Londres, Paris et Tel-Aviv seront-ils sanctionnés par Moscou et Washington ?

Londres, Paris et Tel-Aviv seront-ils sanctionnés par Moscou et Washington ?

L’affrontement qui vient d’avoir lieu à Lattaquié peut déboucher sur une redistribution complète des cartes dans le monde. Pour deux raisons, dont la seconde est cachée au public occidental. Premièrement, elle a coûté la vie à 15 soldats russes ; deuxièmement, elle implique non seulement Israël, mais aussi le Royaume-Uni et la France. Il s’agit de la crise potentiellement la plus dangereuse depuis plus de 60 ans. La question qui se pose maintenant est de savoir si le président Trump, en pleine campagne électorale législative, est en mesure de soutenir son homologue russe, de sorte que les États-Unis et la Russie sanctionnent les puissances coloniales comme ils le firent ensemble en 1956, lors de la crise de Suez.

| Damas (Syrie)

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Le chef d’état major de l’armée de l’Air israélienne, le général Amikam Norkin, arrive en urgence à Moscou, le 20 septembre 2018, pour présenter sa version des événements. Une fois ses preuves vérifiées et confrontées aux autres enregistrements, il s’avérera qu’Israël ment avec aplomb.

Le 17 septembre 2018, la France, Israël et le Royaume-Uni ont mené une opération commune sur des cibles syriennes. Au cours des brefs combats, un avion de reconnaissance russe a été abattu par un tir ami syrien. L’étude des enregistrements atteste qu’un F-16 israélien s’était caché derrière l’Iliouchine Il-20 pour induire en erreur la défense syrienne.

La destruction d’un avion militaire russe par la faute d’Israël lors d’une opération commune britannico-franco-israélienne a provoqué la stupeur dans toutes les chancelleries. S’il y avait une ligne rouge depuis le début du conflit autour de la Syrie, il y a sept ans, c’est que jamais les différents protagonistes ne mettaient en danger les forces russes, états-uniennes ou israéliennes.

On sait très peu de choses avec certitude sur ce qui s’est passé, sinon que :
- un Tornado britannique a décollé de Chypre pour se rendre en Iraq. Lors de son voyage, il a violé l’espace aérien syrien afin de scanner les défenses syriennes et de rendre l’attaque alliée possible.
- moins d’une heure après, quatre F-16 israéliens et une frégate française, L’Auvergne, ont tiré sur des cibles en Syrie dans le gouvernorat de Lattaquié. La défense anti-aérienne syrienne a protégé son pays en tirant des contre-missiles S-200 sur les missiles français et israéliens.
- au cours de la bataille, un F-16 a utilisé comme bouclier un Iliouchine Il-20 russe qui menait une mission de surveillance de la zone et de localisation des lieux de lancement des drones jihadistes. La défense syrienne a tiré un missile en visant la signature thermique de l’avion israélien. Elle aurait donc pu théoriquement détruire l’avion russe par erreur.

C’est cependant rocambolesque car les missiles S-200 sont munis d’un système de reconnaissance des cibles amies ou ennemies, ce que le ministère russe de la Défense a successivement confirmé, puis démenti. Quoi qu’il en soit, l’Iliouchine a pourtant été détruit sans que l’on sache avec certitude par qui et comment.

La lâcheté des dirigeants britanniques et français les a conduits à censurer toute information sur leur responsabilité dans cette opération. Londres n’a livré aucun commentaire et Paris a nié les faits. Ni la BBC, ni France-Télévision n’ont osé évoquer le sujet. Pour ces deux pays, plus que jamais, la réalité de la politique extérieure est exclue du débat démocratique.

Interprétation immédiate des évènements

Nous ne savons pas si la destruction de l’avion russe, impliquant la mort des 15 hommes à son bord, est imputable au pilote israélien —ce qui parait très improbable—, à l’armée israélienne ou à l’alliance qui a mené cette attaque.

De la réponse à cette question dépend un possible conflit entre quatre puissances nucléaires. Cette situation est donc d’une extrême gravité. Elle n’a pas de précédent depuis la création de la Fédération de Russie, fin 1991.

L’agression britannico-franco-israélienne est la réponse de ces trois pays à l’accord russo-turc signé à Sotchi quelques heures plus tôt. Elle intervient après le refus états-unien début septembre de bombarder la Syrie sous un faux prétexte et l’envoi d’une délégation US dans le monde arabe pour se désolidariser des initiatives britannico-françaises [1].

Les accords de Sotchi ont été signés par la Turquie sous une forte pression de la Russie. Le président Recep Tayyip Erdoğan avait refusé de signer à Téhéran le Memorandum sur le repli des forces jihadistes et turques d’Idleb, le président Vladimir Poutine lui avait sèchement répondu. D’une part en réaffirmant la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie [2] et, d’autre part, en soulignant pour la première fois l’illégitimité en droit international de la présence militaire turque dans ce pays. Très inquiet, Erdoğan avait accepté une invitation en Russie dix jours plus tard.

L’accord de Sotchi, tout en éloignant un peu plus la Turquie de l’Otan avec des contrats énergétiques russes, contraignait de facto Ankara à se retirer d’une partie du territoire qu’il occupe, prétendument pour mieux protéger les pseudo-« rebelles » rassemblés dans le gouvernorat d’idleb [3]. En outre, la Turquie ne dispose que d’un mois pour confisquer l’armement lourd de ses amis d’Al-Qaïda et de Daesh dans la zone démilitarisée [4].

Cet accord était évidemment inacceptable pour Londres, Paris et Tel-Aviv :
- à terme, il prévoit la fin des jihadistes en tant qu’armée, alors que Londres les encadre, les structure et les manipule depuis des décennies [5] ;
- la fin du rêve d’un mandat français sur la Syrie et de la création d’une nouvelle colonie française au Nord de ce pays, sous le nom mensonger de « Kurdistan » (le Kurdistan n’est légitime que dans les frontières qui lui ont été reconnues par la Conférence de Sèvres, en 1920. C’est-à-dire non pas en Iran, ni Iraq ou en Syrie, mais uniquement dans l’actuelle Turquie [6]).
- la fin de la domination régionale d’Israël face à une Syrie stable sous protection russe.

Interprétation à moyen terme des évènements

L’alliance militaire britannico-franco-israélienne n’était pas entrée en action depuis la crise du Canal de Suez, en 1956. À cette époque, Anthony Eden, Guy Mollet et David Ben Gourion avaient engagé conjointement leurs forces pour humilier les nationalistes arabes, particulièrement l’Égyptien Gamal Abdel Nasser, et rétablir les empires coloniaux anglais et français (« Opération Mousquetaire »).

C’est très exactement ce qui s’est passé avec cette nouvelle attaque : comme l’a confirmé le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, aucune des cibles visées n’était liée de près ou de loin à l’Iran ou au Hezbollah. Cette action britannico-franco-israélienne n’avait aucun rapport avec la lutte internationale contre les jihadistes en général et Daesh en particulier. Elle n’avait pas plus de rapport avec le renversement de la République arabe syrienne ou de son président, Bachar el-Assad. Son objectif principal était de tuer des scientifiques militaires, notamment les spécialistes des roquettes de l’Institut des industries techniques de Lattaquié.

Il s’agit donc de la reprise et de la continuation de la politique d’assassinats ciblés conduite par Israël depuis une vingtaine d’années, successivement contre les scientifiques iraquiens, iraniens et désormais syriens. C’est un des piliers de la politique coloniale : empêcher les peuples soumis d’atteindre le même niveau d’éducation que leurs maîtres. Jadis, les Occidentaux interdisaient à leurs esclaves d’apprendre à lire sous peine de mort. Aujourd’hui, ils éliminent leurs scientifiques. Cette politique avait été relancée avec le bombardement britannico-franco-US (14 avril 2018) dont la seule cible détruite fut le centre de recherche scientifique de Barzeh [7], puis avec la rupture de l’accord 5+1 avec l’Iran (JCPoA) qui a contraint ce pays à fermer ses facultés de physique nucléaire (8 mai 2018).

C’est une répartition des tâches : les jihadistes détruisent le passé, les Occidentaux l’avenir.

Interprétation des évènements sur la longue durée

Depuis le déploiement des troupes russes en Syrie, le 13 septembre 2015, pour aider ce pays à lutter contre les terroristes, les alliés des États-Unis ont compris l’impossibilité de mener à bien le plan US sans risquer de guerre mondiale. Avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, ils ont progressivement remis en question leurs objectifs de guerre, ont abandonné ceux des « Amis de la Syrie » et se sont repliés sur leurs stratégies historiques respectives [8].

C’est cette logique qui les a conduits à reformer l’alliance qui provoqua la crise de Suez. Et c’est également cette logique qui a poussé l’Allemagne à prendre ses distances avec eux.

Au début de la Première Guerre mondiale, les empires anglais, français et russe avaient décidé du partage du monde qu’ils réaliseraient le jour de leur victoire. Il fut négocié par Mark Sykes, Georges Picot et Sergueï Sazonov. Durant la Guerre mondiale, le Tsar fut renversé par les Bolcheviks, de sorte que les parties du monde réservées par l’empire russe furent remises en jeu. En définitive, à la fin de la Guerre mondiale, seule la partie du plan relative au Moyen-Orient fut appliquée sous le nom d’accords « Sykes-Picot ».

Le retour de la Russie dans le jeu international remet donc en cause le partage colonial britannico-français du Moyen-Orient. Le clash prévisible vient de surgir, accidentellement ou volontairement, avec la destruction de l’Iliouchine Il-20 lors de l’opération militaire conjointe britannico-franco-israélienne.

Comment réagir

La stupeur de la communauté internationale devant le surgissement brutal d’un conflit vieux d’un siècle se mesure au silence du twitter de la Maison-Blanche.

Durant la crise de Suez, les troupes israéliennes engagées étaient deux fois plus nombreuses que l’ensemble des troupes britanniques et françaises. Le total des forces coalisées atteignait 250 000 hommes. Il s’agissait donc d’une opération de très grande ampleur par rapport à celle de Lattaquié. Il n’en reste pas moins que les deux séquences répondent à la même logique diplomatique et sont susceptibles de donner lieu aux mêmes développements.

Lors de la crise de Suez, en pleine Guerre froide, l’Union soviétique avait menacé le Royaume-Uni, la France et Israël de riposte nucléaire s’ils ne se retiraient pas d’Égypte. L’Otan avait dans un premier temps soutenu les Européens menaçant Moscou de Guerre mondiale, avant de se raviser. En pleine Guerre froide, les États-Unis soutinrent provisoirement l’URSS pour stopper la folie européenne.

Pour Washington, laisser faire les Européens aurait signifié jeter l’ensemble des pays arabes dans les bras des Soviétiques. En outre, il n’était pas tenable d’accepter l’intervention franco-britannique au moment où ils dénonçaient la répression de la révolution hongroise par le Pacte de Varsovie.

Le président Dwight D. Eisenhower et le vice-président Richard Nixon lancèrent une attaque monétaire contre la livre sterling, envoyèrent leurs forces navales et aériennes interférer dans le dispositif britannico-franco-israélien et interdirent l’usage des matériels militaires français financés par des fonds US.

La paix internationale fut préservée grâce à quelques personnalités tierces comme le secrétaire général de l’Onu, Dag Hammarskjöld (qui fut assassiné trois ans plus tard et obtint le prix Nobel de la Paix à titre posthume), le ministre canadien des Affaires étrangères Lester B. Pearson (qui obtint lui aussi le Prix Nobel de la paix) et le leader des non-alignés et Premier ministre indien, Jawaharlal Nehru.

La crise de Suez a profondément réorganisé non seulement la vie politique internationale mais aussi nationale pour le Royaume-Uni, la France et Israël.
- Contournant les vétos des Ouest-Européens au Conseil de sécurité, l’Assemblée générale de l’Onu enjoignit le retrait des envahisseurs et créa la première force d’interposition des Nations Unies.
- Au Royaume-Uni, la Chambre des Communes exigea la fin de la politique coloniale au profit de la promotion des intérêts économiques de Londres via le Commonwealth.
- En France, les communistes, les gaullistes et les poujadistes (dont Jean-Marie Le Pen) s’unirent contre les centristes et les socialistes ; une configuration que l’on n’a jamais retrouvée depuis. Six ans plus tard, le président De Gaulle considéra qu’en reconnaissant l’indépendance de l’Algérie, il mettait un terme à la collaboration militaire avec l’État colonial d’Israël et reprenait la politique d’amitié et de collaboration avec les peuples arabes qui avait toujours caractérisé la France, hormis la parenthèse coloniale [9].

La position des Occidentaux sur l’agression de Lattaquié est d’autant plus difficile que, violant leur accord de 2015 avec la Russie, les Israéliens n’ont informé Moscou de leur opération que longtemps après qu’elle a débuté, une minute seulement avant de procéder à leurs tirs. Ils n’ont donné de détails qu’au cours de la bataille. En outre, ils ont menti sur leurs cibles, indiquant volontairement des lieux très éloignés de la vérité. Le Pentagone de son côté, affirme ne pas en avoir été informé du tout. Or, rappelons que l’accord de non-agression mutuelle israélo-russe en Syrie n’existe que parce qu’Israël est l’arsenal US au Moyen-Orient, abritant (avec l’Italie) les principaux stocks de munition états-uniens pour l’ensemble de la région. Si Israël n’a pas prévenu à l’avance le Pentagone de son action, il ne peut bénéficier de la protection US et par conséquent le pacte de non-agression mutuelle peut être remis en question par la Russie.

La réponse russe dépend de la position de la Maison-Blanche que nous ignorons pour le moment. Elle doit être guidée à la fois par la volonté de faire baisser la tension, si c’est possible, et de maintenir sa dissuasion en punissant le ou les coupables que le Kremlin aura désignés. Il n’est pas nécessaire que la Russie rende cette sanction publique pourvu que les chancelleries concernées en soient informées.

La réponse russe

La Russie avait le choix de ne voir dans la destruction de son avion qu’une faute d’un pilote israélien, ou de l’armée israélienne, ou encore des trois États impliqués (Royaume-Uni, France et Israël). Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a téléphoné à son homologue israélien, Avigdor Lieberman. Il l’a informé qu’il tient Israël pour responsable de l’accident et se réserve le droit de riposter. Un peu plus tard, le président Poutine a déclaré : « Il s’agit d’une série d’événements tragiques, car notre avion n’a pas été abattu par un appareil israélien ». Il a tenu à distinguer cette situation de celle de la destruction du Sukhoï 24-M abattu volontairement par la chasse turque, en novembre 2015.

Le chargé d’affaire israélien à Moscou, Keren Cohen Gat, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères. Tandis que, de manière réflexe, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, tentait de rejeter la responsabilité de l’accident sur l’Iran. Une délégation israélienne, conduite par le chef d’état major de son armée de l’Air, le général Amikam Norkin, s’est alors précipitée à Moscou avec une célérité sans précédent. Il a contesté les affirmations du ministère russe de la Défense, affirmé qu’Israël est innocent et que toute la faute revient à l’incurie des Syriens.

Le président Donald Trump, grand admirateur de la politique étrangère de Richard Nixon, tient là l’occasion d’en finir avec le soutien britannico-franco-israélien à l’État profond US. Cependant, il ne peut donner l’impression, en pleine campagne électorale législative, de soutenir le rival russe et de taper sur les alliés. Il cherche donc un moyen de présenter à son opinion publique intérieure ce grand revirement. Dans cette perspective, il a condamné lors d’une interview à Hill TV, l’engagement US au Moyen-Orient élargi décidé par son prédécesseur George Bush Jr après les attentats du 11 septembre 2001.

Le 23 septembre, le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général Igor Konashenkov, a présenté la synthèse des renseignements russes et des informations transmises par la Syrie et Israël.
- Il a accusé l’État hébreu d’avoir délibérément violé l’accord de non-agression mutuelle de 2015 en ne prévenant pas à l’avance la Russie de son attaque et en mentant sur ses cibles.
- Il l’a accusé d’avoir mis en danger les vols civils présents dans cette zone de Méditerranée, et d’être responsable de la destruction de l’Iliouchine Il-20.
- Il a dénoncé sa non-assistance aux soldats russes lorsque leur avion décrochait.
- Il a également accusé le général Amikam Norkin d’avoir menti en prétendant que les jets israéliens étaient déjà rentrés en Israël lorsque l’avion russe est tombé.
- Il a enfin écarté les accusations d’amateurisme portées à l’encontre de la défense syrienne.

Il s’est par contre abstenu de mettre en cause publiquement le Royaume-Uni et la France pourtant eux aussi concernés par ses remarques contre Israël.

Dans le cas où la Maison-Blanche trouverait une narration acceptable des faits pour ses électeurs, la Russie pourrait interdire au Royaume-Uni, à la France et à Israël toute intrusion dans l’espace maritime, terrestre et aérien de la Syrie sans autorisation de Damas. Londres et Paris devraient cesser leurs menaces de bombardement sous quelque prétexte que ce soit (les fausses armes chimiques) et retirer leurs forces spéciales. Cette mesure serait édictée pour tout protagoniste, en général, sauf pour les États-Unis et à Idleb pour la Turquie.

[1] « Qui veut relancer la guerre en Syrie ? », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 4 septembre 2018.

[2] « Déclaration de l’Iran, de la Russie et de la Turquie sur la Syrie », Horizons et débats (Suisse) , Réseau Voltaire, 7 septembre 2018.

[3] « La bataille d’Idleb est repoussée », Réseau Voltaire, 18 septembre 2018.

[4] « Mémorandum de stabilisation de la situation dans la zone de désescalade d’Idleb », Réseau Voltaire, 17 septembre 2018.

[5] Voir la seconde partie de Sous nos yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, Thierry Meyssan, Demi-Lune, 2017.

[6] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[7] « Le fiasco du bombardement de la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 24 avril 2018.

[8] « Sortir de la guerre contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 septembre 2018.

[9] « Conférence de presse de Charles De Gaulle, extrait relatif à Israël », Réseau Voltaire, 27 novembre 1967.

http://www.voltairenet.org/article203057.html

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Droite extrême : le « grand retournement » idéologique

Droite extrême : le « grand retournement » idéologique

Par le biais de chroniqueurs comme Eric Zemmour et portée par un mouvement plus profond, la droite extrême s’est imposée dans la bataille des idées en avançant une « pensée illibérale » et anti-68 nous explique le chef du service Débats au « Monde » Nicolas Truong.

La droite extrême s’est ainsi imposée dans la bataille des idées, et la « pensée anti-68 », comme dit le philosophe Serge Audier, tient le haut du pavé. « Le vent souffle à droite », constate la philosophe Elisabeth Badinter, alertée par les mouvements antiavortement et ceux issus de La Manif pour tous, rassemblés dans « la sainte alliance des réactionnaires » (Le Monde daté du 13 avril 2018). […]

Un renversement des valeurs du progressisme qui repose sur un « antilibéralisme intégral » (l’extension des droits de l’individu est associée au règne de l’illimitation de l’individualisme consumériste), une offensive axée sur « l’exaltation d’un peuple essentialisé » forcément méprisé par les élites, une guérilla conceptuelle tournée vers une critique obsessionnelle de « l’événement repoussoir » qu’est devenu Mai 68, sans oublier une « radicalisation des aversions » dominée par une hypertrophie du langage – par laquelle on assimile sans ambages le libéralisme ou le pédagogisme à des « totalitarismes ».

De Maurras à Gramsci, les références de ces pamphlétaires réactionnaires mêlent aussi bien des catholiques royalistes que des communistes révolutionnaires.

C’est pourquoi l’on peut entendre dans cette littérature « une pensée de droite dans un langage de gauche » […]

Le Monde

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/09/droite-extreme-le-grand-retournement-ideologique.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

L’Ukraine au bord d’une guerre de religion qui semble servir certains intérêts

samedi 29 septembre 2018

L’Ukraine au bord d’une guerre de religion qui semble servir certains intérêts

Ukraine, région de Ternopol, septembre 2015
Le rythme des agressions contre l’Eglise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou s’est accéléré depuis le Maïdan en 2014. En 4 ans, 50 églises ont été transférées par la violence et en toute illégalité du Patriarcat de Moscou à l’Eglise renégate de Filaret. En ce sens, les démarches du Patriarche de Constantinople ne peuvent qu’aggraver la situation, ce que vient de démontrer cette dernière prise par la violence, hier, de l’église orthodoxe de la région de Ivano-Frankovsk, faisant plusieurs blessés au passage. Dans tous les cas de ce genre, l’on note une collusion entre le groupe extrémiste Secteur droit, les forces de l’ordre et les renégats. Et aucune réaction sérieuse de la communauté internationale, qui laisse ces crimes se dérouler dans la plus grande indifférence. A moins que cela ne corresponde à certains intérêts.

Hier, en pleine journée, à 13h, les croyants ont aperçu un groupe d’hommes musclés et des villageois sont arrivés pour tenter d’empêcher les membres de Secteur droit de s’emparer de l’église de la Sainte Trinité dans la région de Ivano-Frankovsk, en Ukraine. Mais les radicaux sont passés par une porte latérale qui mène à l’école de musique, ont brisé les fenêtres et les portes, ont pénétré dans l’église et agressé physiquement les croyants, faisant plusieurs blessés, dont un violemment à la tête, et le prêtre a le bras cassé. Tous les croyants ont été mis dans la rue et les radicaux ont changé les serrures, s’appropriant de facto l’église, dans la plus pure tradition des bandits ou des mafieux. Cela s’est passé tellement vite, qu’il n’a pas été possible de le fixer en images.
Rappelons que cela intervient alors que le Métropolite de Kiev Onufrii a refusé de rencontrer les envoyés américains et canadiens du Patriarche de Constantinople. Ce qui est certainement une coïncidence.
Mais voici d’autres cas en vidéo:
Depuis 4 ans, 50 églises ont été de prises de cette manière à l’Eglise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou et transférées aux renégats de Filaret. Entre mai et août 2018, l’on recense 6 cas, dont deux seulement ont donné lieu à l’ouverture d’une enquête pénale – qui n’a débouché sur rien à ce jour.
Un rapport a été remis à l’OSCE par l’ONG Public Advocacy sur les persécutions subies par l’Eglise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou, rapport qui lui non plus n’a débouché sur rien:

Durant cette période (2013-2015), il a enregistré plus de 120 attaques, dont 36 contre des églises du Patriarcat de Moscou, 13 incendies volontaires d’églises et 13 agressions contre des ecclésiastiques de la part des radicaux.

Dans tous les cas, les gros bras sont prêtés par les groupes extrémistes au profit de cette « Eglise nationaliste » que le Patriarche de Constantinople, avec l’appui des Etats-Unis et du Canada ont la folie de vouloir reconnaître.

Voici quelques vidéo illustrant leurs crimes.

Tourk, région de Lvov, septembre 2014

Village de Pyichié, décembre 2015
Septembre 2015, région de Ternopol: ici il y a eu 15 blessés, suite à l’action commune de la police, de la Garde nationale et des renégats
Toujours dans cette région le 26 avril, dans le village de Kolossov: les croyants et les habitants se sont battus contre plus de 60 radicaux de Secteur droit et ont réussi à garder leur église après toute une journée d’affrontements
Parfois aussi les uniates tentent, eux aussi avec l’aide de Secteur droit, de prendre possession des églises orthodoxes du Patriarcat de Moscou, ressortant les mêmes « arguments » que les radicaux, dont le principal est que tout prêtre de cette Eglise ne peut être qu’un agent des services spéciaux russes, voir la vidéo ci-dessous dans le village de Kolomy:
Pour les russophones, voici un reportage sur la tragédie de la persécution menée contre l’Eglise orthodoxe ukrainienne et donc contre les gens, tous ceux qui simplement croient, viennent prier et sont victimes d’agression, dans leur pays, uniquement en raison de leur croyance.
Et tout cela se passe dans l’indifférence internationale la plus totale, parce que la communauté internationale a pris le parti de l’Ukraine, sans recul, sans réflexion, simplement parce que dans un jeu géopolitique atlantiste, cela était alors « nécessaire » vue son allégeance. Et maintenant, comment reconnaître que l’on a soutenu – et que l’on soutient – des fanatiques, des extrémistes sans remettre en cause les choix qui ont été fait il y a quatre ans?
L’Europe va-t-elle laisser une guerre de religion se développer à ses portes, en Ukraine, briser totalement un pays déjà à l’agonie pour simplement ne pas révéler sa propre turpitude? A moins qu’elle ne couvre volontairement des mouvements qu’elle approuve?

2 commentaires:

  1. L’Union européenne couvre volontairement ces mouvements parce qu’elle les approuve, tout ce qu’elle pourra faire contre la Russie elle le fera, sinon elle aurait condamnée toutes ces violences il y a longtemps.

    Répondre

  2. Plus large que cela; le Christianisme primitif, malgré l’édulcoration par le protestantisme, et même avant par la religion-institution de Constantin, est si puissant, qu’il faut le détruire pour la possession du monde. Les francs-maçons, faux socialistes, droites classiques, faux antifas etc. bref la raison toute puissante ou « Satan » sont à l’oeuvre; idem de la création du dieu de croyance, d’assujétissement de l’islam.

https://russiepolitics.blogspot.com/2018/09/lukraine-au-bord-dune-guerre-de.html

La «guerre sourde» entre Kiev et le Donbass va continuer, pour l’instant sans s’intensifier

La «guerre sourde» entre Kiev et le Donbass va continuer, pour l’instant sans s’intensifier


Par Andrew Korybko – Le 11 septembre 2018 – Source orientalreview.org

Andrew Korybko
Andrew Korybko

Le temps écoulé depuis l’assassinat d’Alexandre Zakharchenko nous le révèle : cet événement n’a pas déclenché la relance des hostilités conventionnelles entre Kiev et les Républiques du Donbass que certains avaient craint sur le moment ; ce qui bien sûr, ne signifie pas que les commanditaires de ce crime ne l’aient pas souhaité.

Petro Porochenko

On peut reconnaître aux autorités de Donetsk d’avoir gardé la tête froide et d’avoir pratiqué la retenue, de par leur choix de n’avoir pas pris de mesures de réplique envers Kiev, à qui la majorité des observateurs imputent le crime, non sans l’aide de Washington. Cela ne signifie pas qu’aucune réponse n’est à attendre, mais plutôt que celle-ci relèvera sans doute encore à ce stade du registre de la « guerre sourde ».

Autre point à garder à l’esprit, l’assassinat a été pensé pour maintenir une atmosphère de peur et de suspicion dans les rangs des rebelles, et pour porter un coup à la foi que la population a dans les autorités. Dontesk s’est retrouvée forcée à connaître une transition soudaine dans son gouvernement, et ce dans la situation la plus difficile, et il reviendra aux nouvelles autorités de stabiliser la situation sur le front local avant de pouvoir envisager une quelconque réponse conventionnelle, comme le redémarrage d’un conflit à grande échelle contre Kiev. Les armées rebelles ont conservé leur état de vigilance malgré la crise politique qui a secoué leur république auto-proclamée, ce qui a empêché le gouvernement central de tirer parti militairement de la situation ; ce n’est pas à cela que Kiev s’attendait.

Le calendrier marqué par l’assassinat de Zakharchenko mérite également que l’on s’y attarde : l’événement coïncide avec la prochaine cérémonie d’ouverture de l’assemblée générale de l’ONU ce mois-ci, dans laquelle Porochenko pourrait faire usage de son pupitre pour tâcher de rallier l’Occident contre la Russie et les rebelles. Cela constitue une raison supplémentaire pour laquelle une réponse conventionnelle à cet assassinat serait soumise à une surveillance accrue, elle se verrait dénommée « agression » et exploitée pour modeler de nouvelles sanctions, qui pourraient certes se voir promulguées sous n’importe quel autre prétexte relevant de la guerre de l’information, mais pour lesquelles la Russie préfère rester aussi éloignée que possible de la guerre civile ukrainienne, au moment où elle commence timidement son rapprochement avec la France et l’Allemagne, ses partenaires de l’accord de Minsk.

De fait, il se pourrait même que la Russie fasse usage de ses canaux de communication avec les rebelles du Donbass pour les inciter à retenir toute réaction militaire imprudente en réponse à la provocation terroriste, comprenant bien que toute réponse conventionnelle dans les circonstances présentes (c’est le mot clé) ne ferait qu’ajouter des cartes aux jeux des USA et de Kiev. Au risque de nous répéter, cette évaluation de la situation n’est pas du tout à considérer comme gravée dans le marbre, il faut plutôt la prendre comme la perception qu’a la Russie de la situation internationale à ce moment précis, et que le résultat dans un futur proche en sera probablement une poursuite de la « guerre sourde » entre Kiev et les républiques du Donbass, et pas une intensification de ce conflit outre mesure.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le 7 septembre 2018

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-guerre-sourde-entre-kiev-et-le-donbass-va-continuer-pour-linstant-sans-sintensifier

 

LE DROIT ET LA JUSTICE « EN MARCHE » (L’Imprécateur)

LE DROIT ET
LA JUSTICE « EN MARCHE »
(L’Imprécateur)

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La démocratie (δημοκρατία) est, comme l’origine grecque de son nom l’indique, le pouvoir du peuple (de « δῆμος » ou dêmos = territoire puis par sens dévié « peuple » & « κράτος » ou krátos = « pouvoir »). La démocratie directe qui voyait le peuple de la ville se réunir sur la grand-place pour voter les décisions politiques et militaires n’étant plus possible en raison de l’augmentation considérable des populations, le peuple élit maintenant des représentants qui siègent pour lui dans les assemblées.

Les partis politiques ont commencé à fausser le système démocratique en se votant des subventions énormes de fonctionnement qui leur ont permis de créer leurs propres administrations, d’acquérir des biens immobiliers considérables (le petit palais du PS rue de Solférino, l’immeuble de PCF place du Colonel Fabien, etc.), de financer des médias et des lobbies de soutien qui leur permettent souvent de franchir plusieurs années de désaveu populaire, etc.

 

La Justice devenue le bras armé de l’État Profond

Une nouvelle forme de déconstruction de la démocratie arrive maintenant avec la transformation du Droit et de la Justice en bras armés de l’État dit « profond » pour mettre le peuple en esclavage. L’État Profond est cette masse presque totalement anonyme de « hauts-fonctionnaires » qui restent toute leur vie en place ou n’en changent que par un jeu de chaises musicales. Il leur permet d’être en poste au service de l’État, puis élus, puis à nouveau en poste tout en gardant les avantages automatiquement acquis pendant leur mandat d’élus (chômage indemnisé à 100% pendant cinq ans, augmentations de salaire à l’ancienneté, retraites légalement dorées, etc.).

De plus en plus, le Pouvoir Judiciaire prend l’ascendant sur les autres Pouvoirs (Exécutif et Législatif) et bafoue la souveraineté du peuple. En principe, le Parlement vote les lois et les juges les appliquent. Toujours en principe, le pouvoir d’interprétation des juges est limité et contrôlé par des organes comme la Cour de Cassation, le Conseil Constitutionnel ou la Cour des Comptes.

Tout cela a volé en éclats depuis quelques années sous une double pression : celle du très gauchiste Syndicat de la Magistrature, et celle des énarques, majoritairement très « gauchistes » eux aussi. Ayant compris qu’ils détenaient les clés du pouvoir, ils se servent du Droit et de la Justice pour prendre l’ascendant sur les autres pouvoirs, l’Exécutif (gouvernement) et le Législatif (parlement) et bafouent ainsi la souveraineté constitutionnelle du peuple.

 

Le Conseil constitutionnel outrepasse ses fonctions

C’est ainsi que le Conseil Constitutionnel – normalement gardien des grands principes de la Constitution – est devenu le contrôleur pointilleux, partial et malhonnête des lois en s’appuyant sur une interprétation de la Constitution qui révèle le parti pris idéologique de ses membres pilotés par le très nocif et pervers Laurent Fabius.

C’est ainsi que la Justice (en France ou en Italie) peut priver un parti politique légal et républicain des subventions que prévoient les lois par parti pris idéologique, et ne se gêne pas de le faire.

C’est ainsi que la XVIIème Chambre correctionnelle prive des citoyens en désaccord avec le gouvernement de leur liberté d’expression ou la leur fait payer cher par des amendes astronomiques en contradiction avec les dispositions constitutionnelles [1], sans que le Conseil Constitutionnel y trouve à redire.

C’est ainsi que la Justice (en France ou aux États-Unis) harcèle des candidats à une élection présidentielle pour les affaiblir ou les faire renoncer alors qu’elle laisse en paix ceux du camp qu’elle souhaite au pouvoir même s’ils ont commis des délits souvent graves.

 

Pour l’Union Européenne, les peuples n’existent pas

Sans oublier les interventions législatives autoritaires de l’Europe de Bruxelles, qui bafouent les lois votées par notre Parlement par le biais de « directives » et d’interdictions qui n’ont rien à voir avec la Justice ni les Droits de l’Homme, mais seulement avec la morale libertarienne à la mode de l’extrême gauche LGBT et mondialiste.

Que ce soit en France, en Italie, aux États-Unis ou à Bruxelles, la Justice pénale se dresse contre les choix souverains et le pouvoir des peuples. C’est l’instrumentalisation de la Justice par ces pouvoirs supranationaux occultes – mais qui apparaissent de plus en plus souvent au grand jour – une nébuleuse de banques et d’établissements financiers à l’échelle mondiale (Morgan, Rothschild, Lazard, Golden Sachs, etc.), de milliardaires comme David Rockefeller ou George Soros, d’ONG très politisées et très riches comme Greenpeace (dans l’opération baleines elle était payée par la Russie, dans l’opération anti-nucléaire par la Chine, etc.), de lobbies internationaux (automobiles, éoliennes, football, etc.).

Se regroupant dans des sortes de clubs internationaux, comme la Trilatérale, le club des Bilderberg, les Skull and Bones et autres, ils définissent une politique internationale sans consulter les peuples concernés, choisissent les dirigeants qu’ils jugent les mieux aptes à l’appliquer (George Bush choisi par les Skull and Bones, Emmanuel Macron par le club des Bilderberg, etc.) et les aident par des transferts financiers et des influences politiques et médiatiques (Washington Post et New-York Times, Le Monde et Libération) à prendre le pouvoir sans souci des choix populaires mis devant le fait accompli.

 

Il faut tuer politiquement les Résistants

Quand leurs choix sont contrariés par une élection au résultat redouté par eux (Trump, Orbán, Salvini, Putin) c’est haro sur l’empêcheur de compter les dollars en rond. Il est harcelé d’enquêtes judiciaires, insulté et vilipendé. On passe sous silence ses succès (comme l’indéniable succès économique et social de Trump aux États-Unis), on monte en épingle le moindre de ses contretemps ou de ses échecs, on vante outrageusement son opposition, on l’accuse de tous les maux (relations avec les Russes, armes de destruction massive, gaz toxiques, etc.), on finance ses ennemis jusqu’aux pires d’entre eux (États-Unis et France armant et subventionnant al-Qaïda sous la jolie appellation « Armée Syrienne Libre » pour détruire Bachar el-Assad qui avait eu le culot de refuser le passage du pipe-line Arabie-Turquie).

 

La Justice française a rejoint l’aristocratie financière internationale

Aujourd’hui, la Justice a rejoint cette aristocratie financière qui dirige le monde de façon occulte dans sa détestation de la démocratie et des choix souverains des peuples. Non seulement elle les contrarie chaque fois qu’elle le peut, mais elle pèse aussi sur les processus de construction de ces choix, par exemple en inculpant sans preuves, le candidat dont elle ne veut pas de manière à le discréditer aux yeux de l’opinion. Ou bien elle laisse fuiter « accidentellement » des éléments d’une enquête en cours qui aboutira probablement à un non-lieu faute de preuves, comme on l’a vu dans la quasi totalité des « affaires Sarkozy ». Mais en attendant, la victime est traînée dans la boue.

Les politiques, de leur côté, jouent sur le « TINA » (There Is No Alternative), comme le fait Emmanuel Macron avec son « ce sera mes réformes ou le chaos » ou Jean-Claude Juncker quand il affirme « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens », même quand ceux-ci ont été concoctés et promulgués par un microcosme de hauts-fonctionnaires européens marxistes et mondialistes obéissant à des directives obscures.

Et le pire, c’est que les opposants sont prévenus, « arrêtez, nous avons les moyens de vous empêcher », comme l’a appris une pauvre députée LREM qui voulait se présenter pour s’opposer à la nomination – sur instruction de l’Élysée – du sulfureux Richard Ferrand (ami de Macron) au perchoir de l’Assemblée Nationale. Elle a préféré retirer sa candidature quelques heures avant le vote bidon.

 

Les peuples européens se lèvent. Quid de la France ?

Les peuples européens se réveillent. Les Français sont à la traîne. En Italie, « le suffrage universel a porté au pouvoir une coalition élue sur un programme clair, prévoyant un fort volet social et un refus de poursuivre la dérive initiée par Angela Merkel, soucieuse de plaire au patronat allemand en important de la main-d’œuvre à bas coût. Ladite dérive fait que l’Italie se retrouve en première ligne des trafics de migrants où les mafias locales (en liaison avec les africaines) s’en donnent à cœur joie. Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur qui applique le programme adopté par la majorité des électeurs italiens, est massivement soutenu par l’opinion transalpine. Ce faisant, il heurte les grands intérêts et les belles âmes qui, consciemment ou non, prêtent la main à la nouvelle traite. Considérant que les soi-disant ONG sont parties prenantes du trafic, il leur refuse l’accostage dans les ports italiens et, s’ils rentrent quand même, le débarquement des nouveaux esclaves. Que n’a-t-il fait ! Il s’est trouvé un procureur pour lancer une enquête pour « séquestration », qualification du dernier ridicule. » En Italie, contrairement à l’Allemagne, il n’y a eu aucune violence contre les migrants. Il s’agit donc d’une provocation judiciaire qui caractérise bien cette instrumentalisation de la justice par la Gauche italienne pour empêcher ce qu’une élection parfaitement régulière veut mettre en œuvre pour sauver l’une des identités les plus fortes et les plus anciennes de l’Europe, l’italienne, qui a largement plus de deux mille ans.

 

L’Imprécateur
26/09/2018

 

[1] « Déclaration des Droits de l’Homme » – art. 18 et 19 et « Convention Européenne des Libertés Fondamentales » – art. 9 et 10. En Droit français, la liberté d’expression est formulée aux termes de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (DDHC) de 1789 et a donc valeur constitutionnelle, c’est-à-dire que les lois doivent respecter cette liberté, ce qui depuis une vingtaine d’années n’est plus toujours le cas, de loin s’en faut.



 

BATACLAN : Lettre ouverte au ministre de l’Intérieur (général Martinez)

BATACLAN :
Lettre ouverte au ministre de l’Intérieur
(général Martinez)

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Cette Lettre Ouverte du général Martinez au ministre de l’Intérieur a été postée le 19 septembre, un mois avant la date prévue du premier concert de Médine au Bataclan.
Deux jours après son expédition, la décision d’annulation, abondamment annoncée par les médias, a résonné dans nos cœurs comme une (modeste mais certaine) victoire contre ceux qui font profession de se soumettre et de brader la France.
Nous avons décidé de la publier aujourd’hui, car elle est à porter au crédit des nombreux efforts faits par les Patriotes, quels qu’ils soient, où qu’ils soient, dans l’ombre ou la lumière, pour éviter l’outrage qui se préparait – et qui aurait sans doute eu lieu sans la colère et le soulèvement des Patriotes et de ces officiers généraux qui ont eu le courage de dire NON à l’abandon, comme le fit un jour l’un de leurs illustres prédécesseurs.
Le samedi 22 septembre, les généraux Martinez et Piquemal ranimaient la flamme du Soldat Inconnu à l’Arc de Triomphe. Nous y étions. Dans le cœur et dans l’esprit de tous ceux qui participaient à cette cérémonie, l’ombre terrible des 90 martyrs du Bataclan le 13 novembre 2015 et de l’ensemble des victimes du terrorisme islamique planait sur les Champs Élysées.

Marc Le Stahler


 

Le 19 septembre 2018

 

Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

Le 13 novembre 2015 – les Français ne l’oublieront jamais – quelques mois après les attentats de Charlie Hebdo et de l’HyperCasher, quelques mois avant le carnage de Nice et l’égorgement du Père Hamel à Saint-Étienne du Rouvray, la France connaissait une autre horreur perpétrée par la violence islamique, avec le massacre, à Paris, de 130 de ses enfants dont 90 au Bataclan, sans compter les centaines de blessés, de familles et d’amis à jamais atteints dans leur chair et dans leurs âmes.

Et trois ans plus tard, les Français accepteraient que ce douloureux anniversaire soit célébré par deux concerts du rappeur Médine dans ce lieu devenu emblématique de la souffrance imposée par la barbarie islamique, dans ce lieu ayant subi le martyre ?

Pouvez-vous sincèrement l’imaginer ?

Cet « artiste » au nom de scène pas anodin car révélateur de la radicalité islamique meurtrière qu’il porte et qu’il affiche avec arrogance, n’hésite pas à prôner, sur des photos, le djihad avec un sabre et à tenir dans ses « chansons » des propos racistes et haineux.

Entre la voie mystique de l’islam, celle de La Mecque et la voie violente, radicale et conquérante, celle de Médine, il a bien opté pour la seconde, ville sainte en Arabie saoudite, symbole du wahhabisme et du salafisme. Il n’y a donc aucun doute sur son message guerrier. Laisser, dans ces conditions, ces concerts se dérouler est impossible car les Français n’ont pas à subir ce sacrilège, cette offense, cette insulte à leurs morts innocents. Vous n’êtes pas sans savoir – et si vous ne vouliez pas le savoir ce serait une faute monstrueuse – que le choix de ce lieu symbolique est une provocation délibérée qui cherche à humilier, à infliger une souffrance supplémentaire au peuple français et à attiser les haines. C’est également une tentative visant à tester l’attitude des pouvoirs publics pour voir jusqu’où il peut aller trop loin.

Comme vous devez le savoir par vos services, si la période estivale a mis en sourdine cet événement « artistique », avec la rentrée, l’actualité reprend ses droits et les opposants à ces concerts s’organisent pour être présents le 19 octobre devant le Bataclan. La campagne de mobilisation est en cours et vous pouvez d’ores et déjà évoquer le risque de troubles à l’ordre public. Cela dit, qui peut nier la légitimité de ce rassemblement nécessaire contre les tenants de la terreur puisque nos dirigeants politiques, par leur silence incompréhensible et coupable, semblent collaborer à cette ignominie ? Il s’agit pour les citoyens français de choisir entre l’acceptation de leur mort programmée et son refus, entre la collaboration et la résistance, entre la soumission et le sursaut salvateur.

Vous savez pertinemment que ce risque de troubles à l’ordre public n’est pas la conséquence de la mobilisation des opposants à ces concerts mais, au contraire, le résultat de la tenue de ces derniers qui est inacceptable. Alors, chargé de la sécurité intérieure du pays, il vous appartient de prendre les mesures adaptées pour empêcher que ces troubles à l’ordre public puissent se produire. Et dans ces circonstances, il vous revient de faire appliquer la seule décision sage qui soit, à savoir l’interdiction de ces concerts.

Une démocratie – à plus forte raison la République française – a non seulement le droit mais le devoir de se défendre contre les agressions extrémistes telles celles véhiculées par ce pseudo-artiste qui se targuait, par ailleurs, d’être l’ambassadeur de l’organisation controversée « Havre de Savoir » aux accointances reconnues avec les Frères musulmans. D’ailleurs, vous ne pouvez pas ignorer que la justice a déjà eu l’occasion de poser des limites avec notamment l’interdiction d’un spectacle (affaire Dieudonné) à la suite d’une décision du Conseil d’Etat. Si une jurisprudence a établi la nécessité d’interdire les spectacles de l’humoriste Dieudonné, il apparaît a fortiori totalement justifié et nécessaire qu’il en soit de même pour les concerts du rappeur Médine. Vous ne commettrez donc aucune censure, vous ne vous rendrez coupable d’aucun reniement, d’aucune transgression de l’état de droit en interdisant ces concerts. Vous défendrez simplement les valeurs fondamentales sans lesquelles la démocratie et le fonctionnement de la République sont remis en cause. N’est-il pas temps de refuser dorénavant que, comme le déclarait Chamfort, « en France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu, et on persécute ceux qui sonnent le tocsin » ?

Car le rôle noble du politique ne réside-t-il pas dans la recherche du bien commun et de l’intérêt de l’État et de la nation ? Et le bien commun ne commande-t-il pas de lutter contre les provocations et de tout faire pour éviter les troubles avec leur cortège de violences encouragées par les extrémistes ? Alors que nous sommes en guerre contre un ennemi que nos dirigeants politiques refusent de nommer et alors que ces derniers utilisent une rhétorique guerrière en qualifiant « d’ennemis dangereux » ces lépreux qui ne sont en réalité que des Français stupéfaits et consternés devant leur aveuglement que certains commencent d’ailleurs à considérer comme de la haute trahison à l’égard de la nation, ne prendriez-vous pas un risque inconsidéré en n’interdisant pas ces concerts propagandistes ?

Si tel était le cas, Monsieur le ministre, ne commettriez-vous pas une erreur d’appréciation de la situation en doutant de la détermination de ces Français à s’opposer à ces concerts et en ne voulant pas la comprendre ? La faute serait de penser qu’ils sont manipulés et que leur colère est instrumentalisée alors que ces citoyens sont d’horizons politiques divers et qu’ils refusent simplement le sacrilège et la souillure de ce lieu devenu symbolique qui serait commise par la tenue de ces concerts.

À mon humble niveau et comme lanceur d’alerte, j’appelle les Français à se mobiliser pour obtenir cette interdiction. Si vous ne la décidiez pas, cela pourrait être considéré par beaucoup de citoyens comme une provocation et comme une offense à la mémoire de nos morts. Et cela conduirait ces Français, il ne peut en être autrement, à être présents massivement le 19 octobre devant le Bataclan. Je veux croire que le bon sens et le sens des responsabilités de nos dirigeants politiques prévaudront et que la voie de la sagesse conduira à l’interdiction de ces concerts.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le ministre de l’Intérieur, l’expression de ma haute considération.

 

Général (2s) Antoine Martinez
Coprésident des Volontaires Pour la France
Membre du Conseil National de la Résistance Européenne
Président du Comité de soutien au général Piquemal


Ouvrages du général Antoine Martinez

    

https://minurne.org/billets/17585

Onfray renvoyé du service public ou le totalitarisme soft

Onfray renvoyé du service public ou le totalitarisme soft

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/ Vendredi 28 septembre 2018 à 13:00 49

Michel Onfray. Photo © IBO/SIPA

Michel Onfray. Photo © IBO/SIPA

Censure. La fin de la diffusion des cours de l’université populaire de Caen sur France Culture ajoute Michel Onfray à la liste des intellectuels interdits d’antenne à France Télévisions.

Michel Onfray a appris, sans sommation, sans d’ailleurs que la direction de la radio ait seulement la délicatesse et la courtoisie de l’appeler directement, que France culture cesserait désormais de diffuser les cours qu’il donnait à l’université de Caen. Exit donc, cette parole dérangeante, devenue insupportable pour le pouvoir. Après Éric Zemmour, interdit de service public, après Frédéric Taddéï, contraint de s’exiler sur RT pour recouvrer la liberté d’inviter les débatteurs de son choix sans qu’on lui dresse une liste des bannis d’antenne, c’est au tour d’une autre voix dissidente d’être congédiée, sans un mot, sans une explication.

Depuis des années pourtant, la station publique diffusait pendant l’été les cours que Michel Onfray donnait dans le cadre de son université qu’il avait créée en 2002 après que Jean-Marie Le Pen s’est qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle. Signe que les audiences de Michel Onfray ne devaient pas être si mauvaises et qu’il bénéficiait d’un public captif et fidèle, France culture coéditait également des coffrets audio du philosophe. Mais Michel Onfray, qui pendant des années a participé de bonne foi au théâtre de l’antifascisme, soufflant sur les craintes qu’un jour, la peste brune prenne le pouvoir en France, a fini par renoncer à jouer plus longtemps cette pièce qui n’était qu’une fable pour que se maintiennent au pouvoir les mêmes gens.

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« Il suffisait d’utiliser la grosse ficelle Le Pen pour transformer une élection à deux tours faciles à perdre en un plébiscite contre le fascisme facile à gagner haut la main »

Aussi, le philosophe n’a jamais souscrit à l’idée qu’au soir du 7 mai 2017, avait émergé un nouveau monde et n’était pas dupe de la manière dont l’élection s’était jouée. A l’Express, il confie, ainsi que « l’élection présidentielle s’effectuant théoriquement en deux tours, il faut, pour que rien ne change, qu’elle soit jouée dès le premier afin que le second ne soit plus qu’un plébiscite entre ce qui nous est présenté comme le Bien et le Mal par les médias dominants aux mains de propriétaires ayant clairement choisi leur camp. » Et Michel Onfray ajoutait : « Dès lors, l’élection devient un plébiscite plus facile à gagner en faveur du Bien contre le Mal, le Bien étant comme par hasard l’Etat maastrichtien et son idéologie, autrement dit le marché imposé par l’Etat, et le Mal, tout ce qui s’y oppose et qui se trouve diabolisé, criminalisé, hitlérisé même -souvenez-vous du double message envoyé par Macron entre les deux tours à Oradour, puis au mémorial de la Shoah. » 

Dans Valeurs actuelles, le 1er juin 2017, il était encore plus clair, plus explicite encore. « Il suffisait d’utiliser la grosse ficelle Le Pen pour transformer une élection à deux tours faciles à perdre en un plébiscite contre le fascisme facile à gagner haut la main. Dans cet ordre d’idée, la visite à Oradour-sur-Glane inaugure un nouveau type de négationnisme : si la division Das Reich est assimilable aux agissements des militants du FN, alors il faudrait hélas conclure que Das Reich n’était pas si terrible que ça, puisque la République française permet à sa formule française de se présenter aux élections présidentielles en lui remboursant ses frais de campagne. »

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Michel Onfray paie-t-il son insolence ?

Depuis, il n’avait de cesse de mettre en évidence les faux semblants de la Macronie et de tirer à boulet rouge sur le président. Dans l’un de ses dernières vidéos postées le 3 septembre sur sa web télé, Michel Onfray publiait une lettre ouverte à Emmanuel Macron après que le chef de l’Etat a décidé de nommer l’écrivain Philippe Besson consul à Washington. « Votre altesse, votre excellence, votre sérénité, mon cher Manu, mon roi », raillait-il en introduction de sa missive. Le philosophe moquait l’esprit de cour, l’affaire Benalla, les bons plaisir du président, sa décision de se faire construire une piscine à Brégançon, la promotion d’Agnès Saal… Une manière d’enterrer les dernières illusions d’une république exemplaire « Vive la République, vive la France, vive toi » concluait-il pour mieux souligner l’égotisme d’Emmanuel Macron.

Michel Onfray paie-t-il son insolence ? D’aucuns le diront. Michel Onfray le premier. Mais le président a-t-il demandé la tête d’un opposant ? Cela paraît inimaginable. Emmanuel Macron n’a pas besoin de demander pour se faire comprendre. Alors qu’un projet de loi pour réformer l’audiovisuel public est en discussion, comment imaginer que les patrons du service public ne cherchent pas à anticiper les désirs de l’Elysée, les devancer pour sauver ce qu’il leur reste de pouvoir. Qui peut penser qu’Emmanuel Macron, chantre des libertés et du progressisme, puisse céder à la tentation de l’illibéralisme et de la censure ? Personne. Et pourtant, c’est la petite musique qui se fait jour, à mesure que Michel Onfray, Eric Zemmour paient le prix de leur dissidence et se voient privés de micro pendant que le pouvoir en fait des caisses pour dénoncer, sur un air déjà connu, les dangers du populisme face auquel ils seraient le seul rempart.

http://www.valeursactuelles.com/societe/onfray-renvoye-du-service-public-ou-le-totalitarisme-soft-99366

Les US en Iran : au loup !

Les US en Iran : au loup !


Les États-Unis poussent des cris d’orfraie au sujet des missiles iraniens mais réduisent leur défense antimissile au Moyen-Orient


Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 26 septembre 2018 – Source moonofalabama

La propagande de l’administration Trump dit que nous devons tous craindre les horribles missiles iraniens :

Le 19 septembre, l’émissaire de Trump a éreinté l’effort de Téhéran au sujet des missiles:

« Brian Hook, l’envoyé spécial américain pour l’Iran, a cité le développement, les essais et l’effort continu dans la technologie des missiles balistiques par ce pays comme étant un défaut majeur de l’accord nucléaire iranien de 2015 dont le président Donald Trump s’est retiré en mai. »

John Bolton met en garde l’Iran : « Vous paierez sous un déluge de feu » si l’agression continue : « Nous irons vous chercher ».

« ‘L’accord sur le nucléaire iranien’, a indiqué mardi M. Bolton, ‘n’a rien fait pour s’attaquer aux activités déstabilisatrices du régime ni au développement et à la prolifération de missiles balistiques’. »

Discours de Trump à l’Assemblée générale des Nations Unies – 25 septembre

« L’accord iranien était une aubaine pour les dirigeants iraniens. Dans les années qui ont suivi l’accord, le budget militaire de l’Iran a augmenté de près de 40%. La dictature a utilisé ces fonds pour construire des missiles à capacité nucléaire, accroître la répression interne, financer le terrorisme et les ravages et les massacres en Syrie et au Yémen. »

Comme avec n’importe quel gouvernement, il faut regarder ce que fait l’administration Trump, pas ce qu’elle dit.

Les États-Unis retirent quelques systèmes de défense antimissile hors du Moyen-Orient – 26 septembre

Le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, retirera le mois prochain quatre systèmes de missiles Patriot de Jordanie, du Koweït et de Bahreïn, dans le cadre d’un réalignement des forces et des capacités. … Deux systèmes de missiles Patriot seront redéployés à partir du Koweït, un de Jordanie et un de Bahreïn, ont indiqué des responsables. Les patriotes sont des systèmes de missiles mobiles capables d’abattre des missiles et des avions. Les quatre systèmes ont été mis hors service et seront redéployés d’ici le mois prochain, ont indiqué des responsables. Pour aucun d’entre eux n’est prévu un remplacement.

Les défenses antimissiles Patriot que les États-Unis gardaient dans ces pays protégeaient les bases américaines dans la région. Si ceux-ci étaient réellement menacés par les missiles iraniens, cette réduction des capacités défensives serait irresponsable. Mais la simple vérité est que les maigres capacités de l’Iran ne sont pas une menace du tout :

« ‘Les systèmes Patriot dans le Golfe pourraient ne pas servir le but qu’ils avaient jadis‘, a déclaré Anthony Cordesman, chercheur principal au Centre d’études stratégiques et internationales, un groupe de réflexion à Washington, ‘en partie parce que l’Iran n’a pas les capacités requises pour réaliser des attaques de précision’. ‘En outre, si le déploiement de Patriot dans la région du Golfe était principalement destiné à la défense aérienne, cette menace n’existe tout simplement plus comme avant’, a t-il ajouté. L’Iran n’est plus à la hauteur des alliés américains dans la région du Golfe, qui ont des forces aériennes supérieures.

L’administration Trump sait bien que les capacités de missiles de l’Iran ne constituent pas une menace. Les meilleures capacités de défense de l’Iran résident dans son emplacement à proximité d’une importante voie de transport d’hydrocarbures, le détroit d’Hormuz, et sa capacité à répondre de manière asymétrique par le biais de forces de substitution.

Le battage médiatique sur « les missiles iraniens » est juste une mise en scène. C’est un moyen peu coûteux de convaincre les Saoudiens et les sionistes que Trump fait quelque chose qui leur plait.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/les-us-en-iran-au-loup

 

Commerce: la Chine affirme à l’ONU ne pas accepter « de chantage »

Commerce: la Chine affirme à l’ONU ne pas accepter « de chantage »

Nations unies (Etats-Unis) – La Chine n’acceptera pas « de chantage » sur le commerce, a mis en garde vendredi à l’ONU son ministre des Affaires étrangères Wang Yi, en pleines tensions avec les Etats-Unis sur les échanges.

« Le protectionnisme ne fera que porter préjudice à tous », a-t-il estimé devant l’Assemblée générale annuelle des Nations unies à New York.

Le ministre chinois a aussi posé Pékin en « champion du multilatéralisme » au moment où l’Amérique de Donald Trump est critiquée pour son approche unilatéraliste des affaires du monde.

« La Chine a toujours défendu l’ordre international et poursuivi le multilatéralisme », a insisté Wang Li à la tribune, vantant son « respect » des décisions issues de négociations.

Selon lui, « aucun pays ne peut relever seul » les grands défis internationaux auxquels le monde est confronté actuellement « ou être immunisé face à leurs effets ».

Le chef de la diplomatie chinoise a une nouvelle fois défendu l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, dont les Etats-Unis se sont retirés en mai au grand dam des autres grandes puissances.

Et sur la Corée du Nord, s’il a encouragé le rapprochement en cours entre Washington et Pyongyang, il a une nouvelle fois plaidé pour que l’ONU « crée des conditions plus favorables » encourageant la dénucléarisation, après avoir appelé la veille le Conseil de sécurité à un allègement des sanctions.

Les Etats-Unis réclament eux l’application stricte de ces sanctions jusqu’à ce que le désarmement atomique du régime reclus soit achevé.

(©AFP / 28 septembre 2018 15h34)

https://www.romandie.com/news/Commerce-la-Chine-affirme-l-ONU-ne-pas-accepter-de-chantage/957753.rom

Au travers de l’Érythrée et des EAU, la Russie se tourne vers la Corne de l’Afrique

Au travers de l’Érythrée et des EAU, la Russie se tourne vers la Corne de l’Afrique


Par Andrew Korybko – Le 10 septembre 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoSergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russes, a salué les relations de son pays avec l’Érythrée et a fait part au monde des projet de Moscou d’y construire un centre logistique.

C’est à Sotchi, au cours d’une conférence de presse tenue à l’issue de leur rencontre bilatérale, qu’il a pris la parole aux côtés de son homologue érythréen, et indiqué que les discussions avaient notamment porté sur la construction de couloirs de transports régionaux, d’oléoducs, et d’ouvrir un département russophone dans l’une des universités d’Asmara. Lavrov a également déclaré que les sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies contre l’Érythrée, imposées en 2009 après des rapports indiquant que le pays soutenait Al-Shaabab en Somalie, devraient à présent être levées. Il a félicité l’Érythrée pour l’ensemble de ses actions ces derniers mois en faveur de la paix dans la région, et pour son rapprochement rapide de l’Éthiopie, qui a complètement modifié la situation géopolitique de la corne de l’Afrique.

Avec plus de recul, la Russie semble très désireuse de faire de l’Érythrée sa passerelle vers le géant régional que constitue l’Éthiopie, deuxième pays africain en population, et son économie à croissance rapide. Le rapprochement entre Érythrée et Éthiopie verra Addis Abeba diversifier ses accès au reste du monde, s’affranchissant de sa dépendance historique de Djibouti en la matière, si bien que l’on peut également s’attendre à voir le rôle de l’Érythrée croître en importance en termes de connectivité. Les investissements que la Russie entend mener en Érythrée montrent en outre le sérieux de sa démarche de « pivot vers l’Afrique » et la réalité de son désir d’établir une présence dans la région de la mer Rouge et de la Corne de l’Afrique, suite aux bruits qui courent de l’offre qui lui aurait été faite d’ouvrir une base navale au Soudan voisin, et d’autres échos non confirmés qui auraient signalé qu’elle étudiait également la possibilité d’en ouvrir une dans la région dissidente du Somaliland.

Un autre point à garder à l’esprit est que les Émirats arabes unis (EAU) constituent le premier partenaire international de l’Érythrée, et sont responsables non seulement d’avoir rompu l’isolement international du pays en y construisant une base soutenant la guerre contre le Yémen, mais également pour le rôle de facilitateur qu’ils ont joué dans le rapprochement entre Érythrée et Éthiopie. Abou Dabi constitue donc un pouvoir transrégional en croissance, qui cultive en même temps des liens plus forts que jamais avec Moscou, les deux parties ayant signé une Déclaration officielle de partenariat stratégique début juin, à l’issue de la rencontre dans la capitale russe entre le prince de la couronne Mohammed Bin Zayed et le président Poutine. Les liens entre la Russie et les Émirats vont donc converger en Érythrée, et possiblement également même en Éthiopie peu après.

Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe a rencontré Osman Saleh, ministre des Affaires étrangères érythréen, le 31 août 2018, à Sochi, en Russie

Loin des regards, le partenariat stratégique russo-émirati se montre étonnamment solide, sans le moindre conflit d’intérêt entre les deux parties dans la corne de l’Afrique. Les deux pays ont conclu un accord de défense de quasiment 2 milliards de dollars en février 2017, et se sont engagés à coopérer dans les sphères de la cybersécurité et de l’énergie. En outre, la pompe à pétrole des émirats s’intéresse aux voitures et motos électriques russes, ainsi qu’à la marque Aurus de berlines de luxe, popularisée il y a peu par le président Poutine. En fait, la coopération entre Russie et Émirats promet littéralement de monter plus haut que le ciel, Moscou se préparant à propulser prochainement les cosmonautes de son partenaire jusqu’à la station spatiale internationale.

Somme toute, l’importance stratégique des relations entre Russie et Érythrée réside dans le potentiel qu’elles présentent, non seulement pour faciliter le « pivot vers l’Afrique » de Moscou dans la corne de l’Afrique, notablement en Éthiopie, mais également en ce qu’elles vont renforcer le partenariat déjà fluide et solide entre la Russie et les EAU, au travers du pays du tiers monde dans lequel ils ont tant d’intérêts en commun. Et une concrétisation réussie du concept selon lequel une coopération russo-émirati apporte des dividendes concrets et positifs dans d’autres pays comme l’Érythrée pourrait également ouvrir la porte à Abu Dabi pour inviter Moscou au Sud-Yémen, où les Russes exerçaient une influence à l’ère soviétique, ce qui pourrait permettre à la Russie de contribuer à la reconstruction de la société, ravagée par la guerre, et de consolider sa présence stratégique dans la région de la mer Rouge et du golfe d’Aden.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le 7 septembre 2018

 

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/au-travers-de-lerythree-et-des-eau-la-russie-se-tourne-vers-la-corne-de-lafrique