Jack London et la menace des oligarchies humanitaires

Jack London et la menace des oligarchies humanitaires


Par Nicolas Bonnal – Novembre 2018 – Source nicolasbonnal.wordpress.com

Nicolas Bonnal

Nous sommes cernés par les sponsors des migrants, de la théorie du genre ou de l’écologie. Ces horribles bonnes intentions sont financées par des ultra-riches devenus fous. Les affaires financent notre enfer vertueux.

Pétri de bonne conscience, l’Occident est dirigé par des oligarques humanitaires et des femmes/hommes politiques pleins de bonne volonté. Il est facile de s’en prendre à un Kadhafi ; mais à une gentille humanitaire qui fait rentrer trois millions de migrants en Europe ? Comment lui résister ? Comment oser protester à moins d’être un ignoble raciste-suprématiste-populiste-pollueur qui abuse de la liberté qu’on lui octroya jadis avec tant d’étrange inconscience démocratique ? Comment ensuite résister à l’envie de détruire via l’OTAN un pays qui ne respecte pas les droits de l’enfant redéfini par Angelina quand on permet aux couples homos riches d’en adopter après avoir financé la fabrication ? Hein ? Comment ?

La Fed a été créée il y a un peu plus de cent ans. La dette sans limites, les élites déclenchent peu après la première guerre mondiale ; elles ont voulu un créer un nouvel ordre mondial dès la fin de cette guerre, via les propositions de Wilson et Mandel House. À cette époque aussi Rathenau parlait des 300 qui dirigent le monde ; et de cette oligarchie anonyme et vagabonde des esprits aussi brillants et différents que Chesterton (dans Un nommé jeudi) ou Jack London furent les dénonciateurs. On va parler de Jack London ; nous le redécouvrons avec joie.
C’est dans le Talon de fer que London décrit cette terrible oligarchie qui malmène le peuple prolétaire américain, régulièrement remplacé alors, au moment des grèves, par des arrivages d’immigrants est et sud-européens. Marx avait déjà dénoncé l’immigration comme piège social, entre la Belgique et la France. À l’époque de Jack London, Madison Grant pronostique dans son Passing of a great race la fin du peuple américain (il rappelle que l’immigration fait baisser la natalité du natif). Edward Allsworth Ross, plus grand sociologue de l’époque, fait de même dans son Changing world jamais traduit en Français. Peu à peu il sera interdit – jusqu’à Trump ou presque (Lisez Peter Brimelow, lisez aussi le… cousin de Paul Auster) d’évoquer le sujet de l’immigration, sous peine d’imputation fasciste, nazie, xénophobe, etc.

Et voyons l’oligarchie de Jack London, si proche de la nôtre. Dans le Talon de fer donc, il parle comme un libertarien du Corporate State confisqué et noyauté par les grosses boîtes et les élites :

« Les Oligarques avaient réussi à inventer une machine gouvernementale aussi compliquée que vaste, mais qui fonctionnait, en dépit de tous nos efforts pour l’entraver et la saboter. »

Puis London ajoute que nous sommes achetés ou abrutis par ces mêmes élites. Il y a celui qu’on achète pour trois lentilles (le bobo) et celui qu’on laisse crever (le prolo).

« Ils avaient une meilleure nourriture, moins d’heures de travail quotidien, plus de vacances, un choix plus varié de plaisirs et de distractions intellectuelles. Quant à leurs frères et sœurs moins fortunés, les travailleurs non favorisés, le peuple surmené de l’Abîme, ils ne s’en souciaient pas le moins du monde. Une ère d’égoïsme s’annonçait dans l’humanité. »

L’égoïsme est important et c’est une notion selon moi plus forte que l’individualisme dont se repaissent les théoriciens actuels de l’anti-mondialisation. À notre époque damnée je me considère par exemple comme un individualiste, pas comme un égoïste.

London souligne ensuite les progrès de l’oligarchie (comme disait Baudrillard : « le capitalisme bouge plus vite que ses opposants ! »).

« L’Oligarchie elle-même se développa d’une façon remarquable et, il faut l’avouer, inattendue. En tant que classe, elle se disciplina. Chacun de ses membres eut sa tâche assignée dans le monde et fut obligé de l’accomplir. Il n’y eut plus de jeunes gens riches et oisifs. Leur force était employée pour consolider celle de l’Oligarchie. »

Et que je t’envoie faire tes études à Sydney, ton MBA à Berkeley… tes devoirs humanitaires à Haïti ou au Rwanda…

Et là, le coup de génie de Jack London. Il comprend que nos élites sont dangereuses car gentilles et humanitaires, missionnées et messianiques. Elles sont dans le même état moral que l’autre Malin qui voulait interdire le tabac aux femmes, limiter les vitesses de voiture, libérer les sudètes ou créer l’homme nouveau. Dans son Ozymandia, le libertarien Shaffer Butler indique que ses étudiants sont des gentils nazis sans le savoir (végétariens, écolos, zoophiles, anti-tabac, contrôleurs de tout, etc.)

Et Jack London d’écrire :

« Ils se croyaient les sauveurs du genre humain, et se considéraient comme des travailleurs héroïques se sacrifiant pour son plus grand bien. »

Irremplaçables, ces élites en viennent à ne plus imaginer leur propre grand remplacement. La montée fabriquée des bourses et des bureaucraties mondiales les favorise.

« Ils étaient convaincus que leur classe était l’unique soutien de la civilisation, et persuadés que s’ils faiblissaient une minute, le monstre les engloutirait dans sa panse caverneuse et gluante avec tout ce qu’il y a de beauté et de bonté, de joies et de merveilles au monde. Sans eux, l’anarchie régnerait et l’humanité retomberait dans la nuit primordiale d’où elle eut tant de peine à émerger. »

Le peuple est donc détesté car il ne comprend rien. Merkel, Juncker ou Peter Sutherland n’arrêtent pas de nous insulter au sujet de l’immigration. On nous accuse d’inventer ce que nous redoutons. Vite, la camisole.

Et cela donne sous la plume géniale de Jack London (dont le livre inspira le Metropolis de Fritz Lang) :

« Telle était la bête qu’il fallait fouler aux pieds, et son écrasement constituait le suprême devoir de l’aristocrate. En résumé, eux seuls, par leurs efforts et sacrifices incessants, se tenaient entre la faible humanité et le monstre dévorant ; ils le croyaient fermement, ils en étaient sûrs. »

Ces lignes font penser à celles de Nietzsche dans le Crépuscule des idoles : notre penseur rebelle y décrit l’Église comme une ménagerie destinée à dresser le barbare. Nous sommes revenus à ces excès. Les fondations et les programmes financés par les fondations des Clinton-Soros-Bill Gates doivent nous rééduquer et nous mettre au pas de leur loi.

London revient sur la philosophie périlleuse de ces élites auto-proclamées :

« L’amour du bien, le désir du bien, le mécontentement de ce qui n’est pas tout à fait bien, en un mot, la bonne conduite, voilà le facteur primordial de la religion. Et l’on peut en dire autant de l’Oligarchie. »

Et il ponctue par cette phrase superbe :

« La grande force motrice des oligarques est leur conviction de bien faire. »

C’est comme cela que l’on a les sanctions antirusses ; les millions de réfugiés ; les terroristes ; les guerres ; les retraites à 70 ans ; le salafisme partout ; la dette immonde : sans oublier la négation des élections ou de la liberté quotidienne.
London se fait a priori peu d’illusions sur le populo :

« D’autre part, la grande masse désespérée du peuple de l’Abîme s’enfonçait dans un abrutissement apathique et satisfait de sa misère. »

Et il annonce que les révoltes peuvent être provoquées, noyées dans le sang ou récupérées. Avis à Zerohedge.

Dans un autre très bon livre, Le peuple de l’abîme, Jack London décrit – on est en 1902 – la catastrophique situation des classes pauvres ou « indigentes » en Angleterre, donnée toujours en exemple par nos grands libéraux (même Tocqueville était horrifié par le modèle british et le « labyrinthe infect » de Manchester). London, comme s’il avait lu Edouard Bernays, se livre ensuite à un éloge original de la féodalité :

« Dans les anciens temps, les grands cavaliers blonds, qui fonçaient à l’avant-garde des batailles, montraient au moins leur mesure en pourfendant les hommes de la tête à l’échine. Tout compte fait, ils avaient bien plus de noblesse à tuer un ennemi solide d’un coup d’épée proprement assené, que de le réduire à l’état de bête, lui et ses descendants, par une manipulation adroite et implacable des rouages de l’industrie et de la politique. »

London cite d’ailleurs la machine politique, comme le grand Ostrogorski à l’époque (un savant russe qui fut envoyé par le tsar pour étudier la corruption du système politique US, la « machine », les « boss » et tout le reste). Ensuite il appelle le nécessaire alcoolisme, qui effarera aussi Louis-Ferdinand Céline dans ses Bagatelles (il y consacre bien trente pages à l’alcool notre phénomène) :

« La classe ouvrière anglaise est littéralement noyée dans les demis de bière. Celle-ci la rend stupide, l’abrutit, et diminue considérablement son efficacité – l’ouvrier anglais n’a plus cet esprit de répartie, cette imagination et ces réflexes rapides qui faisaient l’apanage de sa race. »

Enfin London rappelle que l’oligarchie doit gouverner par la peur ; la nôtre utilise le terrorisme, la dette, le chômage, le réchauffement, le « ouacisme », car tout est bon à prendre. Il écrit :

« Et puis il y a aussi cette insécurité de bonheur, cette précarité de l’existence et cette peur devant l’avenir – les voilà, les facteurs bien puissants qui entraînent les gens à boire. »

Je conclurai encore et toujours avec Tocqueville parce que c’est un des grands génies de l’humanité et qu’il a tout vu. Il écrit au tome II de sa Démocratie à propos des oligarques :

« Je pense qu’à tout prendre, l’aristocratie manufacturière que nous voyons s’élever sous nos yeux est une des plus dures qui aient paru sur la terre ; mais elle est en même temps une des plus restreintes et des moins dangereuses. Toutefois, c’est de ce côté que les amis de la démocratie doivent sans cesse tourner avec inquiétude leurs regards ; car, si jamais l’inégalité permanente des conditions et l’aristocratie pénètre de nouveau dans le monde, on peut prédire qu’elles y entreront par cette porte. »

Enfin Tocqueville explique pourquoi cette classe « industrielle » (le chat botté de Perrault en est une préfiguration) n’hésitera pas à nous remplacer ou à nous éliminer, à nous liquéfier :

« L’aristocratie que fonde le négoce ne se fixe presque jamais au milieu de la population industrielle qu’elle dirige ; son but n’est point de gouverner celle-ci, mais de s’en servir. »

On se doute que l’on apprend à jeter les peuples après usage. Ne vous étonnez pas de la fracture entre le peuple et les élites, inquiétez-vous de votre sort. Mais il semble que jamais depuis longtemps opinion publique n’a été plus motivée que la nôtre contre ses guides.

Nicolas Bonnal sur Amazon.fr

Les grands auteurs et la théorie de la conspiration Chroniques sur la Fin de l'Histoire LA CULTURE COMME ARME DE DESTRUCTION MASSIVE Machiavel et les armes de migration massive: Chroniques apocalyptiques

Sources

 

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Qui est Déborah de Robertis, à l’origine de l’intervention des Marianne aux Champs-Elysées ?

Qui est Déborah de Robertis, à l’origine de l’intervention des Marianne aux Champs-Elysées ?

Publié par Brujitafr sur 16 Décembre 2018, 06:03am

Catégories : #ACTUALITES, #Nouvel Ordre Mondial

Qui est Déborah de Robertis, à l'origine de l'intervention des Marianne aux Champs-Elysées ?

= sent le Soros preuve que les gilets jaunes sont manipulés….

 

 

Deborah de Robertis, une artiste habituée des happenings provocateurs, est à l’origine de la performance qui a eu lieu dans le matinée du 15 décembre sur les Champs-Elysées, alors que démarrait l’acte 5 de la mobilisation des Gilets jaunes.

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Elles ne sont pas passées inaperçues : par un froid glacial sur les Champs-Elysées, cinq jeunes femmes, vêtues d’un vêtement rouge à la capuche ornée de cocarde tricolore, rappelant le bonnet phrygien de Marianne, se sont postées seins nus, le visage impassible, à quelques centimètres des forces de l’ordre.

Des seins nus face aux en marge de la mobilisation des Gilets jaunes

Si la performance pouvait faire penser aux Femen, cette performance artistique réalisée au début de l’«acte 5» de la mobilisation des Gilets jaunes, ce 15 décembre, était en fait l’œuvre de l’artiste franco-luxembourgeoise Deborah de Robertis, qui se qualifie elle-même de «sextrémiste». Si elle n’a pour l’instant pas commenté cette action, elle avait déjà affiché son soutien aux Gilets jaunes en diffusant sur Instagram le 8 décembre le tableau d’Eugène Delacroix La Liberté guidant le peuple, sur lequel le drapeau tricolore était remplacé par un gilet jaune fluo.

Qui est Déborah de Robertis, à l'origine de l'intervention des Marianne aux Champs-Elysées ?
Coutumière des performances choc, qui lui ont valu de comparaître devant la justice à plusieurs reprises, comme en septembre dernier, lorsqu'elle était apparue dénudée, déguisée en vierge Marie au sanctuaire de Lourdes.

Coutumière des performances choc, qui lui ont valu de comparaître devant la justice à plusieurs reprises, comme en septembre dernier, lorsqu’elle était apparue dénudée, déguisée en vierge Marie au sanctuaire de Lourdes.

Sa première performance médiatisée date de 2014 : elle avait alors rejoué au musée d’Orsay le tableau L’Origine du Monde de Gustave Courbet, avec l’Ave Maria de Schubert en fond sonore.

Par la suite, entre autres performances très remarquées : elle s’est postée pendant des heures devant la Joconde, au Louvre, cuisses largement ouvertes, afin d’ «interroger la place des femmes dans l’histoire de l’art». Ou encore, elle a maculé de sang menstruel le portrait «figé, désincarné, sous vitre» d’une Femen au musée du Quai Branly.

«J’ai compris […] que ma nudité était une planque par où regarder le monde sans être vue»

Déborah de Robertis est née au Luxembourg en 1984 et a étudié à l’Ecole de recherche graphique de Bruxelles, l’une des principales écoles d’art et de design de Belgique. Elle a été strip-teaseuse dans un bar et a notamment filmé sa prestation, de son point de vue à elle, sur scène.

En deuxième année d’études, elle prend la place d’une prostituée dans une vitrine de Bruxelles. «De femme-objet, je suis devenu sexe-pensant et j’ai compris à partir de là que ma nudité était une planque par où regarder le monde sans être vue», a-t-elle déclaré, dans L’Obs.

source

http://www.brujitafr.fr/2018/12/qui-est-deborah-de-robertis-a-l-origine-de-l-intervention-des-marianne-aux-champs-elysees.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Les Gilets jaunes et les impasses de la démocratie directe

Les Gilets jaunes et les impasses de la démocratie directe

YELLOW VEST

PASCAL GUYOT / AFP

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Le mouvement des Gilets jaunes milite pour le recours à la démocratie directe, à travers plusieurs formules parfois intéressantes, mais au réalisme souvent discutable. Surtout, il fait l’impasse sur les corps intermédiaires qui structurent naturellement les sociétés libres.

Quelle est la pensée des Gilets jaunes ? Sont-ils étatistes ? libéraux ? anarchistes ? socialistes ? Il est impossible de les classer dans l’une de ces catégories. Ils n’appartiennent à aucune et à toutes ces familles à la fois. Ce mouvement est un mouvement spontané construit autour d’une première revendication : la suppression de l’augmentation des prix du carburant à la pompe. Depuis la pétition lancée par Priscilla Ludosky le 29 mai 2018 et le lancement le 10 octobre du projet de blocage du 17 novembre par Eric Drouet et Bruno Lefevre, le mouvement a pris une ampleur considérable sans se structurer. Des listes de revendications apparaissent sur les ronds-points occupés. Chaque carrefour à ses doléances, certaines se recoupent comme la hausse du pouvoir d’achat, d’autres se contredisent comme la baisse des taxes et le développement des services publics. La démarche est pragmatique, les demandes sont concrètes. Il est vain de les enfermer dans une idéologie ou une pensée politique. Par bien des égards il y a des accents interventionnistes et sur d’autres points des aspects libéraux voire libertariens. Une étiquette idéologique ne traduirait rien, accentuerait la confusion et ne comprendrait pas les aspirations de ce mouvement.

Le référendum citoyen

Néanmoins, nous pouvons voir dans les Gilets jaunes un processus, un phénomène politique plus cohérent qu’il n’y paraît. Sans idéologie, il traduit quelque chose qui se passe dans la population et une revendication récurrente exprime ce phénomène : la démocratie directe. Différents documents circulent avec les revendications récurrentes des ronds-points, notamment le site de La France en colère. La démocratie directe est un leitmotiv et elle se traduit par différentes techniques proposées selon les documents.

FRANCE ELECTIONS

© Corinne SIMON/CIRIC

Celle qui revient le plus souvent est le RIC : le référendum d’initiative citoyenne. Le principe est simple : un groupe propose une nouvelle loi, ou souhaite abroger ou modifier une loi, par le biais d’une pétition. Si celle-ci atteint le seuil de 700.000 signatures, soit 1,5% de la population française, le texte est proposé au référendum. Certaines versions donnent un délai pour que le Parlement, l’ayant préparé, la soumette au peuple. À noter que 700.000 est exactement le nombre de signatures obtenues en un temps record par La Manif pour tous pour saisir le CESE… Ce qui laisse à penser qu’un tel référendum serait aisément organisé par des groupes structurés et motivés comme LMPT, les Gilets jaunes, etc. Se sont-ils inspirés de cet exemple pour déterminer ce seuil ? C’est possible. Il existe dans notre Constitution un système de « référendum d’initiative partagée », mais jamais appliqué… et très difficilement applicable car le seuil est de 4,5 millions de signatures et 185 parlementaires.

La promulgation

L’autre technique de démocratie directe, moins souvent évoquée, est celle de la « promulgation par le peuple ». Ce terme peut sembler étrange voire obscur, car la promulgation est le fait du Président de la République qui signe la loi adoptée par le Parlement. Signature qui constate l’existence de cette loi et la rend exécutable. C’est le privilège du pouvoir exécutif. Dans les revendications des Gilets jaunes, le terme « promulgation » est à rapprocher de son sens originel qui était l’équivalent de la « sanction » des lois par le souverain. En effet, à l’origine, le souverain n’était pas obligé de signer la loi, il pouvait aussi refuser ce texte et exercer ainsi un droit de veto : sanctionner la loi. La promulgation par le peuple est en réalité un droit de veto accordé à la nation. Comment ? En appliquant une technique : durant un délai déterminé suivant l’adoption de la loi par les chambres, le texte est proposé au peuple qui peut signer une pétition la refusant. Comme pour le RIC, si la pétition atteint un certain seuil, alors le texte est soumis au référendum afin que le peuple tranche. Cette technique a déjà existé dans notre histoire : la Constitution de 1793, dite « de l’an I », rédigée par la convention montagnarde, sous la tutelle de Robespierre, prévoyait une technique similaire. Mais elle ne fut jamais appliquée en raison de la guerre et parce qu’un an plus tard, les Montagnards furent renversés lors des journées de thermidor.

YELLOW JACKETS

Martin Bertrand I Hans Lucas
Mardi 20 novembre, les gilets jaunes, contre la hausse du carburant, bloquent depuis le samedi 17 novembre le rond-point principal de la périphérie de Dinan en Bretagne.

Mandat impératif

Les Gilets jaunes proposent aussi la mise en place d’une assemblée citoyenne composée de représentants tirés au sort et renouvelés très régulièrement… C’est une formule très ancienne pratiquées dans les démocraties de l’Antiquité et qui existe de nos jours en France et dans quelques pays pour désigner les jurés d’une cour d’assises. Est-ce efficace ? Les jurys d’assises fonctionnent très bien, leurs arrêts sont connus pour une certaine pondération (en France, les neuf jurés sont encadrés par trois magistrats professionnels). Cette assemblée citoyenne aurait pour but de proposer des projets de loi référendaire. Nous n’en savons pas plus sur ce projet, notamment sur le type de mandat des représentants tirés au sort. Nous pouvons imaginer qu’elle fonctionne sur le modèle des groupes Facebook des Gilets jaunes. Ici, toutes les décisions sont prises par des votes et certains responsables sont constamment contrôlés par des scrutins en ligne. Il s’agit ici de mandats impératifs, ce qui est un principe concurrent du mandat représentatif, en vigueur sous la Ve République. L’article 27 de la Constitution de 1958 affirme que « tout mandat impératif est nul. Le vote des représentants est personnel ». Une assemblée citoyenne sous mandat impératif impliquerait un contrôle permanent des votes et prises de paroles des députés par leurs administrés. Ce qui rejoint une autre revendication jaune : le contrôle des élus. Le mandat impératif est préconisé par Jean-Jacques Rousseau dans le Contrat social ainsi que par les théoriciens anarchistes.

Un réalisme discutable

Que penser de ces revendications de démocratie directe ? Leur réalisme est discutable même si certaines techniques comme le RIC ou la promulgation par le peuple méritent d’être étudiées. En effet, elles peuvent éviter des contestations sociales paralysant un pays en permettant un débat national et en donnant aux citoyens un levier concret. Tous ceux qui ont manifesté contre un projet de loi auraient aimé un tel système… Même s’il faut être en capacité d’accepter de perdre un référendum qui sacraliserait encore plus le texte redouté.

Mais au-delà de ces questions, ces revendications récurrentes, partagées par un très grand nombre de Gilets jaunes, disent quelque chose de ce mouvement. Vouloir une démocratie directe, c’est exprimer une profonde défiance envers nos représentants, tous partis confondus. C’est parvenir au stade ultime du dégagisme : celui où non seulement on « dégage » les dirigeants, mais aussi où on ne veut plus les remplacer par d’autres dirigeants, mais par le peuple lui-même. Stade ultime du dégagisme et conséquence du dégagisme initié en 2017 par Emmanuel Macron.

La dernière élection présidentielle a été le théâtre du Grand Dégagement des partis politiques qui se partageaient le pouvoir depuis des décennies. Parti socialiste d’un côté, Les Républicains ex-UMP, ex-RPR, ex-UDF de l’autre. Même le Front national, qui n’a certes jamais gouverné, mais qui joue le rôle de trouble-fête depuis trente-cinq ans est institutionnalisé et donc dégagé. Emmanuel Macron, c’est le Grand Dégagement par le haut : on désigne un leader au charisme exceptionnel, jamais élu, inclassable politiquement, situé au barycentre du monde politique. À lui tout seul, il incarnait le peuple selon une forme de bonapartisme post-moderne. Cette verticalité démocratique était parfaitement représentée par le symbole de la pyramide tronquée sur laquelle il se tenait dans ses meetings. La présidence jupitérienne est une monarchie élective, conforme au gaullisme il est vrai… sauf que c’est plus jacobin : Emmanuel Macron enjambe les corps intermédiaires pour communier directement avec le peuple. Cela a fonctionné pendant un an, mais l’été 2018 avec l’affaire Benalla, quelques petites phrases maladroites et les conflits affichés au sein du gouvernement ont ruiné sa stature… et le lien avec le peuple s’est cassé.

YELLOW VESTS

MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / AFP

Alors, conscient que le Grand Dégagement a fonctionné en 2017, les Gilets jaunes le poursuivent en 2018 mais de manière montagnarde et non plus bonapartiste. Le mouvement jaune veut que le peuple se gouverne lui-même sans Jupiter… et toujours sans corps intermédiaires. Le lien entre tous est désormais Facebook. Les réseaux sociaux remplacent les corps intermédiaires et rendent techniquement possible une démocratie directe à l’échelle d’un État comme la France. Rousseau aurait adoré, Robespierre en a rêvé.

L’impasse sur les corps intermédiaires

Mais ce rêve n’est-il pas un cauchemar ? Les révolutionnaires de 1793, opposés aux corps intermédiaires, avaient voté la loi le Chapelier qui abolissait les corporations et interdisait les associations professionnelles. Une démocratie fondée ainsi sur l’absence de groupes, avec des décisions prises par des individus livrés à eux-mêmes, est-elle souhaitable ? La démocratie-chrétienne, tout comme la doctrine sociale de l’Église, a une conception de la démocratie tout autre. Elle s’appuie justement sur les corps intermédiaires fonctionnant sur les principes de subsidiarité et de solidarité. Dans ces corps, les personnes se soutiennent, travaillent, vivent. C’est la commune où les citoyens peuvent participer à la vie locale grâce à la proximité géographique. C’est la famille, cellule de base de la société, fondée sur l’amour des parents où les enfants sont éduqués et se construisent. Ce sont aussi les associations professionnelles pour reprendre le terme qu’utilisait le bienheureux Frédéric Ozanam en 1848. Associations des travailleurs entre eux sous forme de coopérative, d’ordres professionnels, d’organisations patronales ou de syndicats pour assurer une solidarité entre eux. Association des travailleurs et des patrons comme l’étaient les corporations. C’est aussi la paroisse, ce lieu où se retrouvent les gens sans distinctions de classe sociale, d’âge, de métier ou de sensibilité politique. Et nous pouvons citer aussi tout le secteur associatif incluant les associations de solidarité, de culture, de sport qui jouent un rôle essentiel dans la société.

Tous ces corps constituent la société civile, ils sont des lieux où les personnes se rencontrent, se construisent, vivent ! Ils ont un rôle irremplaçable dans une démocratie, ils connaissent les réalités du pays et ils doivent être associés aux décisions politiques. Les « dégager » est une très mauvaise idée, même si c’est pour réaliser l’utopie de la démocratie directe. C’est ce que le Président de la République semble avoir compris dans son allocution télévisée du 10 décembre en annonçant une grande consultation nationale s’appuyant sur les maires et les autres corps intermédiaires. Nous verrons ce qu’il en fera… Et surtout, c’est l’intuition de la Conférence des évêques de France dans sa proposition de réflexion sur la crise par le biais d’un travail effectué par les paroisses.

La démocratie directe n’est pas mauvaise en elle-même et certaines techniques peuvent être appliquées. Mais elle ne doit pas court-circuiter des corps intermédiaires irremplaçables.

Les Gilets jaunes et les impasses de la démocratie directe

Des espions anglais ont -il infiltré la campagne de Bernie Sanders ?

Des espions anglais ont -il infiltré la campagne de Bernie Sanders ?


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 13 décembre 2018

The Integrity Initiative, une pseudo-ONG britannique chargée de mener une opération de propagande anti-russe, a récemment été démasquée. En creusant davantage, on a découvert une opération beaucoup plus large. Elle semble impliquer un espion britannique, une taupe insérée dans la campagne électorale de Bernie Sanders.

Il y a trois semaines, des propositions budgétaires internes et des listes de membres de Integrity Initiative ont été postées anonymement sur un site Web. Nous avons discuté de cela en détail sous le titre “Le gouvernement britannique mène des campagnes secrètes de calomnie anti-russes” :

En 2015, le gouvernement britannique a lancé une opération secrète visant à insérer de la  propagande anti-russe dans les médias occidentaux. Nous avons déjà vu de nombreuses conséquences de ce programme et de programmes similaires conçus pour discréditer quiconque ne suit pas la ligne anti-russe du gouvernement. La campagne de calomnie, contre Donald Trump, sur la «collusion russe» , basée sur le dossier Steele, était également une opération essentiellement britannique, mais semble faire partie d’un projet différent.

Integrity Initiative crée des «cellules» ou des groupes de contact composés de journalistes de confiance, de personnels militaires, d’universitaires et de lobbyistes dans des pays étrangers. Ces personnes reçoivent des alertes via les médias sociaux pour prendre des mesures lorsque le centre britannique en ressent le besoin.

Les documents divulgués par Integrity Initiative ont depuis été confirmés comme authentiques. Des détails plus pertinents ont continué à émerger :

Nous avons à peine effleuré la surface, de ce que sont Integrity Initiative et leur projet. Partout où nous regardons, nous trouvons des liens vers ce que l’on pourrait appeler «l’état profond», y compris, mais sans s’y limiter (et de loin), l’Institute of Modern Russia, la 77ème brigade, l’Initiative de guerre de l’information, Prop or Not et un tas d’autres organisations qui, sous couvert de nous protéger contre la désinformation, s’avèrent mener des opérations de désinformation secrètes via les médias institutionnels et les médias sociaux.

Integrity Initiative et son organisation mère, l’Institute for Statecraft, sont enregistrés en tant qu’organisme de bienfaisance écossais logé dans une usine désaffectée. L’usine appartient à l’un des directeurs de l’institut, Daniel Lafayeedney, qui était membre du SAS et, plus tard, du renseignement militaire britannique.

Le gouvernement britannique a confirmé avoir versé 2,2 millions de livres sterling à Integrity Initiative, mais il a refusé de révéler “la nature et le but” des fonds pour des motifs de “sécurité nationale”. Il a également confirmé que trois des employés de Integrity Initiative sont membres des forces armées britanniques.

La BBC a rendu compte de l’organisation mais, après s’être entretenue avec le gouvernement, elle a complètement changé l’histoire originale.

Plusieurs tweets émis par le compte Twitter de Integrity Initiative étaient dirigés contre le parti travailliste et son chef, Jeremy Corbyn :

Un tweet cite un article de journal qualifiant Corbyn d ‘ “idiot utile”, et poursuit en disant : “son anti-occidentalisme viscéral et public a aidé la cause du Kremlin, aussi sûrement que s’il avait secrètement colporté des ragots de Westminster pour de l’argent.”

Les députés travaillistes du Parlement britannique ont demandé pourquoi le contribuable paierait pour de tels tweets. Dans sa réponse, le gouvernement a essayé de prétendre qu’il n’avait rien à voir avec les tweets. Mais l’utilisation du compte Twitter de Integrity Initiative pour diffuser de la propagande faisait explicitement partie de la proposition de budget et la députée travailliste Emily Thornberry continue de poser des questions détaillées :

Emily Thornberry @EmilyThornberry-18: 15 utc-12 Dec 2018

Récemment, à la Chambre des communes, j’avais demandé à Alan Duncan pourquoi l’argent des contribuables avait été utilisé par la soi-disant ‘Integrity Initiative’ pour diffuser des attaques politiques à partir de son site Twitter (1/2).

Il a insisté sur le fait que le financement par le FCO [Foreign Office] ne soutenait pas l’opération Twitter de Integrity Initiative, ce qui soulève des questions intéressantes. Voir ma lettre de ce soir demandant des réponses (2/2).

Le fait que le gouvernement britannique finance secrètement une “organisation non gouvernementale” pour propager sa propagande contre son opposition est une affaire sérieuse.

Mais le problème va beaucoup plus loin. L’ancien ambassadeur britannique Craig Murray vient de publier une bombe qui relie Integrity Initiative à une opération d’espionnage beaucoup plus importante : l’infiltration des services de sécurité Britanniques et l‘Institute for Statecraft :

[..] J’ai appris à quel point il était hautement improbable que le boute-feu provocateur de gauche, Simon Bracey-Lane, se trouvait être en vacances aux États-Unis, avec de l’argent disponible pour se financer quand il est tombé sur la campagne de Bernie Sanders

Au début de 2016, Simon Bracey-Lane avait déclaré soutenir Corbyn et avait travaillé comme “volontaire” pour la campagne de Bernie Sanders où il était devenu un “organisateur sur le terrain à part entière” :

Bracey-Lane a gravi les échelons de la campagne de Sanders, mais les règles de l’immigration l’empêchaient d’être payé. Cependant, il s’est engagé à suivre la campagne jusqu’au bout, tout en utilisant ses propres économies pour couvrir les frais de base.

Simon Bracey Lane – via Daily Mailagrandir

Murray continue :

 En effet, c’est pour le moins très intéressant qu’un an plus tard, Bracey-Lane, l’homme de gauche «soutien de Corbyn et Sanders»  organise un événement d’extrême-droite, intitulé «La Guerre froide jadis et aujourd’hui»,  pour le compte du crypto-néocon Institute for Statecraft, au cours duquel un groupe totalement fanatisé de militaires britanniques, de nationalistes de l’OTAN et d’Ukraine, a vanté les vertus du réarmement contre la Russie. Il ne semblerait pas non plus probable que Bracey-Lane puisse être associé à Integrity Initiative.

En fouillant dans les données de cette société «caritative écossaise», et après quelques appels téléphoniques, j’ai découvert que l’Institut for Statecraft était situé dans le sous-sol du 2 Temple Place, à Londres. Ce n’est pas n’importe quel sous-sol – c’est le sous-sol de l’ancien manoir londonien de William Waldorf Astor, un bâtiment étonnant. En bref, il s’agit peut-être du sous-sol le plus cher de Londres.

Ce qui est intéressant parce que les comptes de l’Institute for Statecraft déclarent qu’il n’y a pas de personnel permanent et ne montrent rien pour le loyer, les services publics ou les frais de bureau. En fait, je comprends que le loyer est payé par le ministère de la Défense.

Après avoir appris où l’Institute for Statecraft se planquait, j’ai informé le journaliste Kit Klarenberg de Sputnik Radio pour qu’il aille le vérifier physiquement. Ce que Kit a fait. Mais il a été éjecté de manière agressive par le célèbre partisan de Corbyn et Sanders, Simon Bracey-Lane. Il semble plutôt étrange que notre héros de gauche soit profondément ancré dans une organisation qui lance des attaques de trolls contre Jeremy Corbyn.

Même si Craig Murray ne prétend pas que Simon Bracey-Lane est une taupe des services secrets britanniques qui a espionné la campagne de Bernie Sanders, l’idée ne semble pas trop éloignée. Integrity Initiative a été lancée en 2015. Bracey-Lane a infiltré la campagne Sanders au début de 2016.

Nous savons que les services de renseignement britanniques ont été fortement impliqués dans l’opération contre Trump. Christopher Steele, un «ancien» officier du MI6, a écrit le faux dossier calomnieux sur les relations présumées de Trump avec la Russie. Sergej Skripal a été lui aussi “novichocké”, probablement après avoir menacé de dénoncer l’opération. “Assurez-vous que Clinton soit élue” était probablement l’ordre que le gouvernement britannique avait donné. Ses services ont échoué.

Nous apprenons maintenant que d’autres opérations étaient en cours concernant Sanders et également Jeremy Corbyn. Craig Murray semble en avoir appris plus et promet de le dire dans une prochaine livraison. Plusieurs autres personnes approfondissent la question et on peut s’attendre à ce que cela devienne un scandale encore plus grave.

La campagne anti-russe des anglo-saxons, dont fait partie Integrity Initiative, semble viser un objectifs beaucoup plus large que la Russie. Il est utilisé pour contrer, par la censure, toutes les opinions importunes qui vont à l’encontre du récit concocté par «l’État profond». Il est utilisé pour saper l’opposition politique à ses projets au pays et à l’étranger. Et, comme le dit Murray, nous pouvons nous attendre à ce que cela devienne encore plus sordide à mesure que cela avance.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/des-espions-anglais-ont-il-infiltre-la-campagne-de-bernie-sanders

 

Tout sourire, l’UE ne cède rien à May

Tout sourire, l’UE ne cède rien à May

epaselect epa07228657 La Première ministre britannique Theresa May est entourée de ses collègues au début du Conseil européen à Bruxelles, Belgique, le 13 décembre 2018. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Les dirigeants européens ont  affiché leur soutien à Theresa May le 13 décembre, mais la Première ministre britannique a quitté Bruxelles bredouille.

Après avoir promis à son parti déchiré qu’elle décrocherait des concessions de la part de Bruxelles, Theresa May a dû se rendre à l’évidence. Les Vingt-sept ne feront pas plus.

« Nous sommes là pour vous aider », a assuré le Premier ministre luxembourgeois à l’adresse de la Britannique à son entrée dans le bâtiment du Conseil alors qu’elle était en chemin vers l’estrade.

Une tentative de la rassurer qui fait écho à celle du chancelier autrichien, Sebastian Kurz, que Theresa May a déjà décrit comme un « négociateur à la dure ».

Mais ces paroles chaleureuses n’ont pas empêché l’UE d’ignorer les requêtes de Londres quant à l’accord du Brexit.

Jean-Claude Juncker a quant à lui déclaré que Theresa May avait mené « une bataille courageuse, mais malheureusement », l’Europe n’en a « pas vu les résultats ». « Il n’y aura aucune renégociation, c’est clair. » a-t-il tranché.

Le 19 décembre, l’exécutif européen publiera tous les documents nécessaires à la préparation de l’UE à un Brexit sans accord, a révélé le président de la Commission.

En réalité, les conclusions auxquelles sont arrivés les 27 lors du sommet ont probablement représenté une victoire diplomatique pour l’Irlande, grâce à la suppression du paragraphe indiquant que l’UE « se tient prête à évaluer si des assurances supplémentaires peuvent être fournies au Royaume-Uni ».

Dans une petite concession faite au gouvernement britannique, le document indique que le filet de sécurité, si utilisé, « s’appliquerait temporairement, à moins et jusqu’à ce qu’il soit remplacé par un accord ultérieur qui garantit le non-recours à une frontière physique ».

Pour sa part, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, pense qu’il est impossible de « fixer la date [du filet de sécurité] par écrit », et que l’accord de retrait est « la seule issue possible ».

Néanmoins, l’UE n’a nullement l’intention de laisser le Royaume-Uni « dans les limbes », selon Mark Rutte, et elle chercherait au contraire à conclure un nouvel accord commercial rapidement.

Le spectre d’un Brexit sans accord plane sur le sommet européen

Les dirigeants européens se réunissent le 13 décembre pour tenter de répondre aux inquiétudes britanniques sur l’accord de retrait de l’Union. Face à l’incertitude, l’UE intensifie ses préparations à un Brexit sans accord.

Après être sortie indemne du vote de défiance de son propre parti le 12 décembre, désavouée par 117 de ses collègues sur les 317 conservateurs du parlement, Theresa May a répondu aux questions de l’UE pendant près d’une heure.

Parallèlement à la promesse de ne pas représenter les conservateurs aux prochaines élections générales, la Première ministre aurait promis aux députés de son parti qu’elle obtiendrait une modification « juridiquement contraignante » du filet de sécurité controversé, afin de le rendre temporaire.

Une promesse qu’elle ne peut plus tenir. L’une des idées avancées par la Première ministre britannique était de fixer une date pour le début d’une future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l’UE, plutôt que de fixer une date butoir pour le filet de sécurité. Mais les dirigeants de l’UE se sont à nouveau plaints d’un manque de clarté.

« Nous souhaiterions que nos amis britanniques nous disent ce qu’ils veulent au lieu de nous demander ce qu’on veut », a raillé Jean-Claude Juncker à l’adresse des journalistes.

Quoi qu’il en soit, l’exécutif de l’UE continuera à préparer la sortie du Royaume-Uni sans accord jusqu’au 19 décembre, date à laquelle seront publiées une série de mesures sur la question.

Les médias britanniques ont sous-entendu que le 14 janvier était pressenti comme date définitive du vote des députés sur l’accord de retrait et la déclaration conjointe de Theresa May et de l’UE de novembre dernier.

Les huit scénarios possibles pour le Brexit

Malgré le report du vote à la Chambre des communes sur l’accord de sortie de l’UE, huit scénarios demeurent possibles pour le Brexit. Un article d’Euroefe.

https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/news/warm-words-but-no-brexit-concessions-as-may-leaves-brussels-empty-handed/

Jared Kushner, l’influence silencieuse de la Maison Blanche

Jared Kushner, l’influence silencieuse de la Maison Blanche

Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, à Buenos Aires le 30 novembre 2018 / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Rassemblés à la Maison Blanche autour d’une table présidée par Donald Trump, une vingtaine de responsables politiques américains se sont présentés tour à tour avec enthousiasme cette semaine. Mais c’est l’un des rares participants à rester silencieux qui a attiré tous les regards: Jared Kushner.

L’homme n’a pas besoin d’être présenté. « Jared, vous le connaissez », a lancé le président américain au groupe de gouverneurs et de leurs équipes.

Sans un mot, ce brun âgé de 37 ans, à la silhouette élancée et au long visage pâle, a souri timidement et fait un signe pour que l’intervenant suivant prenne la parole.

Marié à la fille du président républicain, Ivanka Trump, Jared Kushner occupe à la Maison Blanche un poste de conseiller aux contours flous. Il lui permet d’intervenir sur de nombreux sujets, depuis un plan de paix pour le Proche-Orient, encore mystérieux, jusqu’à la réforme des prisons.

Ivanka Trump aussi est conseillère. Elle accompagne souvent à ce titre son père dans l’avion présidentiel Air Force One, et participe avec son époux à de nombreuses réunions dans le Bureau ovale.

Mais même les observateurs aguerris de ce puissant couple, parfois surnommé « Javanka », ont été surpris par les rumeurs selon lesquelles le gendre de Donald Trump était en lice pour devenir chef de cabinet de la Maison Blanche.

Après la nomination vendredi soir de Mick Mulvaney comme chef de cabinet par intérim, il semble moins probable que le milliardaire choisisse son gendre pour remplacer définitivement John Kelly.

L’exécutif avait pris soin de ne pas démentir complétement la rumeur. « Je n’ai pas connaissance qu’il soit envisagé, mais je pense que tous autant que nous sommes ici reconnaitrons qu’il serait formidable dans n’importe quel rôle que le président choisirait de lui attribuer », a commenté jeudi Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche.

Alors que les départs se succèdent au 1600 Pennsylvania Avenue et que d’anciens fidèles, comme l’ancien avocat personnel Michael Cohen, se retournent contre le président devant les enquêteurs et la justice, Jared Kushner reste parmi les solides alliés de Donald Trump.

La seule idée qu’il puisse être désigné a soulevé une vague de commentaires ironiques sur le népotisme du président.

« Ah oui, bien sûr, c’est la méritocratie classique des républicains: où la personne la plus intelligente, la plus travailleuse et la mieux placée pour le poste est aussi, comme par hasard, votre gendre », a lancé sur Twitter la jeune élue démocrate à la Chambre des représentants, Alexandria Ocasio-Cortez.

Jared Kushner et sa femme Ivanka Trump le 30 octobre 2018, prêts à embarquer dans l’hélicoptère présidentiel depuis la pelouse de la Maison Blanche / © AFP / MANDEL NGAN

– « Génie » ou handicap? –

Le nom de Jared Kushner est également apparu dans un autre épisode de la saga autour du prochain bras droit de Donald Trump.

Le républicain Chris Christie s’est publiquement retiré vendredi de la course au poste de chef de cabinet. Et les observateurs de souligner son handicap majeur auprès d’un Donald Trump, qui adore sa fille et son gendre: lorsqu’il était procureur dans les années 2000, Chris Christie avait envoyé Charles Kushner, père de Jared, en prison pour des délits financiers.

Pour Nikki Haley, l’ambassadrice américaine sortante auprès des Nations unies, Jared Kushner est un « génie caché que personne ne comprend ». Cela se voulait un compliment, et cela lui a valu une avalanche de commentaires amusés sur ces aptitudes supposées.

Car son bilan à la Maison Blanche est pour l’heure mitigé.

Comme son beau-père milliardaire, Jared Kushner connaît bien le monde de l’immobilier, lui qui avait pris les rênes des affaires familiales après l’incarcération de son père. Mais avant son arrivée à Washington, il n’avait pratiquement aucune expérience politique ou diplomatique.

Juif orthodoxe, il a pourtant été chargé d’une mission historique, sur laquelle nombre de diplomates expérimentés se cassent les dents depuis des décennies: élaborer un plan de paix israélo-palestinien.

Son projet pourrait enfin être dévoilé en début d’année prochaine. Mais de nombreux analystes sont sceptiques, alors que l’administration Trump a indigné les Palestiniens avec sa diplomatie pro-israélienne et le transfert hautement controversé de son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem.

Jared Kushner a d’autre part forgé une relation étroite dans la région avec le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane. Un lien qui pose beaucoup de questions depuis l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

(©AFP / (15 décembre 2018 11h03)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Jared-Kushner-l-influence-silencieuse-de-la-Maison-Blanche/980197.rom

« Gilets jaunes »: une « véritable catastrophe » pour les petits commerces

« Gilets jaunes »: une « véritable catastrophe » pour les petits commerces

Le mouvement des « gilets jaunes » représente « une véritable catastrophe » pour les petits commerces, a estimé samedi sur France Inter le président de la Confédération des commerçants de France.

« C’est une véritable catastrophe et c’est une véritable catastrophe également psychologique, je pense, j’espère que ce samedi c’est le dernier des derniers pour la manifestation », a déclaré Francis Palombi, président de cette confédération.

La mobilisation s’annonçait plus faible pour le cinquième samedi de manifestations contre les taxes et la vie chère.

M. Palombi a ajouté que les chiffres de ventes « sont très mauvais », précisant que la baisse du chiffre d’affaires était comprise entre « 40% et 70% selon les corporations », qui plus est en pleine saison des achats de Noël, cruciale pour le commerce.

La Confédération des commerçants représente 20 fédérations professionnelles indépendantes, avec des entreprises de moins de 11 salariés ou ne comptant pas de salarié, donc les petites entreprises du commerce et de l’artisanat commercial, a expliqué son président.

Il a appelé les gilets jaunes à « se mettre autour de la table des négociations » et jugé que « le président de la République a fait des propositions non négligeables, des propositions que nous n’avions jamais entendues ».

« C’est une sorte de prise d’otage de l’économie à laquelle nous sommes en train d’assister », a encore dit M. Palombi, appelant les gilets jaunes « à revenir à la raison ».

Il a également rappelé la mise en place par le ministère de l’Economie d’une cellule de crise pour aider les commerçants pénalisés ou victimes de dégradations.

La perte de chiffre d’affaires pour les commerces physiques n’a pas été compensée par une hausse des achats en ligne, a assuré pour sa part samedi le président de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) au micro de RTL.

« On avait un très bon weekend du Black Friday (le 23 novembre), mais depuis les ventes sont en ligne avec les prévisions, ni plus ni moins, il n’y a pas eu du tout d’explosion des ventes sur internet », a déclaré François Momboisse.

« On a constaté que les gens avaient la tête ailleurs. On avait constaté ça avec les événements dramatiques du Bataclan il y a trois ans quand il n’y avait pas eu d’achats dans les magasins ni sur internet pendant 15 jours », a rappelé le président de la Fevad.

(©AFP / (15 décembre 2018 14h57)

https://www.romandie.com/news/Gilets-jaunes-une-v-ritable-catastrophe-pour-les-petits-commerces_RP/980232.rom

Attentat de Strasbourg : les défis structurels du terrorisme

Attentat de Strasbourg : les défis structurels du terrorisme

Par Cyrille BRET, Pierre VERLUISE, le 12 décembre 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Cyrille Bret, ancien élève de l’école normale supérieure et de l’école nationale d’administration, agrégé et docteur en philosophie, enseigne la philosophie à l’institut d’études politiques de Paris (sciences po). Il vient de publier Cyrille Bret, « Qu’est-ce que le terrorisme ? », Paris, édition Vrin, 2018. Pierre Verluise, docteur en géopolitique, est le fondateur du Diploweb.com.

Du 23 novembre 2015 au 11 décembre 2018. De Paris à Strasbourg. Encore une fois les populations civiles sont frappées par une attaque terroriste. Le lieu est hautement symbolique : le marché de Noël de Strasbourg jouit dune réputation internationale qui assure aux meurtres une visibilité au-delà de nos frontières. Le moment est minutieusement choisi : pendant la crise des gilets jaunes, au moment où la communauté nationale semble désunie. Et juste avant les fêtes de fin d’année où les familles ont coutume de se rassembler.

Tous les éléments convergent pour propager dans les populations civiles un sentiment de panique et de vulnérabilité généralisée. Alors que les opérations de police sont en cours et que les procédures judiciaires sont lancées, il est nécessaire de revenir sur les caractéristiques fondamentales du terrorisme : pour lutter contre l’horreur, un sursaut intellectuel et un travail d’analyse rationnel est indispensable. A cette fin, Cyrille Bret, auteur de « Qu’est-ce que le terrorisme ? » (éd. Vrin) répond aux questions de Pierre Verluise, fondateur du Diploweb.

Introduction

Le terrorisme et la lutte contre le terrorisme sont devenus un thème central pour les relations internationales. Considérée par tous les États et les organisations internationales comme un des principaux dangers sur la scène globale, la menace terroriste retient l’attention des opinions publiques et concentre l’attention des autorités politiques.

Pour éclairer les débats actuellement en cours, il convient toutefois de réaliser un retour critique sur les catégories fondamentales mobilisées par les acteurs et les analystes des relations internationales. Premièrement, la définition du terrorisme est un enjeu de puissance à tel point qu’on en vient à douter de la possibilité de cerner le phénomène de façon objective. Deuxièmement, les politiques de lutte contre le terrorisme sont entrées dans l’ère du soupçon : chaque opération anti-terroriste est en butte à l’accusation de « terrorisme d’Etat » de la part des terroristes eux-mêmes mais également de la part de défenseurs des droits de l’homme. Troisièmement, il convient de réinterroger la place du terrorisme dans la géopolitique contemporaine : sommes-nous entrés dans un « âge de la terreur » comme plusieurs spécialistes de relations internationales le soutiennent ? Enfin, doit-on considérer que le terrorisme est devenu la figure contemporaine de la guerre ?

Sur ces quatre questions hautement conceptuelles et terriblement concrètes, il est nécessaire de reprendre la réflexion afin d’éviter raccourcis et amalgames qui obscurcissent l’analyse rationnelle des relations internationales.

« Le terrorisme a une nouvelle fois frappé notre territoire à Strasbourg » a déclaré le Procureur de la République de Paris, Rémy Heitz (12 décembre 2018)

Entretien

Pierre Verluise (P. V. ) : Définir le terrorisme est-il un enjeu des relations internationales ?

Cyrille Bret (C. B. ) : Sur la scène internationale, celui qui définit la réalité gagne un ascendant sur ses rivaux. Définir est un enjeu de puissance. Puissance symbolique, puissance juridique et puissance politique. Dire ce qu’est le terrorisme – et dire ce qu’il n’est pas – c’est en effet désigner l’ennemi. C’est dire qui est terroriste et qui ne l’est pas. Pour mesurer l’importance de cette confrontation conceptuelle et politique, il n’est besoin que de revenir à la dernière Assemblée Générale des Nations-Unies.

Lors de cet événement annuel, le président de la République Islamique d’Iran, Hassan Rohani, a publiquement accusé les États-Unis de terrorisme, dans la presse et à la tribune. Quels étaient les motifs invoqués ? d’une part, il imputait aux États-Unis un soutien logistique à l’attentat perpétré à Ahvaz sur le territoire iranien, le 22 septembre 2018, qui avait fait 22 morts lors d’un défilé militaire. Et d’autre part, il attribuait à l’administration Trump un « terrorisme économique » en raison de son retrait le 8 mai 2018 du traité sur le nucléaire signé en juillet 2015 et des sanctions prises contre l’économie iranienne.

En retour, les États-Unis ont accusé l’Iran de fomenter de nouveau des attentats dans le monde. L’Iran avait en effet eu pour pratique, au début des années 1980, durant la guerre Iran-Irak de faire organiser par leurs services extérieurs des attentats contre les soutiens de l’Irak de Saddam Hussein. Les Français se souviennent de l’attentat de la rue de Rennes le 17 septembre 1986 que le Hezbollah libanais avec commandité (7 morts, 55 blessés). L’accusation de « State sponsored terrorism » ou « diplomatie coercitive » selon l’expression de Gérard Chaliand contre le « terrorisme économique ». Voilà la confrontation exposée aux yeux de tous.

On le voit dans ces exemples comme dans bien d’autres, la notion « terrorisme » est utilisée sur la scène internationales comme une invective symétrique et relative : le « terrorisme », c’est la violence de mon ennemi, quelle que soit cette violence, ses modes d’action et surtout quel que soit mon ennemi. Le vague entretenu délibérément sur ce concept conduit à un relativisme complet où l’organisation Etat islamique peut se présenter comme une armée de résistants et qualifier ses ennemis de « terroristes ».

C’est la première raison pour laquelle il est essentiel de produire une véritable définition du terrorisme : mettre fin aux amalgames qui placent sur un même plan le résistant et le terroriste et faire cesser cette spirale où le terrorisme n’est plus nulle part à force d’être dénoncé partout. Pour lutter contre cette inflation verbale politiquement instrumentalisée, le Conseil de sécurité des Nations-Unies a essayé de clarifier la notion et ses contours à travers une dizaine de résolutions. Mais, à chaque fois, les rivalités de puissance entre les membres permanents, ont bloqué les travaux. Ainsi, la République Populaire de Chine et la Fédération de Russie cherchent avant tout à faire désigner comme terroristes les organisations violentes opposées à l’Etat. Elles souhaitent exclure toute accusation de terrorisme contre les États eux-mêmes.

C’est pour éviter que le groupe Manouchian, actif durant l’occupation allemande, et Breivik, coupable des attentats d’Oslo et d’Utoya soient rangés dans la même catégorie qu’il est essentiel de proposer une définition du terrorisme. Pour sortir du relativisme, je propose de mettre en évidence plusieurs caractéristiques distinctives. D’une part, la caractérisation des victimes : le terroriste se distingue de l’assassin politique et du guérillero par le fait qu’il vise les populations civiles, les passants, de façon indifférenciée. Le guérillero ou le partisan, selon l’expression utilisée par Carl Schmitt dans sa « Théorie du partisan », vise les dépositaires de la force publique armée ou police. Le soldat en uniforme et en arme qui constitue l’incarnation de la souveraineté étatique. Cette absence de discrimination dans les cibles est une violation du principe fondamental de la guerre de respecter la distinction entre combattants et non-combattants. C’est sous cet angle que le groupe Manouchian, assassinant le général allemand Julius Ritter le 28 septembre 1943 en France, est bien différent de Breivik assassinant des membres des jeunesses travailliste sur l’ile d’Utoya le 22 juillet 2011 en Norvège.

D’autre part, le deuxième élément distinctif du terrorisme concerne ses effets : le but est de propager par ces actions une panique généralisée et indéfinie : en tuant plus de 3000 personnes à New York et Washington, le 11 septembre 2001, Al-Qaida n’a ni cherché une victoire militaire par confrontation directe avec les forces armées américaines, ni cherché à distinguer entre dépositaires de la force, musulmans présents sur place et citoyens ordinaires. En frappant indifféremment toutes les personnes présentes dans les avions détournés et les bâtiments détruits, l’organisation a cherché à faire en sorte que, par le biais de l’identification aux passants, chaque résident aux Etats-Unis se sentent potentiellement menacé. « N’importe qui peut être frappé n’importe quand et n’importe où par n’importe quel moyen » voilà le message spécifique de la violence terroriste. C’est un sentiment de terreur, c’est-à-dire de « vulnérabilité généralisée ».

Pour que l’usage de la notion de « terroriste » ne renforce pas la domination du puissant qui impose sa division du monde entre terroristes et non-terroriste, il est nécessaire de poser cette définition objective par les victimes et les effets.

P. V. : Peut-on parler d’un terrorisme d’État actuellement à l’œuvre ?

C. B. : L’accusation est récurrente depuis les débuts du terrorisme moderne, au XIXème siècle : dans sa lutte contre le terrorisme, l’Etat est systématiquement soupçonné de recourir lui-même au terrorisme. Qu’il soit autoritaire comme la Russie tsariste ou qu’il soit démocratique comme la Suède contemporaine, à chaque fois l’accusation de terrorisme d’Etat resurgit aussi bien chez les avocats des droits fondamentaux que parmi les réseaux terroristes eux-mêmes selon un paradoxe douloureux pour les premiers.

Qu’on examine par exemple les réactions du public et des intellectuels face à la « Global War on Terror » déclarée par le président Bush suite aux attentats du 11 septembre 2001. Les opérations militaires comme l’intervention en Afghanistan et l’invasion de l’Irak, les activités de surveillance de masse à l’intérieur comme à l’extérieur du territoire national et la mise en place de législations dérogatoires comme les PATRIOT Acts I et II ont été souvent dénoncées comme du « terrorisme d’Etat ». On retrouve là encore la symétrie entre terroristes et leurs ennemis. L’anti-terrorisme est depuis longtemps entrée dans l’ère du soupçon.

Les porte-paroles les mieux identifiés de cette remise en cause de l’anti-terrorisme sont le linguiste et essayiste américain Noam Chomsky et le philosophe italien Giorgio Agamben sur le plan intellectuel. Pour le premier, le terrorisme est loin d’être l’arme du pauvre. Les actions terroristes des groupes comme Al-Qaida et Daech mais aussi les mouvements de lutte anti-coloniale, comme le Vietcong, sont des réactions au terrorisme premier et fondamental. Pour Chomsky, le premier terrorisme est celui des Etats-Unis. Pour ce penseur radical, le terrorisme est d’abord et avant tout une arme du fort et du dominant. Rien n’est moins fortuit que sa genèse dans le vocabulaire politique entre les années 1793 et 1798 (date de son entrée dans le Dictionnaire de l’Académie française). Le terrorisme a été inventé par les Etats pour dominer les populations. Et les Etats-Unis l’ont porté à un point de généralisation mondial.

Le procès en terrorisme est également intenté aux démocraties en général par Giorgio Agamben dans Homo Sacer II. En effet, face aux paniques des populations civiles et face aux défis à la souveraineté que le terrorisme suscite, les Etats démocratiques s’engagent dans des législations dérogatoires : état d’urgence et législation anti-terroriste accoutument les pouvoirs publics et les populations à ne plus s’astreindre à un respect scrupuleux des principes de protection de la vie privée, de liberté de croyance et d’expression et de liberté de mouvement. Avec l’anti-terrorisme, les démocraties seraient prises sur une pente glissante qui conduit de l’état d’urgence à l’Etat d’exception permanent. Au nom de la sécurité, les démocraties anciennes, comme le Royaume-Uni suite aux attentats de 2005 et la France suite aux attentats de 2015, adoptent des législations et des pratiques policières dérogatoires et potentiellement funestes à leurs propres principes.

Ces accusations sont graves car elles rendent indiscernables le terrorisme et l’anti-terrorisme, les attaques perpétrées contre les populations civiles et les programmes d’actions destinés à les protéger. Ces accusations sont graves car elles placent sur le même plan les démocraties aux prises avec le terrorisme et les régimes autoritaires qui terrorisent leurs populations. Mais elles doivent être prises en compte pour analyser les relations internationales. Elles mettent en évidence le sentiment d’injustice et la méfiance des populations face aux campagnes anti-terroristes. Il est ainsi essentiel de bien identifier quand l’anti-terrorisme bascule dans le terrorisme d’Etat.

Qu’on examine la Terreur robespierriste théorisée par le discours du 5 février 1794 (18 Pluviôse an II) devant la Convention. Et qu’on examine également les campagnes de bombardement chimiques perpétrées depuis le début de la guerre en Syrie par le régime d’Al-Assad notamment dans la Ghouta en avril 2018. On constatera effectivement que les techniques terroristes ne sont pas l’apanage de groupes non-étatiques, clandestins révolutionnaires ou islamistes. Dans les deux cas, on note la même indifférence à la distinction entre combattants et non combattants. Et on relève la même volonté d’instiller une panique généralisée à toute une population et indéfinie dans le temps. Robespierre et le Comité de Salut Public suspendent les tribunaux ordinaires, violent le principe du contradictoire, récusent les droits de la défense et font exécuter sommairement sur simple dénonciation des opposants politiques souhaitant faire trembler tous les ennemis de la révolution. Bachar Al-Assad utilise quant à lui des armes qui rendent impossible par construction le ciblage sur les combattants, créent un effet d’épouvante sur les populations civiles et visent ainsi le rétablissement de sa domination. En effet, une arme chimique ne distingue pas entre les soldats et les civils. De plus, sa propagation rapide crée un traumatisme collectif massif. C’est bien un effet de terreur qui est visé. Que le régime Al-Assad ne soit pas le seul des protagonistes du conflit syrien à utiliser ces armes ne change rien à l’affaire : dans le cas du Comité de Salut Public comme dans celui de Bachar Al-Assad, les pouvoirs publics utilisent une violence indiscriminée pour établir une domination par la panique générale.

Contrairement à ce que soutiennent Agamben et Chomsky, tous les Etats ne se valent pas dans la lutte contre le terrorisme, notamment islamiste. Entre un Etat qui sombre dans la surveillance de masse et l’autorisation de la torture et un Etat qui soumet son anti-terrorisme au contrôle des parlementaires, du juge et de l’opinion publique, il y a toute la différence qui sépare un État autoritaire d’un Etat démocratique.

Le terrorisme d’Etat n’est donc ni la vérité de l’Etat ni une illusion dangereuse. Oui, certains pouvoirs publics recourent à la terreur méthodique. Ce fut le cas de l’Etat stalinien durant les années 1930 et des gouvernements sud-américains appuyés par l’opération Condor de la CIA durant les années 1970 Mais tous les Etats ne sont pas structurellement terroristes.

P. V. : Le terrorisme ouvre-t-il une nouvelle époque des relations internationales ?

C. B. : Dans le sillage des attentats du 11 septembre 2001, plusieurs géopoliticiens de renom ont considéré que le monde avait basculé dans une nouvelle ère : l’âge de la Terreur. Ces attentats marqueraient l’irruption de « l’hyperterrorisme » dans les relations internationales pour reprendre l’expression de François Heisbourg.

Plusieurs éléments nouveaux apparaissent, en effet, à l’occasion des attentats du 11 septembre sur la scène mondiale. D’une part, le caractère massif des meurtres qui font près de 3000 victimes. D’autre part, le statut mondial de cet événement, ciblé sur des symboles internationalement connus et retransmis immédiatement à travers la planète. Avec cet événement, les relations internationales auraient basculé. Le terrorisme serait devenu un des principales menaces à la paix internationale au même titre que la prolifération nucléaire par exemple.

Si le terrorisme a acquis un statut central dans les débats internationaux, il est important d’apporter plusieurs limites et nuances à cette thèse. Premièrement, le terrorisme mondialement médiatisé n’est pas une nouveauté. L’histoire du terrorisme fait corps avec celle des médias industriels. Les attentats anarchistes de la deuxième partie du XIXème siècle culminant dans l’assassinat de Sadi Carnot par Caserio en 1894 et dans les explosions organisées par Ravachol à Paris font corps avec le développement de la presse illustrée de masse. De même, les détournements d’avion et les prises d’otage sanglantes, comme durant les Jeux Olympiques de Munich en 1972, peuvent terrifier parce qu’ils s’appuient sur la généralisation de la télévision dans les foyers partout dans le monde. La première nuance à l’idée d’un âge de la terreur est que le terrorisme a été au centre de l’attention à plusieurs reprises durant les deux derniers siècles.

La deuxième limite tient à la nature du terrorisme. Bien souvent, le terrorisme marque non pas la puissance de ceux qui l’utilisent mais au contraire leur faiblesse. Si un mouvement clandestin violent avait la capacité de remporter une victoire sur ses ennemis (Etats-Unis, France, etc.), il ne recourrait pas à des attentats mais à des stratégies militaires. La parenté entre guerre et terrorisme ne doit pas faire illusion.

P. V. : Le terrorisme est-il la nouvelle forme de la guerre à l’heure de la mondialisation ?

C. B. : Dans le sillage des attentats du 13 novembre 2015 en France, plusieurs voix se sont élevées pour défendre l’idée que le terrorisme constituait la nouvelle forme paradigmatique de la conflictualité internationale. Reprenant les idées lancées par Jürgen Habermas après le 11 septembre 2001, l’historien Pascal Ory a en effet affirmé que le terrorisme était la nouvelle forme de la guerre. Là encore, un examen critique est nécessaire.

Le terrorisme contemporain notamment islamiste essaie d’installer dans les opinions que la ligne de front passe aujourd’hui au milieu des villes et peut s’aviver au cœur même de la paix civile des grandes cités : Bombay, Paris, Madrid, Londres, Berlin, etc. On l’a vu en novembre 2015 : les terroristes des attentats du stade de France, les massacres du Bataclan et du 10ème arrondissement ont été perpétrés de façon à installer l’idée d’attaques militaires. Les équipes adoptaient la tenue et les modes d’organisation des opérations clandestines de forces spéciales, les armes utilisées étaient des armes de guerre, etc. Tout est fait pour que les terroristes puissent, comme à l’accoutumée, revendiquer le statut de « combattants », de « soldats » ou de « guerriers ». D’où la réaction des pouvoirs publics : puisque Al-Qaida puis l’organisation Etat islamique mènent des batailles au cœur des métropoles, il convient de déclarer la guerre en retour à ces organisations. Ainsi, le président F. Hollande déclara en 2015 qu’il n’avait pas d’état d’âme à considérer le terrorisme comme une guerre et les opérations anti-terroristes comme des batailles. En somme, les terroristes et leurs cibles semblent aujourd’hui convenir d’un terrain d’affrontement commun : le terrorisme serait la continuation de la guerre par les moyens de la mondialisation : usage intensif des médias mondiaux en direct, tactique du choc maximal par l’utilisation d’armes traumatisante (armes blanches, armes de guerre, armes de destruction massive).

Si les actions anti-terroristes peuvent comprendre des actions de nature militaire, faut-il accepter la confusion des catégories fondamentales des relations internationales que tentent de réaliser les terroristes pour se draper dans le statut de « soldat » ? Assimiler le terrorisme à des actes de guerre entretient pourtant plusieurs illusions dangereuses. D’une part, elle fait croire que l’action militaire peut consister à massacrer des civils alors qu’il s’agit là de crimes de guerre qui n’ont plus rien de commun avec une campagne militaire. D’autre part, elle confère aux terroristes le statut militaire qu’ils revendiquent pour échapper à l’opprobre de celui de criminels. Enfin et surtout, il diffuse l’idée selon laquelle les terroristes sont engagés dans une confrontation militaire pour obtenir la victoire contre leurs ennemis. C’est là que réside le point le plus problématique de cette assimilation.

Si on examine précisément les tactiques terroristes, on voit qu’elles ne sont pas faites, comme les opérations militaires ou les guérillas, pour obtenir la victoire sous la forme d’une conquête d’un territoire, d’une reddition d’une armée ou d’une soumission des autorités politiques à d’autres autorités. Les victoires que recherchent les terroristes sont plus limitées matériellement mais plus ambitieuses psychologiquement. Remporter la victoire sur le terrain importe moins que d’établir une panique indéfinie et une abdication psychologique.

Par exemple, le 13 novembre 2015, l’organisation Etat islamique n’était précisément pas en mesure de faire plier militairement la France dans une confrontation militaire et ne recherchait pas cet objectif autrement qu’en parole. Le terrorisme n’est pas la nouvelle forme de la guerre. C’est la volonté de se faire passer pour une guerre. Le terrorisme est une guerre qui se nie elle-même car son usage rend la victoire impossible. C’est tout l’objet de l’article préliminaire n°6 du Projet de Paix Perpétuelle que Kant écrit en 1795 précisément au moment où le terrorisme se répand en Europe notamment suite à la Terreur robespierriste. L’usage de techniques terroristes rend par construction la victoire impossible. Les infiltrations clandestines, les massacres en temps de paix, les attaques contre des civils, l’usage d’armes de destruction massive par empoisonnement, etc. sont des moyens qui sape la possibilité même d’une paix par cessez-le-feu, armistice, traité de paix ou soumission. En effet, ces procédés instillent une méfiance insurmontable entre les parties opposées de sorte que jamais ces actes marquant la fin des hostilités ne sera possible.

Voilà à mon sens un passage visionnaire de l’œuvre de Kant sur le terrorisme : de même que le terroriste vise à instaurer une guerre perpétuelle car une violence indéfinie, de même l’anti-terrorisme doit renoncer à se présenter lui-même comme une campagne militaire.

Décembre 2018-Bret-Verluise/Diploweb.com

https://www.diploweb.com/Le-defi-du-terrorisme.html

Syrie : Retour des objets hostiles non identifiés au dessus de l’aéroport de Damas

Syrie : Retour des objets hostiles non identifiés au dessus de l’aéroport de Damas

Apparament, les objets hostiles non identifiés sont encore réapparus sur l’ensemble des radars du dispositif de la défense aérienne syrienne avant de disparaître aussi mystérieusement qu’ils sont apparus.

D’ailleurs, leur existence est remise en question dans le monde réel par les meilleurs experts en la matière.

Cette fois-ci, les objets hostiles détectés sur les radars syriens sont subitement apparus au dessus de l’aéroport international de Damas, déclenchant des tirs de canons AA de systèmes Pantsir S-1.

Les militaires syriens n’ont pas tardé à savoir qu’il n’y avait aucune cible dans le ciel de Damas.

Sur les radars les plus performants de la défense syrienne, les choses étaient un peu plus compliquées :  une attaque aérienne en règle était en cours !

L’Armée syrienne a émis un communiqué vers le début de soirée confirmant l’interception d’objets volants ennemis avant de se rétracter. Même son de cloche du côté de l’Agence syrienne.

Hologrammes de génération X ?  De nouveaux leurres électromagnétiques avancés ?  Des drones furtifs ?  Nul ne le sait.

Le nouveau phénomène intéresse les russes au plus haut point.

Il s’agirait selon une source anonyme de la base aérienne de Hmeimim d’une nouvelle approche dans les tentatives de piratage des systèmes d’information fermés, sans d’autres précisions.

Que c’est-il réellement passé il y a peine deux heures au dessus de l’aéroport de Damas ?  Une fausse alerte positive puisque il y a eu des depart de feu, essentiellement des S1 et quelques pièces de 23 mm. Contre qui ?  Des cibles fictives ayant induit en erreur les radars de la defense aérienne.

C’est la seconde fois consécutive en moins d’un mois qu’un tel incident survient. Le hasard est désormais exclu. On est en face d’une surprise de type T (technologique) en développement.

Quand on arrive pas à neutraliser les missiles Sol-Air, soit on aveugle ou on leurre les radars de la grille pour les neutraliser.

Cela prouve que la peur inspirée par le déploiement de systèmes S-300 en Syrie a conduit le camp d’en face à élaborer des contres-mesures d’un nouveau type.

L’intelligence artificielle sera l’ultime arbitre dans le prochain duel direct entre le F-35 et le S-300.

Syrie : Retour des objets hostiles non identifiés au dessus de l’aéroport de Damas

Pacte de Marrakech : quand Facebook et Le Monde vous disent quoi penser

3 décembre 2018

Des internautes, opposés au texte de l’ONU sur les migrations, se sont étonnés de tomber sur des messages du réseau social les renvoyant vers des articles des… Décodeurs du quotidien.
Ils ont d’abord cru à une mauvaise blague.

En partageant, ces derniers jours, sur Facebook, des articles ou vidéos hostiles au controversé « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », adopté lundi par la très grande majorité des pays de l’ONU, dont la France, de nombreux internautes ont eu la surprise de découvrir des messages et des liens renvoyant vers le site du Monde, qualifié de… « média de vérification » par le réseau social américain, et ses « Décodeurs », pour… « des informations supplémentaires sur le sujet ».

« En gros, d’autres journaux « pas dans la bonne pensée » ne seraient pas fiables, mais Le Monde (ce qu’il est devenu…) est l’organe où lire la bonne parole et être bien rééduqué !!

Cela s’appelle de la propagande », traduit l’un d’eux. Comme beaucoup d’opposants à la politique du président Macron, il est tombé sur le lien de l’article « “Vendre la France à l’ONU” : de Trump aux « gilets jaunes », itinéraire mondial d’une intox », signé par le service factchecking du quotidien. «

Ce n’est pas la première fois que Facebook tente d’influencer le public en sortant de son rôle », ajoute-t-il.

En pointe dans la dénonciation du texte des Nations unies, l’activiste et membre du blog Fdesouche Damien Rieu n’a pas non plus échappé à la surveillance du puissant réseau de Mark Zuckerberg.

En partageant sa vidéo « contre le dangereux Pacte de Marrakech pro-migrants », un message automatique indique ainsi : « Avant de partager ce contenu, sachez que Les Décodeurs du Monde a des informations supplémentaires sur le sujet. » En dessous, un lien direct renvoie sur leur site pour un avis autorisé.

« On a l’impression d’être dans une mauvaise caricature de Big Brother. Mais c’est contre-productif : ça donne envie d’encore plus partager la vidéo comme me l’ont signalé de nombreux amis, remarque Damien Rieu, contacté par Valeurs actuelles.

Le Monde, comme toute la presse, se sent investit d’une mission pédagogique sur les citoyens qui votent et pensent mal car ils seraient forcément « mal informés ». Difficile pourtant d’imaginer déontologiquement pire que de faire la police de la pensée pour un GAFA. »

En janvier dernier, le Canard enchaîné rapportait dans un article, intitulé « Entre Le Monde et Facebook, un beau conte de « fake » », que le géant du Net collaborait avec le quotidien du soir pour traquer les fake news sur ses pages, fréquentées par 33 millions d’abonnés en France. « Julien Codorniou, le vice-président de Facebook chargé des partenariats, qui vit à Londres, est membre du… conseil de surveillance du « Monde » ! », précisait le palmipède. Et ce dernier est même un « grand ami de Xavier Niel – le coproprio du quotidien ».

« La romance entre Facebook et Le Monde, elle, a réellement démarré en février 2017 », écrivait encore le Canard. Un temps « pris d’un doute » éthique, Le Monde « a soulagé illico sa conscience », ajoutait même l’hebdomadaire, parlant de « pragmatisme financier ».

Quelques jours plus tard, « le quotidien de référence » finissait par justifier son « partenariat » rémunéré avec la plateforme, comme « plusieurs autres médias français dont Libération ou l’AFP », tout en jurant qu’il « n’entrave en rien notre indépendance éditoriale ».

Il faut « démonter les discours trompeurs »

Depuis, les Décodeurs du Monde se sont employés à « mettre l’information en forme et la remettre dans son contexte » selon des critères aussi obscurs que subjectifs, y compris sur le Pacte sur les migrations de l’ONU, « devenu la base d’une théorie conspirationniste dans le mouvement de protestation français » des « gilets jaunes ». « Les Décodeurs nous ont déjà prouvé qu’ils étaient capables de se dépasser dans la mauvaise foi militante. C’est quasiment devenu un art chez eux. Je suis admiratif », souligne Damien Rieu.

« Ils noient le poisson, notamment en utilisant des critiques trop grossières pour disqualifier toutes les autres, poursuit l’activiste identitaire. Ils ne laissent pas de place pour un point de vue contradictoire, par exemple celui de Sandrine Maljean-Dubois, directrice de recherche en droit international au CNRS, qui explique que « les formulations normatives pourront être utilisées devant les tribunaux pour créer des obligations ».

C’est soviétique et partisan. » Le texte des Nations unies lui-même appelle d’ailleurs à « mettre à disposition de tous les citoyens des informations objectives, claires et fondées sur des données factuelles » pour « démonter les discours trompeurs qui donnent une image négative des migrants ». La boucle est bouclée.

Valeurs Actuelles

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