Turquie Erdogan reçoit Poutine et Rohani pour un sommet sur la Syrie

Turquie Erdogan reçoit Poutine et Rohani pour un sommet sur la Syrie

Les dirigeants turc, russe et iranien se retrouvent mercredi à Ankara pour discuter de l’avenir du conflit, auquel ils participent. Une rencontre en l’absence des Etats-Unis et de tout autre pays occidental, et des Syriens.

“Nous assistons à un moment vraiment historique”, s’est réjoui, mardi 3 avril, Recep Tayyip Erdogan. Le président turc donnait le coup d’envoi, lors d’une cérémonie à Ankara au côté de son homologue russe, Vladimir Poutine, de la construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu, dans le sud du pays, par le géant russe Rosatom. Ils se sont ensuite isolés pour un entretien en tête-à-tête, à l’issue duquel M. Poutine a affirmé que son pays allait “accélérer” la livraison à la Turquie des systèmes russes de défense antiaérienne S-400. Deux commandes qui témoignent du réchauffement des relations bilatérales, relève Al-Jazira.

MM. Erdogan et Poutine – qui effectuait là son premier déplacement à l’étranger depuis sa réélection – se retrouveront mercredi. Cette fois en présence du président iranien, Hassan Rohani, pour évoquer l’avenir de la Syrie, en guerre depuis sept ans. Selon des représentants du pouvoir turc, les trois pays, parties prenantes au conflit, doivent plancher sur l’ébauche d’une nouvelle Constitution pour la Syrie et sécuriser des zones de désescalade.

Criante absence des Occidentaux

Ce nouveau sommet trilatéral intervient après celui de novembre à Sotchi, en Russie, et après plusieurs cycles de discussions dans la capitale kazakhe, Astana. Et surtout dans un contexte de “développements significatifs au sol”, explique la chaîne qatarie. Avec l’évacuation en cours des rebelles de la grande ville de Douma, les forces pro-régime achèvent en effet la reprise de l’enclave de la Ghouta orientale, en banlieue de Damas. Tandis qu’au nord du pays, la Turquie et ses supplétifs syriens ont pris il y a un peu plus de deux semaines Afrin aux Kurdes et qu’un assaut sur Manbij, autre ville à dominance kurde, semble imminent.

Aux États-Unis, CNN et Newsweek notent la criante absence, lors de ces discussions, de Washington et de tout autre pays occidental. Mais aussi des premiers concernés, les Syriens. Il faut dire que le président américain, Donald Trump, a de nouveau fait part mardi de sa volonté de désengager son pays du conflit et de laisser “d’autres” s’occuper de la Syrie. L’agence de presse britannique Reuters souligne elle que l’Iran et la Russie, les deux plus fidèles alliés du régime de Bachar Al-Assad, auront du mal à trouver un terrain d’entente avec la Turquie, l’un de ses plus grands adversaires.

Trois ordres du jour opposés

Pour CNN, un arrangement trilatéral entre Ankara, Moscou et Téhéran risque fort de ne pas régler les questions démographiques et sectaires qui ont mené au déclenchement de la guerre. En premier lieu la façon dont sont traités les sunnites syriens, “privés de leurs droits, assiégés et sous-financés” qui menace d’”amplifier” l’influence des extrémistes en leur sein. Les Kurdes syriens, d’autre part, qui “si les États-Unis partent”, pourraient se retrouver “seuls contre les forces turques et les forces pro-régime”. Mais surtout, “les trois forces dominantes – les rebelles soutenus par la Turquie, les Kurdes soutenus par les États-Unis et le régime soutenu par l’Iran et la Russie – ont des ordres du jour totalement opposés. La Turquie veut vaincre les Kurdes. Le régime veut vaincre les rebelles que la Turquie soutient et garder les États-Unis hors du territoire. Et les États-Unis veulent vaincre les ambitions iraniennes et du régime dans la région, tout en contrôlant la Russie”, décrypte la chaîne.

Selon plusieurs experts interrogés par Newsweek, en revanche, plutôt que de trouver une issue politique, il s’agirait pour ces rivaux de se répartir le gâteau syrien. “C’est un moyen pour eux de partager le butin”, explique ainsi Benjamin Radd, expert du Moyen-Orient à UCLA“Et il est surtout question de l’attribution de contrats militaires et civils pour la reconstruction.”

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1882930/article/1882999

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