Les tensions montent à la veille d’une réunion extraordinaire sur la migration

Les tensions montent à la veille d’une réunion extraordinaire sur la migration

L’invitation de Jean-Claude Juncker à une poignée de dirigeants européens pour un mini-sommet informel le 27 juin soulève plus de questions que la réunion ne pourra en résoudre.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé la tenue d’une « réunion de travail informelle » dimanche 24 juin. Il invite les Premiers ministres grec, italien, maltais, espagnol, autrichien, allemand, français et bulgare. Le but de la réunion, selon lui, est de travailler à des solutions européennes sur la migration et l’asile en vue du sommet européen des 28 et 29 juin.

Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, a dit avoir accepté l’invitation sur Twitter.

La Grèce, l’Italie, Malte et l’Espagne sont considérés comme des « pays de première ligne », puisqu’ils sont exposés plus que les autres à l’arrivée de migrants depuis la Méditerranée. Ils n’attendent qu’une chose : conclure un accord qui allègera leur fardeau.

C’est aussi le cas d’Angela Merkel, la chancelière allemande, à qui l’allié conservateur bavarois, l’Union chrétienne sociale (CSU), a donné deux semaines pour trouver une solution paneuropéenne à la crise migratoire. Cet ultimatum sur la migration menace de faire s’effondrer une coalition gouvernementale formée il y a à peine trois mois.

Quant à Emmanuel Macron, le président français, il appelle aussi de ses vœux un accord rapide sur la migration, afin de permettre aux dirigeants de se concentrer sur les réformes de la zone euro.

Pourtant, les tensions sur les questions de migration ne cessent de monter entre la France et l’Italie, surtout depuis que le nouveau gouvernement a pris ses fonctions et que le chef de file du parti d’extrême droite la Ligue du nord, Matteo Salvini, est devenu ministre de l’Intérieur.

Conte et Macron lissent leurs différends après la tempête

Réunis à Paris, Emmanuel Macron et Giuseppe Conte, le nouveau président du conseil des ministres italien, ont fait montre d’amitié et de coopération après une semaine de déclarations acides au sujet de l’Aquarius.

 

Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a déclaré le 21 juin qu’une première version d’accord européen avait été supprimée suite à un désaccord avec Angela Merkel.

La déclaration éliminée contenait des éléments clés dont la chancelière a besoin pour apaiser le CSU et son leader, Horst Seehofer, qui est aussi son ministre de l’Intérieur. Mais Rome s’oppose aux dispositions selon lesquelles les demandeurs d’asile devront être renvoyés dans le pays où ils ont été enregistrés pour la première fois : souvent l’Italie.

Ces cinq dernières années, l’Italie a accueilli quelque 650 000 bateaux de migrants, alimentant ainsi le sentiment anti-immigration et la montée de l’extrême droite, qui se retrouve au gouvernement depuis un mois.

Giuseppe Conte, qui a menacé de ne pas se rendre à Bruxelles dimanche si l’ébauche d’accord n’était pas modifiée, s’est entretenu avec Angela Merkel le 21 juin.

La crise politique à Berlin menace les projets d’Emmanuel Macron

Le président français Emmanuel Macron a volé au secours de la chancelière Angela Merkel en matière de politique migratoire, sachant très bien que la crise politique à Berlin pourrait l’affecter. Un article de notre partenaire, le Tagesspiegel.

Malentendu

« La chancelière a clarifié qu’il y avait eu un malentendu. Le projet de texte publié hier sera enterré », a écrit Giuseppe Conte sur Facebook, ajoutant qu’il se rendrait bel et bien à la réunion.

Autre exemple de la ligne dure du nouveau gouvernement populiste italien : Rome a refusé d’accepter un navire de sauvetage transportant 226 personnes sauvées en mer, lui disant de plutôt se rendre aux Pays-Bas.

Les États membres de l’UE sont coincés dans un véritable bras de fer au sujet de l’immigration depuis 2015, année où plus d’un million de migrants ont atteint les côtes européennes après avoir traversé la Méditerranée. Les données indiquent que depuis le début de l’année 2018, 41 000 personnes sont arrivées par la mer.

Pendant ce temps, les États membres de l’Est continuent de refuser d’accueillir des migrants. Le Premier ministre nationaliste hongrois, Viktor Orbán, a organisé une réunion avec les anciens pays communistes du « groupe de Visegrad » (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie), le 21 juin.

Les quatre pays ont confirmé qu’ils ne participeraient pas aux discussions dimanche.

« Nous comprenons que certains pays aient des difficultés politiques au niveau national, mais cela ne doit pas mener à de la précipitation », a déclaré Viktor Orbán.

Préparations à la hâte

En réalité, les pays de Visegrad n’ont pas été invités. Le 21 juin, la Commission était incapable de dire qui était invité à la réunion, qui avait confirmé sa participation et si les pays européens non invités pouvaient participer.

Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a déclaré que les quatre pays avaient parlé « d’une seule et même voix » sur la question des migrants. « Disons juste que nous n’appartenons pas à ce groupe de pays pro-migrants et que nous ne voulons pas y participer », a-t-il clairement affirmé.

Les quatre pays ont été rejoints par le chancelier autrichien Sebastian Kurz, qui appelle aussi à une politique migratoire plus stricte.

« Nous avons besoin d’une Europe capable de nous défendre », a-t-il déclaré après la rencontre. « Nous devons renforcer Frontex pour protéger nos frontières extérieures et garantir la liberté à l’intérieur. »

Bruxelles menace de sanctions les pays de Visegrád

La Commission a prévenu qu’elle pourrait sanctionner les États qui ne respectent pas les quotas sur l’accueil des réfugiés en lançant des procédures d’infraction dans les prochains jours.

Une véritable police des frontières

Le projet de conclusions du sommet européen sur la question contient des propositions pour plus de sécurité aux frontières, y compris des contrôles d’identité aux aéroports, dans les gares et sur les routes.

L’agence européenne de protection des frontières, Frontex, serait aussi transformée en une « véritable police européenne des frontières », et serait dotée d’un personnel de 10 000 personnes d’ici à 2020.

Pendant ce temps, les demandeurs d’asile déjà présents dans l’UE seraient « sanctionnés » s’ils ne restent pas dans le pays où ils ont été enregistrés.

L’UE envisage aussi de mettre en place des « plateformes de débarquement » en dehors de l’UE pour traiter les demandes des migrants, selon le projet de communiqué.

https://www.euractiv.fr/section/migrations/news/tensions-build-ahead-of-hastily-prepared-migration-meeting/

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