JSF israélien face au S-200 et aux oiseaux

JSF israélien face au S-200 et aux oiseaux

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JSF israélien face au S-200 et aux oiseaux

Un incident encore mystérieux, et sans doute promis à le demeurer, a eu lieu le 16 octobre entre Israël et la Syrie, alors que le ministre russe de la défense Shoigu était en route pour Tel Aviv pour une visite officielle “de travail” en Israël. (Rencontres avec le ministre de la défense et avec le Premier ministre Netanyahou.) Les versions de l’incident diffèrent, le scénario général étant qu’il s’agit d’un tir de missiles sol-air syrien (de fabrication russe) à longue portée S-200 contre un avion israélien.

(Les S-200 sont connus aussi sous la classification OTAN de SA-5. Il s’agit de vieux modèles de missiles sol-air, datant des années 1970, qui sont très largement dépassés par les nouvelles générations S-300/S-400, etc., et donc de technologies effectuvement dépassées aussi bien pour l’appareillage de détection et de guidage que pour les performances elles-mêmes d la machine.)

Les Israéliens disent que leur avion (de reconnaissance) évoluait dans le ciel libanais et a échappé au tir de missiles, et qu’ensuite d’autres appareils israéliens, de combat ceux-là, ont tiré des missiles sur la batterie de S-200 et l’ont détruite. Les Syriens admettent que des tirs de missiles ont eu lieu contre leur batterie, après que le missile ait été tiré contre l’avion israélien. Mais surtout, les Syriens disent encore que l’avion israélien avait pénétré dans l’espace aérien syrien, d’où le tir contre lui, et qu’il a été touché par le missile. Un article du 17 octobre 2017 de DEBKAFiles affirme que les Syriens ont tiré sans en aviser d’abord les Russes, mais en collaboration avec les Iraniens, essentiellement pour montrer qu’ils ne dépendent pas entièrement du contrôle russe.

« …Gen. Shoigu was therefore briefed on the incident in real time without waiting for an Israeli update. DEBKAfile’s intelligence sources have strong grounds to assume that Damascus and Tehran were closely coordinated in their actions in the last 24 hours. The Assad regime was sending a message that, notwithstanding massive Russian military assistance, Syria was not totally dependent on Moscow and would not hesitate to act alone if it so decided. »

Mais le plus intéressant dans cet incident concerne le sort de l’avion israélien : a-t-il été touché ou pas ? Et de quel avion s’agit-il ? Assez curieusement, l’article de DEBKAFiles ne donne aucune précision sur le sort de l’avion israélien, le résultat du tir syrien, etc., alors qu’il s’étend considérablement sur les circonstances de la visite de Shoigu et sur les circonstances entourant le tir syrien.

Une autre source doit alors être consultée, SouthFront.org, qui consacre un article à l’incident. L’article, du 17 octobre 2017, reprend la thèse de “certains analystes et blogers activistes” israéliens selon lesquels il s’agissait au départ d’une “démonstration de force” de la part des Israéliens à l’intention de l’alliance russo-irano-syrienne. “Quoi qu’il en soit, quelque chose n’a pas marché” – et place donc au F-35 israélien, un des JSF qui viennent d’être livrés à la Force Aérienne Israélienne, – attention, terrain glissant

« However, something went wrong.

» According to the available information, the Syrian Defense Forces used a S-200 missile against the Israeli warplane. This Soviet-made missile is the most advanced long range anti-aircraft system opearated by the Syrian military. Even in this case, it’s old-fashioned in terms of the modern warfare.

» Despite this, the Syrian Defense Ministry said in its statement that government forces responded to the violation of the airspace and “directly hit one of the jets, forcing [Israeli aircraft] to retreat.” This statement contradicts to the Israeli claim that “no hit” was confirmed.

» Few hours after the missile incident with Syria, the Israeli media reported that the Israeli Air Force’s F-35 stealth multirole fighter went unserviceable as a result of an alleged bird collision during a training flight.

» The incident allegedly took place “two weeks ago” but was publicly reported only on October 16. However, Israeli sources were not able to show a photo of the F-35 warplane after the “bird collision”.

» Furthermore, it is not clear if the F-35 can become operational again because its stealth coating was damaged. Thus, according to the Israeli version, the warplane reportedly became no longer operational after the bird collision despite the fact that the F-35 earlier passed the bird strike certification with great results (official info here). The F-35 is the world’s most expensive warplane. The price of developing the F-35 is now about $406.5 billion.

» Israel is actively buying the world’s self-proclaimed most advanced fighter paying about $100 million for each plane.

So what did really hit the F-35? »

La source de cette information est donc SouthFront.org, qui fait l’objet d’une campagne de dénigrement et de diffamation intense, comme site prorusse, pro-Trump, etc., selon l’habituelle salade servie par le presseSystème US dans le cadre du Russiagate. (SouthFront.org lui-même nous informe à ce propos, en citant et en détaillant les attaques lancées contre lui, jusqu’aux échos d’une enquête qui serait lancée par les commission de renseignement de la Chambre et du Sénat du Congrès US : « SouthFront estime qu’il devrait être apprécié comme un honneur que les élites d’une nation si souvent citée comme “la plus libre” du monde donnent tant d’importance à l’effort conjoint de nombreux experts et volontaires engagés dans le projet [SouthFront]… »)

On notera à cet égard l’avis d’une source qui est sans aucun doute critique de “D.C.-la-folle” mais qui n’en reste pas loin très attentif à rester dans les limites des du patriotisme aussi bien que du devoir de réserve vis-à-vis des intérêts des USA, – c’est-à-dire le colonel Patrick Lang, qui contrôle le site SicSemperTyrannis. Dans un commentaire d’une citation de l’article de SouthFront.org, le 11 octobre, Lang observe ceci, qui dénonce le contrôle et la raréfaction des informations aux USA devenus une sorte de “zone étouffée”, par contraste avec des organes comme SouthFront.org : « I use South Front and al Masdar News to find material seldom available on the web or in broadcast news. For example, if one reads only the MSM one would never know that the R+6 have made a major contribution to winning the war against the IS jihadis and will soon deal with the HTS (Al-Qa’ida) jihadis that infest Idlib Province. The level of media control by various governments is impressive.  The US has become what Solzhenitsyn called a “muffled zone”... »

Ces diverses remarques situent le crédit qu’on peut accorder à SouthFront.org et, par conséquent, l’information concernant le JSF (F-35) israélien qui aurait été touché par le S-200 ajoutée à la discrétion de DEBKAFiles peut être considérée avec un peu plus de sérénité. Il s’avère donc que l’on se trouve au début d’une nouvelle phase de la carrière de communication du programme JSF, lequel programme est bien connu comme étant une crise spécifique à lui seul : la carrière opérationnelle de l’avion, et dans quelles conditions, et dans quelle zone tumultueuse de désordre !

Le F-35 israélien a-t-il été touché par un S-200 syrien ou par un oiseau à la nationalité indéterminée mais certes un oiseau de combat ? S’il s’agit de la thèse du S-200, vieux modèle de missile sol-air qui a des équipements de repérage et de guidage à mesure, cela en dit long sur l’efficacité de l’ensemble de technologie furtive destiné à rendre cet appareil, le F-35/JSF, quasiment indétectable au radar ; s’il s’agit d’un “oiseau de combat” qui, par la seule collision, aurait endommagé le revêtement (peinture, etc.) de la cellule de l’avion qui joue un rôle important dans l’“habillage furtif”, cela en dit à peu près aussi long sur la résistance et la pugnacité de ce morceau de technologie hyper-avancée dans les conditions de vol réel (dans cette version-là de l’incident qui handicape si gravement le F-35, qui est la version soft, on ne parle effectivement pas de circonstances de combat)…

Quoi qu’il en soit, le vaste domaine de communication qui s’ouvre à nous verra la confrontation de deux formidables artefacts de communication où les FakeNews, les narrative, l’art du simulacre jouent un rôle fondamental ; ces deux artefacts, qui sont en effet deux des terrains favoris de la manipulation de la communication, et eux-mêmes deux simulacres… La confrontation du JSF et du désordre moyen-oriental autour du conflit syrien devrait conduire à des situations complètement inédites de la communication confrontée aux tentatives de manipulation et de détournements. Quant à la décision de la Force aérienne Israélienne d’acheter le F-35, elle risque fort d’être mise à l’épreuve de certaines situations qui conduiront à s’interroger à nouveau sur le degré de capacité professionnelle de cette force à s’opposer aux pressions de corruption, encore plus psychologiques que vénales, que ses interlocuteurs US, du Pentagone à Lockheed-Martin, font peser sur elle.

 

Mis en ligne le 18 octobre 2017 à 13H14

 

http://www.dedefensa.org/article/jsf-israelien-face-au-s-200-et-aux-oiseaux

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CryptoRouble : la Russie va lancer sa propre monnaie virtuelle

CryptoRouble : la Russie va lancer sa propre monnaie virtuelle

CryptoRouble : la Russie va lancer sa propre monnaie virtuelle© Dado Ruvic Source: Reuters
Image d’illustration

Pour prendre les devants sur ses voisins, la Russie a annoncé le lancement de sa propre monnaie virtuelle, le CryptoRouble. Son fonctionnement se rapprochera cependant de celui d’une monnaie classique, émise et contrôlée par l’Etat.

«Je peux affirmer avec certitude que nous lancerons le CryptoRouble pour une raison simple : si on ne le fait pas, nos voisins de l’Eurasec [la communauté économique eurasiatique, disparue en 2015 mais dont l’union douanière est conservée] le feront d’ici deux mois», a déclaré le ministre russe des télécommunications, Nikolaï Nikiforov, à l’issue d’une réunion avec le président Vladimir Poutine le 16 octobre.

A la différence des autres cryptomonnaies, il ne sera cependant pas possible de «miner» le CryptoRouble. «Miner» est le fait de prêter la puissance de calcul de son ordinateur pour qu’il vérifie puis inscrive sur un registre public (appelé chaîne de bloc ou blockchain) les transactions effectuées sur le réseau. Cette action est récompensée par la création de nouvelles unités; ainsi il donc possible pour tout un chacun de participer à la création monétaire.

Le Cryptorouble sera lui émis et contrôlé par les autorités russes : ce fonctionnement centralisé le rapprochera donc plus d’une monnaie classique, adaptée à l’économie digitale.

Nikolaï Nikiforov précise que le CryptoRouble sera échangeable contre des roubles sans frais, sauf si leur propriétaire est incapable de justifier de sa provenance, auquel cas une taxe de 13% leur sera imposée.

La décision du gouvernement russe n’est donc pas un blanc-seing donné aux monnaies virtuelles, au contraire. Dès que le CryptoRouble sera lancé, le «minage» des autres cryptomonnaies telles que le Bitcoin, activité très populaire en Russie, sera interdit dans le pays, prévient Nikolaï Nikiforov.

Lire aussi : A Moscou, un restaurant accepte désormais les paiements en Bitcoin

 

https://francais.rt.com/economie/44682-cryptorouble-russie-va-lancer-propre-monnaie-virtuelle

Rivalités dans la Caspienne : quelle souveraineté pour la région ?

Rivalités dans la Caspienne : quelle souveraineté pour la région ?

Depuis l’éclatement de l’URSS en 1991 et l’apparition de nouveaux Etats, la mer Caspienne est apparue comme l’une des régions les plus prometteuses en termes de ressources pétrolières avec environ 6% des réserves mondiales de pétrole et 10% des réserves de gaz, ce qui en fait donc une des zones les plus convoitées. Fortement enclavée entre le Caucase et l’Iran, ce dernier ainsi que l’URSS détenait auparavant la majeure partie de ses richesses. Toutefois, avec le tournant des années 1990, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan ainsi que le Turkménistan revendiquent leur accès aux ressources. Leur exploitation soulève un problème dual, à savoir, le partage des ressources entre les pays riverains et le contrôle des voies maritimes pour leur acheminement.

La Caspienne au coeur des rivalités entre les pays de l’ex-URSS.

Bien que l’exploitation de la région ait déjà bien été entamée, les cinq pays ne parviennent pas à s’entendre sur le statut juridique dont les fondements se retrouvent dans le traité irano-soviétique de 1921. De nos jours, la question est de savoir s’il s’agit d’une mer ou d’un lac. Car, en droit international, les ressources d’un lac ne peuvent être exploitées qu’avec l’accord unanime des Etats riverains, tandis que dans le cas d’une mer, chaque Etat se voit attribuer une zone dont il peut user comme il le souhaite, dans la limite des 12 miles selon la Convention de Montego Bay, ce qui réduit fortement la superficie des parcelles. Ainsi, le statut de la Caspienne diverge selon les ambitions nationales des Etats bordiers et évolue au fur et à mesure de la découverte de nouveaux gisements. Si à l’origine, la Russie privilégiait le statut de lac et se référait pour cela à l’accord d’Almaty de 1991, stipulant que « les pays membres de la CEI garantissent … le respect des engagements internationaux pris par l’ex-URSS », lui permettant ainsi de jouir pleinement des accords avec l’Iran de 1921 et excluant les trois autres Etats de l’exploitation des ressources. Ses positions changent en 1998 avec la découverte de gisements d’hydrocarbures au large de ses côtes, ce qui pousse le pays à sécuriser cette réserve par la signature de multiples accords de 1998 à 2003. Ce dernier partage le nord de la Caspienne en fonction de la longueur des côtes soit 18 % pour l’Azerbaïdjan, 19 % pour la Russie et 27 % pour le Kazakhstan, décision pour laquelle l’Iran et le Kazakhstan sont opposés. En outre, la Russie a dépassé l’Arabie saoudite pour devenir en 2016 le premier fournisseur de pétrole brut de la Chine et compte beaucoup sur les réserves de la Caspienne pour conserver son leadership.

Le secteur de l’acheminement des ressources et celui du contrôle des voies d’approvisionnement restent encore sources de nombreux problèmes. Du fait de son enclavement, les oléoducs comme les gazoducs doivent traverser au minimum un autre État que celui de production, tel que l’Arménie. La géopolitique des transports est multi scalaire puisqu’elle mêle les ambitions des producteurs, des pays traversés et des clients. Une grande partie du pétrole de la Caspienne vendu sur les marchés internationaux transite par et est originaire de Russie. Cette dernière a mis en place un important réseau d’oléoducs jusqu’au port de Novorossisk situé sur la mer Noire. L’augmentation de la demande mondiale entraîne l’augmentation du trafic des supertankers au large des côtes turques. Ankara a donc peur de voir ses revenus touristiques diminuer. Jusqu’en 2005, la Russie exerçait un quasi-monopole avec le contrôle de 80% des oléoducs. Toutefois, la construction de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyan remet en cause la souveraineté russe sur la région. La création et le projet d’établir une union pétrolière de l’Union Economique Eurasiatique en 2015 dont la Russie, l’Arménie et le Kazakhstan sont membres pourrait changer la donne sur la région. Cela forcerait les pays à parvenir à une entente et notamment faire diminuer les ambitions de l’Azerbaïdjan, bloqué entre l’Arménie et la Russie

About Noémie MOREAU

Étudiante en master 2 à l’IEP d’Aix en Provence ainsi qu’à SKEMA. Titulaire d’une maîtrise en Relations Internationales auprès de l’université Lyon 3 Jean Moulin. Se passionne pour la Russie, l’histoire de l’URSS et les relations internationales contemporaines dans l’ex espace soviétique

Pourquoi le Kazakhstan veut-il utiliser l’alphabet latin ?

Pourquoi le Kazakhstan veut-il utiliser l’alphabet latin ?

N. Nazarbayev, Président Kazakh, avec Vladimir Poutine

C’est un changement mineur qui en dit long sur la situation actuelle du Kazakhstan : la langue kazakhe devrait prochainement s’écrire avec l’alphabet latin et non le cyrillique. Cette petite réforme fait partie d’une stratégie globale visant à augmenter la visibilité du pays sur la scène internationale.

Un problème de langue

Le Kazakhstan a, dès son indépendance, dû jouer avec les susceptibilités linguistiques. Étant donné que le Nord-Est du pays est peuplé majoritairement de Russes, la langue de Pouchkine est devenue langue officielle du pays au même titre que le kazakh, langue turcophone. Le président de l’époque, toujours en poste actuellement, Nursultan Nazarbayev, espérait ainsi empêcher toute sécession, qui aurait été soutenue par Moscou. Aujourd’hui, Nazarbayev entretient de bonnes relations avec la Russie – et ce depuis les indépendances respectives de 1991 – et favorise la coopération entre les deux États.

Deux décennies plus tard, la langue russe prend une trop grande place. Certains s’inquiètent que les Kazakhs puissent oublier leur langue au profit du russe, alors que les jeunes parlent de moins en moins bien leur langue maternelle (toutes proportions gardées). Le professeur Uli Schamiloglu, spécialiste de la langue kazakhe, explique que les jeunes empruntent des sons au russe pour l’assimiler dans leur langue. Plus intéressant encore, lorsque les turcophones d’ex-URSS apprennent le turc de Turquie, ils le prononcent avec un accent russe. Dans sa tribune sur Eurasianet, l’auteur s’exprime ainsi en faveur d’un changement d’alphabet.

Vers une adoption de l’alphabet turco-latin ?

Ce même auteur rappelle que l’alphabet latin est déjà utilisé chez certains peuples turcs, notamment les Turcs de Turquie qui l’ont adopté en 1928 sous Mustafa Kemal. Suite à l’effondrement soviétique, les Azerbaïdjanais et les Turkmènes, puis les Ouzbeks ont également adopté l’alphabet latin, avec quelques variantes comme le ә azerbaïdjanais inexistant en turc, ou le y turkmène qui correspond au ı. Faut-il voir dans l’adoption de l’alphabet latin un rapprochement des peuples turcophones?

Peut-être, mais on peut en douter : les pays turcophones d’Asie centrale ne veulent pas de la Turquie comme un parrain, juste comme un partenaire. De plus, si le turc, l’azéri et le turkmène sont de la même famille, le kazakh n’appartient pas à la même famille que la langue turque. Il y a donc des différences notables. Plus qu’un rapprochement entre les peuples turcophones, il faut y voir un rapprochement avec « l’Occident ».

Une question d’image

L’image internationale du Kazakhstan est assez mauvaise, comme a pu le constater Mariya Dmitriyenko. Cette sportive kazakhe a gagné une médaille d’or au tir en 2012, lors d’un championnat organisé au Koweït. Au lieu de diffuser l’hymne kazakh, c’est la parodie insultante entendue dans le film Borat qui a été entendue. Le Kazakhstan c’est Borat. Il y a aussi le double problème d’être un pays un -stan : être inconnu (les pays d’Asie centrale formeraient un tout homogène aux yeux de nombreuses personnes) et être associé aux islamistes (Pakistan, Afghanistan, le Londonistan des salafistes).

Le Kazakhstan a mis en place une stratégie de visibilité, afin de se donner une meilleure image et d’obtenir des investissements européens et américains. Il a par exemple été question de changer le nom du pays en Kazakh Eli, volonté partagée avec le Kirghizstan qui est devenu la Kirghizie. Cet été, la capitale kazakhe, Astana, a accueilli l’exposition universelle. Astana est d’ailleurs un nom familier pour les fans de cyclisme : c’est le nom d’une des équipes, dans laquelle un conglomérat d’entreprises kazakhes a investi. Utiliser l’écriture des Européens et des Américains, c’est un moyen de se rapprocher des ces pays, tant pour l’image que pour les relations économiques.

 

http://les-yeux-du-monde.fr/actualite/europe/russie/31140-pourquoi-le-kazakhstan-veut-il-utiliser-lalphabet-latin

Moscou lâche-t-il Pyongyang ?

La nouvelle a été annoncée le 16 octobre en milieu d’après-midi :

« La Russie a suspendu sa coopération scientifique et technique avec la Corée du Nord en réaction à la poursuite par cette dernière de ses programmes balistique et nucléaire. Suspendre la coopération scientifique et technique avec les individus et les groupes d’individus représentant la République populaire démocratique de Corée. La décision a été prise en réponse à la conduite d’essais nucléaires et balistiques par la Corée du Nord, en conformité avec la résolution 2321 du Conseil de sécurité de l’Onu du 30 novembre 2016 ».

Cette décision a été entérinée par un décret signé du Président Vladimir Vladimirovitch Poutine et rend effective la suspension de la coopération scientifique et technique entre Moscou et Pyongyang. Auparavant, la présidente du Conseil de la Fédération (l’équivalent russe du Sénat) Valentina Ivanovna Matvienko a rappelé que Moscou condamnait résolument le développement du programme nucléaire nord-coréen.

La décision russe vise à apaiser les tensions naissantes dans la péninsule, entretenues par la série inédite de tests de missiles par le régime de Pyongyang, qui a de plus procédé à l’essai d’une bombe à hydrogène (bombe H), ce qui lui avait valu un gonflement de pectoraux du Président Donald John Trump qui avait « menacé » le 19 septembre de «détruire totalement» la Corée du Nord en cas d’attaque initiale de Pyongyang et qui avait a qualifié son dirigeant Kim Jong-un de « rocketman » (homme-fusée) embarqué dans «une mission-suicide».

La question est : quel a été le deal entre Eurasia et Oceania. Je parie des pesos contre des dollars qu’il ne doit pas être loin de ça : « Ok, je lâche la Corée du Nord mais en contrepartie, tu lâches l’opposition vénézuélienne ». Et dans mes pronostics, j’ai toujours eu raison sauf les fois où je me suis trompé. La réponse fera bientôt la une des journaux (enfin, sauf prolongement tardif de la chasse au porc)…

Hristo XIEP

 

http://www.medias-presse.info/?wysija-page=1&controller=email&action=view&email_id=1531&wysijap=subscriptions&user_id=1069