Lettre ouverte au président Trump sur les conséquences du 11-Septembre

Lettre ouverte au président Trump sur les conséquences du 11-Septembre

| Damas (Syrie)

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Monsieur le président,

Les crimes du 11 septembre 2001 n’ont jamais été jugés dans votre pays. C’est en tant que citoyen français ayant dénoncé le premier les incohérences de la version officielle et ouvert mondialement le débat sur la recherche des vrais coupables que je vous écris.

Lorsque nous sommes jurés d’un tribunal pénal, nous devons déterminer si le suspect qui nous est présenté est coupable ou non et, éventuellement, quelle peine doit lui être infligée. Lorsque nous avons assisté aux événements du 11-Septembre, l’administration Bush Jr. nous a affirmé que le coupable était Al-Qaïda et que la peine serait le renversement de ceux qui l’avaient aidé : les Talibans afghans, puis le régime irakien de Saddam Hussein.

Cependant quantité d’indices attestent l’impossibilité de cette thèse. Si nous étions des jurés, nous déclarerions alors objectivement les Talibans et le régime de Saddam Hussein innocents de ce crime. Bien sûr, nous ne saurions pas pour autant qui est le vrai coupable et cela nous frustrerait. Mais nous ne concevons pas de condamner des innocents d’un tel crime parce que nous n’avons pas su, ou pu, en trouver les coupables.

Nous avons tous compris que de hautes personnalités mentaient lorsque le secrétaire à la Justice et le directeur du FBI, Robert Mueller, ont révélé les noms des 19 pirates de l’air présumés. Car nous avions déjà sous les yeux les listes divulguées par les compagnies d’aviation de la totalité des passagers embarqués ; listes sur lesquelles aucun de ces suspects ne figurait.

À partir de quoi nous avons accumulé de forts soupçons vis-à-vis du « gouvernement de continuité », cette instance chargée de prendre le relai des autorités élues si celles-ci venaient à mourir lors d’une confrontation nucléaire. Nous avons émis l’hypothèse que ces attentats masquaient un coup d’État, conforme à la méthode qu’Edward Luttwak avait imaginée : maintenir l’apparence de l’Executif, mais lui imposer une autre politique.

Dans les jours qui ont suivi le 11-Septembre, l’administration Bush a pris plusieurs décisions.
-  la création de l’Office of Homeland Security et le vote d’un volumineux Code anti-terroriste rédigé longtemps à l’avance, l’USA Patriot Act. Pour les affaires que l’administration qualifie elle-même de « terroristes », ce texte suspend la Bill of Rights qui avait fait la gloire de votre pays. Il déséquilibre vos institutions. Il assure, deux siècles plus tard, le triomphe des grands propriétaires qui rédigèrent la Constitution et la défaite des héros de la guerre d’indépendance qui exigèrent qu’on lui ajoute la Bill of Rights.
-  le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, créa l’Office of Force Transformation, sous le commandement de l’amiral Arthur Cebrowski. Il présenta immédiatement un plan, conçu de longue date, prévoyant de contrôler l’accès aux ressources naturelles des pays du Sud. Il exigeait de détruire les structures étatiques et la vie sociale dans la moitié du monde non encore globalisée. Simultanément, le directeur de la CIA lança la « Matrice de l’attaque mondiale », un ensemble d’opérations secrètes dans 85 pays dont Rumsfeld et Cebrowski entendaient détruire les structures étatiques. En considérant que seuls les pays dont les économies étaient globalisées seraient stables et que les autres seraient détruits, les hommes du 11-Septembre placèrent les Forces armées US au service d’intérêts financiers transnationaux. Ils trahirent votre pays et en firent le bras armé de ces prédateurs.

Depuis 17 ans, nous voyons ce que donne à vos concitoyens le gouvernement des successeurs de ceux qui rédigèrent la Constitution et s’opposèrent sans succès à l’époque à la Bill of Rights : les riches sont devenus des super-riches, tandis que la classe moyenne a été diminuée par cinq et que la pauvreté s’est étendue.

Nous voyons aussi la mise en œuvre de la stratégie Rumsfeld-Cebrowski : de prétendues « guerres civiles » ont dévasté la quasi-totalité du Moyen-Orient élargi. Des villes entières ont été rayées de la carte de l’Afghanistan à la Libye, en passant par l’Arabie saoudite et la Turquie qui pourtant n’étaient pas, elles, en guerre.

En 2001, seuls deux citoyens US ont dénoncé les incohérences de la version bushienne, deux promoteurs immobiliers : le démocrate Jimmy Walter qui a été contraint de s’exiler, et vous-même qui êtes bientôt entré en politique et avez été élu président.

En 2011, nous avons vu le commandant de l’AfriCom être relevé de sa mission au profit de l’Otan pour avoir refusé de soutenir Al-Qaïda afin de renverser la Jamahiriya arabe libyenne. Puis, nous avons vu le LandCom de l’Otan organiser le soutien occidental aux jihadistes en général et à Al-Qaïda en particulier pour renverser la République arabe syrienne.

Ainsi les jihadistes, qui étaient considérés comme des « combattants de la liberté » contre les Soviétiques, puis comme des « terroristes » le 11-septembre, redevenaient les alliés de l’État profond qu’ils n’avaient jamais cessés d’être.

Aussi avons nous observé avec un immense espoir votre action pour supprimer un à un tous les soutiens aux jihadistes. C’est avec le même espoir que nous vous voyons aujourd’hui dialoguer avec votre homologue russe afin de rétablir la vie au Moyen-Orient dévasté. Et c’est avec une inquiétude équivalente que nous voyons Robert Mueller, devenu procureur spécial, poursuivre la destruction de votre patrie en s’attaquant à votre fonction.

Monsieur le président, non seulement vous et vos concitoyens souffrez de la dyarchie qui s’est installée dans votre pays depuis le coup d’État du 11-Septembre, mais le monde entier en est victime.

Monsieur le président, le 11-Septembre n’est pas une histoire ancienne. C’est le triomphe d’intérêts transnationaux qui écrasent aujourd’hui non seulement votre peuple, mais l’ensemble de l’humanité qui aspire à la liberté.

Thierry Meyssan a ouvert mondialement le débat sur les vrais responsables du 11-Septembre. Il a travaillé, comme analyste politique, aux côtés d’Hugo Chavez, de Mahmoud Ahmadinejad et de Mouamar Kadhafi. Il est aujourd’hui réfugié politique en Syrie.

See : Memoranda for the President on 9/11 : Time for the Truth — False Flag Deep State Truth !, by : Kevin Barrett ; Scott Bennett ; Christopher Bollyn ; Fred Burks ; Steve De’ak ; A. K. Dewdney ; Gordon Duff ; Aero Engineer ; Greg Felton ; James Fetzer ; Richard Gage ; Tom-Scott Gordon ; David Ray Griffin ; Sander Hicks ; T. Mark Hightower ; Barbara Honegger ; Eric Hufschmid ; Ed Jewett ; Nicholas Kollerstrom ; John Lear ; Susan Lindauer ; Joe Olson ; Peter Dale Scott ; Robert David Steele ; and indirectly, Victor Thorn and Judy Wood.

http://www.voltairenet.org/article202612.html

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Washington accuse Moscou de « défendre l’assaut » syrien contre Idleb

Washington accuse Moscou de « défendre l’assaut » syrien contre Idleb

Washington – Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a accusé vendredi son homologue russe Sergueï Lavrov de « défendre l’assaut » du régime de Damas, soutenu par la Russie, contre le dernier grand fief rebelle d’Idleb, en Syrie.

« Sergueï Lavrov défend l’assaut syrien et russe contre Idleb », a-t-il déclaré sur Twitter. « Les Etats-Unis considèrent qu’il s’agit d’une escalade dans un conflit déjà dangereux », a-t-il ajouté.

« Les trois millions de Syriens qui ont déjà été contraints de quitter leur maison et sont maintenant à Idleb vont souffrir de cette agression. Ce n’est pas bien. Le monde vous regarde », a encore mis en garde le chef de la diplomatie américaine.

La province d’Idleb, dans le nord-ouest du pays en guerre, à la frontière avec la Turquie, est dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS) et une multitude de factions rebelles y sont présentes. Ce dernier grand fief insurgé est dans le viseur du pouvoir de Bachar al-Assad qui, fort du soutien aérien crucial de son allié russe depuis 2015, a accumulé les victoires et repris plus de 60% du pays.

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont récemment averti le président Assad et Moscou qu’ils ne laisseraient pas impunie toute utilisation d’armes chimiques par le régime, en cas d’offensive à Idleb.

En réponse, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait dit mercredi espérer que les pays occidentaux n’allaient « pas entraver l’opération antiterroriste » dans cette région. « Il est nécessaire de liquider cet abcès » tout en « minimisant autant que possible les risques pour la population civile », avait-il ajouté, semblant confirmer l’imminence d’un assaut.

Il avait en outre accusé les Occidentaux de « réchauffer activement » le thème d’une « soi-disant attaque chimique » qui sera imputée au gouvernement syrien.

(©AFP / 31 août 2018 15h47)

https://www.romandie.com/news/Washington-accuse-Moscou-de-d-fendre-l-assaut-syrien-contre-Idleb/949887.rom

De la Baltique à la mer Noire, Poutine au secours des pays maltraités par les États-Unis

De la Baltique à la mer Noire, Poutine au secours des pays maltraités par les États-Unis


Pas étonnant qu’un grand sommet réunissant l’Allemagne, la Russie, la France et la Turquie – notez les oubliés – soit peut-être prochainement en vue 



Pepe EscobarPar Pepe Escobar – Le 24 août 2018 – Source Russia Insider

Lorsque le président russe Vladimir Poutine, revenu de sa tournée de star au mariage de la Première ministre autrichienne Karin Kneissl, s’est présenté samedi après-midi au Palais Meseberg, au nord de Berlin, pour une rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel, cela a été une sorte de surprise. La réunion n’avait été annoncée que quelques jours auparavant.

Ils ont parlé pendant trois heures autour d’une carte aux menus variés : l’accord nucléaire iranien, l’impasse sans fin en Ukraine, l’aspect humanitaire en Syrie, le pipeline Nord Stream 2.

Angela Merkel ne fait pas partie du supergroupe Les Sanctionnés – donc elle n’est pas dans la même catégorie musicale que les multi-instrumentalistes Poutine, Xi, Rouhani et Erdogan. Elle n’a été que taxée par l’acte du soliste Trump, mais pas sanctionnée. Elle n’est pas Suzi Quatro, sans parler de Joan Jett, bien qu’elle puisse s’amuser à fredonner en se baladant,  « je me déteste/de t’aimer », quand elle est face à Poutine. Elle ressemble plus à une doublure de la chanteuse représentant l’Estonie au concours de l’Eurovision.

Il n’est donc pas surprenant que, lorsque la véritable surprise est apparue à Meseberg, cela ressemblait vaguement à un remix du concours de l’Eurovision.

Comme l’a confirmé Asia Times par des sources diplomatiques, un sommet avec l’Allemagne, la Russie, la France et la Turquie est en cours. Appelez cela une Eurovision élargie – avec la Turquie incluse en raison de son adhésion – chancelante – à l’OTAN.

Ostensiblement, le sommet concernerait la Syrie – selon le Kremlin. Mais ça ne suffit pas à convaincre, car la Syrie est déjà traitée en détail à Astana par la Russie, l’Iran et la Turquie.

Pourtant, lorsque les groupes Les Sanctionnés et Les Taxés se partagent la scène, ils incarnent un défi au soliste Trump. L’idée de grouper ces têtes d’affiche exceptionnelles est venue du membre leader de Led Zeppelin, Robert Plant, transfiguré en la personne d’Erdogan, avec même une date pour le concert – le 7 septembre. Une Merkel toujours prudente a admis, a minima, que le sommet « pourrait avoir du sens – il doit être bien préparé, donc il n’y a pas encore de date. »

Le fait est que les sherpas multinationaux y travaillent déjà. Parallèlement, les ministres des finances de la Turquie et de la France ont non seulement accepté de faire face aux sanctions imposées à la Turquie, mais ont également proposé une coopération économique bilatérale accrue. Le Roi Soleil Macron meurt d’envie de se voir intronisé vedette du groupe Les Taxés avec un disque de platine.

Je stream, tu streams, nous Nord-Streamons tous

Du point de vue de la Russie, le jeu très complexe va bien au-delà d’un nouveau concours de l’Eurovision. Il s’agit de la bataille géopolitique pour l’intermarium – entre la Baltique et la mer Noire.

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Poutine a tenu à souligner que le Nord Stream 2 est un « projet purement économique » de 9,5 milliards d’euros (10,8 milliards de dollars), ce qui ne signifie pas nécessairement que le transit de gaz à travers l’Ukraine sera interrompu : « Je connais la position de la chancelière fédérale. Tout ce qui compte pour nous, c’est que ce transit soit économiquement réalisable … et qu’il ait un sens économique. »

Gazprom – partenaire du Nord Stream 2 avec d’autres géants de l’énergie de l’Europe occidentale – avait déjà conclu en 2015 qu’un transit en Ukraine n’avait aucune valeur économique. Mais Merkel, après avoir tant investi dans le scénario Maïdan, reste de marbre : même après la mise en ligne du Nord Stream 2, elle insiste sur le fait que l’Ukraine « devrait jouer son rôle dans le transit du gaz vers l’Europe ».

Poutine est toujours obligé de faire preuve d’une patience digne de Lao Tzeu pour expliquer, une fois de plus, la charade de l’Ukraine : « Dans le contexte du règlement de la crise ukrainienne, qui, malheureusement, ne progresse pas du tout, nous sommes enclins à souligner l’absence d’alternative à la mise en œuvre des accords de Minsk, à noter notre intérêt à travailler dans le cadre du format Normandie et du groupe de contact, notre volonté de continuer à coopérer avec la mission spéciale de surveillance des Nations Unies. »

Kiev sabote les accords de Minsk sans arrêt – et c’est pourquoi il n’y a pas de cessez-le-feu stable, comme le reconnaît même Mme Merkel.

Donc, Poutine a dû revenir à l’évidence : Nord Stream 2 « permettra d’améliorer le système de transport de gaz européen, de diversifier les voies d’approvisionnement et de minimiser les risques de transit et, surtout, de répondre à la demande énergétique croissante de l’Europe. »

Le Nord Stream 2 – depuis la Russie le long du fond de la mer Baltique jusqu’aux côtes allemandes – devrait être prêt à la fin de 2019. Le nouveau gazoduc double la capacité du Nord Stream et suit le même itinéraire. Selon un récent sondage, le Nord Stream 2 a été approuvé par 66% des Allemands. Ainsi, le rêve du soliste Trump, qui veut que les Européens achètent de « grandes quantités » de gaz naturel liquéfié (GNL) fabriqué aux États-Unis, ressemble maintenant autant à un mirage qu’à une résurrection des Pink Floyd.

Je vois une mer et je veux qu’elle soit peinte en noir

La question du Nord Stream 2 prouve que Poutine et Merkel sont largement d’accord sur la géo-économie en mer Baltique. Ils sont aussi d’accord pour préserver le JCPOA, également connu sous le nom d’accord nucléaire iranien. Et pourtant, Merkel ajoute une condition qui vient directement de Washington : l’Allemagne « suit les activités de l’Iran avec inquiétude, que ce soit le programme de missiles ou la situation en Syrie. » Vous pouvez amener la fille à refuser des taxes exceptionnelles, mais vous ne pouvez pas éradiquer l’exceptionnalisme de la fille.

La vision préférée de la Syrie quand Les Sanctionnés rencontrent Les Taxés est maintenant humanitaire, ce qui est nettement moins contentieux que creuser pour savoir qui a réellement gagné la guerre, pourquoi et comment.

Poutine a souligné qu’il y a des millions de réfugiés syriens en Jordanie, au Liban et en Turquie, et qu’ils sont « potentiellement un énorme fardeau » pour l’Europe : « C’est pourquoi nous devons tout faire pour que ces gens rentrent chez eux » et restaurer les « services de base » tels que les soins de santé ou l’approvisionnement en eau. Et « Je pense que tout le monde s’intéresse à cela, y compris l’Europe », reconnaît Mme Merkel.

Et puis il y a la superstar du groupe Les Sanctionnés, Erdogan et ses coups de sang imprévisibles : « [Je suis] Le marteau des dieux/Nous allons conduire nos navires vers des terres nouvelles/Combattre la horde, chanter et crier/Paradis, me voilà ! ».

Le renflouement de la Turquie par le FMI ne se produira tout simplement pas. Erdogan ne peut pas le vendre à son public local. Les options à l’horizon s’appellent le Qatar – des investissements de 15 milliards de dollars déjà engagés – et la Chine – prête à renforcer la connexion de la Turquie à l’Initiative des nouvelles routes de la soie (BRI).

Pendant l’administration Obama, la guerre froide 2.0 a été lancée contre la Russie en transportant l’ancien rideau de fer à travers l’intermarium, de la Baltique à la mer Noire. L’Ukraine antirusse post-Maïdan, qui borde la mer Noire, constitue un élément central de la stratégie.

Or, la Turquie fournit à Moscou l’ouverture parfaite pour briser l’échiquier géopolitique et détruire l’offensive concertée – qui comprend des éléments essentiels, depuis l’impitoyable extension de l’OTAN jusqu’aux sanctions d’une guerre économique déchaînée.

Ce qui se passe en Turquie a des effets sur un groupe de banques européennes exposées à la dette d’Ankara et à une contagion possible aux marchés émergents. Le cœur de l’action concerne la mer Noire.

Le rôle principal d’un Kiev anti-russe est de briser l’expansion de l’Union économique eurasiatique (UEE). Le rôle principal de la Turquie au sein de l’OTAN est de briser l’intégration de l’Eurasie dans son ensemble, en particulier le croisement complexe entre BRI (Initiative des routes de la soie), l’EAEU et l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai).

La catastrophe « des rebelles modérés » en Syrie a contrecarré le plan de Washington de contenir la Russie hors de la Méditerranée orientale. La Crimée revenant en Russie a contrecarré la stratégie de Washington visant à contrôler la mer Noire. Même la doublure de la chanteuse estonienne de l’Eurovision, Merkel, commence à avoir un aperçu des complexités inhérentes au front unifié Syrie-Ukraine.

Tout le mystère du groupe Les Sanctionnés se développera autour du thème de sa capacité à jouer sa propre partition, en tant que super groupe, et comment. Le mouvement d’échec ultime du multi-instrumentaliste russe pourrait être de rendre la Turquie au minimum indifférente à l’OTAN – et d’instaurer en Mer Noire une cohabitation russo-turque. Paint it Black, entendez-vous l’écho des Rolling Stones  aux abords du Kremlin ?

Pepe Escobar

Traduit par jj, relu par Cat, vérifié par Diane pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/de-la-baltique-a-la-mer-noire-poutine-au-secours-des-pays-maltraites-par-les-etats-unis

 

Parti Démocrate, vassaux et impérialisme

Parti Démocrate, vassaux et impérialisme

Publié le 31 Août 2018 par Observatus geopoliticus in Etats-Unis, Histoire

Alors que ça chauffe autour d’Idlib et que les boxeurs se préparent à un jet d’éponge chimique qui n’arrêtera néanmoins pas le combat, penchons-nous pacifiquement (quoique…) ce soir sur un thème tout différent.

Ce petit billet part d’un article du National Interest à propos des relations américano-indiennes. L’auteur aborde la question par un biais original, analysant les liens entre Washington et New Delhi à l’aune de leurs votes convergents ou divergents à l’ONU. La conclusion est que, derrière les belles paroles de partenariat – et même si un certain rapprochement a eu lieu depuis deux décennies, comme nous l’expliquions à propos du sommet 2016 des BRICS -, les deux pays ont emprunté des chemins relativement éloignés (80% de votes divergents !)

Plus intéressant encore, est mis en graphique le vote de plusieurs autres pays :

Certes, il s’agit des votes à l’Assemblée générale (alors que les décisions les plus importantes sont prises au Conseil de sécurité) ; certes, ces consultations portent parfois sur des questions mineures… m’enfin, il est intéressant de constater que, sans surprise, Inde, Russie et Chine s’opposent régulièrement à l’empire. A ce titre, New Delhi est encore plus rebelle que Moscou, ne dépassant jamais les 20% de vote commun.

Affinons maintenant la recherche en mettant en parallèle le vote des pays européens et les administrations américaines qui se sont succédées au pouvoir :

Là non plus, aucune surprise, les vassaux sont plus obéissants et soumis lorsque le parti Démocrate est au pouvoir. Car contrairement à l’impérialisme plus franc et à rebrousse-poil des Républicains, le parti à l’âne (ça ne s’invente pas) est plus subtil dans son agressivité étrangère, faisant participer ses inféodés à la grande fête guerrière au sein de « coalitions du Bien et de la Démocratie » (défense de rire). Le « lead from behind » d’Obama entre dans cette ligne, où les toutous britanniques et français ont fait le travail de l’oncle Sam en Libye et, en partie, en Syrie. Et pour convaincre les derniers récalcitrants, quelques symboles bien politiquement corrects – un noir, une femme – emporteront l’adhésion des euronouilles, bien plus préoccupés de la forme que du fond.

Car le fond du parti Démocrate est, et a toujours été belliqueux. Les historiens savent qu’entre 1945 et 1990, toutes les guerres ont été déclenchées par des administrations Démocrates et terminées par des administrations Républicaines. C’est un président Démocrate (Truman) qui a balancé deux bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, c’est toujours lui qui est intervenu dans la meurtrière guerre de Corée (1950-1953), ce sont deux autres Démocrates (Kennedy et Johnson) qui ont déclenché la guerre du Vietnam.

A l’inverse, ce sont quelques Républicains avisés qui ont mis fin à ces conflits dévastateurs, parmi lesquels Eisenhower, commandant suprême des alliés pendant la Seconde Guerre Mondiale et connaissant personnellement les horreurs de la guerre. Non seulement il a mis un terme aux hostilités en Corée mais nous avertissait, lors de son fameux discours d’adieu de janvier 1961, sur le danger du complexe militaro-industriel. A revoir sans modération :

Syrie: Lavrov espère que les Occidentaux ne vont pas « entraver l’opération antiterroriste » à Idleb

Syrie: Lavrov espère que les Occidentaux ne vont pas « entraver l’opération antiterroriste » à Idleb

Moscou – Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré mercredi espèrer que les pays occidentaux ne vont pas « entraver l’opération antiterroriste » à Idleb, dernière région syrienne échappant au contrôle des forces gouvernementales.

« J’espère que nos partenaires occidentaux ne vont pas encourager des provocations, ne vont pas entraver l’opération antiterroriste » à Idleb, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse avec son homologue saoudien Adel al-Joubeir, alors que le régime de Damas ambitionne de reprendre la région.

Le sort de la province d’Idleb a suscité ces derniers jours l’inquiétude des Occidentaux, qui ont mis en garde mardi contre les « conséquences catastrophiques » d’une offensive militaire, à l’occasion d’une réunion consacrée à la situation humanitaire en Syrie à l’ONU.

M. Lavrov a en outre accusé les Occidentaux de « réchauffer activement » le thème d’une « soit-disant attaque chimique » qui sera imputée au gouvernement syrien.

La région d’Idleb (nord-ouest), frontalière de la Turquie, est dominée à 60% par Hayat Tahrir al-Cham (HTS, formé de membres de l’ex-branche d’Al-Qaïda) et compte également une multitude de groupes rebelles.

Une offensive du régime y semble imminente mais dépend aussi d’un accord avec la Turquie, parrain traditionnel des rebelles, les tractations entre Moscou et Ankara s’étant intensifiées ces dernières semaines.

« Il y a une compréhension politique totale entre Moscou et Ankara: il est urgent de dissocier ce qu’on appelle l’opposition modérée des terroristes et de préparer une opération contre eux, en minimisant autant que possible les risques pour la population civile », a assuré M. Lavrov mercredi.

« Dans tous les cas, il est nécessaire de liquider cet abcès », a-t-il ajouté.

Les médias russes ont rapporté que la Russie avait renforcé ces derniers jours sa présence militaire au large de la Syrie, par crainte de frappes des Occidentaux visant les forces de Bachar al-Assad après une « provocation » des rebelles.

Elle dispose désormais, selon la presse russe, du plus gros contingent naval au large de la Syrie depuis le début du conflit en 2011.

Mardi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a affirmé que les combattants de Hayat Tahrir al-Cham étaient « proches de mener à terme une provocation très grave » avec « l’utilisation de substances chimiques contenant du chlore » dans la région d’Idleb.

(©AFP / 29 août 2018 13h41)

https://www.romandie.com/news/Syrie-Lavrov-esp-re-que-les-Occidentaux-ne-vont-pas-entraver-l-op-ration-antiterroriste–Idleb_RP/949253.rom

Syrie : le jeu trouble du président Erdogan

Syrie : le jeu trouble du président Erdogan

Dès le début de la révolution syrienne, l’Etat turc s’est retrouvé dans une posture délicate. Pourtant prudent vis-à-vis du pouvoir en place, le gouvernement a aussi été tenté de jouer la carte de l’opposition. C’est pourquoi, la Turquie a dans un premier temps, essayé de tenir le rôle de médiateur entre le régime de Damas et l’opposition, pour convaincre Bachar al-Assad de prendre en considération les revendications de son peuple et d’engager les réformes politiques et structurelles nécessaires. Cependant, le président syrien ne prendra pas acte des recommandations faites par Ankara. Dans le même temps, le président Erdogan continua lui à développer ses relations avec l’opposition.

Recep Tayyip Erdogan profite du chaos syrien pour asseoir son autorité et son influence.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan
Portrait du président Erdogan

En août 2011, lors du massacre de Hama, la Turquie a effectué un tournant drastique dans sa vision du régime syrien, si bien que le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a été jusqu’à déclarer devant le Parlement que « négocier avec le président Assad reviendrait à serrer la main d’Hitler » [1]. De plus, Bachar al-Assad joue ouvertement la carte kurde contre la Turquie.  En effet, le président syrien va laisser une certaine liberté aux kurdes du Parti de l’union démocratique (PYD) en autorisant le retour de ses responsables en Syrie, et leur laissant ainsi la possibilité de se constituer une zone au nord du pays. La Turquie a pour ambition d’asseoir son pouvoir régional et le gouvernement de Damas en est, en quelques sortes, un frein. Dans le même temps, l’afflux de réfugiés syriens sur son sol va motiver la Turquie à s’engager contre Bachar al-Assad. Dès lors, cet engagement va se concrétiser, d’une part, par une prise de contact plus accrue avec l’opposition anti-Assad [2] (Front islamique, Armée syrienne libre, etc), et d’autre part, par la volonté de s’engager dans un islam politique par le biais des Frères musulmans, à l’aide de financements, et de la formation des combattants et responsables militaires. La Turquie va également jouer un rôle majeur de plateforme en lien avec certaines puissances régionales, comme les pays du Golfe, ou encore avec les occidentaux, qui vont soutenir une partie de l’opposition, notamment par l’envoi d’armes. Le pays va ainsi très souvent servir de zone de transit (armement, financements, ressources énergétiques) [3]. En faisant cela, il veut s’inscrire dans une stratégie qui consiste à renforcer son pouvoir politique sur la scène régionale et internationale.

Le 29 mai 2015, le quotidien turc Cumhuriyet a lâché une bombe médiatique [4]. En effet, il a rapporté dans un article que des roquettes, des munitions et des obus de mortier auraient été cachés dans des camions humanitaires traversant la frontière turque vers la Syrie. Cela signifierait donc que les services secrets turcs armeraient secrètement des groupes djihadistes syriens. Erdogan soutiendrait alors ces terroristes, dans l’espoir dissimulé de se protéger d’une autre menace, plus importante encore pour lui, les kurdes. Lorsqu’en janvier 2015, des groupes armés kurdes reprennent à l’Etat islamique (EI) la ville de Kobané, cela a été une véritable démonstration de force à quelques kilomètres seulement de la frontière turque.

Les kurdes du nord de la Syrie considérés comme la principale menace pour le régime turc

L’Etat turc a vu l’évolution de la situation des kurdes en Syrie comme une menace. La plus grande crainte d’Erdogan serait de voir cette minorité prendre la tête d’un Etat kurde indépendant à cheval entre la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran. En juillet 2015, la coalition internationale a offert à la Turquie une opportunité inespérée. En effet, poussé par les occidentaux, Erdogan a décidé d’entrer en guerre contre l’Etat islamique. Cependant, au lieu de frapper uniquement Daesh, il en a profité au passage pour bombarder son ennemi kurde.

La position turque vis-à-vis de l’EI a bien souvent été commentée. Effectivement, la Turquie a été utilisée comme une base de repli pour l’EI qui a pu laisser certains trafics s’organiser, parmi lesquels, le trafic de matières premières, comme le pétrole, ou encore le trafic d’armes mentionné plus haut. En réalité, le flou subsiste quant aux destinataires de ces armes. Étaient-elles véritablement destinées à l’Etat islamique, ou plutôt à des groupes rebelles ? La Turquie a deux ennemis communs avec l’organisation terroriste : le premier est Bachar al-Assad, et le second, les kurdes. De plus, Ankara a facilité le passage de combattants djihadistes en provenance d’Europe. En faisant cela, elle a agi comme une sorte d’autoroute sans péages, où de nombreux partisans de Daesh ont pu rejoindre, entre 2013 et 2015, l’organisation basée en Syrie, en passant les frontières turques. En réalité, la Turquie a surtout été complaisante vis-à-vis de l’Etat islamique, au moment où sa préoccupation majeure était les kurdes. En avril 2018, 6 400 soldats turcs [5] étaient engagés en Syrie.

Sources :

[1] https://www.youtube.com/watch?v=crFv2bVGOV8

[2] https://apnews.com/97e2ec0b591c4a43a319ff2fd895dc4e

[3] http://www.slate.fr/story/93195/turquie-ei

[4] https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/05/29/un-journal-turc-publie-les-images-d-armes-livrees-par-la-turquie-aux-djihadistes-en-syrie_4643354_3218.html?xtref=https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/05/29/un-journal-turc-publie-les-images-d-armes-livrees-par-la-turquie-aux-djihadistes-en-syrie_4643354_3218.html

[5] https://www.presstv.com/DetailFr/2018/01/25/550163/Afrin-16-soldats-turcs-capturs-par-les-YPG

http://les-yeux-du-monde.fr/actualite/afrique-moyen-orient/proche-moyen-orient/36865-syrie-le-jeu-trouble-du-president-erdogan

Qatar, un pays mis à l’index par la Péninsule arabe

Qatar, un pays mis à l’index par la Péninsule arabe

Par Pascal Le PAUTREMAT, le 29 août 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Docteur en Histoire contemporaine et Relations internationales. Président de la société Actiongeos

Largement compromis par ses réseaux de financement et de soutien apportés à diverses structures salafistes, à connotations jihadiste, le Qatar paie le prix fort en étant mis à l’index, depuis un an, par les autres pays de la péninsule arabe. Les monarchies du Golfe – qui ne sont pas toutes exemplaires en la matière – ont à cœur de faire en sorte que le Qatar prennent ses distances avec les mouvances radicales à connotation jihadiste.

Des informations de la BBC [1] confirment durant l’été 2018 ce que d’autres sources avaient déjà mentionné en 2017 : il semblerait que le gouvernement du Qatar ait payé une rançon exorbitante (certains disent 360 millions de dollars, d’autres 1 milliard) au groupe terroriste Al Nusra.

Pas de doute pour les voisins du Qatar pour qui les révélations de 2017 sont la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les autres monarchies du Golfe, ainsi que l’Egypte, lancent un boycott du Qatar en même temps qu’ils rompent leurs relations diplomatiques avec Doha, en juin 2017. Pour Riyad et Abou Dhabi, la mansuétude du Qatar est dangereuse et inacceptable dans une région instable où, eux-mêmes, s’appliquent à neutraliser les mouvances terroristes et leurs réseaux de soutiens transfrontaliers. Le Qatar, depuis un an, est ostracisé par les autres pays de la péninsule arabe. Les Emirats Arabes Unis, en particulier, exigent que le Qatar prenne ses distances avec les groupes radicaux qui ont bénéficié de sa complaisance.

Qatar, un pays mis à l'index par la Péninsule arabe
Qatar, Doha, la corniche
Source : wikipédia

Le Qatar, ostracisé : le prix d’une collusion avec les filières jihadistes

Les Emirats Arabes Unis condamnent fermement ces soutiens de mécènes qataris en faveur de mouvements qui ont contribué à jeter le discrédit sur le monde arabo-musulman.

Ainsi ces mécènes ont ces dernières années, dans la guerre civile et multiconfessionnelle en Syrie, contribué à la vaste déstabilisation de l’espace syro-irakien, par l’Etat islamique en I’Irak et au Levant (EIIL), apparu dès 2006 dans sa forme initiale et renommé, en 2014, Etat islamique ou Daech. En 2014, les terroristes avaient enlevé une vingtaine de ressortissants qataris venus en Irak pour une expédition de chasse. Les messages obtenus par la BBC montrent que des négociations ont eu lieu dans l’ombre, menées par Doha avec le soutien de l’Ambassadeur Qatari à Bagdad, aboutissant à un transfert important d’argent liquide. Cela provoque un véritable scandale au sein des institutions émiraties tant la mansuétude du Qatar apparait contreproductive alors que nombre de pays s’appliquent à neutraliser de tels réseaux transfrontaliers.
Soutien financier, jeu de collusion dogmatique avec le sunnisme ultra-conservateur, le jeu d’une frange qatarie n’est pas sans interrelations en faveur de la renaissance d’un califat dans la région ; renaissance voulue sciemment, par le président turc Recep Tayip Erdogan.

Jeux d’influence et de financement

Au-delà de la problématique des rançons, identifiée par Georges Malbrunot et Christian Chesnot dans leur livre enquête « Nos très chers Emirs » (éd. Michel Lafon, 2016), Abou Dhabi condamne aussi avec fermeté, le jeu de certains riches qataris en faveur de mouvements qui ont contribué à jeter le monde arabo-musulman dans le chaos. En Syrie, par exemple, où, en 2013, le Qatar reconnaissait lui-même avoir livré des systèmes d’armes létales aux rebelles salafistes. Par vases communicants, cela a contribué à la déstabilisation de l’espace syro-irakien, sous le joug de l’Etat islamique en Irak et au Levant, renommé, en 2014, Etat islamique ou Daech, et de diverses autres mouvances jihadistes.

Les griefs des voisins du Qatar sont encore plus larges. Ils accusent Doha d’intervenir tous azimuts et de mettre en place des stratégies d’ingérence déstabilisatrice. Le Qatar sait, en effet, favoriser une politique de lobbying tous azimuts, en faveur du salafisme, jusque dans les territoires urbains des métropoles européennes, en général, françaises en particulier. En 2011, le Qatar créa même un fonds spécial dédié à assurer des investissements dans les banlieues françaises, à hauteur de 100 millions de dollars, afin d’y favoriser la création d’entreprises et le financement de projets associatifs.

De même, assure-il un soutien puissant au profit du Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, tout en restant assez proche d’Israël jusqu’à l’opération « Plomb durci » en décembre 2008. Le Qatar joua aussi un rôle d’influence au profit des mouvements jihadistes de Libye, dans le sillage de la crise politique et la guerre qui marque la fin de l’ère Kadhafi.

En même temps, le Qatar, tout en étant proche des jihadistes salafistes, n’est pas réticent à tout lien aux Frères musulmans et, en Tunisie, au parti. Au point d’être vivement décrié en 2017, par l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, en raison de son jeu trouble afin de promouvoir, en Tunisie, avec Ennahda, l’envoi de jeunes en Syrien en vertu du jihad.

La duplicité du Qatar est alors fustigée par Abu Dhabi comme par l’ensemble des autres pays du Golfe.

Au cœur d’un blocus des pays arabes dont l’efficacité reste sujette à caution

Toutes ces raisons conduisent les Etats du Golfe, à savoir l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis, Bahreïn, mais aussi l’Egypte, à mettre en place, le 5 juin 2017, un embargo qui se traduit par des sanctions commerciales et diplomatiques à l’encontre du Qatar.

A priori, le blocus terrestre, maritime et aérien a des conséquences jugées, pour certaines, encourageantes. Ainsi, en matière de communication, les autorités qataries inscrivent dès lors leur chaîne internationale de télévision Al Jazeera, dans un état d’esprit de retenue et de modération. En mars 2018, le Qatar constituait même une « black list » de plusieurs dizaines de personnes identifiées comme terroristes. Parmi celles-ci figurent des Qataris eux-mêmes accusés par les autres Etats arabes.

Mais, pour le reste, les avis divergent quant à l’efficacité du blocus d’autant que le Qatar ne semble pas prêt de renoncer à ses liens avec l’Iran, malgré les vifs reproches en la matière des pays du Golfe.

En décembre 2017, l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes unis dont décidé de créer leur propre alliance politique et militaire, en signe de leur désapprobation quant au manque d’unité du CCG face au Qatar.

Un rapprochement stratégique avec l’Iran

Mis en marge au sein du Conseil de Coopération du Golfe, le Qatar opte pour la consolidation d’un partenariat avec l’Iran, en particulier pour l’exploitation d’un gigantesque gisement gazier off-shore (North Dome). Ce qui se traduit, d’ici mars 2019, par l’installation de six nouvelles plateformes d’extraction.

Les liens de Doha, avec les pays européens et des Etats-Unis – qui disposent d’une base aérienne à Al-Udeid jusqu’en 2023, tout comme ses relations étroites avec les régimes islamistes comme le Soudan et la Turquie, rendent le Qatar, pour Abou Dabi, suspect à bien des égards. Sans oublier sa stratégie de placement à l’international de ses fonds souverains qui font que le petit émirat qatari maîtrise parfaitement les logiques stratégiques du marketing diplomatique, en Europe comme aux Etats-Unis via son fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA).

En juin 2018, les tensions semblent en tout cas persister, d’autant que le Qatar doit prochainement être équipé d’une système antimissiles à base de S-400 russes, ce qui n’est pas pour rassurer la monarchie saoudienne ni les autorités émiraties.

Reste à savoir si la bienveillance de pays tels que la France ou la Grande-Bretagne – dont on connaît l’intérêt pour les ressources (pétrole et gaz) et leurs productions et les partenariats financiers – à l’égard du Qatar va perdurer, ou si, à l’inverse, le Qatar tient à changer de positionnement en profondeur. Quelle va être la position des Etats-Unis sur ce dossier, dans la mesure où l’armée américaine dispose de sa base d’Al-Udeid (près de 10 000 militaires) et à laquelle Washington n’est sans doute pas prêt à renoncer. Peut-être est-ce pour éviter toute déconvenue que Doha a ordonné, le 24 juillet 2018, des travaux d’agrandissement de la base américaine d’Al-Udeid, tout en ayant fait savoir, à Washington, qu’elle souhaitait que la présence américaine devienne permanente.

Cela ne pourra se vérifier que sur le moyen et long terme. Dans l’immédiat, selon des sources internes au ministère qatari des Affaires étrangères, le Qatar se préparerait à un durcissement du blocus des Etats voisins, au fur et à mesure que se rapproche la Coupe du monde de football de 2022. Une situation qui n’altère pas les négociations qataro-russes portant sur l’achat de systèmes d’armes à la Russie, au grand dam de l’Arabie saoudite qui estime qu’in fine, la sécurité de son espace aérien pourrait être menacée.

Sur le champ économique stricto sensu, le Qatar témoigne par ailleurs d’une volonté stratégique de diversification de ses activités afin de se soustraire progressivement à la dépendance aux hydrocarbures qui lui assurent près de 70% du budget étatique, et mise clairement sur la production d’énergie solaire et la tertiarisation. Le pays s’applique ainsi à trouver de nouveaux partenaires, tant en Afrique qu’en Asie (Inde, Chine) pour attirer les investisseurs étrangers tout en y développant des partenariats industriels.

Août 2018-Pautremat/Diploweb.com

T.C.-57 : l’étrange démission

T.C.-57 : l’étrange démission

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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T.C.-57 : l’étrange démission

28 août 2018 – Je ne vais certainement pas mettre la France du président-en-cours au milieu de la folie tourbillonnante de notre étrange époque, d’ailleurs aucune entité cohérente ne mériterait un tel honneur qui est aussi un fardeau insupportable. D’ailleurs, la France n’est pas une “entité cohérente”… Alors, son ministre de “la transition écologique” (l’écologie “en marche” si vous voulez) annonce tout de même sa démission sans avertir personne, sinon le peuple de France à l’écoute de France-Inter, à 08H32 je crois.

Tout cela est un théâtre direz-vous, ou mieux sinon pire, du très-mauvais théâtre ; la démission, les conditions de la démission, les réactions à la démission, du convenu, du déjà-vu. D’une certaine façon, vous n’avez pas tort, car dans ce Système de tels jugements ne peuvent être faux. Cela dit, d’une certaine autre façon vous n’avez pas tout à fait raison, car il y bien autre chose que du théâtre.

Pourquoi n’a-t-il pas averti le président et le premier ministre ? Hulot explique qu’il n’a averti personne, même pas sa femme. Ah si : lui, il était au courant (“Ce fut une décision de moi avec moi”, dit-il à peu près). Il semble que ce soit une réunion, hier en fin d’après-midi, qui l’ait décidé, comme le buveur qui atteint la lie du calice et en goûte l’âpreté catastrophique : il rencontrait le président, et voilà qu’il se retrouve avec un monsieur participant à la rencontre, un lobbyiste des chasseurs, un nommé Thierry Coste. Alors, il demande au président, en aparté suppose-t-on, pourquoi monsieur Coste est là, et il aurait obtenu l’étrange réponse suivante de ce même président : « Je ne comprends pas comment il est entré ». S’il est parti, c’est qu’il ne supporte plus « la présence des lobbies dans les cercles du pouvoir ».

« C’est symptomatique de la présence des lobbies dans les cercles du pouvoir, dit encore Hulot. Il faut à un moment ou un autre poser ce problème sur la table parce que c’est un problème de démocratie : qui a le pouvoir, qui gouverne ? » C’est une intéressante question, bien qu’un esprit candide pourrait la juger étrange, venue d’un homme qui se trouvait à un poste de pouvoir. (Mais Hulot fait la remarque, peut-être étrange, qu’à la place de pouvoir qu’il occupait il n’avait aucun pouvoir.)

Hulot quitte ce gouvernement dans de si étranges conditions, parlant avec une grande émotion tandis que tout le monde vacille sous la surprise, et en précisant étrangement qu’il n’a rien à reprocher ni au premier ministre, ni au président, parce que le responsable c’est “le gouvernement” : « Le Premier ministre, le président de la République, ont été pendant ces 14 mois à mon égard d’une affection, d’une loyauté et d’une fidélité à toute épreuve. Mais malgré cela, le gouvernement n’a pas su donner la priorité aux enjeux environnementaux. »

Une ou deux heures après ce départ, finalement plus étrange que surprenant, “l’Élysée” fait savoir que Nicolas Hulot peut être « fier de son bilan », et qu’en 14 mois (le temps passé par Hulot à la tête de “l’écologie en marche”), « le bilan de ce gouvernement [donc de Hulot] en matière d’environnement est le meilleur depuis de nombreuses années ». Le premier ministre a dit qu’il remerciait Hulot pour son travail, qu’il avait été « important au sein de ce gouvernement » et que lui-même, Philippe comme il s’appelle, avait « aimé travailler avec lui [Hulot] »

Je fais un coq à l’âne… Hier soir, sans m’aviser du dilemme terrible quoiqu’étrange que Hulot tranchait avec lui-même à ce même moment, je regardais une émission documentaire de 2013 sur les conditions dans lesquelles on avait décidé, à Washington, l’attaque contre l’Irak après l’attaque du 11-septembre attribuée aux islamistes d’Al Qaïda. Un monsieur Robert Clarke, qui dirigeait alors la lutte contre-terroriste, assistait à la réunion secrète qui décida de l’attaque, avec tout le cabinet et le président. Il était stupéfait de cette idée parce que Saddam était l’archi-ennemi des islamistes, et il remarqua au milieu d’un étrange silence : attaquer l’Irak pour riposter au 11-septembre, « c’est comme si vous attaquiez le Mexique après Pearl Harbor ». L’étrange silence se poursuivit parce que personne ne releva cette remarque. Dix ans plus tard, pour le documentaire en question, monsieur Robert Clarke fait ce commentaire : « J’ai alors senti que je me trouvais dans le ventre de la Bête. »

Bien entendu, je ne fais aucun parallèle, nulle analogie, je m’en tiens au seul domaine du symbole dans cette époque si étrange qui a vraiment commencé avec l’attaque du 11-septembre… L’étrange, finalement, c’est que quelque mot que vous employiez, “le gouvernement”, “le pouvoir”, “la Bête”, c’est toujours la même circonstance que vous désignez. Cet effondrement des capacités humaines dans la direction des affaires, – que ce soit pour l’influence ou le jugement au profit des manigances et de l’impuissance, – relève d’un même phénomène qui nous emporte tous. Nous le savons bien, nous le sentons de toutes nos perceptions malgré la lutte désespéré d’une raison bien subvertie pour rationnaliser tous ces avatars sous forme de trahison, de complots, de découragement, de paralysie. C’est pour cette raison que nous parlons de “tourbillon crisique” et de Grande Crise de l’Effondrement, parce que notre civilisation ne peut plus rien pour elle-même, qu’elle s’est faite contre-civilisation pour mieux en finir, comme Hulot avec sa décision “de moi avec moi”.

http://www.dedefensa.org/article/tc-57-letrange-demission

La Russie dénonce la dyarchie à l’Onu et aux États-Unis

La Russie dénonce la dyarchie à l’Onu et aux États-Unis

Rendant possible le développement chez eux de la propagande et l’embrigadement vers la guerre, les pays occidentaux se dotent inexorablement d’une censure sur Internet. Dans ce contexte, une tension extrêmement violente divise profondément la scène internationale. Constatant le risque accru d’une confrontation générale, Moscou tente de dégager des interlocuteurs crédibles à l’Onu et aux États-Unis. Ce qui se passe actuellement n’a pas d’équivalent depuis 1938 et peut dégénérer de la même manière.

| Damas (Syrie)

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Lors d’une conférence de presse, le 20 août à Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé les instructions données par le secrétariat général de l’Onu à toutes ses agences leur interdisant de participer de quelque manière que ce soit à la reconstruction de la Syrie.

Il faisait référence à un document intitulé Parameters and Principles of UN Assistance (Paramètres et principes de l’assistance des Nations unies) rédigé, en octobre 2017, par le directeur des Affaires politiques et numéro 2 de l’Onu de l’époque, Jeffrey Feltman.

On peut y lire précisément : « Les Nations unies seront prêtes à aider à la reconstruction de la Syrie uniquement lorsqu’une transition politique globale, authentique et inclusive, négociée par les parties syriennes au conflit, sera fermement engagée » [1].

Ce texte est contraire aux objectifs des Nations unies, mais défendu par son secrétariat général. Jamais les États membres de l’Onu n’ont été associés à sa rédaction, ni même informés de son existence. Il correspond au point de vue des gouvernements du Royaume-Uni et de la France, mais pas à celui des États-Unis.

M. Lavrov a déclaré avoir demandé des éclaircissements au secrétaire général, le socialiste portugais António Guterres.

C’est à ma connaissance la première fois qu’un État membre du Conseil de sécurité met en cause un document politique interne du secrétariat général. Ce problème n’est pourtant pas nouveau. Fin 2015, la Russie avait eu connaissance d’un ensemble de documents internes de l’Onu, connus comme le « Plan Feltman pour la Syrie » [2]. Il s’agissait d’un projet détaillé de capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne, plus drastique encore que celui imposé par le général McArthur au Japon [3].

Moscou s’était alors trouvé dans une situation très délicate. S’il rendait publics ces documents, la crédibilité de l’Onu au service de la paix en aurait été détruite et il aurait dû proposer de nouvelles institutions intergouvernementales pour la remplacer. Vladimir Poutine décida prudemment de conserver le secret, de négocier avec Barack Obama et de sauver l’Onu.

Cependant, dans la pratique, rien n’a changé : Feltman a été reconduit dans ses fonctions par Guterres et a produit à nouveau un document pour saboter la paix. Il est aujourd’hui remplacé par sa compatriote US, Rosemary DiCarlo, qui n’a pas infirmé ses instructions.

La Russie ne se contentera pas cette fois d’excuses et de propos dilatoires. Mais Guterres est-il le supérieur effectif de DiCarlo ou existe-t-il une double hiérarchie au sein de l’Onu, l’une publique et favorable à la paix et l’autre, inconnue et poussant à la guerre ?

Au début de la Guerre froide, les États-Unis ont imaginé comment survivre à une attaque atomique soviétique qui aurait tué d’un coup leur président et leurs parlementaires. Le président Eisenhower nomma donc un gouvernement fantôme chargé d’assurer la continuité si une telle catastrophe survenait. Cette entité secrète fut périodiquement renouvelée par ses successeurs et existe encore aujourd’hui.

Depuis dix-huit ans, je défends la thèse selon laquelle les États-Unis ne sont plus gouvernés par leur président et leur Congrès, mais par cette entité de remplacement. M’appuyant sur des documents officiels US, j’ai interprété les attentats du 11-septembre 2001 comme un coup d’État opéré par cette instance non élue. Craignant que je conteste l’idéal démocratique, mes contradicteurs ont rejeté mes travaux en bloc sans vraiment les discuter, ni même les lire.

On pourrait croire qu’après le second mandat de George Bush Jr. et ceux de Barack Obama ce débat est devenu obsolète. Pourtant, durant sa campagne électorale, Donald Trump a dénoncé l’existence de cet « État profond » qui, selon lui, ne servirait plus les intérêts du peuple, mais ceux de la Finance transnationale.

Bien sûr, aucun État étranger n’a pris de position publique sur une question qui relève de la politique intérieure et de la souveraineté US. Sauf que, la semaine dernière, le président Vladimir Poutine s’est engagé dans cette voie. Commentant, le 22 août —c’est-à-dire deux jours après l’intervention publique de son ministre des Affaires étrangères contre l’Onu—, les sanctions de Washington contre son pays, il a déclaré : « Et ce n’est pas seulement la position du président des États-Unis qui compte. C’est la position de l’institution qui prétend être l’État, de la classe dirigeante au sens large du terme. J’espère que la prise de conscience que cette politique n’a pas d’avenir atteindra un jour nos partenaires et que nous commencerons à coopérer de manière normale » [4].

Oui, vous avez bien lu. Le président Poutine affirme qu’il n’y a pas un Pouvoir, mais deux aux États-Unis. Le premier est composé par les élus du Congrès et la présidence, le second est illégitime et parfois plus puissant.

En deux jours, la Fédération de Russie a mis en cause la cohérence des Nations unies et celle des États-Unis.

Malheureusement, ceux qui n’ont toujours pas analysé les événements du 11-septembre, ni tiré les conclusions des guerres qui suivirent, en restent à la vulgate officielle. Ils interpréteront probablement la position russe comme une machination visant à perturber les démocraties occidentales.

Du point de vue de Moscou, il faut terminer au plus tôt la guerre d’agression —par jihadistes interposés— contre la Syrie et lever les sanctions unilatérales des États-Unis, du Canada et de l’Union européenne contre la Russie. Le problème auquel nous devons tous faire face n’est pas la défense de la démocratie, mais le danger de guerre.

Une hiérarchie parallèle, dépourvue de toute légitimité, à New York et à Washington, entend plonger le monde dans un conflit généralisé.

Source
Al-Watan (Syrie)

[1] “The UN will be ready to assist in the reconstruction of Syria only when a comprehensive, genuine and inclusive political transition, negotiated by the Syrian parties in the conflict is firmly under way”

[2] “Draft Geneva Communique Implementation Framework”, “Confidence Building Measures”, “Essential Principles”, “Representativness and Inclusivity”, “The Preparatory Phase”, “The Transitional Governing Body”, “The Joint Military Council and Ceasefire Bodies”, “The Invitation to the International Community to Help Combat Terrorist Organizations”, “The Syrian National Council and Legislative Powers during the Trasition”, “Transitional Justice”, “Local Governance”, “Preservation and Reform of State Institutions”, “Explanatory Memorandum”, “Key Principles revealed during Consultations with Syrian Stake-holders”, “Thematic Groups”.

[3] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[4] « И дело не только в позиции Президента Соединённых Штатов, дело в позиции так называемого истеблишмента – правящего класса в широком смысле этого слова. Надеюсь, что осознание того, что эта политика не имеет перспектив, всё-таки когда-нибудь придёт к нашим американским партнёрам, и мы начнём сотрудничать в нормальном режиме ».

http://www.voltairenet.org/article202600.html

Facebook et Twitter se vantent de censurer des informations

Facebook et Twitter se vantent de censurer des informations

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Facebook et Twitter ont déclaré avoir censuré des informations diffusées par des groupes liés à l’Iran et à la Russie.

Selon les deux sociétés, il s’agirait de fausses nouvelles (fake news). Cependant, elles ne donnent ni connaissance de l’identité de ces comptes, ni de leurs contenus, ce qui rend impossible de juger par soi-même la légitimité de cette censure et qui prive les personnes sanctionnées de tout recours.

Historiquement, les États-Unis ont adopté le principe de liberté totale d’expression (y compris pour les fausses nouvelles et les discours de haine) à travers le 1er amendement de leur Constitution. Il s’agissait de ne pas reproduire la censure, et pire le recours au secret de ce qui avait été censuré, qui avait notamment caractérisé le Saint-Office ou Inquisition.

Simultanément, le Washington Post révèle que Facebook note les internautes qui lui signalent des contenus mensongers [1]

Ce procédé est exactement le même que celui du « crédit social » mis au point par la République populaire de Chine et qui soulevait jusqu’ici de fortes critiques en Occident.

En outre, Facebook a supprimé 5 000 options permettant à ses annonceurs de cibler leur clients. Après le scandale révélé par le secrétariat US au Logement, il s’agit de prévenir les filtrages sur des bases politiques, religieuses ou ethniques.