Que s’est-il passé finalement à Lougansk ?

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27 novembre
13:11

Que s’est-il passé finalement à Lougansk ?

L’ampleur de l’opération anti-terroriste qui a été menée à Lougansk et a conduit au changement de pouvoir dans la jeune république est révélatrice de la fragilité de la situation et de la diversité des armes utilisées dans ce conflit. Médiatique, militaire, politique. Sanglante et de persuasion. Cette guerre est multiforme, à la fois traditionnelle et post-moderne. Que s’est-il passé à LNR?

Le 21 novembre, après l’annonce de la mise à pied du ministre de l’intérieur, I. Kornet, par le dirigeant de la LNR, I. Plotnitsky, des hommes en camouflage sans signe distinctifs et certains avec un bandeau blanc au bras apparaissent dans la ville, en même temps que des véhicules militaires. Pour autant, la vie continue à se dérouler (presque) normalement, les magasins sont ouverts, les gens vaquent à leurs occupations.

 

 

Les bâtiments administratifs sont principalement visés. Surtout celui de la Procuratura générale (le parquet).

Que se passe-t-il alors?

Le ministre de l’intérieur démis de ses fonctions, I. Kornet, non seulement continue à exercer ses fonctions, fort du soutien de ses hommes, mais il lance une opération anti-terroriste contre des personnalités importantes de l’entourage du dirigeant de la république, I. Plotnitsky. Celui-ci finit par lancer un mandat contre, notamment, le procureur général de la république et d’autres personnes haut placées déclarées agents d’influence de l’Ukraine.

La scène qui aurait pu faire tout basculer se déroule autour du bâtiment de la Procuratura (le Parquet). Sachant qu’il est sur le point de se faire arrêter, le Procureur général donne l’ordre à ses hommes de prendre les armes et de défendre le bâtiment jusqu’à la dernière munition contre ce qui est une « provocation ». Finalement, les hommes ne tirent pas, apprennent qu’il s’agit, en face, de représentants du ministère de l’Intérieur, ils déposent les armes. Un bain de sang a été évité.

Pendant ce temps-là, l’opération coup de filet continue. Une dizaine de personne sont concernées, qui sont accusées de représenter les intérêts ukrainiens et d’avoir infiltré les plus hauts cercles du pouvoir de la république, prenant sous leur coupe le dirigeant de la république, I. Plotnitsky.

Le 23 novembre, I. Plotnitsky se rend à Moscou et le 24 il démissionne, pour raison « de santé ». A sa place est élu par le Conseil de la république, à titre temporaire jusqu’aux élections, Léonid Pacetchnik, ancien ministre de la Sécurité nationale. Un homme fort qui a immédiatement déclaré tout faire pour ne pas permettre à une crise institutionnelle d’entraîner LNR dans le chaos. Il a également fait deux déclarations générales: à la fois, L. Pacetchnik confirme l’attachement de LNR aux accords de Minsk et, en même temps, la poursuite du cours d’indépendance par rapport à l’Ukraine choisi par la population lors du référendum de 2014.

L’opération ukrainienne de déstabilisation de LNR a échoué. Ce qui oblige à tirer quelques conclusions, plus générales.

Cette action s’inscrit dans un schéma beaucoup plus général, celui d’une guerre multiforme menée dans le Donbass, par (l’intermédiaire) de l’Ukraine. Si les attaques militaires placent ce conflit dans la perspective d’une guerre classique, les attaques de mortiers n’ont toujours pas cessées (350 en 24h le 25 novembre), l’on ne peut la résummer à cela. Une véritable opération est lancée contre les populations frontalières, pour les « rallier » à la cause, ce qui n’est pas évident.

Les fausses annonces ont afflué ces derniers jours, les sites officiels des jeunes républiques piratés plusieurs fois. Certains annoçaient que DNR avait pris par la force LNR et que les cadavres jonchaient les rues. D’autres lançaient des informations erronées sur l’identité des personnes arrêtées. Le but évident: déstabiliser la population. Par ailleurs, L. Pacetchnik dément l’arrestation de Plotnitsky et remercie Zakhartchenko, le dirigeant de DNR, pour l’aide apportée.

Aux alentours des républiques, la résistance sourde existe réellement. Objectivement, les gens de la zone ATO estiment moins bien vivre sous Kiev. Par exemple, les habitants de Adveevka sont sortis manifester pour demander la restauration des contacts avec Donetsk, car depuis le blocus, ils n’ont plus accès aux médecins et ne peuvent plus se soigner normalement.

Pour éviter que la situation ne dérape, cette fois-ci dans l’autre sens, et puisque que Kiev est absolument incapable d’assumer les conséquences de sa politique suicidaire, les Etats Unis lancent un programme à la fois  pour soutenir l’agriculture dans les zones du Donbass sous contrôle de Kiev, et une opération de films de propagande « pour contrer la propagande russe ». Il faut faire comprendre aux populations de l’ATO la chance qu’ils ont de ne pas être inclues dans DNR LNR.

Face à cela, les deux républiques indépendantistes doivent se renforcer. Pas seulement militairement, mais surtout politiquement et institutionnellement. La manière la plus simple est celle de la réunion sous une personnalité juridique unique. Cette perspective fait peur à Kiev, car unies elles seraient beaucoup plus fortes, justement politiquement, ce qui aurait un impact certain sur ces mythiques « accords de Minsk ».

Karine Bechet-Golovko

Source

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http://nrt24.ru/fr/news/que-sest-il-passe-finalement-lougansk

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