Valeur stratégique du français militaire

Valeur stratégique du français militaire

Le président vient de prononcer un discours sur la francophonie : est-ce le cas aussi dans la langue militaire ? Ce ptit article pour évoquer ce que La Vigie en pense… JDOK

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Comme beaucoup je m’interroge sur le fait que la valorisation de l’excellence française passe désormais systématiquement par la langue anglaise ; le lancement récent de l’opération Choose France pour annoncer que France is back, au-delà de l’effet mondain, me semble signifier un manque de confiance dans la France et dans la valeur universelle de sa langue. (lire la suite : cliquez ci-dessous)

Déjà dans une chronique d’avril 2013 intitulée « souveraineté et dépendances », j’évoquais le monde fluide et effervescent dans lequel nous devions défendre nos intérêts, valoriser nos atouts et assumer nos responsabilités, pour reprendre la litanie classique. Je m’inquiétais de notre capacité de manœuvre. Plus avant en 2008 aussi, je disais ma réticence d’un enrôlement atlantique dans un mouvement stratégique servant une vision du monde élaborée hors d’Europe. Je récusais l’antienne admise sans inventaire qui postule que « les engagements militaires de la France dans l’Otan et dans l’UE sont complémentaires », pensant et pensant toujours qu’ils sont peu compatibles. Ailleurs, j’exprimais mon scepticisme face à un embrigadement du monde occidental dans une posture défensive face à la mondialisation et réclamais le droit de défendre une vision européocentrée autonome et ambitieuse.

Aujourd’hui, c’est notre langue que je voudrais célébrer car elle est bien malmenée voire délaissée. Le sujet est sensible et j’ai bien conscience que l’aborder ici va hérisser toute la génération opérationnelle française qui combat en anglais, via des écrans et des procédures. Sans compter l’agacement de ceux qui y ont renoncé au nom de l’efficacité informationnelle. J’entends cela mais voudrais tenter de parler d’autre chose que de procédures et d’échanges. Je voudrais parler d’autonomie intellectuelle et de désalignement.

La langue française fait partie du paquetage militaire

Je veux appeler l’attention sur l’instrument de souveraineté irremplaçable que constitue notre langue qui, à l’instar d’une industrie d’armement qu’on a beaucoup défendue, constitue l’un des vecteurs éprouvés de notre autorité, un support essentiel de notre efficacité et un moyen nécessaire de notre créativité conceptuelle et tactique. Nous sommes beaucoup plus que l’un des alliés, certes valeureux, d’un Occident aujourd’hui relativisé ou l’un des fondateurs, certes inspiré, d’une construction européenne immergée dans la mondialisation ou d’une alliance atlantique moins que jamais nécessaire. Nous sommes d’abord les héritiers d’une pensée illustre qui a su faire la guerre dans tout le spectre de ses développements les plus variés : pensée et action sont les deux faces du métier militaire français.

Je sais que le front linguistique est général et l’impudence des « abandonnistes » généralisée. On ne traduit même plus les titres des films anglo-américains qu’on nous vend. Ne parlons pas de l’enseignement universitaire des savoirs qui se pratique désormais couramment en langue anglaise, en France même. Contentons-nous d’examiner l’usage que fait du français la communauté de défense de notre pays. Il y a à dire. Car nous abandonnons tous les jours l’usage du français dans la réflexion et l’expression militaires. Celui qui reçoit et lit des centaines de textes venant de nos experts de défense peut mesurer la dérivée du phénomène d’anglicisation accélérée de la pensée militaire française.

La pente est forte, très forte ; elle affecte toute la formulation militaire, syntaxe, vocabulaire et acronymes, tout y passe, avec entrain, dans un grand bradage consensuel.

Or l’enjeu du français militaire est d’importance ; il s’agit d’un état d’esprit opérationnel et d’une capacité de production doctrinale et stratégique portée par une conception de l’histoire, de la géographie, de la morale, de l’éthique militaire, du sens de l’efficacité aussi. Il s’agit également d’une forme de loyauté maintenue envers nos vaillants cousins du Québec et de ceux que nous avons formés à l’état militaire, notamment en Afrique et dans le Golfe arabo-persique. Cet héritage glorieux affermi au feu de combats séculaires permet de tirer le meilleur parti de la vertu militaire française propre, une audace et une résolution sereines tempérées par une méthodologie de l’action éprouvée.

Trois facteurs se conjuguent aujourd’hui pour évincer le français de la langue militaire.

La communauté atlantique est une communauté qui parle et pense anglais.

Comme c’était hélas prévisible, la réintégration pleine et entière de la France dans l’Otan militaire à partir de 2009, loin de renforcer la pratique de la langue française dans l’Alliance et la structure militaire intégrée de l’Otan, comme on avait pu le projeter naïvement, a eu bien au contraire l’effet pervers de généraliser l’exercice de la langue anglaise au sein même des forces armées françaises. Constatons-le : l’Otan parle moins le français que lorsque nous étions dans notre position particulière, sans commandement stratégique ni Flag officers ! Elle y renonce même, n’ayant plus la nécessité de tenir compte de notre singularité préservée jusque là.

C’est vrai que les valeureuses opérations de la Fias en Afghanistan sous conduite américaine en ont créé la nécessité tactique. Désormais les forces armées françaises, éprouvées au feu de l’action afghane, s’expriment en anglais opérationnel, au quotidien, de façon indirecte par habitude ou vanité, ou de façon directe par effort collectif puisque l’avancement interne est aujourd’hui conditionné à l’aisance dans l’exercice de l’anglais militaire. Nul besoin de dire que la plupart des militaires français s’est prêtée au jeu avec délice, ravie de sortir de son isolement supposé et pas peu fière de rivaliser linguistiquement avec les autres alliés dans la langue du maître militaire[1]. Cela a valu principalement pour la gent kakie, qui enviait depuis longtemps les connivences procédurales et tactiques de ses homologues bleu ciel et bleu marine avec leurs compagnons de jeu tactiques de l’Otan. Avec l’Afghanistan, elle s’est rattrapée et est revenue au niveau linguistique de ses congénères. Il est loin le Foch, généralissime interallié, qui s’adressait en français à des millions de soldats.

Plus grave que ce phénomène de rattrapage inévitable et salutaire est l’abandon de la production doctrinale en langue française par abonnement méthodique au catalogue de l’Otan dont la source est presqu’exclusivement américaine. En effet la considérable production doctrinale des forces armées américaines et des structures qui gravitent autour, de Tradoc au Net Assesment et à la Rand Corp, influence directement la capacité de réflexion de l’Otan, sommée de transposer dans ses structures intégrées la plupart des concepts et procédures développés pour les forces américaines. C’est cela l’interopérabilité doctrinale. Et la France mobilise désormais ses forces pour traduire et adapter dans sa propre bibliothèque doctrinale l’avalanche conceptuelle qui lui vient de Bruxelles, Mons et Norfolk. Elle essaye de conserver le peu de recul qui lui reste, pour rédiger un codicille d’application nationale des concepts otaniens. C’est que nous sommes malheureusement rentrés dans l’Otan militaire sans projet doctrinal affiché, sans portefeuille national suffisant de savoirs, de leçons et de concepts pour défendre notre vision du combat, notre expérience des rapports de force militaires et notre connaissance du terrain. Nos alliés anglo-américains en ont d’ailleurs été assez surpris et même déçus.

Notre compétence militaire avérée ne relevait donc pas de ce secteur très compétitif de la planification et de la logistique opérationnelles dans lequel Anglais et Américains excellent depuis toujours. Elle était plutôt à rechercher dans la réactivité de la décision politico-militaire et l’initiative tactique de terrain, des domaines peu transposables pour les multilatéraliser et trop français pour être généralisés.

Il n’est d’ailleurs pas sûr que les capacités militaires françaises soient si facilement valorisables dans l’Otan ! C’est sans doute pour cela qu’elles s’y banalisent en rivalisant de conformité aux standards de cette organisation, qu’elles s’y normalisent en renonçant de facto à leurs traits habituels. Rarement les forces françaises auront été aussi à l’aise que lors de l’opération Serval au Mali ; elles y opéraient seules et en français avec leurs frères africains.

Cela ne vaut pas que pour l’Otan, naturellement. Ce qu’on continue d’appeler imprudemment la défense européenne ne fait pas mieux et le français, pourtant l’une des deux langues de la PSDC, que ses experts ne pratiquent plus et que l’on exige plus vraiment pour servir dans ses instances s’évanouit. Le très parisien Institut d’études de sécurité de l’Union européenne, hérité de l’UEO, avait déjà renoncé à l’équilibre pourtant politiquement et diplomatiquement accepté jusqu’ici entre les deux langues de la Pesc. Nul ne s’en était vraiment affecté. La FRS a généralisé cette pratique et l’Irsem lui emboîte le pas.

Une dernière notation qui concerne un nouveau front linguistique qui a lâché, il y a déjà quelque temps, celui de la géographie et de la prononciation. Fin de l’Iraq, de Tobrouk, d’Istamboul qui cèdent la place à l’Irak, Tobruk, Istanbul … Fin de l’Afrique du Nord et arrivée du globalisant MENA. La phonétique anglaise a remplacé la phonétique française dans l’orthographe, Uzbeen et non plus Uzbin, al Jezeera et non plus Al Djezira … Fin des noms d’opérations en français et des références culturelles françaises dans les choix faits pour les actions militaires, les entrainements bilatéraux ou multilatéraux dans lesquels la France est engagée, et cela même quand elle en exerce le commandement et la direction.

Le français militaire n’a pas su passer l’épreuve de l’usage opérationnel multilatéral.

Planification de défense, technologie et industrie de défense vivent en anglais.

Passons plus vite sur d’autres dimensions de la souveraineté de défense ; on les connait bien : il s’agit du partage capacitaire, du développement industriel de l’armement et de l’exigence technologique. Espaces naturellement duaux car ils servent à la fois à alimenter les arsenaux nationaux et à exporter nos produits sur le marché international. Le français scientifique et commercial n’a pas tenu le choc de la mondialisation et a cédé le pas devant la langue universelle des affaires, de la science et de la technique. Pour s’en convaincre, écoutez les explications des techniciens de la détonique, de la balistique ou de l’avionique ou celles des cybernéticiens de la guerre de l’information. La compétition et la coopération dans ces domaines se fondent sur un vocabulaire et des concepts souvent étrangers à nos racines culturelles, à nos expériences opérationnelles et au droit des conflits armés. On le voit avec la mise au point d’outils militaires permettant hier les destructions « massives » et aujourd’hui les « assassinats ciblés », les frappes sans dommages collatéraux et les ciblages sélectifs.

Aux temps de la guerre froide, où la course aux armements pour la recherche de la supériorité stratégique formait l’essentiel de la dynamique de la planification de défense et de la recherche technologique, la conceptualisation de l’affrontement relevait directement de l’art de la guerre, de ses règles et de ses principes, qui étaient essentiellement d’origine européenne, et qui s’affichaient en allemand et en français.

Aujourd’hui, après la « révolution dans les affaires militaires », la recherche d’invulnérabilité par les boucliers technologiques renvoie à une autre culture, celle du rêve techniciste et commerçant qui octroie la supériorité au plus inventif, au plus débridé, au plus inspiré. C’est une dynamique du primat du fonctionnalisme d’origine anglo-américaine, dans laquelle le génie français n’a que peu d’espace pour se déployer.

Le français n’est pas ou plus le véhicule de l’excellence scientifique, économique et technique ; la mondialisation dans ces domaines aussi parle anglais.

Les nouveaux théâtres de friction se conçoivent en anglais.

Langue du terroir et du droit, le français tire une partie de ses racines d’un brassage ancien dont Braudel a exploré les richesses. C’est en réalité une langue du patrimoine qui a érigé en principes des expériences politiques et sociales rapportées à des religions et des philosophies. A cet égard, elle tire, comme la langue allemande, de ses racines celtes, germaines, latines et grecques toute une grammaire stratégique et juridique liée au continent européen et à ses abords maritimes qui a établit des règles, des modèles et des hiérarchies à la base d’un humanisme que les Lumières ont transcendé et qui est partagé de l’Atlantique à l’Oural.

Langue des échanges et des compétitions complexes, l’anglais s’est facilement adapté aux évolutions commerciales, démographiques et scientifiques de la planète pour se généraliser comme vecteur universel des temps modernes. C’est dans cette langue que les experts des espaces fluides coopèrent et se confrontent, qu’il s’agisse des logisticiens de l’Offshore ou du Shipping ou des informaticiens du Cloud ou de la City. Et ce sont les bonnes pratiques des common law qui régulent ces domaines où la compétition mondiale a remplacé les combats territoriaux d’hier dans des frictions dont la dimension militaire s’estompe mais dont les enjeux, stratégiques s’il en est, sont d’abord le contrôle par quelques uns des espaces communs, les common goods, patrimoine commun mais disputé d’une humanité globalisée.

Fondée sur de bonnes pratiques plutôt que de bons principes, la conflictualité moderne se développe aussi en anglais.

Sauvegarder le français militaire, c’est avant tout défendre une vision et une expérience du monde, une aptitude et un savoir opérationnels qui nous sont propres.

A nous de vouloir le maintenir là il est essentiel à notre sécurité et à notre identité.

JDOK

[1] Nos ancêtres stratégiques André Beaufre, Marcel Duval Pierre Gallois et Lucien Poirier parfaitement bilingues pensaient et s’exprimaient en français tout comme en son temps Georges Clémenceau.

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Pitié, pas d’anglicisme ce jour aux Invalides !

Pitié, pas d’anglicisme ce jour aux Invalides !

 

J’ai été amené à faire cette prière et ce commentaire suite à la lecture d’un bien bel article de courage publié par les éditeurs du Blog la Vigie (ici)1.  Le courage des plumes…qu’est ce par rapport au sacrifice d’une vie, un timide pétale d’hommage en ce jour où la valeur du courage porte dans les esprits français encore grâce à lui.   Les auteurs défendent dans ce billet la langue française ; cette défense va bien au-delà du secteur militaire dont ils nous parlent. La problématique de «l’anglicisation» qu’ils décrivent comme instrument de domination de pouvoir dans l’OTAN mais aussi de contrôle des esprits est à l’oeuvre dans bien d’autres espaces de la vie et du travail des Français.

Un sursaut dans cette soumission française dont l’efficacité est à questionner même en terme anglo-saxon (efficience) est-il possible? Les auteurs semblent ainsi s’interroger sur la réversibilité possible du processus et l’appellent de leurs voeux tant ils ne peuvent réprimer la force de leur critique dans ce « billet d’humeur ». Plus de faux-semblants possibles en ce jour… Un « ras-le-bol », que je partage.

A perdre la diversité, la communauté de l’OTAN s’appauvrit. On la voit s’égarer ainsi sur le terrain stratégique, diplomatique et militaire. Seuls la com et les media permettent de dissimuler ses défaites réelles aux yeux des populations et des autorités parlementaires… Tandis qu’alliés et même ennemis, eux ont tout le loisir de les mesurer sur le terrain : défaillance du matériel, des hommes et des soutiens. Que seraient nos exportations si la guerre au Yemen se terminait ? Quel recours vital ? Une guerre en Europe? Doit-on la voir comme une nécessité financière pour mieux l’accepter ? Les militaires la feront-ils facilement ? La com arme de guerre et de pouvoir fera assurément encore une fois le nécessaire pour rendre le sacrifice impératif.

Qui vivra verra…

Les éditeurs de la Vigie écrivent “la supériorité au plus inventif, au plus débridé, au plus inspiré”…certes, c’est le primat du pragmatisme que partagent les Américains et les Anglais mais aussi les Russes. Mais il doit être précisé que c’est la balance des coûts qui a le dernier mot en la matière. Faire de l’invention au moindre coût, c’est précisément ce que l’Occident ne sait plus faire. L’emprise des cartels du business (Deep State? Pour ne pas lésiner sur les anglicismes…) n’en a ni les moyens intellectuels ni les moyens humains. Les contrats d’armement alimentent plus les actionnaires impotents que l’ingénieur qui trouve.


Alors la seule solution : dissimuler le vrai, faire de faux rapports mais en anglais bien sûr!… Garantir haut et fort de l’impossibilité budgétaire qu’auraient les Russes d’avoir les armements dont ils se vantent…en se fondant sur des pseudos résultats économiques d’experts. Et si malgré «l’économie», une mauvaise surprise survenait (de la Caspienne? ) ; alors, espérer être déjà à la retraite… Une stratégie bien rodée qui aboutit à une perte d’informations et de savoir et qui condamne toute vision stratégie à l’échec, faute de bases analytiques fiables. Qui oserait dire en nos temps ce qui déplaît ? La dictature du mot déplacé règne, et la censure n’hésite devant rien, pour avoir des retombées économiques radicales sur l’impétrant. En langage professionnel la censure…prend des formes statutaires bien définies. Disons que les militaires ne sont pas vraiment responsables ; ils se laissent entrainer pas le démon du conformisme. L’appât du gain d’économistes à gage fournit les propos qui rassurent les politiques et les états-majors… Notons que c’est parfois au grand dam d’experts militaires sur le terrain, qui eux voient autrement, des avions voler (pas donnés à toutes les armées !) et des bataillons qui s’entraînent ou défilent ! La force des raisonnements extérieurs est que souvent on leur accorde plus de crédit qu’au collègue qui voit sur le terrain…et qui prend le risque de témoigner. Un mal assez français et bien répandu tant dans nos états-majors que dans nos milieux académiques et certainement bien au-delà. Ces convergences avaient été dénoncées en des temps bien cruels par Marc Bloch dans ses derniers écrits, l’Etrange défaite2.
 C’est ainsi que les militaires ont pu entendre comme moi des conférences, lors desquelles les experts bienveillants ont rassuré les corps militaires à coup de propos sucrés de ce type : “rien n’est possible en Russie, l’industrie est rouillée”, «l’économie s’est effondrée avec la dévaluation du rouble, les coûts explosent»… On va même vous marquer la cadence avec la «décennie perdue» en 2007-2017 après avoir insisté sur «le moment politique de la Russie» l’année dernière (comprendre, la révolution imminente façon Maïdan)… Verbiage du mensonge hors-sol mais à l’habile sauce d’économistes, bons experts en psychologie qui savent trouver les mots qui rassurent au bon moment3. L’éternelle méthode Coué qu’a bien trop chérie l’armée française pour son malheur et le nôtre avant 1940.

Tout pour la bonne conscience et le sentiment du travail bien fait. Surprises ou patates chaudes seront assurément pour la prochaine fournée de généraux…chacun ses problèmes! Individualisme primaire, retraite en horizon vital, caractérisent bien la société de la France des temps présents…Pourquoi la gent militaire serait exclue de ce mouvement d’ensemble ? L’OTAN fournit pour les élites,  honneurs, statut et avantages qui plaisent et flattent, les media rassurent…et le réel, il suffit de ne pas trop s’y frotter pour garder santé certes mais surtout se prémunir contre les pensées rebelles.
 Retraite horizon idéal du militaire français comme de tout citoyen français…Triste constat d’un pays presque défunt.

Service de mémoire ce jour aux Invalides, en hommage au Lieutenant-Colonel Arnaud Beltrame…qu’au moins à lui soient épargnés les anglicismes à la mode présidentielle ! Un héros français tombe et meurt…alors qu’il en faudrait tant de vivants.

  1. Valeur stratégique du français militaire – La Vigie []
  2. voir dans Viableco https://viableco.hypotheses.org/?s=Marc+Bloch+etrange+d%C3%A9faite le lien avec une lecture gratuite du livre []
  3. cf. Viableco LE «FLOP» DES EXPERTS CHANTRES DE LA DÉBÂCLE ÉCONOMIQUE RUSSE ! L’ONU PASSE À L’EXPLICATION DE TEXTE…ici []

 

https://viableco.hypotheses.org/1696

La France ne doit pas rater l’hyperindustrialisation des services

La France ne doit pas rater l’hyperindustrialisation des services

Par Olivier Passet – Directeur des synthèses, Xerfi

05:06

03/04/2018

Attention à la seconde vague de désindustrialisation ! En disant cela, je ne suis pas en train de lancer l’alerte sur les bastions sur lesquels l’économie française s’est recentrée : l’aéronautique, le spatial, l’automobile, le luxe, la pharmacie, les boissons etc. L’alerte peut sembler incongrue, alors même que la part de l’industrie est déjà parmi les plus faibles des pays de l’OCDE et que la France a très largement opéré son redéploiement vers les services. […]

Mots clés : Economie française, Politique économique, Services aux entreprises, Services aux particuliers, Services, Compétitivité, Transformation numérique, Commerce extérieur, hyper-industrielle, Désindustrialisation

Au Moyen-Orient, Pompeo exprime la ligne dure américaine sur l’Iran

Au Moyen-Orient, Pompeo exprime la ligne dure américaine sur l’Iran

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo et son homologue saoudien Adel al-Jubeir se serrent la main à l’aéroport de Ryad, le 29 avril 2018 / © AFP / FAYEZ NURELDINE

Le nouveau chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a affiché dimanche en Arabie saoudite la ligne dure du président Donald Trump vis-à-vis de l’Iran, avant de rallier Israël, un autre pays hostile à Téhéran et à l’accord sur le nucléaire iranien.

Ryad a marqué la première étape d’une tournée de M. Pompeo auprès d’alliés clés des Etats-Unis au Moyen-Orient, laquelle, outre Israël, le verra se rendre en Jordanie.

A Jérusalem, il doit s’entretenir d’ici la fin de journée avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a indiqué que l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 serait leur grand sujet de discussion.

Vent debout contre cet accord qui a pour but de limiter le programme nucléaire de Téhéran et l’empêcher de se doter de la bombe atomique en échange de la levée de sanctions économiques, M. Trump doit annoncer le 12 mai s’il « déchire » ce texte âprement négocié entre l’Iran et les grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne).

M. Pompeo assure que le président n’a pas encore pris sa décision mais n’a pas fait mystère de son opinion sur l’Iran.

« Il n’y a pas encore de décision », a confirmé dimanche John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale du président américain, sur la chaîne Fox.

Pour autant, Mike Pompeo n’a pas mâché ses mots envers l’Iran, juste avant de quitter Ryad: ce pays « déstabilise toute la région », « est le plus grand sponsor du terrorisme dans le monde », « vend des armes aux (rebelles) Houthis au Yémen », « dirige des campagnes de piratage informatique » et « soutient le régime meurtrier d’Assad » en Syrie.

« Nous sommes déterminés à faire en sorte que l’Iran ne détienne jamais l’arme nucléaire. L’accord dans sa forme actuelle ne présente pas cette garantie », a-t-il réaffirmé.

Son homologue saoudien Adel al-Jubeir s’est prononcé pour un durcissement de l’accord, notamment sur l’enrichissement de l’uranium et les inspections, et souhaité de nouvelles sanctions contre Téhéran pour son programme de missiles balistiques et son « ingérence dans les affaires des pays de la région ».

– « Nouvel accord » –

La semaine passée, l’Iran et la Russie ont catégoriquement rejeté l’idée d’un nouvel accord et affiché leur volonté d’en rester au seul texte existant.

A Ryad, M. Pompeo a lui assuré que Washington allait « continuer à travailler » avec ses « alliés européens » pour « corriger » cet accord.

A ce titre, Theresa May, la chancelière allemande Angela Merkel et le président Français Emmanuel Macron se sont parlé par téléphone dimanche, a indiqué le bureau de la Première ministre britannique. Ils ont rappelé leur engagement « à continuer de travailler étroitement, ensemble et avec les Etats-Unis sur la façon d’aborder les défis que pose l’Iran, y compris les sujets qu’un nouvel accord pourrait couvrir », d’après Downing Street.

Parmi ces sujets: « les missiles balistiques, ce qu’il advient à l’expiration de l’accord nucléaire et l’activité régionale déstabilisante de l’Iran ».

Ces sujets s’apparentent à trois des « quatre piliers » récemment évoqués par M. Macron auprès de Donald Trump –dans ce scénario, l’accord actuel constitue uniquement le « premier » d’entre eux.

En Arabie saoudite, le nouveau chef de la diplomatie américaine s’était entretenu dès samedi avec M. Jubeir et avait dîné avec le prince héritier, Mohammed ben Salmane. Il a été reçu dimanche par le roi Salmane avant de prendre la direction d’Israël.

Mike Pompeo en a profité pour réaffirmer le plein soutien de Washington à son allié saoudien sur le Yémen, où Ryad a pris la tête en 2015 d’une coalition contre les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran.

Ce conflit a fait près de 10.000 morts et provoqué « la pire crise humanitaire du monde », selon l’ONU.

M. Pompeo a par ailleurs expliqué qu’il avait aussi discuté de la possibilité de voir Ryad faire davantage pour soutenir les opérations antijihadistes dirigées par Washington en Syrie, comme le souhaite Donald Trump.

« C’est un problème compliqué », a-t-il dit aux journalistes dans l’avion qui l’emmenait en Israël, assurant qu’il était « confiant » dans le fait que Ryad allait aider Washington, sans entrer dans les détails.

« Je veux d’abord m’assurer que nous sommes sur la même longueur d’ondes », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il souhaitait voir « les Etats du Golfe travailler aux côtés (des Etats-Unis) pour s’occuper de leur propre région ».

– « Atout exceptionnel » –

A peine investi jeudi comme 70e secrétaire d’Etat, l’ancien patron de la CIA a également une mission plus personnelle: montrer, fort du soutien de M. Trump, que la diplomatie américaine est de retour après le mandat compliqué de Rex Tillerson, brutalement limogé en mars et qui n’était jamais parvenu à gagner la sympathie de M. Trump.

Ex-militaire de 54 ans, Mike Pompeo a traversé un épineux processus de confirmation parlementaire après sa nomination par M. Trump mi-mars.

Il a fait face à l’opposition d’une majorité de démocrates dénonçant son attitude va-t-en-guerre et des propos jugés islamophobes et homophobes, ainsi qu’à l’aile libertarienne des républicains craignant ses velléités interventionnistes.

Donald Trump a qualifié M. Pompeo d' »atout exceptionnel » pour les Etats-Unis à un « moment critique ».

« Etre professionnel, faire de la diplomatie -de la diplomatie américaine- tout autour du monde, voilà ma mission », a-t-il dit vendredi à Bruxelles après une rencontre avec des fonctionnaires de son ministère travaillant à l’Otan.

(©AFP / 29 avril 2018 17h09)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Au-Moyen-Orient-Pompeo-exprime-la-ligne-dure-americaine-sur-l-Iran/913214.rom

S-300 en Syrie ? Panique en Israël

S-300 en Syrie ? Panique en Israël

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S-300 en Syrie ? Panique en Israël

Les conséquences de l’attaque contre la Syrie de la nuit du vendredi-13 continuent à apparaître régulièrement dans le même sens d’un tournant dans les rapports de force entre le bloc-BAO d’une part, la Russie et ses alliés de l’autre, en faveur des seconds. L’une de ces conséquences était la décision de la Russie de réévaluer sa position concernant la livraison éventuelle de missiles sol-air S-300 à la Syrie. (Cette décision n’est pas prise, répète-t-on à Moscou, mais l’option est effectivement étudiée.) La conséquence de cette conséquence est un vent de panique furieuse en Israël, après une visite secrète du commandant de CentCom, le général de l’US Army Votel, pour examiner avec les Israéliens les mesures possibles en cas de livraison des S-300, – ce qui constitue un prolongement cocasse puisque les USA eux-mêmes sont dans l’incapacité de neutraliser la défense constituée par la série S-300/S-400/S-500.

La situation est effectivement, à cause de sa complète posture d’inversion, particulièrement cocasse… L’attaque de la nuit de vendredi-13 était bien une attaque délibérée et non provoquée (on passe sur les “attaques chimiques” bidon-falseflag qui font partie du paysage courant de la crise) contre un pays souverain. La décision d’envisager à nouveau la livraison de S-300 concerne des systèmes défensifs d’un pays souverain qui vient d’être attaqué, et dont il semble justifié de ce fait qu’il renforce ses moyens de défense. L’effet en Israël est donc (logique de l’inversion) celui d’une “panique furieuse”, de la sorte qu’on aurait lorsqu’un de vos voisins s’apprêterait à disposer, ou pourrait disposer d’une arme offensive menaçant votre intégrité. Le renforcement possible des capacités de défense de son propre espace et de sa souveraineté par la Syrie est donc (suite de la logique de l’inversion) perçu comme un acte agressif par Israël, dont on pourrait aller jusqu’à dire puisqu’on y est qu’il menace “son propre espace et sa souveraineté”.

Ainsi SouthFront.org présente-t-il cet épisode… « Il semble que la frappe de missiles du 14 avril contre la Syrie a provoqué des effets contre-productifs et Washington et ses alliés mesurent les conséquences malheureuses de leur initiative. Israël est particulièrement affecté. Son ministre de la défense, Avigdor Lieberman, se déchaîne à propos des livraisons possibles de S-300 à la Syrie par la Russie.

» “Ce qui est important pour nous, c’est que les armes défensives que les Russes donnent à la Syrie ne soient pas utilisées contre nous. Si elles sont utilisées contre nous, nous agirons contre elles”, a déclaré Avigdor Lieberman au journal Ynet, se référant à la situation en cours. “Si quelqu’un nous attaque, nous riposterons, sans tenir compte du S-300, du S-700 [sic] ou de toute autre présence là-bas.” Lieberman a affirmé qu’Israël “n’intervient pas dans les affaires intérieures de la Syrie” ajoutant toutefois qu’Israël ne permettra pas à l’Iran “d’inonder” la Syrie “avec des systèmes d’armes avancés qui seraient dirigés contre Israël”.

» (Les remarques du ministre de la Défense interviennent un jour après un exemple évident de non-ingérence israélienne dans les affaires syriennes puisque son armée a frappé une position de l’armée arabe syrienne à l’Est des hauteurs du Golan occupé, détruisant une pièce d’artillerie des forces gouvernementales.)

» Un autre ministre israélien, celui du Renseignement, Yisrael Katz a déclaré que toute livraison de S-300 vers la Syrie constituerait le franchissement d’une “ligne rouge” dans les relations israélo-russes. “Je doute qu’ils fourniront ce système de défense antimissile, – parce qu’en faisant cela ils franchiront une ligne [rouge] dans nos relations”, a déclaré M. Katz dans une interview accordée à la radio de l’armée.

» Le 23 avril, des informations semblaient indiquer que le général Joseph Votel, commandant du US CENTCOM, avait effectué“une visite secrète et sans précédent en Israël” et avait rencontré de hauts responsables de la sécurité israéliens. Certains experts lient le voyage avec les discussions présumées entre Israël et les Etats-Unis pour étudier ce qui peut être fait si le gouvernement syrien reçoit vraiment des systèmes avancés de défense antimissile S-300 et tente de les déployer près de la ligne de contact avec Israël. »

…On note que le ministre de la défense israélien, dans sa fiévreuse indignation qui explique les lapsus du type-prospectif, a inventé un nouveau modèle de missile sol-air russe, le S-700 (nous n’en sommes qu’au numéro-500). On note également une curieuse tendance à l’illogisme implicite : d’une part, la crainte, presque la panique qu’on perçoit à propos des S-300 confirme que les Israéliens perçoivent les missiles de la série S-300 comme des armes de défense imparables pour eux, contre leurs missiles et leurs avions ; d’autre part, il menace de les détruire, avec leurs missiles et leurs avions, s’ils sont “déployés contre Israël”. Comment Lieberman compte-t-il détruire les S-300 avec les mêmes moyens dont il implique qu’ils sont complètement vulnérables à l’action de ces mêmes S-300 ?

Mais il ne s’agit que d’une question anecdotique pour l’instant, qui a pour seul intérêt de mesurer effectivement la panique touchant les militaires israéliens et leurs chefs civils, devant une scandaleuse initiative qui leur interdirait la plupart des actions d’agression illégale qu’ils ont l’habitude d’effectuer en Syrie. Décidément, les militaires israéliens raisonnent vraiment comme leurs mentors US, dont ils sont devenus les clones, dans ce cas aussi impuissants que ces mêmes mentors, en l’occurrence le général Votel. (Voir le 5 mars 2018 : « Quant à nous, nous relèverons une déclaration de Votel, précise et qui nous semble, elle, témoigner d’une vérité-de-situation dans la perception et l’analyse de CENTCOM : “L’augmentation des systèmes de missiles sol-air russes dans la région menace notre accès et notre capacité à dominer l’espace aérien.” Votel reconnaît ainsi que les USA sont menacés de perdre la domination de l’espace aérien dans la région. »)

• D’une façon plus profonde et plus instructive, cette attitude israélienne qui n’est pas faite que de panique puisqu’il y a eu entretemps la visite secrète et exprès de Votel, confirme indirectement mais entièrement à notre estime que “l’attaque de la nuit du vendredi-13” est bien le désastre qu’ont exactement comptabilisé les Russes. On ne peut en effet interpréter la chose qu’en ces termes : il a été montré de façon réaliste lors de cette attaque que la défense anti-aérienne en Syrie, c’est-à-dire la défense AA russe en général, même passant en partie par une simple mise à niveau d’anciens systèmes soviétiques dont dispose la Syrie et se limitant à une intervention directe de détection et de guerre électronique, constitue quasiment un rideau impénétrable, une porte fermée à double tour. Cela implique l’évolution vers l’effondrement de la perception que le bloc-BAO (USA et Israël dans ce cas) entretient avantageusement pour lui-même depuis des années, sinon des décennies. Leur complète supériorité aérienne, leur domination du ciel ou “air dominance comme disaient les stratèges et les communicants américanistes après la première guerre du Golfe, tout cela n’existe plus.

• En même temps qu’apparaît cette terrible vérité-de-situation, la psychologie de l’impuissance va être soumise à rude épreuve, comme le montrent les réactions émotionnelles des Israéliens. C’est qu’il y a derrière cet incident une extraordinaire impression de paralysie, de sur-place technologique et militaire. Ces cris que poussent les Israéliens à la pensée du possible déploiement de S-300, ils les poussaient déjà, avec les bureaucrates du Pentagone, il y a près de dix ans ! (Voyez cette nouvelle du 5 février 2010.) Qu’ont donc fait les génies du technologisme américaniste et occidentaliste en une décennie pour maîtriser la menace d’un système qui était déjà en service en Russie à la fin des années 2000, à part nager dans le “trou noir” de la comptabilité du Pentagone qui se mesure désormais en $trillions ? Ah oui, ils ont développé le JSF/F-35 qui est censé ne pas être vu, furtivité oblige, c’est-à-dire qu’ils ont développé à coup de $billions toutes les impasses et les paralysies du technologisme poussé vers l’extrême de lui-même, là où le sollicite l’effondrement. On peut se demander combien de temps, dans de telles conditions, résisteront les psychologies pleines de finesse des généraux-volants et des dirigeants qui les suivent les yeux fermés, – que ce soit en Israël ou à “D.C.-la-folle”.

http://www.dedefensa.org/article/s-300-en-syrie-panique-en-israel

Faut-il croire les Russes ?

 

Faut-il croire les Russes ?

Le gouvernement américain affirme que 100% des plus de 100 missiles de croisière lancés par la coalition qu’il dirige ont atteint leurs objectifs sur les sites liés à la guerre chimique du gouvernement syrien.

Les gouvernements syrien et russe déclarent que 75% de ces missiles n’ont pas atteint leurs objectifs.

Qui devons-nous croire?

La nature extrême de l’allégation des États-Unis devrait inspirer la prudence. Aucun système ne fonctionne à 100% d’efficacité et de rendement. Aucun. Une collègue civile très expérimentée de la DIA me demandait un jour pourquoi les armes sophistiquées fonctionnaient si souvent mal ou étaient parfois détruites. Je lui répondis que c’était simplement une réalité de la vie, que dans la guerre réelle “tout ce qui peut mal se passer, se passera mal.” Elle mit résolument en doute cette affirmation : “Les fabricants garantissent qu’ils fonctionneront comme annoncé”, dit-elle. “Ils mentent”, lui dis-je, “ainsi fonctionne le business”. La réponse ne lui faisait pas plaisir mais c’était et cela reste la vérité. Il n’y a pas de système d’arme qui fonctionne parfaitement.

Les dysfonctionnements de système ne sont qu’une des nombreuses choses qui peuvent aller mal et iront mal en temps de guerre.

Les systèmes de défense aérienne complexes comme celui de la Syrie ne doivent pas être considérés comme une simple addition de missiles sol-air, de canons de défense anti-aérienne, de radars et de brouilleurs électroniques contre les missiles de croisière tirés de navires ou d’avions, ou autres missiles air-sol. Ces outils ne sont pas utilisés séparément avec succès. Dans un système bien conçu, ils sont employés de manière holistique en tant que parties intégrées d’un ensemble reliés électroniquement par des ordinateurs de la défense aérienne centralisée qui coordonnent leurs effets. Les radars détectent les cibles entrantes, les brouilleurs perturbent les systèmes de navigation des missiles et, dans de nombreux systèmes russes, peuvent modifier la course du missile vers une cible sans valeur. Les systèmes SAM (Sol-Air Missile) et autres armes antiaériennes sont confiés aux ordinateurs de la défense antiaérienne et l’enjeu du côté de la défense est que l’on ne manque pas de SAM et d’obus de canon avant que les attaquants ne manquent de missiles. Dans le passé, les Syriens étaient incapables d’intégrer tous ces différents systèmes pour vaincre leur grand ennemi, Israël. Cette époque est finie et la défense aérienne russo-syrienne est devenue un ensemble intégré fonctionnant selon les normes claires et la discipline stricte imposées par les Russes, même si le meilleur de l’équipement russe présent en Syrie n’a pas encore été engagé dans la lutte.

Il a été noté que de nombreux systèmes SAM actuellement entre les mains des Syriens sont d’ancien modèle du temps de l’URSS. C’est en grande partie un argument non pertinent. De tels systèmes d’armes font l’objet de procédures de modernisation, de mises à niveau constantes, qui améliorent constamment leurs capacités aux normes des conditions et évolutions de la guerre.

Ces modifications constantes ont lieu sur les chaînes d’approvisionnement de tous les pays fabricants d’équipements militaires dans le monde. S’ils ne le faisaient pas, leurs équipements auraient une durée de vie très courte et ne trouveraient guère d’acheteurs dans le cadre d’une concurrence en constante expansion. Un excellent exemple de ces procédures d’amélioration des produits est le cycle de service des navires de guerre. Ceux-ci sont programmés à plusieurs reprises pour des refontes d’au moins une années dans les chantiers navals adéquats. Un exemple pour l’aviation est celui du vénérable bombardier lourd américain B-52, qui porte par le hasard de la numérotation bureaucratique le nombre de l’année où il a effectué son premier vol (1952). Un certain nombre de B-52 continuent à être d’excellents vieux “soldats” après avoir été transformés à plusieurs reprises en avions modernes grâce à des réaménagements. Selon ce point de vue, la force de défense aérienne russo-syrienne ne devrait pas être considérée comme arriérée.

La Russie a consacré beaucoup de ses ressources industrielles limitées à l’amélioration et à la modernisation des vieux systèmes soviétiques, en même temps qu’elles en développaient de nouveaux en grand nombre. Les nouveaux modèles ont un très grand potentiel à l’exportation comme nous l’avons vu en Iran, en Turquie et en Inde, ce qui justifie largement les dépenses engagées pour ces nouveaux modèles.

Les États-Unis sont impliqués dans une guerre mondiale depuis dix-sept ans. Cela a été un genre spécial de guerre menée contre les guérillas islamistes et les terroristes dans le monde entier. Une telle guerre exige souvent un équipement très différent de celui utilisé contre les États, en particulier un État fortement structuré. Dans ce contexte, les fonds consacrés à l’amélioration d’équipements tels que le TLAM (Tomahawk) ont été fortement réduits. Les fonds ainsi dégagés ont été orientés vers les UAV (drones) et ont nourri les coûts incroyables des grandes forces terrestres en l’absence de conscription. L’administration Obama aimait utiliser les forces armées mais ne pensait pas à elles avec le même empressement que pour ses programmes sociaux. La loi de séquestration qui en résulta et affecta le financement de la défense a joué un rôle dans le déclin de l’efficacité des équipements américains par rapport à celui des Russes. Il y aura un changement dans ces orientations de financement.

Alors, que s’est-il passé?

J’ai eu des contacts avec plusieurs sources étrangères ayant accès à l’information nécessaire pour avoir un jugement valide, qui me disent que les Russes ont raison. Ces personnes sont d’une orientation politique plutôt favorables aux États-Unis, tout comme leurs gouvernements. Plus des deux tiers des missiles de la coalition formée par les USA n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs. Pourquoi ? Toutes les raisons citées ci-dessus ont dû jouer un rôle dans cette défaite aérienne. Des armes d’attaque obsolètes, une défense aérienne entièrement intégrée et le professionnalisme des opérateurs des systèmes anti-aériens.

Une enquête est en cours pour déterminer ce qu’il faut faire pour remédier à la situation.

En même temps, il est clair qu’il y avait une entente entre les gouvernements pour s’assurer que les lignes rouges russes n’étaient pas franchies. Les preuves de l’attaque au gaz de Douma sont inexistantes. La film diffusé comme “preuve” a maintenant été soigneusement identifié comme une opérations de l’OI (Operationnal Information, ou “propagande”) du programme des Casques blancs financé par les Saoudiens, et en grande partie menée par les service de guerre de l’information du 77èmerégiment des services britanniques. Il semble clair que le Département de la Défense des États-Unis n’était pas au courant de ce projet d’OI et pour cette raison, le secrétaire à la défense Mattis a traversé en aveugle la phase préparatoire de l’attaque du 13 avril. Les cibles visées (détruites ou non) étaient connues depuis longtemps par la communauté du renseignement US comme des installations des anciens programmes de guerre chimique du gouvernement syrien. On a demandé aux Russes de rester à l’écart de ces régions. Un compromis raisonnable a été réalisé avec un président facilement berné par les médias sociaux et ressentant une forte pression d’une population aussi facile à tromper.

Quoi qu’il en soit, la plupart des missiles ont échoué et cette défaillance doit être corrigée.

W. Patrick Lang

http://www.dedefensa.org/article/regard-sur-lattaque-du-vendredi-13

Regard sur l’“attaque du vendredi-13”

Regard sur l’“attaque du vendredi-13”

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Regard sur l’“attaque du vendredi-13”

On connaît dans ces colonnes le colonel Pat Lang, ancien officier de la DIA, qui tient sa boutique sous le nom de Sic Semper Tyrannis, ou STT. Lang fait ici une de ses rares escapades hors-SST, – dans UNZ.com, ce 25 avril 2018, – pour nous donner son évaluation complète du résultat de “l’attaque de la nuit du vendredi-13” (heure de Washington), en avril 2018 contre la Syrie. Le titre est explicite : « Faut-il croire les Russes ? » (notre adaptation de “Are the Russians Correct?”, reprise d’une phrase de Lang), et sa réponse se fait sous la forme une explication de divers points dont on comprend qu’ils suggèrent indirectement pourquoi c’est la version russe (71 cruise missiles abattus sur 103) qui est la bonne, – par conséquent qu’il faut “croire les Russes” parce que “les Russes sont correct” (dans le sens d’une évaluation “correcte”, c’est-à-dire “juste”). On se doutait déjà de sa position, comme nous le constations le 16 avril 2018, en suggérant en même temps pourquoi sa position était intéressante à connaître, venant d’une plume réputée pour sa tenue, ses sources et ses positions fermes sans être complètement engagé (« ancien officier de la DIA, qui abhorre la bureaucratie et la politique washingtoniennes mais ne se classe pas pour autant antiSystème », écrivions-nous le 15 février 2018).

En fait, d’un point de vue sacrifiant aussi bien à l’évidence qu’à l’habileté, Lang ne prend même pas la peine de répondre directement à la question posée, – ou bien pourrait-on dire qu’il prend grand soin de ne pas “répondre directement à la question posée”, puisqu’on sait combien est grande la sensibilité des sentinelles de la moraline postmoderne et censureuse. De même, il ne discute même pas le fait de savoir si l’“attaque chimique” du 7 avril était un montage ou pas, il s’emploie simplement à expliquer comment l’opération a été montée par une unité du MI6 britannique désigné comme le 77èmerégiment , chargée de la “guerre de l’information” (de la communication) et travaillant aux frais de l’Arabie Saoudite. Finalement, le thème réel du texte n’est pas de savoir s’il y a bel et bien eu un ratage, mais de constater que ce ratage mémorable soulève de graves questions et invite à des changements importants dans l’orientation des équipements et des répartitions budgétaires au Pentagone. Lang présente plusieurs points intéressants :

• D’abord son affirmation, qu’il n’explicite pas et qui est tout à fait étonnante, voire stupéfiante pour qui n’est pas informé du désordre, selon laquelle le secrétaire à la défense Mattis n’était pas au courant de l’opération de cette fausse “attaque chimique” du 7 avril montée par le MI6. Cela explique (?), disons d’une façon invertie, sa déclaration étonnante de franchise du 12 avril au Congrès, selon laquelle “on” ne disposait pas de preuves de la responsabilité-Assad (marque déposée) dans cette attaque.

• Le constat de la grande qualité d’organisation et de coordination de la défense aérienne syrienne, sous l’impulsion pédagogique des Russes. Son estimation selon laquelle les vieux missiles du temps de l’URSS qui équipent l’essentiel des forces syriennes valent bien les plus récents est par contre discutable. Ce n’est pas un hasard si la plus formidable performance des systèmes impliqués, selon le décompte des Russes qui semble devoir être pris en compte sans risquer le bûcher, est celle des Pantsir-S1, un des systèmes russes de l’ère post-soviétique, qui ont tiré 25 missiles et abattu 24 cruise missiles, selon les données officielles russes, – garanties FakeNews par conséquent, mais sans un signe de découragement à notre adresse chez Lang.

• Lang insiste sur l’obsolescence des matériels US, notamment les cruise missiles, qui ont été complètement négligés depuis quinze ans à cause des priorités de la “Guerre contre la Terreur”, et qui n’ont pas reçu les modernisations et mises à niveau nécessaires pour cette sorte de matériel. Lang assure qu’il devrait y avoir des changements importants de priorités au Pentagone, mais il reste à voir si le Pentagone est encore capable d’assumer une telle révision, de la mener à bien, et dans quel laps de temps, etc. Il nous semble que Lang croit un peu trop aux vertus des orientations budgétaires, notre approche étant que le Pentagone, qui dispose de sommes énormes, est écrasé par la bureaucratie, les redondances, les gaspillages, la corruption, etc.

« Quoi qu’il en soit, termine Lang, la plupart des missiles ont échoué et cette défaillance doit être résolue. » C’est en effet le grand enseignement de cette attaque, qui est la mise en cause du fondement même des capacités de la puissance US, si l’on accepte l’hypothèse que ce ratage, loin d’être une exception, confirme d’autres mésaventures du genre et sert d’indicateur à une grave crise structurelle affectant la puissance militaire US. Il ne s’agit pas d’une question quantitative, budgétaire, etc., de notre point de vue, mais bien d’une question organisationnelle demandant la souplesse et la volonté de réactions réformistes radicales à une énorme organisation (le Pentagone) qui en est totalement dépourvue.

dde.org

http://www.dedefensa.org/article/regard-sur-lattaque-du-vendredi-13

Commerce des mégadonnées (Big Data)

L’internet, vecteur de puissance des Etats-Unis ?

4 – Commerce des mégadonnées (Big Data)

Par Laurent BLOCH, le 28 avril 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Précédemment responsable de l’informatique scientifique de l’Institut Pasteur, Directeur du Système d’Information de l’Université Paris-Dauphine. Il est auteur de plusieurs ouvrages sur les systèmes d’information et leur sécurité. Il se consacre à la recherche en cyberstratégie. Auteur de « Internet, vecteur de puissance des Etats-Unis », éd. Diploweb 2017.

Alors que l’Intelligence artificielle passionne, Laurent Bloch aborde dans ce quatrième chapitre le commerce des mégadonnées (Big Data). Il présente successivement avec pédagogie Le commerce de données et ses acteurs ; Concurrence et conflits réglementaires ; Un pays évincé de ce domaine serait condamné au déclin.

Diploweb.com, publie cet ouvrage de Laurent Bloch, L’Internet, vecteur de puissance des Etats-Unis ? pour proposer à chacun les éléments nécessaires à une juste appréciation de la situation. Ce livre est déjà disponible sur Amazon au format numérique Kindle et au format broché imprimé sur papier. Il sera publié ici sous forme de feuilleton, chapitre par chapitre, au rythme d’environ un par trimestre.

L’industrie des mégadonnées est un enjeu crucial dans la mesure où le négoce de ces données en masse est un secteur en plein essor et déjà très lucratif ; la quasi-totalité des autres secteurs de l’économie, de la santé à l’agriculture en passant par les transports, en sont affectés, en bien ou en mal selon leur capacité à s’y adapter. Les entreprises américaines géantes du cyberespace, Google, Apple, Facebook, Amazon et leurs collègues, sont à l’avant-garde de leur collecte et de leur exploitation : les Européens pourront-ils rattraper leur retard ?

4 - Commerce des mégadonnées (Big Data)
Laurent Bloch, auteur de « L’Internet, vecteur de puissance des Etats-Unis ? », éd. Diploweb via Amazon
Laurent Bloch explique avec pédagogie et précision la géopolitique de l’Internet.

Le commerce de données et ses acteurs

Les GAFA (Google Apple Facebook Amazon) sont des entreprises de première grandeur, leaders dans le cyberespace, toutes américaines. Apple est la troisième entreprise américaine par le chiffre d’affaires avec 234 milliards de dollars, juste derrière le géant de la grande distribution Walmart et le pétrolier Exxon-Mobil (au classement mondial Apple n’est qu’au 12ème rang derrière quelques pétroliers chinois et européens, Volkswagen, Samsung et d’autres, cf. le classement ici). Google est à 75 milliards de dollars, Amazon 107.

Les revenus de ces entreprises proviennent en partie (pour Apple et Amazon) ou en quasi-totalité (pour Google et Facebook) de la commercialisation de données secondaires laissées sur leurs sites par les internautes. Chaque recherche sur le site de Google, chaque bavardage sur Facebook, chaque achat sur Amazon engrange dans les greniers électroniques de ces entreprises des informations dites secondaires, éventuellement calculées à partir des méta-données (origine et destination des communications, identité des interlocuteurs, adresses réseau, dates et heures…​), relatives à vos goûts, votre résidence, vos fréquentations, etc., qui, dûment anonymisées, agrégées et soumises à des traitements statistiques, seront vendues à des agences publicitaires, des cabinets de marketing, des agences matrimoniales, des opérateurs touristiques, etc. Quant aux données primaires, ce sont la teneur de vos bavardages ou vos messages de blog, que vous aurez fournis gratuitement et qui attireront d’autant plus d’internautes que vous aurez raconté des bêtises et publié des photos scabreuses qui vous nuiront auprès des conjoints et employeurs potentiels pour le reste de votre vie en ce bas monde.

Les données, qui deviennent des informations dès lors qu’elles atteignent un esprit humain et qu’elles le modifient, comme nous l’apprend Gilbert Simondon, sont un bien en réseau, c’est-à-dire que plus elles sont « consommées » (consultées), plus leur valeur s’accroît (des données auxquelles personne n’a accès ont une valeur nulle, elles ne transmettent aucune information). Une donnée, sauf si elle est protégée par un dispositif de contrôle d’accès tel que chiffrement ou tatouage électronique, est un bien non-rival (la consommation du bien par un agent n’a aucun effet sur la quantité disponible de ce bien pour les autres individus) et non-exclusif (une fois que le bien est produit, tout le monde peut en bénéficier), en d’autres termes un bien public (cf. Wikipédia).

Il ne faudrait surtout pas croire qu’il ne s’agirait là que de l’activité habile de quelques jeunes gens décontractés autour de deux ou trois ordinateurs dans le garage de leurs parents. Ainsi on a pu lire sous la plume de Charles de Laubier (dans La Tribune du 20 février 2015) que le prélèvement de 20 % du prix de la course effectué par Uber sur la recette du chauffeur de VTC affilié relevait « du servage », mais le même supplément hebdomadaire que La Tribune a consacré à cette plate-forme d’intermédiation nous apprend quelques pages plus loin qu’Uber employait à l’époque 450 développeurs à San Francisco et à Amsterdam, qu’il faut bien rémunérer (sans oublier les autres personnels, par exemple à la hot-line). D’ailleurs ces 20 % sont à comparer aux 33 % des compagnies de taxis traditionnelles.


Un livre édité par Diploweb.com, format Kindle et broché

https://lire.amazon.fr/kp/card?asin=B06XPP1CS7&preview=inline&linkCode=kpe&ref_=cm_sw_r_kb_dp_v6r4ybVT266NR&tag=diplowebcom04-21


Uber est une plate-forme d’intermédiation parce qu’au lieu de simplement percevoir un fermage elle conserve, organise et exploite toutes les données qu’elle reçoit sur ses chauffeurs et sur ses clients. Mais c’est encore une petite entreprise comparée aux GAFA. Il faut savoir que Google ou Amazon exploitent chacun des millions de serveurs à la surface de la terre, ils achètent des centrales hydroélectriques pour en assurer le fonctionnement, ils exploitent leurs propres réseaux de fibres optiques transocéaniques. Bref, derrière le commerce éthéré et en apparence immatériel des données il y a une industrie lourde.

Concurrence et conflits réglementaires

Ce commerce de données produites gratuitement par des centaines de millions d’internautes et collectées par les entreprises qui ont créé les plates-formes géantes que sont les sites des GAFA est d’ores et déjà un axe de l’économie mondiale, mais ce n’est qu’un début parce que ce phénomène qui a commencé par concerner la publicité et le marketing étend progressivement son influence à tous les secteurs.

On sait que sous le régime de l’économie numérique, que l’on propose de baptiser iconomie, et qui est la concurrence monopolistique, le gagnant ramasse tout : Google ou Facebook disposent d’une telle avance, et partant d’une telle avance financière, qu’il n’est pas possible de créer un concurrent sur le même terrain. Mais si la locution « concurrence monopolistique » évoque la notion de monopole, elle suggère aussi celle de concurrence, parce qu’il est possible de créer une activité dans une niche de marché voisine mais séparée. C’est ainsi qu’Apple, que beaucoup croyaient condamné il y a vingt ans face à Microsoft, a su se réinventer et est aujourd’hui trois fois plus gros que son concurrent.

Un pays évincé de ce domaine serait condamné au déclin

La négociation du projet de traité de libre échange transatlantique (TAFTA/TTIP) place ces entreprises géantes de l’industrie des données dans une position à bien des égards analogue à celle des marchands britanniques d’opium qui voulaient imposer au marché chinois la commercialisation de leurs stupéfiants, d’où résultèrent au XIXe siècle les deux guerres de l’opium qui asservirent la Chine, jusqu’alors première puissance économique mondiale. De la même façon, les grands acteurs de l’Internet souhaitent accéder aux divers marchés nationaux sans en accepter les systèmes fiscaux ni en respecter les législations sur la protection des données personnelles, pour y vendre ce qui semble bien être une marchandise addictive.

La puissance publique française recueille et crée une masse considérable de données dont elle ne tire pas tout le bénéfice potentiel, ni ne les met suffisamment à la disposition du public. Il est paradoxal que pour obtenir des données démographiques ou économiques sur la France, plutôt que le site de l’Insee, il faille consulter les sites d’organismes internationaux ou privés qui font le travail de repartir des données de base de l’Insee, de les croiser avec d’autres sources et de les agréger de façon utilisable par quelqu’un qui ne soit pas un statisticien expert : Eurostat, l’OCDE, Wikipédia, Xerfi par exemple. Signalons d’ailleurs que cette difficulté d’interprétation des données brutes publiées par l’Insee et d’autres organismes publics crée un marché pour des entreprises qui les mettent en forme et procurent des outils de navigation, comme par exemple la société Spallian.

De même, il a fallu attendre plus de trente ans pour que l’IGN mette à disposition gratuite du public ses fonds de cartes au niveau communal, et encore sous une forme difficile à utiliser. C’est un contraste saisissant avec la doctrine des agences gouvernementales américaines selon laquelle le contribuable n’a pas à payer une seconde fois pour accéder à des données pour lesquelles il a déjà payé une fois par ses impôts.

Ces politiques différentes ne sont pas sans conséquences économiques : la restriction française d’accès aux données publiques est un handicap pour nos entreprises. Il y a des décennies que les entreprises américaines peuvent accéder aux bases de données d’American Demographics qui mettent en forme de façon inventive les données fournies par le Census Bureau, éventuellement au niveau de l’îlot, ce qui représente un atout considérable pour leur politique commerciale. Sans que ce soit rigoureusement impossible, obtenir la même qualité d’information en France demande un parcours du combattant hors de portée d’une entreprise de taille moyenne ou petite. La situation est la même pour les données cadastrales, elles aussi d’un intérêt social et économique considérable.

L’examen des possibilités d’accès aux données d’EdF ou de la SNCF conduit à des conclusions analogues.

Copyright 2017-Bloch/Diploweb


Plus, tout de suite

Ce livre de Laurent Bloch, L’Internet, vecteur de puissance des Etats-Unis ?, est déjà disponible sur Amazon au format numérique Kindle et au format broché imprimé sur papier.

Bitcoin, Ether, Ripple, Litecoin… les 10 cryptomonnaies à connaître

Bitcoin, Ether, Ripple, Litecoin… les 10 cryptomonnaies à connaître

Le Bitcoin connaît un engouement sans précédent, mais il n’est pas la seule crypto monnaie en circulation. [ANTHONY WALLACE / AFP]

Le Bitcoin et les cryptomonnaies suscitent un intérêt croissant, tant pour la technologie sur laquelle ils reposent, la blockchain, que pour les profits potentiels que certains croient y déceler.

Il existe des milliers de monnaies cryptées, certaines valant seulement quelques centimes d’euros. Le principal rival de Bitcoin est Ethereum, qui a connu début janvier une progression spectaculaire. Ripple, Bitcoin Cash, Cardano, Litecoin ou encore IOTA sont d’autre acteurs majeurs du monde des cryptomonnaies. Petit tour d’horizon.

Bitcoin

Le Bitcoin est la star des cryptomonnaies, la première à avoir attiré l’attention du grand public. Crée en 2008, elle fête déja ses dix ans cette année. Son inventeur, Satoshi Nakamoto, reste mystérieux. On ne sait pas s’il s’agit d’une personne ou d’un groupe de personne, et le milliardaire Elon Musk a récemment nié être derrière cette identité. Cette inconnue correspond à la philiosophie qui sous-tend le Bitcoin, à savoir fournir une monnaie totalement décentralisée, sans contrôle des Etats, d’une entreprise ou d’une personne.

Le Bitcoin, comme toutes les autre cryptomonnaies, repose sur la technologie du blockchain. Il s’agit d’une technologie de stockage et de transmission d’informations, fonctionnant sans organe central de contrôle. Lorsque deux utilisateurs échangent de la monnaie cryptée, ils sont donc les deux seul à avoir accès à la transaction, ce qui représente un avantage certain en termes de sécurité. Une blockhain peut être comparée à un livre de comptes, puisque l’intégralité des transactions y sont listées, ce qui la aussi permet de garantir la sécurité des transactions.

Comme s’il s’agissait d’une matière première, et contrairement aux devises traditionnelles, le nombre de Bitcoin en circulation est limité. Au final, vers 2140, la création de Bitcoin sera stoppée, et on comptera alors 21 milions d’unités.

En atteigant la barre des 10.000 dolllars en novembre, le Bitcoin a attiré l’attention des médias traditionnels, du monde de la finance traditionnel, et du grand public. Nombre d’obervateurs ont alors pointé le risque d’éclatement de la bulle. Mais après une chute – relative – liée en partie au fait que les sites de transactions ont planté en raison d’une trop grand affluence, le Bitcoin est remonté, flirtant un temps avec les 20.000 dollars avant de redescendre ces derniers jours jusqu’à 7.500 dollars. Un crash selon certains, une simple correction selon d’autres.

Certains estimentque le Bitcoin pourrait un jour remplacer le dollar, qui avait lui-même remplacé l’or, comme étalon des transactions internationales.

Des améliorations considérables seraient à venir en termes de rapidité et de coût des transacitons, ce qui pourrait faire grimper le cours du Bitcoin.

Ethereum

Ethereum et sa monnaie, l’Ether, est désormais installé à la deuxième place des cryptomonnaies les plus populaires, derrière Bitcoin.

L’entreprise Ethereum a été fondée en 2013 par un informaticien russo-canadien âgé à l’époque de 19 ans, Vitalik Buterin. Lancé le 30 juillet 2015, l’Ethereum, la plate-forme qui supporte l’Ether, a connu une forte augmentation de sa valeur ces derniers mois.

La force de l’Ethereum, par ailleurs comparable au Bitcoin, repose sur sa blockhain, la technologie sur laquelle il est basé. Celle-ci permet de réaliser des «smart contracts», ou contrats intelligents. Certains estiment que cela pourrait être encore plus révolutionnaire que l’intelligence artificielle, en modifiant et en améliorant radicalement la façon dont s’opèrent toutes les transactions. La blockchain d’Ethereum pourrait ni plus ni moins remplacer les notaires, avocats ou autres en jouant le rôle de «tiers de confiance» lors d’une transaction, et en mettant en quelques secondes en place des contrats sans failles, de manière bien plus efficace qu’un humain.

Litecoin

Basé sur la technologie Bitcoin, le Litecoin est l’une des cryptomonnaies les plus connues, étant prise en compte par la plateforme d’échanges Coinbase, la plus populaire actuellement.

Crée en 2011 par Charles Lee, un ancien employé de Google, qui est parti du code source de Bitcoin (en open source), pour mettre au point son propre code, le Litecoin est une cryptomonnaie distribuée sous licence libre.

Le blockchain sur lequel est basé le Litecoin a ainsi été amélioré par rapport à celui du Bitcoin. Cela a notamment permis d’accélérer le processus de vérification et donc d’augmenter la rapidité des transactions, supérieure actuellement à celle de ses concurrents. Et les frais de transaction sont bien plus faibles que ceux du Bitcoin. Le Litecoin est ainsi particulièrement destiné aux transactions quotidiennes.

Comme le Bitcoin et la plupart des cryptomonnaies, le Litecoin sera produit dans un nombre limité. Le taux d’émission suit une série géométrique qui diminue de moitié tous les 840.000 blocs, et atteindra à terme 84 millions de Litecoins.

IOTA

Si l’Ether est tournée vers les «smart contracts», l’IOTA (ou MIOTA) est lui lié aux objets connectés, à «l’internet des objets» (Internet of things, en anglais), que certains qualifient de «quatrième révolution industrielle».

Crée en 2015 par David Sonstebo, Sergey Ivancheglo, Dominik Schiener et Dr. Serguei Popov, IOTA est basée sur une technologie qui permet les transactions sans frais et instantanées entre les machines dans l’environnement de l’internet des objets.

Contrairement au Bitcoin et à la plupart des cryptomonnaies, les unités de IOTA existent déja (2.779.530.283 au total), et la devise ne repose donc pas sur le système de minage (création d’unités via des ordinateurs, ndlr).

L’IOTA se différencie également des autres cryptomonnaies par le fait qu’il ne repose pas sur la technologie du blockchain, évoquée plus haut. Il est basé sur la technologie Tangle, entièrement décentralisée, qui permet les transactions sans frais, sécurisées, et instantanées.

Les applications sont nombreuses. L’IOTA permettant les micro-transactions puisqu’il n’y a pas de frais, de nombreuses compagnies, et notamment les petites entreprises, les commerçants pourraient s’y intéresser. La technologie Tangle sur laquelle repose le IOTA peut aussi être utilisée pour transférer des données, peut s’appliquer pour mettre en place les votes électroniques, ou encore servir de base à des messageries cryptées.

Bitcoin Cash

Surnommé «le vrai Bitcoin» par ses adeptes, le Bitcoin Cash est né le 1er août 2017 d’un schisme («hard fork») avec le Bitcoin. S’il est basé sur la même blockchain, il est plus rapide et garantit des transactions moins onéreuse que le Bitcoin. Mais ce dernier devrait connaître prochainement des évolutions lui permettant de rattrapper son déficit.

Le Bitcoin Cash a a été listé par la plateforme d’échange de cryptomonnaies de référence, Coinbase. Il s’agit seulement de la quatrième monnaie cryptée à y faire son entrée, après le Bitcoin, l’Ethereum et le Litecoin.

Monero

Crée en 2014, Monero (qui signifie «pièce» en esperanto) ne repose pas sur le code de Bitcoin mais sur la technologie cryptonote. Celle-ci est plus sûre, garantit l’anonymat à ses usagers (le montant des transactions est également impossible à voir de l’extérieur) et surtout est évolutive, ce qui garantit qu’elle pourra supporter l’augmentation prévue du volume de transactions dans les années à venir.

L’alorythme qui gère le minage de Monero est également décrit comme supérieur à celui du Bitcoin par nombre d’utilisateurs, puisqu’il permet aux particuliers de miner sans problème. Monero repose ainsi largement sur la communauté qui le supporte.

NEO

Certains qualifient NEO «d’Ethereum chinois». Fondé par Da Hongfei, NEO se place comme également IOTA, sur le secteur de la «smart economy» ou «économie intelligente». «Nous espérons que la plateforme pourra être utilisé dans différents scénarios comprenant une interface utilisateur («front end scenarios») , comme des portefeuilles d’actifs numériques, des forums, des systèmes de vote, de gestion de profil et des applications mobiles. la plate-forme dispose également d’une API ouverte qui peut être utilisée pour intégrer NEO à une autre architecture logiciel», a expliqué Da Hongfei.

NEO semble amené à dépasser les frontières de la Chine pour s’imposer au niveau mondial. Même l’interdiction des cryptomonnaies par la Chine n’a pas semblé l’affecter.

Par rapport à l’Ethereum, NEO présente quelques atouts, en supportant notamment de multiples supports de programmation informatique, ce qui doit permettre a de nombreux nouveau développeurs de participer. Pour simplifier, il s’agit d’un système plus ouvert, qui doit permettre de stimuler l’innovation.

Ripple

Ripple a connu une forte croissance depuis mi-décembre, détrônant Bitcoin Cash sur le podium des cryptomonnaies les plus populaires, et dépassant même plus récemment l’Ether, pour prendre la deuxième place en termes de capitalisation derrière le Bitcoin. Le Ripple a la spécificité d’avoir le soutien des banques : UBS, UniCredit ou encore Santander utilisent déja sa blockchain, qui permet de transférer des fonds sans frais.

Rejetée par les «geeks» et les «cypherpunks», qui défendent les libertés individuelles et les monnaies cryptées comme solution pour sortir de l’ornière des institutions financières et des Etats, le Ripple semble promis à un bel avenir grâce au soutien des banques.

Cardano (ADA)

Fondées par l’ancien PDG d’Ethereum Charles Hoskinson, Cardano et sa cryptomonnaie ADA est une blockchain comparable à Ethereum. La cryptomonnaie a connu une forte hausse récemment, se plaçant dans les top 10 en terme de valorisation globale. Sa blockchain, basée sur un algorithme mathématique baptisé Ourobros, est censé rendre les transactions hautement sécurisées, rapies et fiables. Elle permet aussi le développement de contrats intelligents.

Dash

Dash fait également partie des cryptomonnaies qui montent. Ses frais de transaction très bas et la rapidité des ces transactions font de Dash une monnaie d’échange recherchée. «DASH est en train de devenir la crypto-monnaie de paiement tandis que Bitcoin s’affirme comme Gold 2.0 », a estimé le spécialiste du Bitcoin Max Keizer.

http://www.cnews.fr/monde/2018-04-29/bitcoin-ether-ripple-litecoin-les-10-cryptomonnaies-connaitre-770416

Revue de presse du 29/04/2018

29.avril.2018 // Les Crises

Revue de presse du 29/04/2018

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La revue avec, pour les amateurs, pas mal de radio cette semaine. Bonne écoute donc.

CRISE DE L’EMPLOI

Sur les quinze métiers qui devraient recruter le plus en 2018, douze sont non ou peu qualifiés, précaires, mal payés, à forte proportion de temps partiel et largement saisonniers

« Selon la vaste enquête (publiée il y a quelques jours, menée fin 2017 par Pôle Emploi auprès des employeurs) « Besoins en main d’œuvre 2018 », ou « enquête BMO », il y aurait certes une hausse des projets de recrutements en 2018 (+ 18 %), mais elle concernerait pour une large part des emplois dégradés (statut, conditions de travail et bien entendu salaires). À commencer par des emplois de saisonniers, dont l’enquête indique qu’ils représenteraient 34,6 % des recrutements anticipés dans l’ensemble des 200 métiers recensés ! Voici donc la liste des « quinze métiers les plus recherchés » (par les employeurs, pas par les salariés et les chômeurs) : le « top 15 ». »

Source : DEBOUT ! : BLOG JEAN GADREY

DÉMOCRATIE

Mobilisations étudiantes : les éditocrates face au péril jeune

« Depuis début avril, la mobilisation contre la réforme des universités et le système Parcoursup s’est amplifiée de manière spectaculaire avec l’occupation de nombreuses facs. Contre ce mouvement d’une ampleur sans précédent ces dix dernières années, la fine fleur de l’éditocratie n’a pas manqué de se mobiliser . Pour les tauliers des médias, les étudiants seraient en réalité instrumentalisés par une « minorité agissante » issue de l’« ultragauche ». Et bien évidemment, ils se mobiliseraient pour de mauvaises raisons, voire sans raison du tout. Retour sur les plus belles démonstrations de morgue et de mépris médiatique à l’égard des mobilisations étudiantes. »

Source : ACRIMED

ENVIRONNEMENT

Le sable, une ressource en voie d’épuisement

« Le sable, prisé par de multiples industries, est devenu si précieux que des trafiquants ont investi son marché. Mais nous épuisons cette ressource naturelle, ce qui a de graves conséquences notamment écologiques. L’infographie ci-dessous analyse la situation. » [« Les technocrates, tu leur donnerais le Sahara, dans 10 ans, il faudrait qu’ils importent du sable » 😉 Coluche]

Source : REPORTERRE

Le gouvernement présente son plan pour la rénovation énergétique des bâtiments

« Le gouvernement va présenter son plan visant à encourager la rénovation des bâtiments publics et privés. Il s’agit d’un enjeu majeur pour la transition énergétique, puisque les bâtiments résidentiels et tertiaires représentent 45% de la consommation du pays en énergie et est à l’origine d’environ 25% des émissions de gaz à effet de serre, selon le ministère de la Transition écologique. L’objectif est de rénover 500.000 logements par an, en mobilisant 14 milliards € sur 5 ans, planifiés dans le cadre du Grand plan d’investissement annoncé en septembre par le Premier ministre E. Philippe. Dans cet objectif est prévu la rénovation de 100.000 logements HLM par an par les bailleurs sociaux et de 250.000 logements particuliers par an, grâce à des mécanismes existants tels que le crédit d’impôt, l’Eco-prêt à taux zéro (ECO-PTZ), les certificats d’économie d’énergie. »

Source : Connaissances des énergies

Voitures électriques, panneaux solaires, éoliennes : la face (très) sombre des énergies renouvelables

« Une équipe de chercheurs japonais annonçait avoir découvert dans les fonds marins du Japon des gisements représentant 16 millions de tonnes de terres rares, des minerais utilisés dans la transition numérique et énergétique. Qualifiés de « pétrole du 21ème siècle », ces minerais présents en quantité infime dans la croûte terrestre, sont de nouvelles ressources aujourd’hui essentielles à la production d’objets numériques, mais également utilisés dans la fabrication des voitures électriques, panneaux photovoltaïques ou encore éoliennes, outils nécessaires à la transition vers les énergies renouvelables. L’exploitation de ces métaux rares génère toutefois de forts coûts environnementaux et une dépendance envers la Chine qui produit 95% des terres rares et est devenue leader dans les technologies de la transition énergétique. Une enquête dans laquelle G. Pitron, journaliste au Monde Diplomatique et à Géo, alerte sur le « paradoxe des énergies vertes ».  » https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=1b70d513-f7df-4dd2-a3de-48409c25807f

Source : France Culture

FRANCE

Plus de 30 écoles offertes aux géants du BTP : le plan à un milliard d’euros de la mairie de Marseille

« Un milliard d’euros pour la destruction et la reconstruction de 34 écoles vétustes. C’est ce que compte engager la ville de Marseille sur 25 ans, dans le cadre d’un grand partenariat public-privé. Elle confie ainsi la clé des infrastructures à quelques grands groupes du BTP en contrepartie d’une lourde redevance annuelle. Face à une méthode désormais bien connue pour son impact néfaste sur les finances publiques, des élus d’opposition, syndicalistes enseignants, parents d’élèves, architectes, professionnels du bâtiment ou simples citoyens se mobilisent. « C’est un véritable plan Marshall pour nos écoles qui n’a aucun équivalent ni pour la ville de Marseille ni pour aucune autre ville », claironne Jean-Claude Gaudin en conseil municipal. »

Source : BASTAMAG

Macron An 1 : qui sont les perdants… jusqu’ici

« A qui Macron demande-t-il des efforts ? La formule président des riches est un peu courte. Elle suppose que tout le monde, hormis une poignée d’ultra-riches serait mis aujourd’hui à contribution. »

Source : XERFI CANAL

GÉOPOLITIQUE

Couacs balistiques et fessées financières

« Alors que les inspecteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) effectuent leurs premiers prélèvements à Douma, les couacs du show médiatique américano-anglo-français commencent à émerger. Nous avions déjà vu que les deux-tiers des missiles avaient été interceptés par la défense syrienne fortement « conseillée » par les Russes. Il appert maintenant que l’intervention française du petit Jupiterinho de l’Elysée a tourné à la farce, plusieurs projectiles n’ayant pu être lancés pour cause de bug semble-t-il. D’ici à ce qu’on nous dise que c’est encore un coup des hackers russes… En l’occurrence, on ne peut pas tout à fait l’écarter, l’ours ayant plusieurs longueurs d’avance en terme de guerre électronique. »

Source : CHRONIQUES DU GRAND JEU

Cuba : « Motivés par la solidarité, pas par l’intérêt matériel »

« “D’autres étrangers qui sont allés en Afrique ont eux aussi amené les œillères du colonialisme culturel — mais pas les Cubains. Notre formation révolutionnaire, notre expérience dans le développement de la solidarité, rend impensable toute relation paternaliste ou coloniale avec les peuples qui sont affligés.” Abel Prieto, l’ancien président de l’Union des écrivains et artistes de Cuba (UNEAC) et ministre de la culture, présente l’ouvrage Zone Rouge : l’expérience cubaine avec l’Ebola écrit par Enrique Ubieta. »

Source : INVESTIG’ACTION

Le pilote qui a abattu le MH17 malaisien ne parlera plus

« Vladislav Volochine s’est éteint le 18 mars, dans sa chambre, d’une balle en plein coeur à l’âge de vingt-neuf ans. Pour mémoire, il s’agissait du pilote (alors capitaine) ukrainien qui avait abattu le vol malaisien MH17 le 17 juillet 2014. La thèse retenue est celle du suicide, même si quelques journaux mentionnent qu’il se serait tiré plusieurs balles dans le coeur (la plupart ne mentionnent qu’une balle). Une enquête de principe a été ouverte par la police, comme l’exige la loi en cas de décès par arme à feu, et à plus forte raison sachant que l’immatriculation du pistolet trouvé près de lui avait été ôtée. »

Source : LUNDI DE STRATEDIPLO

​L’Iran ripostera, soyez-en sûrs

« Toute nouvelle contrainte empêchant de réagir à une agression israélienne ne fera qu’encourager davantage d’atteintes contre l’Iran et les Iraniens. L’Iran ripostera en légitime défense. « Le fardeau de l’homme blanc » – ou devrait-on dire « le fardeau qu’est l’homme blanc » – est probablement le plus grand joug de l’histoire de l’humanité. Interrogé sur ce qu’il pensait de la civilisation occidentale, le Mahatma Gandhi aurait répondu : « ce serait une très bonne idée. » »

Source : MIDDLE EAST EYE

Les scénarios-monde d’Hubert Védrine

« L’ancien ministre des Affaires étrangères et essayiste, Hubert Védrine. Il a l’expérience du pouvoir et la lucidité des réalistes, témoin depuis 30 ans des évolutions des relations diplomatiques. « On est dans un pays chimérique, et on doit faire un effort pour mesurer la réalité. Il y a un décalage entre ce qu’on pense qu’il faudrait que l’on fasse, et ce que l’on peut en vrai. » » [Hubert Védrine, qui après quelques années d’errements, semble revenir à une certaine lucidité. EL.] https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=7d97dd95-e0a0-4fee-b982-22a92170fb8f

Source : La Grande Table – France Culture

LIBERTÉS

« Veuillez accepter nos conditions » : la fabrique du consentement chez Facebook (et les moyens d’y mettre fin)

« Facebook s’y était engagé cette semaine et cela s’est produit hier : des millions d’utilisateurs en Europe ont reçu un mail de la plateforme les invitant à accepter les nouveaux paramètres de confidentialité mis en place pour de se mettre en conformité avec le Règlement Général de Protection des Données (RGPD) qui entrera en vigueur le mois prochain. Le message était intitulé « Veuillez accepter nos conditions d’utilisation avant le 25 mai pour continuer à utiliser Facebook » et en elle-même, cette formulation est problématique, car elle revient une nouvelle fois à exercer sur les utilisateurs une forme de « chantage au service ». » [« En même temps », tout le monde sait comment fonctionnent fb et consorts maintenant. Et comment leur réclamer qu’ils ne diffusent ou ne permettent pas n’importe quoi, comme le demandent les autorités (que la surveillance ne doit donc pas gêner tant que ça…), sans qu’ils surveillent les échanges ? La schizophrénie ne rôderait-elle pas dans tout ça ? EL.]

Source : S.I.LEX

RÉFLEXION

« Macron risque d’être le troisième Président consécutif à ne faire qu’un mandat »

« Wolgang Streeck est un sociologue de l’économie allemand dont le livre Du temps acheté – la crise sans cesse ajournée du capitalisme démocratique, est désormais un classique. Il intervient parfois dans la presse française (Le Monde, Le Monde diplomatique, Le Débat), où il prend des positions iconoclastes, et plaide notamment pour la fin de la monnaie unique européenne. » [Pour ceux qui réclament des bonnes nouvelles ^^.]

Source : L’ARENE NUE : BLOG CORALIE DELAUME

Friot & Lordon : “En quoi la révolution est-elle encore d’actualité ?”

« Dans le cadre d’un débat qui a eu lieu le 3 avril 2018 à l’Université Paris-Tolbiac, les économistes Bernard Friot et Frédéric Lordon reviennent sur l’histoire récente des mobilisations et se posent la question suivante : malgré deux décennies d’échecs, en quoi une révolution serait-elle toujours d’actualité ? »

Source : INVESTIG’ACTION

Quelle Terre pour demain ? Dominique Bourg creuse son sillon

« Dominique Bourg, philosophe, vice-président de la Fondation pour la nature et l’homme (FNH)[NB : ex-fondation Hulot], publie « Une nouvelle Terre » (Desclée de Brouwer, mars 2018). Il dégage avec nous les racines spirituelles de la violence que nous nous infligeons à nous-même et à notre environnement. » [Où l’on apprend notamment dès le début (surprise !) que l’abandon du projet de NDDL n’a strictement rien eu à voir avec des considérations écologiques…] https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=a64de040-c355-4c3d-8d31-2fa5b6e56be6

Source : La Grande Table – France Culture

Israël-Palestine : les fausses promesses avec William Karel

« Une terre deux fois promise : Israël-Palestine, le dernier documentaire de William Karel, est diffusé ce soir sur Arte. Son auteur analyse avec nous les ressorts historiques qui président au blocage de la situation actuelle. » « Je suis très pessimiste quant à l’avenir de la Palestine. Il y a 700 000 colons dans les territoires Palestiniens. Aucun gouvernement ne prendrait le risque de créer une guerre civile en leur demandant de rentrer en Israël. » [Moi aussi (« pessimiste »). Mon avis est que les dirigeants israéliens veulent simplement tous les territoires palestiniens sans la population qui les occupe. Ils ne les traitent/considèrent pas comme des êtres humains. Remember… EL.] https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=997fe39b-e85c-4769-9872-a6e386133aba

Source : La Grande Table – France Culture

SOCIETÉ

Le gaspillage de fringues ne choque personne, et c’est un problème

« Il fait tourner les économies, croître les PIB et nous donne un faux sentiment de bonheur et d’accomplissement: le gaspillage textile tue la planète et tout le monde s’en fout. Et encore des fringues pour femmes. J’ouvre les sacs de dons déposés par des Parisiens dans des points de collecte au bénéfice d’une association qui vient en aide aux migrants. Nous en avons quatre dans mon arrondissement du nord de Paris, et chacun est spécialisé. »

Source : SLATE

https://www.les-crises.fr/revue-de-presse-du-29-04-2018/

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Revue de presse nationale et internationale.

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