Taxation des Gafa : l’Irlande et le Luxembourg font barrage

« Emmanuel Macron aura un sujet de discussion tout trouvé lors de la visite officielle en France du Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, fin octobre. Vendredi, à Tallinn (Estonie), lors du sommet européen dédié au numérique, ce dernier a pris la tête de la fronde contre la proposition de Paris de créer une « taxe égalisatrice » sur le chiffre d’affaires des géants du net . « Si nous voulons que l’Europe devienne numérique et que des champions européens émergent, la solution ne passe pas par plus de taxes et de régulation. En fait, c’est tout le contraire », a-t-il argué devant la presse. »

Source : Les Echos

EVASION FISCALE

Les Français détiendraient 300 milliards d’euros dans les paradis fiscaux

« Avec un stock de richesse offshore évaluée à 15% du PIB, la France se situe au-dessus de la moyenne mondiale, selon une récente étude. Un manque à gagner considérable pour les finances publiques. »

Source : Le Figaro

Pourquoi l’Irlande accumule des milliards de bons du Trésor américains

« L’Irlande est le troisième créancier des États-Unis, selon le Trésor. Une bizarrerie qui en dit long sur le poids des investissements des grands groupes. Les chemins empruntés par les bons du Trésor sont parfois mystérieux. Si la Chine et le Japon, deux pays aux gigantesques réserves de changes, sont les plus gros créanciers des États-Unis, la position de l’Irlande comme troisième détenteur d’emprunts d’État américains a de quoi surprendre. C’est pourtant ce que montre la dernière photographie réalisée par le Trésor américain, qui essaie de localiser chaque mois sa dette à travers le monde. »

Source : LES ECHOS

FRANCE

GE Hydro à Grenoble : Montebourg agite la menace judiciaire sur le gouvernement

« L’ancien ministre de l’économie incite l’Etat à devenir l’actionnaire majoritaire d’Alstom. Puis, il se chargerait de trouver des investisseurs. »

Source : Le Monde

Ces médicaments qui coûtent des milliards à l’assurance-maladie et menacent notre système de santé

« Quels sont les médicaments les plus coûteux pour l’assurance maladie ? Basta ! a compilé les données de l’année 2016 et établi un classement des traitements qui coûtent le plus cher au système de santé. Constat : les prix des anticancéreux et des médicaments contre l’hépatite C sont exorbitants. La faute à un système d’évaluation des médicaments et de fixation des prix peu transparent, faisant la part belle aux intérêts de l’industrie pharmaceutique. Sans volonté politique forte, l’égalité et la solidarité du système sont menacées. Demain, pourrons-nous encore tous être soignés ? »

Source : Bastamag

Quand Le Monde vire complotiste

« Le Monde, journal de révérence, accessoirement deuxième titre de la presse française derrière le gorafi figaro, se fendait hier d’un article pour le moins croquignolet. Dans un monde où l’on fait engager un conseiller scientifique auprès du gouvernement pour le seul plaisir de faire censurer[1] le blog d’une voix dissidente, où les journalistes du Monde, précisément, s’érigent en censeurs et en arbitres des élégances pour décréter qui peut être lu et qui doit être mis à l’index; c’est plutôt savoureux, et j’imagine que dans leur infinie candeur, ils n’ont pas réalisé de quel côté de la ligne ils se trouvaient. »

Source : LE VILAIN PETIT CANARD

Le maigre bilan du CICE

« « Un effet positif mais modéré » sur l’emploi : les termes choisis par le comité de suivi du CICE pour qualifier l’impact de cette politique sonnent comme un euphémisme. Entré en vigueur le 1er janvier 2013, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, mesure phare du quinquennat de François Hollande, aurait créé ou sauvegardé « de l’ordre de 100 000 emplois » sur la période 2013-2015, selon le cinquième rapport annuel du comité de suivi du CICE paru le 3 octobre. Soit à peine plus que les « 50 000 à 100 000 emplois créés ou sauvegardés sur la période 2013-2014 », estimés lors d’un précédent rapport. »

Source : ALTERNATIVES ECONOMIQUES

Prime d’activité : Après les retraités, le gouvernement s’attaque aux handicapés

« Après les retraités, Macron s’attaque aux handicapés en supprimant la prime d’activité des pensionnés d’invalidité en emploi. 230 000 personnes sont concernées par cette mesure, passée inaperçue, du projet de loi de finance pour 2018. Augmentation de la CSG sans compensation pour les retraités , baisse des APL, diminution de l’ISF… le projet de budget présenté la semaine dernière par Bruno Le Maire est décidément conçu pour les riches et uniquement pour les riches. Les classes populaires, au contraire, vont elles prendre de plein fouet les coupes budgétaires et mesures austéritaires annoncées par le gouvernement. Après les étudiants, les retraités, ce sont les bénéficiaires de pensions d’invalidité qui y passent. »

Source : REVOLUTION PERMANENTE

Comment les retraités se sont fait discrètement sucrer près d’une demi-mois de pension

« La date de revalorisation des pensions risque d’être à nouveau décalée l’an prochain. Une technique discrète mais qui pénalise tous les retraités… C’est la mauvaise nouvelle du jour pour les retraités : si leur pension de base sera revalorisée de 0,8% le 1er octobre, la date de la revalorisation annuelle suivante devrait être décalée de 3 mois, d’octobre 2018 à janvier 2019, selon Les Echos. Ce probable report met en lumière une technique qui paraît quasi indolore une fois annoncée… mais a en fait un impact non négligeable sur la pension des retraités, et permet au passage à l’Etat de réaliser d’importantes économies (on parle de 380 millions d’euros pour les 3 mois de décalage en 2018). On comprend mieux pourquoi, avant Emmanuel Macron, François Hollande et Nicolas Sarkozy l’ont déjà employée ! »

Source : Capital

GÉOPOLITIQUE

Oncle Sam face à la Russie en Syrie orientale : le scénario du cauchemar

« L’effondrement imminent d’ISIS a lancé une course aux territoires dans la partie orientale de la Syrie, riche en pétrole, jetant l’une contre l’autre les forces soutenues par les États-Unis et la coalition dirigée par la Russie en Syrie, l’Iran et le Hezbollah. C’est le scénario de cauchemar que tout le monde voulait éviter. Les armées de Washington et de Moscou convergent maintenant sur la même zone, tout en augmentant considérablement la probabilité d’une conflagration entre les deux superpuissances nucléaires. La seule manière dont un conflit peut être évité est qu’une partie recule, ce qui semble de plus en plus improbable. »

Source : Le Saker francophone

Les kadhafistes, le retour en grâce des ennemis d’hier

« Honnis il y a encore peu de temps, les kadhafistes sont à nouveau perçus comme de potentiels acteurs – voire sauveurs – de la Libye de demain. L’odyssée des prisonniers de 2011 à aujourd’hui en est la parfaite illustration. Revoilà les kadhafistes, et pas des moindres puisqu’il s’agit de Saïf al-Islam, le fils préféré du guide libyen déchu Mouammar Kadhafi. »

Source : MIDDLE EAST EYE

MATIÈRES PREMIÈRES

EPR de Flamanville : calendrier confirmé avec 2 importantes phases d’essais

« EDF a confirmé lundi le calendrier et le coût du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, ses dirigeants se montrant « confiants » à l’approche de deux importantes phases d’essais, avant un démarrage prévu en fin d’année prochaine. « A Flamanville, on est en train de terminer la phase de construction et on rentre vraiment dans les phases de tests complets de l’installation », a souligné Xavier Ursat, directeur Ingénierie et Projets Nouveau Nucléaire. »

Source : Connaissance des énergies

Finlande : la mise en service de l’EPR repoussée à mai 2019

« L’électricien finlandais TVO a déploré lundi un énième retard dans la mise en service de l’EPR à Olkiluoto (OL3), désormais prévue par Areva-Siemens en mai 2019 et non plus à la fin 2018. La mise en service de l’EPR finlandais, dans le sud-ouest du pays, était initialement prévue pour 2009 mais le chantier lancé en 2005 connaît d’importants retards et surcoûts que les deux parties s’imputent mutuellement. »

Source : Connaissance des énergies

La France veut diluer le règlement sur la gouvernance de l’Union de l’énergie

« Le pays souhaite éviter au maximum que la Commission s’immisce dans les plans climatiques des États, selon un document qu’a consulté Contexte. La présidence estonienne cherche de son côté à concilier les deux positions. La France ne veut pas que la Commission mette son nez dans les affaires des États en matière de climat et d’énergie. Il s’agit du message central de son projet de compromis sur la gouvernance de l’Union de l’énergie, proposé en juillet dernier et qu’a pu consulter Contexte. »

Source : CONTEXTE ENERGIE

RÉFLEXION

Bernard Friot : « Nous pouvons organiser nous-mêmes le travail, sans employeurs, ni prêteurs »

« Sociologue et économiste, Bernard Friot est spécialiste de la Sécurité sociale. Aux côtés de l’association Réseau salariat qu’il a cofondé en 2012, il promeut l’octroi d’un salaire à vie pour tous. L’auteur de « L’enjeu du salaire » et « Émanciper le travail » publiait le 5 octobre 2017 aux éditions La Dispute « Vaincre Macron ». Il était présent au colloque « Communisme : Théories et pratiques » organisé à l’Université de Rennes 1 au printemps 2017, où il a accepté de répondre à nos questions. L’occasion pour vous, lecteurs du Comptoir, de (re)découvrir ses propositions concrètes pour recommencer à avancer à gauche. »

Source : LE COMPTOIR

Déficits publics, dette, inflation : ces chiffres magiques qui nous gouvernent

« La « règle d’or » et les contraintes chiffrées que l’UE a imposées à ses États-membres pour l’’endettement et les dépenses publiques ont été fixées au jugé, sans réel fondement économique. Mais elles ont permis d’imposer une idéologie et des politiques bien réelles… »

Source : Regards

SOCIETÉ

La fin de la nuit : Comment la lumière artificielle nocturne détraque le monde

« Tout d’abord, une défi­ni­tion. Celle de la pollu­tion lumi­neuse, formu­lée par Thomas Le Tallec (profes­seur agrégé, Muséum natio­nal d’His­toire natu­relle, Paris) dans un article inti­tulé « Quel est l’im­pact écolo­gique de la pollu­tion lumi­neuse ? », publié sur le site de l’En­cy­clo­pé­die de l’en­vi­ron­ne­ment : « La pollu­tion lumi­neuse est un phéno­mène d’ori­gine anthro­pique asso­cié au déve­lop­pe­ment de l’ur­ba­ni­sa­tion et des acti­vi­tés humaines et qui implique la lumière arti­fi­cielle. Du point de vue de l’as­tro­nome et selon une approche quali­ta­tive, la pollu­tion lumi­neuse désigne la lumière arti­fi­cielle qui dégrade la qualité du ciel nocturne, masque la lumière des étoiles et des autres corps célestes et limite leur étude. L’as­tro­nome parle de « pollu­tion lumi­neuse astro­no­mique ». »

Source : LE PARTAGE

VUES D’AILLEURS

Le référendum catalan secoue les velléités indépendantistes dans toute l’Europe

« Le vote catalan sera scruté bien au-delà de Madrid et de l’Espagne, par des mouvements indépendantistes ailleurs en Europe sur le qui-vive, de l’Ecosse au Haut-Adige en passant par la Belgique. Petit inventaire non exclusif. »

Source : Le Temps

9 réponses à Revue de presse du 15/10/2017  …. Pour lire les 9 réponses , cliquez sur le lien : 

https://www.les-crises.fr/revue-de-presse-du-15102017/

 

Quand les rumeurs de démission bruissent à Washington

Quand les rumeurs de démission bruissent à Washington

Jacques Hubert-rodier / Editorialiste diplomatique Les Echos

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Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson dû démentir intention démissionner, calmer rumeurs départ gouvernement Trump. 

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a dû démentir toute intention de démissionner, sans calmer toutes les rumeurs sur un départ du gouvernement Trump.  – Andrew Harnik/AP/SIPA

Les interrogations persistent sur un départ du secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, et du secrétaire américain à la Défense, James Mattis.

« You’re fired ! » (vous êtes viré !) Donald Trump, lorsqu’il animait le show de télé-réalité « The Apprentice », utilisait ce slogan pour chasser du plateau ceux qui, à ses yeux, avaient raté. Comme président, il faudrait rajouter : « J’accepte votre démission ».

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, la liste des départs, démissions ou de renvois de responsables et de conseillers de son gouvernement n’a cessé de s’allonger. Après  Tom Price , obligé de démissionner de son poste de secrétaire à la Santé pour avoir affrété des avions privés au frais du contribuable ou encore le départ du secrétaire général de la Maison-Blanche, Reince Priebus, viré par un simple tweet présidentiel, voire la démission de l’ambassadeur américain en Chine et bien d’autres, Washington bruisse de rumeurs sur le nom du prochain sur la liste.

Le secrétaire d’Etat ? « Rex Tillerson au point de rupture : Donald Trump laissera-t-il son secrétaire d’Etat travailler ? », titrait dans son numéro daté du 16 octobre, « The New Yorker ». La semaine dernière, l’ancien patron d’Exxon a dû démentir toute intention de quitter sa fonction. Mais, selon l’un de ses conseillers cité par l’hebdomadaire, « il a l’impression d’être tombé dans la merde ».

Certains à Washington évoquent déjà les noms de l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley, pour lui succéder ou encore le directeur de la CIA, Mike Pompeo. Certes, il ne s’agit que de rumeurs. Mais un autre responsable gouvernemental, le secrétaire à la Défense, le général James Mattis, pourrait se retrouver pris à contre-pied si le président Trump confirme, d’ici au 15 octobre,  sa décision de ne pas certifier l’accord de 2015 entre l’Iran et les grandes puissances sur la mise sous tutelle internationale du programme nucléaire iranien. Lors d’une audition au Sénat, le général avait affirmé que cet accord était dans l’intérêt de la sécurité nationale des Etats-Unis et qu’il devait être maintenu sauf s’il était prouvé que l’Iran ne le respectait pas.

Mais ce ne sont pas les seuls à se trouver désormais en porte-à-faux. Dans une interview au  New York Times, le sénateur républicain Bob Corker , un ancien partisan de Trump, a affirmé que l’inconséquence du président risquait de placer les Etats-Unis « sur le chemin de la troisième guerre mondiale ». Donald Trump « devrait inquiéter tous ceux qui aiment notre pays », a ajouté Bob Corker. Mais, à la différence des membres du cabinet et des conseillers, un sénateur ne peut pas être « viré ».

Jacques Hubert-Rodier

 

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/030688000985-quand-les-rumeurs-de-demission-bruissent-a-washington-2121042.php#uz6gwAIbEo9vW6bL.99

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/030688000985-quand-les-rumeurs-de-demission-bruissent-a-washington-2121042.php#xtor=EPR-3038-%5Bnl_ideesdebats%5D-20171015-%5BProv_AL_CLO_BOURSE_PU%5D-

La Chine figure en tête de la liste des partenaires commerciaux de l’électronique de Dubaï au premier semestre de 2017

La Chine figure en tête de la liste des partenaires commerciaux de l’électronique de Dubaï au premier semestre de 2017

© Chine Nouvelle (Xinhua)Zheng Bin, le 14/10/2017 22:51

Lors du premier semestre de cette année, la Chine a figuré en tête de la liste des partenaires commerciaux de l’électronique de Dubaï, avec un total de 53,3 milliards de dirhams (14,54 milliards de dollars américains) d’importations, a rapporté samedi l’agence de presse officielle des Emirats arabes unis, WAM.

Sultan Bin Sulayem, PDG de DP World Group, opérateur portuaire mondial, a déclaré que la valeur de la technologie de l’information de Dubaï avait atteint 134,5 milliards de dirhams au premier semestre de 2017.

Sultan Bin Sulayem a précisé que la Chine représentait 39,63% des importations totales de produits électroniques de Dubaï, suivie par le Vietnam avec 14,4 milliards de dirhams d’importations et les États-Unis avec 2,3 milliards de dirhams.

Le volume du commerce de téléphones portables à Dubaï a atteint 75,9 milliards de dirhams, tandis que le commerce des ordinateurs portables s’est élevé à 11 milliards de dirhams et celui des ordinateurs de bureau a atteint 2,3 milliards de dirhams.

Sultan Bin Sulayem a déclaré qu’il s’attendait à « plus de dynamisme et une croissance énorme dans le secteur des technologies de l’information dans les prochaines années ».

Il a évoqué les ambitieux projets que Dubaï avait entrepris pour préparer l’Exposition Universelle 2020 qui aura lieu à Dubaï.

Les projets comprenaient le développement de nouvelles villes et d’installations touristiques et commerciales.

 

https://chine.in/actualite/cn/figure-tete-liste-des-partenaires_103007.html

Christianophobie, immigration / islamisation Angleterre : suppression de « Avant – Après Jésus Christ » pour ne pas « offenser » les musulmans

Mis à jour le 13 octobre 2017
Auteur par admin4Catégories Christianophobie, immigration / islamisation Angleterre : suppression de « Avant – Après Jésus Christ » pour ne pas « offenser » les musulmans
Bientôt en France ? Pour ne pas heurter les musulmans ou pour faire plaisir aux laïcards ?
« le Telegraph rapporte que de plus en plus d’écoles suppriment les références « Avant Jésus-Christ » et « Après Jésus-Christ » sur les frises chronologiques notamment, afin de ne pas heurter « les non-chrétiens » (traduction non orwelienne : les musulmans). B.C., Before Christ, « avant Jésus-Christ ». A.D., Anno Domini, « dans l’année du Seigneur ». Ces termes ne serviront donc plus de repères pour les écoliers anglais.
On parlera désormais de B.C.E.(Before Common Era), « avant l’ère commune » et C.E., « ère commune ».
Une folie de plus, puisque de surcroit, la naissance de Jésus demeure l’événement historique qui sert de repère. Un certain nombre d’autorités ont déjà adopté cette mesure, tandis que plusieurs autres envisageraient de rendre obligatoire le passage de la forme chronologique traditionnelle à la forme politiquement correcte.
Les conseils consultatifs permanents pour l’éducation religieuse (SACRE) de Brighton et Hove dans le Sussex de l’Est sont parmi ceux qui ont récemment recommandé que ces mentions soient retirées des cours d’éducation religieuse afin d’éviter « d’offenser » les élèves non chrétiens.
Pour se justifier, voici ce que déclare l’institution SACREs (Standing Advisory Councils for Religious Education) de East Sussext : « Beaucoup de chrétiens perçoivent les termes B.C.E et C.E comme un affront au christianisme. Cependant ceux-ci deviennent une norme de l’industrie parmi les historiens. Les élèves doivent être en mesure de reconnaître ces termes lorsqu’ils les rencontrent »
. Les SACREs sont composés de quatre comités, représentant l’Église d’Angleterre, d’autres groupes religieux, des organisations d’enseignants et des représentants de l’autorité locale. Ils sont chargés de réviser le programme tous les cinq ans. A noter que même les représentants des communautés juives et musulmanes ont confié ne pas comprendre ces modifications;
Le Royaume-Uni ne cesse de se renier mois après mois ; il est vrai que le Grand Remplacement prend forme petit à petit notamment en Angleterre, où certaines grandes villes sont désormais à majorité musulmane ou en passe de l’être. » vu chez Breizh-infos

 

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Revue de presse nationale et internationale.

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