Cette nuit en Asie : sous pression, Orascom aurait éteint ses millions de smartphones en Corée du Nord

Cette nuit en Asie : sous pression, Orascom aurait éteint ses millions de smartphones en Corée du Nord

Yann Rousseau

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Selon « Korea Times », groupe finalement cédé pression Etats-Unis l'ONU

Selon le « Korea Times », le groupe aurait finalement cédé à la pression des Etats-Unis et de l’ONU – DR

Le géant égyptien des télécoms se serait retiré de l’exploitation du plus grand réseau de téléphonie mobile de Corée du Nord, dont il a longtemps détenu 75 %.

Les médias sud-coréens affirment, ce mercredi, que le géant égyptien des télécoms Orascom se serait retiré de l’exploitation du plus grand réseau de téléphonie mobile de Corée du Nord, dont il a longtemps détenu 75 %. Selon le « Korea Times », le groupe aurait finalement cédé à la pression des Etats-Unis et de l’ONU qui ont multiplié, ces dernières semaines, les sanctions économiques contre Pyongyang mais également contre les sociétés étrangères soupçonnées de collaborer avec le régime. Washington estime que cette stratégie d’isolement diplomatique et économique contraindra, à terme, le pouvoir nord-coréen à stopper ses programmes nucléaire et balistique .

Ce matin, Orascom Telecom Media and Technologies n’avait pas réagi à ces révélations de la presse. Dans une interview donnée à CNBC en septembre dernier, Naguib Sawiris, le fondateur du groupe égyptien, avait indiqué que sa société ne violait aucune des sanctions mises en place par l’ONU contre la Corée du Nord. « En tant qu’investisseur, j’obéis à toutes les résolutions », martelait alors le milliardaire qui a toujours défendu la dimension sociale de ses activités dans le pays ermite. « Je crois que nous avons déployé un bon service pour les gens innocents de Corée du Nord qui ne pouvaient pas voir leurs parents résidant loin et ne pouvaient pas appeler leurs enfants lorsqu’ils rentraient de l’école », avait disserté le dirigeant, avant de révéler que son groupe avait investi près de 250 millions de dollars en Corée du Nord.

3 millions d’utilisateurs

S’appuyant sur les bonnes relations diplomatiques construites entre Le Caire et Pyongyang dès les années 50, sous l’égide de l’Union soviétique, Orascom avait obtenu en 2008, par le biais d’une coentreprise – CHEO Technology JV – montée avec la Poste nord-coréenne (KPTC), la licence de construction du premier réseau de téléphonie mobile 3G du pays. Le nouvel opérateur, connu sous le nom de Koryolink dans le pays, était officiellement détenu à 75 % par Orascom et à 25 % par l’entité publique KPTC. Initialement lancé, en décembre 2008, à Pyongyang avec 5.300 abonnés, le réseau avait été progressivement déployé dans plusieurs villes de province, au point de compter plus de 3 millions d’utilisateurs selon les dernières estimations.

Si Orascom a régulièrement défendu son investissement, il ne cachait pas ses difficultés avec ses partenaires nord-coréens. Dans une communication financière de la fin 2016, consultée par « Les Echos », la société égyptienne avait expliqué qu’elle avait été contrainte de sortir, en 2015, cet investissement de ses comptes consolidés car la gestion Koryolink s’était considérablement compliquée au fil du durcissement des sanctions internationales. « Ces sanctions ont restreint les transactions financières ainsi que l’import et l’export de biens et services, notamment ceux nécessaires à l’opération, à la maintenance et au développement d’un réseau de téléphonie mobile », expliquait alors Orascom.

Avec le durcissement des contrôles, il est aussi devenu beaucoup plus compliqué de sortir de Corée du Nord les profits réalisés par Koryolink. De plus en plus coupée du monde, la Corée du Nord a d’ailleurs tenté, ces dernières années, de contraindre Orascom à réinvestir sur son territoire les bénéfices dégagés par le réseau télécom. Le gouvernement a par ailleurs refusé au groupe d’utiliser le taux de change du marché, qui lui aurait été trop favorable, lors des opérations de rapatriement de ses fonds vers l’Egypte.

Opérateur télécom concurrent

Ayant aussi appris de l’expérience Koryolink, le régime stalinien a encore lancé un opérateur télécom concurrent, « Kang Song Net », détenu à 100 % par l’Etat et a tout fait pour encourager son développement au détriment de Koryolink. Dans sa communication, Orascom expliquait qu’il avait plaidé, au fil de 2016, pour une fusion des deux entités mais n’avait pu obtenir gain de cause.

En organisant finalement son retrait complet des opérations, le groupe égyptien aurait conclu qu’il lui était devenu impossible de maintenir une activité rentable en Corée du Nord et qu’il était même urgent de mettre un terme à cette exposition délicate… au moment où les Etats-Unis promettent de sanctionner très durement, partout dans le monde, les groupes et les banques trop liés à Pyongyang.

Yann Rousseau

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/0301049005816-cette-nuit-en-asie-sous-pression-orascom-aurait-eteint-ses-millions-de-smartphones-en-coree-du-nord-2139953.php#mCi1dxlI5XR2rScE.99

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