Yémen : Parly gênée par une question sur les livraisons d’armes à l’Arabie saoudite (VIDEO)

Yémen : Parly gênée par une question sur les livraisons d'armes à l'Arabie saoudite (VIDEO)

Interrogée sur la politique de la France au Yémen, la ministre française des Armées a montré une gêne manifeste. Entre livraison d’armes et appel à l’ouverture de corridors humanitaires, Florence Parly a préféré user de la langue de bois.

Lors de l’émission Quotidien diffusée le 23 février, le journaliste Baptiste des Monstiers est revenu sur la guerre au Yémen, et notamment sur la position de la France dans le conflit. Photos à l’appui, et s’appuyant sur le rapport parlementaire de 2017 sur les exportations d’armement de la France, où l’on apprend que l’Arabie saoudite était entre 2007 et 2016 le second client des fabricants d’armes français, il a alors rapporté que les armes vendues par Paris à l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, qui mènent des campagnes de bombardement au Yémen, étaient utilisées contre les populations civiles.

A partir de ces informations, le journaliste a donc décidé d’interroger la ministre des Armées, Florence Parly, lors de son déplacement le 22 février sur la base aérienne d’Avord, près de Bourges. Alors qu’elle venait d’effectuer un discours, le journaliste l’a interpellée : «Compte tenu de la crise qui se déroule actuellement au Yémen, est-ce que la France peut continuer à livrer des armes à l’Arabie saoudite et aux Emirats ?»

Visiblement surprise et gênée par la question, la ministre des Armées s’est contentée de déplorer «une épouvantable crise humanitaire» et «un drame humain». Insatisfait de la réponse, le journaliste, insistant, lui a alors demandé s’il était nécessaire de «maintenir la pression sur l’Arabie saoudite et les Emiratis» afin de les contraindre à arrêter leurs opérations militaires, ou si la France devait «garder le silence et continuer à leur livrer des armes».

Face à cette nouvelle tentative du journaliste, Florence Parly a une énième fois évité de répondre clairement, se bornant à affirmer que la France n’était pas silencieuse face à cette situation et qu’elle réclamait la mise en place de «corridors humanitaires».

Une coalition de pays arabes dirigée par l’Arabie saoudite intervient militairement dans le conflit depuis mars 2015 afin de rétablir Abd Rabbo Mansour Hadi dans ses fonctions. Les ONG humanitaires dénoncent depuis le début le caractère aveugle et meurtrier des bombardements réalisés par cette coalition, ainsi que de multiples violations des droits de l’homme.

Selon l’ONU, le conflit a fait plus de 8 750 morts, dont de nombreux civils et la situation humanitaire sur place ne cesse de se détériorer. Une épidémie de choléra a déjà touché plus d’un million de personnes, d’après le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

source

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/02/yemen-parly-genee-par-une-question-sur-les-livraisons-d-armes-a-l-arabie-saoudite-video.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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Allemagne. Dans l’attente du résultat de la consultation des adhérents du SPD sur la participation du parti à une nouvelle grande coalition avec les chrétiens-démocrates

Allemagne. Dans l’attente du résultat de la consultation des adhérents du SPD sur la participation du parti à une nouvelle grande coalition avec les chrétiens-démocrates

Par Jérôme VAILLANT, le 27 février 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Professeur émérite de civilisation allemande contemporaine de l’Université de Lille SHS et directeur de la revue Allemagne d’aujourd’hui (Lille), il participe aujourd’hui à l’expertise sur l’Allemagne pour des publications en ligne telles que The conversation (France) et Atlantico ainsi que pour des stations de radio telles que France culture, Rfi, Deutsch Welle.

Comment comprendre cette semaine politique en Allemagne fédérale ? Quels sont les éléments et les enjeux du scrutin interne au SPD le 4 mars 2018 ? Quelles pourraient être ses suites ? Avec beaucoup de pédagogie, J. Vaillant nous donne les clés du jeu politique du pays le plus peuplé et le plus productif de l’UE.

LORS de son congrès de Berlin le 26 février 2018, la CDU n’a pas seulement formellement approuvé, par seulement 27 voix contre, l’accord de gouvernement négocié avec les sociaux-démocrates. Elle s’est aussi donnée, sur proposition d’Angela Merkel, en la personne de la ministre-présidente sortante de Sarre, Annegret Kramp-Karrenbauer, une nouvelle secrétaire générale qui a fait l’unanimité. Elle a été élue avec 98,87% des voix. A. Merkel a ainsi signalé qu’elle refusait une droitisation du parti et entendait continuer de gouverner au centre. La chancelière, aujourd’hui encore à titre intérimaire, a également présenté les personnalités destinées à occuper, pour la CDU/CSU, les fonctions de ministres dans le futur gouvernement fédéral, ses choix ont fait taire le début de fronde sur sa droite en nommant à la santé Jens Spahn qui passe pour être son plus ambitieux adversaire potentiel. Elle a encore engagé un rajeunissement du parti comme on le lui demandait et entamé une réflexion pour remplacer d’ici deux ans le programme fondamental du parti vieux de dix ans. A. Merkel a repris la main et mis son parti en ordre de marche pour gouverner à la tête d’une nouvelle grande coalition – du moins si le SPD lui donne, au terme de la consultation de ses adhérents, son accord définitif.

Les 464 000 adhérents du SPD sont, en effet, appelés à dire depuis le 20 février 2018 si oui ou non, ils donnent leur feu vert pour gouverner à nouveau avec les chrétiens-démocrates. Le parti est profondément divisé, une petite moitié voyant dans le retour dans l’opposition la seule façon pour lui de se régénérer tandis que l’autre plus grande moitié pense que seul l’exercice du pouvoir lui rendra la confiance des Allemands. Le SPD connaît aujourd’hui une grave crise de confiance dont ses dirigeants mais aussi ses militants sont en partie eux-mêmes responsables.

Le SPD est un parti démoralisé et désorienté où la base ne sait plus à quel saint se vouer pour dire qui a raison ou qui a tort.

Alors que la délégation sociale-démocrate conduite par Martin Schulz a négocié un contrat de gouvernement dont tous les observateurs se sont accordés à dire qu’il portait largement la marque du SPD en politique sociale comme en politique européenne et lui accordait trois ministères essentiels ( les Affaires étrangères, les Finances et les Affaires sociales), il est apparu ensuite incapable de se concentrer sur la défense de cet acquis et s’est empêtré dans les querelles de personnes qu’il disait pourtant vouloir éviter. La responsabilité de Martin Schulz dans l’affaire a été considérable : croyant s’assurer le fauteuil des Affaires étrangères en renonçant à la présidence du parti au profit de l’actuelle présidente du groupe parlementaire à Berlin, Andrea Nahles, il a rompu une nouvelle fois la parole donnée puisque il avait exclu au lendemain des élections fédérales de septembre 2017 de participer à un gouvernement Merkel. De plus celui-ci n’a pas respecté les statuts du parti qui prévoient qu’en cas de démission du président, la fonction intérimaire échoit à un de ses vice-présidents. Il a ainsi donné le sentiment de recourir à des accords négociés en catimini quand il prétendait vouloir rénover et démocratiser le parti. La polémique qu’il a déclenchée a finalement convaincu M. Schulz de renoncer à devenir ministre des Affaires étrangères après avoir renoncé à en être le président. Exit Martin Schulz alors qu’il devait conduire la campagne de promotion en faveur d’une grande coalition avec les chrétiens-démocrates contre la campagne fort habilement orchestrée par les Jeunes socialistes avec à leur tête un jeune président talentueux, Kevin Kühnert, sachant manier le verbe avec conviction.

Le SPD est un parti démoralisé et désorienté où la base ne sait plus à quel saint se vouer pour dire qui a raison ou qui a tort. Ce ne sont pas seulement les adhérents du SPD qui sont désorientés mais l’ensemble de l’électorat social-démocrate. Ce qui explique que le SPD perde des points de pourcentage par rapport à son score déjà désastreux de septembre 2017 (20,5%). Le journal Bild Zeitung (sondage INSA) l’a même placé à deux reprises, les 19 et 26 février 2018, derrière l’AfD (16%) qui le dépasserait d’un demi-point. Les partis de la grande coalition en gestation ne bénéficieraient plus que de 47,5% des intentions de vote des Allemands contre un résultat affiché de 53,4% en septembre 2017. Des sondages à peu près du même moment sont, à vrai dire, moins catastrophiques et donnent les deux partis CDU/CSU + SPD à 50 voire 52% des intentions de vote.

La direction du parti exprime la conviction que les adhérents du SPD formuleront un vote de raison et qu’elle pourra proclamer le 4 mars 2018 un résultat nettement positif à l’issue de la consultation de ses adhérents. Leur composition lui donne tendanciellement raison. Les moins de 40 ans ne représentent que 16% des membres du SPD, les 40-60 ans, 30% et les plus de 60 ans 54%. Ces pourcentages ne parlent pas en faveur d’un vote favorable au point de vue défendu par les Jeunes socialistes et la gauche du parti. En provoquant un mouvement d’adhésions sur le thème « Entre au SPD, vote contre la Groko », les Jeunes socialistes sont peut-être à l’origine des quelque 25 000 nouvelles adhésions enregistrées depuis le congrès de Bonn qui a décidé fin janvier 2018 l’ouverture de négociations avec les chrétiens-démocrates. Mais ces nouvelles adhésions ne devraient pas faire basculer le scrutin de façon décisive. La sur-représentation des services publics (42%) pourrait être également un indice en faveur de l’acceptation d’une nouvelle grande coalition tout comme la surreprésentation des Länder de l’Ouest par rapport à ceux de l’Est – qui pose en soi problème

Globalement, la structure des adhérents du SPD permet de penser que ceux-ci seront sensibles aux résultats obtenus par le SPD lors de ses négociations avec la CDU/CSU. Ils souhaiteront que l’Allemagne soit, après des mois d’atermoiement, enfin gouvernée par un gouvernement disposant de la majorité au Bundestag et que le risque serait beaucoup trop grand, politiquement mais aussi financièrement pour le SPD, d’affronter des élections anticipées.

En 2013, la même consultation, avec une participation de 78% de ses 475.000 adhérents d’alors, avait donné 76% de oui à la formation de la grande coalition 2013-2017. Si les réticences étaient déjà fortes à l’époque, c’est un vote de raison qui l’avait emporté. La situation est, un peu plus de quatre ans plus tard, certes différente, parce qu’il y a redondance et surtout parce que l’opposition à la Groko est plus structurée au sein d’un parti dominé par le doute. S’il est difficile de faire un pronostic chiffré sur le résultat de la consultation, il semble plutôt prévisible que le oui l’emporte, peut-être même dans des proportions supérieures aux 56% de oui qui se sont exprimés lors du congrès extraordinaire de Bonn fin janvier 2018.

L’Allemagne est-elle en train de devenir ingouvernable ? L’affirmer serait hâtif et précipité.

Un vote négatif le 4 mars 2018 ne serait pourtant pas la fin de tout. Certes, un tel résultat engendrerait une période d’instabilité et la grande coalition ne verrait pas le jour. Angela Merkel devrait affronter le vote du parlement et sans doute ne pas être élue lors des deux premiers tours puisque elle ne devrait pas obtenir la majorité qualifiée des membres du Bundestag. Elle pourrait, en revanche, être élue au troisième tour à la majorité relative. Cette situation ouvrirait la porte à deux possibilités : soit la formation sous sa direction d’un gouvernement chrétien-démocrate minoritaire, solution que celle-ci a jusqu’à maintenant rejetée, mais cette possibilité existe ; soit sur décision du président fédéral, l’organisation d’élections anticipées, possibilité que la chancelière n’a pas non plus exclue. C’est une des raisons pour lesquelles celle-ci a tenu à mettre son parti en ordre de marche, ou de bataille, comme on veut.

Dans la perspective d’élections anticipées, il est deux partis qui pourraient tirer profit des doutes qui parcourent le pays : c’est l’AfD puisque, « en cas d’élections dimanche prochain », celle-ci progresserait, selon les sondages, de deux à trois points depuis les élections de septembre 2017. Mais ce sont davantage encore les Verts qui passeraient de 8,9% à potentiellement 12-13% soit une progression de trois à quatre points, trop peu remarquée par les observateurs. La Gauche (Die Linke) ne croîtrait que de deux points quand les Libéraux, sanctionnés pour avoir fait échouer les négociations en vue de former une coalition aux couleurs de la Jamaïque (noir-jaune-verts pour la CDU/CSU+ le FDP + les Verts), perdraient environ deux points.

L’Allemagne est-elle en train de devenir ingouvernable ? L’affirmer serait hâtif et précipité. Le cadre constitutionnel donne au parlement les instruments pour régler, sous le contrôle du président fédéral, ce type de crise. Les solutions, certes, ne peuvent pas être aussi rapides qu’auparavant, en raison de la présence désormais de 6 groupes parlementaires au Bundestag. La situation dans les Länder montre que la solution se trouve dans la démultiplication des combinaisons possibles pour former des gouvernements dès l’instant que tous les partis démocratiques acceptent de former entre eux des coalitions de gouvernement. C’était le message du président fédéral, Frank-Walter Steinmeier, aux partis et en particulier à l’adresse du parti dont lui-même est issu, le SPD : briguer les suffrages des électeurs c’est accepter d’assumer les responsabilités de gouverner. Avec cependant des exclusions selon les partis : la Gauche n’est pas acceptable pour les chrétiens-démocrates, elle ne l’est pas encore pour le SPD au niveau fédéral, mais elle l’est déjà dans trois Länder (Berlin, le Brandebourg et la Thuringe). Quant à l’AfD que tous entendent combattre, elle n’est aujourd’hui acceptable pour aucun autre parti, aussi bien au niveau fédéral qu’au niveau des Länder.

Copyright Février 2018-Vaillant/Diploweb.com

Jean-Yves Le Drian et la Syrie

Jean-Yves Le Drian et la Syrie

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Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu à Moscou le 27 février 2018. La presse française a présenté cette visite comme un effort de Paris en faveur des populations syriennes de la Ghouta orientale. En réalité, cette rencontre était prévue de longue date dans le cadre des relations culturelles entre les deux pays.

M. Le Drian a profité de son déplacement pour observer que les trois principaux groupes armés présents dans la Ghouta, Aylaq al-Rahmane, Jaich al-Islam et Ahrar al-Cham, avaient écrit au président du Conseil de sécurité des Nations unies pour l’assurer de leur participation à la cessation des hostilités. Pour être plus précis, il a parlé de « leur acceptation de la trêve humanitaire », ce qui n’est juridiquement pas exactement la même chose. « Il importerait que le régime de Bachar al-Assad le dise aussi », a-t-il ajouté.

M. Le Drian semble ignorer que Damas n’est pas le régime d’un individu particulier, mais est enregistré à l’Onu sous la dénomination « République arabe syrienne ». Il ne semble pas avoir été informé par son représentant que celui de la Syrie, l’ambassadeur Bachar Ja’afari, a présenté au nom de son gouvernement l’accord de Damas sur la Résolution 2401.

L’AFP quant à elle et les médias français en général n’ont pas entendu les déclarations du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, en présence de Jean-Yves Le Drian. « Ceux qui influent sur les terroristes qui bombardent Damas doivent assumer leur responsabilité et comprendre l’importance de s’engager à appliquer des résolutions du Conseil de sécurité », a-t-il déclaré dans une allusion transparente à la France, dont plusieurs officiers encadrent les jihadistes d’Al-Qaïda dans la Ghouta orientale.

Depuis le début de la cessation des hostilités, décidée par le Conseil de sécurité, les trois groupes ayant écrit leur approbation au président du Conseil bombardent sans interruption la route qui pourrait permettre aux civils de fuir la zone.

http://www.voltairenet.org/article199901.html

Proposition de résolution sur le statut de Jérusalem (veto des États-Unis)

Proposition de résolution sur le statut de Jérusalem (veto des États-Unis)

| New York (États-Unis)

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Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions sur la question, notamment les résolutions 242 (1967), 252 (1968), 267 (1969), 298 (1971), 338 (1973), 446 (1979), 465 (1980), 476 (1980), 478 (1980) et 2334 (2016),

Guidé par les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies et rappelant notamment que l’acquisition de territoire par la force est inadmissible,

Gardant à l’esprit le statut de la Ville sainte de Jérusalem et en particulier le fait qu’il faut protéger et préserver les particularités spirituelles, religieuses et culturelles de la ville, comme le prévoient les résolutions des organes de l’Organisation des Nations Unies,

Soulignant que Jérusalem est une question qui relève du statut final et qui doit être réglée par la voie de la négociation, comme le prévoient les résolutions des organes de l’Organisation des Nations Unies,

Déplorant au plus haut point les récentes décisions relatives au statut de Jérusalem,

1. Affirme que toute décision ou action qui visent à modifier le caractère, le statut ou la composition démographique de la Ville sainte de Jérusalem n’ont aucun effet juridique, sont nulles et non avenues et doivent être rapportées en application de ses résolutions sur la question et à cet égard demande à tous les États de s’abstenir d’établir des missions diplomatiques dans la Ville sainte de Jérusalem, en application de sa résolution 478 (1980) ;

2. Exige que tous les États respectent ses résolutions concernant la Ville sainte de Jérusalem et s’abstiennent de reconnaître les actions et les mesures qui y sont contraires ;

3. Appelle à nouveau à inverser les tendances négatives sur le terrain qui mettent en péril la solution des deux États et à intensifier et accélérer les efforts entrepris et l’appui apporté aux niveaux international et régional en vue de parvenir sans tarder à une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, sur la base des résolutions pertinentes des organes de l’Organisation des Nations Unies, du mandat de la conférence de Madrid, y compris le principe de l’échange de territoires contre la paix, de l’Initiative de paix arabe et de la Feuille de route du Quatuor, et de mettre fin à l’occupation israélienne qui a commencé en 1967 ;

4. Décide de rester saisi de la question.

http://www.voltairenet.org/article199117.html

Après le gel de mesures israéliennes, le Saint-Sépulcre a rouvert ses portes

Après le gel de mesures israéliennes, le Saint-Sépulcre a rouvert ses portes

Des fidèles prient le 27 février 2018 devant le Saint-Sépulcre, lieu le plus saint du christianisme à Jérusalem, après sa fermeture dimanche / © AFP / Thomas COEX

Le Saint-Sépulcre, le lieu le plus saint du christianisme, a rouvert ses portes mercredi à Jérusalem après trois jours de fermeture dans un bras de fer entamé avec les autorités israéliennes.

A 04H00 locales (02H00 GMT), les larges portes en bois ont été ouvertes par deux gardiens et des pèlerins se pressaient pour visiter le site sacré.

Les Églises grecque orthodoxe, arménienne et catholique avaient annoncé mardi soir dans un communiqué conjoint que le Saint-Sépulcre serait « rouvert aux pèlerins » mercredi matin.

« Nous remercions Dieu pour le communiqué diffusé plus tôt par le Premier ministre et exprimons notre gratitude à tous ceux qui ont travaillé sans relâche afin de conserver la présence chrétienne à Jérusalem », ont-elles ajouté.

Quelques heures plus tôt, le gouvernement de Benjamin Netanyahu avait annoncé la suspension de la collecte des taxes ainsi que de l’examen d’une proposition de loi qui avaient entraîné la colère des Eglises.

Les chefs de ces églises, qui partagent la garde du site, avaient fait fermer dimanche le Saint-Sépulcre, construit sur les lieux présumés de la crucifixion et du tombeau du Christ.

Depuis lors, des milliers de pèlerins et voyageurs du monde entier, pour lesquels la visite s’annonçait comme le temps fort de leur séjour, ont trouvé portes fermées, exprimant leur dépit ou improvisant des prières sur le parvis.

– ‘Négocier une solution’ –

La mesure n’a que de rarissimes précédents au cours du quart de siècle écoulé et est à la mesure de la crispation qu’entendent exprimer les chefs des Églises.

Ces derniers dénoncent la décision récente de la municipalité israélienne de Jérusalem de leur faire payer des impôts sur une partie de leurs biens immobiliers. Les taxes ne porteraient pas sur les lieux de culte comme le Saint-Sépulcre, mais sur les biens qui génèrent des revenus, des loyers par exemple, selon la municipalité.

Les arriérés sont chiffrés par la mairie à quelque 150 millions d’euros. Autant d’argent qui ne financerait plus leurs importantes oeuvres sociales, disent les Eglises.

Elles s’insurgent aussi contre une proposition de loi qui permettrait à l’Etat israélien d’exproprier des terres vendues par l’Eglise orthodoxe à des investisseurs privés, un texte dans lequel les Eglises voient une atteinte à leurs droits de vente et donc de propriété.

M. Netanyahu et le maire de Jérusalem Nir Barkat se sont entendus sur la création d’un groupe de travail « qui négociera avec les Eglises une solution » sur les impôts, ont dit mardi les services du Premier Ministre.

Ce dernier, à la demande des Eglises, a aussi chargé un de ses ministres de se pencher sur la question des ventes de terrains, ont-ils ajouté. En attendant, « toute activité législative sur ce sujet est suspendue ».

La proposition de loi vise selon ses promoteurs à rassurer les habitants de Jérusalem qui craignent de voir les investisseurs auxquels l’Eglise aurait vendu des terres les expulser pour des programmes plus rentables.

Au-delà des impôts et du texte parlementaire, les Eglises s’alarment d’agissements visant selon elles à amoindrir la présence chrétienne à Jérusalem.

– ‘Soutenir notre Eglise’ –

Dans une ville comme Jérusalem, proclamée par les Israéliens leur capitale indivisible mais revendiquée par les Palestiniens pour capitale de l’Etat auquel ils aspirent, le soupçon d’hégémonisme au détriment des minorités n’est jamais loin.

« Nous sommes ici pour soutenir notre Eglise », a dit l’un des participants à une manifestation de soutien devant le Saint-Sépulcre, Bishara Sahwani, 48 ans, un Palestinien soutenant une immense croix.

« En imposant les biens des Eglises, les Israéliens cherchent à terme à s’approprier les terrains dans une ville où la propriété foncière reste, avec la persistance du conflit israélo-palestinien, une affaire éminemment politique », a-t-il ajouté.

Les quelque 50.000 chrétiens de Cisjordanie et de Jérusalem partagent largement avec les musulmans palestiniens une vision nationale de Jérusalem.

Le Saint-Sépulcre se trouve dans la Vieille ville à Jérusalem-Est, annexée par Israël. L’annexion est considérée comme illégale par la communauté internationale.

Les Eglises s’étaient opposées en décembre à la déclaration du président américain Donald Trump reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël.

(©AFP / 28 février 2018 09h14)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Apres-le-gel-de-mesures-israeliennes-le-Saint-Sepulcre-a-rouvert-ses-portes/894400.rom

Syrieleaks : Suites, propagande et dividendes… Par Richard Labévière

L’envers des cartes

Beyrouth, 26 février 2017.

A la demande de plusieurs lecteurs et auditeurs, nous revenons sur notre « information exclusive » de la semaine dernière (19 février 2018), publiée par prochetmoyen-orient.ch (numéro 166) : « Syrieleaks : un câble diplomatique britannique dévoile la stratégie occidentale ».

C’est le légendaire Pierre Lazareff qui disait que « pour un journaliste, sortir une exclusivité est toujours une épreuve, sinon une douleur ». Et le patron de France-Soir ne connaissait pas encore les réseaux numériques (abusivement nommés « réseaux sociaux »), les Fake News et les futures lois sur les Fake News

Il y a d’abord ceux qui vous somment d’exhiber le document sur le champ. Il y a aussi ceux qui vous disent que « les médias sérieux n’en parlent pas ». Il y a encore ceux qui vous demandent très tranquillement de dévoiler vos sources. Enfin, d’autres s’étonnent de « votre discrétion sur la toile », ne comprenant pas qu’on puisse vivre sans relater immédiatement faits, gestes, émotions sur les réseaux numériques !

Les mêmes ne peuvent imaginer qu’on ne dispose d’aucun compte face ou tweet ou autre, ni qu’on ait passé l’âge de se précipiter sur les plateaux des télévisions de l’immédiateté et de l’émotion en continu, aux côtés d’experts auto-proclamés de telle ou telle spécialité… En réalité, que s’est-il réellement passé ?

EPISTEMOLOGIE D’UN SCOOP

Daté du 12 janvier 2018, le télégramme diplomatique britannique (TD) – signé par Benjamin Norman (qui suit les dossiers du Proche-Orient à l’ambassade de Grande Bretagne à Washington) – a beaucoup circulé dans les coulisses de la Wehrkunde, la dernière Conférence sur la sécurité de Munich (du 16 au 18 février derniers). Pourquoi ? Parce que ce document – assez exceptionnel – révèle le contenu d’une réunion (du « Petit Groupe sur la Syrie », réunissant des diplomates de hauts rangs des Etats-Unis, de Grande Bretagne, de France, d’Arabie saoudite et de Jordanie), qui aurait dû rester strictement confidentiel.

Pourquoi ? Parce qu’elle révèle, par le menu, la « stratégie occidentale » concernant la guerre en Syrie : nourrir et multiplier les hostilités par tous les moyens pour empêcher une Pax Russiana ; poursuivre une intense campagne de communication sur les bombardements russes et syriens qui tuent des civils ; cadrer le représentant spécial des Nations unies pour la Syrie – Staffan de Mistura – par une feuille de route contraignante ; saboter la conférence de paix de Sotchi pour revenir à Genève dans un format tripartite : opposition syrienne, gouvernement syrien et Forces démocratiques syriennes (FDS – principalement constituées de supplétifs kurdes aux ordres du Pentagone).

En filigrane, le TD britannique décrivait les deux objectifs politiques principaux visés : saboter la conférence de Sotchi et préparer la même campagne de propagande massive qui accompagna la libération d’Alep en décembre 2016, destinée à ponctuer la reconquête, certes dévastatrice, par l’armée gouvernementale syrienne de la Ghouta orientale (banlieue de Damas) aux mains de différents groupes terroristes. A la lecture du document, on comprend que cette stratégie occidentale opte pour « une guerre sans fin » en Syrie, tout en dénonçant auprès de l’opinion publique internationale une nouvelle « catastrophe humanitaire ». En conclusion, le TD se félicite du leadership américain, exercé pour la mise en œuvre effective et la médiatisation – la plus large possible – de cette stratégie.

Voulant d’abord protéger sa source, prochetmoyen-orient.ch a choisi de ne pas publier la totalité du TD pour transmettre son fac-similé à ses amis de la rédaction de L’Humanité-Dimanche, afin d’en publier des extraits le jeudi 22 février. Toujours dans les coulisses de la réunion de Munich, un autre fac-similé a été transmis à plusieurs journalistes arabes. C’est ainsi que le quotidien Al-Akhbar de Beyrouth, en a fait sa une du même jeudi de février, reproduisant de larges extraits du document dans un dossier spécial de plusieurs pages. A l’exception de la presse française, ces deux titres ont été largement repris par des médias du monde entier…

Précision d’importance : toujours à Munich, le document en question avait fait l’objet d’une scrupuleuse authentification par deux experts de services européens de renseignement, ainsi que par le chef des forces de sécurité de l’un des pays arabes participant à la réunion bavaroise ! Voilà pour les mal-pensants, les imprécateurs des Fake News, des complots globaux, conspirations et nouvelles cuisines.

L’OPTION D’UNE GUERRE SANS FIN

Plus sérieusement, ce TD était parfaitement annonciateur de ce qui s’est passé par la suite et de ce qui se déroule encore actuellement sur le plan opérationnel en Syrie : ajouter de nouvelles guerres à la guerre en cours. Depuis plusieurs années, prochetmoyen-orient.ch qualifie le conflit syrien de « guerre civilo-globale », en précisant qu’il fait interagir quatre principales dynamiques : 1) Etats-Unis contre Russie ; 2) Arabie saoudite contre Iran ; 3) Turquie contre Kurdes ; 4) enfin, jihadistes globaux (Al-Qaïda) contre jihadistes locaux (Dae’ch, notamment).

Sur le plan opérationnel, les révélations du TD de Benjamin Norman se sont avérées parfaitement pertinentes. En annonçant la formation d’un corps de supplétifs de 30 000 combattants (quelques jours avant le sommet de Sotchi), le Pentagone appuyait délibérément sur le bouton rouge d’une nouvelle intervention militaire turque. Non seulement Washington donnait implicitement son feu vert à Ankara, mais en prime, les stratèges américains créaient une indémêlable zizanie entre factions kurdes pour consolider leurs alliés des FDS, dont ils entendent imposer la présence à Genève…

Autrement préoccupante, est la cinquième et nouvelle dimension de cette « guerre civilo-globale », à savoir l’extension et l’officialisation d’une ingérence israélienne massive. A Munich toujours, Benjamin Nétanyahou a brandi, à la tribune officielle de la conférence, un morceau de tôle en affirmant qu’il s’agissait du débris d’un drone iranien abattu dans l’espace aérien israélien. Ce numéro lui a permis de menacer l’Iran, martelant encore et encore que ses « forces du mal » cherchaient à s’installer durablement aux frontières de l’Etat hébreu et que cette éventualité justifiait désormais des actions militaires « préventives ».

Cela dit, Tel-Aviv était surtout furieux d’avoir eu l’un de ses avions de chasse abattu en Syrie par un missile de l’armée gouvernementale. Toujours est-il – cela fait longtemps et chaque jour que Dieu fait – que l’on voit chasseurs et bateaux de guerre israéliens violer « préventivement » les espaces aériens et maritimes libanais, sans que cette réalité n’émeuve beaucoup la « communauté internationale », à commencer par les Etats-Unis et leurs alliés européens… Sur cette menace récurrente, on ne saurait que conseiller la lecture ou la relecture du livre magistral du politologue franco-libanais Frédéric Domont et de son coauteur, Walid Charara : Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste.

En définitive, aux quatre dynamiques de la « guerre civilo-globale » de Syrie, s’en ajoute désormais une cinquième – celles des ingérences militaires israéliennes -, au moment même où Donald Trump annonce la mise en chantier de « Mini-Nucs », des armes nucléaires de théâtre ! Cette annonce est doublement préoccupante : parce qu’elle rompt avec la doctrine nucléaire classique de dissuasion qui repose sur l’existence d’« armes de non – emploi » ; dans un contexte qui voit le rapprochement, non seulement des Etats-Unis et d’Israël, mais aussi de l’Arabie saoudite, trois des acteurs de la « guerre civilo-globale » qui veulent en découdre avec Téhéran !

BOMBARDEMENTS, MENSONGES ET VIDEO

Pendant ce temps, en ville et dans nos étranges lucarnes, on assiste au même déferlement propagandiste qui a prévalu lors de la libération d’Alep durant le dernier semestre 2016. A ce sujet, le dernier livre de Maria Khodynskaya-Golenishcheva déconstruit très précisément les logiques de communication et de propagande mises alors en œuvre par les médias américains et occidentaux. Aujourd’hui, pour la Ghouta, la même machinerie est en action, à l’identique.

Par contre, pas un mot sur les dizaines d’obus de mortier (tirés par les terroristes de la Ghouta) qui s’abattent quotidiennement sur la place des Abbassides (nord-est de Damas), ni sur les quartiers chrétiens (comme par hasard) – Bab Touma et Bab Cherki – du centre-ville. Au moment où nous mettons sous presse, on dénombre plus d’une centaine de victimes et de nombreux blessés, mais ces morts-là n’intéressent pas la presse occidentale !

Personne ne peut nier la violence et l’horreur des opérations qui se déroulent actuellement dans la Ghouta orientale et d’autres banlieues de Damas où les groupes jihadistes utilisent les populations civiles comme boucliers humains sous les bombardements du régime. Le quotidien français Libération cite complaisamment un ancien ambassadeur de France à Damas – Michel Duclos – qui semble découvrir que « les Russes et le régime de Bachar al-Assad semblent déterminer à récupérer tout le territoire syrien, comme ils l’ont souvent répété ». Toute proportion gardée bien entendu, les Syriens qui vivent dans leur pays seraient ils légitimes s’ils condamnaient les autorités françaises cherchant à reprendre le contrôle de la ZAD de Notre Dame des Landes, ou à remettre les nationalistes corses au pas? La question que l’on doit toujours se poser dans les guerres civiles, les plus atroces des guerres : qui sont les vrais sauvages ? On ne saurait que conseiller la relecture de Montaigne à cet égard !

Durant la bataille d’Alep, la presse occidentale pleurait à chaudes larmes sur une « ville martyr » et « assiégée » alors que dans le même temps elle parlait de la « libération » de Mossoul… Quoi de plus logique de voir l’armée gouvernementale d’un Etat-nation chercher à reprendre le contrôle de la totalité de son territoire dans l’exhaustivité de ses frontières historiques ? Et, de grâce, qu’on ne vienne pas essayer de faire passer les terroristes de Jabhat al-Nosra, et d’autres groupes armés – soutenus par l’Occident, les pays du Golfe et Israël – pour des « combattants de la liberté » !

Maria Khodynskaya l’explique très précisément dans son livre déjà cité : depuis plusieurs années les diplomates russes demandent à leurs homologues américains et européens la liste des groupes « armés » dits « modérés, laïcs et démocratiques ». Sans surprise, cette liste n’a jamais pu être produite, alors qu’actuellement les forces spéciales américaines recyclent des terroristes de Dae’ch dans de nouvelles unités des… FDS et d’autres factions armées destinées à poursuivre la lutte contre « le régime de Bachar al-Assad ».

Aucune surprise ! Les services américains sont coutumiers du fait. Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, ils ont recyclé nombre d’anciens nervis de la Gestapo dans leurs unités spéciales, bras armés de la Guerre froide. Ils ont employé nombre de nazis au service des dictatures latino-américaines – dans la cadre du Plan Condor, au Chili, en Argentine, au Brésil ou à Panama -, et d’autres tueurs professionnels, les « Contras » pour anéantir la révolution sandiniste à partir de la fin des années 1970. On pourrait multiplier des exemples plus récents en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Ukraine…

Comment les Américains osent-ils, encore aujourd’hui, donner des leçons de « guerres propres », comme si une telle fantasmagorie pouvait exister… En attendant un rendez-vous à Sodeco, sur la Ligne verte du Beyrouth de la guerre civile (1975 – 1989), je scrute de belles maisons ottomanes dont murs, colonnes et voûtes sont encore perforées d’impacts de balles et de tirs de mortiers. Relisant Jules Roy – il faut relire Jules Roy sur l’Indochine, la guerre d’Algérie et d’autres malheurs du monde – je retrouve ce passage où l’écrivain évoque une conversation avec un avocat des Forces libanaises : « si je lui avouais qu’à l’époque nous ne nous posions même pas de questions, moi du moins, qui ne suis pourtant pas insensible. Aller jeter des bombes au phosphore et des bombes explosives sur des villes allemandes pour tout incendier et tout raser nous semblait dans le cadre de notre mission. Pas le choix : question de vie ou de mort, seul moyen de reculer l’heure où l’Allemagne emploierait les armes secrètes qu’elle n’était pas loin de mettre au point. Peut-être aurait-il été plus efficace d’anéantir les usines où l’on assemblait les ogives et les moteurs des fusées, mais quel plus sûr moyen d’écraser le moral de l’adversaire : bousiller civils, femmes et enfants ? Non, non, je n’ai jamais hésité. Sur mon carnet de vol, on ne trouve pas Dresde, mais Duisbourg, Hambourg, Stuttgart, Coblence, Cologne deux fois, sans compter les usines d’essence synthétique ou de roulements à billes de la Ruhr, le train-train habituel, le dieu Moloch qui dévore les équipages. Je réponds simplement que je n’avais pas beaucoup de scrupules en ce temps-là ».

Notre époque sans mémoire aurait-elle oublié les guerres que nos démocraties ont mené, comment elles les ont menées et avec quelles conséquences ? Depuis la fin de la Guerre froide, la nature de la guerre a foncièrement changé, surtout avec « la guerre contre le terrorisme », déclarée par Georges W. Bush dès le lendemain des attentats du 11 septembre 2001, une « guerre » qui n’a pas encore dit toutes ses ruses. Mais, après la disparition du bloc de l’Est, il fallait impérativement reconstruire un ennemi étatique d’envergure qui puisse garantir la reproduction du complexe militaro-industiel, en garantir les millions d’emplois et les juteux dividendes.

Dans cette perspective, une poignée de main effective entre Donald Trump et Vladimir Poutine eût été catastrophique, les bourses occidentales étant littéralement tétanisées par une telle perspective, d’où le feuilleton sans fin de l’ingérence russe dans les élections américaines et les systèmes médiatiques européens. Dès 2012, Alain Joxe nous expliquait que l’objectif des nouvelles guerres américaines – et par extension occidentales – ne visait plus la victoire sur le terrain, le contrôle du territoire et des populations, mais bien la production, l’exportation et la généralisation de nouvelles armes, de nouveaux logiciels de cyberguerres, faisant basculer les rapports de force jusqu’à leur numérisation totale.

La mondialisation contemporaine a instauré la « guerre de tous contre tous », et par tous les moyens possibles afin de produire de nouveaux outils d’accumulation du capital. Dans la droite ligne de cette logique mortifère s’est imposé le continuum nécessaire entre la guerre, la propagande et le profit. Le TD de Benjamin Norman nous annonce « une guerre sans fin » en Syrie et plus largement aux Proche et Moyen-Orient, illustrant à la perfection le constat édifiant de Cecil Rhodes : « l’argent, c’est le sang des autres… »

Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière

P.J. Un article avec le télégramme en question…

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8 réponses à Syrieleaks : Suites, propagande et dividendes… Par Richard Labévière

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Vente de Rafale bloquée : la France subit (encore une fois) la loi américaine

Source : Les échos, Hervé Guyader, 23-02-2018

LE CERCLE/POINT DE VUE – Washington s’appuie sur une réglementation locale sur la vente d’armes pour freiner la vente de Rafale supplémentaires à l’Egypte.

Le succès commercial du Rafale en Egypte, en 2015, présageait un avenir (enfin) souriant pour l’avion de combat français de Dassault. C’était sans compter sur la réaction américaine. Les négociations pour la vente de Rafale supplémentaires entre la France et l’Egypte sont freinées par Washington, indiquait «La Tribune», la semaine dernière. Les Etats-Unis refusent en effet l’exportation d’un composant américain.

La pièce en question ? Une petite puce électronique «made in USA» présentes dans les missiles de croisière Scalp, eux-mêmes fabriqués par l’entreprise européenne MBDA, filiale commune d’Aribus, de BAE Systems et de Leonardo. Washington, s’appuie sur une réglementation américaine – la norme Itar (International traffic in arms regulations) sur les ventes d’armes – pour bloquer l’exportation et, in fine, la vente des Rafale.

Guerre économique

Cette affaire est une nouvelle illustration de l’extraterritorialité des lois américaines qui ont déjà fait ployer quelques-uns des plus grands groupes européens. Souci, le nouveau locataire de la Maison-Blanche semble plus difficile encore à amadouer que son prédécesseur Barack Obama.

La politique juridique extérieure américaine se fait plus menaçante. Certains observateurs y voient l’incarnation d’un des piliers de la guerre économique dont Donald Trump ne fait aucun mystère. La norme Itar n’est en rien utilisée ici pour prévenir ou sanctionner une quelconque fraude, mais pour protéger un intérêt américain. Le caractère légal de l’opération est parfaitement respecté.

Pour en sortir, soit MBDA change les composants incriminés au profit de produits 100 % européens, soit un accord est trouvé entre autorités françaises et américaines comme ce fut le cas pour la vente de deux satellites aux Émirats Arabes Unis en 2014. François Hollande, l’ancien président français, avait dû aller rencontrer son homologue pour débloquer la crise. La prochaine visite d’Emmanuel Macron aux États-Unis, en avril prochain, pourrait voir ce dossier ajouté à l’ordre du jour.

Une extraterritorialité des lois redoutable

La question de l’extraterritorialité des lois américaines reste entière puisqu’à chaque manifestation, elle oblige le président français à devoir entamer des discussions qui confinent plus ou moins à devoir courber l’échine. Il faut reconnaître à cette mécanique une efficacité absolue puisqu’elle revient, sous le prétexte d’une régulation économique visant à prévenir les fraudes, à arbitrer le droit du commerce international avec comme seul prisme l’intérêt américain.

Car le juge ne sera jamais saisi, aucune incrimination pénale ne sera jamais utilisée ! En l’occurrence, il n’y a pas le plus petit tracas juridique, mais seulement la présence d’un composant américain qui justifie qu’ils donnent leur avis.

L’efficience est telle qu’elle ne repose sur aucun principe, sur aucune règle juridique. Les États-Unis […]

Hervé Guyader est président du Comité français pour le droit du commerce international

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Agression masquée en guerres civiles

Agression masquée en guerres civiles

Si l’on veut bien prendre un peu de recul, on constatera que les différents conflits qui ont ensanglanté depuis seize ans tout le Moyen-Orient élargi de l’Afghanistan à la Libye n’ont pas été une succession de guerres civiles, mais l’application de stratégies régionales. Rappelant les objectifs et les tactiques de ces guerres depuis le « Printemps arabe », Thierry Meyssan observe la préparation des suivantes.

| Damas (Syrie)

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Fin 2010, débutait une série de guerres initialement présentées comme des soulèvements populaires. Successivement, la Tunisie, l’Égypte, la Libye, la Syrie et le Yémen étaient emportés par ce « Printemps arabe », réédition de la « Grande révolte arabe de 1915 », initiée par Lawrence d’Arabie à la seule différence qu’il ne s’agissait plus cette fois de s’appuyer sur les Wahhabites, mais sur les Frères musulmans.

Tous ces événements avaient été minutieusement planifiés par le Royaume-Uni à partir de 2004, ainsi qu’en attestent les documents internes du Foreign Office révélés par le lanceur d’alerte britannique Derek Pasquill [1]. À l’exception du bombardement de Tripoli (Libye), en août 2011, ils ressortaient non pas uniquement des techniques de déstabilisation non-violentes de Gene Sharp [2], mais aussi de la guerre de 4ème génération de William S. Lind [3]

Mis en œuvre par les armées US, le projet britannique de « Printemps arabe » se superposa avec celui de l’état-major états-unien : la destruction des sociétés et des États à une échelle régionale, telle que formulée par l’amiral Arthur Cebrowski, popularisée par Thomas Barnett [4], et illustrée par Ralph Peters [5].

Les événements semblaient s’apaiser au second trimestre 2012, de sorte que les États-Unis et la Russie convenaient ensemble à Genève d’un nouveau partage du Moyen-Orient, le 31 juin.

Pourtant les États-Unis ne respectaient pas leur signature. Une seconde guerre débutait en juillet 2012, en Syrie, puis en Irak. Aux petits groupes et aux commandos succédaient de vastes armées de Terre composées de jihadistes. Il ne s’agissait plus d’une guerre de 4ème génération, mais d’une classique guerre de position, adaptées aux techniques d’Abou Bakr Naji [6].

Cette fois, conformément aux travaux de Robin Wright [7], la volonté de prévenir la réouverture de la « route de la soie » se superposa aux deux objectifs précédents lorsque la Chine dévoila son ambition.

Les événements semblèrent à nouveau s’apaiser au dernier trimestre 2017 après la chute de Daesh, mais les investissements dans ces conflits avaient été tels qu’il paraissait impossible pour les partisans de la guerre de renoncer sans atteindre leurs buts.

On assista alors à une tentative de relance des hostilités avec la question kurde. Après un premier échec en Irak, ce fut un second en Syrie. Dans les deux cas, la violence de l’agression avait poussé la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie à s’unir contre l’ennemi extérieur.

En définitive, le Royaume-Uni a décidé de poursuivre son objectif initial de domination via les Frères musulmans et vient de constituer pour cela le « Petit groupe », révélé par Richard Labévière [8]. Cette structure secrète comprend l’Arabie saoudite, les États-Unis, la France et la Jordanie.

De leur côté, les États-Unis, appliquant le « Pivot vers l’Asie » de Kurt Campbell [9], viennent de décider de concentrer leurs forces contre la Chine. Pour cela, ils reforment avec l’Australie, l’Inde et le Japon, le Quadriennal Security Dialogue.

Pendant ce temps, l’opinion publique occidentale croit que l’unique conflit qui a déjà dévasté tout le Moyen-Orient élargi, de l’Afghanistan à la Libye, est une succession de guerres civiles pour la démocratie.

[1] When Progressives Treat with Reactionaries. The British State’s flirtation with radical Islamism, Martin Bright, Policy Exchange, September 2004. “I had no choice but to leak”, Derek Pasquill, New Statesman, January 17, 2008.

[2] Making Europe Unconquerable : The Potential of Civilian-based Deterrence and Defense, Gene Sharp, Taylor & Francis, 1985.

[3] “The Changing Face of War : Into the Fourth Generation”, William S. Lind, Colonel Keith Nightengale, Captain John F. Schmitt, Colonel Joseph W. Sutton, Lieutenant Colonel Gary I. Wilson, Marine Corps Gazette, October 1989.

[4] The Pentagon’s New Map, Thomas P.M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004.

[5] “Blood borders – How a better Middle East would look”, Colonel Ralph Peters, Armed Forces Journal, June 2006.

[6] The Management of Savagery : The Most Critical Stage Through Which the Umma Will Pass, Abu Bakr Naji, 2005. English version translated by William McCants, Harvard University, 2006.

[7] “Imagining a Remapped Middle East”, Robin Wright, The New York Times Sunday Review, 28 septembre 2013.

[8] « Syrieleaks : un câble diplomatique britannique dévoile la « stratégie occidentale » », par Richard Labévière, Observatoire géostratégique, Proche&Moyen-Orient.ch, 17 février 2018.

[9] The Pivot : The Future of American Statecraft in Asia, Kurt M. Campbell, Twelve, 2016.

 

http://www.voltairenet.org/article199833.html

Syrie : l’armée russe accuse les rebelles d’une « offensive » pendant la trêve

Syrie : l’armée russe accuse les rebelles d’une « offensive » pendant la trêve

Moscou – L’armée russe a accusé mardi les rebelles syriens d’avoir lancé une « offensive » contre les forces du régime de Bachar al-Assad dans l’enclave syrienne de la Ghouta orientale pendant la « trêve humanitaire » décrétée par la Russie.

« Pendant la trêve humanitaire, les combattants des groupes armés ont continué d’attaquer les positions des forces gouvernementales » dans la Ghouta orientale, avant de « passer à l’offensive » dans ce fief rebelle situé près de Damas, a indiqué le responsable du Centre russe de réconciliation des belligérants en Syrie, Iouri Evtouchenko, dans un communiqué.

Selon le général Evtouchenko, pendant cette trêve, mise en place quotidiennement à partir de mardi entre 07H00 et 12H00 GMT dans la Ghouta orientale, les rebelles ont procédé à « un intense feu d’artillerie », notamment des tirs de mortier, en visant entre autres le couloir humanitaire destiné à l’acheminement de l’aide et aux évacuations médicales.

« Nous appelons les leaders des groupes armés dans la Ghouta orientale à respecter le cessez-le-feu et à ne pas entraver la sortie des civils vers des zones sécurisées », a souligné Iouri Evtouchenko.

(©AFP / 27 février 2018 16h36)

https://www.romandie.com/news/Syrie-l-armee-russe-accuse-les-rebelles-d-une-offensive-pendant-la-treve/894220.rom

Le Russiagate finit dans un grand boum et pas dans un petit murmure

Le Russiagate finit dans un grand boum et pas dans un petit murmure


Par  Tom Luongo – Le 20 février 2018 – Source Zero Hedge

Le procureur spécial Robert Mueller

Malgré toutes ces colonnes de journaux qui se sont répandues sur les treize actes d’accusation que Robert Mueller a publiés vendredi [contre des individus ou entités russes accusées d’avoir interféré dans les élections présidentielles étasuniennes de 2016, NdT], très peu d’entre elles ont mis le doigt sur la vraie révélation.

Elle ne concerne pas le visible excès de zèle des procureurs.  Ce n’est pas non plus à propos d’une nouvelle subversion du processus par des procureurs fédéraux menés par leurs préjugés personnels.

Ce n’est pas la révélation qu’aucun membre de l’équipe Trump n’a sciemment collaboré avec des agents russes pour influencer le résultat des élections de 2016.

Ce n’est même pas que l’ancien directeur du FBI Andrew McCabe ait falsifié des comptes rendus d’interrogatoire pour obtenir un acte d’accusation contre le général Michael Flynn.

Ce n’est pas l’évidente collusion entre son enquête et les médias dans le but de saquer un président élu devant le tribunal de l’opinion publique.

Non.

La véritable révélation des actes d’accusation de Mueller est qu’ils montrent jusqu’à quel point notre système a abandonné ses idéaux et ses principes sur lesquels il était fondé.

En tant que société, les États-Unis n’existent que pour permettre aux puissants de marquer des points politiques bon marché et s’en servir pour accroitre leur pouvoir.

N’importe quoi ou n’importe qui refusant cela sera alors traqué via un ensemble de règles byzantines par des voyous corrompus, comme Mueller, qui ne ressentent aucune honte à présenter comme crédibles des accusations complètement risibles, uniquement dans un but politique.

Dans ce cas, destituer un président et annuler les résultats d’une élection.

Des ombres sur Parkland

Le fait que Mueller ait rendu ces accusations publiques le jour même où le FBI vivait littéralement le pire jour de l’histoire de l’agence ne fait que souligner ce à quoi sont prêts, lui et ceux qu’il représente, pour détourner l’attention.

Alors que le peuple réclame la tête du directeur du FBI, Christopher Wray, pour sa gestion bâclée de l’enquête sur le tireur de la tragédie de Parkland, en Floride, Mueller publie à la hâte, un vendredi, une annonce médiatique sur ses grosses prises faites au terme de son enquête sur l’interférence russe.

Le message du procureur général adjoint Rod Rosenstein était simple. Le FBI et le ministère de la Justice se soucient plus de leur image de marque que de la protection de nos enfants contre cette violence insensée.

Si Mueller avait rendu public ces actes d’accusation un autre jour, les éclats de rire auraient été assourdissants.  Mais, en l’état actuel des choses, tout ce qui s’est passé n’a été que le massacre d’une partie encore plus grande du centre de ce pays.

Tant de gens sont gouvernés par leur préjugés de normalité. Ils se placent dans la tête d’une autre personne et pensent que quelqu’un comme Mueller agit comme ils le feraient.

C’est pourquoi il est si facile pour les gens de rejeter ces « coïncidences » comme une théorie du complot.

Mais le problème, c’est que trop de théories finissent par devenir des faits. Et avec les appels à plus de contrôle des armes à feu et l’échec du FBI après la fusillade à Parkland, en Floride, voir un FBI disgracié essayer de distraire les gens et de contrôler le cycle des informations sera la goutte d’eau de trop pour beaucoup de gens.

Une coïncidence de trop

Il arrive un moment où les « coïncidences » sont trop nombreuses, le narcissisme trop flagrant pour qu’on puisse l’excuser.

Alors que nous sommes en deuil pour les morts de Floride, que nous avons à subir les cris des défenseurs, hyper-émotionnels, du contrôle des armes, nous devons encore évaluer l’ampleur de l’incompétence du FBI, de Mueller et Rosenstein qui pensent que c’était intelligent d’inculper un groupe de Russes anonymes pour créer une diversion.

Ne réalisent-ils pas que dans une situation comme celle-là, la colère des gens est réelle ?  Leur douleur est réelle ?  La désillusion face à nos agences gouvernementales est réelle ?

Ce n’est pas le produit d’une campagne de propagande soviétique.  Mais la plupart des gens sont prêts à aller de l’avant par souci d’équité. Tout ce que Mueller avait à faire depuis que les démocrates nous haranguent avec les malversations de Trump, c’était de les prouver.

Oups.

Et puisque maintenant on voit qu’il a prouvé le contraire, la désillusion des gens se transformera en dégoût et en colère. Ceux de gauche, au moins ceux qui ne sont pas perdus dans les pires affres du syndrome de Trump-le-dérangé, seront en colère parce qu’ils auront encore été pris pour des idiots tout juste bons pour les collectes de fonds, et ceux du centre rejetteront simplement encore plus le statu quo à Washington.

La paresse du pouvoir

Mueller, comme tant d’autres de ces détenteurs du pouvoir, vit vraiment dans une galerie de miroirs sans fin, ne pensant qu’à eux-mêmes et à la façon dont ces événements les affectent, eux et leur statut social. Ils pensent vraiment que nous ne savions pas ce que nous faisions quand nous avons élu Trump.

Le fait même de rendre ces accusations publiques montre à quel point ils ont peu de considération pour nous. Ils pensent que nous sommes assez stupides pour croire que quelques publicités sur Facebook et des comptes bidons sur Twitter sont bien la raison pour laquelle Donald Trump a battu Hillary Clinton.

En fait, la seule personne assez stupide pour croire ce que je viens d’écrire est Hillary Clinton elle-même.  Tous les autres regardent ça et en rigolent.

Je suis excité. Je n’aurais pas demandé mieux. En essayant de façon si prévisible de façonner un récit, ils minent davantage notre foi en eux. En essayant de protéger le FBI, ils jettent plus de terre sur son cercueil.

C’est le genre d’idiotie qui précède les vraies réformes.

À l’heure actuelle, dans le monde politique américain, la meilleure façon de battre vos adversaires est tout simplement de les laisser couler par eux-mêmes.

L’approche « gagnant à tout prix » de Mueller dans son enquête spéciale n’est pas différente de la campagne d’Hillary pour le poste de présidente. Ils pensaient tous les deux qu’ils ne pourraient pas perdre s’ils tiraient la couverture bien à eux.

Le problème pour Mueller était qu’il ne dispose d’aucune preuve. Donc, son enquête allait de toute façon se terminer ainsi, en disgrâce.

Tom Luongo

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

Le Russiagate finit dans un grand boum et pas dans un petit murmure

 

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Revue de presse nationale et internationale.

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