Russie : un adolescent se fait exploser dans une antenne régionale du FSB

Russie : un adolescent se fait exploser dans une antenne régionale du FSB

Un pompier russe devant le bâtiment abritant l’antenne du FSB à Arkhangelsk le 31 octobre 2018 / © AFP / Michail SHISHOV

Un adolescent de 17 ans s’est fait exploser mercredi dans une antenne locale des services russes de sécurité (FSB) dans le nord du pays, blessant trois employés, selon les autorités qui ont ouvert une enquête pour « acte terroriste ».

Un message posté sur les réseaux sociaux annonçant l’explosion quelques minutes avant qu’elle n’ait lieu a poussé les médias russes à évoquer une possible piste anarchiste pour cet acte, qui a eu lieu à 08H52 locales (05H52 GMT) dans l’entrée du bâtiment qui abrite l’antenne régionale du FSB, l’héritier du KGB soviétique, à Arkhanguelsk, une ville à un millier de kilomètres au nord de Moscou, au bord de la mer Blanche.

« Selon les premières informations, la personne qui est entrée dans le bâtiment a sorti d’un sac un objet non identifié qui a explosé dans ses mains, lui causant des blessures mortelles », a précisé le Comité antiterroriste dans un communiqué.

« Trois employés du FSB ont reçu des blessures à divers degrés », a ajouté la même source.

Le Comité d’enquête, organe dépendant du Kremlin et chargé des principales affaires, a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « acte terroriste » ainsi que pour « détention illégale de munitions ».

Patrouille de police dans une rue proche du siège du FSB à Arkhangelsk le 31 cotobre 2018 / © AFP / Michail SHISHOV

Il a identifié la personne décédée comme « un résident local de 17 ans, qui a introduit un engin explosif artisanal dans le bâtiment ».

– perquisitions et interrogatoires –

Il s’agit d’un étudiant d’un établissement technique local, Mikhaïl Zlobitski, a affirmé à l’AFP un responsable des forces de l’ordre locales, sous couvert de l’anonymat.

Le Comité a publié sur son compte Twitter une photo tirée des images de vidéosurveillance montrant un jeune homme aux cheveux courts, en manteau noir, dans le hall d’entrée d’un bâtiment, la main dans son sac à dos.

Explosion en Russie / © AFP / Selim CHTAYTI

« La personne décédée a été identifiée. Des investigations sont actuellement en cours pour établir toutes les circonstances de ce crime », a indiqué le Comité d’enquête.

Les attaques contre la police ou les services de sécurité sont rares en Russie, sauf dans le Caucase du Nord, région majoritairement musulmane où les autorités font face à des rebelles islamistes.

Les enquêteurs vont étudier notamment avec qui communiquait l’adolescent, « les relations et l’atmosphère dans sa famille, ainsi que dans l’établissement technique où il faisait ses études », a précisé le Comité dans un communiqué.

Ils vont également vérifier des informations sur « une éventuelle implication de la personne qui a commis le crime, dans les activités des organisations interdites », souligne le communiqué, en précisant que des perquisitions à domicile du suspect et des interrogatoires de ses proches étaient en cours.

Russie: un adolescent se fait exploser dans un bâtiment du FSB / © AFP / Michail Shishov

Quelques minutes avant l’explosion, un message publié sur le compte Telegram d’un groupe anarchiste a prévenu que le siège de l’antenne régionale du FSB serait bientôt la cible d’une « attaque terroriste ».

L’auteur de ce message, vu par l’AFP, écrivait sous le nom Valérian Panov.

« J’ai décidé de le faire parce que le FSB est devenu fou. Ils inventent des affaires et torturent les gens », a-t-il expliqué en estimant qu’il serait « très probablement tué dans l’explosion ».

« Je vous souhaite un avenir radieux de communisme anarchiste », a-t-il ajouté.

Des anarchistes russes ont dans le passé perpétré des attaques visant les autorités en mettant le feu sur des voitures de police ou lançant des cocktails Molotov sur les locaux du parti au pouvoir Russie Unie.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué aux journalistes que le président russe Vladimir Poutine avait été informé de cette attaque, sans faire plus de commentaires.

(©AFP / (31 octobre 2018 16h16)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Russie-un-adolescent-se-fait-exploser-dans-une-antenne-r-gionale-du-FSB/967331.rom

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Le monde se dissocie discrètement des États-Unis

Le monde se dissocie discrètement des États-Unis


… et personne n’y prête attention


Par Brandon Smith − Le 9 octobre 2018 − Source Alt-Market.com


La confiance aveugle dans le dollar américain est peut-être l’un des facteurs les plus invalidants dont disposent les économistes pour évaluer notre avenir économique. Historiquement parlant, les monnaies fiduciaires sont des animaux dont la durée de vie est très courte, et les monnaies de réserve mondiales sont encore plus sujettes à une mort prématurée. Mais, pour une raison ou une autre, l’idée que le dollar est vulnérable au même sort est jugée ridicule par les médias dominants.


Cette illusion a aussi récemment perfusé dans certaines parties du mouvement économique alternatif, certains analystes espérant que l’Administration Trump renversera en quelque sorte plusieurs décennies de sabotage des banques centrales en seulement quatre à huit ans. Cependant, cette façon de penser exige qu’une personne ignore complètement la tendance actuelle.

Des années avant que l’on ne soupçonne l’imminence d’une guerre commerciale, de nombreux pays ont établi des accords bilatéraux qui devaient réduire le dollar comme principal mécanisme d’échange. La Chine a été un chef de file dans cet effort, bien qu’elle soit l’un des plus importants acheteurs de titres du Trésor américain et détenteurs de réserves en dollars américains depuis le krach de 2008. Au cours des dernières années, ces accords bilatéraux ont pris de l’ampleur, en commençant par de petits accords, puis en se transformant en accords massifs sur les matières premières. La Chine et la Russie sont un parfait exemple de la tendance à la dé-dollarisation, les deux pays ayant formé une alliance commerciale sur le gaz naturel dès 2014. Cet accord, qui devrait commencer à stimuler les importations en Chine cette année, élimine le besoin de dollars comme mécanisme de réserve pour les achats internationaux.

La Russie et certaines parties de l’Europe, y compris l’Allemagne, se rapprochent également sur le plan commercial. Avec l’entrée de l’Allemagne et de la Russie dans l’accord sur le gazoduc Nordstream 2 malgré les condamnations de l’administration Trump, nous pouvons voir une nette progression des nations s’éloignant des États-Unis et du dollar et allant vers un « panier de devises ».

Le ministre de l’Énergie, Rick Perry, a laissé entendre que des sanctions sont possibles à l’égard du projet Nordstream 2, mais les politiques de guerre commerciale ne font que hâter le mouvement international qui s’écarte des États-Unis comme centre d’influence commerciale. Les sanctions américaines contre le pétrole iranien appuient cet argument, car la Chine, la Russie et une grande partie de l’Europe travaillent ensemble pour contourner les restrictions américaines sur le brut iranien.

La Chine a même mis en place son propre marché de pétro-yuans, et les premières livraisons de pétrole du Moyen-Orient vers la Chine payées par un contrat de pétro-yuans ont eu lieu en août de cette année. Les économistes classiques aiment à souligner la petite part du marché mondial du pétrole que représente le pétro-yuan, mais ils semblent ne pas avoir saisi l’ensemble de la situation. Le problème, c’est qu’il existe maintenant une solution de rechange au pétro-dollar là où il n’en existait pas auparavant. Et c’est là l’essentiel de la question qu’il faut examiner : La tendance vers des alternatives, et toutes les alternatives conduisant à la centralisation par les banques mondiales.

Au-delà de l’abandon du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale, il y a une nouvelle question autour des systèmes de paiement internationaux alternatifs. SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) est un réseau mondial de « messages financiers » entre les grandes banques, dont les banques centrales. Les transactions sont enregistrées via le réseau SWIFT, ce qui permet une confirmation rapide des « messages » et des mises à jour de comptes dans le monde entier.

Fondé à l’origine à Bruxelles, SWIFT est depuis des décennies le seul réseau bancaire de ce type disposant d’une capacité mondiale et, jusqu’à récemment, les principaux centres de données étaient situés aux États-Unis et aux Pays-Bas.

Le gouvernement américain a exploité un contrôle économique étendu en utilisant son influence sur SWIFT, notamment en surveillant massivement les transactions financières internationales et en refusant à des pays comme l’Iran l’accès à SWIFT par des sanctions. Par le passé, les États-Unis ont saisi ou gelé des fonds transférés par l’entremise de SWIFT entre des banques à l’extérieur des frontières américaines, y compris des transactions entièrement légales, ce qui indique que les États-Unis exercent un contrôle manifeste sur le système. Le statut de réserve mondiale du dollar, combiné à l’influence des États-Unis sur l’outil le plus important dans les transactions bancaires internationales, a renforcé la domination financière des États-Unis pendant de nombreuses années.

Mais le règne du dollar touche rapidement à sa fin, les banques mondiales comme le FMI cherchant à centraliser l’autorité monétaire dans une structure mondiale unique. La grande illusion perpétrée est que l’« ordre mondial multipolaire » qui est en train de naître est en quelque sorte « anti-globaliste ». Ce n’est tout simplement pas le cas.

Alors, que se passe-t-il réellement ? Le monde se rétrécit à mesure que tout le monde, SAUF les États-Unis, se consolide sur le plan économique. Cela inclut les alternatives à SWIFT.

La Russie vend ses bons du Trésor américain, mais entretient des liens étroits avec le FMI et la BRI, appelant à un système monétaire mondial sous le contrôle du FMI. La Chine fait de même, en resserrant ses liens avec le FMI par le biais de son système de panier de DTS, tout en coupant un par un ses liens avec le dollar. L’Europe se rapproche de la Russie et de la Chine, s’efforçant de défier les sanctions américaines.

Aujourd’hui, tous ces pays construisent de nouveaux réseaux de type SWIFT afin de mettre les États-Unis à l’écart de la boucle. En d’autres termes, les États-Unis sont en train de devenir le méchant de notre soap opera mondial et, du fait de leur orgueil démesuré, ils préparent le terrain pour leur propre destruction. Les États-Unis jouent un rôle de catalyseur en aidant les banques mondiales en faisant peur à leurs ennemis et alliés et en les poussant à une plus grande centralisation. Du moins, c’est le récit que je soupçonne que les futurs historiens reprendront.

Dans le cadre des efforts visant à saper les sanctions américaines contre le pétrole iranien, l’UE a établi un programme pour construire un nouveau système SWIFT en dehors de l’influence américaine. C’est un modèle auquel la Russie, la Chine et l’Iran ont accepté de participer, et la nouvelle a été largement ignorée par le grand public. Le Wall Street Journal a rapporté à contrecœur l’évolution de la situation, mais l’a rejetée comme étant inefficace pour contrecarrer les sanctions américaines. Et cela semble être le consensus parmi les médias – minimiser ou ignorer les implications d’un système SWIFT alternatif.

Les préjugés à l’égard du dollar soulèvent une fois de plus leur vilaine tête, et les dangers de ce genre de déni sont nombreux. Le dollar peut être, et est en train d’être contourné par des accords commerciaux bilatéraux. La domination américaine sur les marchés pétroliers est contournée par d’autres contrats pétroliers. Et maintenant, le contrôle américain des réseaux financiers est contourné par des programmes SWIFT alternatifs. Le seul fil conducteur qui maintient le dollar et, par extension, l’économie américaine ensemble est le fait que ces alternatives ne sont pas encore répandues. Cela va inévitablement changer.

Alors, la question est : quand cela va-t-il changer ?

Je crois que le rythme de la guerre commerciale dictera le rythme de la dé-dollarisation. Plus les tarifs deviendront agressifs entre les États-Unis et la Chine, l’Iran, l’Europe et la Russie, plus vite les systèmes alternatifs déjà existants seront mis en œuvre. À l’heure actuelle, la rapidité du conflit entre les États-Unis et la Chine laisse entrevoir un passage du dollar à un panier de monnaies internationales d’ici la fin 2020, et il faudra environ une autre décennie pour que ce processus se concrétise. En d’autres termes, le système du panier des DTS servira de pont dans le temps vers une nouvelle monnaie de réserve mondiale, un système monétaire mondial unique.

Avec les tarifs douaniers actuels qui couvrent au moins la moitié du commerce chinois et l’autre moitié qui est menacée si la Chine riposte de quelque manière que ce soit, je pense que ce n’est qu’une question de mois avant que la Chine n’utilise ses propres dollars et réserves de bons du Trésor comme arme contre les États-Unis. Lorsque cela arrivera, la Chine n’annoncera pas publiquement cette mesure, et les grands médias ne sauteront dessus que beaucoup trop tard.

Ne vous attendez donc pas à ce que l’Europe vienne en aide à l’Amérique si cela se produit. Il me semble évident, d’après le comportement récent de l’UE, qu’elle a l’intention de rester neutre, du moins pendant l’escalade, si ce n’est être totalement du côté de la Chine et de la Russie par nécessité économique.

La préparation de cet événement exige autant d’indépendance financière que possible. Cela signifie des alternatives tangibles au dollar, comme les métaux précieux, et des économies localisées basées sur le troc et le commerce. Une fois que le dollar perdra son statut de réserve mondiale, le transfert de l’inflation des prix aux États-Unis sera immense. Les dollars détenus à l’étranger reviendront en masse dans le pays, car ils ne seront plus nécessaires à l’échange international de biens et de ressources. Ce changement pourrait se produire très rapidement, comme une avalanche.

Encore une fois, ne vous attendez pas à recevoir un avertissement avant que les créanciers étrangers ne vendent des actifs libellés en dollars, et attendez vous à ce que les effets négatifs se fassent sentir dans un délai très court sur Main Street.

Brandon Smith

Note du Saker Francophone

Les analyses de cet auteur fortement anti-centralisation semblent parfois s'arrêter là où commencent les intérêts américains. Il est donc intéressant de connaître la vision d'un Américain pur jus, même anti-système, à l'égard de la fin de l'Empire américain. On pourrait le voir se réjouir de contempler la fin de l'Empire et de ces guerres impliquant le retour de la nation. Il devrait se féliciter de voir le dollar débarrassé de ce rôle de réserve mondiale qui désindustrialise son pays et lui vole sa souveraineté.

Certes les USA, s'ils existent encore en un seul morceau, devront faire défaut sur le dollar de la Fed et passer à une autre monnaie. Une monnaie souveraine ?

Taduit par Hervé pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/le-monde-se-dissocie-discretement-des-etats-unis

 

Urgence climatique : peut-on se passer de l’énergie nucléaire ?

29.10.2018

Urgence climatique : peut-on se passer de l’énergie nucléaire ?

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Par la rédaction

La France s’est fixée à la fois une ambition nationale et internationale dans la lutte contre le changement climatique. Trois ans après la COP21, et l’accord mondial sur l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C en 2100, le dernier rapport du GIEC alerte que la limite pourrait être atteinte entre 2030 et 2050. En France aussi, si le Plan climat a fixé un objectif de décarbonation à 2050, les émissions ont encore augmenté de 4 % en 2017. Dans ce contexte, la SFEN a publié mi-octobre une note faisant l’état des lieux entre énergie nucléaire et lutte contre le changement climatique. Voici ses principales conclusions.

Le nucléaire est une source d’énergie bas carbone reconnue

La même méthodologie (ACV) est utilisée aujourd’hui dans tous les secteurs pour calculer le bilan environnemental d’un service ou d’un produit. Le GIEC établit la médiane des émissions du nucléaire au niveau mondial à 12 g/kWh. En France, les émissions se situent dans la fourchette basse (jusqu’à 4-5  g/KWh selon certaines études), en raison du faible contenu carbone de l’électricité utilisée pour l’étape d’enrichissement.

L’efficacité de l’énergie nucléaire à réduire les émissions de gaz à effet de serre est démontrée

L’énergie nucléaire est industriellement disponible et déployable à grande échelle, avec 455 réacteurs en opération aujourd’hui dans 30 pays différents. Sa production était en légère augmentation en 2017 et représentait 10,3 % de la production mondiale d’électricité. Depuis 1970, elle a permis d’éviter le rejet de plus de 60 Gt de CO2 dans le monde, soit l’équivalent de cinq années d’émission de CO2 du secteur électrique. Ceci en fait la deuxième énergie bas carbone contributrice derrière l’hydroélectricité. À l’exception de la Norvège, les pays européens qui ont réduit rapidement leurs émissions dans le secteur électrique (Suède, Suisse, France), combinent énergie nucléaire et hydroélectricité. Grâce à l’énergie nucléaire, la France est le plus décarboné (en émissions par habitant) des sept plus grands pays industrialisés (G7). Enfin, l’analyse du programme nucléaire suédois à partir de 1972 démontre la capacité du nucléaire à décarboner rapidement le système électrique : les émissions par habitant ont baissé de 75 % en moins de vingt ans.

A contrario, les mises à l’arrêt de centrales nucléaires ont abouti à une stagnation, voire une augmentation, des émissions de gaz à effet de serre

États-Unis, Europe, Japon : plusieurs pays ont vu des fermetures de centrales ces dernières années. Malgré d’importantes ressources financières et l’accès à la meilleure technologie, les politiques menées se révèlent inefficaces, voire contre-productives au plan climatique. En Californie, dans le Vermont, dans le New Jersey, on voit, avec des fermetures prématurées de centrales, que c’est le gaz de schiste, fortement émetteur de gaz à effet de serre, mais pilotable, qui se substitue à l’énergie nucléaire bas carbone. En Allemagne, malgré des investissements massifs (25  milliards d’euros par an), la part du charbon, l’énergie la plus polluante, est restée stable : le pays n’atteindra pas ses objectifs climatiques. Le Japon, avec le trop lent redémarrage des réacteurs nucléaires, reste le premier acheteur mondial de gaz liquéfié : ses électriciens montrent même un nouvel intérêt pour le charbon. En France, le scénario prévisionnel RTE pour 50 % de nucléaire en 2025 aurait nécessité de garder quatre centrales à charbon et de construire vingt nouvelles centrales à gaz. Alors que plus de 80 % de la dépense publique pour les énergies renouvelables reste focalisée sur le secteur électrique, très faiblement émetteur, plutôt que sur des secteurs fortement émetteurs, comme le chauffage, le pays est encore sorti, pour la troisième année consécutive, de sa trajectoire fixée par la stratégie bas carbone.

Le nucléaire sera indispensable, au côté des énergies renouvelables, pour atteindre les objectifs de décarbonation

La décarbonation du secteur électrique est au cœur des enjeux climatiques : l’électricité représente 40 % des émissions totales, et est encore dominée par le charbon et le gaz (63 % du total). Des solutions bas carbone sont disponibles. Décarboner l’électricité représente pourtant un défi considérable. Les derniers scénarios fixent maintenant la barre très haut, visant une décarbonation totale du système électrique à l’horizon 2050, alors qu’on s’attend en même temps, en raison de la croissance démographique et du rattrapage des pays émergents, à un doublement de la consommation électrique. En dépit d’investissements massifs, les énergies renouvelables ne suffisent pas à elles seules à soutenir le rythme de décarbonation nécessaire. Les institutions internationales (OCDEAIE, UE) estiment toutes qu’il faudra mobiliser l’ensemble des technologies bas carbone (renouvelables, nucléaire et CCS) pour réduire les émissions,et les scénarios 100 % renouvelables font l’objet de nombreuses critiques.

L’énergie nucléaire a le potentiel aujourd’hui pour décarboner plus et plus rapidement

Le nucléaire est industriellement disponible aujourd’hui dans tous les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre de la planète ; Chine, États-Unis, Inde, Europe, Japon… Il représente une véritable alternative bas carbone au charbon, puisqu’il permet lui aussi de produire de l’électricité de manière massive, avec une disponibilité moyenne de l’ordre de 90  %. Comme le montre l’exemple de la France, la flexibilité du nucléaire rend possible le développement des renouvelables variables. Il s’insère dans le système électrique européen et évite en bonne part le recours à des unités à gaz ou à charbon dans les pays qui développent des parcs renouvelables. De manière générale, l’électricité bas carbone est un outil privilégié par les scénarios de décarbonation profonde L’électrification des usages est facilitée par une électricité bon marché : une étude récente du MIT démontre, à travers l’analyse de plus de 1 000 scénarios, que le coût de production de l’électricité décarbonée est d’autant moins cher que le mix est diversifié et inclut toutes les sources disponibles, dont le nucléaire. Enfin, à long terme, avec le développement de nouveaux types de réacteurs, le nucléaire sera en mesure de décarboner d’autres secteurs que l’électricité, comme par exemple la production de chaleur industrielle.

Merkel : la chute – Journal du mardi 30 octobre 2018

Merkel : la chute – Journal du mardi 30 octobre 2018

Union Européenne / Merkel : la chute
Après deux revers cuisants dans les urnes, Angela Merkel amorce sa sortie. Mardi, elle a annoncé son intention de ne pas se représenter à la tête de la CDU, et a également déclaré qu’elle ne serait pas candidate en 2021 pour conserver la chancellerie.

International / Brésil : Que peut faire Bolsonaro ?
Fraîchement élu après une campagne sulfureuse, le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro va devoir mettre en place ses réformes. Un défi d’envergure face aux nombreux garde-fous constitutionnels et un paysage parlementaire émietté.

International / États-Unis : Comprendre les élections de mi-mandat

Politique / Réforme de l’Etat : vers une purge de la fonction publique ?
Edouard Philippe a présenté son plan pour la fonction publique afin de réduire les rangs d’environ 50 000 postes. Pour la modique somme de 50 millions d’euros, les fonctionnaires auront désormais accès à une agence de reconversion…

Serveur TVL
https://chaine.tvlibertes.com/widget/merkel-la-chute-journal-du-mardi-30-octobre-2018

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Syrie : ISIS défait la force par procuration américaine

Syrie : ISIS défait la force par procuration américaine


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama − Le 29 octobre 2018

Les mercenaires mandatés par les États-Unis dans l’est de la Syrie ont encore perdu du terrain au profit d’État islamique.

La carte montre les positions d’ISIS (en gris), de la force mandataire SDF (jaune) et de l’armée syrienne (rouge) à la frontière irakienne le 19 octobre.


Voici les positions à compter d’aujourd’hui.



La force américaine par procuration a perdu les villes de Susah, Hawi al-Susah, Safafinah, Mozan, Shajlah et Baghuz Fawqani et ISIS est de retour à la frontière irakienne. Les forces irakiennes ont été mises en alerte et ont scellé la frontière de leur côté.

La cause immédiate de la perte était une nouvelle tempête de sable qu’ISIS a utilisée pour contre-attaquer. Une contre-attaque similaire lors d’une tempête de sable s’est déjà produite il y a deux semaines. Cela rend la déclaration de ce porte-parole américain risible :

«La tempête de sable a permis une contre-attaque d’État islamique, ce qui était surprenant compte tenu des conditions, mais maintenant, l’air est dégagé et la coalition continuera à augmenter son soutien aérien et sa puissance de feu pour aider ses partenaires», a déclaré le colonel Ryan …

Les tempêtes de sable désactivent le soutien aérien et l’artillerie. C’est pourquoi ISIS, qui manque d’armée de l’air, utilise depuis des années toutes les tempêtes de sable pour attaquer. Ce n’est pas surprenant du tout, car c’est l’une de ses formes de combat caractéristiques. Les tempêtes de sable signifient que l’on peut s’attendre à une attaque d’État islamique. L’attaqué doit doubler sa garde et être prêt à défendre sa position. Les forces spéciales américaines censées diriger leurs mandataires semblent avoir négligé cela.

Les djihadistes d’État islamique ont attaqué de manière habituelle pendant la tempête de sable. Un kamikaze a fait exploser la première position sur la ligne de front et plus de 100 combattants ont pris d’assaut et encerclé les lignes ennemies. Depuis vendredi, entre 60 et 80 SDF [mercenaires kurdes] ont été tués, d’autres blessés et au moins 20 faits prisonniers. D’autres ont simplement fui paniqué et État islamique a pu reprendre plusieurs villages sans se battre. ISIS affirme que tous les combattants capturés étaient des Arabes, pas des Kurdes.

Les Kurdes ont décidé depuis longtemps que le combat sur l’Euphrate n’était pas leur principal problème. Ils se préparent à lutter contre une invasion turque. La force terrestre SDF qui attaque ISIS est principalement arabe. Certains ont été embauchés par les États-Unis, mais beaucoup d’entre eux ont été contraints à collaborer. Ils ne sont pas intéressés à risquer leur vie. Ils n’attaqueront que lorsque l’armée de l’air américaine aura bombardé leurs ennemis en miettes.

Après les lourdes pertes du SDF arabe, il a été demandé au YPG kurde d’envoyer quelque 300 de ses combattants pour reprendre les positions perdues et pour poursuivre l’attaque générale contre ISIS, qui n’a généré aucun gain depuis un mois.

État islamique détient toujours quelque 700 prisonniers et otages. Il avait menacé de les tuer s’il ne recevait ni nourriture ni médicaments. Il n’y a eu aucune nouvelle de leur destin.

Vendredi, les présidents russe, français et turc et la chancelière allemande Merkel se sont rencontrés à Istanbul. Les parties française et allemande ont renoncé à un changement de régime [en Syrie]. Ils ont un problème de réfugiés et veulent la fin de la guerre. Ils insistent toujours pour que la Syrie change sa constitution mais Damas n’a aucune raison de suivre de telles consignes. L’ancien ambassadeur de l’Inde en Turquie, MK Bhadrakumar, procède à une analyse plus approfondie du sommet. Sa grande question est de savoir comment évoluent les relations américano-turques.

Il y a peu de raisons de penser que cela ira mieux. Erdogan veut que les États-Unis quittent la Syrie presque autant que Damas elle-même. Erdogan a récemment menacé d’envahir la partie nord-est de la Syrie contrôlée par les États-Unis. Hier, l’artillerie turque a touché des positions de la force de procuration américaine en Syrie près de la frontière avec la Turquie.

Les États-Unis continuent d’insister pour que les “milices soutenues par l’Iran” quittent la Syrie avant le départ des États-Unis. Mais les “milices soutenues par l’Iran” en Syrie sont aujourd’hui des Syriens. L’Iran a soutenu des groupes composés de combattants afghans et irakiens et les soldats iraniens ont quitté le pays il y a quelque temps. Il reste tout au plus quelques officiers iraniens, payés par l’Iran, pour l’entraînement des groupes locaux. La demande n’a aucun sens. Elle vient probablement d’Israël, qui souhaite que les États-Unis restent en Syrie le plus longtemps possible.

La situation dans le gouvernorat d’Idlib et ailleurs n’a pas changé. Le prochain sommet américano-russe du 11 novembre traitera de la question de la Syrie. Jusque-là tout est figé.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/syrie-isis-defait-la-force-par-procuration-americaine

 

En pleine campagne, Trump dit vouloir mettre fin au droit du sol

Le président américain Donald Trump lors d’un meeting électoral à Murphysboro, dans l’Illinois, le 27 octobre 2018 © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives SCOTT OLSON

International

En pleine campagne, Trump dit vouloir mettre fin au droit du sol

le 30 octobre 2018

A une semaine d’élections législatives cruciales pour la suite de son mandat, le président des Etats-Unis Donald Trump a annoncé vouloir mettre fin, par décret, au droit du sol qui stipule que tout enfant né sur le territoire américain a la nationalité américaine.

Cette proposition, formulée au lendemain de l’annonce de l’envoi de plus de 5.000 militaires à la frontière mexicaine, s’inscrit dans une série de déclarations du magnat de l’immobilier visant à placer, comme en 2016, l’immigration au coeur du débat politique. Dans un tweet, il a agité cette semaine le spectre d’une « invasion » de migrants.

Dans un entretien à Axios publié mardi, il assure envisager de signer un décret pour que les enfants nés sur le sol américain de parents en situation irrégulière ne bénéficient plus de la nationalité américaine.

La remise en cause, par décret présidentiel, de ce principe inscrit dans le 14ème amendement de la Constitution, devrait cependant se heurter à des obstacles juridiques majeurs, nombre d’experts estimant que le président ne peut prendre une telle décision.

« Nous sommes le seul pays au monde où, si une personne arrive et a un bébé, le bébé est citoyen des Etats-Unis… avec tous les avantages », affirme Donald Trump dans cet entretien télévisé. « C’est ridicule, c’est ridicule, il faut que cela cesse ».

Dans les faits, le Canada accorde également la nationalité à une personne née sur son sol, même si ses parents sont en situation irrégulière.

« On m’avait toujours dit que vous aviez besoin d’un amendement constitutionnel. Vous savez quoi? Ce n’est pas le cas », avance le président américain au cours de l’entretien.

« C’est en cours. Cela va se faire, avec un décret », ajoute-t-il, sans cependant donner la moindre indication de calendrier, ni de précisions sur l’état d’avancement de ce projet.

Pour Laurence Tribe, professeur de droit constitutionnel à l’université de Harvard, ce projet de décret est tout simplement une aberration. « Si le droit du sol garanti par le 14ème amendement pouvait être effacé d’un trait de plume par Trump, alors la Constitution dans son ensemble pourrait être effacée de la même manière », a-t-il tweeté.

– « Invasion » –

A plusieurs reprises, des élus républicains ont tenté, sans succès, d’exclure l’attribution de la nationalité américaine aux bébés nés de parents résidant illégalement dans le pays.

Et le débat refait régulièrement surface sur l’aile droite du « Grand Old Party ».

« La notion selon laquelle le simple fait d’être né dans les limites géographiques des Etats-Unis confère automatiquement la nationalité américaine est une absurdité, que ce soit d’un point de vue constitutionnel, historique, philosophique ou pratique », écrivait en juillet dans la Washington Post Michael Anton, ancien conseiller de Donald Trump à la Maison Blanche.

Multipliant les déclarations sur le thème de l’immigration, Donald Trump a affirmé lundi soir sur Fox News vouloir construire « des villes de tentes » à la frontière avec le Mexique. Les migrants « devront attendre, et s’ils n’obtiennent pas l’asile, ils s’en vont », a-t-il lancé.

L’ACLU, puissante organisation de défense des libertés civiques, a par ailleurs dénoncé l’envoi de troupes à la frontière, dénonçant la volonté de M. Trump de « forcer l’armée à promouvoir son programme anti-immigration et de division ».

Les Américains sont appelés aux urnes dans une semaine pour la première fois depuis l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche le 6 novembre 2016. En jeu: tous les sièges de la Chambre des représentants, un tiers de ceux du Sénat, ainsi que les postes de gouverneurs dans une trentaine d’Etats.

Les républicains, aujourd’hui aux commandes du Congrès, jouent gros. Si un basculement du Sénat semble a priori peu probable, les sondages dessinent une victoire des démocrates à la Chambre des représentants.

LNT avec Afp

https://lnt.ma/pleine-campagne-trump-dit-vouloir-mettre-fin-droit-sol/

Après le meurtre de Kashoggi, Washington appelle à la fin de la guerre au Yémen

International

Après le meurtre de Kashoggi, Washington appelle à la fin de la guerre au Yémen

le 31 octobre 2018

Les Etats-Unis ont appelé mardi à la fin de la guerre au Yémen, demandant notamment que cessent les frappes aériennes de la coalition menée par l’Arabie saoudite, un changement de ton après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

Washington, qui réclame l’ouverture de négociations de paix d’ici 30 jours, estime toutefois toujours que le premier pas doit être fait par les rebelles Houthis soutenus par l’Iran chiite, bête noire commune des Américains et de leurs alliés sunnites soudiens.

Le message a été relayé par le ministre de la Défense Jim Mattis puis par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

S’ils n’ont fait aucune référence directe à la mort du journaliste critique de Ryad, qui a terni l’image du royaume et fait naître de lourds soupçons sur le rôle du prince héritier Mohammed ben Salmane, cette nouvelle fermeté américaine intervient dans un contexte où l’administration de Donald Trump est sous pression du Congrès pour prendre ses distances avec l’Arabie saoudite.

« L’heure est maintenant à la fin des hostilités, ce qui inclut les tirs de missiles et de drones venant de zones contrôlées par les Houthis vers le royaume d’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis », a déclaré Mike Pompeo dans un communiqué.

« Les frappes aériennes de la coalition doivent ensuite cesser dans toutes les zones peuplées du Yémen », a-t-il ajouté.

Jim Mattis a plaidé pour le même enchaînement, appelant « tout le monde » à rejoindre la « table de négociations sur la base d’un cessez-le-feu » qui verrait d’abord un retrait des rebelles Houthis de la frontière avec l’Arabie saoudite, « puis un arrêt des bombardements » de la coalition arabe.

L’arrêt des hostilités permettra à l’émissaire des Nations unies pour le Yémen, le Britannique Martin Griffiths, de « réunir » les différentes parties « en Suède », a poursuivi le chef du Pentagone.

– Crise humanitaire –

« Nous devons faire ça d’ici 30 jours (…) et je pense que l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont prêts », a-t-il ajouté au cours d’une conférence à Washington, après avoir rencontré plusieurs dirigeants arabes le week-end dernier en marge du Dialogue de Manama, une rencontre annuelle sur la sécurité à Bahrein.

Mike Pompeo a aussi demandé de premières consultations sous l’égide de l’émissaire de l’ONU « en novembre dans un pays tiers » pour évoquer notamment « la démilitarisation des frontières et la concentration de toutes les armes lourdes sous le contrôle d’observateurs internationaux ».

La dernière tentative de Martin Griffiths d’organiser des pourparlers de paix, en septembre à Genève, s’était soldée par un échec, en l’absence des Houthis.

La guerre, qui a fait quelque 10.000 morts et engendré la pire crise humanitaire actuelle dans le monde selon l’ONU, oppose des forces pro-gouvernementales aux rebelles soutenus par l’Iran, qui se sont emparés en 2014 et 2015 de vastes régions du Yémen dont Sanaa, la capitale. En mars 2015, la coalition sous commandement saoudien est intervenue en soutien des forces loyalistes.

L’armée américaine fournit une aide logistique à l’Arabie saoudite et aux Emirats, et partage des renseignements avec ces alliés-clés.

Mais face aux accusations de frappes aveugles et de bavures de la part de Ryad, qui ont coûté la vie à des centaines de civiles, l’administration Trump était déjà sous pression du Congrès pour inciter les Saoudiens à rentrer dans le rang voire pour réduire leur soutien militaire.

Après le meurtre de Jamal Khashoggi, le 2 octobre dans le consulat saoudien à Istanbul, cette pression s’est accrue, d’autant que la crise frappant le royaume a des répercussions internationales.

Si les Etats-Unis, comme la France, excluent de cesser de vendre des armes à Ryad, l’Allemagne a, elle, choisi d’arrêter ses exportations d’armements. En revanche, le changement de ton de Washington sur la guerre au Yémen fait écho aux propos de la ministre française des Armées Florence Parly, qui a estimé mardi qu’il était « plus que temps » que ce conflit « cesse ».

LNT avec AFP

https://lnt.ma/apres-meurtre-de-kashoggi-washington-appelle-a-fin-de-guerre-yemen/

L’Autriche se retire du pacte de l’ONU sur les migrations

Le gouvernement autrichien a annoncé aujourd’hui son retrait du pacte de l’ONU sur les migrations, qui sera formellement entériné en décembre et auquel le pays dit s’opposer, comme la Hongrie et les Etats-Unis, pour « défendre sa souveraineté » en matière d’immigration.

« Le gouvernement a convenu (…) de ne pas signer le pacte des Nations Unies sur la migration et ainsi de ne pas lier l’Autriche », a indiqué un communiqué de la coalition dirigée par le chancelier conservateur Sebastian Kurz avec le parti d’extrême droite FPÖ. La formation d’extrême droite faisait campagne depuis plusieurs semaine pour que Vienne boycotte ce texte considéré comme le premier document international sur la gestion des migrations.

Les pays de l’ONU, à l’exception des Etats-Unis, ont approuvé le document en juillet. Quelques jours plus tard, la Hongrie avait annoncé son retrait de cet accord, qui doit être entériné par l’ensemble des signataires lors d’un sommet à Marrakech les 10 et 11 décembre.

[…] Le vice-chancelier FPÖ Heinz-Christian Strache avait dit craindre que le document ne consacre « un droit à la migration »

Le gouvernement hongrois de Viktor Orban avait de son côté dénoncé un pacte jugé « dangereux », car il « incitera des millions de personnes à prendre la route ». La Pologne a récemment fait part de son intention de rejeter aussi le texte. Washington s’était retiré fin 2017 de l’élaboration du document en affirmant qu’il comprenait des dispositions contraires à la politique d’immigration de Donald Trump.
Le pacte de l’ONU préconise notamment de renforcer la coopération internationale pour répondre au phénomène mondial des migrations. Il recense une série de principes – défense des droits de l’homme, des droits des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale, etc – et comprend un catalogue de mesures pour aider les pays à faire face aux migrations: améliorer l’information, mesures pour mieux intégrer les migrants, échange d’expertises…

Le Figaro

 

Pakistan : la Cour suprême acquitte la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème

La Cour suprême du Pakistan a acquitté en appel la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010 et dont le cas avait suscité l’indignation à l’étranger et des violences dans le pays, selon un verdict rendu mercredi.

« Elle a été acquittée de toutes les accusations« , a déclaré le juge Saqib Nisar lors de l’énoncé du verdict à la Cour suprême, ajoutant que Mme Bibi, qui se trouve actuellement incarcérée dans une prison à Multan (centre), allait être libérée « immédiatement« .

Ce verdict pourrait susciter la fureur des milieux religieux fondamentalistes qui appelaient de longue date à l’exécution de Mme Bibi. Des islamistes radicaux avaient ces dernières semaines menacé les juges statuant sur son cas en cas de jugement favorable.

Mercredi, la capitale Islamabad avait été placée sous haute sécurité, avec des barrages sur les routes notamment à proximité des quartiers où vivent les magistrats et la communauté diplomatique, a constaté l’AFP. […]

En cas de libération, « Asia ne peut pas rester (au Pakistan) avec la loi » sur le blasphème, avait estimé son mari Ashiq Masih, accueilli à Londres par l’ONG catholique Aide à l’Église en détresse (AED) et interrogé le 13 octobre par l’AFP. […]

news.yahoo

La Russie va répondre aux manoeuvres géantes de l’Otan par des tests de missiles

La Russie va répondre aux manoeuvres géantes de l’Otan par des tests de missiles

Un hélicoptère américain de la Navy lors des manoeuvres Trident Juncture 18 de l’Otan au large de la Norvège. Près de Trondheim, le 29 octobre 2018. / © AFP / Jonathan NACKSTRAND

La Russie dit vouloir tester des missiles cette semaine au large de la Norvège dans une zone où l’Otan effectue des manoeuvres militaires géantes, un projet qui illustre l’escalade des tensions dans le Grand Nord aux yeux des experts.

« Nous avons reçu notification la semaine dernière de projets russes de tests de missiles au large des côtes ici », a déclaré mardi le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, en visite dans l’ouest de la Norvège où se déroule Trident Juncture 18.

Cet exercice, le plus vaste que l’Alliance atlantique ait organisé depuis la Guerre froide, vise à tester sa capacité à secourir un de ses membres agressé par un autre État.

Mobilisant quelque 50.000 soldats, 65 navires et 250 aéronefs de 31 pays à plusieurs centaines de kilomètres de la frontière russo-norvégienne dans l’Arctique, ces manoeuvres irritent Moscou, qui avait par avance promis une « riposte ».

« Malgré des tentatives assez maladroites de la part des représentants de l’Alliance et des États-membres visant à présenter cette activité militaire comme défensive, il est évident que cette démonstration de force est de nature clairement antirusse », s’est insurgée la diplomatie russe.

L’armée russe a annoncé la semaine dernière le déploiement de quatre navires dans l’Atlantique nord pour des manoeuvres.

« La Russie a des forces navales significatives dans cette zone », a indiqué M. Stoltenberg mardi. « J’attends de la Russie qu’elle se comporte de manière professionnelle ».

– L’Otan dédramatise –

Le patron de l’Otan a cependant cherché à dédramatiser la situation.

Vérifications à bord d’un hélicoptère Sikorsky de la Marine américaine, lors des manoeuvres de l’Otan Trident Juncture 18, au large de la Norvège. Le 29 octobre 2018. / © AFP / Jonathan NACKSTRAND

« Nous suivrons bien sûr de près ce que la Russie fait mais ils opèrent dans les eaux internationales et ils nous ont notifié de façon normale ».

Selon Avinor, l’agence publique en charge des aéroports norvégiens, la Russie a envoyé un message aux navigants aériens (Notam) pour les informer de ces tirs prévus du 1er au 3 novembre en mer de Norvège.

La zone concernée et les dates chevauchent largement celles de Trident Juncture, qui se déroule du 25 octobre au 7 novembre.

Un porte-parole d’Avinor, Erik Lødding, a indiqué que ce genre de notifications en pleine zone d’exercice n’était à sa connaissance « pas très fréquent » mais qu' »il n’y a rien de dramatique ».

« Cela ne changera pas nos plans », a de son côté assuré M. Stoltenberg.

« Tant que les Russes agissent d’une manière sûre et notifient comme ils le doivent, c’est quelque chose qui peut se produire sans poser de problèmes », a-t-il dit à l’AFPTV.

La Norvège joue elle aussi la carte de l’apaisement.

« Ce serait risquer l’escalade que de nous laisser gagner par l’irritation », a déclaré son ministre de la Défense, Frank Bakke-Jensen, à quelques journalistes. Les Russes « respectent les règles et ils peuvent s’entraîner comme ils le souhaitent ».

Un torpilleur norvégien lors des manoeuvres de l’Otan au large de la Norvège, le 29 octobre 2018. / © AFP / Jonathan NACKSTRAND

– ‘Nouvelle Guerre froide’ –

Mais les spécialistes des relations internationales l’entendent d’une autre oreille.

« Il est tout à fait clair que ce que certains appellent +la nouvelle Guerre froide+ s’est transplantée dans le Nord d’une manière que peu anticipaient après la crise en Ukraine en 2014 », décrypte pour l’AFP Julie Wilhelmsen, experte de la Russie à l’Institut norvégien des relations internationales (Nupi).

« Quatre ans plus tard, on observe que les interactions entre États dans cette zone sont emprisonnées dans une escalade de tensions entre l’Otan et la Russie », dit-elle.

Si elle s’offusque, la Russie étale également sa puissance militaire. En septembre, elle a conduit les plus grandes manoeuvres de son histoire, Vostok-2018, avec officiellement près de 300.000 soldats en Sibérie orientale et dans l’Extrême-Orient russe.

« Aujourd’hui, et en particulier depuis 2014, le Kremlin est obnubilé par ce qu’il appelle +l’encerclement+ de la Russie, à savoir que l’Otan s’approche de plus en plus des frontières russes, ce qui est perçu comme offensif », explique Mme Wilhelmsen.

« Dans son voisinage, la Russie ne va pas renoncer à ce qu’elle considère comme son droit à défendre ses intérêts sécuritaires », affirme-t-elle.

Conseiller à la Fondation pour la recherche stratégique basée à Paris, François Heisbourg s’est quant à lui demandé si c’était une « bonne idée » de la part de la Russie de jouer les trouble-fête dans Trident Juncture.

« Le Kremlin fait son possible pour prouver aux pays nordiques que la menace russe n’est pas une vue de l’esprit occidentale », a-t-il estimé sur Twitter.

(©AFP / (30 octobre 2018 15h54)

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