La Moldavie se prépare à des élections cruciales

La Moldavie se prépare à des élections cruciales

Coincée entre les influences russe et européenne qui divisent jusqu’au sommet de l’Etat, la Moldavie se prépare à des élections cruciales après une modification controversée de la loi électorale.

Tudor Ulianovschi est ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration européenne de la République de Moldavie. Il est diplomate de carrière et a exercé à Washington et au Qatar.

Votre pays organise des élections cette année, la date est-elle fixée ?

En ce moment, nous réfléchissons à une date fin novembre ou peut-être début décembre. La date précise sera décidée dans un avenir proche par le parlement de la République de Moldavie.

Dans les conclusions du Conseil de la réunion ministérielle du 26 février, j’ai constaté que la nouvelle loi électorale ne prenait pas en compte les recommandations clés de la commission de Venise. Voulez-vous commenter cela ?

Selon nous, la plupart des recommandations de la commission de Venise ont été prises en compte. En même temps, le parlement moldave, après consultation interne avec diverses parties prenantes, notamment de la société civile, a décidé d’adopter le nouveau code électoral. Il s’agit d’un nouveau système, mixte, basé sur les listes de partis et sur les circonscriptions uninominales.

C’est un avantage pour les deux grands partis, au détriment des petits partis politiques.

Pour moi, c’est une bonne chose que les régions de la République de Moldavie aient l’opportunité de déléguer et d’élire leurs propres représentants au poste de député.

La Moldavie donne l’impression d’un pays divisé parce que le président est pro-russe, le gouvernement est pro-européen et pro-occidental, vous êtes vous-même pro-européen et pro-occidental. Pensez-vous qu’à un moment donné, la Moldavie adoptera une position moins ambiguë et plus claire ?

Je suis clairement pro-européen, pro-occidental. Je pense que la République de Moldavie a atteint le point de non-retour dans sa voie vers l’intégration européenne.

De ce point de vue, je pense que le plus important pour nous est d’assurer la mise en œuvre de l’accord d’association entre la République de Moldavie et l’Union européenne.

En tant que citoyen de la République de Moldavie, je pense que le modèle européen de développement profite non seulement au gouvernement, mais aussi aux citoyens de la République de Moldavie.

Par ailleurs, si l’on regarde les sondages d’opinion, la majorité aujourd’hui en Moldavie montre une préférence envers l’UE qui doit être soutenue par les efforts du gouvernement moldave pour mieux mettre en œuvre les réformes, restructurer le secteur de la justice et lutter contre la corruption.

Ecartelée entre Russie et Europe, la Moldavie cherche une troisième voie

Le gouvernement moldave souhaite transformer le pays en une plateforme de coopération. Le ministre des Affaires étrangères, Andrei Galbur, ne veut pas que le pays soit divisé entre pro-Européens et pro-Russes, malgré des fractures idéologiques qui restent assez fortes. Un article d’Euractiv Slovaquie.

La Moldavie aimerait probablement avoir les mêmes chances que les pays d’Europe de l’Est. Quelle est votre opinion ?

Si l’on considère la République de Moldavie du point de vue de la division des sphères d’influence, c’est une mauvaise approche, ce n’est pas une approche constructive. La souveraineté de la République de Moldavie ou de tout autre pays repose sur le fait qu’un pays décide lui-même de l’endroit où il veut se placer.

La République de Moldavie entretient de bonnes relations avec l’Occident, ainsi que de bonnes relations avec l’Orient et avec la Fédération de Russie.

La priorité de la politique étrangère est l’intégration européenne de la République de Moldavie et elle n’est pas en contradiction avec la participation actuelle de la République de Moldavie à la région de la CEI [Communauté des États indépendants].

Quand je parle aux diplomates russes, ils disent que la Moldavie n’a pas adopté de sanctions contre la Russie, contrairement aux pays de l’UE. Federica Mogherini ou d’autres représentants vous font-ils pression pour que vous introduisiez des sanctions contre la Russie ?

Non, il n’y a absolument aucune pression des partenaires européens ou de Federica Mogherini pour que l’État moldave impose des sanctions à l’égard de la Fédération de Russie. C’est au contraire la Fédération de Russie qui pose malheureusement certaines barrières commerciales aux importations de produits moldaves.

Selon nous, le fait que la plupart des produits moldaves ne sont pas autorisés à accéder aux marchés russes, en particulier le vin moldave et d’autres produits alimentaires, est une violation à l’accord bilatéral de libre-échange entre la République de Moldavie et la Fédération de Russie.

Je dirais donc au contraire que la République de Moldavie souhaiterait entretenir des relations économiques saines avec la Russie. Nous attendons toujours une politique plus ouverte de Moscou.

S’agit-il du problème principal ? Quand je regarde le type de relations que la Moldavie entretient avec l’UE, qu’est-ce qui provoque ce comportement de la part de la Russie ? L’accord de libre-échange, l’ALECA ?

Les premiers obstacles aux échanges de produits moldaves en Russie ont été observés au moment de l’adoption du plan d’action entre la République de Moldavie et l’UE en 2005. Cela a été un coup dur pour l’économie et pour les exportations moldaves car nous exportions de nombreux produits vers la Fédération de Russie. Mais c’était une bonne leçon, pour que nous apprenions à diversifier nos exportations…

Avez-vous réussi ?

Aujourd’hui, l’UE est le principal partenaire commercial et d’exportation de la Moldavie. 65 % des produits moldaves sont exportés vers le marché européen et la Roumanie est désormais le principal partenaire commercial du pays.

Moscou étend son influence en Moldavie

La Moldavie s’est vu octroyer le statut d’observateur par l’Union économique eurasiatique. Un autre rapprochement vers la Russie suite à l’élection du nouveau président pro-russe. Un article d’Euractiv Roumanie.

Les ministres ont adopté un texte appelant votre pays à combattre davantage la corruption. Je pense à cette affaire incroyable où un milliard d’euros ou de dollars a disparu d’une banque. Je sais qu’une entreprise occidentale très coûteuse a été chargée d’enquêter, mais je ne connais pas la suite de l’affaire. Pouvez-vous m’en dire plus ?

En effet, la finalisation de l’enquête sur la fraude bancaire survenue en République de Moldavie est une priorité pour le gouvernement et les forces de l’ordre.

En même temps, nous avons fait appel à l’agence [d’enquêtes] Kroll pour qu’elle nous aide à enquêter sur la fraude bancaire. La conclusion de leur second rapport a été rendue publique.

En ce qui concerne la lutte contre la corruption, une commission nationale pour l’intégrité a été créée en République de Moldavie. Cette commission possède maintenant un directeur et un directeur adjoint. Actuellement, elle est en train de recruter des experts de l’intégrité, ou des inspecteurs, soit plus de 40 personnes.

Lorsque j’ai interviewé Pavel Filip, votre Premier ministre, il y a quelques mois, il était très optimiste à propos du conflit en Transnistrie. Pouvez-vous m’en dire plus sur l’évolution de ce problème ?

Cette année, en 2018, nous avons déjà accompli des progrès : dans les écoles qui enseignent l’alphabet latin en Transnistrie en République de Moldavie et pour la réhabilitation du pont Gura Bicului, qui doit maintenant être rénové. Des discussions sont en cours en ce qui concerne les télécommunications, mais également pour les plaques d’immatriculation des véhicules de la région de Transnistrie en République de Moldavie.

Il y a une volonté politique à Chisinau d’aller de l’avant avec ces négociations. À ce stade, il faudrait que nos partenaires européens et l’UE elle-même encouragent davantage les autorités de Tiraspol à être plus flexibles et pragmatiques.

Bruxelles approuve un nouveau programme d’aide pour la Moldavie

La Commission européenne donnera à la Moldavie 100 millions d’euros d’aide européenne pour aider le pays d’Europe de l’Est à répondre à ses besoins financiers à court terme. Un article d’EURACTIV Roumanie.

https://www.euractiv.fr/section/commerce-industrie/interview/moldova-would-still-like-to-have-normal-economic-relations-with-russia/

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