Affaire Benalla. Porte close, coffre disparu, ménage d’un « ami »… Récit d’une perquisition surréaliste

Affaire Benalla

Affaire Benalla. Porte close, coffre disparu, ménage d’un « ami »… Récit d’une perquisition surréaliste

Alexandre Benalla (gauche) et Emmanuel Macron (droite) lors du salon de l'agriculture, le 24 février 2018.
Alexandre Benalla (gauche) et Emmanuel Macron (droite) lors du salon de l’agriculture, le 24 février 2018. | STEPHANE MAHE / AFP

Le 21 juillet, les enquêteurs en charge de l’affaire Benalla se rendent au domicile de l’ancien collaborateur de l’Élysée, à Issy-les-Moulineaux. Trouvant porte close, et devant l’absence de coopération d’Alexandre Benalla, présent avec eux, ils décident de poser un scellé sur la porte, et de revenir le lendemain. Entre-temps, le coffre évoqué par le chargé de mission durant sa garde à vue disparaît. Récit d’une perquisition surréaliste.

La série de l’été est décidément inclassable. Tantôt policière, à suspense, dramatique, parfois comique sur les réseaux sociaux, l’affaire Benalla a pris à d’autres moments des teintes surréalistes. Ce fut le cas à l’occasion de la perquisition de l’appartement du mis en examen. Les premiers éléments de l’enquête judiciaire ont livré un récit ubuesque de cet épisode.

Manque de coopération

Le 21 juillet, aux alentours de 20 h, les policiers se rendent au domicile d’Alexandre Benalla, en sa présence (et durant sa garde à vue), pour procéder à une perquisition. L’ancien chargé de mission habite à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), n’ayant pas encore investi l’appartement du Quai Branly mis à sa disposition par l’Élysée. Une fois arrivés sur les lieux, les enquêteurs se retrouvent face à une porte fermée.

Problème : ils ne disposent pas du matériel nécessaire pour la forcer. Dans l’impossibilité d’obtenir les clefs d’Alexandre Benalla, et face au refus de ce dernier, selon l’AFP, de joindre sa compagne, les policiers sont contraints de reporter l’opération. Ils apposent un scellé (un simple autocollant, dont la présence ne suffit pas à empêcher l’accès) sur la porte, et reviennent le lendemain matin.

Cette fois, une unité spécialisée dans l’ouverture de porte est présente. La police pénètre les lieux. Alexandre Benalla, lui, est toujours présent. Son appartement livre quelques éléments. Une autorisation de port d’armes, délivrée par la préfecture de police, qui sera au cœur des débats quelques jours plus tard, durant les auditions parlementaires. Deux gyrophares, dont un de couleur bleue, « se rapprochant plus des gyrophares agréés police » selon un PV que s’est procuré l’AFP. Des clés, sur un porte-clés de l’Assemblée nationale.

Coffre disparu et ménage d’un « ami »

En revanche, et comme l’avait révélé le Canard enchaîné, aucune trace du coffre-fort évoqué par Alexandre Benalla durant sa garde à vue. Ce coffre devait contenir ses armes, trois pistolets et un fusil, pour lesquelles il avait assuré avoir « des autorisations », selon une information du Monde.

Le journal du soir relate ensuite un échange avec un enquêteur : « Pouvez-vous nous dire où se trouvent cette armoire et ces armes ? ». « Aucune idée, répond le gardé à vue. Elle a dû être emmenée dans un lieu sûr par une personne, mais ce n’est pas moi qui me suis occupé de cela. » Plus tard, face à un magistrat, l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron se fait plus loquace mais toujours aussi flou. Selon l’Obs, il déclare avoir demandé à « un ami » de « mettre en lieu sûr » tout ce qui pouvait être volé, et notamment les armes.

À chaque fois, Alexandre Benalla évoque un « souci de sécurité et responsabilité ». Son appartement ayant été « identifié par les journalistes », il ne pouvait pas se permettre de laisser ses armes sans surveillance. Des armes ont finalement été ramenées à la justice, le 30 juillet. Mais huit jours se sont donc écoulés entre cette restitution et la perquisition, et le contenu exact de l’armoire reste inconnu.

Une perquisition suspecte pour les policiers

Pour le syndicat de policiers Vigi, déjà partie civile dans l’affaire, cette perquisition est problématique. Selon plusieurs médias, l’avocat du syndicat, Yassine Bouzrou, a demandé aux juges d’instruction d’étendre leur enquête aux conditions de cette perquisition. Le scellé posé par les policiers est notamment mis en avant, puisqu’il ne garantissait en rien l’inviolabilité de l’appartement, et a pu être replacé dans la nuit du 21 au 22 juillet.

Plus globalement, c’est l’idée d’un « ménage effectué » par ce mystérieux « ami » qui inquiète l’avocat. Dans son courrier aux magistrats, que s’est procuré l’AFP, il déclare notamment : « Il est permis de penser que le coffre contenant les armes a été déplacé durant la nuit ayant précédé la perquisition reportée par les enquêteurs. […] Il est permis de s’interroger sur le fait de savoir si certaines de ces armes ont été supprimées ».

Et l’avocat de rajouter que le déplacement de ce coffre est susceptible de constituer un délit. Une nouvelle pierre dans le jardin d’Alexandre Benalla, et, peut-être, du gouvernement, qui espérait que le rejet des motions de censure à l’Assemblée serait le dernier épisode de cette affaire.

https://www.ouest-france.fr/politique/affaire-benalla/affaire-benalla-porte-close-coffre-disparu-menage-d-un-ami-recit-d-une-perquisition-surrealiste-5907158?utm_source=neolane_of_newsletter-generale_mediego&utm_campaign=of_newsletter-generale&mediego_ruuid=4d9b2dae-c61e-4719-9d54-1336a2a38177_5&mediego_euid=1752223&mediego_campaign=20180803_email_html&utm_medium=email&utm_content=20180803&vid=1752223

 

 

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