Départ de Collomb : pourquoi 7 Français sur 10 approuvent

Départ de Collomb : pourquoi 7 Français sur 10 approuvent

Par latribune.fr  |   |  724  mots
Mercredi matin, la passation de pouvoir entre Gérard Collomb et Édouard Philippe -qui va assurer l'intérim- s'est déroulée de façon déconcertante. Le Premier ministre s'est fait attendre un long quart d'heure pendant lequel les caméras tournaient, montrant le ministre de l'Intérieur, planté à l'extérieur sur le perron de la place Bauvau. La cérémonie s'est ensuite déroulée dans une ambiance glaciale, avec un Edouard Philippe totalement impassible.
Mercredi matin, la passation de pouvoir entre Gérard Collomb et Édouard Philippe -qui va assurer l’intérim- s’est déroulée de façon déconcertante. Le Premier ministre s’est fait attendre un long quart d’heure pendant lequel les caméras tournaient, montrant le ministre de l’Intérieur, planté à l’extérieur sur le perron de la place Bauvau. La cérémonie s’est ensuite déroulée dans une ambiance glaciale, avec un Edouard Philippe totalement impassible. (Crédits : Reuters)
Le ministre de l’Intérieur a-t-il démissionné pour désaccord avec le président Macron? Ou par réel désir de se consacrer à sa réélection à Lyon en 2020 ? Ce sondage Elabe pour BFM TV dévoile comment les Français interprètent cet événement politique déconcertant, et comment cela influence leur opinion sur la solidité du gouvernement et la personnalité du président Macron.

Le départ anticipé de Gérard Collomb du ministère de l’Intérieur, pour, selon la version officielle, se consacrer aux élections municipales à Lyon, est approuvé par 7 Français sur 10, selon un sondage Elabe pour BFM TV publié ce mercredi 4 octobre.

Sur les 1.000 personnes interrogées les 2 et 3 octobre via internet, 70% estiment que Gérard Collomb devait quitter le gouvernement dès maintenant. Ils sont 29% à considérer qu’il devait plutôt rester au gouvernement jusqu’au début de la campagne des élections municipales.

Benalla, Hulot… dans la tête des Français

Interrogés sur les motivations de l’ex-ministre d’État, 57% des sondés pensent que son choix a d’abord été motivé par un désaccord entre lui et Emmanuel Macron, alors que 42% jugent prioritaire son désir de briguer de nouveau la mairie de Lyon, en 2020.

Selon plusieurs analystes, ce départ ébranle encore davantage un Emmanuel Macron à peine remis de l’affaire Benalla et du départ surprise de Nicolas Hulot, et complique la donne pour le chef de l’État à l’heure où les résultats tardent à se concrétiser.

« Cela donne le sentiment d’un délitement du pouvoir et d’un président qui aurait un peu perdu la main et son image en ressort de fait écornée », relève Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et Stratégies de l’Ifop.

« Radeau de la Médue », l’opposition brocarde le départ d’un fidèle

« Gérard Collomb avait en outre une relation particulière avec le chef de l’Etat et avait joué un rôle important dans l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron, son départ est donc doublement pénalisant. »

Édouard Philippe, qui a annulé son déplacement en Afrique du Sud prévu demain et vendredi, a pris ses fonctions intérimaires ce matin place Beauvau lors d’une passation de pouvoir qui s’est déroulée dans une ambiance glaciale.

L’opposition, elle, brocarde un gouvernement changé en « radeau de la Méduse » et estime que la démission du ministre de l’Intérieur qui, en mettant Emmanuel Macron devant le fait accompli, a ouvert une « crise majeure » et torpillé l’autorité du chef de l’Etat aux yeux de la droite comme de la gauche.

Le président jugé « autoritaire » et « arrogant » mais aussi « dynamique »

Les personnes interrogées ont également été invitées à juger le style d’Emmanuel Macron, considéré comme un président autoritaire à 79%, mais aussi arrogant (71%) et dynamique (71%).

De l’avis des deux tiers des sondés (64%) la façon d’être et le style d’Emmanuel Macron sont plutôt un défaut. Seuls 35% les considèrent comme une qualité.

Démenti, minimisation… « pas de crise politique », clame le président

Emmanuel Macron a démenti mercredi lors du conseil des ministres « toute crise politique » quelques heures après avoir accepté la démission de Gérard Collomb à l’issue d’un bras de fer inédit de deux jours entre le ministre de l’Intérieur et l’Elysée.

Hier, le président de la République, Emmanuel Macron minimisait le bras de fer inédit qui a entouré la démission de son ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, évoquant des « péripéties » et assurant que le gouvernement était « au travail ».

« Je vous rassure, il y a un cap, des institutions, un gouvernement au travail, au service du pays et du peuple français, c’est tout ce qui compte », a dit le chef de l’Etat à des journalistes en marge d’une visite au salon de l’automobile à Paris.

Collomb s’avoue dérouté par le choc médiatique de sa démission

Le journal  20 min rapporte ce jeudi que le ministre a donné une interview à CNews depuis la mairie de Lyon où il réside désormais, dans laquelle il avoue qu’il ne s’attendait pas à ce que sa démission (par deux fois) déclenche un tel maelstrom médiatique :

« Je ne pensais pas à vrai dire que [mon départ] provoquerait ce choc-là (…) Je ne voulais pas que ma problématique déstabilise l’institution car l’institution police-gendarmerie est essentielle et doit fonctionner », a expliqué l’ex-ministre, cité par 20 min.

Au passage, l’ex-ministre de l’Intérieur explique comment le quotidien « Le Figaro » qui avait la primeur de l’annonce de sa démission, en publiant l’information plus tôt que prévu, a créé un clash avec le Premier ministre.

(avec Reuters)

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