Syrie – Le feu d’artifice du mensonge pour achever 2017 en beauté !

Syrie – Le feu d’artifice du mensonge pour achever 2017 en beauté !

 119

 8  11

 139

Maintenant que DAECH, ce groupe de mercenaires djihadistes terroristes, au service des Etats-Unis, a été mis à genoux par L’Armée Gouvernementale Syrienne aidée de l’aviation russe, une nouvelle année s’annonce pour la Syrie et les Syriens, qui vont pouvoir enterrer dignement les plus de 500.000 morts, bilan macabre de cette guerre menée « illégalement » par l’Occident, entre mars 2011 et décembre 2017 ! Les 6 années de guerre qui viennent de passer, ont été menées dans l’objectif de réduire à néant ce peuple insoumis et son Etat non aligné sur la dictature étasunienne, suivant son plan PNAC, comme une consigne venue du « Ciel ». Le pays est une ruine absolue, un désastre et un désert. Tout doit être reconstruit.

Des millions de Syriens doivent revenir peu à peu dans leurs villes devenues décombres.

Est-il encore nécessaire de rappeler que ce n’est pas la Syrie qui a agressé la Syrie ?! Il paraît que des gens « sincères », pensent encore aujourd’hui que Bachar Al Assad serait le responsable de la ruine absolue de son propre pays, réduit par lui en cendres!

Ce massacre, ce malheur, ces ruines et ces crimes ont été commis par la seule volonté des Etats-Unis, l’OTAN et Israël, Angleterre, France, Turquie, communauté Européenne, dictatures obscurantistes du Golfe Persique et la bande de leurs mercenaires djihadistes.

Ce n’est pas le Gouvernement de Bachar Al-Assad qui a été responsable de la faim, des épidémies et de la misère en Syrie, mais les sanctions injustes, cruelles, odieuses, criminelles de l’Occident contre ce pays.

En 2011, la belle « Union Européenne », imbue de sa conscience morale, à hauteur de braguette, a décrété arbitrairement des sanctions économiques contre la Syrie, en les présentant comme des «sanctions visant des personnalités du régime» ! Quelle plaisanterie de mauvais goût et une injure faite à la raison en présentant un tel mensonge comme une « vérité » quasi « vertueuse ». En réalité, Bruxelles a décrété un embargo pétrolier contre tout le pays, un blocus de toutes les transactions financières, une interdiction du commerce pour un très grand nombre de marchandises. Autrement dit, les avoirs de la Syrie à l’étranger ont été purement et simplement gelés et les importations de la Syrie interdites. Ces mesures sont d’ailleurs toujours en vigueur. Pourquoi ? Pour quelles raisons ? Qui a décidé de mettre à genoux la Syrie et les Syriens ? Qu’ont-ils donc fait de si mal ces pauvres gens ? Qui sont les parfaits salauds qui ont décidé arbitrairement ce crime contre l’humanité ? Il faudra qu’un Tribunal s’en occupe désormais !

En 2017, le Gouvernement syrien s’est adressé au Conseil de sécurité des Nations unies en appelant à engager la responsabilité des USA qui «commettent des crimes prémédités contre la population civile, détruisent hôpitaux, écoles, ponts et barrages, ce qui s’ajoute aux crimes des organisations terroristes».

Au fil des enquêtes et de la vérification des faits revisités, par des journalistes d’investigation, accomplissant courageusement leur métier, il a très vite été évident que bien des nouvelles diffusées à longueur de discours par des politiciens et les « médias officiels », étaient radicalement fausses. Cette poudre aux yeux couvrait une trahison des élites: non seulement ces groupes terroristes bénéficiaient et bénéficient encore aujourd’hui du soutien militaire US sur le terrain, tout comme celui de la France, mais des compagnies entières de ces soi-disant «révolutionnaires» étaient directement entraînées sur le territoire même des Etats-Unis : la base militaire de Tampa, en Floride, où des centaines de chefs terroristes opérant en Syrie ont été formés et encadrés par les experts de l’US Special Operations Command (l’USSOCOM). Puis en Jordanie : au King Adbullah II Special Operations Training Center (KASOTC), créé en 2009 à Yajooz, aux portes d’Amman, centre militaire étasunien. La CIA y travaille toujours en collaboration étroite avec les services secrets jordaniens (General Intelligence Department – GID). Là, la CIA recevait des groupes de l’ASL pour les former à répandre la terreur en Syrie. Tout cela est démontré, prouvé, par des enquêtes rigoureuses qui ont été publiées en dehors des circuits « officiels » occidentaux, les élites occidentales s’étant unanimement coalisées contre la Syrie pour la détruire !

Les chefs-d’œuvre du mensonge se sont surpassés durant toute cette guerre menée par l’Occident contre la Syrie : ce fut un véritable feu d’artifice du mensonge !

1 – L’Observatoire syrien. Tout le monde a entendu parler de ce fameux « Observatoire syrien pour les droits de l’homme » dans lequel, quelques personnes, dont un certain Ali Suleiman alias Rami Abdel Rahmane, se trouvait en réalité en Angleterre, soutenu par le MI6, et qui prétendait donner la vérité sur ce qui se passait en Syrie, depuis un bureau à Londres, le tout étant chaque fois, bien entendu, repris complaisamment par l’AFP ou Reuters ! Les gens sincères qui ont gobé cette manipulation ont carrément été traités comme des crétins pendant des années…

2 – Avec les « casques blancs », même sorte de manipulations à répétitions, eux qui étaient les véritables soldats de la propagande mensongère, directement déployés sur le terrain pour répandre les fausses rumeurs, comme les attaques au SARIN contre la population civile, par les forces Gouvernementales. Tout était perverti, mensonger, un type de guerre détestable, menée par l’Occident « Axe du bien » luttant contre un pays de « l’Axe du Mal » parce que insoumis!

3 – Le mensonge des medias. Le journaliste d’investigation, Jean-Loup Izambert, disait dans une interview :

« Je travaille avec des faits, je vais les chercher sur « le terrain », les vérifie et les fais connaître. J’ai vu des journalistes professionnels, présenter ces bandes de tueurs comme des « révolutionnaires ». Pourquoi ? Parce qu’ils méconnaissaient l’histoire de la République syrienne, des Frères musulmans et de ces groupes djihadistes et parce qu’ils s’étaient faits manipuler à la frontière turco-syrienne. Résultat : les films qu’ils ont réalisés comportaient des témoignages partiaux, de nombreuses contre-vérités et ont ainsi alimenté les campagnes de propagande médiatique contre la Syrie. Ils ont été abusés, sans même s’en rendre compte et pour une raison simple : ils s’y sont rendus en croyant a priori, (de bonne foi), au discours officiel des politiciens et de certains intermédiaires sans imaginer un seul instant que la réalité des faits pouvait être bien différente et, surtout, travestie à ce point… » (Le Saker francophone du 20 septembre 2017)

Les publications de ce journaliste français sont extrêmement riches en noms, en détails opérationnels, en descriptions de réseaux. Pour ceux qui ne connaissent pas encore la réalité de ce qui s’est passé en Syrie et de ce qui se passe toujours actuellement dans l’ombre, je leur conseille d’aller courageusement s’informer auprès de ceux qui, comme lui, ont assuré réellement un travail d’enquête journalistique digne de ce nom.

4 – L’État terroriste. Énoncer simplement, dans les médias de masse, quelques détails de ces publications objectives et courageuses, suffirait à ébranler l’État français, qui a joué un rôle criminel important en Syrie et on peut comprendre pourquoi l’accès à ces médias « officiels » ait été verrouillé à ce point.

« Dirigeants politiques et hauts fonctionnaires à la tête de l’État français, ils soutiennent des criminels et des terroristes. Hier ils ont protégé certains d’entre eux des recherches d’Interpol, aujourd’hui ils en soutiennent d’autres pour renverser le Gouvernement syrien ». (« 56 » IS Edition, J.L.Izambert, 30 septembre 2015)

Cet auteur a démontré comment notre État français cultivait des « souches islamistes » pour les inoculer au Moyen-Orient, afin de déstabiliser les pays du monde arabe qui refusaient leur alignement sur « l’atlantisme », fièrement revendiqué par certaines élites parisiennes. La France a protégé et soutenu des organisations criminelles. Il est renversant d’apprendre que des camps d’entraînement terroriste avait déjà été organisés sur le sol français par les collaborateurs des nazis avec « les Frères musulmans », pour lutter contre les partisans en Yougoslavie! Le terrorisme est toujours un terrorisme d’Etat. L’Etat français est un Etat terroriste qui a déjà une tradition de pratique terroriste ! L’Etat français avec ses maîtres atlantistes ont instrumentalisé des groupes terroristes pour détruire les États qui s’opposaient au pillage de leurs richesses. C’est un fait indiscutable, historique, avéré.

La collaboration avec le terrorisme n’est pas une relation d’un soir et « de quelques politiciens véreux avec quelques criminels pour favoriser des intérêts particuliers. C’est le développement de relations suivies, sur le long terme, entre des dirigeants politiques français, tous liés au milieu atlantiste, avec des organisations criminelles terroristes. »

Le terrorisme est, en effet, un outil du système politique pour s’assurer une survie alors que son implosion approche à grands pas.

Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères du Gouvernement Philippe, s’est rendu à Barcelone, au mois d’août 2017, pour s’apitoyer sur les victimes des attentats et appeler à « lutter contre le terrorisme », alors qu’il est un des principaux organisateurs français actuels du terrorisme! C’est lui qui, sur ordre du président Hollande, a géré des livraisons de matériel militaire et d’armes, dans la plus complète illégalité, en bafouant notamment le Traité international sur le commerce des armes (TCA) et la Position commune européenne, au profit de groupes terroristes en Syrie! Ces groupes qu’il a soutenus, encadrés, appuyés, armés, entraînés, étaient de la même idéologie salafiste que les auteurs des attentats de Barcelone !

5 – L’apothéose du mensonge. Le ministre des Affaires étrangères, Le Drian, n’a pas hésité à inverser les rôles dans une déclaration, niant l’engagement important des forces de sécurité syriennes dans la lutte antiterroriste. En janvier 2013, un ancien officier de la DGSE, de retour du Liban, indiquait que l’un de ces groupes terroristes avait prévu de sévir en France avec des armes chimiques. C’était «grâce à la coopération avec la Syrie que ces attentats avaient été déjoués, en 2008. » Or, ce plan terroriste, qui aurait fait des milliers de morts dans le métro de Paris, a échoué grâce aux services syriens du renseignement. C’est le colonel Makhlouf, qui avait arrêté un groupe de terroristes créé par les USA et encore appelés Al-Qaïda à cette époque là, armé d’armes chimiques fournies par leurs créateurs. » (nos alliés !)

Ce sont des individus issus de ces groupes qui reviennent aujourd’hui en Europe chez leurs « employeurs » après avoir été battus militairement. Ces quelques éléments ne sont pas de la contre-propagande mais des faits bruts, historiques, vérifiables et vérifiés qui contredisent le discours, de propagande tenu par des dirigeants occidentaux, notamment étasuniens, anglais et français. Ce soutien massif aux groupes criminels pour agresser la République syrienne par proxy n’aurait pu être possible sans l’anesthésie de l’opinion publique occidentale par le mensonge de grande envergure.

Il est important de signaler que de plus en plus de fonctionnaires de la police, parfois très proches du pouvoir politique, sont en désaccord complet avec les décisions de leurs hiérarchies. Nous ne pouvons que saluer cette subversion qui annonce la fin d’un monde politique pollué par les obsessions financières et le profit.

6 – La loi du profit avant tout. L’instrumentalisation du terrorisme, par les dirigeants français comme par leurs maîtres étasuniens, a été inspirée par l’obsession du profit.

Ce jeu pervers profite à qui exactement ? Aux grands propriétaires privés de la finance et de l’économie. Les politiques élus à la tête de l’État sont pratiquement tous issus des mêmes écoles dans lesquelles ils ont été formatés pour assurer la continuité du système. (Cf., Hervé Sérieyx « Alerte sur notre contrat social », Editions Eyrolles ; « Le nouveau capitalisme criminel », paru aux éditions Odile Jacob, Jean-François Gayraud).

Ce dernier auteur, haut fonctionnaire de la police nationale, décrit une hybridation entre les cercles financiers et l’appareil d’État :

« Il s’agit, analyse-t-il, d’un capitalisme de connivence, aux pratiques quasi mafieuses, régi par une supra-classe qui s’accommode parfaitement d’une  démocratie  de  basse  intensité : votez pour qui vous voudrez, cela est indifférent, puisqu’au final, c’est le marché et non le Parlement qui décide. L’aristocratie financière aux commandes est servie à la fois par une classe politique aux ordres, constituée de débiteurs, et par un nouveau clergé, non plus catholique, mais médiatique, disant le bien et le mal et lui conférant sa légitimité. »

Dans ce système économique qui ne repose que sur le « profit » par la caste mondiale des « profiteurs d’en haut », ces derniers se livrent entre eux à des guerres acharnées afin de se disputer la plus belle part du « gâteau » pour lequel ils sont en concurrence. Et pendant ce temps, ce sont les peuples qui font les frais de ces guerres d’une horrible cruauté …

Il faut aussi indiquer que les dirigeants étasuniens ont organisé ce désordre par l’agression de la Syrie, à cause de sa hantise de voir l’Europe occidentale et centrale développer leurs liens naturels, géographiques, historiques, culturels, politiques, et surtout économiques, avec la première puissance en devenir de  notre continent qu’est la Fédération de Russie. Il se trouve, ironie du sort, que c’est aujourd’hui grâce à la Russie que l’armée des mercenaires djihadistes des Etats-Unis est en déroute !

7 – Les criminels de guerre. Derrière les responsables politiques de la « coalition occidentale », le président Hollande, les Premiers ministres Jean-Marc Ayrault, Emmanuel Valls et Bernard Cazeneuve, Laurent Fabius, pour la France, sont hautement coupables de crimes contre l’humanité en Syrie. Des interventions répétées auprès de magistrats français comme le juge Alain Marsaud, d’avocats, mais également de représentations diplomatiques par la République arabe syrienne, l’Égypte, la Fédération de Russie, par des organisations comme le ministère de l’Intérieur de la République arabe syrienne, Interpol ou l’Union Africaine, resteront sans suite. Le peuple Français qui a élu ces dirigeants ne leur a jamais donné mandat pour faire ces guerres illégales et n’a jamais été consulté pour ces aventures qui engagent le pays avec les conséquences tragiques qui en résultent. Leurs auteurs devraient donc être jugés par une juridiction correctionnelle. Ces gens devraient réfléchir au fait que François Hollande, Laurent Fabius, Jean-Marc Ayrault, Alain Juppé et Manuel Valls qui, avec d’autres, rêvaient, comme le Drian, de mettre la République syrienne et ses dirigeants à genoux sont, déjà politiquement morts.

8 – Où est la conscience morale de nos « démocraties » ? Le peuple syrien martyrisé par les « djihadistes » de l’Occident, a résisté pendant 6 ans à une guerre abominable. Il a manifesté par millions, contre la guerre et pour soutenir son Gouvernement, dans les rues de toutes les grandes villes de Syrie. Bien entendu, aucune de ces images ne sont jamais parvenues sur nos écrans de télévision au service de la propagande mensongère ! Si le peuple syrien n’avait pas connu la crapulerie infâme de l’Occident, il ne se serait pas organisé en « Comités de défenses populaires » pour résister et combattre aux côtés de son armée de conscrits et des services de sécurité qui, selon les politiciens français et les médias « officiels » à leur service, « tiraient sur le peuple !»

Qui a vu dans les médias de masse des images montrant les populations d’Alep, de Palmyre, de Mossoul, de Deir ez-Zor, accueillant son armée avec des fleurs? Qui a vu des images montrant, en pleine guerre et malgré les attentats, les menaces et les appels au boycott, le peuple syrien mobilisé pour débattre publiquement, amender et voter sa nouvelle Constitution le 27 février 2012? Qui a vu dans un pays occidental des millions de personnes descendre dans la rue pour manifester contre la guerre et pour la paix en Syrie?

Les USA comme la France, après avoir applaudi et activé la guerre, continuent actuellement de freiner le processus de paix jusqu’au sein de l’ONU…

9 – L’Occident persiste et signe pour le Mal. Le comble, malgré la débâcle des « djihadistes » occidentaux, et donc celle de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, celle-ci continue à former de nouveaux groupes armés sur le territoire syrien, affirme le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit. Réunis sous le nom de «Nouvelle armée syrienne», ceux-ci sont déployés dans l’Est du pays, où se trouve le camp de réfugiés d’Al-Hasakah, utilisé par des conseillers américains depuis six mois afin d’entraîner les mercenaires rescapés.

10.000 hommes parmi les combattants rescapés se trouvent dans des camps de réfugiés près des bases américaines à Homs et à Hassaké. Autour de ces camps de réfugiés, les Américains ont déclaré des zones d’exclusion aérienne et c’est manifestement la raison pour laquelle des «altercations» aériennes entre l’aviation russe et la coalition menée par les USA se produisent. Il est évident que le Pentagone a l’intention de s’opposer non seulement aux actions de l’Armée Gouvernementale syrienne, mais également aux unités et aux forces aériennes russes encore engagées.

La BBC avait rapporté le 13 novembre 2017, que un convoi faisant 4 miles de long avait été observé en direction de Deir ez-Zor, un bastion de l’Etat islamique situé à deux heures de route au sud-est de Raqqa.

Les partenaires de la coalition, notamment les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et bien entendu la France, ont nié en bloc l’existence d’un tel convoi malgré les images explicites fournies par le satellite russe d’observation!

Selon un responsable présent et réfugié en Turquie, un dénommé Silo, « un accord secret avait été conclu entre la coalition soutenue par l’Occident et l’État islamique pour l’évacuation de quelque 4 000 personnes de Raqqa. » Silo confirmait que le convoi est allé à Deir ez-Zor, qui à l’époque était encore sous le contrôle de l’État islamique. Selon Silo, l’accord avait été approuvé par tous les membres de la coalition soutenue par l’Occident, y compris par les États-Unis.

10 – L’arrogance des « atlantistes ». Avec ce comportement arrogant de l’Occident, on se trouve sans cesse dans le mensonge devenu la « vérité ». Les États-Unis et l’Union européenne se sont empressés de condamner les nouvelles lois russes sur les médias qui restreignent les entités étrangères. Dans le même temps, ils affirment unilatéralement le droit de pourchasser les médias russes accusés d’être des agents étrangers !

En effet, les médias russes, comme « Russia Today », ont fourni une couverture alternative efficace des grands événements internationaux tels que la guerre en Syrie et au Yémen, qui exposent les responsabilités criminelles de Washington et de ses alliés européens comme celles du Golfe Persique. En réalité, les médias russes ont montré ce qui devait rester enfoui et cela était impardonnable pour les criminels qui ne voulaient pas qu’on observe leurs crimes…

Il y a encore peu de temps, nous avons eu le droit à cette nouvelle déclaration de Jean-Yves Le Drian sur BFMTV disant que « La Russie s’était appropriée la victoire contre DAECH, alors que le rôle essentiel dans cette victoire a été joué par les forces de la ‘coalition internationale’ ! » Chef-d’œuvre d’arrogance !

Il faut avouer que là, nous assistons à la dérision spectaculaire d’un homme qui ne voit même pas le ridicule d’une telle déclaration, ou alors il faut bien admettre qu’il prend ouvertement les Français pour les derniers des idiots : ce qui n’arrange pas les choses pour cet homme!

A son tour, évoquant la déclaration récente du ministère russe de la Défense concernant la victoire imminente sur le groupe terroriste DAECH en Syrie, le Pentagone n’a pas hésité non plus à s’attribuer le mérite de ce dénouement ! Selon le porte-parole du Pentagone Eric Pahon, ce sont les opérations de la « coalition internationale », plutôt que celles des militaires syriens et de l’aviation russe qui porteront le coup final à l’organisation terroriste ! Sidérant ! On ne peut qu’en rire, tellement ce genre de chose devient une puérilité déconcertante de la part de responsables politiques ! Ce porte-parole disait :

«Le Gouvernement syrien et la Russie n’ont pas eu d’approche déterminante dans la défaite de Daech. Ils n’ont fait que réaliser quelques opérations contre les terroristes de Daech, alors que la plupart des territoires en Irak et en Syrie ont été libérés grâce aux efforts de la coalition américaine et de ses alliés».

Quel culot tout de même ! Plus c’est gros, mieux ça vaut !

Le représentant du Pentagone a ajouté que les forces de la coalition poursuivraient leur campagne en Syrie pour «mener à terme la défaite de DAECH et pour stabiliser les territoires libérés». Traduction : « nous avons bien l’intention de rester en Syrie et de poursuivre notre objectif de renverser Bachar Al Assad pour mettre à sa place un pantin à nos ordres ! »

L’aviation russe est entrée en action en septembre 2015. Elle a effectué plus de 28.000 vols opérationnels et procédé à 90.000 frappes aériennes. Sans les Russes, les forces gouvernementales n’auraient pas pu rétablir leur contrôle sur les champs pétroliers et gaziers de Jisel, Chaer, Hayan, Magara d’Araq, ni reconquérir les 95% du territoire Syrien.

Or, la coalition de 15 pays menée par les USA, a commencé son opération en Syrie en septembre 2014, avec pour objectif d’y combattre DAECH. Dès le début des opérations de la « coalition » en Syrie, la situation s’est tout de suite aggravée: les terroristes ont pris le contrôle d’au moins 70% du territoire du pays et repoussé l’armée gouvernementale sur plusieurs axes. Comment est-ce possible? Peut-on décemment continuer à nier les chiffres et toutes les données objectives évidentes? Jusqu’où l’arrogance peut-elle aller ?

Rappelons que les forces russes sont venues en Syrie à la demande du président syrien Bachar al-Assad, tandis que les forces des USA et de la coalition agissaient sans l’aval des autorités syriennes ni de l’ONU. Damas a affirmé à de nombreuses reprises qu’il considérait légitimement la présence des forces américaines dans le pays comme une «invasion».

11 – Les USA et leurs alliés sont en Syrie pour la soumettre et la piller. La coalition américaine a effectué plusieurs frappes sélectives, parfois contre les terroristes, pour donner l’impression qu’ils combattaient DAECH, (alors que DAECH combat pour eux), mais surtout contre l’armée du Gouvernement syrien. Le Pentagone a justifié ces cas en disant que les militaires américains avaient confondu la couleur de l’uniforme ou se seraient incorrectement repérés sur le terrain, car il est vrai que les militaires américains sont des amateurs ! Les attaques des USA et de la coalition ont principalement fait des victimes parmi les civils et détruit systématiquement les villes.

On se souvient qu’en avril 2017, sur ordre personnel du Président américain Donald Trump, Washington a tiré des missiles de croisière Tomahawk contre la base aérienne syrienne de Shayrat. Cette frappe a été justifiée par la prétendue présence d’armes chimiques sur la base ! Washington continue d’accuser la Syrie d’en avoir fait usage. C’est un comble, mais peu importe, le mensonge est par nature triomphaliste et arrogant !

12 – Le Yémen.

Enfin, pour couronner de mensonge et d’infamie cette belle année 2017, il fallait que l’Occident, dont la France, soit au cœur des livraisons d’armements sophistiqués pour martyriser un autre peuple insoumis : le Yémen.

Les bombes larguées sur les enfants yéménites sont dirigées par un système de guidage électronique français. Grâce à leur rayon d’action, les F-15 saoudiens peuvent frapper le Yémen dans son intégralité. Les avions-ravitailleurs sont également français. Le blocus maritime qui affame la population yéménite prise odieusement en otage est assuré par la marine française qui y participe. L’histoire retiendra que Hollande et Macron ont été les bouchers des enfants yéménites.

En 2011, la France de Sarkozy a détruit la Libye au nom des « droits de l’homme ». En 2012 elle allait former, armer, encadrer, ravitailler les « djihadistes » du Front Al-Nosra et poursuivre sa trahison jusqu’à ce jour, au nom des intérêts économiques d’un pillage programmé. En 2017, elle allait substantiellement participer à la destruction du Yémen au nom du chiffre d’affaires. La “patrie des droits de l’homme” est devenue un tas d’ordures, par le fait de ses élites politiques vendues aux intérêts financiers.

Parce que le Yémen aurait une complicité avec Téhéran, il fallait qu’il soit martyrisé et exterminé ! C’est un crime impardonnable, que d’être ami avec l’Iran ?! Ce Yémen est donc rebelle, insoumis. Il est du côté de « l’axe du Mal ». Les Houthis et leurs alliés admirent le Hezbollah libanais, ils soutiennent la Syrie souveraine… C’est inadmissible ! Pire encore, ces Yéménites n’ont jamais marchandé leur solidarité avec le peuple palestinien : quelle horreur !

Conclusion

C’est un véritable feu d’artifice de mensonges et de malheurs infligés arbitrairement à des peuples innocents, qui explose pour célébrer en beauté la fin de cette merveilleuse année 2017, semée de crimes contre l’humanité !

Ce qui doit suivre désormais, c’est un jugement des criminels de la « coalition occidentale » par un tribunal impartial et souhaiter la chute rapide et définitive de ce monde de l’impérialisme financier qui nous a volé notre souveraineté et notre humanité…

Jean-Yves Jézéquel

Publicités

Angelina Jolie comme SecGen de l’OTAN ?

Angelina Jolie comme SecGen de l’OTAN ?

Faits et commentaires

   Forum

Il n’y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer

Angelina Jolie comme SecGen de l’OTAN ?

21 décembre 2017 – Qui eût imaginé une seconde, par exemple en 1972, un Joseph Luns, “SecGen” tonitruant de l’OTAN, écrire un article avec l’actrice Raquel Welch sur leur ambition commune d’envisager quelques “jolies petites guerres” ? Ou encore, autre exemple dans les années 1990, côte-à-côte pour les mêmes mots, dans la même colonne, sur le même thème dont on vous dévoile au moins ceci qu’il est tout le contraire de la futilité, trouver réunies les plumes de Julia Roberts et de Javier Solana ? On peut ici garantir que l’une et l’autre hypothèse constituaient non seulement une impossibilité mais une pathétique incongruité, et cela sans pour autant mettre en cause la qualité, le rang, l’intelligence, le caractère de l’un(e) ou l’autre. Simplement, l’OTAN exerçait son empire sur une matière où les actrices, c’est-à-dire les vedettes de cinéma sexy-Hollywood, n’avaient aucune place d’animatrice, d’inspiratrice, voire de directrice purement et simplement.

(On notera, pour éviter tout procès en illégalité-sacrilège de notre pensée par rapport aux normes qui nous sont imposées sous la contrainte exercée au nom de la liberté et de l’égalité, que la réciproque est vraie, – ce qui devrait mettre à l’abri de toute accusation de “racisme sexiste”, ou bien “sexisme raciste de genre”, etc. En aucune façon un Secrétaire Général de l’OTAN, fût-il aussi sexy qu’un Soltenberg, l’actuel en charge, n’a sa place dans le monde du cinéma sexy-Hollywood des actrices qui, d’une certaine façon, n’a rien à envier à l’OTAN en fait de puissance brute.)

Le 10 décembre 2017, Angelina Jolie et Jens Stoltenberg ont fait jurisprudence, par rapport à l’OTAN et aux guerres que cette respectable organisation ne cesse de soutenir, d’entretenir et éventuellement de provoquer ; jurisprudence, précisons-le, en cette matière de la communication et de la moraline néo-nietzschéenne (“l’actrice sexy est quelque chose qui doit être dépassée”, selon “la théorie de la surfemme”), et qui plus est dans les colonnes glorieuses parce qu’elles sont également celles du temple du progressisme-sociétal, du Guardian en l’occurrence. Il ne faut pas s’y tromper, “Sire, c’est une révolution”, –mais après tout, cela convient bien à cette époque dont la folie catastrophique est nécessairement révolutionnaire.

Décrivant l’ardente nécessité que l’OTAN devienne une organisation avec comme principale mission de défendre “les droits de la femme” partout où ils sont menacés, bafoués, c’est-à-dire violés pour en venir à l’essentiel, Jolie et Stoltenberg écrivent in fine que pour cette noble cause il ne faut pas hésiter à lancer une guerre, dix guerres, cent guerres, – bref, des guerres… Les quelques lignes ci-après, extraites de la proclamation en question, en donnent l’esprit.

(Bien entendu, l’on doit savoir que lorsqu’une sommité de l’OTAN est signataire, même si c’est cosigné, d’un texte où l’on parle de “la prévention et de la résolution des conflits”, cela signifie que l’OTAN est prête à partir en guerre, n’importe où, n’importe quand et de toutes les façons.)

« Nous croyons que l’OTAN a la responsabilité et l’opportunité d’être une protectrice de premier plan des droits des femmes.

» En particulier, nous pensons que l’OTAN peut devenir le leader militaire mondial en matière de prévention et de réponse à la violence sexuelle dans les conflits, en tirant parti des forces et des capacités de ses États membres et en travaillant avec ses nombreux pays partenaires.

» Au cours des prochains mois, nous travaillerons ensemble et avec d’autres pour identifier les moyens par lesquels l’OTAN peut renforcer sa contribution à la protection et à la participation des femmes dans tous les aspects de la prévention et de la résolution des conflits. »

C’est WSWS.org particulièrement qui a attiré l’attention sur cet article en y répondant avec une virulence extraordinaire, correspondant à l’engagement des trotskistes de la IVème Internationale contre les campagnes de dénonciation et autres dans le cadre de ce que nous avons désignée comme la “crise sexuelle”/le “tourbillon sexuel” déclenchée avec le scandale Weinstein. La force de cet article de WSWS.org est telle qu’il est repris le 19 décembre 2017, par le site Russia Insider qui n’est pas précisément du parti des trotskistes.

(C’est un tête-à-queue étonnant alliant ici les trotskistes purs et durs généralement classés à l’extrême-gauche et des “dissidents” des pays de l’anglosphère prorusses et antiSystème, que le Système engage volontiers à classer plutôt à droite, sinon à la droite extrême de la même façon que Poutine est dénoncé comme tyran “réac’”, sinon “facho” par les mêmes sentinelles vigilante du tribunal permanent du conformisme-BAO. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises et des phénomènes de type “strange bedfellows” [d’“étranges alliances”] avec le désordre colossal développé par le Système et bousculant tous les rangements traditionnels.)

L’article de WSW.org, du 19 décembre 2017 et d’une main du genre féminin (reprise en français de l’article originel/anglais de Julie Hyland, du 16 décembre 2017), dénonce d’abord avec fureur cet assemblage Jolie-Soltenberg, affirmant que cette façon si étrange et grotesque d’affirmer les buts de paix et de concorde de l’OTAN féminisée et très sexy-Hollywood fait un effet tel que cet article “pourrait être pris pour une satire”.

« Le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg et l’actrice Angelina Jolie ont joint leurs forces pour présenter l’alliance militaire menée par les États-Unis comme un modèle progressiste dans les politiques de genre et comme un “protecteur de premier plan” des droits des femmes. Leur article paru dans le Guardian la semaine dernière, “Pourquoi l’OTAN doit défendre les droits des femmes”, est présenté comme une mission commune visant à garantir la “promesse fondamentale de la Charte des Nations unies pour l’égalité des droits et la dignité des femmes”.

» On a peine à y croire. Écrit pour prendre la défense d’une organisation qui est la principale source de bellicisme, par son dirigeant et propagandiste en chef, dévot d’Ayn Rand et soi-disant “humanitaire”, l’article pourrait être pris pour de la satire. »

Un aspect intéressant de cet article est qu’il développe une rhétorique de très grande protestation contre l’idée que les femmes sont les principales victimes des guerres, y compris sur le plan sexuel d’ailleurs, alimentant ainsi directement dans la matière politico-stratégique opérationnelle le débat sociétal qu’implique l’intervention Jolie-Soltenberg. Ces observations rendent par contraste plus politiques encore les prétentions des auteurs Jolie-Soltenberg, et ce que l’auteur(e) de l’article WSWS.org désigne comme une « instrumentalisation du féminisme au profit de l’OTAN et de la réaction impérialiste ».

Ainsi trouvons-nous référencée une étude très intéressante affirmant que 80% des prisonniers politiques masculins dans un certain nombre de conflits principaux de ces dernières année répertoriés sont victimes de violences sexuelles et de viols. La chose est développée dans l’article d’une façon assez détaillée, dans la mesure où la défense Jolie-Soltenberg des “droits de la femme” s’appuie, selon la tactique employée par les milieux LGTBQ et les forces politiques qui les instrumentent, sur l’utilisation massive d’une victimisation non moins massive de la femme dans les conflits en général, aux dépens du constat implicite, par défaut pourrait-on dire, d’une culpabilisation à mesure, c’est-à-dire non moins importante, des hommes en général. Par conséquent, un petit détour vers les explications de WSWS.org est bienvenu…

« Un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix d’Oslo intitulé ‘Les décès lors de conflits armés ventilés par genre’ (2009), par exemple, a utilisé différents ensembles de données et a investigué de multiples conflits et périodes afin de tenter d’établir qui est plus susceptible de mourir lors d’une guerre. C’est significatif puisque cette recherche suit les efforts de l’ONU qui tente de mettre l’accent sur le genre.

» [Le rapport] cite plusieurs études, impliquant les décès lors des conflits dans plus de treize pays, incluant entre autres l’Irak, la République démocratique du Congo et le Kosovo. Bien que leurs résultats varient, toutes ont montré une prévalence des morts violentes ou des traumatismes reliés à la guerre plus importante chez les hommes. La conclusion générale selon l’Institut est “que les hommes ont plus de chance de mourir pendant le conflit, alors que les femmes meurent plus souvent de causes indirectes après la fin du conflit”.

» Dans les cas de violence sexuelle, la réalité n’est pas si unilatérale que l’affirment Stoltenberg et Jolie. Une étude, qui fait autorité, effectuée par Lara Stemple du Health and Human Rights Law Project de l’Université de Californie, intitulée “Le viol masculin et les droits de l’homme”, note que la violence sexuelle contre les hommes a été utilisée en tant qu’arme lors de conflits militaires ou politique dans de nombreux pays, où 80% des prisonniers politiques masculins dans les conflits répertoriés ont indiqué avoir subi de la torture sexuelle ou le viol.

» De manière significative, elle cite Abu Ghraïb en Irak, où des soldats américains ont forcé les détenus à se soumettre «à des actes tels que d’être empilés nus les uns sur les autres, la masturbation de groupe et du sexe simulé. Plusieurs de ces actes étaient photographiés. Certains détenus ont été sodomisés et d’autres avaient des fils électriques attachés à leurs organes génitaux.”

» Le viol et la torture sexuelle sont apparemment monnaie courante en Libye suivant l’invasion appuyée par l’OTAN, qui a vu l’ex-dirigeant Mouammar Kadhafi être sodomisé par une baïonnette avant d’être assassiné par les forces alliées à l’Occident. Stoltenberg et Jolie s’en moquent totalement. Ils ne sont pas là pour prévenir les conflits, mais cherchent plutôt un prétexte pour en créer un. Ainsi, dans une version moderne du “fardeau de l’homme blanc”, ils préconisent la lutte pour le “changement culturel” et “l’égalité des sexes” à travers le canon d’une arme à feu. 

» L’article est apparu dans le contexte d’une campagne agressive et antidémocratique sur le harcèlement sexuel ayant court à Hollywood, – un nouvel épisode de “chasse aux sorcières” aux USA.  Amérique. Comme l’a expliqué le World Socialist Web Site, le mouvement “Me Too” est la tentative d’une section aisée de la classe moyenne pour obtenir une plus grande part de privilèges et de richesse.

» Stoltenberg et Jolie tentent maintenant d’utiliser le même genre de complaisance et d’indifférence à l’égard de l’inégalité sociale au sein de cette couche sociale pour renforcer le soutien au militarisme et à la guerre. Leur appel est une instrumentalisation du féminisme au profit de l’OTAN et de la réaction impérialiste. Ceci est spécialement nécessaire alors que l’alliance impérialiste prépare des crimes encore plus importants qui menaceraient l’humanité avec une nouvelle guerre mondiale, combattue avec des armes nucléaires. »

Il est vrai que les échos que l’on reçoit de l’OTAN, qui va très prochainement s’installer dans son nouveau et colossal quartier-général à Evere (en face de l’ancien), impressionnant de puissance postmoderniste et quasi-satanique, et donc symbolique de l’installation de l’OTAN complètement dans son époque, ces échos sont clairement marqués de la popularité de la dialectique LGTBQ, des considérations affectueuses sur “la théorie des genres” et autres affaires gravissimes pour notre destin commun. La communication, surtout, est soignée à cet égard. On y pratique la “langue du genre” comme si le genre était un bois d’une genre nouveau, indestructible et d’une effarante capacité d’influence ; l’on prend garde à l’orthographe “inclusive” et tout ce genre de choses…

Dans un tel contexte, il ne serait pas déplacé de prendre les paris pour savoir de quelle nationalité sera la “successeuse” (les guillemets sauteront vite) de l’actuel et révolutionnaire Secrétaire Général dont on pourrait imaginer qu’il vient de payer son deuxième mandat du tournant audacieux qu’il effectue en compagnie d’Angelina Jolie. Dommage qu’elle soit de marque américaine, la Jolie, car elle serait tout désignée pour cela. (L’on sait que la pratique de facto a toujours conduit les USA, dans leur grande générosité, à tacitement admettre que le/la “SecGen” doit être du genre européen pour figurer un simulacre d’équilibre, puisqu’ils ont tout le reste).

Stratégie-LGBTQ

Mais la question qui se pose, qui est d’importance sans nul doute, est bien de savoir ce qui se passe exactement au cœur de l’OTAN, nous voulons dire dans l’évolution de son ontologie même. Dans ce moment de cette époque que nous vivons, dans les circonstances que nous connaissons, alors que nous commençons à prendre la mesure des déstructurations possibles sinon probables du rangement actuel du Système causées par ce que nous nommons “la crise sexuelle”/“le tourbillon sexuel”, dans le cadre de ce qu’il faut bien nommer d’une façon plus générale “la révolution sociétale”, le texte Jolie-Soltenberg peut très bien acquérir une valeur de symbole proclamatoire et d’aveu en même temps.

Le symbole proclamatoire, – on comprend dans quel sens et de quelle façon, appuyée sur le modèle LGTBQ et essentiellement sur le féminisme que certains jugent ainsi “instrumentalisés”. L’aveu, c’est plus complexe… Nous voulons dire par là qu’il y a, dans ce texte, et même si les co-auteurs n’ont pas de ces intentions-là et d’arrière-pensées trop en-dessous, une petite musique d’intrigue un poil complotiste. Nous sommes à une époque où sexy-Hollywood est devenu une place-forte de la politique de la postmodernité-tardive, où la voix et la position d’un George Clooney semblent parfois avoir plus de poids que celle d’un Rex Tillerson (l’acteur comme une sorte de secrétaire d’État à ses moments perdus, le contraire étant inimaginable). Il s’agit alors, pour bien comprendre cette (r)évolution de l’OTAN, de faire le compte des diverses positions des forces qui ont leur mot à dire pour la détermination du destin de l’OTAN, pour en arriver à répondre à la question de ce que nous nommons de l’expression très approximative de “féminisation de l’OTAN” ; la question de “la possibilité de la féminisation de l’OTAN”.

• On sait que l’OTAN est depuis l’origine la chasse gardée des USA, un outil dans la main de cette puissance. Mais aujourd’hui, de quelles mains s’agit-il alors que les USA sont secoués par les évènements de “D.C.-la-folle” ? La question est posée avec toute sa force depuis la campagne présidentielle et l’élection de Trump.

• Certes, le président c’est Donald Trump, – dans tous les cas jusqu’à nouvel ordre. Mais on sait la détestation où le tient le “parti’ progressiste-sociétal, qui est si puissant et si fortement implanté aux USA en termes d’influence et de communication, et qui, en plus de cela, n’a pas de frontières.

• L’on sait également que l’Europe n’a pas été très heureuse et ne l’est toujours pas avec ce Trump à la Maison-Blanche. L’OTAN n’a pas laissé filtrer grand’chose dans ce sens, parce qu’à l’OTAN on ne pense pas à cet égard, on exécute. Il n’empêche que notre hypothèse est tout de même que l’OTAN, au fond d’elle-même, n’a guère d’affection pour Trump, et qu’elle continue à le considérer de plus en plus comme un joueur un peu trop indécrotablement “solo”. On ne peut oublier ses foucades de la campagne électorale, ses exhortations du type-America First, ses affirmations selon lesquelles l’OTAN coûte trop cher, qu’il faut songer à la réformer extrêmement, et peut-être pire encore… En un mot, l’OTAN ne peut pas être à l’aise avec un tel président, et elle ne l’est pas.

• L’opposition sexy-Hollywood, qu’on peut même désigner plus honorablement sous son nom classique, sans nécessité du sexy, a joué un rôle important dans la campagne anti-Trump, et continue à le jouer. Mieux, le “tourbillon sexuel” à partir du scandale Weinstein, même s’il semble accuser Hollywood, en fait renforce Hollywood dès lors que se déchaîne l’offensive LGTBQ qui devient la doctrine officielle de cette forteresse postmoderne-tardive (Hollywood). Les actes et les contacts dans le domaine de la politique sont largement activés, et Soros est comme chez lui à Hollywood. Comment les acteurs et figurants politiques comme un Soltenberg, extra-américains mais complètement américanistes dans leurs psychologies corrompues et leurs privilèges courants, et qui n’aiment pas Trump, comment ne seraient-ils pas attirés par le poids politique de Hollywood qu’ils commencent à mesurer ?

Il n’est pas concevable qu’une usine à gaz de la sorte de l’OTAN, aussi vieille, coûteuse et totalement inutile, crachant partout la fumée chargée du poids de ses gaspillages et de ses inutiles planifications sans fin, brinqueballée de réforme en réforme et de stratégie en stratégie, ne soit pas envoutée par ce nouvel acteur, Hollywood et le progressisme-sociétal, venu de l’usine à rêves qu’est Hollywood. On pourrait donc se croire raisonnablement autorisés à estimer que l’OTAN va d’elle-même développer une stratégie-LGTBQ qu’aucun de ses membres ne pourrait révoquer, puisqu’il s’agit aujourd’hui de la principale force de communication du format totalitaire et de pression terroriste qui convient à l’évolution de nos mœurs. Comme on le lit dans le texte Jolie-Soltenberg, il s’agit bien de trouver de nouvelles ambitions, de nouvelles conceptions, de nouveaux objectifs opérationnels pour mener des conflits dont la cause essentielle devrait être cette stratégie-LGTBQ et les causes qu’elle intime de défendre, – si besoin par les armes (“It’s music” pour les oreilles de l’OTAN).

La péroraison de la proclamation-symbole de Jolie-Soltenberg le dit sans ambages : « … Nous préconiserons également une action plus concertée dans le monde entier. En travaillant ensemble avec les entreprises, la société civile, les gouvernements et les dirigeants politiques, les organisations internationales telles que l’OTAN peuvent aider à mettre fin à l’impunité pour la violence sexuelle dans les conflits.

» Il est honteux pour l’humanité que la violence contre les femmes, que ce soit dans des sociétés pacifiques ou en temps de guerre, ait été universellement considérée comme un crime mineur. Il y a enfin un espoir que nous puissions changer cela. Nous le devons à nous-mêmes, hommes et femmes, et aux générations futures. »

Lénine ne parlait pas différemment, in illo tempore ; et Trotski pareillement d’ailleurs, ce qui explique sans doute en partie la hargne de la IVème Internationale qui apprécie justement cette étrange entreprise comme une concurrente si peu sérieuse de ses propres ambitions. Tous ces internationalistes saisissent mieux que quiconque le danger qu’on voit poindre.

Après tout, il y a quatre bonnes années (le deuxième mandat Soltenberg) pour écarter l’obstacle qui se dresse devant la désignation d’Angelina Jolie à la fonction de “SecGen” qui lui revient, et imaginer la stratégie à cet égard. Par exemple, pourquoi ne pas la faire “citoyenne du monde”, et ainsi le second mandat de Trump serait-il, devant une telle concurrence, réduit à une peau de chagrin. Ainsi nous autres, braves adversaires de l’emprise américaniste sur l’OTAN et sur l’Europe, serions-nous délivrés de cette pression infernale et l’OTAN deviendrait-elle vraiment l’organisation multinationale postmoderne-type, par conséquent enfin prête, sans réforme nécessaire ni vote à l’unanimité de son Conseil de l’Atlantique, pour son effondrement.

L’extraordinaire confusion des perceptions, des ambitions et des actes qu’introduit le LGTBQ, – d’abord le constat, puis l’organisation dynamique surtout dans le domaine de la communication, puis la doctrine-LGTBQ et la stratégie-LGTBQ conduisant à l’offre de son opérationnalisation, – fournit un élément de désordre d’une telle puissance qu’on ne peut envisager une seconde que des secousses elles-mêmes extrêmement puissantes ne naissent pas des initiatives qu’elle suscite et suscitera de plus en plus, dont celle que nous avons examinée. Manifestement, le Système essaie toutes les formules possibles pour trouver enfin sa voie diluvienne de l’effondrement. Cette machination autour du LGTBQ vaut certainement d’être tentée.

 

http://www.dedefensa.org/article/angelina-jolie-comme-secgen-de-lotan

Extension des manifestations dans un tiers de l’Iran

Extension des manifestations dans un tiers de l’Iran

+

Les manifestations contre le chômage qui ont secoué le Korassan, le 28 décembre 2017 [1], se sont étendues le lendemain au Nord et à l’Ouest du pays.

52 personnes, accusées d’avoir scandé « Mort au dictateur ! » (c’est-à-dire au président Rohani) ont été arrêtées à Mecchad où la police avait, dans un premier temps, fraternisé avec les protestataires.

À Kermanshah (près de la frontière iraquienne), de nouveaux slogans sont apparus : « Le Peuple mendie, le clergé agit comme Dieu », « Liberté pour les prisonniers politiques » et « La liberté ou la mort ».

Le vice-président Eshaq Jahangiri (photo) a accusé les « conservateurs » (c’est-à-dire les partisans de la Révolution anti-impérialiste de l’imam Khomeiny) d’organiser ce mouvement en sous-main. M. Jahangiri était lui-même un des organisateurs de la révolution colorée pro-US de 2009, durant laquelle il était membre de l’équipe de campagne de Mir-Hossein Mousavi. Il s’était présenté à l’élection présidentielle de 2017 avant de se retirer au profit de cheikh Hassan Rohani.

La purge du gouvernement d’Arabie Saoudite – et comment la corruption de Washington l’a rendue possible, par Ryan Grim

Source : The Intercept, Ryan Grim, 05-11-2017

L’arrestation massive des hommes d’affaires importants, de personnalités des médias et de membres de la famille royale saoudienne de haut rang a ébranlé le monde des affaires mondial. Parmi 10 autres princes et 38 autres personnes, le prince Alwaleed ben Talal, l’un des hommes les plus riches du monde, qui détient des parts importantes dans tout, de Citibank à Twitter en passant par la société mère de Fox News, a été pris dans la rafle.

Le Prince Alwaleed a fait affaire avec le président Donald Trump dans le passé, mais pendant la campagne il s’est transformé en critique acharné, attirant l’ire de Trump sur Twitter.

La mesure contre Alwaleed et les autres dignitaires a été prise à la suite d’une enquête secrète menée par un « haut comité pour la lutte contre la corruption ». Le ministre de l’Éducation Ahmed Ben Mohammed Al-Issa a « salué le décret royal », selon l’Agence de presse saoudienne, affirmant que « ce comité annonce un avenir de fermeté contre ceux qui tentent de saper les moyens de la patrie. »

Quelle que soit l’explication officielle, elle est interprétée dans le monde entier comme une prise de pouvoir par le prince héritier du royaume. « La campagne massive d’arrestations semble être la dernière initiative pour consolider le pouvoir du prince héritier Mohammed ben Salman, le fils préféré et premier conseiller du roi Salman », comme l’a formulé le New York Times. Le roi avait décrété la création d’un nouveau comité anti-corruption puissant, dirigé par le prince héritier, quelques heures seulement avant que le comité n’ordonne les arrestations.

Voir la vidéo

Les hommes sont détenus au Ritz-Carlton Riyad. « Il n’ y a pas de prison pour les membres de la famille royale », note une source saoudienne.

Cette initiative marque un moment dont doivent tenir compte les institutions de politique étrangère de Washington, qui ont conclu une sorte de marché avec Mohammed ben Salmane, connu sous le nom de MBS, et Yousef Al Otaiba, l’ambassadeur des Émirats arabes unis aux États-Unis, et le principal défenseur de MBS à Washington. L’accord tacite était clair : les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite injecteraient des millions dans l’écosystème politique de Washington tout en faisant croire à la « réforme », et Washington ferait semblant de croire qu’ils sont sincères. MBS s’est attiré des éloges pour certaines mesures politiques, comme une volonté de reconsidérer l’interdiction faite aux femmes de conduire en Arabie saoudite.

Pendant ce temps, cependant, MBS, à 32 ans, poursuit une politique régionale dangereusement impulsive et agressive, qui a notamment consisté en une exacerbation des tensions avec l’Iran, une guerre catastrophique contre le Yémen et un blocus du Qatar, allié apparent. Ces politiques régionales ont été catastrophiques pour les millions de personnes qui en ont subi les conséquences, y compris la population affamée du Yémen, ainsi que pour l’Arabie saoudite. Et ses partisans à Washington n’ont pas sourcillé.

Les belles paroles au sujet de la réforme ont également été contredites par les récentes arrestations massives de personnalités religieuses et la répression de tout ce qui s’est écarté un tant soit peu d’un soutien total de MBS.

La dernière purge intervient quelques jours après la visite du conseiller Jared Kushner, un proche allié d’Otaiba, à Riyad, et quelques heures après un tweet bizarre, même pour Trump.

Toutes les discussions justifiées qu’il y a pu y avoir au sujet de MBS se sont terminées samedi – sa volonté de consolider le pouvoir est désormais trop évidente pour être ignorée. Et cela place les citoyens du milieu des think tanks de Washington dans une situation difficile, car ils en sont venus à dépendre fortement des engagements des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite. Comme The Intercept l’a signalé plus tôt, un think tank à lui seul, l’Institut du Moyen-Orient, a reçu un engagement massif de 20 millions de dollars des Émirats arabes unis.Et ne vous y trompez pas, MBS est un projet des Émirats arabes unis – un développement curieux étant donné la taille relative des deux pays. « Notre relation avec eux est basée sur notre position stratégique, les intérêts communs et surtout l’espoir que nous puissions les influencer. Pas l’inverse », a dit Otaiba en privé. Au cours des deux dernières années, Otaiba a introduit MBS dans tout Washington et a donné des assurances de son engagement à moderniser et réformer l’Arabie saoudite, selon les personnes qui ont parlé avec lui, confirmé par des courriels qui ont été communiqués par le groupe, Global Leaks. Confronté à des gros titres accablants, Otaiba a tendance à reconnaître que le projet de réforme est un chantier en cours, mais insiste sur le fait qu’il n’en est pas moins un progrès, et qu’en MBS réside la meilleure chance de la région.

« Je ne pense pas que nous verrons jamais un dirigeant plus pragmatique dans ce pays. C’est pourquoi le fait de travailler avec eux est si important et nous apportera le plus de résultats que nous puissions jamais obtenir avec les Saoudiens », a affirmé Otaiba dans un billet éloquent. « Je pense que MBS est beaucoup plus pragmatique que ce qu’on entend à propos des positions publiques saoudiennes [sic]. »

Dans un courriel adressé au chroniqueur du Washington Post David Ignatius, Otaiba a exposé clairement sa pensée tout en le remerciant pour une chronique.

Merci d’avoir pris le temps de venir rencontrer MBS. En tant que personne qui connaît bien la région, il semble, d’après la façon dont vous avez écrit cet article, que vous commenciez à comprendre ce que nous disons depuis deux ans. Ça change !

Changement d’attitude, changement de style, changement d’approche.

Je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que ces changements en Arabie saoudite sont absolument nécessaires. Donc je suis soulagé de voir que vous constatez ce que nous avons vu et que nous essayons souvent de transmettre. Votre voix et votre crédibilité seront un facteur déterminant pour amener les gens sensés à comprendre et à croire ce qui se passe.

Notre tâche maintenant est de [faire] tout notre possible pour assurer le succès de MBS.

Dans un geste inhabituel, l’Arabie saoudite a même récemment engagé la société de relations publiques de longue date des EAU, le Harbour Group, dirigé par l’ami d’Otaiba, Richard Mintz. Richard Clarke, bien connu pour ses excuses publiques aux victimes du 11 septembre 2001 pour l’échec des services de renseignements, avait critiqué brutalement l’Arabie saoudite à la suite de l’attentat. Un ami d’Otaiba, il est maintenant président du conseil d’administration du MEI, a personnellement fait pression sur l’Arabie saoudite pour obtenir du financement, quittant l’ambassade saoudienne avec un chèque de 500 000 dollars. Michael Petruzzello, homme d’influence de Washington pour l’Arabie saoudite, fait également partie du conseil d’administration de MEI.

Les pays du Golfe qui sont des dynasties familiales tendent à produire le même genre de rivalités familiales que celles observées dans le monde entier. A Abu Dhabi, le prince héritier Mohammed ben Zayed, le mentor et patron d’Otaiba, connu sous le nom de MBZ, déteste depuis longtemps Mohammed ben Nayef, qui était sur les rangs pour le trône saoudien, allant même jusqu’à le traiter de singe. MBZ et Otaiba voyaient dans MBS le moyen de faire dérailler Nayef et d’exercer un contrôle plus important sur le pays en élevant le prince cadet.

La campagne a fonctionné et a été largement applaudie à Washington.

Les intellectuels des groupes de réflexion soutenus par l’argent saoudien et des Émirats arabes unis se disent fiers d’être capables de parler et d’écrire librement, et se hérissent à toute suggestion selon laquelle le financement corrompt la production intellectuelle.

Cette allégation a toujours été discutable, mais les prochains jours la mettront à l’épreuve d’une manière inédite.

Photo du haut : Sur cette photo publiée par le Conseil royal saoudien, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane al-Saoud, au centre, assiste à une cérémonie organisée pour faire promettre l’allégeance des émirs locaux saoudiens et d’autres notables au nouveau prince héritier de l’Arabie saoudite à La Mecque (Arabie saoudite), le 21 juin 2017.

Source : The Intercept, Ryan Grim, 05-11-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

5 réponses à La purge du gouvernement d’Arabie Saoudite – et comment la corruption de Washington l’a rendue possible, par Ryan Grim

por lire les 5 réponses , cliquez sur le lien :

https://www.les-crises.fr/la-purge-du-gouvernement-darabie-saoudite-et-comment-la-corruption-de-washington-la-rendue-possible-par-ryan-grim/

Comment les bévues américaines ont renforcé l’Iran, par Jonathan Marshall

Source : Jonathan Marshall, Consortium News, 05-11-2017

En se faisant l’écho de l’attitude belliqueuse israélo-saoudienne envers l’Iran, le président Trump répète les mêmes erreurs que ses prédécesseurs et invite à des guerres plus larges au Moyen-Orient, et qui pourraient venir renforcer la position de l’Iran, écrit Jonathan Marshall.

Tout juste après la Corée du Nord, l’Iran est le pays le plus diffamé par l’administration Trump. La Maison-Blanche soutient l’injonction du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou selon laquelle « Nous devons tous nous unir pour arrêter la marche de conquête, de soumission et de terreur de l’Iran ».

Répétant comme un perroquet l’affirmation de Netanyahou selon laquelle l’Iran est « occupée à engloutir les nations » du Moyen-Orient, le directeur de la CIA et membre conservateur du GOP [Grand Ol party, abréviation pour le Parti conservateur, NdT], Mike Pompeo, a averti en juin que l’Iran – qu’il a qualifié de « plus grand pays commanditaire du terrorisme au monde » – exerce désormais une « immense influence… qui dépasse de loin ce qu’elle était il y a six ou sept ans ».

Dans une entrevue avec MSNBC, Pompeo explique : « Que ce soit l’influence qu’ils ont sur le gouvernement de Bagdad ou le renforcement du Hezbollah et du Liban, leur travail aux côtés des Houthis au Yémen [l’article original dit « en Iran », mais à mon avis c’est une coquille, NdT], ou les chiites irakiens qui luttent maintenant le long de la frontière en Syrie… L’Iran est partout au Moyen-Orient ».

Rares sont ceux qui nieraient que l’influence de l’Iran dans la région s’est accrue au cours de la dernière décennie. Cependant, ce qui manque à ces terribles avertissements sur ses desseins impériaux, c’est une réflexion sur la façon dont les politiques agressives des États-Unis et de leurs alliés ont constamment échoué, créant un chaos inutile que l’Iran a exploité à des fins d’intérêt personnel et de légitime défense.

Prenons le cas du Hezbollah, une organisation chiite libanaise que les dirigeants israéliens décrivent comme une menace majeure et qui est presque certainement la cible de la prochaine guerre israélienne. Bien que cette organisation, forte, soutenue par l’Iran soit intervenue activement en Syrie pour soutenir le gouvernement Assad, elle décline toute intention de déclencher une guerre avec Israël.

Elle déclare cependant avec beaucoup d’audace son intention de dissuader une autre invasion israélienne de sa patrie. « Israël devrait réfléchir un million de fois avant de faire la guerre au Liban », a déclaré son leader plus tôt cette année.

Encouragée par les invasions israéliennes

En fait, le Hezbollah doit son existence même aux invasions répétées d’Israël contre leur pays. En 1982, Israël a rompu le cessez-le-feu avec l’Organisation de libération de la Palestine et a envahi le Sud-Liban avec 60 000 soldats. L’administration Reagan n’a pris aucune mesure pour mettre fin à cette invasion, qui a fait des milliers de victimes parmi la population civile et qui a monté une grande partie de la population contre Israël.

Avec l’argent et les conseils iraniens, la résistance chiite au Liban s’est unie autour de l’organisation connue sous le nom de Hezbollah. « Nous exerçons simplement notre droit légitime à défendre notre islam et la dignité de notre nation », affirme le groupe dans l’un de ses tracts idéologiques. « Nous avons fait appel à la conscience du monde, mais nous n’avons rien entendu. »

Des années plus tard, l’ancien premier ministre israélien Ehoud Barak a admis que « c’est notre présence [au Liban] qui a créé le Hezbollah », et l’ancien premier ministre Yitzhak Rabin a appuyé cette affirmation, rajoutant qu’Israël avait laissé le « génie sortir de la bouteille ».

En 2006, Israël a de nouveau envahi le Liban, cette fois pour exterminer le Hezbollah. Les attaques aveugles d’Israël contre des civils ont été condamnées par les organisations internationales de défense des droits de l’homme. Elles ont également réussi à renforcer l’ennemi même qu’Israël cherchait à anéantir.

« Surtout depuis la guerre de 2006 avec Israël… une écrasante majorité des chiites ont adopté le Hezbollah comme défenseur de leur communauté », écrit Augustus Richard Norton dans son étude Hezbollah: A Short History. « Cela suggère que les étrangers… cherchant à réduire l’influence du Hezbollah au Liban doivent corriger leur discours sécuritaire plutôt que de prendre des mesures qui le valident. »

Au lieu de cela, bien sûr, les États-Unis et leurs alliés arabes sunnites et turcs ont favorisé le renversement violent du gouvernement syrien, attirant les forces du Hezbollah dans la lutte pour la survie de leur allié de longue date. Alors que le Hezbollah a payé un prix politique et humain pour son expédition militaire, ses soldats ont acquis une énorme expérience de combat, ce qui en fait un ennemi d’autant plus redoutable.

Le cadeau irakien

Le plus grand cadeau géostratégique de Washington à l’Iran a été le renversement sans provocation de l’ennemi juré de l’Iran, Saddam Hussein, en 2003. L’Iran avait perdu des centaines de milliers de vies et des centaines de milliards de dollars dans une guerre de huit ans avec l’Irak, déclenchée par l’invasion de Saddam Hussein en 1980. Non seulement l’administration Bush a tué Saddam, mais elle a aussi donné le pouvoir politique à la majorité de la population chiite irakienne, qui s’est tournée vers l’Iran pour obtenir des conseils spirituels et politiques.

Cette aubaine n’ a peut-être pas été entièrement de la chance. Le principal lobbyiste irakien de la guerre, le chouchou des néoconservateurs Ahmed Chalabi, a par la suite été identifié par les autorités américaines comme un élément clé du renseignement iranien. Les agents du contre-espionnage américains ont conclu que Chalabi et d’autres exilés irakiens, qui ont colporté de fausses allégations au sujet des armes de destruction massive de l’Irak, avaient « été utilisés comme agents d’un service de renseignement étranger… pour atteindre et influencer les plus hauts niveaux du gouvernement américain », selon les termes d’un rapport du Comité sénatorial du renseignement.

Mais le bureau du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a mis fin à l’enquête, laissant Chalabi diriger la purge politique du gouvernement irakien, puis devenir vice-premier ministre et ministre irakien du pétrole. La purge dirigée par les Chalabi a pris pour cible les politiciens sunnites irakiens, aggravant la division sectaire du pays et alimentant l’insurrection qui sévit encore aujourd’hui dans le pays. La violence a renforcé l’influence de l’Iran dans le pays, car les milices chiites demandaient l’aide de Téhéran pour défendre leurs communautés.

En même temps, l’opposition populaire à l’occupation américaine a entraîné la montée des terroristes sunnites radicaux. C’est de leurs rangs toujours plus nombreux dans les prisons irakiennes qu’est né l’État islamique. L’État islamique a fait des avancées fulgurantes dans une grande partie de l’ouest de l’Irak en juin 2014, avec la conquête de Fallujah, Tikrit et Mossoul, la deuxième ville la plus peuplée du pays. Alors que son existence même est menacée, le gouvernement irakien assiégé se félicite de l’envoi immédiat de 2 000 soldats iraniens pour aider à bloquer l’offensive de l’État islamique. L’armée de l’air syrienne a également commencé à frapper les bases de l’État islamique en coordination avec Bagdad.

Pression malencontreuse

Washington, en revanche, a rejeté l’appel de l’Irak pour des frappes aériennes et a suggéré que son gouvernement dirigé par les chiites devrait se retirer pour apaiser les sunnites lésés. Ce n’est qu’en août 2014 que le président Obama a autorisé un bombardement limité de l’État islamique pour protéger les minorités menacées par leur avancée militaire. Il va sans dire que de nombreux Irakiens ont remercié l’Iran pour son soutien militaire à un moment critique.

« Les Iraniens jouent une partie longue et un jeu de patience », a déclaré Sajad Jiyad, le directeur du Centre de planification et d’études d’Al Bayan à Bagdad. « Ils risquent leur peau. Ils ont perdu trois ou quatre généraux et une douzaine d’officiers supérieurs. »

Alors, lorsqu’un secrétaire d’État « maladroit », Rex Tillerson, s’exprimant en Arabie saoudite, a récemment exigé que Bagdad renvoie chez eux des unités paramilitaires soutenues par l’Iran et qui ont aidé à vaincre l’État islamique, cela n’a pas été très bien reçu par le Premier ministre irakien Haider al-Abadi.

« Aucune partie n’a le droit d’intervenir dans les affaires irakiennes », a-t-il déclaré. Abadi a qualifié les forces de mobilisation populaire de « patriotes irakiens », et non pas de simples mandataires de l’Iran, et a insisté sur le fait qu’elles « devraient être encouragées car elles seront l’espoir du pays et de la région ». Encore quelques points de plus pour Téhéran.

L’État islamique ne se serait peut-être jamais propagé en Syrie si les États-Unis n’avaient pas publiquement promu le renversement du gouvernement Assad en 2011, après des années d’efforts clandestins de Washington et d’Israël pour affaiblir le régime et promouvoir les divisions sectaires au sein de la Syrie.

Le renversement du régime de Kadhafi en Libye, soutenu par les États-Unis, a grandement contribué à la montée des forces islamistes radicales en Syrie, et a libéré d’importants stocks d’armes et des centaines de combattants endurcis pour répandre leur révolution en Syrie.

Vers la fin de 2011, des États dirigés par les sunnites comme la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar ont commencé à financer et à armer les rebelles islamistes militants en Syrie, y compris Al-Qaïda et même l’État islamique. La guerre qui en a résulté a fait des centaines de milliers de morts parmi les combattants et les civils, déraciné des millions de réfugiés et dévasté des cités antiques.

L’administration Obama s’est avérée tout aussi naïve que l’administration Bush quant à l’efficacité de l’intervention armée. Décrivant les espoirs de la Maison-Blanche selon lesquels le soulèvement de la Libye « se propagerait dans d’autres nations de la région » et alimenterait les mouvements anti-régime en Syrie et en Iran, le Wall Street Journal a rapporté : « La Syrie a été pendant 30 ans l’allié stratégique le plus proche de l’Iran dans la région. Les responsables américains estiment que le défi croissant lancé au régime de M. Assad pourrait motiver les forces démocratiques iraniennes. »

Au lieu de cela, bien sûr, le conflit syrien a poussé les partisans de la ligne dure iranienne à envoyer des unités des Gardiens de la révolution et des forces du Hezbollah pour défendre leur allié. Avec l’aide de la puissance aérienne russe, ils ont inversé la tendance en faveur d’Assad, laissant le régime de Damas intact et largement redevable à Téhéran.

Le gâchis yéménite

Reprenant les allégations de longue date de l’Arabie saoudite, l’administration Trump insiste également sur le fait que l’Iran est un important bailleur de fonds des forces tribales houthi qui ont balayé le nord du Yémen pour prendre le contrôle de la majeure partie du pays au début de 2015. En mars de cette année-là, avec le soutien des États-Unis, une coalition d’États arabes dirigée par les Saoudiens a lancé une campagne militaire contre la terre brûlée pour chasser les Houthis, au nom de la résistance contre l’Iran.

Les bombardements aveugles de la coalition sur des cibles industrielles et d’autres cibles civiles, y compris des écoles et des hôpitaux, ont dévasté une grande partie du pays et détruit l’économie. Son blocus des ports a provoqué une famine massive et déclenché la pire épidémie de choléra au monde.

« Les cyniques peuvent faire valoir que la véritable stratégie de la coalition saoudienne est de compter sur la famine et la maladie pour user le peuple yéménite », a observé l’ancien conseiller de la Maison-Blanche et analyste de la CIA Bruce Riedel. « Les Nations Unies ont qualifié la guerre de pire catastrophe humanitaire du monde… (Cependant) l’Iran est le seul pays gagnant, car il fournit aide et expertise aux Houthis à une infime fraction du coût de l’effort de guerre saoudien, tandis que les ennemis du Golfe de la République islamique dépensent leurs fortunes pour un conflit dans lequel ils se sont lancés sans but ultime ni stratégie. »

Les experts soulignent que Washington a choisi le mauvais allié dans cette confrontation. « Les Houthis sont l’un des rares groupes du Moyen-Orient qui n’ont guère l’intention ou la capacité d’affronter les États-Unis ou Israël », écrit Asher Orkaby, conférencier à Harvard. « Loin d’être aligné sur les extrémistes, le mouvement houthi s’est souvent opposé à l’État islamique… et Al-Qaïda dans la péninsule arabique. C’est l’Arabie Saoudite qui soutient depuis longtemps les groupes islamistes sunnites au Yémen. »

Pour ajouter à l’ironie du sort, les cheikhs paranoïaques de Riyad ont créé la menace même qu’ils ont décidé d’écraser avec leur invasion en 2015. Les liens iraniens avec les Houthis étaient jusqu’alors négligeables. Commentant les années de tentatives visant à les salir comme des pions de l’Iran, l’ambassadeur des États-Unis au Yémen a rapporté dans un câble classifié en 2009, « Le fait que… il n’y a toujours pas de preuves convaincantes de ce lien doit nous forcer à considérer cette allégation avec un certain scepticisme. »

Deux anciens membres du Bureau de la planification des politiques du Département d’État ont récemment confirmé que « la grande majorité de l’arsenal Houthi… a été saisi dans des stocks de l’armée yéménite », non fournis par l’Iran.

Cependant, à mesure que la guerre dévastatrice se poursuit, l’Iran a fourni aux Houthis une formation, des conseils et des munitions terrestres modestes. « L’Iran a exploité, à bon marché, la campagne menée par les Saoudiens, et a ainsi fait du renforcement de l’influence iranienne au Yémen une prophétie saoudienne qui se réalise elle-même », observent-ils.

« En assistant les Saoudiens au Yémen », ajoutent-t-ils, les États-Unis ont… renforcé l’influence iranienne au Yémen, sapé la sécurité saoudienne, rapproché le Yémen de l’effondrement et provoqué davantage de morts, de destructions et de déplacements dans la population yéménite. »

Le Qatar et au-delà

Dans un moment de folie singulière, le président Trump a twitté en juin dernier son soutien à un blocus politique et économique dirigé par les Saoudiens contre le Qatar, un émirat minuscule mais riche en gaz du Golfe. Riyadh est en partie lésé par le parrainage d’Al Jazeera, le radiodiffuseur politiquement dérangeant du Qatar. L’action de Trump a surpris et embarrassé le Pentagone, qui exploite une immense base militaire au Qatar.

L’Iran a rapidement profité de cette dernière gaffe saoudienne. Il a ouvert son espace aérien aux vols qatariens qui étaient interdits de traverser la péninsule arabique. Il a expédié des vivres pour remplacer les fournitures perdues par la fermeture de la frontière saoudienne du Qatar. En remerciement, le Qatar a rétabli des relations diplomatiques complètes avec Téhéran après avoir rappelé son ambassadeur il y a deux ans.

« Ce conflit a poussé le Qatar vers d’autres acteurs cruciaux de la région : l’Iran, la Turquie, la Russie, la Chine », a déclaré Rob Richer, ancien directeur adjoint associé des opérations à la CIA. « Ce sont des joueurs qui ont maintenant beaucoup plus d’influence, car nous diminuons notre influence dans la région. De cette façon, le blocus a en fait sapé tout ce que les Saoudiens et les Émiratis voulaient en poussant les Qatariens dans les bras de ces autres acteurs régionaux. »

Jour après jour, en d’autres termes, les États-Unis et leurs partisans de la région ont semé le désordre par leurs interventions militaires secrètes ou non au Moyen-Orient. Il est tout à fait naturel que l’Iran, qui a longtemps été la cible de Washington et de ses alliés (parfois pour des raisons compréhensibles), tente de saisir les occasions de défendre ses intérêts.

La leçon que nous devrions en tirer, c’est que la lutte contre l’Iran et la promotion des intérêts américains en matière de sécurité exigeront moins d’interventions de l’extérieur, et pas plus d’incursions auto-destructrices dans la région.

Comme l’a récemment observé Renad Mansour, chercheur de Chatham House, tant que les États-Unis n’auront pas surmonté leurs réactions contre-productives face aux craintes obsessionnelles de l’influence iranienne, « les Iranophobes auront raison sur une chose : l’Iran est le joueur le plus intelligent de la région ».

Jonathan Marshall est l’auteur ou le co-auteur de cinq ouvrages sur la sécurité nationale et les relations internationales.

Source : Jonathan Marshall, Consortium News, 05-11-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

12 réponses à Comment les bévues américaines ont renforcé l’Iran, par Jonathan Marshall

Commentaires recommandés    Pour lire les 12 réponses , cliquez sur le lien :

https://www.les-crises.fr/comment-les-bevues-americaines-ont-renforce-liran-par-jonathan-marshall/

Syrie: combats aux portes d’Idleb entre régime et jihadistes, évacuations dans la Ghouta

Syrie: combats aux portes d’Idleb entre régime et jihadistes, évacuations dans la Ghouta

Une famille fuit les combats à la périphérie de la province syrienne d’Idleb entre régime et jihadistes, le 29 décembre 2017 / © AFP / OMAR HAJ KADOUR

Des combats opposant vendredi l’armée syrienne à des jihadistes et rebelles aux portes de la province d’Idleb ont fait des dizaines de morts, alors que près de Damas, des combattants étaient évacués de la région de la Ghouta occidentale.

Les forces gouvernementales, appuyées par l’aviation de la Russie, alliée de Damas, avaient lancé lundi une opération à la périphérie de la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, s’emparant de plusieurs villages et localités.

Seule province à échapper entièrement au contrôle du régime de Bachar al-Assad, Idleb est aujourd’hui dans sa quasi-totalité sous contrôle du Front Fateh al-Cham, l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda. Des groupes rebelles y sont aussi présents.

Le sud-est de la province « est visé par des bombardements d’une violence sans précédent depuis des mois » de la part des avions syriens et russes, a indiqué une ONG, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Le but immédiat de l’armée est de s’emparer du sud-est » de la province, a déclaré à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, en faisant état de combats entre l’armée d’un côté, et Fateh al-Cham et des factions rebelles de l’autre.

Ces dernières 24 heures, 68 personnes ont été tuées dans cette bataille, dont 27 combattants prorégime et 20 de l’autre camp, et les raids aériens ont tué 21 civils, selon l’OSDH.

– Un caméraman tué –

Selon un correspondant de l’AFP près du front, des messages diffusés par haut-parleurs dans des villages rebelles ont appelé les habitants à rester chez eux et ont annoncé l’annulation de la prière musulmane du vendredi.

Des centaines de civils fuyant leurs villages à bord de voitures et de pick-up se dirigeaient vers la ville d’Idleb, chef-lieu de la province.

L’OSDH a fait état de centaines de déplacés.

Un caméraman syrien travaillant pour le réseau de télévision prorégime Sama a été tué vendredi alors qu’il couvrait les affrontements en cours.

Les forces du régime ont été chassées en 2015 de la province d’Idleb par une coalition de rebelles et de jihadistes qui s’est effritée l’été dernier après que Fateh al-Cham eut mené un coup de force contre ses ex-alliés rebelles.

Jihadistes et rebelles sont toutefois alliés dans la bataille en cours contre le régime, a dit M. Abdel Rahmane.

Depuis septembre 2015 et l’intervention militaire de la Russie, venue à la rescousse de Bachar al-Assad, le régime syrien a réussi à reprendre la majorité des régions aux rebelles et à chasser le groupe jihadiste Etat islamique (EI), rival de Fateh al-Cham, de la majeure partie de la province orientale de Deir Ezzor et d’autres localités du pays.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques, le conflit en Syrie s’est complexifié avec la multiplication des belligérants et a fait plus de 340.000 morts et des millions de déplacés.

Vendredi, deux fosses communes contenant des dizaines de corps de civils et de militaires syriens assassinés par les jihadistes de l’EI ont été découvertes près de la localité de Wawi, dans l’ouest de la province de Raqa, située dans le nord de la Syrie, a indiqué l’agence de presse officielle syrienne Sana.

– ‘Monnaie d’échange’ –

Vendredi, une opération d’évacuation de civils gravement malades a pris fin dans la Ghouta orientale. Sur trois jours, 29 patients ont été évacués en échange de la libération par les rebelles de 29 détenus, conformément à un accord conclu entre régime et insurgés.

Ce chiffre reste encore très éloigné des 500 personnes que l’ONU appelle à évacuer.

« Il faut faire plus: les besoins des civils doivent être prioritaires et l’accès à l’aide doit être autorisé plus régulièrement et sans conditions », a plaidé la représentante du CICR en Syrie, Marianne Gasser.

Dernier fief de la rébellion près de Damas, la Ghouta orientale est assiégée par les troupes du régime depuis 2013. Quelque 400.000 habitants sont pris au piège dans cette vaste région touchée par de graves pénuries alimentaires et médicales.

« Treize civils, dont six enfants et quatre femmes, ont été évacués jeudi à minuit » de la localité de Douma, selon un responsable local. Seize avaient déjà pu partir lors des deux jours précédents et être transportés vers des hôpitaux de Damas.

Dans le même temps, après un accord avec le régime syrien, des dizaines de jihadistes et de combattants rebelles ont été évacués des dernières zones qu’ils contrôlaient dans la Ghouta occidentale, près de Damas, a rapporté la télévision d’Etat syrienne.

Une fois évacués dans leur totalité, les groupes rebelles n’auront aucune présence dans la Ghouta occidentale pour la première fois depuis 2012, a souligné le directeur de l’OSDH.

Le chef du groupe de travail humanitaire de l’ONU pour la Syrie, Jan Egeland, a critiqué l’accord rebelles-régime sur les évacuations, estimant que les malades et les enfants ne devraient pas être « une monnaie d’échange ».

(©AFP / 30 décembre 2017 01h03)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Syrie-combats-aux-portes-d-Idleb-entre-regime-et-jihadistes-evacuations-dans-la-Ghouta/876772.rom

China Aircraft achète 50 A320neo au prix catalogue de $5,42 mds

29 décembre 2017 / 02:31 / il y a un jour

China Aircraft achète 50 A320neo au prix catalogue de $5,42 mds

HONG KONG, 29 décembre (Reuters) – China Aircraft Leasing Group Holdings a annoncé vendredi l‘achat de 50 Airbus A320neo au prix catalogue de 5,42 milliards de dollars (4,54 milliards d‘euros) afin de conforter son activité de fournisseur d‘appareils.

China Aircraft Leasing, qui possède actuellement 107 avions, a précisé que le prix versé serait inférieur à la somme de 5,42 milliards, Airbus étant probablement disposé à consentir une remise comme l‘usage le veut dans le secteur.

Les appareils seront livrés progressivement jusqu’à 2023.

Avec cette commande, les commandes d‘avions de la société chinoise s’élèvent à 252 appareils, 202 commandés auprès d‘Airbus et 50 auprès de Boeing. (Donny Kwok, Nicolas Delame pour le service français)

https://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL8N1OT030

Pékin nie livrer du pétrole à la Corée du Nord malgré les sanctions

Publié le 29 décembre 2017 à 07h37 | Mis à jour le 29 décembre 2017 à 07h37

Pékin nie livrer du pétrole à la Corée du Nord malgré les sanctions

« Faire du battage sans raison via les médias... (Mark Schiefelbein, archives AP)

Agrandir

« Faire du battage sans raison via les médias ne contribue pas au renforcement de la confiance mutuelle et de la coopération », a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying (photo).

Mark Schiefelbein, archives

Patrick BAERT
Agence France-Presse
Pékin

La Chine s’est défendue vendredi de livrer clandestinement du pétrole à la Corée du Nord, après des accusations en ce sens de Donald Trump et l’arraisonnement par la Corée du Sud d’un navire hongkongais qui aurait transbordé des hydrocarbures sur un bâtiment de Pyongyang.

« Pris la MAIN DANS LE SAC », a lancé le président américain jeudi sur Twitter, se disant « très déçu de voir la Chine permettre au pétrole d’entrer en Corée du Nord » en violation des sanctions adoptées par l’ONU pour forcer Pyongyang à renoncer à son programme nucléaire.

« Il n’y aura jamais de solution amicale » avec la Corée du Nord « si cela se poursuit », a menacé le président américain, qui a déjà évoqué une action militaire contre ce pays.

Un responsable du département d’État a précisé que « certains navires », dont des bateaux chinois, « se livraient à des activités prohibées par l’ONU, y compris des transbordements de produits pétroliers raffinés entre deux vaisseaux et le transport de charbon provenant de la Corée du Nord ».

Une accusation catégoriquement rejetée par Pékin qui a qualifié ces informations « d’inexactes » et s’en est pris en termes à peine voilés au tweet de Donald Trump. « Faire du battage sans raison via les médias ne contribue pas au renforcement de la confiance mutuelle et de la coopération », a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying.

Mais les accusations du locataire de la Maison-Blanche semblent corroborées par la Corée du Sud qui a annoncé vendredi avoir brièvement arraisonné en novembre un navire hongkongais ayant transféré des produits pétroliers sur un bateau nord-coréen.

L’annonce de ce contrôle est intervenue au lendemain d’un nouveau durcissement par l’ONU des sanctions contre le régime de Kim Jong-Un. Le Conseil de sécurité a banni des ports du monde entier quatre navires nord-coréens soupçonnés de transporter ou d’avoir transporté des marchandises interdites, a appris l’AFP de sources diplomatiques.

Ces navires sont, selon les mêmes sources, les cargos Ul Ji Bong 6, Rung Ra 2, Rye Song Gang 1 et Sam Jong 2. Ce dernier navire est au coeur de la transaction illégale révélée vendredi par Séoul.

« Réseaux illégaux »

Un responsable du ministère sud-coréen des Affaires étrangères a précisé que les douanes de son pays avaient arraisonné le 24 novembre le navire hongkongais Lighthouse Winmore, pour avoir transbordé le 19 octobre des produits pétroliers sur le Sam Jong 2 dans les eaux internationales.

« C’est un cas typique de la façon dont la Corée du Nord contourne sournoisement les sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU en utilisant ses réseaux illégaux », a-t-il déclaré aux journalistes.

La porte-parole de Pékin a contesté ces informations en affirmant que le bateau en question n’avait pas mouillé dans des ports chinois depuis août.

Le Conseil de sécurité a multiplié ces dernières années les trains de sanctions pour contraindre Pyongyang à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique.

Et en bannissant jeudi quatre navires nord-coréens, l’exécutif onusien a en fait doublé le nombre de bateaux interdits de ports.

Quatre autres navires, battant pavillon des Comores, de Saint Kitts et Nevis, du Cambodge et de la Corée du Nord, avaient déjà été interdits de ports en octobre, une première dans l’histoire des Nations unies.

Une liste de dix navires avait été proposée à l’interdiction par les États-Unis, mais « seulement quatre navires ont été acceptés » par l’ONU, même si « la procédure reste ouverte » pour les autres bateaux, a indiqué à l’AFP un diplomate sous couvert d’anonymat.

Plusieurs sources diplomatiques ont indiqué que la Chine s’était opposée à l’inscription sur la liste noire des six autres navires proposés par les États-Unis.

En 2017, le Conseil de sécurité a imposé à l’unanimité trois séries de sanctions économiques à la Corée du Nord, toutes plus fortes les unes que les autres : le 5 août (fer, charbon, pêche…), le 11 septembre (textile, limitation de livraisons de pétrole) et le 22 décembre (produits pétroliers raffinés notamment).

http://www.lapresse.ca/international/asie-oceanie/201712/29/01-5148543-pekin-nie-livrer-du-petrole-a-la-coree-du-nord-malgre-les-sanctions.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_5148592_article_POS1

Rétrospective 2017 : L’affirmation de la puissance iranienne

Rétrospective 2017 : L’affirmation de la puissance iranienne

Téhéran, capitale moderne et dynamique

Alors que la signature du Plan global d’action conjoint, le 14 juillet 2015, avait permis une levée progressive des sanctions et la réinsertion de la République islamique sur la scène internationale ; la victoire du courant des réformateurs et modérés lors des législatives de février 2016, puis la réélection du président Hassan Rohani, le 19 mai 2017, ont entériné la poursuite d’une politique mesurée -conjuguant ouverture et libéralisme modéré – favorable au regain de puissance régional de l’Iran. Marquée par un contexte international en mouvement, l’année 2017 semble avoir consacré un retour en force géopolitique et économique de l’Etat perse qui apparaît de nouveau comme une puissance incontournable.

L’Iran, un acteur régional aujourd’hui incontournable

A la faveur d’une situation chaotique au Moyen-Orient, l’Iran est redevenu un acteur régional essentiel et incontournable dont l’influence s’exerce aujourd’hui sur l’ensemble d’un « arc chiite […] de Téhéran à Beyrouth en passant par Bagdad, Bassorah, Alep et Damas »[1]. A travers une politique pan chiite active et pragmatique, le rôle de la République islamique n’a cessé de croître, poussant le président Rohani à déclarer, en octobre dernier, que « l’importance de la nation iranienne dans la région est plus forte qu’à toute autre période »[2]. En Syrie, la survie du régime Assad et la présence au sol de près de 20 000 combattants iraniens[3] garantissent au pays une place décisive dans tout règlement du conflit. La rencontre du 22 novembre dernier entre le président russe Vladimir Poutine et ses homologues turcs et iraniens n’a fait que confirmer l’importance stratégique qu’ont pris les trois Etats dans la nouvelle donne syrienne, au détriment de la coalition internationale sous l’égide américaine et du processus de Genève[4]. Par ailleurs, la présence de très nombreuses milices iraniennes en Irak, le soutien au Hezbollah libanais mais également aux Houthis yéménites constituent autant de vecteurs d’influence pour Téhéran qui se pose comme défenseur des minorités chiites et grande puissance régionale non-arabe.

Une puissance économique montante

La levée des sanctions internationales financières et de l’embargo économique imposé au pays ont permis à l’Iran de se réintégrer progressivement dans l’ordre économique international, favorisant dès lors la réalisation du formidable potentiel économique du pays. Portée par une population jeune et éduquée ainsi que de nombreuses ressources naturelles, notamment en hydrocarbure, la 19ème puissance économique mondiale semble être à même de rapidement rattraper son retard avec des prévisions de croissance de 8% par an[5]. Bien que les investissements étrangers fluctuent au gré des positions américaines, avec la crainte d’un possible retour des sanctions, le pays attire aujourd’hui de nombreux capitaux étrangers dans différents secteurs tels que l’énergie, l’automobile ou encore l’aviation civile[6], à l’image du contrat record entre Total et Téhéran pour l’exploitation du gisement géant de gaz South Pars en juillet dernier. En outre, riche d’un héritage civilisationnel millénaire et d’une géographie variée, le pays se positionne également dans le secteur touristique, combinant ainsi revenus conséquents et rayonnement mondial.

Un ordre international qui joue en faveur de la République islamique  

Sur le temps long, la situation au Moyen-Orient, dans la lignée des printemps arabes, tout comme la politique étrangère américaine ont joué en faveur de Téhéran. En effet, la destruction du régime de Saddam Hussein en avril 2003 et l’avènement d’un état irakien chiite, la signature de l’accord sur le nucléaire iranien en juillet 2015 et aujourd’hui l’unilatéralisme et l’attitude chaotique de Donald Trump ont posé les jalons du grand retour de l’Iran dans le jeu régional. Aujourd’hui, l’Iran apparait comme une puissance régionale stable dont les principaux adversaires peinent à contrer l’influence au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen. Les Etats-Unis et Israël, plus isolés que jamais, et l’Arabie Saoudite, embourbée au Yémen, peinent ainsi à contenir l’expansionnisme de Téhéran.

Néanmoins, la situation, loin d’être immuable, pourrait rapidement évoluer en défaveur de la République islamique, notamment sur le règlement politique du conflit syrien. Malgré un rapprochement de circonstance, les visions russes et iraniennes ont souvent divergé [7].

 

[1] Quelle place pour l’Iran au Moyen-Orient ?, Entretien avec Denis Bauchard, Diplomatie, Les grands dossiers n°37, Février Mars 2017

[2] Téhéran vante son influence au Moyen-Orient, Le Figaro, 23 Octobre 2017

[3] Quelle place pour l’Iran au Moyen-Orient ?, Op. Cit,

[4] Igor Soubbotine, L’alliance russo-irano-turque marginalise Washington dans le conflit syrien, NEZAVISSIMAÏA GAZETA – MOSCOU, Courrier International, 23 Novembre 2017

[5] Iran : Le nouvel eldorado économique ?, Entretien avec Thierry Coville, Diplomatie, Les grands dossiers n°37, Février Mars 2017

[6] Ces sociétés qui ont signé un contrat avec l’Iran depuis la fin des sanctions, L’Usine Nouvelle, 15 Octobre 2017

[7] Quelle place pour l’Iran au Moyen-Orient ? Op.cit

http://les-yeux-du-monde.fr/actualite/afrique-moyen-orient/proche-moyen-orient/32636-retrospective-2017-laffirmation-de-la-puissance-iranienne

Igor Dodon : Discours de Chișinău

Igor Dodon : Discours de Chișinău

Facebook VK Blogger LiveJournal Twitter Google+ Email Print Partager

26.12.2017

Discours de Son Excellence, Monsieur Igor DODON
Président de la République de Moldova
Lors de la Conférence Internationale − Le 15 décembre 2017

Deuxième colloque de Chișinău (15-16 décembre 2017)

 

Chers amis

Bienvenue à ce prestigieux forum international,

Je suis heureux de voir que, grâce à un groupe d’intellectuels de premier plan venus de plusieurs pays, de telles réunions deviennent une bonne tradition pour la République de Moldova. Au mois de mai de cette année, j’ai eu l’honneur de rencontrer les organisateurs de ce forum, d’échanger des points de vue et de découvrir que nous avons des visions communes sur certaines des questions majeures du moment historique que nous vivons.

Je voudrais d’emblée préciser que je suis particulièrement reconnaissant aux initiateurs de cette plate-forme de dialogue international, car de tels événements augmentent le prestige intellectuel de notre pays sur le plan international. Je pense que les initiateurs de ce projet, d’envergure continentale, ont parfaitement raison de dire que la Moldavie est le meilleur endroit pour un tel dialogue. La Moldavie est un pays neutre, situé dans une zone de sensibilité géopolitique maximale ou, comme certains le disent, dans un espace de fracture, de tension entre l’Est et l’Ouest. Dans cet ordre d’idées, nous souhaitons que notre État devienne un facteur d’équilibre géopolitique, de convergence, de confluence entre les deux parties de notre continent, qui reste encore divisé à cause de raisons artificielles. La Moldavie peut et doit affirmer pleinement sa vocation de pont en or entre l’Occident et l’Orient.

Notre peuple a une identité collective bivalente : orientale et occidentale. Du point de vue de l’appartenance religieuse nous sommes orthodoxes – donc des Orientaux, tandis que, du point de vue de l’identité linguistique et culturelle, nous sommes latins – donc occidentaux. Et toute tentative de nous remodeler artificiellement, d’amputer l’une des deux composantes de notre essence collective et d’imposer des modèles étrangers est contre-productive, voire nocive. En d’autres termes, compte tenu de notre identité et de notre position géographique, la Moldavie ne peut se permettre de s’allier avec la Russie contre l’Europe ou avec l’Europe contre la Russie. Au contraire, la Moldavie peut et doit contribuer au rapprochement entre la Russie et l’Europe. Autrement dit, la Moldavie doit assumer sa mission historique de facteur actif et positif dans la réalisation du grand projet d’unité continentale que Charles de Gaulle définissait comme « l’axe Paris–Berlin–Moscou ».

Le thème choisi pour cette conférence est d’une grande importance pour tous les peuples du monde. Du capitalisme classique, basé sur l’éthique du travail, sur la responsabilité sociale et sur le principe de proximité, que nous avons connu par le passé, nous sommes passés à un modèle diamétralement opposé, imposé au cours des dernières décennies. La mondialisation a permis une concentration du capital sans précédent dans l’histoire, produisant des déséquilibres économiques catastrophiques entre les pays et les régions, mais aussi entre les couches sociales de « l’Ouest riche » d’autrefois.

L’un des effets les plus graves de ce modèle de globalisation est la migration massive de millions de personnes déracinées de leurs foyers et devenant des travailleurs non qualifiés sur les marchés du travail de pays étrangers. À cet égard, la Moldavie est l’un des pays les plus touchés du continent, car environ un million de Moldaves, représentant un tiers de la population du pays, doivent gagner leur vie à l’étranger.

En ma qualité d’ancien ministre de l’Économie et d’ancien vice-Premier ministre responsable du bloc économique et financier du Gouvernement, mais aussi en tant que docteur en économie, je sais bien que les graves problèmes socio-économiques de notre pays ne s’expliquent pas par le refus des gouvernements moldaves successifs de suivre les recettes et les directives suggérées de l’extérieur depuis vingt-cinq ans, mais précisément par leur poursuite trop docile. C’est pourquoi, après un quart de siècle de transition, la Moldavie doit repenser son paradigme de développement économique. Ce nouveau concept de relance économique ne repose pas sur un « isolationnisme économique » ni sur le mépris des règles des échanges internationaux. Mais, sans certains éléments de protectionnisme économique ou de « patriotisme économique » la Moldavie n’a aucune chance de surmonter son état actuel de sous-développement.

Le fait que la société moldave soit divisée selon des critères géopolitiques, historiques et ethnolinguistiques est bien connu. Néanmoins, si nos préférences idéologiques ou culturelles nous divisent, le nationalisme économique est le facteur fondamental de l’unité nationale, une vaste plate-forme commune dans laquelle tous les patriotes de notre pays doivent se retrouver. Et en ce sens, l’expertise que nous pouvons collecter auprès d’illustres personnalités, comme celles présentes aujourd’hui à notre forum, est indispensable. Chercher des solutions alternatives au « capitalisme financier » cela consiste, au-delà des réflexions strictement académiques, à générer des concepts viables qui englobent les dimensions géopolitique, politico-juridique, financière et économique. La Moldavie ne peut pas accepter un statut de périphérie ou de semi-périphérie dans un système mondial de type impérial. Les pratiques du colonialisme économique doivent être reléguées dans le passé.

De ce fait, pour rappeler qu’il ne s’agit pas d’un phénomène qui ne toucherait que de petits pays comme la République de Moldova, je voudrais citer deux exemples :

1.  Les problèmes qu’une superpuissance mondiale comme la Russie rencontre dans son dialogue difficile avec l’Occident sont liés dans une large mesure au fait que ce pays ne veut pas abandonner sa souveraineté économique en faveur de la corporatocratie mondialiste. Autrement dit, Vladimir Poutine est un souverainiste qui, dans son dialogue avec le monde, part du principe de l’intérêt national de son pays.

2.  Les dernières élections présidentielles aux États-Unis ont placé à la tête de cette hyperpuissance mondiale un représentant du même courant souverainiste, Donald Trump, qui a fait du principe « l’Amérique d’abord » un élément clé de son programme politique.

En ma qualité de Président de la République de Moldova, je tiens également à déclarer à cette occasion, fermement et sans ambages, que je suis également un adepte de la pensée et de l’action des mouvements souverainistes actuels.

Le moment est venu de se débarrasser des mythes néolibéraux, selon lesquels le succès économique d’une société est garanti par le soi-disant « petit gouvernement » c’est-à-dire par le retrait de l’État laissant fonctionner de façon autonome un marché auto-régulé suivant le principe magique de la « main invisible ». Nous avons besoin d’un État fort capable d’établir des règles de libre concurrence équitables, de créer et d’assurer le respect de prescriptions légales, fiscales et de prêt optimales, de mettre en œuvre des instruments douaniers au profit des producteurs nationaux et du marché intérieur. La thèse de la primauté de l’économique sur le politique doit être abandonnée, car c’est le facteur politique qui doit prendre en charge le destin du peuple, en tenant compte des intérêts de toute la communauté, en partant du principe d’équité et de solidarité sociale, et pas seulement de l’intérêt des superprofits, comme dans le cas des acteurs économiques privés dans le cadre des mégastructures multinationales.

Bien sûr, la Moldavie est aujourd’hui un pays fortement « dé-souverainisé »  affecté par des influences extérieures qui ne sont pas toujours bénéfiques. Mais telle est la situation de la plupart des États du monde. C’est l’un des effets les plus dramatiques de la mondialisation unipolaire, qui développe un nouveau type d’impérialisme, de nature extraterritoriale, avec toutes ses conséquences négatives.

La construction d’une nouvelle architecture globale, dans laquelle chaque pays puisse s’affirmer pleinement, présuppose le développement de processus d’intégration impliquant un nombre de pays suffisant pour leur permettre d’avoir un poids stratégique, géopolitique et économique leur permettant de faire face à une concurrence mondiale féroce. Et dans le contexte de l’apparition de plusieurs pôles stratégiques, la Moldavie ne peut éviter de s’associer avec l’un des groupes de pays auxquels elle est liée par une multitude de facteurs – la seule option réaliste pour la Moldavie, conditionnée par toute son histoire, est donc eurasienne. Car, entre Lisbonne et Vladivostok, la voie de l’unité continentale passe par la République de Moldova.

Chers amis,

Grâce à vos efforts combinés, la Moldavie devient de plus en plus active sur la scène internationale, ce qui signifie que les chances de Chișinău de devenir un site de développement stratégique avec un impact continental augmentent considérablement.

Je suis très satisfait de cette réunion, et des nombreuses personnalités qui nous ont honoré de leur présence, venues d’Europe occidentale, de la Fédération de Russie, mais aussi d’autres pays de la région. Je suis sûr que si nous restons persévérants, solidaires et motivés pour produire des changements positifs ayant un impact historique sur notre avenir, alors, à la troisième réunion du Forum de Chișinău, nous serons encore plus nombreux et plus convaincants au niveau mondial.

Je tiens à vous assurer, chers invités, que vous avez en ma personne un bon ami, un soutien sincère et fidèle. Je vous attends en République de Moldova aussi souvent que vous jugerez bon de nous rendre visite, pour des débats publics, des tables rondes, des lancements de livres ou d’autres événements, afin d’intensifier nos échanges d’idées, de pensées et de visions.

Je souhaite conclure ce discours par une expression que nous employons depuis des générations : que Dieu nous aide !

Je vous remercie !

Source : http://katehon.com/fr/article/igor-dodon-discours-de-chisinaue

Saker Francophone

http://katehon.com/fr/article/igor-dodon-discours-de-chisinau

Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités