Les cris d’orfraie de Porochenko sur un «couloir de Crimée» préparent le terrain à une attaque sous faux drapeau

Les cris d’orfraie de Porochenko sur un «couloir de Crimée» préparent le terrain à une attaque sous faux drapeau


Par Andrew Korybko –  Le 10 décembre 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoPorochenko, le président ukrainien, sonne une nouvelle fois l’alarme sur une invasion russe, après avoir propagé des infox sur un soi-disant projet de « couloir de Crimée » à Moscou.

Le dirigeant ukrainien a déclaré que son ennemi juré de l’Est projetait de s’emparer des villes côtières de Marioupol et de Berdiansk, toutes deux sur la mer d’Azov, afin de relier le Donbass à la péninsule de Crimée, chose qualifiée par Dmitry Peskov, porte-parole du Kremlin, de « totalement absurde, une nouvelle tentative d’attiser les tensions ». Ce dernier a ajouté que ces propos pouvaient être influencés par l’approche des élections présidentielles en Ukraine, prévues au printemps prochain. Mais toute rhétorique mise à part, la Russie n’a aucune raison objective de créer un tel « couloir », puisqu’elle a déjà construit et mis en service le pont de Crimée sur le détroit de Kertch, qui assure ses accès directs au territoire réunifié.

Le président ukrainien Porochenko, lors de l’inauguration d’une nouvelle église indépendante à Kiev

Le Donbass n’est reconnu par la Russie que comme région rebelle d’Ukraine, et les zones qui le séparent de la Crimée ne sont même pas parties dans la guerre civile ukrainienne. Peut-être que certains démagogues dans les médias et/ou certains rebelles du Donbass ont essayé de se faire mousser en lançant une telle idée, mais cela n’en fait pas une option sérieuse pour la Russie : cela impliquerait une intervention militaire sur le territoire de l’Ukraine, ainsi que l’annexion de ces zones, choses que Moscou n’a jamais pratiquées dans l’histoire, et n’a aucune intention de se mettre à pratiquer. L’incident récent dans le détroit de Kertch a prouvé que la Russie pouvait neutraliser toute menace navale aux abords et au sein de la mer d’Azov, et la Russie n’a aucune raison militaire de vouloir s’emparer de ces villes côtières ukrainiennes.

Ce qui semble plutôt se distinguer de tout ceci est un pré-conditionnement par Porochenko du public occidental à s’attendre à des mouvements rebelles dans la zone, ce qui pourrait bien indiquer la préparation de provocations militaires par l’Ukraine avant les élections, aux fins de générer une réponse qui pourra, une fois décontextualisée, déformée et sur-amplifiée entrer dans le cadre que souhaite donner aux événements M. Porochenko. C’est bien cela qui peut expliquer les déclarations ridicules du dirigeant ukrainien, qui dénonce la présence de 80 000 soldats russes et de 900 chars d’assaut sur son propre territoire et à proximité de celui-ci ; ces déclarations soutiennent grossièrement le prétexte « publiquement plausible » sur la scène intérieure ukrainienne, visant à instaurer la loi martiale, à appeler les soldats de réserve, et pourquoi pas à se préparer pour le scénario d’attaque sous faux drapeau énoncé ci-avant.

Le « couloir de Crimée » constitue une pure invention, mais c’est le jeu des intérêts politiques intérieurs de Porochenko de faire semblant d’y croire ; s’il parvient ne serait-ce qu’en partie à manipuler les perceptions internationales autour de cette fable, peut-être en y ajoutant des provocations à destination des rebelles, il pourrait en retirer de grands bénéfices stratégiques, en se positionnant comme seul dirigeant ukrainien en mesure de défendre son pays de la soi-disant « agression russe ». On pourrait voir une intensification de l’assistance de l’OTAN, et l’approbation tacite par l’Occident d’un trucage du scrutin à venir, ou d’un report de celui-ci aux calendes grecques, pour cause de « période de guerre ». Tout ceci est extrêmement dangereux, car comme le rappelle le livre, « Les plans les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas ».

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 7 décembre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/les-cris-dorfraie-de-porochenko-sur-un-couloir-de-crimee-preparent-le-terrain-a-une-attaque-sous-faux-drapeau

 

Publicités

Une réflexion sur « Les cris d’orfraie de Porochenko sur un «couloir de Crimée» préparent le terrain à une attaque sous faux drapeau »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s