Atos lance une OPA à 4,3 milliards sur Gemalto

Atos lance une OPA à 4,3 milliards sur Gemalto

David Barroux Le 11/12 à 22:51
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Le groupe informatique français Atos propose d'acquérir l'intégralité compatriote Gemalto, spécialiste cartes puce passe difficile.

Le groupe informatique français Atos propose d’acquérir l’intégralité de son compatriote Gemalto, spécialiste des cartes à puce dans une passe difficile. – KENZO TRIBOUILLARD

+VIDEO. L’offre est lancée au prix de 46 euros par action, soit une prime de 42 % sur le dernier cours de Bourse.

Atos a annoncé lundi soir un projet d’OPA qualifiée d’amicale à 4,3 milliards d’euros sur Gemalto. L’offre en numéraire propose d’acquérir l’action Gemalto à 46 euros, soit une prime de 42 % par rapport au dernier cours de l’entreprise.

La SSII française dirigée par Thierry Breton pourrait ainsi prendre le contrôle du poids lourd de la carte à puce. Une entreprise aux racines françaises qui traverse depuis plus d’un an une période de crise en raison du recul de son marché historique de la carte SIM pour téléphones portables et des puces pour cartes de paiement.

Au lendemain de cette annonce, le titre Gemalto s’envolait en Bourse. A la mi-journée, il atteint 45,08 euros, en hausse de 33% dans un CAC 40 en légère hausse de 0,13%.

image: https://www.lesechos.fr/medias/2017/12/12/2137501_atos-lance-une-opa-a-43-milliards-sur-gemalto-web-tete-0301013294077.jpg

capture d\'écran Bloomberg

capture d’écran Bloomberg

Volatilité sur le titre

L’offre a été transmise le 28 novembre dernier à Gemalto mais n’a été rendue publique que le 11 décembre en raison de la volatilité qui commençait à se manifester sur le titre de Gemalto. BPIFrance, premier actionnaire de Gemalto, se serait engagé à soutenir cette offre qui pourrait permettre de créer un leader mondial dans la sécurité numérique.

Le conseil d’administration de Gemalto n’a lui pas encore fait connaître sa position. Thierry Breton estime que le nouvel ensemble serait particulièrement bien positionné pour devenir un acteur de référence sur les marchés de la cybersécurité, de l’Internet des objets, des paiements électroniques et de la sécurité des Etats (homeland security).

Multiples opérations de croissances externes

Dirigé depuis 2008 par l’ancien patron de France Télécom-Orange, de Bull et de Thomson Multimédia, Atos enchaîne depuis dix ans les opérations de croissance externe. Au fil des ans, le groupe a ainsi racheté la branche SSII de Siemens en 2010 pour 850 millions d’euros.

Pour se renforcer dans l’outsourcing et se développer aux Etats-Unis, le groupe a en 2014 conclu le rachat pour 840 millions d’euros d’une partie des activités de Xerox. Et pour se renforcer dans les activités liées à la sécurité et aux super-calculateurs, Atos a pris en 2014 pour 620 millions d’euros le contrôle de Bull. Atos est également très présent dans les marchés du paiement électronique.

VIDEO. Atos lance une OPA à 4,3 milliards sur Gemalto

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Gemalto enchaîne les profits warning

Successeur d’Olivier Piou à la de tête de Gemalto en 2016, Philippe Vallée a été contraint d’enchaîner les profits warning. Le repositionnement du groupe sur les marchés de la sécurité numérique est incontestablement porteur.

Mais le groupe d’environ 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires souffre pour l’instant de la crise sur son marché historique de la carte à puce. Gemalto a également été affecté par la conversion bien moins rapide que prévu de la carte à puce sur le marché américain longtemps dominé par les cartes à bande magnétique.

Tourné vers la cybersécurité

Fin novembre, le groupe avait annoncé qu’il allait devoir lancer un plan de réduction de ses coûts qui passerait par le départ de 10 % de ses effectifs en France (soit un peu moins de 300 postes). Le groupe qui en début d’année prévoyait encore un bénéfice opérationnel de 660 millions d’euros avait révisé à la baisse ses objectifs dans une fourchette comprise entre 293 et 323 millions d’euros.

L’avenir du groupe passe par la cybersécurité et les marchés de l’identification numérique. Adossé à Atos qui a prouvé sa capacité à intégrer ses nombreuses acquisitions, il serait incontestablement plus solide.

Mais il perdrait son indépendance. Lors d’une conférence téléphonique, Thierry Breton a également ouvert la porte à la recherche d’un partenaire extérieur pour relancer l’activité cartes à puces de Gemalto.

@DavidBarroux

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