Les politiques défendent la pertinence du projet européen à Davos

Les politiques défendent la pertinence du projet européen à Davos

Malgré l’absence de Jean-Claude Juncker au Forum économique mondial, les présidents, les premiers ministres et ministres de toute l’UE ne cessent de clamer le retour de l’Europe.

L’Europe a été secouée par les nombreuses crises de ces dix dernières années. Pour autant, les dirigeants européens participant au Forum de Davos pour discuter de l’avenir de l’Union se sont montrés d’un optimisme modéré.

« Il n’y a pas lieu de pavoiser », a déclaré le Premier ministre portugais, Antonio Costa, soulignant la nécessité d’impliquer les citoyens et d’accroître leur confiance envers le projet européen. « Nous devons leur faire comprendre la valeur ajoutée de l’UE au moment d’apporter des solutions aux grands défis du continent. »

Et la liste des défis est longue : migration, renforcement de la zone euro, amélioration de l’éducation pour répondre aux besoins du marché du travail, accélération de la transformation industrielle pour atteindre les objectifs climatiques.

« Dans tous ces domaines, on ne peut pas faire mieux que dans l’UE. Ensemble, nous aurons la force d’entreprendre des réformes significatives, d’être compétitifs sur le marché international et de vivre dans des sociétés plus solidaires », a affirmé Antonio Costa.

Un nouveau rapport publié cette semaine par le think tank de la Commission, le Centre européen de stratégie politique, révèle que l’investissement en Europe repart à la hausse, que la croissance de la productivité et du PIB se poursuit et que l’emploi atteint des records.

En 2016, l’UE à 27 a attiré 424 milliards d’euros d’investissements directs étrangers (IDE), contre 391 milliards d’euros pour les États-Unis, faisant donc de l’Europe la première destination mondiale pour les investissements étrangers. Sans oublier que l’UE demeure le plus grand bloc commercial au monde.

Davos attend «le retour de l’UE»

Alors que l’UE s’embarque dans une année difficile, le monde est de plus en plus inquiet de la capacité européenne à se réinventer pour jouer un rôle clé sur la scène internationale.

Les Européens ne se reposent cependant pas sur leurs lauriers. Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, reconnaît qu’il y a encore beaucoup à faire pour exploiter pleinement le potentiel du marché unique.

Un meilleur rapport de force entre la France et l’Allemagne et le départ imminent du Royaume-Uni de l’UE pourraient bien accélérer le rythme des réformes vers une Union plus forte.

Appropriation des citoyens

Les observateurs à Davos n’ont pas manqué de noter que le discours d’Emmanuel Macron le 24 janvier n’avait pas dissocié la France de l’Europe, tout comme le discours d’Angela Merkel.

Cette nouvelle dynamique a le potentiel de créer un sentiment d’appropriation qui a souvent été miné ces dernières années par des responsables politiques tenant Bruxelles pour responsable de leurs problèmes nationaux.

« La réponse au populisme est le leadership : assurer croissance et emploi », a déclaré le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire.

« Si la construction européenne ne donne pas des résultats positifs aux populations, ce sera la fin de l’Europe. Mais si vous prouvez que vous avez la capacité de prendre des décisions et d’améliorer concrètement le quotidien de chaque citoyen, alors l’Europe ira de l’avant », a-t-il défendu.

À Davos, les dirigeants européens appellent à plus d’égalité sociale

Les dirigeants allemand, français et italien ont affirmé être prêts à repenser la mondialisation et à corriger les erreurs du passé afin de rééquilibrer les inégalités au niveau mondial.

Consolidation des démocraties

Alors que les responsables politiques poursuivaient sur le potentiel de l’Europe et sur sa capacité à défendre ses propres règles et ses propres intérêts, le professeur Jan-Werner Müller n’a pas pu s’empêcher d’ajouter une pointe de réalisme à ce tableau idyllique.

Il a souligné que le projet européen n’avait pas été fondé à des fins économiques, mais à des fins politiques – pour la paix et pour consolider les démocraties dans le cadre de l’état de droit.

« De ce point de vue, l’Europe est en pleine crise. Nous avons deux États membres qui violent constamment ces principes de base, et l’un des deux s’en tire malgré tout, la Hongrie. La Pologne n’a pas ce luxe, son seul protecteur est Theresa May et elle est en train de sortir de l’UE », a-t-il prévenu.

À Davos, le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a défendu le système judiciaire de son pays « qui sera beaucoup plus indépendant, objectif, transparent et efficace, car nous dépensons 1,8 % de notre budget dans le système judiciaire, soit trois fois plus que la moyenne de l’UE. »

Ce dossier épineux risque d’ailleurs de gâcher la fête, puisque la Pologne est menacées de sanctions européennes après des réformes judiciaires jugées problématiques. La présidente lituanienne Dalia Grybauskaité, a d’ailleurs rappelé que l’état de droit était une valeur fondamentale de l’UE.

L’historien Timothy Snyder, de l’université de Yale, a demandé aux dirigeants européens de se mettre à la place de la Pologne. « Ce gouvernement associe l’UE à l’Allemagne, qu’ils voient comme une menace à leur souveraineté », a-t-il déclaré. « Or, c’est tout le contraire, l’UE peut préserver leur souveraineté, ils font une erreur et n’en saisissent pas bien l’ampleur. »

https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/news/inspired-by-europes-comeback-eu-leaders-pledge-to-deliver/

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