Framatome : la renaissance d’un fleuron de l’industrie nucléaire

08.01.2018

Framatome : la renaissance d’un fleuron de l’industrie nucléaire

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Par Tristan Hurel, SFEN

Acteur historique de l’excellence nucléaire française, Framatome, qui a marqué les plus belles pages de l’industrie du nucléaire, renait. Désormais filiale d’EDF, l’ex AREVA NP ouvre, comme à ses débuts, une nouvelle page du nucléaire civil français.

Avec un carnet de commande de 15 milliards d’euros, 58 implantations, une présence dans 18 pays et sur 250 réacteurs, Framatome reprend la peau d’un AREVA NP devenu un acteur incontournable de l’industrie nucléaire mondiale. Le spécialiste des cœurs de réacteurs s’est forgé au fil des ans une expérience inégalée.

Comment Framatome est devenue un acteur de référence

A la création de Framatome, en 1958, le marché nucléaire mondial est balbutiant, avec seulement quelques grands prototypes en cours de construction. En 1974, le gouvernement de Pierre Messmer choisit l’électronucléaire comme source d’énergie de substitution au pétrole dans la production d’électricité. Framatome est retenue comme seul constructeur des centrales nucléaires en France. Afin de satisfaire les besoins qui en découleront, le personnel de Framatome croît rapidement en associant les ingénieurs et les techniciens venant des sociétés ayant déjà une expérience nucléaire avec des scientifiques et praticiens de toutes disciplines déjà familiarisés avec le monde industriel ou sortant des meilleures écoles d’ingénieur. Tout cet ensemble, plutôt jeune, va se structurer, s’organiser, pour réaliser le programme nucléaire français et commencer la conquête des marchés étrangers en s’appropriant les technologies américaines. Puis, dans un second temps, en s’efforçant de les faire progresser pour aboutir à une véritable technique Framatome.[1]

En 1975, Framatome est retenue comme seul constructeur des centrales nucléaires en France

En 2006, la création d’AREVA fait disparaître le nom Framatome, qui devient AREVA NP.  Entre temps, Framatome a eu un rôle d’entrainement déterminant pour l’industrie nucléaire française. Avec la restructuration de la filière menée depuis 2015, AREVA NP est racheté par EDF, qui acquiert 75,5 % du capital, aux côtés de Mitsubishi Heavy Industries (MHI) (19,5 %) et d’Assystem (5 %).

Le nouveau Framatome s’appuie sur 14 000 collaborateurs, répartis en France, en Allemagne et aux Etats-Unis. Avec eux, et ses 3 500 brevets couvrant quelques 680 inventions, Framatome dispose de compétences reconnues, d’un savoir-faire forgé tout au long de l’histoire de l’entreprise et qui a contribué à bâtir, dès la fin des « trente glorieuses », l’un des plus beaux succès industriels français, aux côtés d’Airbus, d’Ariane ou du TGV. Pour Bernard Fontana, son président du directoire et CEO, « Framatome est aujourd’hui un acteur de référence de l’industrie nucléaire dans le monde, grandi d’un retour d’expérience inégalé. »

« Une nouvelle page de l’histoire du nucléaire civil s’ouvre »

Avec Framatome, EDF est désormais au cœur d’une chaine nucléaire française refondée. « Nous reprenons une industrie rentable avec une vision internationale dont les 14 000 salariés sont des experts reconnus », explique Xavier Ursat, en charge du nouveau nucléaire chez EDF. « Le rapprochement d’EDF et de Framatome va nous permettre de gagner en efficacité et en performance pour être prêts ensemble à conquérir des marchés, que ce soit pour la construction de nouvelles centrales nucléaires ou pour proposer notre expertise et nos produits à des parcs en exploitation. Une nouvelle page de l’histoire du nucléaire civil s’ouvre. »

Le nouveau groupe symbolise en effet la volonté d’aller plus loin dans l’excellence industrielle nucléaire française. Pour y parvenir, la nouvelle entité s’appuie sur cinq axes stratégiques, dont une organisation agile, permettant d’évoluer dans un contexte mondialisé nécessitant d’innover rapidement, et un développement international, porteur de nouveaux relais de croissance face à la montée en puissance de la Chine et de la Russie.

Soixante après sa première naissance, Framatome entre dans un marché nucléaire où tout est à faire. Hier pour bâtir des parcs nucléaires, aujourd’hui pour renouveler le parc et accompagner sa croissance. Souhaitons-lui le même succès demain qu’hier.

Cinq dates clés à retenir
-1958 : Création de Framatome (Franco-Américaine de Constructions Atomiques) par Schneider, Merlin Gerin et Westinghouse Electric. Objectif : exploiter la licence Westinghouse dans le domaine des réacteurs à eau pressurisée.
-1975 : Framatome est choisie comme seul constructeur des centrales nucléaires en France. Pendant 25 ans, elle équipe les 58 réacteurs à eau pressurisée d’EDF.
-2001 : La filiale du Commissariat à l’énergie atomique, CEA Industrie, fusionne avec Framatome et la Cogema pour former le groupe AREVA.
-2006 : Framatome est rebaptisée AREVA NP. La société est alors spécialisée dans les chaudières nucléaires, la fourniture des assemblages de combustible et les services aux réacteurs.
-31 décembre 2017 : Finalisation de la cession du capital de New NP à EDF, qui devient actionnaire majoritaire de l’entreprise avec 75,5 % de parts, et à Mitsubishi Heavy Industrie (MHI) et Assystem, respectivement 19,5 % et 5 %.

Une entreprise internationale

L’entreprise n’est plus franco-américaine. Pourtant, elle garde des attaches fortes aux Etats-Unis, son second marché, et s’ouvre à l’international. Framatome intervient en effet dans 18 pays et sur plus de 250 réacteurs dans le monde, où elle propose des solutions recherchées pour la conception, la construction, la maintenance et le développement d’un parc nucléaire mondial en croissance. Elle conçoit et fabrique des composants, du combustible et offre toute une gamme de services destinés aux réacteurs.

Le marché nucléaire, avec 440 réacteurs en fonctionnement, offre des opportunités dans le domaine des composants, du combustible, de la modernisation et des services. Framatome travaille d’ailleurs sur plusieurs chantiers majeurs, dont les six EPR en construction, et sur deux projets de centrales : Jataipur, en Inde, où six réacteurs EPR pourraient être construits, et celle de Sinop, en Turquie, avec un projet de quatre réacteurs ATMEA-1.

L’ATMEA-1, réacteur de 1000 MW, est le fruit d’une joint-venture entre AREVA et MHI. A l’occasion de sa montée au capital dans Framatome, le japonais a précisé que le réacteur serait désormais détenu à 50/50 entre EDF et lui, avec une part spéciale possédée par Framatome. Les trois entreprises collaboreront dans cette nouvelle structure pour promouvoir la technologie ATMEA dans le monde.

Framatome, qui maitrise la totalité du processus, de la conception à la fabrication des combustibles pour réacteurs à eau légère (hors VVER) et de recherche, a déjà livré plus de 224 000 assemblages pour REP et REB. Actuellement, 107 des 263 réacteurs à eau légère en fonctionnement dans le monde utilisent des combustibles de technologie Framatome. Et dans ce domaine, l’entreprise innove, avec ATRIUM11, un nouveau design pour les REB, GAIA, pour les REP, ou encore ARCADIA et GALILEO, des codes et méthodes avancées pour les cœurs. Témoignage de son expertise, Framatome a d’ailleurs été retenue pour fournir le combustible d’un réacteur parmi les plus innovants, celui du petit réacteur modulaire (SMR) de la start-up américaine NuScale.

Crédit photo : Framatome / Carillo Georges

http://www.sfen.org/rgn/framatome-renaissance-fleuron-industrie-nucleaire

 

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