Pétrole : l’Opep prête à prolonger de neuf mois son accord

Pétrole : l’Opep prête à prolonger de neuf mois son accord

Etienne Goetz Le 30/11 à 12:19
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Tous membres l'Opep prêts prolonger mois réductions production.

Tous les membres de l’Opep sont prêts à prolonger de neuf mois les réductions de production. – Shutterstock

La Russie doit encore officialiser sa participation à l’accord. Un point d’étape aura lieu régulièrement. Une clause pour une fin des quotas avant l’heure a été évoquée.

Pour une fois, le consensus semble régner à Vienne. Tous les membres de l’Opep, y compris les grands rivaux que sont l’Arabie saoudite et l’Iran, ont fait savoir jeudi matin qu’ils étaient d’accord pour prolonger de neuf mois les réductions de production. La fin de cet accord, prévue pour mars 2018, devrait donc être portée à fin 2018.

Le ministre saoudien de l’énergie Khaled al-Faleh, a martelé l’engagement de l’Opep pour rééquilibrer le marché. « Beaucoup doit encore être fait », a-t-il averti. « Nous ne lèverons pas le pied tant que les stocks ne seront pas revenus aux niveaux observés quand le marché se portait bien et tant que les investissements ne seront pas repartis. »

Plafond pour la Libye et le Nigeria

Juste avant la rencontre avec les pays hors-Opep dont la Russie cet après-midi, des délégués ont déclaré que l’organisation venait d’accepter le principe de prolonger l’accord, et que des discussions étaient en cours pour inclure ou non la Libye et le Nigeria dans l’encadrement de la production. Les deux pays, exemptés jusqu’à maintenant, auraient accepté de plafonner leur production à leur plus haut de 2017.

Dans la foulée de ces annonces, pourtant conformes aux attentes du marché , le prix du baril a bondi en fin de matinée. Le brent, référence européenne a pris jusqu’à 1,5 % à plus de 64 dollars. Il a ensuite cédé du terrain. Une coalition de producteurs de l’Opep a laissé la porte ouverte à un abandon des réductions dès mi-2018. Le cours est ensuite remonté, soutenu par l’engagement de la Libye et du Nigeria à plafonner leur production.

image: https://www.lesechos.fr/medias/2017/11/30/2134602_petrole-lopep-prete-a-prolonger-de-neuf-mois-son-accord-web-030961043585.jpg

Pétrole : l\'Opep prête à prolonger de neuf mois son accord

Le cartel a tout de même prévenu qu’il allait faire un point d’étape en juin lors de sa prochaine réunion. Il évaluera les effets de l’accord sur le marché. Le ministre équatorien a même évoqué « une clause » sans donner plus de détails sur son contenu. Elle pourrait permettre d ‘arrêter prématurément les coupes en cas de nette amélioration du marché.

La Russie doit encore officialiser sa participation

Si une fin des quotas est alors envisagée, « elle sera graduelle », a rassuré le ministre saoudien de l’énergie en adoptant un discours digne d’un banquier central préparant le marché à  la fin progressive des achats d’actifs . Selon des sources de Bloomberg, al-Faleh a fait savoir qu’une stratégie de sortie ne serait pas discutée avant le troisième trimestre 2018.

La position de la Russie sera officialisée cet après-midi, mais sa participation semble d’ores et déjà acquise, malgré sa préférence pour une prolongation de 6 mois. Le Russie souhaite que l’accord donne un message clair sur la fin des quotas.

Le cartel et son allié la Russie avaient arraché, à la surprise générale, un accord de réduction de la production de 1,8 million de barils par jour. Les cours qui étaient passés sous les 30 dollars sont remontés autour de 60 dollars.

Etienne Goetz

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030958051319-petrole-lopep-pret-a-prolonger-de-neuf-mois-son-accord-2134602.php#johgouWlMiMQP1S5.99

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Russie: les manoeuvres américaines et Séoul augmentent les tensions en Corée du Nord

Russie: les manoeuvres américaines et Séoul augmentent les tensions en Corée du Nord

Le Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU) s'est réuni mercredi pour évaluer d'urgence les mesures qu'ils prendront avant la Corée du Nord.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU) s’est réuni mercredi pour évaluer d’urgence les mesures qu’ils prendront avant la Corée du Nord. | Photo: EFE

Vasili Nebenzia a déclaré que les Etats-Unis et leurs alliés « semblent avoir essayé de tester la patience de la Corée du Nord avec des manoeuvres militaires non déclarées ».

L’ambassadeur russe à l’ONU, Vasili Nebenzia, a déclaré mardi que le déploiement du système de défense antiaérien américain Thaad en Corée du Sud augmentait les tensions dans la péninsule coréenne.

« Le facteur supplémentaire de déstabilisation dans la région est l’augmentation des éléments du système antimissile américain Thaad sur le territoire de la République de Corée », at-il déclaré lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le terminal de défense de zone de haute altitude (Thaad, pour son acronyme en anglais), est un dispositif installé par les États-Unis. en Corée du Sud. « Le système (…) est opérationnel et a la capacité d’intercepter des missiles nord-coréens et de » défendre « la Corée du Sud », ont expliqué les forces américaines. lors de son installation.

Nebenzia a également indiqué que les Etats-Unis et leurs alliés « semblent avoir essayé de tester la patience de la Corée du Nord avec des manoeuvres militaires non déclarées ».

 

Il a appelé la Corée du Nord à suspendre ses essais nucléaires, ainsi que les États-Unis. et la Corée du Sud de ne pas effectuer d’exercices à grande échelle car ils vont «chauffer une situation déjà explosive» dans cette péninsule.

Le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) s’est réuni mercredi pour évaluer d’urgence les mesures qu’ils prendront contre la Corée du Nord pour le lancement récent d’un missile tombé dans la mer du Japon.

 

https://histoireetsociete.wordpress.com/

Naufrage de l’intelligence : la schiapppatisation du monde

mercredi, novembre 29, 2017

Naufrage de l’intelligence : la schiapppatisation du monde

Du danger de l’hystérie des folles puritaines

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Edward Behr rappelle que, dans les universités américaines, un professeur homme ne peut pas prendre le risque d’effleurer l’épaule d’une étudiante sur le travail de laquelle il se penche à son appel. Et, surtout, il est inimaginable qu’il la reçoive dans une pièce dédiée dont la porte ne reste pas grande ouverte… Rien de neuf sous le soleil américain. Behr observe, parallélisme saisissant, que dans les années 1920 la chanteuse française Mistinguett « se fit sermonner par le personnel du palace qui l’hébergeait parce qu’elle n’avait pas laissé la porte de sa chambre ouverte quand elle y recevait des visiteurs masculins ».

Évidemment, les féministes, parmi lesquelles bien des lesbiennes militantes, ne trouvent pas cela incongru. Mais le danger est là, de passer d’une Amérique qui fait peur à une France américaine, à une France qui fait peur.

Les harcèlements de rue, ces outrances verbales ou gestuelles qu’on ne connaissait pas il y a encore trente ans, sont un produit du chaos ethnique. Nos folles puritaines ne veulent pas que l’on évoque cet aspect du phénomène pour ne pas « raciser » la question, dans des quartiers où elles ne se risquent pas. L’une d’elles, Caroline De Haas, n’a-t-elle pas suggéré, avec une naïveté touchante, que… l’on élargisse les trottoirs ?

Le président Macron voudrait que soit créé un délit d’ « outrage sexiste », qui ne pourra qu’aggraver la confusion entre le droit et la morale. Au demeurant, un tel délit sera bien difficile à réprimer chez les chances-pour-la-France qui importunent nos filles et nos compagnes. Et puis, trêve d’inflation législative, les lois existent : ce sont les zones de non-droit qu’il faudrait éliminer ! Il est évidemment plus facile de vilipender l’homme blanc, hétérosexuel de plus de cinquante ans qui n’y peut mais.

Les ennemies de la gente masculine embrayent sur les revendications contre les violences faites aux femmes par leur conjoint. Là encore nous sommes en pleine confusion. Les lois existent, mais il reste difficile d’entrer dans l’intimité des foyers (quid du harcèlement psychologique, qui ne laisse pas de bleus, mais dont certaines viragos usent à l’égard de leur conjoint ?). Au demeurant, il ne s’agit pas là du domaine spécifique des « violences faites aux femmes », mais des violences domestiques. Apparemment, dans ce moment de fièvre, elles ne seraient médiatiquement intéressantes que perpétrées contre des femmes. Les enfants martyrs ou les vieux parents battus, parfois par leur fille ou leur belle-fille (qui ne sont pas toutes vierges et saintes), participent pourtant du même ordre.

Eric Delcroix

 http://fboizard.blogspot.fr/
http://fboizard.blogspot.fr/

Les avions américains planent sur l’Europe

Les avions américains planent sur l’Europe



Publié par Grégoire Athanase le 15 Novembre 2017


Début novembre, Marillyn Hudson, la présidente de Lockheed Martin, déclarait à Reuters que la compagnie américaine était sur le point de vendre à l’Allemagne ses controversés F-35. Pourtant en Juillet 2017 Berlin et Paris affirmaient leur volonté de développer un système de combat aérien européen. L’Allemagne s’est-elle laissé séduire par les Etats-Unis ?



Les avions américains planent sur l'Europe

Le 8 novembre 2017, un officier de l’aviation allemande déclarait que le F-35 américain est leur « choix préféré » pour remplacer leurs Panavia Tornado. Moins de six mois plus tôt, Angela Merkel rencontrait à Paris Emmanuel Macron et tenait avec lui un conseil franco-allemand de défense et de sécurité. A cette occasion les deux chefs d’État avaient pourtant convenu de développer un système de combat aérien européen. Le Président français déclarait même lors de la conférence de presse : « Notre souhait, c’est en effet de pouvoir avoir une nouvelle génération d’avions de combat communs. » Mais depuis, c’est le F-35 qui semble retenir les faveurs de l’armée de l’air allemande.

Le F-35 a déjà fait couler beaucoup d’encre depuis le lancement de son programme en 1996. Donald Trump avait même critiqué ce programme dans un tweet de Décembre 2016 en disant que son coût était « hors de contrôle. » En dépit d’années de retard et de milliards de dollars de dépassement de budget, le F-35 a déjà séduit onze pays, dont cinq européens. Le général André Lanata, chef d’état-major de l’armée de l’Air française s’en inquiétait, prophétique, devant l’Assemblée nationale le 19 juillet 2017, déclarant : « Le F-35 va constituer rapidement un standard de référence dans les armées de l’air mondiales, pas uniquement aux États-Unis mais aussi chez nos principaux partenaires. Que l’on soit surclassé par les États-Unis n’est pas surprenant, que l’on commence à l’être par des partenaires équivalents est une autre affaire. » Le revirement de l’Allemagne semble lui donner raison.

Coup dur pour l’industrie européenne ? Pas vraiment, affirme le lieutenant-général Karl Muellner, commandant en chef des forces aériennes allemandes. En effet le programme de développement franco-allemand est « un projet à beaucoup plus long terme qui vise à remplacer l’Eurofighter à partir de 2045 » a-t-il précisé , tandis que les F-35 américains remplaceraient les Tornado de la Luftwaffe d’ici 2025. Les deux questions seraient donc disjointes officiellement.

Quoi qu’il en soit, d’autres facteurs, notamment économiques, sont certainement en jeux alors que les États-Unis ont le déficit commercial le plus important du monde. Ce contrat que serait sur le point d’emporter Lockheed Martin entre certainement dans une volonté des États-Unis de rééquilibrer la balance commerciale avec l’Allemagne, pays qui arrive à la troisième place de ceux avec lesquels les Etats-Unis ont le déficit commercial le plus déficitaire (après la Chine et le Japon). Dans un autre de ces fameux tweet le président américain fustigeait en effet l’Allemagne déclarant « Nous avons un énorme déficit commercial avec l’Allemagne […] cela va changer. »

On peut toutefois partager l’inquiétude du général Lanata de voir les principaux partenaires européens de la France préférer se doter d’avions américains alors que le projet franco-allemand n’a pas encore été officiellement lancé. Peut-être faut-il aussi voir derrière cette « capitulation » allemande une stratégie de riposte face au volontarisme renouvelé de la France sur la question d’une Europe de la Défense. Compte tenu du retrait programmé de la Grande-Bretagne de la scène européenne, la France est en effet en bonne position pour prendre le leadership de la défense européenne. Il est tout à fait possible que l’Allemagne, locomotive économique de l’Europe, ait voulu se rappeler au bon souvenir de la France sur cette question, en fragilisant d’emblée un projet qui laisse trop peu de place à l’Allemagne à son goût.


Charles & Jeanne

Charles & Jeanne

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Charles & Jeanne

28 novembre 2017 – Il y avait, avant-hier sur Arte, un documentaire sur un aspect à la fois évident et inédit du général de Gaulle en tant que président de la République. Il s’agissait de Charles le catholique, diffusé sur France Cinq, le 26 novembre 2017 en fin de soirée.

Je dis que c’est pour moi un aspect évident et inédit parce qu’il m’a toujours paru évident que de Gaulle était un homme d’une foi toute ensemble assurée et puissante, formant le fondement même de son caractère (et foi catholique en l’occurrence, mais cela aussi secondaire qu’évident) ; et que c’était tellement évident que cela n’avait nul besoin d’être montré, et de plus pratiqué avec la plus extrême discrétion par l’intéressé, et donc l’aspect inédit dans ce sens et pour mon compte.

(C’est dire qu’on ne doit pas voir un tel document en pensant à la religion catholique, ni à la religion tout court. Au fond, malgré le titre, ce n’est pas le sujet, et la chose n’a provoqué chez moi nul débat à propos de la religion, ni ne m’a converti à quoi que ce soit.)

Je me suis même trouvé étonné qu’on en fasse un document, et que des livres soient écrits à ce sujet. Sans doute y en a-t-il un certain nombre, mais non, encore une fois semblant de peu d’intérêt pour moi à cause de ce que j’ai dit. Cette fois, pourtant, j’ai dérogé à ce penchant et n’en suis pas mécontent, tant m’apparaissent certaines vérités dissimulées. D’abord, on comprendra que c’est une expérience inédite de voir un documentaire sur de Gaulle, pour rencontrer un de Gaulle silencieux, à la fois transparent et impénétrable, le visage grave et assez lointain. D’habitude, on voit un document sur de Gaulle pour l’entendre parler, présenter sa politique, sa vision du monde, etc. ; là, au contraire, nous étions conviés à reconnaître les silences du Général, la façon qu’il avait de respecter les lieux où on le voit, souvent une cathédrale, le respect qu’il met, par simple convenance, à écouter ceux qui dispensent la religion qu’il a embrassé. J’écoutai de Gaulle dans son silence et pas du tout dans ces paroles, dans son silence solitaire et pas du tout dans sa religion.

Le fait est qu’on jacassait autour de lui dans ce documentaire, tandis qu’on le voyait évoluer en silence même si en grand apparat. Le plus fort, je veux dire le plus remarquable est que ces illustrations d’un homme plongé dans sa foi était salué d’un concert de louanges des diverses personnalités interrogées, pour sa capacité, en tant que président de la République, à être rigoureusement laïc et à ne rien laisser paraître de sa religion. Les commentateurs se nommaient Mélenchon, Fillon, Philippot, Onfray, le député PS Razzi Hammady (un musulman, certes), des historiens, etc.

(Tous laissaient entendre, parce que cela semble tellement l’évidence là aussi, qu’un personnage de cette sorte saurait parler à la France d’aujourd’hui, roulée dans la boue et déchirée dans tant de problèmes insolubles et dont tant parmi ces problèmes ont à voir avec les religions dans leurs rapports avec la laïcité… Et Dieu sait, Lui, que j’en doute, que je le verrai bien perdu, de Gaulle, dans cette France-là.)

Je crois qu’il revint au commentateur de religion musulmane, Hammady, de trouver la réponse à l’interrogation que faisait naître ce contraste, lorsqu’il dit que de Gaulle président pratiquait une religion en ne montrant aucune pratique d’aucune religion qui put heurter la laïcité et la République, et nullement la catholique malgré l’évidence, parce qu’il pratiquait aux yeux de tous “la religion de la France”. Cela faisait penser à Jeanne, certes, et d’ailleurs on n’y manqua pas, et Jeanne fut présente tout au long du documentaire au côté de Charles.

Car la même chose peut être dit d’elle, comme cela a été rappelé par l’ami Bonnal parlant aimablement des Âmes de Verdun, et citant les deux Allemands qui ont leur place dans ce livre, Curtius et Sieburg parlant de la mystique française et de Jeanne comme si l’essentiel de cette héroïne qui inventa le nationalisme mystique ne fut pas d’être chrétienne ni catholique, mais d’abord Française, – et le reste, y compris Dieu, qui suit, – et de Gaulle qui suivra comme naturellement, par son silence même, une semblable démarche :

« Le Français vit beaucoup plus intensément que nous [Allemands] parmi les souvenirs du passé, écrit Curtius. Nous voyons dans le passé l’histoire d’un devenir ; le Français y contemple la présence d’une tradition. […] Les catégories de la pensée historique [du Français] sont celles de la durée, non du développement. […] Ce qui, en France, est devenu réalité historique, conserve une fois pour toutes sa validité. »

« Sieburg l’observe, mi-figue mi-raisin, ce culot exceptionnel de l’inventrice du ‘nationalisme mystique’ : “Elle avait pour principe que non seulement la France a toujours raison, mais encore qu’elle agit toujours d’accord avec Dieu, de sorte que quiconque lui résiste, résiste à Dieu.” Ce n’est pas mal trouvé, cette assurance tranquille et harmonieuse, qu’on retrouvera chez de Gaulle : “Lorsqu’on analyse le nationalisme de Jeanne, on est obligé ou bien de lui donner raison, ou bien de douter de Dieu.“ Sieburg termine le propos sur un ton dont on ignore s’il est sarcastique ou s’il a le souffle coupé devant tant d’impudence vertueuse et éclairée, cette Jeanne qui inspire ce mot d’un prince de l’Eglise – “Dieu avait besoin de la France”, – ce qui conduit Sieburg à cette observation à propos de la formule du ‘nationalisme mystique’ annexant Dieu pour le bon motif, – qui “ne permet à Dieu d’être Dieu que lorsqu’il est entré en contact avec la France”. »

Ainsi, tout au long du documentaire apparaît cet homme hors de toute polémique politique, sans le moindre parti qui put être pris pour ou contre lui, peut-être même sans pratique religieuse significative d’une situation temporelle même si cette pratique fut constante, comme quelque chose qui évolue en-dehors de tout cela. Je dis ce jugement nullement selon un sentiment d’une politique au sens le plus large, justement. (Je pourrais bien entendu être classé gaulliste à plus d’un titre et plus d’un engagement, mais pour autant nullement approbateur de toutes ses politiques, notamment vis-à-vis de l’Algérie.) Je dis cela parce que c’est le vrai, et que cela ressort de tout le propos, l’avancement de cet homme désincarné de toute politique et aussi de toute religion malgré tout, pour mieux incarner la France avec une sorte d’assurance infiniment humble, – cette humilité qui est si bien rendu par ce silence… Il ne doit pas cette humilité à une religion à l’heure où s’étripent les religions, mais à une Nation venue du fond de l’Histoire et fixée ainsi dans son éternité mystique.

Il fallait les entendre, toutes ces voix d’aujourd’hui d’ailleurs fort respectables, naviguant entre République et laïcité mais ébahies devant la splendeur de l’équilibre et de l’ordre rassemblés dans une sorte d’harmonie sublime, dont rendait compte la spiritualité qui nimbe le personnage. Ils étaient de tous les horizons politiques, d’opinions diverses et contraires, rescapés de combats politiques qui les déchirent entre eux, et pourtant ils chantaient d’une même voix comme s’il s’agissait d’un Oratorio la splendeur de l’unité perdue bien plus que celle d’un homme avec sa politique et éventuellement sa gloire terrestre. Curieusement, par conséquent, ce ne fut pas un documentaire, ni sur Charles, ni sur le catholicisme, mais bien sur la hauteur du spirituel et de la tradition qui fondent les aventures historiques lorsque la durée, la hauteur et l’intuition en ont fait des événements métahistoriques qui retrouvent une tradition originelle.

On sort de cette représentation sans jugement nécessaire sur un homme, sans avoir une conviction politique ni religieuse renforcée, mais bien plutôt envahis d’une nostalgie sublime puisque ce qui fut alors, avec lui et avant lui, exista effectivement, et plus encore persuadé par contraste catastrophique que nous avons perdu une clef, une formule, une hauteur, et que cette perte nous interdit de nous disperser dans les marécages et les trous noir de ces temps obscurs. On discutaille un peu, toujours en coulisses du documentaire, pour savoir ce qu’un de Gaulle ferait aujourd’hui, mais à peine. L’on comprend que le temps, l’époque que nous vivons n’est plus la sienne, et lui-même d’ailleurs ne saurait que faire, atteint par la bassesse affreuse des choses que nous subissons et se refusant à tenter de “la comprendre” comme on refuse la contagion que vous risquez en côtoyant l’im-monde.

(Il l’avait bien montré par sa paralysie soudaine devant les événements de mai-68 auxquels il ne comprit rien, parce qu’il ne pouvait imaginer que soudain la bassesse de l’irresponsabilité et de l’inversion put d’un seul coup balayer une telle nation que la française ; et il résolut l’affaire à sa manière, par un tour de passe-passe et sans y comprendre davantage, préparant déjà le départ qu’il avait d’ores et déjà décidé.)

Je crois que les silences de De Gaulle dont je parlai plus haut sont aujourd’hui plus actuels et plus inévitables qu’ils ne furent jamais. Ce sont les silences de l’esprit qui refuse de condescendre aux bassesses auxquelles sont soumis les événements que nous traversons. Ce sont les silences de l’âme qui attend que passent les temps de l’ignominie et du simulacre. Ce n’est pas vraiment refuser son temps et se désengager, c’est attendre que ce temps achève de se déstructurer et de se dissoudre comme fait toute pourriture en toute-puanteur, pour enfin pouvoir songer à s’y remettre.

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Vidéo de la conférence A. Levallois et F. Bourrat : Les jeux des services secrets au Moyen-Orient

Vidéo de la conférence A. Levallois et F. Bourrat : Les jeux des services secrets au Moyen-Orient

Par Agnès LEVALLOIS, Estelle MENARD, Fabien HERBERT, Flavien BOURRAT, Selma MIHOUBI, le 29 novembre 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Agnès Levallois, consultante spécialisée sur le Moyen-Orient, enseignante à l’ENA et à Sciences Po Paris, membre du conseil d’administration de l’iReMMO. Flavien Bourrat, chercheur sur le Maghreb et le Moyen-Orient à l’IRSEM. Pour Diploweb.com : Images et son : Fabien Herbert et Selma Mihoubi ; montage : Selma Mihoubi ; résumé Estelle Ménard.

Voici la vidéo complète de la conférence d’Agnès Levallois, consultante spécialisée sur le Moyen-Orient, enseignante à l’ENA et à Sciences Po Paris, membre du conseil d’administration de l’iReMMO ; et de Flavien Bourrat, chercheur sur le Maghreb et le Moyen-Orient à l’IRSEM. Cette conférence sur « Les jeux des services secrets au Moyen-Orient » a été co-organisée par Diploweb.com et GEM sur son campus parisien. 43 minutes.

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

Résumé par Estelle Ménard pour Diploweb.com

Depuis longtemps, les services secrets ont une importance prégnante dans le paysage politique du Moyen-Orient. Après les soulèvements du monde arabe en 2011, on en vient à se poser la question suivante : s’il y a transition démocratique, les services secrets peuvent-ils l’accepter ? Sont-ils des acteurs du changement ? Agnès Levallois et Flavien Bourrat rappellent que sur ce sujet l’accès aux sources primaires reste difficile. Ils ont donc notamment travaillé avec du contenu en libre-accès et avec des entretiens. À l’occasion de cette conférence organisée par le Diploweb.com et GEM sur son campus parisien, ces deux experts partagent d’intéressantes pistes de réflexion sur le monde du renseignement moyen-oriental.

Vidéo de la conférence A. Levallois et F. Bourrat : Les jeux des services secrets au Moyen-Orient
Flavien Bourrat et Agnès Levallois

Les services secrets du monde arabe ont des spécificités en fonction de leur histoire, de leur chemin vers l’indépendance et de l’influence des alliances régionales ou internationales. Ils ont aussi des caractéristiques communes, que ce soit au Maghreb, au Levant ou au Moyen-Orient. Agnès Levallois identifie quatre de ces similarités. Premièrement, il existe une corrélation positive entre l’illégitimité d’un régime et la puissance de ses services secrets. Il s’agit d’assurer la pérennité de régimes en déficit de légitimité pour contrôler la population, réprimer une potentielle opposition et surveiller la diaspora afin qu’elle ne puisse pas s’organiser à l’étranger, où les services secrets s’implantent pour surveiller les émigrés. Cette corrélation est une différence majeure entre les services secrets moyen-orientaux, comme ceux de la Syrie, et les systèmes politiques démocratiques, ces derniers étant en mesure de faire respecter l’ordre par d’autres moyens. Deuxièmement, la méfiance des services secrets du Moyen-Orient envers le personnel diplomatique explique leur centralité sur la scène diplomatique. On observe ce phénomène en Égypte durant l’ère Hosni Moubarak (1981-2011) : le chef des services secrets Omar Souleiman accompagnait ce chef de l’État dans toutes ses visites et prenait la parole lors des discussions sur les dossiers essentiels, liés à la stabilité du pays, notamment à propos de la Palestine. Troisièmement, cette méfiance, d’autant plus grande que le régime est illégitime, se traduit par un système de clientélisme mis en place par les services secrets pour s’assurer de la loyauté de ses recrues. Ce qui nous amène à la quatrième caractéristique : l’État met délibérément en place une concurrence entre les services secrets afin d’équilibrer leur puissance et de limiter les ambitions de leurs chefs de service. Cette tactique est identifiable dans la Syrie d’Hafez el-Assad (1970-2000), qui mit en place plus d’une dizaine de services différents.

Est-il possible de différencier plusieurs catégories de services secrets au Moyen-Orient ? Oui, en voici trois.

A. Levallois distingue trois catégories de services secrets au Moyen-Orient, en fonction de leur rapport avec le pouvoir. La première est le service comme « outil de pouvoir  ». Ce pouvoir reste entre les mains de l’État : c’est lui qui commande et donne les instructions. Les services n’ont pas de velléité d’autonomie parce qu’ils sont tenus par des proches du régime. C’est le cas des monarchies, comme le Maroc. Il y a ensuite le service comme « centre de pouvoir  », où les chefs de service sont associés à la décision politique (Liban, Yémen, Irak). Enfin, il y a le service « centre du pouvoir », au cœur de celui-ci : il en contrôle des dossiers les plus importants et dicte la politique (Algérie). Les pays peuvent néanmoins changer de catégorie en fonction de la période de l’histoire et des réformes. Pour Flavien Bourrat, s’il existait auparavant un phénomène d’immuabilité des services secrets, ils sont aujourd’hui en phase de transition. Durant la seconde moitié du XXème siècle, ils étaient le bras armé des pouvoirs en place, une partie de l’Etat profond. Ils constituaient un noyau restreint, résilient et stable. Dès lors, leurs chefs restaient parfois en place pour des durées spectaculaires : 18 ans pour Omar Souleiman, 25 ans pour le chef du Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS) algérien Mohammed Mediène, 26 ans pour Ali Douba en Syrie…

Quelles sont les évolutions en cours ? Réponses

Deux facteurs permettent d’expliquer le changement de cette situation. D’abord, l’apparition de nouveaux défis sécuritaires amènent les services secrets sur des dossiers auxquels ils étaient jusqu’alors peu habitués, notamment la lutte contre le terrorisme. Cela signifie que le maintien du régime n’est plus l’unique objectif des services secrets, ou encore qu’il doit être réfléchi de manière plus complexe en prenant en compte de nouveaux facteurs. Ensuite, en raison d’une relative démocratisation des régimes, les services secrets s’éloignent de leur statut de « police politique ». Nous sommes en effet témoins d’un processus de professionnalisation des services secrets, où la connaissance des dossiers et les capacités des recrues sont jugées plus importantes que les liens familiaux ou tribaux avec le pouvoir. Au Maroc, depuis 2000, des civils sont à la tête des services secrets, dont plusieurs spécialistes dans la lutte antiterroriste. De la même façon, l’Arabie saoudite met pour la première fois à la tête de ses services un militaire qui n’est pas membre de la famille Al Saoud.

Ces deux facteurs d’évolution des services secrets sont en partie attribuables aux printemps arabes, survenus à partir de décembre 2010 en réaction à une crise socio-économique et à une fatigue vis-à-vis d’un régime infantilisant et trop autoritaire. En Tunisie, quand le régime de Zine el-Abidine Ben Ali (1987-2011) fut renversé, on se demandait comment réformer le système. Après son départ, comment faire face aux défis sécuritaires tout en prenant en compte la revendication générale d’un État de droit ? La Tunisie représente un cas d’école pour la réforme des services de sécurité. Dans cette délicate phase de transition, il s’agissait de moderniser les services pour augmenter leur efficacité. Cela passe notamment par la coordination et la mutualisation des activités des services, contraire au principe inefficace de « diviser pour mieux régner ». Somme toute, il faut garantir la neutralité des services et les intégrer à un cadre démocratique, légal et constitutionnel. Le plus grand défi consiste à modifier les mentalités et les comportements violents et arbitraires de la police et de l’armée à l’égard des citoyens, à travers une sensibilisation, des formations et un encadrement. Ce qui ne se fera pas du jour au lendemain. Le processus sera plus long et plus aléatoire dans d’autres pays. En Syrie, les services secrets demeurent très arbitraires. Ceux de l’Irak, démantelés après l’intervention de la coalition conduite par les Etats-Unis en 2003, se reconstituent de manière incertaine. En Libye, la chute de Mouammar Kadhafi (2011) et de ses services secrets laisse derrière elle un vide sécuritaire. Les service secrets algériens (« centre de pouvoir », pour reprendre la typologie d’A. Levallois), apparus pendant la guerre d’indépendance (1954-1962) occupaient une place fondamentale au sein de l’État avec ses fonctions de sécurité, de surveillance, de contre-espionnage, et de police politique pour n’en nommer que quelques-unes. Le temps nous dira ce qu’apportera la réforme de 2016 qui supprime le DRS, créant à la place le Département de Surveillance et de Sécurité (DSS).

Enfin, A. Levallois s’interroge : les services secrets du Moyen-Orient ont-ils vu venir les printemps arabes ? Leur principal objectif était le maintien du système en place. Or cet objectif s’inscrivait dans un paradigme sécuritaire bien éloigné des mutations – pourtant importantes – de la société moyen-orientale. Les services étaient de toute évidence peu à l’écoute. Quand bien même les services secrets auraient-ils fixé leur attention au bon endroit, il n’est pas dit, pense A. Levallois, qu’ils auraient osé annoncer une si mauvaise nouvelle au chef de l’État.

Copyright pour le résumé Novembre 2017-Ménard/Diploweb.com

 

https://www.diploweb.com/Video-de-la-conference-A-Levallois-et-F-Bourrat-Les-jeux-des-services-secrets-au-Moyen-Orient.html

Poutine doit absolument se représenter

Poutine doit absolument se représenter


Alexander Mercouris

Par Alexander Mercouris – Le 23 novembre 2017 – Source  The Duran

Poutine doit se représenter à la présidence parce qu’il n’y a personne qui soit prêt à le remplacer à ce poste et que la situation internationale est tendue.

Alors que l’année 2017 touche à sa fin et que l’élection présidentielle de mars prochain se profile, les rumeurs sur les intentions de Poutine se multiplient.

La plupart des gens s’attendent à ce que Poutine se présente à nouveau, mais certains pensent qu’il envisage de se retirer et de nommer un successeur.

Les noms qui reviennent le plus souvent sont ceux de Dmitri Medvedev, le Premier ministre de la Russie, qui était président de la Russie entre 2008 et 2012, et du lieutenant général Alexei Dioumine, qui est actuellement gouverneur de la région de Toula.

Je n’ai aucune idée des projets de Poutine et je doute que ceux qui spéculent dessus en sachent davantage, mais je suis sûr que les hauts responsables du Kremlin savent à quoi s’en tenir. En tout cas, personnellement, je serais très surpris si Poutine décidait de ne pas se représenter.

Non seulement son immense popularité lui garantit la victoire, mais rien n’indique que quelqu’un d’autre soit prêt à lui succéder, ce qui serait certainement le cas à l’heure actuelle si Poutine avait vraiment décidé de ne pas se représenter.

Le comportement des deux candidats les plus souvent mentionnés – le Premier ministre Medvedev et le lieutenant général Dioumine – prouve ce que j’avance.

Medvedev fait profil bas ces temps-ci et, surtout parce qu’il était président auparavant, il me semble que s’il avait le projet de se représenter, il aurait déjà commencé à se mettre sur le devant de la scène pour augmenter sa popularité.

Quant à Dioumine, il est clairement un homme exceptionnel qui a un bilan impressionnant dans les services de l’armée et du renseignement russes et qui a apparemment joué un rôle important dans les événements en Ukraine et en Crimée en 2014. De plus, en tant qu’ancien officier, il est le genre de personne susceptible de plaire à ce que l’on pourrait appeler la « gauche patriotique » du spectre politique russe.

Mais toute la carrière de Dioumine jusqu’à sa nomination en 2016 comme gouverneur de la région de Toula s’est faite dans l’armée, le renseignement et la sécurité. Il n’a aucune expérience des institutions civiles nationales de la Russie – l’administration présidentielle et le gouvernement russe – et sa position de gouverneur de la région de Toula, bien que très importante, le place bien loin du centre du pouvoir au Kremlin.

Dioumine est clairement quelqu’un qu’il faut garder en mémoire, et sa nomination en tant que gouverneur de la région de Toula a peut-être eu pour but de le rapprocher du peuple russe et de l’initier aux rouages de l’administration civile russe en vue de plus grandes choses.

Toutefois, il faut se rappeler que la région de Toula est un centre important d’industries de défense de la Russie, et que par conséquent nommer un officier militaire gouverneur dans une période où l’armée russe est dans un processus complexe de réarmement n’est peut-être pas aussi surprenant qu’on pourrait le croire.

Quoi qu’il en soit, il semble peu probable que l’heure de Dioumine soit arrivée. À 45 ans, il a beaucoup de temps devant lui, et si, à moment donné, on lui confie un poste au gouvernement russe ou au Kremlin, il faudra commencer à le prendre très au sérieux. Quoiqu’il en soit, si on le voit comme un éventuel futur président, alors il semble que ce soit pour 2024 plutôt que pour 2018.

D’autres candidats  pourraient prendre la place de Poutine après les élections de l’année prochaine.

Les plus probables sont Serguei Shoigu – le ministre russe de la Défense qui est extrêmement populaire et très compétent – et Valentina Matviyenko, l’ambitieuse présidente du Conseil de la Fédération de Russie (la chambre haute du parlement russe) qui s’est vue confier d’importantes missions diplomatiques récemment.

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Valentina Matviyenko

Cependant, encore une fois, il ne me semble pas que l’une ou l’autre de ces personnes se comporte d’une façon qui pourrait suggérer qu’elle soit prête à se présenter à la présidence l’année prochaine.

À mon avis, si Poutine tarde à annoncer qu’il se représente, c’est probablement pour éviter les problèmes qu’il a eus en 2011. En 2011, l’annonce de sa candidature a été mal gérée et on pense généralement qu’elle a donné un nouvel élan aux manifestations qui avaient lieu à l’époque.

À mon avis, le Kremlin veut que la période électorale soit la plus courte possible afin d’éviter que cela ne se reproduise. C’est pourquoi Poutine attend le dernier moment pour annoncer sa candidature.

Je vous dis tout cela, mais il faut que je vous avoue quelque chose : lors des deux dernières élections présidentielles de Russie – en 2008 et en 2012 – j’ai eu tout faux.

En 2008, je m’attendais à ce que Poutine nomme son allié de longue date Serguei Ivanov, mais il a choisi Dmitri Medvedev à la place. En 2012, je m’attendais à ce que Medvedev se porte à nouveau candidat, mais lui et Poutine ont décidé que Poutine devait se présenter.

Évidemment, ces erreurs me rendent moins sûr de mes prédictions pour l’année prochaine. Je suis malgré tout certain de deux choses.

La première est qu’un article récent de l’Independent qui dit que Poutine est « fatigué » se trompe certainement. Bryan MacDonald lui a fait une réponse détaillée, mais pour se rendre compte que c’est faux, il suffit de voir ce que Poutine a fait ces derniers jours.

La semaine dernière, Poutine a (1) présidé une réunion de première importance des chefs de son armée et de l’industrie de la défense; (2) rencontré les présidents Assad de Syrie et Zeman de la République tchèque; (3) annoncé des rencontres imminentes avec les présidents Erdogan de Turquie, Rouhani d’Iran et Al-Bashir du Soudan; (4) eu une série de conversations téléphoniques avec le président Trump des États-Unis, le président Sissi d’Égypte, le roi Salman d’Arabie saoudite, le premier ministre Netanyahu d’Israël et l’émir du Qatar; (5) est allé en Crimée pour inaugurer un monument dédié au tsar Alexandre III; et a tenu des réunions très médiatisées avec (6) le vice-premier ministre Dmitri Rogozin (pour discuter de la production du bombardier supersonique russe TU-160), (7) le Patriarche de Moscou et de toute la Russie, et (8) le chef des services fiscaux de la Russie.

Ce rythme d’activité ne laisser pas vraiment penser qu’il soit « fatigué ». Je ne connais pas les plans de Poutine, mais pour moi une chose est sûre, ce n’est absolument pas le moment qu’il quitte la présidence.

Les relations avec l’Occident restent extrêmement tendues. Céder la présidence à quelqu’un d’autre sera considéré comme un signe de faiblesse par l’Occident et cela susciterait chez lui l’espoir excessif et dangereux d’un changement de cap. Après tout, c’est ce qui s’est passé lorsque Poutine a quitté la présidence en 2008. Cela ne réduirait pas les tensions, au contraire, on peut s’attendre à ce qu’après un bref dégel, elles augmentent encore.

Après tout, c’est aussi ce qui s’est passé quand Poutine a quitté la présidence en 2008, avec la soi-disant « réinitialisation », rapidement suivie de la soi-disant « seconde guerre froide ».

Ce serait beaucoup mieux de faire comprendre aux puissances occidentales qu’il n’y aura aucun changement de cap ni de politique en Russie, pour qu’ils se résolvent à s’en accommoder. C’est seulement s’ils savent que Poutine est là pour six ans encore qu’ils accepteront de le faire.

La situation au Moyen-Orient reste extrêmement instable, et tous les yeux sont tournés vers la Russie pour parvenir à un règlement juste et équitable de la guerre syrienne.

Seul un leader qui a une grande expérience, de l’autorité et des compétences diplomatiques exceptionnelles sera en mesure de faire aboutir ce processus. Aucun des potentiels successeurs de Poutine n’a toutes ces qualités – qui sont le fruit d’une longue expérience.

Plus près de la Russie, la situation en Ukraine reste explosive. Le processus de paix du conflit avec le Donbass est dans l’impasse du fait des continuels combats de bas niveau sur la ligne de contact. Malgré les annonces récurrentes de stabilisation, le niveau de vie continue de se dégrader dans le reste de l’Ukraine et la courbe du développement économique est en chute libre. Les pressions politiques semblent s’intensifier avec l’effondrement de la popularité de Porochenko et l’installation d’une nouvelle tente de protestation sur la place Maidan, mais il n’y a personne qui ait assez d’autorité ou de popularité pour prendre la relève.

Dans une telle situation, le danger d’une nouvelle escalade du conflit et d’une nouvelle flambée de violence est très réel, et le gouvernement issu de Maidan qui se querelle maintenant avec ses anciens « amis », la Pologne, la Biélorussie et la Hongrie, est tout à fait capable de relancer la guerre à tout moment.

Il n’est probablement pas exagéré de dire que c’est en partie la peur qu’inspire Poutine qui fait que la situation ne dégénère pas en Ukraine ; s’il partait, il y a un réel danger qu’une Kiev à la fois sous pression et enhardie puisse voir cela comme un signe de faiblesse et en profiter pour redémarrer la guerre. Si cela se produisait, le successeur de Poutine, un novice inexpérimenté, saurait-il quoi faire, d’autant plus que l’Ukraine aurait probablement une fois de plus l’appui occidental?

Poutine a également développé un rapport privilégié avec plusieurs leaders mondiaux : Xi Jinping de Chine, Modi d’Inde, Erdogan de Turquie, Salman d’Arabie saoudite, Netanyahou d’Israël, Sissi d’Égypte et Abe du Japon. La qualité d’une relation ne se transfère pas automatiquement à son successeur, et il serait imprudent de perdre un tel avantage alors que la situation internationale est si tendue.

En ce qui concerne la situation intérieure de la Russie, le pays est maintenant sorti de la récession, mais la politique monétaire très stricte (à mon avis trop stricte) de la Banque centrale – que même le FMI critique maintenant – a ralenti la croissance et diminué le niveau de vie alors même que l’inflation s’est résorbée plus vite que prévu.

L’immense popularité de Poutine a limité les dégâts politiques, mais rien ne garantit que cela se poursuivrait avec un successeur moins populaire.

Plus que de toute autre chose, c’est de stabilité politique dont la Russie a besoin maintenant pour que le travail acharné qui a été nécessaire pour stabiliser l’économie et réduire l’inflation après la baisse des prix du pétrole et le pic d’inflation de 2015, puisse porter ses fruits.

Il y a de bonnes raisons de penser qu’après 2018 les choses vont s’améliorer à la fois au niveau international et national, avec la fin de la guerre syrienne, le renforcement continu des relations avec la Chine, un gouvernement allemand post-Merkel plus conciliant, peut-être une meilleure relation avec les États-Unis, et la croissance de l’économie.

Alors, Poutine pourra envisager de quitter le pouvoir et de former un successeur qui pourrait être Dioumine ou quelqu’un d’autre.

Mais le faire maintenant semble vraiment prématuré et  hasardeux, et mettrait tout ce qui a été réalisé en danger. J’espère que Poutine et ses collègues en ont bien conscience.

Traduction : Dominique Muselet

 

http://lesakerfrancophone.fr/poutine-doit-absolument-se-representer

 

Macron à Ouagadougou : son discours à la loupe

Macron à Ouagadougou : son discours à la loupe

Adrien Rivierre / Spécialiste de la prise de parole en public chez Brightness
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Macron Ouagadougou : discours loupe

Macron à Ouagadougou : son discours à la loupe

LE CERCLE/POINT DE VUE – Ses provocations, son franc-parler, sa gestuelle, son intonation, sa vision du futur… Adrien Rivierre, spécialiste de la prise de parole en public, analyse le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou.

Un discours de rupture sur l’Afrique. Voilà comment il serait possible de résumer la prise de parole d’Emmanuel Macron à Ouagadougou. Pendant près de trois heures (un peu moins de deux heures de discours et une heure de questions-réponses avec des étudiants), le président français a avancé avec conviction sa volonté de renforcer les relations franco-africaines.

Peu de promesses formulées pour sa première tournée africaine, mais des initiatives comme la levée du secret défense sur l’assassinat de Thomas Sankara, la possibilité d’obtenir des visas de longue durée ou l’octroi de bourses scolaires.

Macron a voulu rompre avec ses prédécesseurs

Mais ce qui frappe de prime abord, c’est la parole de rupture dont a fait preuve Emmanuel Macron. Pour rompre avec ses prédécesseurs et avec la vision colonialiste de la France, le président de la République a affirmé : «je suis comme vous, d’une génération qui n’a jamais connu l’Afrique comme un continent colonisé».

Lire aussi : Au Burkina Faso, Macron a alterné éloges et provocations

Autrement dit, il s’est immédiatement positionné du côté de la jeunesse pour s’attirer leur bienveillance et montrer que ses aspirations sont similaires aux leurs. Il insiste alors à plusieurs reprises sur la différence entre lui, incarnation du présent et de l’avenir, et les présidents passés notamment avec l’utilisation de l’anaphore : «Je suis d’une génération qui…».

Un président provocateur et un brin moqueur

Sur la forme, très à son aise, il n’a pas hésité à dire les choses sans langue de bois voire avec un ton provocateur. Lors de la séance de questions-réponses, il s’est notamment exprimé avec un franc-parler inédit, voire inhabituel au cours d’une représentation officielle.

Ainsi, lorsqu’il évoque le fait que le président burkinabé doit moderniser le réseau électrique de son pays, et que celui-ci sort de la salle au même moment, Emmanuel Macron lance en rigolant : «Du coup, il s’en va. Reste là ! Du coup, il est parti réparer la climatisation». Une familiarité rarissime et surprenante qui pourrait froisser plus d’un de ses homologues internationaux.

Les étudiants n’ont pas non plus été ménagés comme quand il répond à l’un d’eux avec un ton un brin moqueur : «Je ne sais pas dans quelle filière vous êtes, mais à mon avis si vous faites histoire, géo ou science politique, il va falloir bosser dur pour la fin d’année !».

Cette parole sans détour, désormais une véritable marque de fabrique macronienne, vise à renforcer son éthos, c’est-à-dire l’image qu’il renvoie en tant qu’orateur, dont les traits principaux sont le parler-vrai (un discours de vérité), la volonté d’entreprendre qu’importe les obstacles et un engagement de tous les instants.

L’idée d’un autre avenir commun

Hier, l’engagement du président français était d’ailleurs total avec l’emploi à de très nombreuses reprises de l’expression «nous devons». Cette dernière appelle à la responsabilité de chacun, Français comme Burkinabés, et met en lumière tous les efforts qu’il reste à accomplir.

En effet, l’ensemble du discours s’articule selon un axe temporel simple. Il y a tout d’abord la volonté de rompre avec une histoire commune marquée par le colonialisme et les promesses non tenues. Or justement, ce discours incarne cette rupture et vise à se focaliser sur un avenir commun plus respectueux et prospère.

Cette vision future est particulièrement identifiable à la fin de l’intervention lorsqu’Emmanuel Macron affirme que la langue française pourrait devenir la langue la plus parlée au monde en 2050.

Mais pour ne pas que cette projection ne soit qu’une chimère, il prend soin de la relier à des actions concrètes et individuelles, à entreprendre sans plus attendre. Ainsi, chacun des membres de l’audience est invité à défendre la langue française au quotidien et à continuer à la pratiquer dans sa diversité. Emmanuel Macron a même annoncé qu’un dictionnaire de la francophonie serait rédigé par l’Académie française.

Des gestes amples

Cette parole engagée se retrouve dans le langage corporel du président avec des gestes souvent amples, le bras tendu ou les poings serrés. Lorsqu’il est convaincu, Emmanuel Macron se détache de ses notes, notamment à la fin, et transmet ses messages avec plus de force. La richesse de sa voix se fait aussi plus grande avec des modulations passant d’une voix presque chuchotée à une voix plus puissante.

Néanmoins, le coeur de l’intervention repose sur la lecture de ses notes, qui posées sur le pupitre, l’oblige à baisser le regard rompant alors le contact visuel avec l’audience.

Adrien Rivierre est spécialiste de la prise de parole en public chez Brightness

@Adrien_Riv

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En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-176576-le-discours-demmanuel-macron-a-ouagadougou-decrypte-2134204.php#3uGUG4dBmH5ICVbW.99

A pas de géant, Bitcoin franchit les 10.000 dollars

A pas de géant, Bitcoin franchit les 10.000 dollars

Nessim Ait-kacimi Le 29/11 à 07:58
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2017, année exceptionnelle bitcoin devises 2.0

2017, une année exceptionnelle pour le bitcoin et les devises 2.0 – Shutterstock

VIDEO. A 10 743 dollars, la devise cryptographique poursuit son parcours exceptionnel qui a vu son cours multiplié par 10 cette année.

A pas de géant, le bitcoin poursuit son inexorable marche en avant. Il a dépassé la barre des 10.000 dollars pour s’inscrire à 10.743 dollars (9.053 euros). Ether s’approche des 500 dollars et s’établissait à 482 dollars. Les  tensions géopolitiques en Corée   ont permis au bitcoin de franchir la barre des 10 000 dollars car cette devise  surfe sur les crises , compte tenu de ses propriétés de devise « anti-système » .

Depuis le début de l’année, son cours a été multiplié par plus de 9, et les volumes traités sur les bourses du bitcoin ont explosé du fait d’une forte demande mondiale (Etats-Unis, Corée du Sud, Japon, Europe…).

40.000 dollars en 2018

Depuis la mi-mai, le bitcoin a  accéléré la cadence et gagné plus de 1.000 dollars par mois. Le bitcoin représente un peu de la moitié des  300 milliards de dollars du marché des  nouvelles monnaies et jetons . Mike Novogratz, l’ancien gérant du hedge fund Fortress qui avait  prédit l’envolée du marché , a déclaré à CNBC que le bitcoin pourrait « facilement » atteindre les 40.000 dollars fin 2018, et Ether, une autre devise phare du secteur, pourrait voir son cours tripler.

« Le rêve de tout spéculateur »

« Une grande masse d’argent arrive et pas seulement des Etats-Unis, c’est une lame de fond mondiale. Les cours ne peuvent que monter car l’offre n’augmente et ne réagit pas à cette forte demande. C’est le rêve de tout spéculateur. Mais il y aura de violentes corrections sur le parcours, des chutes de 50 % », prédit-il.

Bitcoins fantômes

Il n’y a pas assez de bitcoins en circulation ni d’offre suffisante (émissions) pour satisfaire une très forte demande. Beaucoup de détenteurs de cet actif le conservent pour attendre de le revendre à un prix bien plus élevé.

En outre, selon l’analyse de  « Chainanalysis » pour le compte  du magazine Fortune , entre 17 % et 23 % des 16,4 millions de bitcoins en circulation (2,8 à 3,8 millions) ont été perdus à tout jamais. Cela inclut le million de bitcoins qui appartient à Satoshi Nakamoto, le ou les créateurs anonymes du bitcoin. Cette disparition d’un certain nombre de bitcoins accroît encore la rareté de cet actif et favorise la hausse de son cours.

VIDEO. Comprendre le bitcoin en 3 questions

https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01870326/zone/1/showtitle/1/src/v38u8f

Trous d’air et rebonds

Cette année, le bitcoin a connu quatre courtes phases de correction d’une durée de 17 jours et de 36 % en moyenne. Il s’est chaque fois très vite redressé. En effet, il a dépassé son record une vingtaine de séances après la fin de ces trous d’air. Les baisses du cours sont des opportunités d’achat pour les nouveaux spéculateurs. Chris Burniske de la société ARKInvest cite le chiffre astronomique de près de 500.000  nouveaux investisseurs par jour sur toutes les bourses mondiales du bitcoin, dont 125.000 pour Coinbase aux Etats-Unis.

Entre septembre 2016 et 2017, la capitalisation boursière des devises cryptographiques a progressé  de 140 milliards de dollars . Plus du tiers de cette hausse (47 milliards de dollars) est lié à « l’argent frais » qui se déverse chaque jour sur le marché selon les estimations de Chris Burniske. Pour un dollar investi, les cours sont multipliés par 2,5, un rendement inégalé dans le contexte actuel. Et ce n’est que le début car les investisseurs institutionnels n’ont pas encore investi sur cet actif ou de manière anecdotique. Le lancement prochain de contrats à terme sur le bitcoin à Chicago va les aider à franchir le pas si le succès est au rendez-vous.

Actif volatil

Avec plus de 13  millions d’utilisateurs , la bourse du bitcoin, Coinbase, dépasse le nombre de clients et boursicoteurs (10,15 millions fin 2016) de Charles Schwab, un des courtiers en ligne historique. Pour éviter que leurs clients ne les quittent pour aller spéculer sur les nouvelles devises, les courtiers en ligne traditionnels n’auront d’autre choix que de leur donner accès eux aussi à ces nouveaux actifs volatils. A 83 %, la  volatilité annuelle du bitcoin est au plus haut depuis 2014.  Sa volatilité à court terme (10 jours) est quinze fois supérieure à celle de l’eurodollar.

Bulle atypique

Un paradoxe, pour certains investisseurs plus le cours du bitcoin monte moins ils croient qu’il est surévalué et que c’est une bulle financière classique, constate sur Twitter Charlie Bilello directeur de la recherche chez Pension partners. Pour eux, l’adoption du bitcoin augmente de manière bien plus rapide que son cours, qui ne ferait que rattraper le temps perdu.

Nessim Aït-Kacimi

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030943891385-a-pas-de-geant-bitcoin-franchit-les-10000-dollars-2134205.php#pFV8EvXUo1L87GTY.99

Russie-Chine : un tandem qui change le monde, par Gilbert Doctorow

Source : Gilbert Doctorow, Consortium News, 23-10-2017

Ces dix dernières années la diabolisation persistante de la Russie par l’Occident a conduit à une alliance de fait entre Moscou et Pékin, changeant par là le paysage géopolitique d’une manière que les commentateurs américains ne reconnaissent toujours pas.

Une bonne partie des affirmations des experts occidentaux sur la Russie – en particulier sa fragilité supposée sur le plan économique et politique et son partenariat avec la Chine soi-disant non viable – est faux et n’ai pas seulement le résultat d’une connaissance limitée de la situation réelle sur le terrain mais aussi d’un état d’esprit chargé de préjugés qui refuse de s’intéresser aux faits, mais se berce d’illusion.

La Russie ne connaît peut-être pas de croissance économique, mais ces deux dernière années, elle a survécu à une crise conjoncturelle due à la chute des cours du pétrole et à une guerre économique menée par l’occident, laquelle aurait mis à genoux des gouvernements gérés avec moins compétences et disposant d’une popularité moins forte que celle de la Russie de Vladimir Poutine. De plus, aussi stagnant qu’ait pu être le PIB russe, les chiffres du pays sont sur un pied d’égalité avec ceux d’une croissance ralentie en Europe de l’ouest.

Pendant ce temps, l’agriculture russe est en plein essor, affichant en 2017 la meilleure récolte de grains depuis un siècle malgré des conditions climatiques difficiles au début du printemps. Parallèlement, la production russe de machines agricoles n’a cessé de se renforcer. D’autres secteurs industriels d’importance, comme l’aviation civile, ont repris leur souffle grâce au lancement de nouveaux modèles crédibles à destination du marché intérieur et pour l’exportation.

Les grands projets d’infrastructure représentant des prouesses techniques phénoménales, comme le pont sur le détroit de Kertch qui relie la Russie à la Crimée, se poursuivent dans les délais prévus et se terminent avec succès sous les feux de la rampe. Alors, où est donc cette Russie décrépie que nous décrivent quotidiennement nos commentateurs occidentaux ?

La raison principale de ces nombreuses observations malavisées n’est pas difficile à trouver. Le conformisme rampant de la pensée occidentale et américaine concernant la Russie a pris le contrôle des journalistes et des commentateurs, mais aussi des universitaires, qui servent aux étudiants et au grand public ce qu’on attend et exige d’eux, à savoir, donner la preuve du caractère perfide du « régime de Poutine » et faire les louanges de ces âmes courageuses en Russie, qui s’élèvent contre ce régime, comme le blogueur devenu politicien, Alexander Navalny, ou la « Paris Hilton » russe, célébrité devenue activiste politique, Ksenia Sobchak.

Les grandes quantités d’informations disponibles et libres d’accès sur la Russie, la presse russe, les publicités ainsi que la télévision d’État, sont en grande partie délaissées. En revanche on passe le micro aux personnalités pleine d’amertume de l’opposition russe, installées aux États-Unis, qui se plaignent longuement de leur ancienne patrie. Pendant ce temps, quiconque prend soin de bien lire, d’écouter et d’analyser les mots de Vladimir Poutine, fini par être traité de larbin de service, dans ces cercles. Tout ceci limite grandement l’exactitude et l’intérêt de ce qui passe pour une bonne connaissance de la Russie.

Bref, le domaine des études russes souffre, comme c’était le cas à l’apogée de la guerre froide, d’une perspective idéologique étroite et de l’incapacité d’ancrer les informations sur la Russie dans des faits, qui tiendraient compte du cadre de comparaison internationale dans lequel elle s’inscrit.

Ce que l’on entend par là a été replacé dans son contexte la semaine dernière, dans un rare moment d’érudition sur la Russie lors de la dernière réunion annuel du club de Valdai, dans une conférence donnée par Dominic Lieven, professeur émérite à la London School of Economics, au cours de laquelle il a résumé son point de vue sur la Révolution russe de 1917.

Lieven, sans doute l’un des plus grands historiens vivants de la Russie impériale, est un des très rares à avoir apporté dans ces études sur la Russie une connaissance approfondie du reste du monde et en particulier des autres pouvoirs impériaux du XIXe siècle, avec lesquels la Russie était en concurrence. Cette connaissance prend en compte à la fois l’approche de la main de fer et du gant de velours, c’est-à-dire d’une part les prouesses militaires et diplomatiques et d’autre part, les démarches intellectuelles utilisées pour justifier la domination impériale et qui constituent une vue du monde, pour ne pas dire une idéologie à part entière.

Des « experts » qui cultivent l’aveuglement

En revanche, aujourd’hui, les « experts » en relations internationales n’ont pas cette connaissance approfondie de la Russie pour pouvoir apporter quoi que ce soit de sérieux et d’utile dans l’élaboration des politiques. Ces vingt dernières années, l’intégralité de ce domaine d’étude s’est atrophié aux États-Unis, les connaissances en histoire, langues, cultures s’amenuisant considérablement au profit de compétences informatiques, qui donnent l’assurance d’un emploi dans une banque ou une ONG ensuite. Ces diplômes ont été systématiquement dépréciés.

Il découle de ce qui précède que très peu d’universitaires sont en mesure de mettre l’alliance russo-chinoise émergente dans un contexte comparatif. Et ceux qui en sont capables sont systématiquement exclus des grands courants de publication et des tables rondes de débats publics aux États-Unis, car ils ne sont pas suffisamment hostiles à l’égard de la Russie.

Et lorsque tel n’est pas le cas, d’aucun pourrait approcher le partenariat russo-chinois sous l’angle de comparaison de la relation américano-chinoise créée par Richard Nixon et Henry Kissinger, qui existait avant l’émergence du couple russo-chinois. Kissinger était pleinement en mesure de faire cette comparaison lorsqu’il écrivit son livre De la Chine en 2011, mais dans son essai, Kissinger choisit d’ignorer le partenariat russo-chinois malgré l’évidence de son existence. Peut-être ne voulait-il pas voir à quel point son héritage des années 70 avait été dilapidé.

Ce que l’on constate dans la description des réalisations de Kissinger dans les années 70, c’est que la relation américano-chinoise s’est déroulée intégralement dans un cadre d’indépendance mutuelle. Il n’y avait pas d’alliance à proprement parler pour se conformer à la volonté ferme de la Chine de n’accepter l’interférence d’aucune autre puissance dans les obligations mutuelles avec les États-Unis. La relation était celle de deux États souverains, qui se réunissaient régulièrement afin de discuter de développements internationaux dans lesquels ils avaient des intérêts communs et de mettre au point des stratégies, qui en pratique étaient menées en parallèle pour influencer les affaires mondiales de manière cohérente.

La Russie et la Chine ont dépassé et surpassé cette relation réduite à son strict minimum depuis longtemps. Leur partenariat a évolué vers des investissements communs toujours plus importants, qui présentent un grande importance pour les deux parties, en particulier, les gazoducs qui transporteront de vastes quantité de gaz sibérien à destination des marchés chinois, un investissement évalué à 400 milliards de dollars (344 milliards d’euros).

Entre temps, et parallèlement la Russie a pris la place de l’Arabie saoudite, en tant que plus gros fournisseur de pétrole brut pour la Chine, et les transactions s’effectuent désormais en yuan. On note également un bon nombre d’investissements communs dans des projets de haute technologie dans le civil et le militaire, ainsi que une coopération militaire dans des zones toujours plus éloignées des territoires nationaux respectifs de ces deux pays.

Je crois qu’il est utile de considérer ce partenariat sous l’angle de la relation franco-allemande, qui a dirigé la création et le développement de ce qui est aujourd’hui l’Union européenne et à laquelle il ressemble. Depuis le tout début l’Allemagne était économiquement le partenaire le plus fort face à la France dont l’économie passait par une stagnation relative. En fait on aurait même pu se demander pourquoi ces deux pays restaient dans ce partenariat sur un pied d’égalité symbolique.

La réponse n’est pas difficile à trouver : chargée de son fardeau historique de l’époque nazie, l’Allemagne était et reste encore aujourd’hui, dans l’incapacité de prendre des responsabilité pour l’Union européenne en son nom propre. Les Français ont servi d’écran de fumée au pouvoir allemand. Depuis les années 90, ce rôle est largement passé aux mains des organismes centraux de l’Union Européenne qui siègent à Bruxelles, où les responsables clés des prises de décisions sont en fait nommés par Berlin. La France reste pourtant un assistant important dans ce processus conduit par l’Allemagne.

Le tandem Russo-Chinois

On pourrait en dire autant du tandem russo-chinois. La Russie est essentielle à la Chine de par sa longue expérience en matière de gestion des relations internationales, qui remonte à la guerre froide, et de par sa volonté et sa capacité à faire face directement à la puissance hégémonique américaine, alors que la Chine, qui dépend lourdement de vastes exportations américaines, ne peut se permettent de mettre en danger ses intérêts vitaux. De plus, dans la mesure où les élites occidentales considèrent la Chine comme un défi long terme à leur suprématie, il est préférable pour la Chine d’exercer son influence au travers d’une autre puissance, aujourd’hui, la Russie.

Bien sûr, à la lumière des tracas européens du Brexit et de l’abandon du leadership mondial par Trump, la Chine sortira très certainement de l’ombre et cherchera à prendre les rennes de la gouvernance mondiale. Mais ce serait problématique ; le pays est confronté à des défis intérieurs majeurs, comme la transition d’une économie très dépendante des exportations vers une économie qui s’appuie sur une consommation nationale. Cet aspect retiendra l’attention de ses dirigeants politiques pendant un moment encore.

Kissinger, qui a été un conseiller de Trump, lui a murmuré à l’oreille l’importance de séparer la Russie de la Chine, mais sa connaissance limitée et ancienne de la Russie l’on amené à sous-estimer les motivations puissantes derrière la relation russo-chinoise. Les experts états-uniens moins doués et moins informés se trouvent d’autant plus désemparés.

Premièrement, au vue de l’hostilité soutenue à l’égard de la Russie, de la part de l’occident en général et de Washington en particulier, il est inconcevable que Poutine puisse se détourner de Pékin par quelques gestes aguicheurs de la part de l’administration Trump, quand bien même Trump serait capable de le faire politiquement. L’un des traits de caractère remarquable de Poutine est sa loyauté envers ses amis et envers ses principes par rapport aux intérêts de son pays.

Comme l’a révélé Poutine lors de son allocution et de la session de questions-réponses à la réunion du club Valdai la semaine passée, il éprouve maintenant une profonde méfiance envers l’occident, à cause de la manière dont ses dirigeants ont tiré parti des faiblesses de la Russie dans les années 90, de l’élargissement de l’OTAN jusqu’aux frontières russes ainsi que d’autres menaces. Quels que soient les espoirs que Poutine ait pu avoir de relations plus chaleureuses avec l’Occident, ces espoirs ont été déçus au cours des dernières années.

Mises à part les personnalités, la politique étrangère de la Russie a une habitude rare dans le reste du monde : d’abord d’agir et seulement après de s’occuper de diplomatie. Les relations politiques de la Russie avec la Chine sont le résultats d’investissements mutuels massifs qui ont pris des années à mettre en place et en œuvre.

De la même manière, la Russie s’engage avec le Japon dans la voie d’un traité de paix formel en mettant d’abord en place des projets massifs de commerce et d’investissement. Il est tout à fait prévisible que la première étape du traité soit le début de la construction en 2018 d’un pont ferroviaire en Extrême-Orient reliant l’île russe de Sakhaline au continent. L’entrepreneur général et l’équipe d’ingénierie sont également en place : Arkady Rotenberg et son groupe SGM Group. Ce pont est la condition préalable à la signature par le Japon et la Russie d’un accord de 50 milliards de dollars pour la construction d’un pont ferroviaire reliant Sakhaline à Hokkaido. Ce pont attirera l’attention de toute la région sur la coopération russo-japonaise. Il pourrait être la base d’un traité de paix durable et non pas simplement un morceau de papier qui résoudrait le différend territorial sur les îles Kuriles.

Des occasions manquées

À la lumière de ces réalités, il est puéril de parler de détacher la Russie de la Chine par la promesse de relations normalisées avec l’Occident. L’occasion de le faire s’est présentée dans les années 1990, lorsque le président Boris Eltsine et son « Monsieur Oui », Le ministre des Affaires étrangères Andreï Kozyrev, a fait tout ce qui était en son pouvoir pour obtenir l’accord des États-Unis sur l’adhésion de la Russie à l’OTAN, immédiatement après l’adhésion de la Pologne. En vain.

Au début de la présidence de Poutine, les Russes ont fait un effort déterminé pour obtenir l’adhésion à l’alliance occidentale. Encore une fois, en vain. La Russie a été exclue, et des mesures ont été prises pour la contenir, pour la cantonner comme une puissance régionale européenne parmi d’autres.

Enfin, après la confrontation avec les États-Unis et l’Europe sur leur soutien au coup d’État de 2014 en Ukraine, suivie par l’annexion/fusion russe de la Crimée et le soutien russe à l’insurrection dans la région de Donbas en Ukraine, la Russie a été ouvertement considérée comme l’ennemi. Elle a dû mobiliser toutes ses amitiés à l’échelle internationale pour rester crédible. Aucun État n’ a été plus utile à cet égard que la Chine. De tels moments ne seront ni oubliés ni trahis.

Le Kremlin comprend très bien que l’Occident n’a rien de concret à offrir à la Russie aussi longtemps que les élites états-uniennes insisteront, coûte que coûte, sur le maintien de leur hégémonie mondiale. Seules des consultations en vue de modifier l’architecture sécuritaire de l’Europe, avec un souci de sortir la Russie de son isolement, pourraient retenir l’attention du Kremlin. C’est la proposition que fit le président russe Dmitry Medvedev en 2010, mais qui ne rencontra qu’un silence de plomb à l’Ouest. L’entrée de la Russie impliquerait qu’on lui accorde une influence proportionnelle à son poids militaire, une chose à laquelle l’OTAN s’est opposé bec et ongles jusqu’à aujourd’hui.

C’est pour cette raison, l’incapacité de trouver des solutions pour résoudre cette question importante de la place de la Russie au sein de la sécurité mondiale, que, sous Barack Obama, l’initiative de remettre les compteurs à zéro a échoué. C’est pour cette raison que le conseil de Kissinger à Donald Trump, au début de la présidence de ce dernier, d’offrir un allègement des sanctions en échange d’un progrès sur le désarmement, au lieu de mettre en place les accords de Minsk concernant la crise en Ukraine, a échoué, avec le « niet » ferme Vladimir Poutine.

L’acceptation, par la Russie, qu’il existe une position anti-russe en Ukraine et de l’autorité de cette dernière sur les régions a fort peuplement russe du Donbas et de la Crimée, concessions qui, pour Poutine, seraient dévastatrices politiquement à l’intérieur de la Russie, est implicite dans les quelques « carottes » que les États-Unis ont tendu au Kremlin. Pourtant, cette « normalisation » ne toucherait pas à la sanction certes bien plus douce mais néanmoins désagréable des sanctions relatives aux droits de l’homme que les États-Unis ont imposé en 2012 par le biais de la loi Magnitski (Magnitsky Act), une loi motivée par ce que le Kremlin considère comme une fausse propagande autour de l’affaire criminelle et du décès du comptable Sergei Magnitski.

Le coup de la loi Magnitski consistait à discréditer la Russie et à préparer le terrain pour en faire un État paria. Elle a été mise en place au milieu d’une campagne déjà avancée de diabolisation du président russe dans les médias américains. En fait, il faudrait revenir en arrière, avant l’invasion de l’Irak par Georges Bush, dénoncée par la Russie aux côtés de l’Allemagne et de la France – ces dernières avaient été réprimandées par Washington – pour trouver ne serait-ce qu’un semblant de relations bilatérales entre les deux pays. Pour la Russie, ce fut le début d’une période de règlement de compte pour son manque de coopération avec la domination mondiale états-unienne.

La diabolisation de la Russie

Quant aux relations entre l’Union européenne et la Russie, le problème est très similaire. Pour trouver la mention d’une relation stratégique, du point de vue du ministre des Affaires étrangères allemand, il faut se replacer avant 2012. Et qu’est-ce qui constituait la normalité alors ? A l’époque, le renouvellement des accords de coopération entre l’U.E. et la Russie, était déjà bloqué depuis des années, officiellement à cause d’une différence de points de vue relative aux dispositions d’une loi européenne qui réglait l’acheminement du gaz dans des gazoducs appartenant à la Russie. Derrière ce différend, se cachait le rejet absolu, de la part des « tats Baltes et de la Pologne, de tout ce qui pourrait ressembler à des relations normales avec la Russie, rejet pour lequel ils reçurent tout le soutien des Etats-Unis.

Le cri de ralliement consistait à mettre un terme au statut de la Russie de « fournisseur en monopole » de l’U.E., concernant le gaz, mais aussi le pétrole. Bien entendu, il n’existait aucun monopole, pas plus qu’il n’en existe aujourd’hui, mais des acteurs géopolitiques déterminés ne laissent jamais ce genre de détail se mettre en travers de l’élaboration des politiques.

Cette hostilité a aussi joué dans le rapport de force entre l’U.E. et la Russie lors de l’introduction d’un régime d’exemption de visa pour leurs citoyens respectifs. Ici, l’opposition de l’Allemagne d’Angela Merkel, motivée par la manière mesquine dont la chancelière qualifia la Russie d’État mafieux, condamna à l’échec le régime d’exemption de visa, et par là même la normalité des relations.

Toutes ces questions doivent être considérées et résolues, pour qu’il y ait ne serait-ce qu’une possibilité de mettre un terme à l’hostilité des États-Unis et de l’U.E. envers la Russie et pour rétablir la confiance du Kremlin à l’égard de l’Ouest. Quand bien même, la Russie ne renoncerait pas, pour autant, à sa précieuse relation avec la Chine.

Selon moi, l’alliance « de fait » entre la Russie et la Chine est le pendant de l’alliance « de droit » entre les États-Unis et l’Europe de l’ouest. Au bout du compte, ces alliances découpent le monde en deux camps. Nous avons maintenant un monde bipolaire, qui ressemble en gros à celui de la guerre froide, bien qu’il soit encore à un stade de mise en place, vu que de nombreux pays n’ont pas encore vraiment choisi leur camp.

Bien sûr, il existait aussi des États plus ou moins neutres pendant la guerre froide, qui créèrent ce que l’on a appelé les pays non-alignés, avec, à l’époque, l’Inde et la Yougoslavie comme chefs de file. La Yougoslavie n’existe plus, mais l’Inde a perpétué sa tradition de se laisser courtiser par les deux côtés, en essayant de tirer le meilleur avantage pour elle-même.

Bien entendu, un grand nombre de politologues aux États-Unis, en Europe ainsi qu’en Russie, insistent sur le fait que nous avons déjà un monde multipolaire, en expliquant que le pouvoir est trop diffus dans le monde aujourd’hui, en particulier si l’on considère la montée d’acteurs non-gouvernementaux après 1991. En réalité, peu d’États ou d’entités non-étatiques peuvent projeter leur pouvoir au delà de leur propre région. Seuls les deux grands blocs ont cette capacité.

Les théoriciens de la multi-polarité parlent d’un retour vers l’équilibre des pouvoirs qui existait au XIXe siècle et invoquent le Congrès de Vienne comme modèle possible pour la gouvernance mondiale d’aujourd’hui. Une vision que Kissinger exposa en 1994 dans son livre Diplomatie.

En Russie, ce concept a trouvé un appui dans certains groupes de réflexion influents et est notamment associé à Sergei Karaganov, chef du Conseil de la politique étrangère et de défense. Néanmoins, je maintiens que c’est la réalité quotidienne du pouvoir qui tranchera cette question. Et y a-t-il quelque chose d’intrinsèquement erroné dans ce monde bipolaire de facto, en supposant que les tensions puissent être maîtrisées et qu’une guerre majeure puisse être évitée ?

Selon moi, deux grands blocs sont plus susceptibles de maintenir l’ordre mondial parce que la portée des activités de leurs délégués peut être contenue – comme cela s’est souvent produit pendant la guerre froide – par les grandes puissances qui ne veulent pas que leurs différents commanditaires perturbent le bon fonctionnement de l’ordre mondial. Les petits acteurs sont ainsi moins susceptibles de mener la danse.

En outre, en ce qui concerne le partenariat ou l’alliance stratégique entre la Russie et la Chine, les observateurs occidentaux devraient se rassurer et ne pas s’alarmer. L’ascension de la Chine est une réalité, quelle que soit la constellation des grandes puissances. La coopération étroite entre la Russie et la Chine peut également servir d’influence modératrice sur la Chine, compte tenu de la plus grande expérience de la Russie en matière de leadership mondial.

Pour toutes les raisons positives et négatives susmentionnées, les relations entre la Russie et la Chine devront être considérées avec sérénité dans les capitales occidentales.

Gilbert Doctorow est un analyste politique indépendant basé à Bruxelles

Source : Gilbert Doctorow, Consortium News, 23-10-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

8 réponses à Russie-Chine : un tandem qui change le monde, par Gilbert Doctorow    Pour lire les 8 réponses , cliquez sur le lien :

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