Papyrus, parchemin ou papier?

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Bonjour à tous! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’une des constituantes essentielles du livre, qu’il soit manuscrit ou imprimé. Comme je le disais dans l’article sur le manuscrit, on le définit souvent comme un ensemble de pages ou de feuillets, mais la nature-même de ces pages ou feuillets a changé au cours des siècles entre le Moyen-Age et aujourd’hui. Je vais donc vous faire un rapide tour d’horizon de chaque de ces natures, et voir leur mode production et ce qui les distingue entre elles.

Tout d’abord, nous savons très peu que le papyrus, associé très justement à l’Egypte, a aussi été utilisé en Occident jusqu’aux IIè ou IIIè siècles. La particularité du papyrus est qu’il se lit en rouleau (ou volumen): ces rouleaux de papyrus sont en réalité un assemblage de 20 feuillets de papyrus en moyenne, d’une longueur totale de 4 mètres, même si le plus long est aujourd’hui conservé à la BNF et fait dans les 7 mètres! Une autre particularité du papyrus, et qui explique sa présentation en volumen, est qu’il est très peu pliables: en l’enroulant, on évite ainsi de le casser.

Comment est fabriqué le papyrus? La plante – la tige- est d’abord découpée en lamelles. Une fois ces lamelles extraites, on humecte puis on croise les lamelles pour ensuite les marteler et les coller ensemble: une fois sèche, la feuille peut être utilisée, et on écrira dans le sens des fibres. Technique très basique, mais efficace, qui perdure jusqu’au XIIè siècle en Egypte.

Mais l’Occident va progressivement s’écarté de cette utilisation du papyrus en volumen pour ensuite passer au parchemin en codex, tout cela sous l’influence majeure du christianisme. En effet, les religieux ont besoin de pouvoir se repérer dans le texte et trouver un morceau de texte facilement. Or avec un rouleau, c’est impossible de numéroter ou de paginer les pages car il est circulaire et interminable. C’est ainsi que l’on passa au codex, notre livre « moderne », pour pouvoir folioter et paginer pour ensuite faire un index renvoyer à ces numéros. C’est alors qu’est apparu le parchemin – la peau de Pergame selon Pline l’Ancien en raison de ses prétendues origines – obtenu à partir de différentes peaux: mouton, chèvre, veau, et la plus précieuse, le vélin.

parchemin 2

Sa technique de fabrication est beaucoup plus complexe que le papyrus et nécessite des dizaines d’étapes. Pour faire simple, la peau est lavée puis épilée, ensuite trempée et travaillée pour enfin être manuscrite après avoir été découpée. Les peaux étant très chères, l’espace est entièrement occupé: il n’y a pas de renvois à la ligne, de blancs de chapitres, mais simplement des symboles tels que les pieds de mouche ou les lettrines, ainsi que les indications en rouge du scribe.

travail parchemin

Durant tout le Moyen-Age, disposer d’un livre est montrer sa richesse en fonction du nombre de feuillets, donc de peaux, que contiennent ces livres. Mais avec la démocratisation du livre durant ce Moyen-Age, un nouveau type de page va apparaître, le papier. Ce papier est apparu en Chine au Ier siècle, mais est seulement arrivé et utilisé en Europe au XIIè siècle, avec l’apparition des moulins à eau et de la fabrique-moulin de Fabriano en Sicile en 1276.

Mais attention, le papier n’est pas encore celui que l’on connaît actuellement: c’est un papier-chiffonnier, c’est à dire qu’il est fait à partir des chiffons, donc des vêtements usagés, en lin, en coton ou en chanvre de préférence. Pour faire un bon papier, il faut des chiffons blancs que l’on va découpés en lamelles et laisser pourrir plusieurs jours et semaines pour séparer la cellulose. La pâte obtenue est ensuite passée sous un moulin à maillets qui va réduire au fur et à mesure les morceaux en morceaux de plus en plus petits, jusqu’à obtenir seulement des fibres. Ce liquide ainsi obtenu est ensuite mis dans une cuve chaude où l’on va plonger la forme avec des treillis en fils de laiton (qui créeront la vergeure) qui tiennent grâce à des morceaux de bois (les pontuseaux). Le papier va donc toujours garder ces marques de vergeure et de pontuseaux, même une fois sec, ce qui permet ensuite au bibliothécaire actuel de connaître son mode de pliage et donc son format.

dav

Ce ne sera que très tardivement à l’époque moderne que notre papier fait à base de pâte de bois est apparu, remplaçant le papier-chiffonnier. Or notre papier de bois se conserve beaucoup moins bien que celui utilisé pendant des siècles…

J’espère que cet article vous a plu et vous a donné envie de regarder de plus près les pages des livres anciens. J’attends vos avis et commentaires avec impatience! A bientôt!

Toutes les photos sont issues d’images Wikipédia ou Wikimédia Commons libres de droits, ou bien ce sont des photos personnelles 🙂

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