L’enjeu économique reste prioritaire pour la France au sommet européen

L’enjeu économique reste prioritaire pour la France au sommet européen

Les chefs d’Etat européens se retrouvent jeudi et vendredi autour d’un agenda surchargé. Pour la France, la priorité reste la réforme de l’Union économique et monétaire, un thème qui ne réjouit guère les pays du Nord.

C’était un sommet de cadrage très attendu par la France pour le futur de l’Union économique et monétaire. Au final, la multiplication des fronts de crise et l’absence de consensus fort sur le sujet le réduit à sa plus simple expression. La réunion, à 19, des dirigeants de la zone euro vendredi en fin de matinée, ne sera qu’une petite étape au sein d’un sommet très dense.

Les 28 dirigeants européens se réunissent dès jeudi 22 mars dans l’après-midi, pour traiter une batterie d’enjeux, avant un dîner qui risque de finir tard dans la soirée. Une ribambelle de thèmes doit en effet être abordée avant le vendredi matin, qui sera consacré au Brexit.

Emmanuel Macron a tenu comme d’habitude à marquer sa différence : plutôt que de participer, comme les autres chefs d’Etat, aux réunions de leur famille politique qui ont traditionnellement lieu juste avant le début du sommet, le chef d’Etat français rejoindra à 14h00 une rencontre sur la finance climat avec Jean-Claude Juncker et plusieurs commissaires. Le sujet climat, qui n’est pas à l’ordre du jour du sommet, reste une des obsessions du président français qui a obtenu le soutien des Pays-Bas pour lancer une initiative sur le prix du carbone.

Le sommet entrera ensuite dans le vif du sujet avec le commerce international., La France est particulièrement sensible au risque de barrière douanière sur l’acier évoqué par Donald Trump. « Jusqu’à maintenant on a mis en place une règlementation anti-dumping. C’est un début, il faut faire un bilan, et sans doute aller un cran plus loin » résume-t-on dans l’entourage du président.

Acier: Trump campe sur ses positions et menace l’UE

Donald Trump compte toujours taxer les importations d’acier et d’aluminium, affirmant que l’UE n’avait « pas bien traité les États-Unis » et malgré les réticences au sein même de son parti et les appels à la prudence du FMI.

Les 28 envisagent des mesures de rétorsion potentielles sur des produits de consommation comme le whisky, même si pour l’heure, la commissaire au commerce Cecilia Malmstrom, en déplacement aux Etats-Unis, a tenté de calmer le jeu lors d’une rencontre avec son homologue américain.

Les dernières propositions de la Commission européenne sur l’Europe sociale, dont l’autorité européenne du travail, seront ensuite abordés, en même temps que le détachement des travailleurs.

Une Autorité européenne du travail verra le jour d’ici 2019

L’exécutif européen veut mettre en place une nouvelle agence européenne supervisant les contentieux du travail transnationaux et le nombre croissant de travailleurs circulant au sein de l’Union.

Viendront ensuite les sujets numériques : la France défend d’arrache-pied la création d’une agence soutenant l’innovation de rupture, et trouverait judicieux d’affecter la taxe sur le chiffre d’affaires des géants du numérique à cette agence.

Annoncée par la Commission, soutenue par l’Allemagne, l’Italie, la France, le Royaume-Uni et l’Espagne, la taxe en question rencontre déjà une opposition farouche de la part de plus petits pays idéologiquement proches des Etats-Unis, comme l’Europe de l’Est et les Etats baltes. « En soi, le fait que la Commission européenne puisse faire cette proposition en si peu de temps montre que l’état d’esprit a changé », veut croire l’Elysée.

La taxe européenne sur le numérique se dessine

Le commissaire européen en charge des affaires économiques a prévenu l’industrie des technologies de l’arrivée imminente d’une nouvelle loi pour taxer les entreprises numériques dès le mois prochain.

Les sujet de politique internationale seront évoqués le soir, dont la stratégie de l’UE par rapport aux Balkans, mais aussi la question de nouvelles tensions entre la Grèce et Chypre, et surtout l’attentat de Salisbury. Le Royaume-Uni souhaite une déclaration commune des 28 pour condamner l’ingérence de la Russie.

Le sujet du Brexit sera ensuite abordé vendredi. «  Les conséquences du Brexit, Theresa May l’a enfin reconnu, seront coûteuses pour le Royaume-Uni, mais aussi pour l’UE. Mais c’est le prix à payer pour conserver le marché unique » précise l’Elysée.

Un premier compromis trouvé sur l’accord de Brexit

L’UE et le Royaume-Uni se sont accordés sur « une grande partie » de ce qui constituera l’accord du Brexit, y compris la période de transition.

La question de la réforme de la zone euro n’est donc pas en haut des priorités, si ce n’est pour la France et les pays du Sud qui luttent contre un axe nordique résolument opposé à plus de transferts financiers entre les pays riches et les pays moins dotés de l’UE.

« L’UE est déjà une zone de transfert, il ne faut pas l’oublier, le budget européen permet de tirer certains pays vers le haut. Ce ne sont pas des sujets seulement techniques : la France est prête à contribuer plus au budget européen si le projet est toujours d’organiser la convergence des économies les unes vers les autres, avec des stratégies fiscales et sociales communes » rappelle l’Elysée.

L’engagement européen de la France a donc un prix : celle de la convergence qui suppose la mise en place d’un outil budgétaire commun, en plus de la fin de l’Union bancaire et de l’ajustement du mécanisme européen de stabilité. Un message qui ne plaira pas forcément aux partenaires européens.

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/lenjeu-economique-reste-prioritaire-pour-la-france-au-sommet-europeen/

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