DIRECT. Affaire Benalla : les deux motions de censure contre le gouvernement ont été rejetées

DIRECT. Affaire Benalla : les deux motions de censure contre le gouvernement ont été rejetées

Il s’agit des deux premières motions de censure contre le gouvernement depuis l’accession d’Emmanuel Macron à l’Elysée.

Ce qu’il faut savoirDes motions de censure symboliques. Après dix jours de crise autour de l’ancien chargé de mission d’Emmanuel Macron, et à la veille des vacances parlementaires, Christian Jacob (LR) et André Chassaigne (PCF) ont pris la parole pour défendre leurs motions de censure respectives. Les deux motions de censure ont été logiquement rejetées. Celle déposée par Les Républicains a recueilli 143 voix, contre 74 pour celle des députés de gauche.

Edouard Philippe en première ligneFace aux motions de censure de la droite et de la gauche, Edouard Philippe dénonce « une instrumentalisation politique » et « une volonté d’atteindre » Emmanuel Macron.

Insoumis et communistes ont voté la motion de la droite. Les socialistes à l’inverse n’ont pas voté la motion LR « car nous ne voulons pas préparer une alternative ensemble », a justifié Olivier Faure. A droite, LR ne votera pas la motion de gauche. « Comme le PS ne vote pas la nôtre, on va rester chacun chez soi », a résumé Christian Jacob.

L’enjeu est politique. Il n’y a aucun suspense sur les scrutins : ni LR avec 103 députés, ni la gauche avec 63, ne pouvaient, même en votant tous les uns pour les autres, rassembler la majorité requise de 289 voix qui ferait chuter le gouvernement.

Retrouvez ici l’intégralité de notre live #BENALLA

19h52 : Comme l’indique une journaliste de Libération sur Twitter, 30 députés Nouvelle gauche, 17 Insoumis, 15 du groupe Gauche démocrate et républicaine et 10 des 21 non inscrits ont voté la motion de gauche.

19h43 : La motion de censure déposée par les députés de gauche est également rejetée.

https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/agression-d-un-manifestant-par-un-collaborateur-de-l-elysee/direct-castaner-senat-affaire-benalla-macron-politique-lrem-commission-des-lois-elysee-matignon-parlement_2874911.html#xtor=EPR-51-[affaire-benalla-la-motion-de-censure-deposee-par-les-republicains-a-ete-rejetee-malgre-le-soutien-des-deputes-insoumis-et-communistes-suivez-notre-direct_2874911]-20180731-[bouton]

 

 

Publicités

La Syrie libère toute la ligne de démarcation avec Israël

La Syrie libère toute la ligne de démarcation avec Israël

+

L’Armée arabe syrienne est parvenue à libérer la totalité de la ligne de démarcation avec Israël qui était occupée par des jihadistes.

L’administration el-Assad confirme que la rapidité à laquelle les derniers combats ont eu lieu est la conséquence des accords Poutine-Trump conclus lors du sommet d’Helsinki du 16 juillet.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le chef d’état-major, Valéri Guérassimov, se sont rendus successivement en Europe —malgré l’interdiction d’accès au territoire prononcée contre le général Guérassimov— et en Israël. Ils se sont engagés au respect de la ligne de démarcation israélo-syrienne.

Trois réunions secrètes ont eu lieu entre l’Armée arabe syrienne et l’armée israélienne, sous les auspices de l’Onu et de la Russie.

L’administration Netanyahu a fermé sa frontière à ses collaborateurs qui lui demandaient asile et s’est abstenue de leur faire parvenir des munitions. Elle espère obtenir que l’armée arabe syrienne stationne sans troupes pro-iraniennes le long de sa frontière.

L’armée états-unienne devrait, quant à elle, se retirer de la base qu’elle occupe illégalement à Al-Tanf (frontière jordanienne).

http://www.voltairenet.org/article202221.html

 

Centrafrique: trois Russes porteurs de cartes de presse assassinés

Centrafrique: trois Russes porteurs de cartes de presse assassinés

Bangui – Trois Russes qui portaient sur eux des cartes de presse ont été assassinés dans la nuit de lundi à mardi près de Sibut, dans le centre de la Centrafrique, a appris l’AFP de sources judiciaire, religieuse et sécuritaire.

Leurs corps « ont été retrouvés à 23 km de Sibut, ils ont été assassinés par des hommes armés non identifiés », a declaré à l’AFP une source judiciaire, précisant qu’ils auraient été tués à un barrage dressé sur une route.

Les corps des trois hommes ont été déposés mardi matin à la base de la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la Centrafrique (Minusca) de Sibut, selon ces sources. Leur chauffeur est porté disparu.

« Ils rentraient de Kaga Bandoro (nord) par la route », a précisé une source religieuse de SIbut.

Ni l’ambassade russe à Bangui, ni le conseiller russe à la présidence centrafricaine, n’avaient connaissance de la présence de journalistes de leur pays en Centrafrique, selon une source sécuritaire russe.

C’est la première fois que l’assassinat de citoyens russes est rendu public en Centrafrique où la présence de la Russie est de plus en plus marquée depuis plusieurs mois.

Moscou a depuis début 2018, déployé des formateurs militaires à Bangui, livré des armes à l’armée nationale et assure la sécurité du président Faustin-Archange Touadéra, dont le conseiller à la sécurité est un Russe.

La Russie avait réussi à obtenir une exemption afin de vendre des armes au gouvernement centrafricain. En décembre 2017, Moscou a ainsi livré un important stock d’armes, incluant des armes de poing, des fusils d’assaut, des mitrailleuses et des lance-roquettes.

La Russie a également obtenu l’autorisation de l’ONU pour dispenser une formation militaire à deux bataillons – environ 1.300 hommes – des Forces armées centrafricaines.

Officiellement, le programme russe vise à renforcer une armée en grande difficulté dans un pays où la majeure partie du territoire est contrôlé par des groupes armés.

Mais par cette mission, Moscou vise également à renforcer son influence dans un État stratégique, riche en ressources telles que les diamants, l’or, l’uranium et le bois.

Fin mai, le président Touadéra avait rencontré son homologue russe Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg. Il l’avait remercié pour l’aide de la Russie à un moment où son pays vit une « situation humanitaire difficile » et « un processus de consolidation et de réconciliation du pays ».

« Nous serons heureux de réfléchir à différents moyens d’intensifier nos relations, en premier lieu et avant tout dans les sphères économique et humanitaire », avait quant à lui affirmé le président Poutine.

La Russie a vainement tenté d’organiser début juillet une rencontre entre le gouvernement centrafricain et des groupes armés dans la capitale soudanaise Khartoum.

(©AFP / 31 juillet 2018 15h04)

https://www.romandie.com/news/Centrafrique-trois-Russes-porteurs-de-cartes-de-presse-assassin-s/941456.rom

 

 

Vol MH370 de la Malaysia Airlines : la cause de la disparition ne peut être déterminée (rapport)

Vol MH370 de la Malaysia Airlines : la cause de la disparition ne peut être déterminée (rapport)

© Chine Nouvelle (Xinhua)Xinhua, le 30/07/2018 18:15

La cause de la disparition du vol MH370 de la Malaysia Airlines en 2014 ne peut être déterminée, selon un rapport détaillé sur l’incident publié lundi par une équipe d’enquête de sécurité.

Ce rapport de plus de 800 pages, qui examine plusieurs aspects allant de la navigabilité et la maintenance à la répartition de la charge et aux informations sur l’épave, indique que l’équipe d’enquête n’a pu déterminer la cause pour laquelle l’avion avait quitté son itinéraire de vol.

« Le changement de trajectoire est probablement dû à des opérations manuelles », ajoute-t-il.

Qualifiant la disparition du vol MH370 et ses recherches d' »inédites dans l’histoire de l’aviation commerciale », le rapport indique que des améliorations doivent être entreprises pour s’assurer que ce type d’événement soit identifié dès que possible.

De plus, le milieu aéronautique international doit garantir aux voyageurs que la position des avions commerciaux de génération actuelle est connue en permanence, recommande le rapport.

Bien que le ministre malaisien des Transports Anthony Loke ait décrit ce rapport comme final et complet, Kok Soo Chon, chef de l’équipe d’enquête de sécurité pour le vol MH370 de l’Organisation de l’aviation civile internationale de Malaisie, a déclaré que le rapport n’était pas définitif et ne concernait que les recommandations de sécurité.

Le 8 mars 2014, le Boeing 777 assurant le vol MH370 avec 239 personnes s’était volatilisé peu après son décollage de Kuala Lumpur à destination de Pékin.

https://chine.in/actualite/cn/vol-mh-malaysia-airlines-cause_111798.html

 

 

 

Le crépuscule de la guerre

Si l’on considère la guerre en Syrie non pas comme un événement en soi, mais comme l’aboutissement d’un conflit mondial d’un quart de siècle, on doit s’interroger sur les conséquences de la cessation à venir des hostilités. Son achèvement marque la défaite d’une idéologie, celle de la globalisation et du capitalisme financier. Les peuples qui ne l’ont pas compris, notamment en Europe occidentale, se placent eux-mêmes à l’écart du reste du monde.

| Damas (Syrie)

+
JPEG - 33.3 ko
Donald Trump et Vladimir Poutine lors du sommet bilatéral d’Helsinki, le 16 juillet 2018.

Les guerres mondiales ne se terminent pas simplement par un vainqueur et un vaincu. Leur fin trace les contours d’un nouveau monde.

La Première Guerre mondiale s’est conclue par la défaite des empires allemand, russe, austro-hongrois et ottoman. La cessation des hostilités a été marquée par l’élaboration d’une organisation internationale, la Société des nations (SDN) chargée d’abolir la diplomatie secrète et de régler par l’arbitrage les conflits entre les États-membres.

La Seconde Guerre mondiale s’est conclue par la victoire de l’Union soviétique sur le Reich nazi et l’Empire nippon du hakkō ichi’u [1], suivie d’une course poursuite entre les Alliés pour occuper les dépouilles de la Coalition vaincue. Elle a donné naissance à une nouvelle structure, l’Organisation des Nations unies (Onu), chargée de prévenir de nouvelles guerres en établissant le Droit international autour d’une double légitimité : l’Assemblée générale où chaque État dispose d’une voix quelle que soit sa taille, et un directoire des cinq principaux vainqueurs, le Conseil de sécurité.

La Guerre froide n’était pas la Troisième Guerre mondiale. Elle ne s’est pas terminée par la défaite de l’Union soviétique, mais par son effondrement sur elle-même. Elle n’a pas été suivie de la création de nouvelles structures, mais par l’intégration des États de l’URSS au sein d’organisations préexistantes.

La Troisième Guerre mondiale aura débuté en Yougoslavie, se sera poursuivie en Afghanistan, en Irak, en Géorgie, en Libye, au Yémen, pour se terminer en Syrie. Son champ de bataille s’est circonscrit aux Balkans, au Caucase et à ce que l’on appelle désormais le « Moyen-Orient élargi ». Elle aura coûté la vie à d’innombrables populations musulmanes ou chrétiennes orthodoxes, sans trop déborder dans le monde occidental. Elle est en train de se conclure depuis le sommet Poutine-Trump d’Helsinki.

Les profondes transformations qui ont modifié le monde durant les 26 dernières années ont transféré une partie du pouvoir des gouvernements vers d’autres entités, soit administratives, soit privées, aussi bien que l’inverse. Par exemple, on a vu une armée privée, Daesh, se proclamer État souverain. Ou encore, le général David Petraeus organiser le plus vaste trafic d’armes de l’Histoire lorsqu’il dirigeait la CIA, et le poursuivre après sa démission au nom d’une société privée, le fonds spéculatif KKR [2].

Cette situation peut être décrite comme un affrontement entre, d’une part, une classe dirigeante transnationale et, d’autre part, des gouvernements responsables devant leurs peuples.

Contrairement aux imputations de la propagande qui attribuent la cause des guerres à des circonstances immédiates, celles-ci se trouvent dans des rivalités ou des ambitions profondes et anciennes. Les États mettent des années à se dresser les uns contre les autres. Ce n’est souvent qu’avec le temps que nous pouvons comprendre les conflits qui nous dévorent.

Par exemple, très peu de gens ont compris ce qui se passait lors de l’invasion japonaise de la Mandchourie (1931) et ont attendu l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne (1938) pour comprendre que les idéologies racistes allaient mener à la Seconde Guerre mondiale. Identiquement, rares sont ceux qui ont compris dès la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992) que l’alliance entre l’Otan et l’islam politique ouvrait la voie à la destruction du monde musulman [3].

Aujourd’hui encore, malgré les travaux des journalistes et des historiens, beaucoup n’ont toujours pas réalisé l’énormité de la manipulation dont nous avons tous été victimes. Ils refusent d’admettre que l’Otan coordonnait alors des supplétifs saoudiens et iraniens sur le continent européen. C’est pourtant un fait impossible à contester [4].

De même, ils refusent d’admettre qu’Al-Qaïda, accusé par les États-Unis d’avoir perpétré les attentats du 11-Septembre, a pu combattre sous les ordres de l’Otan en Libye et en Syrie. C’est pourtant un autre fait impossible à contester [5].

Le plan initial qui prévoyait de dresser le monde musulman contre le monde orthodoxe s’est transformé en cours de route. Il n’y a pas eu de « guerre des civilisations ». L’Iran chiite s’est retourné contre l’Otan qu’il servait en Yougoslavie et s’est allié à la Russie orthodoxe pour sauver la Syrie multiconfessionnelle.

Nous devons ouvrir les yeux sur l’Histoire et nous préparer à l’aube d’un nouveau système mondial où certains de nos amis d’hier sont devenus nos ennemis et vice-versa.

À Helsinki, ce ne sont pas les États-Unis qui ont conclu un accord avec la Fédération de Russie. Ce n’est que la Maison-Blanche. Car l’ennemi commun est un groupe transnational exerçant une autorité aux États-Unis. Considérant que c’est lui et non pas le président élu qui représente les USA, il ne s’est d’ailleurs pas gêné pour accuser immédiatement le président Trump de trahison.

Ce groupe transnational est parvenu à nous faire croire que les idéologies sont mortes et que l’Histoire est finie. Il a présenté la globalisation, c’est-à-dire la domination anglo-saxonne à travers l’extension de la langue et du mode de vie états-unien, comme la conséquence du développement des techniques de transport et de communication. Il nous a assuré qu’un système politique unique était idéal pour tous les hommes, la démocratie (c’est-à-dire le « gouvernement du Peuple, par le Peuple, pour le Peuple »), et qu’il était possible de l’imposer à tous par la force. Enfin, il a présenté la liberté de circulation des personnes et des capitaux comme la solution à tous les problèmes de main d’œuvre et d’investissement.

Ces assertions, que nous acceptons tous dans notre quotidien, ne résistent pourtant pas une minute à la réflexion.

Derrière ces mensonges, ce groupe transnational a systématiquement érodé le Pouvoir des États et amassé des fortunes.

Le camp qui sort vainqueur de cette longue guerre défend au contraire l’idée que, pour choisir leur destin, les hommes doivent s’organiser en Nations définies soit à partir d’une terre, soit d’une histoire ou d’un projet commun. Par conséquent, il soutient les économies nationales contre la finance transnationale.

Nous venons d’assister à la Coupe du monde de football. Si l’idéologie de la globalisation avait gagné, nous aurions du soutenir non seulement notre équipe nationale, mais aussi celles d’autres pays en fonction de leur appartenance à des structures supra-nationales communes. Par exemple, les Belges et les Français auraient dû se soutenir mutuellement en agitant des drapeaux de l’Union européenne. Mais ce n’est venu à l’idée d’aucun supporter. Nous mesurons là le fossé qui sépare d’une part la propagande qu’on nous assène et que nous répétons et, d’autre part, notre comportement spontané. Malgré les apparences, la victoire superficielle du globalisme n’a pas modifié ce que nous sommes.

Ce n’est évidemment pas un hasard si la Syrie où fut imaginée et façonnée l’idée d’État, il y a plusieurs milliers d’années, est la terre où cette guerre s’achève. C’est parce qu’ils avaient un véritable État, qui n’a jamais cessé de fonctionner, que la Syrie, son peuple, son armée et son président ont pu résister à la plus gigantesque coalition de l’Histoire, constituée par 114 États membres des Nations unies.

[1] Le hakkō ichi’u (les huit coins du monde sous un seul toit) est l’idéologie de l’Empire japonais. Elle pose la supériorité de la race nipponne et son droit à dominer l’Asie.

[2] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[3] Les Dollars de la terreur : Les États-Unis et les islamistes, Richard Labévière, Grasset, 1999.

[4] Wie der Dschihad nach Europa kam. Gotteskrieger und Geheimdienste auf dem Balkan, Jürgen Elsässer, Kai Homilius Verlag, 2006. Version française : Comment le Djihad est arrivé en Europe (préface de Jean-Pierre Chevènement), Xenia, 2006.

[5] Sous nos yeux. Du 11-septembre à Donald Trump, Thierry Meyssan, Demi-Lune 2017.

 

http://www.voltairenet.org/article202200.html

 

Trump : le Déglobalisateur ?

Trump : le Déglobalisateur ?

Par Peter_Koenig-80x80_c Peter Koenig – Le 22 juillet 2018 – Source thesaker.is

On dirait que Trump devient fou furieux avec ses « politiques commerciales ». Non seulement il a contrarié l’Union européenne – qui ne mérite pas mieux, franchement – d’avoir été et d’être encore des vassaux soumis contre la volonté de 90% des Européens ; mais il a aussi réussi à mettre la Chine en rogne. Eh bien, pour la Chine, ce n’est pas très important, car elle a beaucoup d’autres marchés, y compris l’ensemble de l’Asie, et probablement de plus en plus l’Europe, qui ressent sérieusement le besoin de se détacher des États-Unis.

Ce qui est frappant, cependant, c’est que même au début du sommet du G20 en cours à Buenos Aires, en Argentine, les ministres de Trump ont clairement indiqué que faute pour l’Europe d’annuler toutes ses subventions – en se référant principalement aux subventions agricoles – et d’éliminer les représailles nouvellement imposées sur les droits de douane, de nouveaux accords commerciaux ne seront pas discutés. Peu importe que les États-Unis aient les subventions agricoles les plus élevées au monde.

De loin, cela ressemble à la guerre commerciale la plus embrouillée et absurde que les États-Unis, via Trump, mènent contre le reste du monde – à la « Make America Great Again ». Est-ce que ça marchera ? Peut-être. On ne peut jamais prédire la dynamique, surtout pas dans un monde occidental néolibéral habitué au simplisme, qui par définition est toujours faux. Sciemment et délibérément, l’Occident et ses institutions financières clés, le FMI, la Banque mondiale, la FED et la Banque centrale européenne, trompent le grand public en leur faisant croire leurs statistiques et leurs prédictions – qui, si l’on remonte dans l’histoire, ont toujours été hors des clous.

Toute vie est dynamique. Mais pour comprendre cela, il faut une pensée indépendante – que l’Occident a depuis longtemps abandonnée, malheureusement. Ainsi, en réponse au dernier fiasco commercial de Trump au G20 en Argentine, le FMI est sur les dents, estimant que cela pourrait faire baisser le PIB mondial d’au moins 0,5%. Même si c’est vrai, et alors ?

En réalité, il y a un scénario totalement différent dont personne n’ose parler. À savoir : qu’est-ce que la production locale renouvelée et la souveraineté monétaire peuvent apporter à l’économie mondiale ? Précisément ce que M. Trump dit qu’il veut apporter aux États-Unis : la production locale pour les marchés locaux et le commerce avec les pays qui respectent les avantages mutuels. Avantages mutuels qui, bien sûr, ne sont pas facilement au rendez-vous dans un accord commercial avec les États-Unis. Mais pour la question du pouvoir économique, ceux-ci sont un énorme baril de poudre. La stimulation des économies locales par le crédit interne est le moyen le plus efficace pour stimuler l’emploi local et le PIB.

Ensuite, il y a le jeu des sanctions. Ça devient de plus en plus agressif. De nouvelles sanctions contre la Russie, de nouvelles sanctions contre le Venezuela et de nouvelles sanctions lourdes contre l’Iran. Et les marionnettes européennes continuent à suivre, bien qu’elles souffrent le plus des sanctions américaines imposées aux autres, notamment parce que, « stupidité » ou peur, elles ne peuvent pas abandonner l’empire destructeur à l’agonie. Ou peut-être ces faux leaders de la construction bruxelloise sont-ils achetés ? – Oui, je veux dire achetés avec de l’argent ou des faveurs – ce n’est pas impossible, puisque les gens de la Commission européenne, qui dirigent les choses, ne sont pas élus, donc ils ne sont responsables vis-à-vis de personne.

Prenons le cas de l’Iran, Trump et ses pairs, Bolton et Pompeo, ont menacé toutes les compagnies pétrolières du monde entier de lourdes sanctions si elles continuaient à acheter des hydrocarbures en Iran au-delà de novembre 2018. Les géants européens du pétrole sont particulièrement inquiets, comme Total, ENI, Repsol et d’autres. En conséquence, ils ont annulé leurs contrats de plusieurs milliards d’euros avec l’Iran pour se protéger – et, bien sûr, leurs actionnaires. Tout récemment, j’ai parlé à un haut dirigeant de Total. Il a dit : « Nous n’avons pas le choix, car nous ne pouvons pas faire confiance à nos gens à Bruxelles pour nous protéger des sanctions de Washington. Nous devons donc chercher ailleurs pour remplir nos obligations contractuelles vis-à-vis de nos clients. Mais, a-t-il ajouté, nous n’avons pas acheté de pétrole de schiste américain ; nous négocions avec la Russie. Voilà où on en est. »

Le marché européen des hydrocarbures iraniens est estimé à environ 20% de sa production totale. Un montant, facilement pris en charge par la Chine et d’autres qui sont trop grands – et trop fiers – pour être sanctionnés par l’empire. Certains peuvent effectivement revendre des hydrocarbures iraniens, par une porte dérobée, aux sociétés pétrolières européennes autrement sanctionnées.

L’Iran dispose d’une autre arme puissante qu’il a déjà clairement annoncée :  si les États-Unis tentent sérieusement d’empêcher quiconque d’acheter du pétrole et du gaz iraniens, l’Iran peut bloquer le détroit d’Ormuz, par lequel transite quotidiennement environ 30% de tous les hydrocarbures utilisés dans le monde, dont près de la moitié vers les États-Unis. Cela pourrait augmenter le prix du pétrole de manière exponentielle et ruiner les économies de nombreux pays. Cependant, des prix plus élevés profiteraient également à la Russie, à la Chine et au Venezuela, précisément aux pays que Washington veut punir.

Une telle initiative de l’Iran provoquerait-elle une agression américaine directe ? On ne sait jamais avec les profiteurs de guerre aux États-Unis. Ce qui est sûr, c’est qu’une telle intervention ne se passerait pas sans une réponse proportionnée de la Chine et de la Russie.

De l’autre côté du scénario, imaginez : les pays embourbés dans ce gâchis mondial, provoqué par les États-Unis, commencent à nouveau à s’occuper de leurs propres intérêts, de leur propre souveraineté et indépendance vis-à-vis de la mondialisation. Ils se lancent dans des politiques économiques favorisant l’autosuffisance, la sécurité, d’abord dans le domaine alimentaire, puis se concentrent sur leurs recherches scientifiques pour construire leurs propres parcs industriels à la pointe de la technologie. Un exemple frappant est la Russie. Depuis l’imposition de sanctions, la Russie est passée d’un pays totalement dépendant des importations depuis l’effondrement de l’Union soviétique à un pays autosuffisant dans le secteur de l’alimentation et de l’industrie. Selon M. Poutine, les sanctions sont la meilleure chose qui soit arrivée à la Russie depuis la chute de l’Union soviétique. La Russie est le premier exportateur mondial de blé depuis deux ans.

Les Européens ont commencé tranquillement à réorienter leurs activités commerciales vers l’est. Les Européens ont peut-être enfin remarqué – non pas les marionnettes élitistes de Bruxelles, mais le Big Business et le grand public – que l’on ne peut pas faire confiance au partenaire transatlantique, ni à l’administration centrale européenne de Bruxelles que l’Europe s’est imposée elle-même. Ils cherchent leurs propres moyens, chacun de ces pays tente progressivement de se sortir des griffes de Washington, se détachant finalement de la domination du dollar, car ils remarquent, en hommes d’affaires avisés, que l’économie basée sur le dollar est une affaire perdante.

Et il y a le Brexit, le mouvement le plus flagrant pour s’éloigner ouvertement du dictat européen qui « limite la liberté », et qui n’est rien d’autre qu’une copie conforme du dictat économique du dollar, tel qu’il est pratiqué aux États-Unis et partout où le dollar reste la monnaie principale des contrats internationaux et la monnaie de réserve.

Le mouvement Cinq étoiles en Italie a été créé sur des prémisses similaires – se libérer de Bruxelles et des menottes de la politique de l’euro. Lors d’une première tentative de mise à l’écart de l’euro, ils ont reçu une fessée du président italien europhile, Sergio Mattarella, qui refusait d’accepter [dans le gouvernement] un ministre des Finances eurosceptique, Paolo Savona, proposé par le parti Lega Norte, partenaire de la coalition Cinq étoiles. Savona avait déclaré que l’entrée de l’Italie dans la zone euro avait été une « erreur historique ». Cette effort de l’Italie pour retrouver sa souveraineté monétaire n’est pas fini. Au contraire, il a pris de la force et de la détermination. L’Allemagne évolue dans la même direction en ouvrant discrètement ses portes à Moscou et à Pékin.

Malheureusement, ces initiatives ont peu à voir avec une nouvelle conscience, plus humaine et pacifique, mais plutôt avec les intérêts des entreprises. Mais peut-être que la prise de conscience – les retrouvailles avec l’étincelle originelle d’une humanité imprégnée de solidarité – est un processus qui se fera étape par étape.

Et si, compte tenu du mouvement des gens vers l’autodétermination, de la folie furieuse de Trump, de sa plongée dans le chaos – vers plus en plus de chaos – du jeu des sanctions sans fin, des punitions et menaces, amis et ennemis confondus, nous nous dirigions vers une véritable dé-globalisation du monde ?

Si cela devait arriver, alors nous, les 90% de la population mondiale, devrions être très reconnaissants à M. Trump, qui a montré et ouvert la voie des Lumières, celles de la dé-globalisation.

Peter Koenig est économiste et analyste géopolitique. Il est également spécialiste des ressources en eau et de l’environnement. Il a travaillé pendant plus de 30 ans avec la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé dans le monde entier dans les domaines de l’environnement et de l’eau. Il enseigne dans des universités aux États-Unis, en Europe et en Amérique du Sud. Il écrit régulièrement pour Global Research, ICH, RT, Spoutnik, PressTV, Le 21ème siècle, TeleSUR, The Saker, et d’autres sites internet. Il est l’auteur du livre  Implosion – An Economic Thriller about War, Environmental Destruction and Corporate Greed  – une fiction basée sur des faits et sur 30 ans d’expérience de la Banque mondiale dans le monde. Il est également co-auteur de The World Order and Revolution ! – Essays from the Resistance.

Note du Saker Francophone

Cet article a fait l'objet d'une analyse sur le site dedefensa.org

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/trump-le-deglobalisateur

 

 

Union européenne: «ennemie» de l’Amérique depuis la fin de la guerre froide

Union européenne: «ennemie» de l’Amérique depuis la fin de la guerre froide


Par Andrew Korybko – Le 20 juillet 2018 – Source orientalreview.org

Trump a fait tourner les têtes cette semaine, en décrivant l’UE comme un « ennemi ».

La remarque, « politiquement incorrecte » et jusqu’alors inimaginable, est tombée au cours d’une interview que le président des USA a accordée à CBS News, à l’issue du sommet orageux de l’OTAN de la semaine dernière. Quand on lui a demandé qui constituait « le plus grand ennemi actuel » des USA, a répondu de manière tout à fait inattendue : « Eh bien, nous avons nombre d’ennemis. Je pense que l’Union européenne est un ennemi, ce qu’ils nous infligent en termes commerciaux. Là, vous n’auriez pas pensé à l’Union européenne, mais c’est un ennemi. » Peu après, il revenait sur sa déclaration en disant : « Je respecte les dirigeants de ces pays. Mais, d’un point de vue commercial, ils ont vraiment profité de nous et nombre de ces pays sont membres de l’OTAN et n’ont pas payé ce qu’ils devaient », mais les dégâts étaient déjà causés.

Un sondage récent indique que deux tiers des allemands estiment Trump comme « plus dangereux » que le président Poutine, et le ministre des Affaires étrangères allemand déclarait lundi que son pays « ne peut plus totalement compter sur la Maison Blanche ». Les médias traditionnels dépeignent cette situation comme une destruction auto-infligée des relations transatlantiques américaines traditionnelles, et laissent à penser que Trump trahit les alliés les plus proches de l’Amérique, mais la situation est bien plus compliquée que ne le laisse apparaître ce type d’explication simpliste.

Donald Trump pose avec Angela Merkel, Jens Stoltenberg, Theresa May, pour une photographie de groupe, avant un dîner de travail au cours du sommet de l’OTAN des 11 et 12 juillet 2018

L’idéologie « L’Amérique d’abord » de Trump est totalement contradictoire avec l’idéologie mondialiste de l’élite eurolibérale, et le milliardaire devenu président ne veut plus laisser ses contribuables régler la plupart des coûts de l’OTAN, tandis que les Européens vont et viennent à leur gré sur ces sacrifices financiers. En outre, il n’acceptera plus non plus, en aucune manière, le déséquilibre des barrières douanières entre les USA et l’UE. Sa réponse à ce sujet a par ailleurs été manipulée par d’habiles tactiques de gestion de la perception, la faisant passer pour « une attaque spontanée contre le commerce libre et équitable », quant bien même en réalité le commerce n’a jamais été réellement ni libre ni équitable, et que là réside le problème depuis le départ. Les USA devaient, selon les plans, subvenir à l’« utopie de prospérité socialiste » de l’UE, à cause des considérations remontant à la guerre froide, et ce raisonnement dépassé avait malgré tout perduré à des fins de mondialisation unipolaire.

Les Américains ont commencé à ressentir de l’irritation à voir leur gouvernement redistribuer des ressources, depuis des dizaines d’années, aux européens et même à la Chine au travers d’accords commerciaux asymétriques. C’est à l’image de ce que les Russes au temps de l’Union soviétique pouvaient ressentir, à voir le même processus au bénéfice d’autres républiques de l’Union et plus loin en Europe de l’est, et même envers les alliés de Moscou dans le « Grand sud » en Afrique et en Asie. Ce processus d’extraction indéfinie de richesse des États-Unis n’est pas sans conséquences à long terme sur la sécurité nationale du pays, et c’est pour cela que Trump qualifie l’UE d’« ennemie » : il s’agit de la désignation la plus nette de la compétition économico-stratégique entre les deux « faux amis », n’en déplaise aux Européens de se voir finalement nommer ainsi par le président des USA en personne.

Cet article constitue une retranscription partielle de l’émission radio context countdown, diffusée sur Sputnik News le vendredi 20 juillet 2018

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker francophone

http://lesakerfrancophone.fr/union-europeenne-ennemie-de-lamerique-depuis-la-fin-de-la-guerre-froide

 

 

 

 

 

Mali: une présidentielle à hauts risques pour le Sahel

Mali: une présidentielle à hauts risques pour le Sahel

Une Malienne vote le 29 juillet 2018 à Bamako / © AFP / ISSOUF SANOGO

Les Maliens votent dimanche pour un scrutin présidentiel censé relancer l’accord de paix de 2015 dans le pays, dont l’instabilité a gagné plusieurs Etats voisins du Sahel, malgré cinq ans d’interventions militaires internationales contre les jihadistes.

En dépit de la mobilisation de plus de 30.000 membres des forces de sécurité, nationales et étrangères, selon le ministère de la Sécurité intérieure, des incidents ont été signalés dans le nord et le centre du pays, tandis que l’affluence semblait encore timide dans la matinée à Bamako.

Les quelque 23.000 bureaux de vote sont ouverts de 08H00 à 18H00 (locales et GMT), les premiers résultats étant attendus dans les 48 heures, les résultats officiels provisoires le 3 août au plus tard, avant un éventuel second tour le 12 août.

Quelque huit millions d’habitants de ce vaste pays enclavé d’Afrique de l’Ouest, comptant une vingtaine d’ethnies, doivent décider de reconduire le président Ibrahim Boubacar Keïta, 73 ans, ou élire un de ses 23 concurrents, dont le chef de l’opposition, Soumaïla Cissé, et une seule femme, Djeneba N’Diaye.

/ © AFP / ISSOUF SANOGO

La communauté internationale, présente militairement avec la force française Barkhane, qui a pris le relais de l’opération Serval lancée en 2013 contre les jihadistes, et avec les Casques bleus de l’ONU, attend du vainqueur une relance de l’accord de paix signé en 2015 par le camp gouvernemental et l’ex-rébellion à dominante touareg, dont l’application accumule les retards.

Malgré cet accord, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

Le président sortant a voté peu après 09H00 GMT à Bamako, tandis que le chef de l’opposition a accompli en fin de matinée son devoir civique à Niafounké, dans la région de Tombouctou (nord-ouest), selon des correspondants de l’AFP.

Partisans du candidat Cheick Modibo Diarra à la présidentielle au Mali, Bamako, 27 juillet 2018 / © AFP / Michele CATTANI

L’homme d’affaires Aliou Boubacar Diallo et l’ex-général Moussa Sinko Coulibaly, qui a quitté l’armée pour se lancer en politique, ont voté dans le même bureau à Bamako, a constaté un photographe de l’AFP.

Dans le Nord, où l’Etat est peu ou pas présent, les groupes armés signataires de l’accord participent également à la sécurisation du vote.

– Urnes et bureaux incendiés –

Le Mali / © AFP / Sabrina BLANCHARD

Malgré la présence renforcée des forces de sécurité, le scrutin était perturbé dans une série de localités.

Dans la commune rurale de Lafia, le vote ne pouvait se tenir, les urnes ayant été incendiées, selon les autorités locales.

« Dans la nuit de samedi à dimanche, des hommes armés sont arrivés devant la mairie où il y avait les urnes et le matériel électoral », auquel ils ont mis le feu après avoir tiré en l’air, a indiqué à l’AFP un élu local, précisant qu’il s’agissait de jihadistes.

Soldat malien dans Bamako avant la présidentielle de dimanche, le 27 juillet 2018 / © AFP / ISSOUF SANOGO

Dans la commune rurale de Dianké, entre Tombouctou et Mopti (centre), « deux bureaux de vote ont été brûlés ce matin par des hommes armés » qui ont emporté la moto d’un agent électoral, a déclaré à l’AFP un élu de la localité, Oumar Sall.

Le taux de participation est traditionnellement bas, sensiblement inférieur à 50%, au premier tour de l’élection présidentielle dans ce pays connu pour son rayonnement culturel, mais où moins d’un tiers des plus de 15 ans sont alphabétisés.

« L’ouverture s’est bien passée mais pour le moment il n’y a pas assez d’affluence », a indiqué le président d’un bureau de vote de Bamako, Oumar Camara, incriminant l’heure et la pluie matinales et se disant « sûr qu’au milieu de la journée les gens vont commencer à venir massivement pour voter pour choisir leurs candidats ».

« Je souhaite que le vote se passe dans la sérénité, dans le calme, je vote pour la paix dans mon pays », a confié un autre électeur, Soumaïla Keïta.

Vendredi, les jihadistes se sont invités dans la fin de campagne, par une vidéo du chef de la principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, le Touareg malien Iyad Ag Ghaly, dirigeant d’un des groupes islamistes qui s’étaient emparés de tout le nord du Mali en 2012.

Citant les exactions présumées de l’armée malienne à l’encontre de civils dans le centre du pays, le chef du « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans » a assuré que « ces crimes ne resteront pas impunis ».

Après l’élection de 2013 qui a permis de « rétablir l’ordre constitutionnel », les Maliens doivent maintenant prouver que « le processus démocratique est irréversible », a affirmé le chef de la mission de l’ONU au Mali (Minusma), Mahamat Saleh Annadif.

(©AFP / 29 juillet 2018 14h27)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Mali-une-pr-sidentielle-hauts-risques-pour-le-Sahel/940852.rom

 

 

 

En appelant à des pourparlers sur les armes avec la Russie, les États-Unis hissent-ils pavillon blanc ? Par Gilbert Doctorow

En appelant à des pourparlers sur les armes avec la Russie, les États-Unis hissent-ils pavillon blanc ? Par Gilbert Doctorow

Source : Gilbert Doctorow, Consortium News, 22-03-2018

Hisser un drapeau blanc est un signe internationalement reconnu de trêve et de demande de négociation, ce que les États-Unis font peut-être dans leur réponse officielle aux annonces de Poutine sur la parité nucléaire avec les États-Unis, explique Gilbert Doctorow.

La présentation par Vladimir Poutine des nouveaux systèmes d’armes de la Russie lors de son discours à l’Assemblée fédérale le 1er mars semble avoir finalement suscité la réaction souhaitée de son public cible à Washington, D.C. Dans cette présentation, Poutine a parlé de systèmes d’armes stratégiques utilisant une technologie de pointe qui, selon lui, a plus d’une décennie d’avance sur la concurrence américaine et d’autres pays.

Il a réussi un coup direct au Pentagone, où les généraux de haut rang sont restés stupéfaits. Mais, comme c’est normalement le cas, lorsque ces messieurs ont besoin de temps pour reprendre leurs esprits, nous n’avons d’abord entendu que du déni : que les Russes bluffaient, qu’ils n’ont vraiment rien de prêt, que ce ne sont que des projets, et que les États-Unis ont déjà les mêmes choses, mais qu’ils les tiennent en réserve.

Bien sûr, tous les membres de l’élite politique américaine n’ont pas adhéré à cette réponse bouche-trou.

Le 8 mars, les sénateurs Dianne Feinstein (D-Calif.), Edward J. Markey (D-Mass.), Jeff Merkley (D-Ore.) et Bernie Sanders (I-Vermont) ont écrit une lettre ouverte au secrétaire d’État de l’époque, Rex Tillerson, l’exhortant à envoyer une délégation pour ouvrir des pourparlers sur la maîtrise des armements avec les Russes « dans les plus brefs délais ».

C’était une démarche invraisemblable que même leurs partisans du camp progressiste, sans parler des démocrates du courant dominant, ont eu du mal à croire. Feinstein et Sanders se sont largement exprimés en tant que critiques de la Russie et ont activement participé à la promotion de la saga sur la collusion Trump-Russie au cours de ces derniers mois. Ils faisaient partie de ceux qui ont sifflé les photos de Jeff Sessions, pas encore procureur général, serrant la main et souriant avec l’ambassadeur russe Kislyak. Maintenant, ils sont en train d’appeler à la reprise des pourparlers sur la maîtrise des armements avec… les Russes.

Cette histoire est morte avant d’avoir été diffusée partout, sauf en Russie, où elle a fait l’objet d’un reportage dans les heures qui ont suivi la publication de la lettre. Le public américain et mondial n’en a rien su, bien que la lettre ait été sur les pages d’accueil des sites Web du Sénat des coauteurs respectifs pour être lue. Les publics américain et mondial ne savent rien de cette lettre aujourd’hui, près de deux semaines après sa publication, à l’exception des lecteurs de Consortium qui ont été correctement informés à l’époque.

Entre temps, la machine de propagande américaine est passée à la vitesse supérieure, soulevant des questions de diversion pour détourner l’attention du public américain de ce qui avait fait l’objet du discours de Poutine du 1er mars.

C’est ainsi que nous avons été saturés d’une couverture médiatique de « l’attaque au gaz neurotoxique Skripal », de la prétendue cyber-attaque sur le réseau d’énergie et les systèmes d’eau des États-Unis. Les deux sont de pures histoires du type « les Russes l’ont fait ». Et nous avons lu des articles au sujet du repositionnement des forces navales américaines en Méditerranée à portée de Damas pour une éventuelle frappe punitive en réponse à une attaque chimique sur des civils par le régime d’Assad, qui n’a toujours pas eu lieu, le tout avec l’intention d’humilier les soutiens d’Assad, les Russes.

Maintenant, enfin, après le déni et la diversion, la vérité commence à émerger. Le président des États-Unis lui-même est porteur d’un message qui, compte tenu de l’orgueil américain, équivaut à hisser un drapeau blanc.

Nous trouvons ce qui suit à la une du New York Times décrivant les remarques de Trump au sujet de son appel téléphonique pour féliciter Vladimir Poutine pour sa victoire électorale : « Nous avons eu un excellent contact téléphonique », le Times cite Trump déclarant « Nous nous réunirons probablement dans un avenir pas trop lointain pour discuter de la course aux armements, qui devient incontrôlable ».

En première page du Financial Times, on peut lire ceci : « Donald Trump a dit qu’il voulait rencontrer le président russe Vladimir Poutine pour discuter d’une course aux armements qui “échappe à tout contrôle” et d’autres questions sur lesquelles les pays restent en désaccord. Être dans une course aux armements n’est pas une très bonne chose », a déclaré mardi le président américain, ajoutant qu’il rencontrerait probablement son homologue russe dans un « avenir pas trop lointain ».

En d’autres termes, le rétablissement de la parité stratégique entre la Russie et les États-Unis semble se faire sentir (voir l’article de Ray McGovern). Mais bien sûr, il faut être un expert en lecture entre les lignes pour analyser à partir de la déclaration de Trump l’intensité de l’inquiétude au sujet du nouveau potentiel militaire russe.

On peut supposer sans risque de se tromper que les pourparlers sur les armes avec les Russes vont bientôt commencer. Mais l’opinion publique américaine devrait être prévenue que la portée des discussions sera certainement beaucoup plus grande que celle de la soi-disant remise à zéro sous Barack Obama, qui a joué en faveur de la liste des souhaits américains, et non de celle des souhaits russes concernant la suppression des ogives. Ce programme plus large devra tenir compte des préoccupations de la Russie au sujet du système antimissile mondial américain. S’il y a accord, le changement d’approche en matière de maîtrise des armements ne proviendra pas de la charité américaine, mais de la peur des États-Unis.

Donald Trump a-t-il hissé pavillon blanc et appelé à des négociations sur un coup de tête ? A-t-il consulté ses conseillers militaires ?

Il n’est guère crédible que ce président soit parvenu à la conclusion de la nécessité d’arrêter la course aux armements de son propre chef ou qu’il ait osé soulever un sujet aussi brûlant sans avoir l’appui ferme des spécialistes du Pentagone qui ont évalué de façon rationnelle et compétente l’état actuel de la sécurité stratégique avec les Russes. Personne ne dira cela, mais c’est inévitable.

Pour replacer la situation actuelle dans un contexte historique : au cours des deux dernières années, les États-Unis et la Russie ont atteint un niveau d’affrontement qui se rapproche de celui de la crise des missiles de Cuba. Cette crise a été résolue par des reculs réciproques sur le positionnement des missiles nucléaires près des frontières de l’autre camp. La réciprocité de cette solution n’a été annoncée à l’opinion publique américaine que des décennies plus tard, lorsque le retrait des missiles américains de la Turquie a été rendu public.

Cette fois, la réciprocité des concessions majeures fera nécessairement partie de la présentation à la communauté mondiale de toute solution adoptée. Vladimir Poutine ne suivra pas le chemin de Nikita Khrouchtchev, qui a payé sa « concession » aux Américains par un coup d’État de palais chez lui.

Gilbert Doctorow est un analyste politique indépendant basé à Bruxelles.

Source : Gilbert Doctorow, Consortium News, 22-03-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/en-appelant-a-des-pourparlers-sur-les-armes-avec-la-russie-les-etats-unis-hissent-ils-pavillon-blanc-par-gilbert-doctorow/

 

[Exclusif] La dette publique française fait un bide à l’international

[Exclusif] La dette publique française fait un bide à l’international

Publié par Philippe Herlin | 26 juil. 2018 | Articles 1279

La France refuse de communiquer les pays qui détiennent sa dette publique, contrairement aux États-Unis, par exemple. Depuis un moment on sait que la Russie et, dans une moindre mesure, la Chine et le Japon, vendent une partie de leurs bons du Trésor américain. Cette information est importante, significative, elle illustre une « dédollarisation » que l’on voit à travers d’autres signaux. Pour la dette française, on ne sait rien. Le seul élément officiellement communiqué est la part des détenteurs étrangers (les « non-résidents »), actuellement de 55%, mais sans plus de précisions.

Mais nous avons quand même trouvé, en exclusivité, quelques données. Même s’il est des lectures d’été plus réjouissantes, la parution le 12 juillet du rapport annuel 2017 de l’Agence France Trésor, l’organisme qui gère la dette de l’État, donne cette répartition par pays concernant deux émissions précises :

– La première est une OAT [obligation assimilable du Trésor] d’une durée de 30 ans lancée le 16 mai 2017 et d’un montant de 7 milliards d’euros (page 37) :

 

 

– La deuxième est une « OAT verte » (destinée à financer la transition énergétique) de 22 ans lancée le 24 janvier 2017 et d’un montant de 7 milliards d’euros (page 40) :

 

 

Les Anglais apprécient les obligations de longue durée, car leur système de retraite fonctionne par capitalisation, ce qui implique de placer de l’argent sur le long terme, d’où leur première place sur l’OAT à 30 ans. L’OAT verte est plus récente et plus « politique » ; le gouvernement a sans doute forcé la main aux banques et aux assureurs français. Mais ce que l’on note de vraiment significatif, c’est la très faible part des États-Unis, de l’Asie et du Moyen-Orient, qui évolue entre 5 et 10%.

Si l’on en juge par ces deux émissions, la dette publique française se place quasi exclusivement en Europe et, de façon marginale, dans les autres grandes zones économiques. Voilà un piètre résultat qui bat en brèche les discours des ministres des finances qui se vantent régulièrement du succès international des bons du Trésor français…

La dette française marche bien en Europe, parce que le choix est vite fait : l’Allemagne restreint ses émissions parce qu’elle ne fait plus de déficit budgétaire, l’Italie et ses banques vont mal ; ne reste que des pays de taille moyenne. La France offre à la fois du volume (195 milliards d’émission en 2018) et une relative sécurité (pour le moment, si les taux d’intérêt remontent, ce sera une autre histoire). Les investisseurs européens n’ont donc finalement pas tellement le choix. Par contre, en dehors des frontières de l’Europe, c’est plutôt la marginalité, l’échec. L’Amérique du Nord, l’Asie et le Moyen-Orient montrent très peu d’intérêt. L’euro « monnaie de réserve mondiale », on en est encore loin, et certainement pas avec les bons du Trésor français.

Tout cela indique une zone euro qui fonctionne relativement en vase clos, avec des déséquilibres internes croissants (balance Target2, système bancaire malade en Italie, en Grèce, à Chypre, risque Deutsche Bank, trop de banques « too big to fail« ). Bref, rien de très rassurant pour l’épargnant français et européen.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.


Philippe Herlin  Chercheur en finance / Membre de l’équipe éditoriale de Goldbroker.com

https://www.goldbroker.fr/actualit