L’Irlande du Nord devient un sujet épineux du Brexit

L’Irlande du Nord devient un sujet épineux du Brexit

La proposition de l’Union de maintenir l’Irlande du Nord dans l’union douanière a semé la discorde avec Londres. [Aidan Crawley/EPA]

La proposition de l’UE pour éviter une frontière « dure » en Irlande après le Brexit sème la discorde entre Londres et Bruxelles. Theresa May affirme qu’elle menace « l’intégrité constitutionnelle » du Royaume-Uni.

La publication du projet d’accord de retrait est un « moment clé dans ce long processus complexe », qu’est le Brexit, assure Michel Barnier, négociateur de l’UE pour le Brexit.

Le projet de traité traduit les progrès accomplis au cours des négociations entre les deux parties en décembre. Il demande qu’une attention toute particulière soit accordée à l’Irlande du Nord, appelant à la création d’une « zone de réglementation commune » en Irlande du Nord après le Brexit, si aucun autre accord n’est trouvé.

La Commission considère que l’Irlande du Nord devrait continuer à être soumise aux règles de l’UE sur les marchandises afin d’éviter les contrôles aux frontières. « Le Brexit crée une seule nouvelle frontière terrestre – entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord. Cette situation est reconnue depuis le début… Nous avons été invités à imaginer des solutions innovantes », a déclaré un responsable de l’UE.

Cette solution de repli n’entrerait cependant en vigueur que si le Royaume-Uni et l’UE étaient incapables de se mettre d’accord sur une meilleure solution.

« Je n’essaie pas de créer des ondes de choc, mon attitude a toujours été de rester calme et pragmatique », assure Michel Barnier, qui juge que « la solution de repli ne remettrait pas en question l’intégrité territoriale du Royaume-Uni. « Nous devons nous assurer qu’il y a une uniformité réglementaire » estime-t-il.

Mais la proposition a été immédiatement rejetée par Theresa May qui a déclaré aux députés qu’« aucun Premier ministre britannique ne pourrait jamais accepter » une telle proposition.

« Si l’UE et Dublin pensent que le gouvernement britannique signera un accord pour établir une frontière dans la mer d’Irlande, ils se font des illusions », a déclaré Jeffrey Donaldson, un membre important du Parti unioniste démocratique (DUP) d’Irlande du Nord, partisan de Theresa May.

Les représentants de l’UE affirment que la poursuite de l’adhésion du Royaume-Uni à l’union douanière « représenterait en grande partie une solution au problème de l’Irlande ».

La secrétaire de Theresa May en Irlande du Nord, Karen Bradley, qualifie cette proposition de « première tentative de l’UE de prévoir un plan de secours si nous ne parvenons pas à trouver une solution au problème de frontière ». « Il s’agit d’un document de l’UE, pas du gouvernement britannique… Ce n’est donc pas définitif. »

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Les deux parties conviennent que l’accord de retrait doit garantir la porosité de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, une condition indispensable pour garantir l’accord du Vendredi saint, qui avait mis fin en 1998 à trente ans de conflit en Irlande du Nord.

Les négociateurs de l’UE et du Royaume-Uni organiseront une semaine de négociations à Bruxelles la semaine prochaine. Michel Barnierrencontrera quant à lui Arlene Foster, la présidente du DUP, et Michelle O’Neill, présidente du Sinn Fein, à l’Assemblée d’Irlande du Nord en début de semaine prochaine.

La Commission européenne demeure insatisfaite par l’absence de progrès dans les négociations de l’article 50, et Michel Barnier ne cesse de répéter qu’un accord final doit être conclu en automne pour laisser au Parlement européen et au Royaume-Uni le temps de le ratifier. « Si nous voulons réussir ces négociations, nous devons accélérer la cadence. »

Toutefois, le négociateur en chef de la Commission a répété que la période de transition de 21 mois n’était toujours pas « acquise ». « Il existe encore trop de divergences sur les droits des citoyens. Le Royaume-Uni veut accorder un traitement moins favorable à ceux qui arrivent pendant la période de transition. Il semble pourtant juste que nous traitions les citoyens d’une manière juste et équitable. »

Le Royaume-Uni souhaite également avoir le droit de s’opposer aux nouvelles règles de l’UE adoptée pendant la période de transition, ce qui, selon la Commission, porterait atteinte au marché unique.

Theresa May, pour sa part, doit tenir un discours sur sa vision des relations avec l’Union européenne une fois le Brexit effectif.

Le Royaume-Uni a laissé entendre qu’il pourrait demander la prolongation de la période de transition au-delà de 2020, date proposée par l’exécutif de l’UE car elle marque la fin du cadre budgétaire de sept ans du bloc. Cependant, un représentant de l’UE a déclaré que Londres n’avait pas encore fait de requête particulière pour prolonger cette période de transition.

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https://www.euractiv.fr/section/royaume-uni-en-europe/news/eu-northern-ireland-offer-sparks-brexit-war-of-words/

 

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