Deux échecs embarrassants en une seule journée – La défense antimissile ne veut pas fonctionner

Deux échecs embarrassants en une seule journée – La défense antimissile ne veut pas fonctionner


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 26 mars 2018

Dans le cadre du nouveau budget de défense de 700 milliards de dollars, le Congrès américain a alloué davantage de fonds à la défense antimissile étasunienne :

Le Pentagone dépenserait 1 milliard de dollars supplémentaires pour deux des systèmes de défense antimissile de Lockheed, ce qui porterait à 11,5 milliards de dollars le total des crédits alloués à l’Agence de défense antimissile.

Plus d’argent du contribuable américain va aussi être débloqué pour le développement du bouclier antimissile israélien et la production de missiles en Israël :

Le Congrès a ajouté au budget des programmes israéliens de défense antimissile la somme considérable de 148 millions de dollars afin d’inclure le développement en cours du Dôme de fer et des intercepteurs Arrow 3.

« Je suis très heureux d’annoncer que le Congrès américain vient de voter un budget plus important que jamais pour le programme de défense antimissile d’Israël : 705 millions de dollars en 2018 ! », a annoncé lundi le ministre de la Défense Avigdor Liberman.

Deux incidents survenus la nuit dernière montrent une fois de plus que la défense antimissile est du gaspillage. Ça ne marche presque jamais. La défense antimissile stratégique, que les États-Unis fabriquent, pour détruire les missiles intercontinentaux, ne protègera jamais personne contre les nouvelles armes que la Russie et d’autres pays développent actuellement. L’armée étasunienne l’avoue elle-même. Après que Poutine a présenté les nouveaux systèmes d’armement russes, l’administration Trump a hissé le drapeau blanc et a soudain appelé au renouvellement du dialogue sur le contrôle des armements.

Hier soir, l’armée yéménite a lancé (vidéo) sept missiles balistiques contre l’Arabie saoudite. Trois d’entre eux visaient la capitale Riyad, quatre visaient des cibles militaires et des infrastructures. A Riyad, les forces saoudiennes ont tiré un certain nombre de missiles surface-air Patriot et ont affirmé que ces derniers avaient intercepté avec succès les missiles yéménites. Le système Patriot Advanced Capabilities-2 (PAC-2) saoudien est fabriqué par la société étasunienne Raytheon, qui emploie également d’anciens soldats américains comme « techniciens de terrain des batteries Patriot » pour actionner et entretenir les systèmes saoudiens.

Les premières allégations saoudiennes d’interceptions réussies se sont avérées fausses. Les petites ogives des missiles yéménites se séparent du gros corps des missiles et sont difficiles à repérer. Les systèmes fournis par les États-Unis ciblent les gros corps vides des missiles.

Cette fois-ci, plusieurs vidéos en provenance de Riyad montrent qu’au moins sept missiles intercepteurs ont été tirés contre les trois missiles entrants. Au moins deux des intercepteurs sont complètement passés à côté de leur cible. Les cinq autres semblent s’être autodétruits en altitude. Il n’y a aucun signe de la moindre interception véritable.

L’un des intercepteurs Patriot a explosé prématurément pendant la phase de lancement. Ses débris incandescents sont retombés et ont enflammé le sol.

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Un autre intercepteur Patriot a fait demi-tour et est revenu frapper le sol à une centaine de mètres d’un groupe de gens qui contemplaient par hasard le spectacle:

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Cela n’a pas manqué de susciter quelques commentaires caustiques :

Jeffrey Lewis @ArmsControlWonk

Lorsque votre PAC2 se radicalise et se retourne contre vous….

Haykal Bafana @BaFana3

Même les missiles #Patriot saoudiens savent qui est le véritable ennemi : ils reviennent en boomerang bombarder l’Arabie Saoudite.

agitpapa @agitpapa

Voilà comment un vrai Patriot devrait fonctionner, en tuant les gars responsables du 11 septembre au lieu de les servir.

Les autres missiles de défense semblent s’être autodétruits, probablement après avoir perdu le contact avec la cible. Chacun de ces missiles Patriot MIM-104C a coûté entre 2 et 3 millions de dollars.

Les Saoudiens disent qu’un homme a été tué et que deux ont été blessés lors de l’attaque yéménite. Il est probable que ces personnes aient été victimes du système de défense antimissile et non des missiles attaquants.

Lors d’un autre incident nocturne de défense antimissile, Israël a tiré une vingtaine de ses intercepteurs Iron Dome payés par les États-Unis contre des soi-disant missiles en provenance de la bande de Gaza :

Le bouclier antimissile Iron Dome d’Israël a intercepté un certain nombre de roquettes tirées depuis la bande de Gaza dimanche, ont rapporté les médias israéliens, après que des sirènes d’avertissement ont retenti autour du territoire palestinien contrôlé par le Hamas.

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Cela s’est avéré être une fausse nouvelle. Plusieurs vidéos montrent que les missiles de défense ont explosé dans un flash de lumière en altitude. De telles explosions sont souvent interprétées comme une interception réussie mais c’est généralement seulement l’autodestruction programmée pour que les carcasses de missiles ne tombent sur les gens en dessous. En réalité, aucun des missiles tirés par l’armée israélienne n’a détruit la moindre cible, car il n’y en avait tout simplement pas :

Plusieurs fausses alarmes de code rouge ont été déclenchées dans les conseils régionaux de Hof Ashkelon et Sha’ar HaNegev et dans la ville méridionale de Sderot dimanche soir, quand la défense antimissile Iron Dome a confondu des balles tirées depuis la bande de Gaza avec des tirs de roquettes.

Les conseils régionaux ont commencé par expliquer qu’on leur avait dit que le système antimissile Iron Dome avait intercepté toutes les roquettes. Toutefois, l’armée israélienne a déclaré par la suite qu’aucune salve n’avait été tirée sur Israël.

« Aucune salve n’a été tirée sur le territoire de l’État d’Israël. La situation dans la région de Gaza est normale. Les interceptions par le système Iron Dome ont été activées en raison de tirs de balles provenant de la bande de Gaza. Rien n’est tombé en territoire israélien. On vérifie s’il y a eu ou pas des mortiers ou des roquettes de tirés », peut-on lire dans la déclaration.

Avant la clarification de l’armée, les conseils régionaux avaient demandé aux habitants du sud de rester dans les abris.

Chaque missile de l’Iron Dome coûte au moins 50 000 dollars. L’armée israélienne vient de dépenser 1 000 000 de dollars des contribuables étasuniens parce que son système « un peu trop sensible » a confondu des tirs d’armes à feu qui ne visaient pas Israël avec des missiles.

La défense antimissile stratégique étasunienne est conçue pour arrêter les missiles à longue portée. Les systèmes Patriot d’Arabie saoudite sont censés stopper les missiles balistiques de moyenne portée. Les systèmes israéliens du Dôme de fer devraient défendre le pays contre les attaques de missiles à courte portée.

Aucun des trois systèmes n’est de toute évidence capable de remplir sa mission. Tous les trois prouvent que la défense antimissile a un coût prohibitif. Le coût de chaque missile intercepteur de défense antimissile est infiniment plus élevé que le coût du missile attaquant. Le nombre d’intercepteurs est limité et les systèmes peuvent être submergés par des attaques en essaim de faux missiles bon marché suivies d’une attaque réelle.

L’année dernière, les Saoudiens ont été poussés par l’administration Trump à acheter le nouveau système de défense antimissile THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) :

Le contrat de vente de vendredi comprendrait 44 lanceurs THAAD, 360 intercepteurs, 16 groupes de stations tactiques mobiles de conduite de tir et de communications THAAD et sept radars AN/TPY-2 THAAD, ainsi que les équipements de soutien et la formation connexes.

Ce nouveau système est censé défendre l’Arabie saoudite contre les missiles balistiques iraniens. Mais selon une analyse sud-coréenne, le système de défense antimissile THAAD a le même problème que le système Patriot. Il peut facilement être berné par des leurres bon marché, et il a tendance à cibler le corps de missile entrant et à manquer la tête séparée qui poursuit alors tranquillement sa route vers la cible.

Lorsque le prince héritier saoudien s’est rendu à Washington la semaine dernière, le président américain a lourdement plaisanté (vidéo) au sujet de la vente. Le système THAAD, qui ne sert pratiquement à rien, va coûter environ 15 milliards de dollars aux Saoudiens. « C’est une bagatelle pour toi », a rigolé Trump. Mais les citoyens saoudiens risquent de ne pas trouver la plaisanterie aussi drôle. En tout cas elle n’a pas fait rire le prince héritier.

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Mais que peut-il faire ? S’il cesse d’acheter des armes américaines inutiles, le Borg 1 de Washington l’éjectera par un vif « changement de régime ».

La défense antimissile actuelle n’est pas économiquement viable. Les limites de la physique la rendent facile à vaincre. Mais les systèmes ont quand même leur raison d’être.

Pour les politiciens étasuniens, c’est une façon commode de transférer l’argent des contribuables vers les propriétaires de l’industrie de la défense. Pour le gouvernement israélien, il s’agit d’un outil psychologique (payé par les États-Unis) pour empêcher son peuple de protester contre les conséquences du vol de terres par les sionistes. Pour les Saoudiens, c’est une rançon inévitable.

Les échecs publics d’hier des défenses antimissiles mettent en danger ces objectifs. Si le grand public venait à penser que la défense antimissile ne fonctionne pas, toute l’arnaque s’effondrerait. La seule solution est de conditionner les futures ventes à la promesse de ne jamais utiliser le système acheté.

Traduction : Dominique Muselet

Note

  1. Les Borgs ou le Collectif Borg sont, dans l’univers de fiction de Star Trek, des races de créatures cybernétiques — en partie organique, en partie mécanique. Ils sont connus pour être impitoyables et particulièrement difficiles à éliminer. « Nous sommes les Borgs. Abaissez vos boucliers et rendez-vous sans condition. »

http://lesakerfrancophone.fr/deux-echecs-embarrassants-en-une-seule-journee-la-defense-antimissile-ne-veut-pas-fonctionner

 

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La France renvoie des troupes en Syrie

La France renvoie des troupes en Syrie

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Le 29 mars 2018, le président Emmanuel Macron a reçu à une délégation des Forces démocratiques de Syrie. Selon « l’ambassadeur » du « Rojava » à Paris, Khaled Issa, il a annoncé que la France envoie des troupes à Manbij (Syrie).

Les Forces démocratiques de Syrie sont un habillage du PYD, le parti des kurdes pro-atlantistes de Syrie. Pour la forme, la délégation était composée à part égale d’arabes et de kurdes, bien que sur le terrain les FDS soient presque exclusivement des membres du PYD sous encadrement états-unien. Selon l’Élysée, le président Macron a rappelé que la France considérait le PKK turc comme une organisation terroriste, bien que, dans les faits, le PYD soit une excroissance du PKK.

Identiquement, l’idéologie du « Rojava », l’anarchisme, est un habillage visant à la fois à faire oublier le retournement du PKK marxiste-léniniste en un instrument de l’Otan, et à le rendre sympathique aux Occidentaux.

Les Forces spéciales françaises qui étaient présentes dans la ghouta orientale ont été exfiltrées sur ordre du numéro 2 de l’Onu, le faucon Jeffrey Feltman, dans des voitures diplomatiques des Nations unies vers le Liban. Elles seront de retour, plus nombreuses, au Nord de la Syrie. Si leur présence dans la banlieue de Damas était un secret de polichinelle, leur arrivée à Manbij est officieuse, dans la mesure où elle a été annoncée par le PYD, mais non confirmée par l’Élysée.

La présence militaire française est illégale au regard du droit international. Elle est permanente depuis le début de la guerre, en 2011, à l’exception des trois mois de la fin du mandat Sarkozy, soit la période allant de la libération de Baba Amr (Homs) à la conférence des Amis de la Syrie à Paris.

La France d’Emmanuel Macron semble abandonner son soutien aux jihadistes d’al-Qaïda pour se concentrer sur la création d’un « Kurdistan » en territoire arabe, le « Rojava ».

Aux conférences de Versailles (1918) et de Sèvres (1920), les États-Unis soutinrent la création d’un État indépendant pour les populations nomades (« kurdes ») de la vallée de l’Euphrate qui s’étaient sédentarisée en Anatolie après y avoir massacré les chrétiens arméniens (le génocide du sultan Abdulhamid II, puis des Jeunes Turcs). Depuis au moins 1921, la France a repris la revendication d’un État pour les kurdes, mais plus en Turquie.

Les bureaux du « Rojava » à Paris sont aimablement prêtés par Bruno Ledoux, un richissime propriétaire de presse (Libération, L’Express, i24news…) lié à Israël.

http://www.voltairenet.org/article200397.html

Dernières nouvelles des missions PSDC – mars 2018 (2)

Dernières nouvelles des missions PSDC – mars 2018 (2)

(B2) Voici les dernières nouvelles des missions et opérations déployées au titre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’Union européenne…

Sikasso (Mali). Fin de la formation de la 8e Région militaire

Pendant cinq semaines, EUTM Mali a organisé une mission à destination de la 8e région militaire des forces armées maliennes (FAMa). Elle s’est déroulée dans la région de Sikasso, près de la frontière avec le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, dans le cadre de l’équipe d’entrainement de la coalition militaire (Coalition military assistance training team ou CM ATT). Une formation qui s’inscrit dans le reformatage de la mission EUTM qui forme surtout les formateurs (officiers et sous-officiers) et dispense des formations spécialisées aux FAMa, comme par exemple les « tactiques de base, la réaction au contact, l’attaque improvisée et point de contrôle ». Parmi les cours dispensés : l’informatique, le sauvetage au combat et les droits de l’Homme. Cette mission, qui s’est achevée le 14 mars, a aussi été une opportunité pour les formateurs européens « d’apprendre des bonnes qualités et de l’expérience des Maliens » selon le communiqué.

Mogadiscio, Hargeisa (Somalie). Visite aux autorités somaliennes

Une délégation, composée de responsables du commandement des missions civiles (CPCC) du SEAE, et de Cristina Stepanescu, chef de la mission EUCAP Somalia, a effectué un séjour en Somalie. Objectif : discuter avec diverses autorités. Au ministère de la sécurité intérieure, le 12 mars, les discussions ont porté sur l’architecture de la sécurité maritime, le futur des gardes-côtes somaliens, la mise en œuvre de projets financés par l’Union européenne, ou encore sur les activités de la mission, selon EUCAP Somalia publié après la réunion. Le lendemain, ce sont des sujets juridiques qui ont été abordés, notamment la législation sur la piraterie et la rédaction de lois, signale-t-on à la mission. Au bureau d’Hargeisa, la capitale de la république semi-indépendante du Somaliland, le 15 mars, ils ont voulu « avoir un aperçu du fonctionnement de la mission dans la région ». Le 16 mars, dernier jour de la visite, les représentants européens se sont rendus à Nairobi (Kenya) pour s’entretenir avec le personnel du bureau de soutien EUCAP Somalie.

NB : à noter qu’une rencontre avait déjà eu lieu entre Stepanescu et les autorités du Somaliland à la fin du mois de février. Lire : Dernières nouvelles des missions/opérations PSDC (mars 2018)

Kiev (Ukraine). Des livrets anti-corruption

EUAM Ukraine a réalisé des brochures sur le thème de l’anti-corruption à destination de la police nationale ukrainienne, apprend-on du QG de la mission de conseil basée à Kiev. Ces livrets devraient permettre « de définir ce qu’est la corruption et comment la signaler » selon EUAM Ukraine. Pour Peter Staidl, conseiller principal de la mission sur la lutte contre la corruption, l’objectif de ce document est double : le premier est de « s’assurer que les officiers de police honnêtes peuvent signaler la corruption » et ne commettent pas d’erreurs eux-mêmes. Le second objectif de la brochure est davantage symbolique puisqu’il vise a faire passer « un message clair que la corruption ne sera pas tolérée » et que « la police nationale d’Ukraine est sérieuse dans la lutte contre la corruption. ». Ce sont ainsi près de 50.000 fascicules qui ont été distribués à la police ukrainienne mardi 20 mars. Commentaire : la lutte contre la corruption vient de franchir un grand pas…

Ramallah (Palestine). Renforcer la police de quartier

La police palestinienne, avec le soutien de la mission civile de formation de l’UE à la police palestinienne (EUPOL COPPS), a renforcé ses services de police communautaire. En un mot : la police de quartier. Ce renforcement se fait via deux actions : la création d’une unité de coordination et l’élaboration d’une stratégie. Un atelier de deux jours a ainsi été organisé à la mi-mars pour mettre en place ce concept stratégique. Une équipe de terrain sera « responsable de la planification, de la conduite et de la coordination de la formation sur la police communautaire ». Selon Veijo Alavaikko, conseiller de la mission européenne, « il ne devrait pas y avoir de différence entre le concept stratégique et la manière dont les policiers de première ligne se comportent et servent le peuple palestinien ». (Communiqué)

Zagreb (Croatie). Formation aux opérations maritimes

L’agence européenne Frontex a organisé le 23 mars sa première formation d’agents de soutien pour les équipes européennes de garde-frontières et de garde-côtes à Zagreb, en Croatie. Y participaient onze États membres de l’UE. Objectif : « faire en sorte que les opérations maritimes Frontex se déroulent en douceur et en toute sécurité ». Un cours similaire avait été organisé il y a un an, le 3 mars 2017, également à Zagreb, afin de renforcer les connaissances des gardes-frontières sur « la gestion des frontières dans le contexte européen ». A l’époque, 13 États membres avaient participé à la formation selon Frontex.

(Informations rassemblées par Claire Boutry)

http://www.bruxelles2.eu/2018/03/31/dernieres-nouvelles-des-missions-psdc-mars-2018-2/

«Revenantes»: petite-amie de Radouane Ladkim, un avant-goût de ce qui attend les Français?

«Revenantes»: petite-amie de Radouane Ladkim, un avant-goût de ce qui attend les Français?

Au moment où la question des revenants, notamment des femmes ainsi que de leurs enfants, se pose de plus en plus en France, le comportement de la compagne du terroriste de l’Aude donne-t-elle un aperçu de la dangerosité que représente l’entourage des radicalisés qui sont passés à l’acte?

La compagne de Radouane Lakdim, le terroriste de l’Aude, «Marine P.» a été mise en examen mardi soir pour «association de malfaiteurs terroriste». Une petite amie, dont le profil et les propos ont choqué de nombreux Français. En effet, lors de son arrestation, cette jeune fille de 18 ans «aux yeux bleus», fraîchement convertie à l’Islam aurait hurlé aux policiers «Allahu Akbar».

Par la suite, dans les locaux de la DGSI, cette jeune fille —fichée S pour radicalisation islamique- «sans antécédent judiciaire» et vivant chez ses parents non croyants dans un HLM «aux confins» de Carcassonne, aurait tenue des propos «glaçants» aux enquêteurs.

La jeune fille décrite par ses proches comme «jolie, souriante, discrète», aurait regretté que Radouane Lakdim n’ait pas fait plus de victimes, ajoutant qu’elle n’aurait pas dénoncé son compagnon à la police si elle avait été au courant de ses projets d’attentat et même qu’elle aurait participé à son action s’il lui avait demandé, le tout afin de venger les «frères qui sont tués en Syrie».

Le matin même du passage à l’acte de son compagnon, elle publiait sur les réseaux sociaux une sourate promettant «l’enfer aux mécréants» et se déclarait d’ailleurs «sympathisante» de Daech.

Cependant, comment ne pas s’inquiéter du comportement de cette jeune fille radicalisée, qui approuve les attentats commis dans l’Aude, alors même que d’autres individus aguerris rentrent de Syrie et d’Irak? Parmi ces centaines de Français, partis au Levant, pas moins de 300 femmes et 500 enfants avaient été dénombrés fin 2017. Si les hommes sont emprisonnés à leur retour, le traitement judiciaire réservé aux «revenantes» et à leurs enfants reste flou. …

…ces retours, peut-on croire ces femmes de retour de zone de guerre, où elles ont rejoint des criminels rompus à l’art du mensonge, de la dissimulation? Des femmes qui aujourd’hui plaident la naïveté, comme Margaux Dubreuil, une Nantaise arrêtée avec ses trois jeunes enfants par les forces kurdes à Raqqa, en octobre 2017.

Interviewée par une équipe de France Télévision, elle déclarait qu’avec les autres musulmanes elle ne souhaitait qu’assouvir «un rêve de jeunes converties», ne voyant dans le califat de Daech qu’un espace où elles «seraient libres de pouvoir vivre notre religion à notre aise».

Margaux Dubreuil avait quitté la France pour rejoindre Daech en Syrie dès 2013, quelques mois à peine après Émilie König, une autre Française, recruteuse effrénée de 200 Françaises dans les rangs de Daech, passionnée par les armes, repérée tant par les services français pour sa violence et sa «haine du monde occidental» que par la CIA, qui l’a ajouté tableau de ses cibles prioritaires. Emilie König, également capturée par les Kurdes, demande aujourd’hui son rapatriement en France, les autorités françaises ayant «l’obligation de la juger» selon son avocat.

Elles se présentent généralement comme des «femmes au foyer», à l’image de Mélina Boughedir, qui elle ne demande pas son rapatriement, mais sera expulsée d’Irak. Comme le souligne Franceinfo, des sources irakiennes de l’agence américaine Associated Press affirment qu’elle faisait partie de la police morale de Daech. Si elle nie avoir participé aux combats, des plans de la bataille de Mossoul ont été retrouvés dans son téléphone portable.

Dans ce cas comme dans d’autres, les journalistes français qui les ont rencontrés s’interrogent d’ailleurs sur l’honnêteté de leurs témoignages. D’autant plus que pour ces femmes de djihadistes, la manœuvre en vaut la peine: alors qu’en Syrie ou en Irak elles risquent la peine de mort, elles n’encourent en France que de faibles peines d’emprisonnement. 6 ans, en moyenne, dans le cas des hommes de retour des zones de combats, comme le soulignait le Journal du Dimanche, qui revenait sur le fait que d’ici deux ans «70 à 80 condamnés pour terrorisme seront sortis de prison.»

 

Des prisons où elles créent une «dynamique négative au cœur du quartier», certaines étant «très prosélytes» comme le déclarait un surveillant de Fleury-Mérogis au député PS des Hauts-de-Seine Sébastien Pietrasanta, alors rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015. Un témoignage issu d’un extrait exclusif, paru dans L’Obs, de l’ouvrage «Un parfum de djihad» (éd. Plon), coécrit par les journalistes Édith Bouvier et Céline Martelet, grand reporter à RMC, où elles reviennent justement sur le retour en France des femmes djihadistes.

Une réalité, corroborée par un autre livre Femmes de djihadistes (Éd. Fayard), d’un autre journaliste, Matthieu Suc de Médiapart. Il déclarait à Europe1, le mois dernier,

«il y a eu des cas de femmes qui ont été désabusées par leur mari ou par la situation sur place, il y a eu quelques victimes, mais en grande majorité, elles sont volontaires, elles ne sont pas déçues et elles aspirent à devenir elles-mêmes djihadistes.»

Tous reviennent sur le changement d’attitude- progressif ou brutal- des autorités françaises qui avaient tendance à considérer ces femmes comme des victimes. «Magistrats, policiers et journalistes, nous avons tous été aveuglés par nos préjugés d’Occidentaux qui méconnaissent l’islam radical,» lâchait dans une interview à L’Express, Matthieu Suc, à l’occasion de la sortie de son livre, au printemps 2016.

«Je crois que, quelque part, il y a des anges gardiens qui, dans la zone, font en sorte qu’il y en ait le moins possible qui rentrent. Des anges gardiens russes, britanniques et français par hypothèse.»

À vrai dire, pour Xavier Raufer, la question du retour d’individus ayant quitté la France pour combattre tout ce qu’elle incarne ne devrait pas se poser. Pour lui, en répandant un tel sujet, les médias «suscitent des problèmes où il n’y en a pas»: «Qu’est-ce qui nous oblige à faire un certain nombre de choses comme celle-là? C’est dingue quand même!» s’atterre le criminologue.

«Nous sommes dans une guerre, il y a eu depuis l’année 2015 à peu près 300 morts sur le territoire national: il n’y a pas de raison de se transformer en nursery pour des gens fanatiques et qui ont poussé le passage à l’acte jusqu’à aller en zone de combat.»

Un point exaspère cependant notre expert, celui de vouloir remédier au fléau de la radicalisation en France en apportant des «réponses sociales», les quartiers sensibles, fréquemment présentés comme un «terreau fertile au terrorisme», étant ainsi désignés pour recevoir ce nouveau volet d’aides économiques. «Dans le concret, ce n’est pas comme ça que ça se passe,» lâche Xavier Raufer, pour lequel tenir à limiter et expliquer le phénomène de la radicalisation islamiste à travers les seules difficultés sociales est un fourvoiement:

«On va prendre un exemple précis et vous allez me dire si cela relève du traitement social: vous prenez une famille qu’est un miracle d’intégration en France. Une famille dans laquelle le père et la mère, issus de l’immigration maghrébine, ont travaillé toute leur vie. Ils ont fait des économies, ils ont acheté un petit pavillon à côté de Rouen, leurs enfants ont fait de belles études: ils ont un fils est ingénieur, une fille est doctoresse, etc.
Quoi qu’on recherche on ne pourra jamais espérer mieux que l’intégration de cette famille-là, ils ont cinq enfants, le cinquième est celui qui a égorgé le vieux curé… Elle est où la malédiction sociale?»

source

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/03/revenantes-petite-amie-de-radouane-ladkim-un-avant-gout-de-ce-qui-attend-les-francais.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Inspection d’un avion russe à Londres: le commandant de bord révèle ce qui était recherché

Inspection d’un avion russe à Londres: le commandant de bord révèle ce qui était recherché

Ce vendredi, les autorités britanniques ont organisé une inspection sans explication à bord d’un avion russe à l’aéroport de Londres-Heathrow. Le commandant de bord de l’avion qui se trouvait à ce moment-là dans le cockpit a révélé les détails de cet incident.

Les services britanniques qui ont effectué une inspection dans un avion de la compagnie aérienne russe Aeroflot à l’aéroport de Londres-Heathrow ont annoncé qu’ils cherchaient des produits interdits à bord, a rapporté le commandant de bord de l’avion, Vitali Mitrofanov.

«Un groupe composé de cinq ou six personnes avec un chien est arrivé… et ils ont déclaré qu’ils devaient fouiller l’aéronef afin de détecter des objets prohibés au transport», a déclaré le commandant de bord de l’avion dans une interview à la chaîne Rossiya 24.

Selon lui, les Britanniques ont inspecté l’avion sans agents de bord, violant ainsi les règles.

 

«C’est seulement après une concertation entre le consul et les représentants des services de sécurité que nous avons consenti à ces actions pour mener à bien le vol. J’étais dans le cockpit avec la porte ouverte et je pouvais seulement observer ce qu’ils faisaient dans le couloir. Mais je n’ai pas vu plusieurs des coffres à bagage qu’ils avaient inspectés».

Il a ajouté que l’ensemble de l’inspection a pris 10 minutes, et qu’aucun acte officiel n’avait été rédigé.

«Aucun acte d’inspection… aucune raison, on ne m’a rien dit», a indiqué Vitali Mitrofanov.

Ce vendredi, les autorités britanniques ont organisée une inspection sans explication à bord d’un avion russe à l’aéroport de Londres-Heathrow. Le ministère russe des Affaires étrangère a qualifié cet incident de nouvelle provocation.

Selon la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, le comportement de la police britannique indique clairement son désir de procéder à une manipulation à bord sans témoin.

 

«Nous n’excluons pas que les autorités britanniques aient besoin de cette nouvelle provocation pour sauver par n’importe quel moyen leur réputation discréditée dans le cadre de l’affaire Skripal», a déclaré Mme Zakharova dans une interview à la chaîne Rossiya 24.

Bien que Scotland Yard ait déclaré que la police n’avait pas inspecté l’avion russe, la compagnie Aeroflot insiste sur le fait que l’inspection a effectivement eu lieu et qu’elle a été organisée en violation de toutes les règles établies pour de telles vérifications.

source

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/03/inspection-d-un-avion-russe-a-londres-le-commandant-de-bord-revele-ce-qui-etait-recherche.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Vers une routine terroriste Le pouvoir impuissant ? Par François-Bernard Huyghe

Source : François-Bernard Huyghe, 27-03-2018

Le crime de Trèbes vient d’offrir à l’opposition une occasion de s’opposer sur un thème sécuritaire porteur : le laxisme supposé du gouvernement, la faiblesse des mesures contre les fichés S. C’est de bonne guerre et l’accusation de « coupable naïveté » peut porter : l’opinion est exaspérée par l’attentat de trop (alors que l’on commençait à claironner la défaite totale de Daesh, écrasé en Syrie). Cette opinion est surtout choquée de constater que le renseignement et le répérage des radicalisés ne sert qu’à découvrir le lendemain matin ce que l’on aurait dû savoir la veille du crime. On peut donc être fiché, rééditer à peu près le crime de Coulibay (tirer sur des policiers, se faire tuer avec des otages dans un supermarché), avoir à peu près le même profil, et ce trois ans plus tard sans que rien n’ait changé. Autre signe de l’évolution de l’opinion : les foules ne songent plus guère pour le moment à défiler à la République pour refuser l’amalgame et dire « Nous sommes… » (nous sommes quoi, au fait ? On ne pas pas scander : « nous sommes Beltrame »). Ni les défilés, ni les chants, ni les démonstrations de fermeté d’âme d’une population (« même pas peur ») attachée au vivre ensemble n’empêchent de nouveaux djihadistes de vouloir nous « punir » pour les bombardements de Syrie et d’Iran. Fin des grandes communions dans les « valeurs ». Fin des solutions magiques.

D’où une fracture, sensible dans tous les débats sur les plateaux de télévision (et qui ne correspond pas forcément à droite/gauche). D’un côté les partisans de l’État de droit intangible (dans notre système, on ne peut pas incarcérer un fiché S qui par définition n’est pas inculpé mais signalé, on ne peut pas les expulser, on ne peut pas interdire le salafisme, etc.) et de l’autre ceux qui proclament que nous sommes en guerre et que des mesures d’exception se justifient.

Les premiers n’ont pas grand chose à proposer, quelques mois après la loi pérénisant l’état d’urgence et quelques semaines après le plan de déradicalisation d’Edouard Philippe. Les seconds ont beau jeu de réclamer des mesures qui ne seront jamais prises. Les premiers accusent les seconds de susciter des tensions entre communautés, les seconds accusent les premiers de mollesse. Rien de plus normal.
Du reste, dans son discours à l’Assemblée nationale, le premier ministre, très solennel, a joué cette carte : impossible de prendre des mesures juridiquement inapplicables. Et inenvisageable d’interdire le salafisme, qui est une idée (soit dit en passant, il y a trois salafismes, quiétiste, politique et djihadiste). Edouard Philipe a joué le principe de réalité et promis des moyens (un corps de magistrats) : ce sera un long combat, nous renforcerons les moyens, ne nous divisions pas. Ce qui était rhétoriquement impeccable, mais ne résout rien. Une hypothèse à retenir est celle de la « routine terroriste » (comme celle qu’a connu la Russie ent 1867 et 2017) : des attentats se répétant sporadiquement et des groupes recrutant toujours des volontaires pour tuer et mourir. Sans le formuler aussi explicitement, le gouvernement n’a donc, dans un premier temps, d’autre choix que l’argument qu’il n’y a pas de solution miracle et que nous devons nous mobiliser durablement. Incontestable, mais
Derrière ce débat un peu convenu sur la répression et son degré de fermeté, les véritables enjeux sont plutôt à chercher dans les faiblesses du renseignement : l’incapacité de traiter trop de données, trop de fichés, en repérant les signaux de passage à l’acte. Ce qui est sans doute plus facile à constater qu’à corriger (nous n’avons pas manqué non plus de lois sur le renseignement).

À moins, bien sûr, que nous soyons capables d’engager une lutte idéologique à long terme, au-delà de simple mesure de traitement psyschologique ou social des « radicalisés », comme on traite les alcooliques ou les cas sociaux. Et il faudra mieux que les campagnes de communication et contre-discours que nous avons vues : confiées à quelques agences qui n’avaient visiblement rien compris au code mental des djihadistes.
Que pourrait faire l’actuel pouvoir, une fois déplorés l’instrumentalisation et rappelée la fermeté républicaine ? Après tant de lois et de plans contre-terroristes depuis les années 90 ? On a dit qu’Emmanuel Macron avait une vision « sociologique » et non idéologique du terrorisme. On se souvient de ses déclarations sur la composante « psychiatrique » du terrorisme « endogène » (et certes les Merah, Coulibaly ou Lakdim ne viennent pas d’un autre continent). On se souvient aussi de ses analyses sur notre « part de responsabilité », sur le « terreau de la défiance » et le manque de mobilité sociale à la source de la radicalisation. Un discours, au fond, assez technocratique, en ce sens que derrière une guerre mortelle des valeurs et des croyances, il ne conçoit que des « probèmes » socio-économiques ou des rigidités de la société, toutes choses que doit guérir une gestion moderne et ouverte. L’actuel pouvoir est-il capable de saisir la dimension idéologique et historique de la haine djihadiste ? de renoncer à traiter une conviction comme une dysfonction ? Il va, dans tous les cas, lui falloir réviser son discours positif, pragmatique et consensuel.

Source : François-Bernard Huyghe, 27-03-2018

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55 réponses à Vers une routine terroriste Le pouvoir impuissant ? Par François-Bernard Huyghe

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Le glas sonne pour l’euro…

Le glas sonne pour l’euro…


… alors que de plus en plus de pays européens rapatrient leur or, selon un expert à Russia Today


Death knell tolls for the euro as more European nations repatriate gold – expert to RT
© Michael Buholzer / Reuters

2015-08-11_11h11_54Par Russia Today – Le 24 mars 2018 – Source Russia Today

La récente tendance des pays européens à rapatrier leurs réserves d’or a soulevé des inquiétudes à Bruxelles. RT a parlé à Claudio Grass de Precious Metal Advisory, en Suisse, pour comprendre ce qui se cache derrière cette tendance.

Selon Grass, le processus signifie la désintégration, qui vient habituellement avec l’instabilité, l’agitation, et plus d’intervention et de contrôle gouvernemental.

« Les banques centrales ont commencé le rapatriement il y a déjà quelques années, c’est-à-dire avant le Brexit, la Catalogne, Trump, l’AFD ou les tensions croissantes entre le Politburo de Bruxelles et les pays d’Europe de l’Est »,  dit-il.

© Tamara Abdul Hadi
Une crise économique imminente? La Hongrie dernier pays à rapatrier l’or © Tamara Abdul Hadi

Grass a expliqué que ce sont tous des symptômes évidents aujourd’hui et « par conséquent, les banques centrales pourraient avoir vu cela venir bien avant que le public ne s’en rende compte ».

Il a dit qu’il est raisonnable de prétendre que le monde s’éloigne d’un système centralisé.

« Si nous suivons cette tendance, il devrait être évident que la prochaine étape sera une rupture en unités plus petites que les États-nations. Avec une telle fragmentation géopolitique vient aussi la décentralisation du pouvoir. »

Les analystes ont souligné que les pays de l’UE considèrent l’or comme une assurance au cas où ils finiraient par revenir à leurs monnaies nationales. Selon Grass, seul un imbécile croit que l’on peut créer de la richesse à partir de rien, et l’utiliser comme base pour un système durable.

« Notre système est basé sur 7% de billets papier et 93% d’écritures numériques soutenues par rien d’autre que la promesse de la banque centrale de rembourser la dette à l’avenir par l’inflation et la fiscalité. »

Il a expliqué que dans le monde occidental, le gouvernement oblige les gens à abandonner entre 35% et 65% de leurs revenus pour les mettre dans des véhicules obligatoires tels que les fonds de pension, l’assurance retraite, les impôts, etc.

« Si vous enlevez 100% des fruits du travail d’une personne, c’est défini comme de l’esclavage… Donc, il y a encore de la marge mais ça ne semble pas bien non plus. »

Grass a ajouté que « la désintégration accélérée de la zone euro et l’apparition de partis nationalistes et de droite qui ont une politique claire, va à l’encontre de l’UE ».

« C’est juste une question de temps avant que l’euro, la devise la plus artificielle jamais créée, ne  s’effondre », a t-il conclu.

Russia Today

Traduit par jj, relu par xxx pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-glas-sonne-pour-leuro

 

Affaire Skripal Piquée au vif, la Russie expulse à son tour 60 diplomates américains

Affaire Skripal Piquée au vif, la Russie expulse à son tour 60 diplomates américains

Après l’expulsion concertée de plus de 140 diplomates russes par les États-Unis et ses alliés occidentaux, Moscou a annoncé jeudi que 60 diplomates américains étaient désormais persona non grata en Russie. Ils ont une semaine pour quitter le pays.

La réponse du berger russe à la bergère américaine ne s’est pas fait attendre. Quelques jours à peine après l’expulsion par Washington de 60 diplomates russes et la fermeture du consulat de Seattle, Moscou a détaillé le menu des représailles.

“Les mesures seront réciproques”, a déclaré à la presse le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, cité par le quotidien russe The Moscow Times. “Elles comprennent l’expulsion d’un nombre équivalent de diplomates et notre décision de retirer l’accréditation du consulat général des États-Unis à Saint-Pétersbourg.”

Des mesures similaires, encore non détaillées, seront prises à l’encontre de plus de 90 diplomates d’autres pays ayant décidé d’expulser des diplomates russes, a ajouté le ministre.

La décision des États-Unis et de ses alliés visait à sanctionner l’empoisonnement, le 4 mars en Grande-Bretagne, de l’ex-agent russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, derrière lequel les Occidentaux voient la main de Moscou. Si l’ancien espion est toujours dans un état critique, les médecins ont annoncé jeudi que sa fille est maintenant hors de danger et que son état “s’améliore”, selon The Moscow Times.

Ces expulsions croisées “jettent un froid sur les relations entre Moscou et l’Occident qui rappellerait presque l’époque de la guerre froide”, remarque le Los Angeles Times. Mais les analystes interrogés par le quotidien californien relèvent qu’en “procédant à un nombre équivalent d’expulsions, la Russie a veillé à ne pas relever la barre – au moins pour l’instant”.

Un avis partagé par Brett Bruen, ancien membre du Conseil national de sécurité de Barack Obama, dans les colonnes de USA Today. Pour lui, la riposte russe “semble calibrée pour convaincre les États-Unis de ne pas prendre de mesures de représailles supplémentaires. Elle est suffisamment importante pour montrer sa force à domicile, mais a pour véritable objectif d’assurer qu’il n’y aura pas d’escalade.”

Le magazine The Atlantic souligne pour sa part que les expulsions de diplomates, “considérées jusqu’à récemment comme un vestige de la guerre froide”, sont assez communes et que “leur impact est limité” : “Ces expulsions n’ont fait qu’augmenter au rythme de la détérioration des relations entre la Russie et l’Occident”.

Si la Russie semble vouloir éviter l’escalade, les États-Unis n’écartent pas une contre-riposte, alors que la Maison-Blanche a qualifié jeudi l’annonce russe de “nouvelle étape dans la détérioration des relations entre les États-Unis et la Russie” et que le département d’État s’est réservé “le droit d’y répondre” en examinant “différentes options”.

L’une d’entre elles pourrait consister à s’intéresser de plus près aux affaires des oligarques russes en Occident, notamment en Grande-Bretagne. Une décision qui ferait “très vite monter la tension”, selon le Los Angeles Times.

Mais pour l’heure, les premières victimes de ces expulsions sont les services de renseignements, comme le remarque le New York Times. “Les responsables occidentaux affirment que la plupart des Russes sont des espions et que les expulsions vont entraver le renseignement russe.” Mais la riposte russe risque elle-même de faire du mal à l’espionnage occidental, car “les États-Unis et ses alliés utilisent aussi la couverture diplomatique pour leurs espions”.

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1882543/article/1882630

Les missiles hypersoniques de la Russie n’ont pas surpris l’Amérique…

Les missiles hypersoniques de la Russie n’ont pas surpris l’Amérique…


… mais ils ont impressionné le monde


Par Andrew Korybko – Le 13 mars 2018 – Source Oriental Review

Russian hypersonic missileLe président Poutine a dévoilé la réponse hypersonique de la Russie au soi-disant « bouclier antimissile » des États-Unis et rétabli l’équilibre nucléaire stratégique entre les deux grandes puissances.

Cette annonce dramatique a été faite lors de son discours annuel sur l’état de la nation qui comprenait cette fois plusieurs vidéos présentant chacun des systèmes d’armes qu’il a décrits dans son discours. Cependant, le président Poutine a clairement indiqué que ces armements avaient des objectifs défensifs et qu’ils avaient été créés en réponse à l’abandon en 2002 par les États-Unis du Traité antimissile balistique (ABM) signé en 1972, bouleversant ainsi complètement la parité d’autrefois qui avait stabilisé leurs relations.


Maintenant, cependant, l’avantage que les États-Unis espéraient obtenir sur la Russie en neutralisant probablement sa dissuasion nucléaire avec le temps, pour faire finalement chanter Moscou et le reste du monde, a été annulé et l’équilibre est revenu aux plus hauts niveaux des relations internationales. La réaction internationale à cette prise de conscience fut immédiate, les médias officiels  ont décontextualisé des extraits clés du discours du président Poutine pour les faire apparaitre comme l’annonce d’une nouvelle course aux armements. Les médias alternatifs ont été beaucoup plus justes dans leur description de la révolution russe dans les affaires militaires en rapportant avec précision les intentions pacifiques et stabilisatrices du pays du fait du dévoilement de son armement hypersonique à la fine pointe de la technologie.

Pour quelque raison que ce soit, les deux publics ont eu la nette impression que ce développement a complètement surpris les États-Unis, mais rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Il est inconcevable que les agences de renseignement américaines n’aient aucune idée que la Russie développait ces armements, surtout après que Moscou eut annoncé ses intentions il y a dix ans, comme le rappelait le président Poutine. Ce fait démystifie le récit dominant, avancé pour différentes raisons par les médias traditionnels et alternatifs, comme quoi les États-Unis ont été surpris par la révélation de la Russie. Au lieu de cela, il indique que le président Poutine a mis en œuvre une stratégie ingénieuse de soft power pour améliorer l’image de son pays dans le reste du monde.

Lui et ses conseillers ont sagement calculé que ce serait le meilleur moment pour annoncer ces développements militaires à la communauté internationale, surtout après la déception éprouvée avec Trump quand il s’est agi de restaurer les relations bilatérales en raison de la férocité de l’État profond à entretenir une « guerre civile » pour le neutraliser. En outre, l’excellent travail que les forces aérospatiales russes ont accompli en Syrie a rendu leur matériel mondialement célèbre, ce qui laisse supposer qu’il y aura une forte demande pour les exportations d’armes hypersoniques de ce pays à l’avenir.

Après tout, la récente vague de ventes de S400 à une multitude de pays, y compris des partenaires non traditionnels tels que la Turquie et l’Arabie saoudite, change totalement l’équation militaire stratégique et érode encore la domination militaire américaine dans le domaine des capacités offensives aériennes et de missiles. Il en découle logiquement que la Russie aurait également intérêt à saper les capacités défensives des États-Unis à cet égard. Il faudra encore attendre quelques années avant que la Russie envisage même de vendre cette technologie, mais elle va inévitablement proliférer avec le temps, tout comme les drones et toutes les autres avancées qui ont changé la donne.

Les États-Unis s’attendaient certainement à ce que cela se produise mais ne s’attendaient probablement pas à être humiliés sur la scène mondiale après que le président Poutine eut exposé la futilité des milliards de dollars que les contribuables américains ont investis dans le soi-disant « bouclier antimissile » de leur pays. Trump pourrait bientôt planifier la propre annonce de son gouvernement afin de « sauver la face » et convaincre le monde que sa politique militariste « America First » va effectivement « rendre l’Amérique plus grande encore ».

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/les-missiles-hypersoniques-de-la-russie-nont-pas-surpris-lamerique

 

 

Le sort des Empires et la recherche de leur survie 5/5

Le sort des Empires et la recherche de leur survie 5/5


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Sir John Bagot Glubb par Boris Chaliapine

Par Sir John Glubb – 1977 – Source The Organic Prepper

31. Décadence d’un système

Il est intéressant de noter que la décadence est la désintégration d’un système, et non de ses membres individuels. Les habitudes des membres de la communauté ont été corrompues par la jouissance de trop d’argent et de trop de pouvoir pendant trop longtemps. Le résultat a été, dans le cadre de leur vie nationale, de les rendre égoïstes et oisifs. Une communauté de gens égoïstes et oisifs décline, des querelles internes se développent autour de la division de ses richesses en déclin, et le pessimisme s’ensuit, que certains essaient de noyer dans la sensualité ou la frivolité. Dans leur propre environnement, ils sont incapables de rediriger leurs pensées et leurs énergies vers de nouveaux projets.

Mais quand les membres individuels d’une telle société émigrent dans un environnement entièrement nouveau, ils ne restent ni décadents, ni pessimistes ou immoraux parmi les habitants de leur nouvelle patrie. Une fois qu’ils ont rompu avec leurs anciennes influences de pensée, et après une courte période de réajustement, ils deviennent des citoyens normaux de leurs pays d’adoption. Certains d’entre eux, dans les deuxième et troisième générations, peuvent acquérir la prééminence et la direction dans leurs nouvelles communautés.

Cela semble prouver que le déclin de n’importe quelle nation ne sape pas les énergies ou le caractère fondamental de ses membres. La décadence d’un certain nombre de ces nations n’appauvrit pas non plus la race humaine.

La décadence est à la fois une détérioration mentale et morale, produite par le lent déclin de la communauté auquel ses membres ne peuvent échapper, tant qu’ils restent dans leur ancien environnement. Mais, transportés ailleurs, ils abandonnent bientôt leurs modes de pensée décadents et se montrent égaux aux autres citoyens de leur pays d’adoption.

32. La décadence n’est pas physique

La décadence n’est pas non plus physique. Les citoyens des pays en déclin sont parfois décrits comme étant physiquement émasculés, incapable de supporter des difficultés ou de faire de grands efforts. Cela ne semble pas une image vraie. Les citoyens des grandes nations en décadence sont normalement physiquement plus grands et plus forts que ceux de leurs envahisseurs barbares.

De plus, comme cela a été prouvé en Grande-Bretagne lors de la Première Guerre mondiale, les jeunes hommes élevés dans le luxe et la richesse ont eu peu de difficulté à s’habituer à la vie dans les tranchées en première ligne. L’histoire de l’exploration prouve la même chose. Les hommes habitués à vivre confortablement dans des maisons en Europe ou en Amérique étaient capables de montrer autant d’endurance que les indigènes dans la conduite de chameaux à travers le désert ou à se frayer un chemin à travers les forêts tropicales.

La décadence est une maladie morale et spirituelle, résultant d’une trop longue période de richesse et de pouvoir, produisant le cynisme, le déclin de la religion, le pessimisme et la frivolité. Les citoyens d’une telle nation ne feront plus d’effort pour se sauver eux-mêmes, parce qu’ils ne sont pas convaincus que quelque chose dans leur vie mérite d’être sauvé.

33. Diversité humaine

Les généralisations sont toujours dangereuses. Les êtres humains sont tous différents. La variété de la vie humaine est infinie. Si c’est le cas avec les individus, c’est encore plus le cas avec les nations et les cultures. Il n’y a pas deux sociétés, deux peuples, deux cultures qui sont exactement les mêmes. Dans ces circonstances, il sera facile aux critiques de trouver de nombreuses objections à ce qui a été dit et de signaler des exceptions aux généralisations.

Il est utile de comparer la vie des nations à celle des individus. Il n’y a pas deux personnes identiques dans le monde. De plus, leurs vies sont souvent affectées par des accidents ou des maladies, ce qui rend les divergences encore plus évidentes. Pourtant, en fait, nous pouvons généraliser sur la vie humaine à partir de nombreux aspects différents. Les caractéristiques de l’enfance, de l’adolescence, de la jeunesse, de l’âge mûr et de la vieillesse sont bien connues.

Certains adolescents, il est vrai, sont prématurément sages et sérieux. Certaines personnes d’âge moyen semblent encore jeunes d’esprit. Mais de telles exceptions n’invalident pas le caractère général de la vie humaine du berceau à la tombe.

J’ose dire que la vie des nations suit un modèle similaire. Superficiellement, toutes semblent être complètement différentes. Il y a quelques années, on a suggéré à une certaine société de télévision qu’une série de conférences sur l’histoire arabe constituerait une séquence intéressante. La proposition a été immédiatement rejetée par le directeur des programmes avec la remarque suivante : « Quel intérêt terrestre l’histoire des Arabes médiévaux pourrait-elle avoir pour le grand public aujourd’hui ? ».

Pourtant, en fait, l’histoire de l’époque impériale arabe – de la conquête au mercantilisme, en passant par l’abondance, l’intellectualisme, la science et la décadence – est un précurseur exact de l’histoire impériale britannique et a perduré presque autant.

Si les historiens britanniques, il y a un siècle, avaient consacré une étude sérieuse à l’Empire arabe, ils auraient pu prévoir presque tout ce qui s’est passé en Grande-Bretagne jusqu’en 1976.

34. Une variété de chutes

Il a été démontré que, normalement, l’ascension et la chute des grandes nations sont dues à des raisons internes seulement. Dix générations d’êtres humains suffisent à transformer un pionnier hardi et entreprenant en un citoyen captif de l’État providence. Mais alors que les histoires de vie des grandes nations montrent une uniformité inattendue, la nature de leurs chutes dépend largement des circonstances extérieures et montre ainsi un degré élevé de diversité.

La République romaine, comme nous l’avons vu, a été suivie par l’Empire, qui est devenu un super-État, dans lequel tous les indigènes du bassin méditerranéen, indépendamment de la race, ont obtenus des droits égaux. Le nom de Rome, à l’origine une ville-État, est passé à un empire international égalitaire.

Cet empire a éclaté en deux, la moitié occidentale étant envahie par les barbares du nord, la moitié orientale formant l’empire romain oriental ou byzantin.

Au IXe siècle, le vaste empire arabe s’est scindé en plusieurs fragments, dont une ancienne colonie, l’Espagne musulmane, a dirigé son propre cours sur 250 ans en tant qu’Empire indépendant. Les patries de Syrie et d’Irak, cependant, ont été conquises par des vagues successives de Turcs dont elles sont restées les sujets pendant 1 000 ans.

D’autre part, l’Empire mamelouk d’Égypte et de Syrie fut conquis lors d’une simple campagne militaire par les Ottomans, la population indigène se contentant de changer de maîtres.

L’Empire espagnol (1500-1750) a duré les 250 ans conventionnels, se terminant seulement avec la perte de ses colonies. La patrie de l’Espagne est tombée, en effet, de son piédestal de superpuissance, mais elle a survécu en tant que nation indépendante jusqu’à aujourd’hui.

La Russie des Romanov (1682-1916) a suivi le processus normal, mais c’est l’Union soviétique qui lui a succédé.

Il est inutile de travailler sur ce point, que nous pouvons essayer de résumer brièvement. Tout régime qui atteint une grande richesse et une grande puissance semble avec une régularité remarquable se désintégrer en une dizaine de générations. Le sort ultime de ses composantes ne dépend cependant pas de sa nature interne, mais des autres organisations qui apparaissent au moment de son effondrement et parviennent à dévorer son patrimoine. Ainsi, la vie des grandes puissances est étonnamment uniforme, mais les résultats de leurs chutes sont complètement différents.

35. Insuffisance de nos études historiques

En fait, les nations modernes occidentales n’ont tiré qu’une valeur limitée de leurs études historiques, parce qu’elles ne les ont jamais suffisamment approfondies. Pour que l’Histoire ait du sens, comme nous l’avons déjà dit, ce doit être l’Histoire de la race humaine.

Loin d’atteindre un tel idéal, nos études historiques se limitent en grande partie à l’histoire de notre propre pays retraçant le cours de sa vie actuelle. Ainsi, le facteur temps est trop court pour que les très longs rythmes de la montée et de la chute des nations puissent être remarqués. Comme l’a indiqué le directeur de la télévision, il ne nous vient jamais à l’esprit que des périodes plus longues pourraient être intéressantes.

Quand nous lisons l’histoire de notre propre nation, nous trouvons que les actions de nos ancêtres sont décrites comme glorieuses, tandis que celles des autres peuples sont décrites comme méchantes, tyranniques ou lâches. Ainsi, notre histoire n’est (intentionnellement) pas basée sur des faits. Nous sommes émotionnellement réticents à accepter que nos ancêtres aient pu être méchants ou lâches.

Alternativement, il y a des écoles d’histoire « politiques » enclines à discréditer les actions de nos anciens dirigeants, afin de soutenir les mouvements politiques modernes. Dans tous ces cas, l’Histoire n’est pas une tentative de connaître la vérité, mais un système de propagande consacré à l’avancement des projets modernes ou à la satisfaction de la vanité nationale.

Les hommes peuvent difficilement être blâmés de ne pas apprendre de l’histoire qui leur est enseignée. Il n’y a rien à en apprendre, parce quelle n’est pas vraie.

36. Les petites nations

Le mot « Empire » a été utilisé dans cet essai pour désigner les nations qui atteignent le statut de grandes puissances, ou de superpuissances dans le jargon d’aujourd’hui – des nations qui ont dominé la scène internationale pendant deux ou trois siècles. Cependant, à tout moment, il a existé aussi des États plus petits qui sont restés plus ou moins autonomes. Est-ce que ceux-ci vivent les mêmes cycles de vie que les grandes nations et passent-il par les mêmes phases ?

Il semble impossible de généraliser sur cette question. En général, la décadence est le résultat d’une trop longue période de richesse et de pouvoir. Si le petit pays n’a pas partagé la richesse et le pouvoir, il ne participera pas à la décadence.

37. Le modèle émergent

Malgré la variété et les complications infinies de la vie humaine, un schéma général semble émerger de ces considérations. Il révèle de nombreux empires successifs couvrant quelque 3 000 ans, ayant suivi des stades similaires de développement et de déclin, et ayant, dans une mesure surprenante, « vécu » des vies de durée très similaire.

L’espérance de vie d’une grande nation, semble-t-il, commence par une expansion violente d’énergie, généralement imprévue, et aboutit à un abaissement des normes morales, au cynisme, au pessimisme et à la frivolité.

Si l’auteur actuel était millionnaire, il essaierait d’établir un département, dans une université quelconque, consacré uniquement à l’étude du rythme de la montée et de la chute de puissantes nations à travers le monde.

L’histoire remonte à environ 3 000 ans, car avant cette période, l’écriture n’était pas suffisamment répandue pour permettre la survie de documents détaillés. Mais durant ces 3000 ans, le nombre d’empires disponibles pour cette étude est très grand.

Au début de cet essai, les noms de onze d’entre eux ont été énumérés, mais ceux-ci n’ont inclus que le Moyen-Orient et les nations modernes de l’Ouest. L’Inde, la Chine et l’Amérique du Sud n’ont pas été incluses, car l’auteur ne sait rien à leur sujet. Une école fondée pour étudier la montée et la chute des Empires trouverait probablement au moins vingt-quatre grandes puissances disponibles pour la dissection et l’analyse.

La tâche ne serait pas facile, si l’espace était si vaste qu’il devait couvrir pratiquement toutes les grandes nations du monde sur 3 000 ans. La connaissance de la langue seule, pour permettre des recherches approfondies, constituerait un obstacle redoutable.

38. Cela aiderait-il ?

Il est agréable d’imaginer, à partir de telles études, l’apparition d’un modèle standard de vie des nations, y compris une analyse des divers changements qui mènent finalement au déclin, à la décadence et à l’effondrement. Il est tentant de supposer que des mesures pourraient être adoptées pour prévenir les effets désastreux de la richesse et du pouvoir excessifs, et donc de la décadence subséquente. Peut-être que certains moyens pourraient être mis au point pour empêcher l’activiste de l’âge de la Conquête et du Commerce de se détériorer pendant l’âge de l’Intellect, produisant des discours sans fin mais sans plus agir.

Il est tentant de le penser. Peut-être que si le modèle de l’ascension et de la chute des nations était régulièrement enseigné dans les écoles, le grand public en arriverait à la vérité et soutiendrait les politiques pour maintenir l’esprit de devoir et de sacrifice, pour prévenir l’accumulation de richesses excessives par une nation, conduisant à la perte du sens moral de cette nation.

Le sens du devoir et l’initiative nécessaires pour mener ce projet ne pourraient-ils pas être maintenus parallèlement au développement intellectuel et aux découvertes dans les sciences de la nature ?

La réponse est douteuse, bien que nous puissions essayer. Les faiblesses de la nature humaine, cependant, sont si évidentes, que nous ne pouvons pas être trop confiants dans le succès de cette entreprise. Les hommes débordants de courage, d’énergie et de confiance en eux ne peuvent être facilement empêchés de soumettre leurs voisins, et les hommes qui voient s’ouvrir des perspectives de richesse seront difficilement arrêtables.

Peut-être n’est-il pas dans l’intérêt réel de l’humanité d’être ainsi empêchée, car c’est dans les périodes de richesse que l’art, l’architecture, la musique, la science et la littérature font les plus grands progrès.

De plus, comme nous l’avons vu dans les grands Empires, leur création peut donner lieu à des guerres et à des tragédies, mais leurs périodes de puissance apportent souvent la paix, la sécurité et la prospérité à de vastes zones de territoire. Nos connaissances et notre expérience (peut-être nos intellects humains fondamentaux) sont insuffisantes pour dire si oui ou non l’ascension et la chute des grandes nations est le meilleur système pour le meilleur des mondes possibles.

Ces doutes, cependant, ne doivent pas nous empêcher d’essayer d’acquérir plus de connaissances sur l’ascension et la chute des grandes puissances, ou d’essayer, à la lumière de ces connaissances, d’améliorer la qualité morale de la vie humaine.

Peut-être, en effet, arriverons-nous à la conclusion que l’ascension et la chute successives des grandes nations sont inévitables et, en fait, un système divinement ordonné. Mais même cela serait un gain immense. Car nous devrions savoir où nous en sommes par rapport à nos frères et sœurs humains. Dans notre état actuel de chaos mental sur le sujet, nous nous divisons en nations, en communautés qui se battent, se haïssent et se dénigrent les unes les autres au sujets de développements qui peuvent bien être divinement ordonnés mais qui nous semblent, si nous adoptons une vision plus large, totalement incontrôlables et inévitables. Si nous pouvions accepter ces grands mouvements comme échappant à notre contrôle, il n’y aurait aucune excuse pour que nous nous haïssions les uns les autres à cause d’eux.

Si variée, déroutante et contradictoire que puisse être l’histoire religieuse du monde, la plus noble et la plus spirituelle des dévotes de toutes les religions semble parvenir à la conclusion que l’amour est la clé de la vie humaine. Toute expansion de nos connaissances qui peut conduire à une réduction de nos haines injustifiées en vaut donc certainement la peine.

39. Résumé

Comme de nombreux points d’intérêt sont apparus au cours de cet essai, je termine avec un bref résumé, pour rafraîchir l’esprit du lecteur.

  1. Nous n’apprenons pas de l’Histoire parce que nos études sont brèves et préjudiciables.
  2. D’une manière surprenante, 250 ans apparaissent comme la durée moyenne de la grandeur nationale.
  3. Cette moyenne n’a pas varié depuis 3 000 ans. Est-ce que cela représente dix générations ?
  4. Les étapes de l’ascension et de la chute des grandes nations semblent être :
    1. L’âge des pionniers (explosion) ;
    2. L’âge des conquêtes ;
    3. L’âge du commerce ;
    4. L’âge de l’abondance ;
    5. L’âge de l’intellect ;
    6. L’âge de la décadence.
  5. La décadence est marquée par :
    1. Passage en mode défensif ;
    2. Pessimisme ;
    3. Matérialisme ;
    4. Frivolité ;
    5. Un afflux d’étrangers ;
    6. Un État providence ;
    7. Un affaiblissement de la religion.
  6. La décadence est due à :
    1. Période trop longue de richesse et de pouvoir ;
    2. Égoïsme ;
    3. Amour de l’argent ;
    4. Perte du sens du devoir.
  7. Les histoires de vie des grands États sont étonnamment similaires et sont dues à des facteurs internes.
  8. Leurs chutes sont diverses, car elles sont en grande partie le résultat de causes externes.
  9. L’Histoire devrait être enseignée comme l’histoire de la race humaine, bien que l’accent soit bien sûr mis sur l’histoire du pays de l’élève.

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Sir John Glubb, mieux connu sous le nom de Glubb Pacha, est né en 1897 et a servi en France pendant la Première Guerre mondiale de 1915 à 1918. En 1926, il a quitté l’armée régulière pour servir le gouvernement irakien. De 1939 à 1956, il commande la fameuse légion arabe jordanienne. Depuis sa retraite, il a publié seize livres, principalement sur le Moyen-Orient, et a donné de nombreuses conférences.

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Dépravation, frivolité et dissidence : assistons-nous à la fin d’un empire ?

Traduit par Hervé relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-sort-des-empires-et-la-recherche-de-leur-survie-55

 

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