Paris défend son projet de force d’intervention européenne, soutenu par Londres

Paris défend son projet de force d’intervention européenne, soutenu par Londres

Sofia – La France a défendu samedi à Sofia son projet de force commune d’intervention européenne, avec le soutien du Royaume-Uni, car elle permettra à Londres d’exister en Europe après sa sortie de l’Union européenne.

L’initiative française va voir le jour rapidement, a assuré la ministre française Florence Parly au cours d’un entretien avec l’AFP à l’issue d’une réunion informelle avec ses homologues européens.

« Nous devons nous réunir avec un certain nombre de pays début juin pour la formaliser avec une lettre d’intention », a précisé Mme Parly. « Cela va devenir concret très vite », a-t-elle assuré.

Neuf pays soutiennent Paris: l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark et l’Estonie. « C’est l’ordre de grandeur », a confirmé Mme Parly.

Ce projet « contribuera certainement à la réalisation de ce que nous recherchons, à savoir un partenariat approfondi et spécial avec nos collègues européens en matière de défense et de sécurité », a déclaré à l’AFP le ministre britannique de la Défense, Frederick Richard Curzon, à son arrivée à cette réunion, consacrée à la coopération structurée permanente dans les domaines de la sécurité et de la défense (CSP ou PESCO en anglais).

« Cette initiative d’intervention est un mode de coopération entre des Etats qui disposent d’un certain nombre de capacités opérationnelles ou de soutien et qui sont désireux de les utiliser où cela paraîtra nécessaire et utile, et cela quel que soit le cadre juridique d’intervention », a développé Mme Parly.

L’objectif est de « s’appuyer sur des Etats pas nécessairement volontaires pour une intervention militaire offensive, mais prêts à fournir un appui à caractère logistique extrêmement important », a-t-elle précisé.

« Il fallait expliquer concrètement ce que cela recouvre et rassurer un certain nombre de nos partenaires », a-t-elle souligné en précisant avoir eu plusieurs entretiens à cette fin en marge de la réunion.

– Inquiétudes à l’Otan –

L’initiative française suscite en effet des réserve au sein de l’UE et des inquiétudes à l’Otan. Les Américains redoutent que certaines opérations européennes privent l’Alliance de ressources. La secrétaire générale déléguée de l’Otan, l’Américaine Rose Gottemoeller, a participé à la réunion de Sofia.

« Le champs d’intervention ne se réduit pas aux interventions à caractère militaire, comme celle que nous menons aujourd’hui au Mali. Ca peut être plus diversifié. Beaucoup d’états sont potentiellement concernés par la question de l’évacuation de leurs ressortissants en cas de crise et c’est une partie de périmètre qu’on souhaite couvrir », a précisé Florence Parly.

« Il s’agit de conjuguer les spécificités propres à chacun pour en faire une vraie force à partir du moment ou ces spécificités sont conjuguées de façon complémentaire », a-t-elle souligné.

Cela nécessite de construire en amont « une culture stratégique » (…) « C’est la garantie de l’efficacité de la mise en commun de moyens ou de forces pour faire une intervention de manière efficace », a-t-elle insisté.

Le bataillon franco-allemand pourrait être le noyau de cette initiative. « Il va prendre une mission au Mali au début du second semestre », a souligné Mme Parly.

La Force commune d’intervention « ne nécessite pas d’argent communautaire », a-t-elle affirmé. Les fonds alloués à la Défense européenne dans le projet de budget commun pour la période 2021-2027 vont permettre de libérer des financements nationaux, a-t-elle expliqué.

Une enveloppe de 20 milliards d’euros est prévue pour la Défense, dont 13 milliards pour le Fonds destiné à cofinancer des projets de défense.

« Nous avons dans l’idée de soumettre au Fonds Européen pour la Défense le projet de drone militaire auquel la France contribue avec l’Allemagne, l’Espagne l’Italie », a expliqué Mme Parly.

« Le fait que des financements communautaires puissent venir soutenir un projet de ce type, c’est une forme d’aide directe et indirecte, parce que ces efforts là n’auront pas à être fournis sur les budgets nationaux, en forte croissance en France, qui pourront prendre en compte la poursuite d’interventions comme l’opération Barkhane » au Sahel, a expliqué Mme Parly.

(©AFP / 05 mai 2018 12h59)

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