Embarquez à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle, entièrement rénové et modernisé (VIDÉO)

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Les efforts américains pour bloquer Huawei donnent un avantage à la Chine

Les efforts américains pour bloquer Huawei donnent un avantage à la Chine


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 21 février 2019

Pendant plusieurs siècles, la Chine avait le monopole de la soie. Elle était exportée le long de la Route de la soie jusqu’en Perse et, de là, en Europe. La production de soie était très rentable. L’exportation des vers à soie et des méthodes de production était interdite. Au milieu du VIe siècle, deux moines se rendirent d’Europe en Chine et découvrirent comment la soie était produite. Ils en ont rendu compte à l’empereur byzantin Justitian I qui les a incités à acquérir secrètement des vers à soie et à les faire passer en contrebande chez eux. Les moines ont réussi à le faire. Peu de temps après, le monopole chinois sur la soie et le monopole de la Perse sur le commerce de la soie avec l’Europe n’existaient plus.

Les États-Unis craignent que la Chine ne puisse bientôt les concurrencer dans la conception et la fabrication de puces informatiques. Ils tentent d’empêcher la Chine de construire ses propres usines de puces et le Congrès veut même bloquer les exportations de puces à des entreprises chinoises spécifiques. C’est une course que les États-Unis vont perdre. La technologie et les moyens de la produire prolifèrent inévitablement.

Les réseaux de données mobiles 5G utiliseront de nouvelles fréquences et de nouveaux algorithmes pour fournir des gigabits de flux de données depuis, vers, et entre des appareils mobiles. Cela permettra des applications totalement nouvelles, telles que la communication directe entre des voitures (semi-) autonomes à tous les carrefours. Dans le monde entier, un certain nombre de sociétés s’emploient à fournir la technologie 5G. Cela implique des antennes, des stations d’émission, de nouveaux matériels et logiciels, à la périphérie et dans les systèmes de télécommunication de base. Les principaux fournisseurs de ces systèmes sont des sociétés américaines telles que Motorola, Qualcomm et Cisco. Les autres sont Ericsson et Samsung. L’un des plus importants est la société chinoise Huawei.

Actuellement, Huawei est la société la plus avancée dans le domaine de la 5G. Cela a commencé tôt et a nécessité l’investissement de sommes énormes dans la recherche et le développement de la technologie 5G. Elle détient environ 15% de tous les brevets pertinents. Elle est actuellement le seul fournisseur capable d’offrir une solution de bout en bout pour les réseaux 5G. Comme elle dessert l’énorme marché chinois, elle peut produire à grande échelle et vendre ses équipements à un prix inférieur à celui des autres sociétés. Les autres fournisseurs dominants d’équipements de télécommunication, y compris aux États-Unis, accusent un retard dans la technologie 5G. Ils n’ont pas investi suffisamment tôt et sont maintenant à la traîne.

Au lieu d’investir pour un développement plus rapide et une meilleure technologie, les États-Unis tentent d’empêcher Huawei de vendre ses produits. Cela nuit au développement d’autres pays qui souhaitent fournir des réseaux 5G à leurs populations.

Les États-Unis exhortent depuis longtemps leurs alliés à ne pas utiliser les équipements chinois sur leurs réseaux téléphoniques. Ils prétendent faussement que l’équipement de Huawei constitue une menace pour la sécurité.

L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont suivi l’ordre américain et interdit l’utilisation de matériel Huawei dans leurs réseaux 5G. Les États-Unis ont également essayé de faire pression sur les grands pays européens pour qu’ils évitent Huawei. Jusqu’à présent, cela a échoué. L’Allemagne a résisté à la pression des États-Unis de ne pas utiliser de matériel Huawei. Elle craint des retards dans le déploiement de la 5G. Hier, la Grande-Bretagne a également refusé :

La Grande-Bretagne est capable de gérer les risques de sécurité liés à l'utilisation d'équipements de télécommunication Huawei et n'a vu aucune preuve d'actes malveillants de la part de la société, a déclaré un haut responsable, mercredi, repoussant les allégations d'espionnage de l'État chinois aux États-Unis. ...
« Notre régime est sans doute le régime de surveillance le plus dur et le plus rigoureux au monde pour Huawei », a déclaré Chiaran Martin, responsable du centre britannique de cybersécurité (NCSC), faisant partie de l'agence de renseignement britannique GCHQ, lors d'une conférence sur la cybersécurité à Bruxelles.
 
Quand on lui a demandé par la suite si Washington avait présenté à la Grande-Bretagne des preuves à l’appui de ses allégations, il a déclaré aux journalistes : « Je serais obligé de faire un rapport s’il existait des preuves de malveillance ... de Huawei. Et nous n’avons pas encore eu à le faire. Alors j'espère que ça répond à la question. »

Si la Grande-Bretagne, membre du groupe de partage de renseignements Five Eyes, ne voit aucun danger à utiliser Huawei, les États-Unis ont perdu la cause.

Il est probable que l’annonce faite hier par la Grande-Bretagne a été à l’origine de la réaction des États-Unis en deux volets :

Donald J. Trump @realDonaldTrump - 13:55 utc - 21 février 2019
 
Je veux la technologie 5G, et même 6G, aux États-Unis dès que possible. Elle est beaucoup plus puissante, plus rapide et plus intelligente que la norme actuelle. Les entreprises américaines doivent redoubler d'efforts ou être laissées pour compte. Il n'y a aucune raison pour que nous restions à la traîne...

Donald J. Trump @realDonaldTrump - 13:59 utc - 21 février 2019

... à propos de quelque chose qui est si évidemment l'avenir. Je veux que les États-Unis l'emportent par le biais de la concurrence et non par le blocage de technologies plus avancées. Nous devons toujours être leader dans tout ce que nous faisons, en particulier dans le monde passionnant de la technologie !

Au cours de la même heure, alors que Donald Trump déclarait vouloir une « concurrence loyale» sur les nouvelles technologies mobiles, son secrétaire d’État, Mike Pompeo, tentait de faire chanter les alliés des États-Unis afin qu’ils n’utilisent pas les systèmes Huawei :

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a averti jeudi que les États-Unis ne seraient pas en mesure de s'associer ou de partager des informations avec les pays qui adoptent les systèmes Huawei Technologies Co Ltd, en raison de problèmes de sécurité.
 
Dans une interview accordée à Fox Business Network, Pompeo a déclaré que les pays d’Europe et d’autres régions devaient comprendre les risques liés à la mise en œuvre des équipements de télécommunication de Huawei et quand ils comprendront, ils ne les utiliseront finalement pas.

« Si un pays l'adopte et l'insère dans certains de ses systèmes d'information critiques, nous ne pourrons pas partager d'informations avec lui, nous ne pourrons pas travailler à ses côtés », a déclaré Pompeo.

L’attitude de Pompeo semble dure et n’est certainement pas dans l’esprit de « gagner par la concurrence » comme son patron le demande. C’est aussi inutile.

Les services secrets américains échangent des informations avec de nombreux autres pays. La coopération des États-Unis, dans le groupe des  Five Eyes – le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande – implique un gigantesque effort mondial d’acquisition de données, bien connu pour « tout rassembler ». Les résultats sont partagés au sein du groupe. Les services américains échangent également des données avec de nombreux autres services d’espionnage sur une base plus limitée. Cela inclut des échanges même avec des « États ennemis » comme la Russie ou la Syrie. Mais ce sont tous des échanges réciproques. Ils sont basés sur le troc. Si les États-Unis cessent de fournir, par exemple, des informations sur les terroristes d’État islamique, d’autres cesseront de fournir des informations similaires aux États-Unis.

L’échange de renseignements se fait toujours à l’avantage des deux côtés. Si les États-Unis cessaient de fournir leurs données, ils perdraient également l’accès aux informations fournies par leurs homologues. En outre, l’utilisation de tel ou tel système ou technologie de téléphonie mobile n’est pas pertinente pour l’échange de données sur les canaux de sécurité. La menace de Pompeo n’a pas de sens et sera rejetée.

Huwaei n’est pas plus une menace pour la sécurité que n’importe quel autre fournisseur d’équipements de télécommunication. Le plus grand danger de tous est la qualité de leur logiciel qui permet à divers services secrets et autres criminels de pirater de tels équipements. Les fichiers de Snowden indiquaient que les États-Unis pirataient et corrigeaient régulièrement le matériel de communication qu’ils fournissaient eux-mêmes. En 2012, la NSA a tenté d’installer un exploit [logiciel espion] sur les routeurs Cisco qui exploitent le nœud Internet central de la Syrie. L‘opération a foiré, ce qui a « bloqué » les routeurs et coupé l’Internet de la Syrie.

Contrairement à de nombreuses entreprises américaines, Huawei donne aux gouvernements étrangers accès au code source de ses équipements. Il supporte des laboratoires spéciaux en Allemagne, en Grande-Bretagne, à Singapour et ailleurs, capables d’inspecter et de tester le code et les équipements avant leur utilisation. Il a récemment annoncé l’ouverture du processus central de développement de la 5G en Chine à l’inspection des gouvernements étrangers.

Le seul problème que ces laboratoires ont découvert jusqu’à présent est que les programmeurs chinois de Huawei sont aussi négligents et sujets aux erreurs que les programmeurs du reste du monde. Leur codage n’est ni plus élégant ni de meilleure qualité. La NSA aura peu de problèmes pour les pirater.

La tentative américaine de bloquer le déploiement d’équipements Huawei est évidemment faite pour des raisons économiques. La mise en place de l’Internet a entraîné un essor considérable de l’industrie des télécommunications aux États-Unis. Un déploiement de la 5G sur les marchés est censé prolonger cela.

Malheureusement, les entreprises américaines ont perdu l amain. Leurs dirigeants voulant exhiber des profits à court terme, ont racheté leurs actions, au lieu d’investir dans la recherche et le développement. Huawei les a battus en étant la première à offrir la gamme complète de produits de la prochaine génération.

En entravant Huawei, l’administration Trump s’efforce de gagner du temps afin que les entreprises américaines puissent se rattraper. Mais c’est encore une pensée stupide à court terme. Les bénéfices réels des réseaux 5G ne seront pas réalisés avec des équipements de communication mais avec les produits et services qu’ils permettront. Les États-Unis ont mis au point Internet et l’ont vendu au monde. Cisco et d’autres fabricants de matériel sont devenus riches. Mais il y a aussi Google et Amazon qui sont devenus encore plus riches en fournissant les applications qui fonctionnent sur le net.

Si l’Occident retarde le déploiement de la 5G pendant que la Chine l’implémente, les sociétés chinoises disposeront d’un avantage pour créer les produits qui fonctionneront au-dessus de la nouvelle couche de communication globale. Cela permettra à la Chine d’incuber les prochains Google et Amazon gigantesques, avant que d’autres pays ne puissent même tester la technologie de base. C’est même la raison pour laquelle les pays européens ne suivent pas l’initiative des États-Unis.

C’est une réflexion à court terme qui explique que les États-Unis ont raté les télécommunications de nouvelle génération. S’ils veulent reprendre la tête, ils devront changer d’attitude.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/les-efforts-americains-pour-bloquer-huawei-donnent-un-avantage-a-la-chine

 

Un climat délétère de cathophobie haineuse se répand en France

Un climat délétère de cathophobie haineuse se répand en France

Un climat délétère de cathophobie haineuse se répand en France

Si l’on en croit les médias bien-pensants, les gilets jaunes auraient répandu dans l’espace public une vague d’antisémitisme sans précédent depuis les années 1930. Passons sur le côté fantasmagorique de l’accusation. Alain Finkielkraut, bien placé pour parler du sujet, puisqu’il fut, lui, victime d’une agression manifestement sur la base de son appartenance au peuple juif, a fort bien rétorqué que cela n’avait rien à voir avec les gilets jaunes. C’est une évidence. La réalité, c’est que, si l’antisémitisme se développe en France, c’est très largement du fait du développement de l’islamisme plus ou moins radical. Les promoteurs de l’immigration sont donc les derniers à pouvoir légitimement critiquer cette éventuelle recrudescence de l’antisémitisme.

Mais ce qui me frappe surtout, c’est le « deux poids, deux mesures » qui s’exerce dans l’indifférence générale de la caste politico-médiatique.

Les pouvoirs publics réagissent avec vigueur à des graffitis touchant des symboles juifs et ils ont bien raison, car rien ne justifie d’humilier une personne dans sa foi ou dans ses racines culturelles. Mais ils restent muets devant des profanations d’églises. Les exactions les plus graves et les plus nombreuses les laissent de glace.

Doit-on en déduire que, pour les oligarques, les catholiques sont des citoyens de seconde zone, sur lesquels on peut s’essuyer les pieds sans vergogne ?

On peut d’autant plus le penser qu’au sommet de l’Etat, où, normalement, devraient siéger des personnes sages, aptes à calmer les esprits échauffés, figurent pourtant des personnes qui mettent délibérément de l’huile sur le feu. C’est ainsi que la sémillante ministresse Marlène Schiappa s’est cru autorisée à dire : « Je ne mets pas sur le même plan la Manif pour tous [dont il est notoire que les manifestants étaient majoritairement catholiques] et les terroristes islamistes, mais je souligne l’existence d’une convergence idéologique. » Je ne suis pas certain que cette phrase ait le moindre sens, mais, si elle en a un, cela ne peut être que celui-ci : défendre (pacifiquement faut-il le rappeler ?) le mariage homme-femme et le droit des enfants à ne pas être privé artificiellement par l’Etat de leur père ou de leur mère, c’est défendre la même vision de l’homme, de la société et du monde que les assassins djihadistes. C’est-à-dire une vision criminelle. Et, déjà, on commence à entendre en Occident des voix réclamant la criminalisation de l’enseignement moral catholique – supposément hostile aux femmes ou « LGTBphobe » comme on dit dans la novlangue contemporaine.

Prenons-y garde : les persécutions violentes ont toujours été précédées de telles campagnes de dénigrement.

Non, il n’est pas du tout anodin que, dans l’indifférence générale, on profane les saintes espèces dans les tabernacles avant de souiller les autels et de tenter de mettre le feu aux églises. Non, il n’est pas du tout anodin que des fanatiques d’extrême gauche taguent, sans être jamais inquiétés (voire en étant protégés par le pouvoir, comme le montrent tant de séquences vidéo relatives aux manifestations des gilets jaunes), que « la seule église qui illumine est celle qui brûle ». Non, il n’est pas du tout anodin qu’un ministre insulte des millions de catholiques qui ont simplement le malheur de ne pas être de son avis et de ne pas considérer que la révolution sexuelle soit réellement une libération pour la femme. Si elle n’était pas engluée dans son idéologie d’arrière-garde, Mme Schiappa verrait bien que le mariage chrétien est infiniment plus respectueux de la femme que sa répugnante promiscuité sexuelle, dans laquelle la femme n’est plus qu’un objet de plaisir égoïste.

Ces insultes sont gravissimes, surtout venant d’un membre du gouvernement. Au fait, essayez de mettre, par exemple, « le grand rabbin » à la place de « la Manif pour tous » dans la phrase de Marlène Schiappa – ce qui est d’autant plus facile que, naguère, le grand rabbin avait publié un texte remarquable et abondamment partagé parmi les sympathisants de la Manif pour tous, contre la loi Taubira – et regardez les réactions. Je gage qu’il ne faudrait pas attendre longtemps une condamnation unanime du gouvernement. Est-ce à dire, encore une fois, que les catholiques sont, en France, des citoyens de seconde zone (ou, Mme Schiappa, si vous ne comprenez déjà plus le français, des dhimmis) ?

Pourtant, aussi graves que soient ces insultes, ce n’est même pas le pire de ce que nous avons entendu ces derniers jours. Le pire vient du dérèglement total des institutions – qui se grippent dès qu’il s’agit de « chasse au catho ». Regardez ce qui s’est passé avec le film de François Ozon, « Grâce à Dieu » – film manifestement entièrement à charge, visant à faire de l’Eglise un repaire de détraqués sexuels (je dis manifestement, car je ne l’ai pas vu et n’ai aucune intention de le voir : mes impôts servent déjà à financer la haine cathophobe de ceux qui font profession de nous gouverner, je ne vais pas en plus donner librement à des gens qui crachent sur ce que nous avons de plus cher. Je n’ai donc vu que la bande-annonce et cela m’a amplement suffi !). En soi, il est déjà révélateur du climat social qu’un tel film de propagande haineuse puisse être tourné. Sur aucune autre religion que celle qui a façonné notre pays, cela n’aurait été envisageable sans d’abondantes protestations publiques. Là, au contraire, on n’a pratiquement entendu aucun son discordant dans le concert d’éloges. Sans avoir le moins du monde le don de prophétie, je puis d’ores et déjà assurer que le réalisateur va être couvert de prix et de colifichets en tout genre. Mais le pire, c’est que ce film est diffusé avant que le verdict du procès Barbarin n’ait été rendu. Il est impossible que les juges qui ont décidé d’autoriser sa diffusion immédiate n’aient pas vu à quel point cela violait la présomption d’innocence, à quel point ce brûlot était fait pour peser sur la décision de leurs collègues jugeant l’affaire Barbarin. Eh bien, malgré cela, là encore, la décision a été unanimement saluée comme une victoire de la liberté d’expression. La réalité, c’est qu’il s’agit d’une écrasante défaite de la justice : désormais, tout le monde saura que la justice française ne peut, ou ne veut, pas protéger les catholiques. Il est vrai que si ce sont pratiquement des terroristes islamiques…

Il me souvient que, lors de sa campagne, Emmanuel Macron avait pris toutes sortes d’engagements en faveur d’un débat pacifié. On voit ce qu’il en est advenu. La justice dont il est le garant ultime piétine ses propres principes pour mieux humilier un évêque et ses collaborateurs. L’un de ses ministres insulte des millions de catholiques simplement pour leurs convictions anthropologiques. Aucun de ses ministres ne s’émeut quand les églises sont profanées, incendiées, vandalisées.

Le mépris est l’une des causes majeures du mouvement des gilets jaunes. Comme je les comprends !

Guillaume de Thieulloy

https://www.lesalonbeige.fr/un-climat-deletere-de-cathophobie-haineuse-se-repand-en-france/

Cette bombe politique qui se cache dans les sondages sur la remontée de LREM et l’essoufflement des Gilets jaunes

 

Abstention
Cette bombe politique qui se cache dans les sondages sur la remontée de LREM et l’essoufflement des Gilets jaunes

Atlantico: Alors que la crise des Gilets jaunes ne semble véritablement « profiter » à aucun parti, ne peut-on pas craindre une forte abstention au prochain scrutin, alors que les européennes de 2014 avaient déjà conduit à une abstention de plus de 57% des inscrits ? Le retour de l’abstention ne pourrait-il pas s’anticiper au travers de ce sondage ? 

David Nguyen: Les élections européennes sont traditionnellement marquées par un très haut niveau d’abstention et rien ne dit que le mouvement des gilets jaunes va infléchir cette tendance. Sur le papier, cette mobilisation massive de Français qui s’étaient durablement éloignés du débat public, pourrait se traduire par un vote plus important pour les listes d’opposition au gouvernement ou estampillées gilet jaune. Le problème c’est que ce mouvement rejette le fonctionnement démocratique traditionnel et notamment le principe de la représentation. L’impossibilité pour Ingrid Levavasseur de monter une liste illustre bien cette impasse. Dans ces conditions, on peut penser que les 13% de Français qui se disent gilets jaunes aujourd’hui risquent effectivement de s’abstenir et le passage de 7,5% à 3% d’intention de vote pour une liste gilet jaune entre janvier et février 2019 accrédite cette hypothèse.

 

Alors qu’une part importante des abstentionnistes soutenait le mouvement des Gilets Jaunes, ne peut-on pas voir la configuration actuelle comme le symptôme d’une inadéquation de l’offre politique à une demande formulée par le corps électoral ? 

Plus qu’un problème d’adéquation entre les demandes des gilets jaunes et l’offre politique actuelle, je pense qu’il y un décalage entre le désir de démocratie directe exprimée par ce mouvement et un système politique qui fonctionne essentiellement sur le principe de la démocratie représentative. Ce que veulent les gilets jaunes ce n’est pas un leader, c’est le RIC. Ils veulent pouvoir s’exprimer et décider plus directement et plus fréquemment. Le retour durable des abstentionnistes dans le jeu politique passe probablement par une injection de dose de démocratie directe dans le système actuel. A défaut, on peut penser néanmoins que si une formation similaire au mouvement 5 étoiles italien émergeait en France, une partie des gilets jaunes pourrait le soutenir.

 

Alors qu’Emmanuel Macron et Marine Le Pen tentent de transformer cette élection en un duel opposant les « progressistes » et les « nationalistes », peut-on estimer qu’un tel changement de paradigme puisse aboutir à une moindre abstention ? 

C’est vrai qu’il y a une dramatisation inédite du scrutin qui pourrait en principe conduire à une participation accrue. Pourtant, comme je le rappelle dans une note pour le think tank Hémisphère gauche, les Français s’intéressent très peu à cette élection et passeront probablement à côté de cet affrontement. Pour rappel en 2014, seuls 35% des Français déclaraient s’être intéressés à la campagne électorale européenne contre 72% pour la présidentielle de 2017. Les électeurs macronistes et frontistes vont probablement se mobiliser un peu plus que les autres, mais un sursaut de participation général semble improbable. Notamment parce que les têtes de liste comme François Xavier Bellamy ou Jordan Bardella sont inconnus du grand public.

https://www.atlantico.fr/decryptage/3566525/cette-bombe-politique-qui-se-cache-dans-les-sondages-sur-la-remontee-de-lrem-et-l-essoufflement-des-gilets-jaunes-david-nguyen

Eurovision : une série israélienne mettrait la France en colère

Polémique
Eurovision : une série israélienne mettrait la France en colère

La France pourrait boycotter la 64e édition du Concours Eurovision de la Chanson qui se tiendra à Tel Aviv en mai prochain, affirment des médias israéliens. En cause, la série « Douze point » (comme la meilleure note qu’on peut obtenir à l’Eurovision) dans laquelle un candidat Français à l’Eurovision, qui se trouve être un homosexuel musulman, planifie un attentat terroriste en Israël. Bien que le film ait été produit en 2018, avant que l’Hexagone ne sélectionne Bilal Hassani – un chanteur homosexuel de confession musulmane – pour présenter la France à l’Eurovision, sa sortie fait polémique. Et le scénario humoristique de la série ne semble pas faire rire tout le monde.

Selon le site d’info Ynet, la France et l’Union Européenne de Radio-Télévision (UER, qui produit l’Eurovision) demandent à Israël de ne pas diffuser la série. Sa sortie sur les écrans est prévue dans quelques semaines. De son côté, Eldad Koblentz, le patron de la télévision israélienne, évoque « la liberté d’expression et de création » et refuse de céder à la pression, ajoute Ynet. La même source affirme que France Télévisions menacerait de boycotter l’Eurovision. Contacté par Télé-Loisirs et 20 Minutes, un porte-parole de France Télévisions a tenu à s’exprimer afin qu’il n’y ait pas « de fausse polémique ». « L’ensemble de la délégation française est au travail au côté de Bilal Hassani pour la finale à Tel Aviv du 18 mai. Nous sommes en contact régulier avec l’UER, qui échange avec l’ensemble des partenaires de l’Eurovision, dont la chaîne KAN. Dans le cadre de ces échanges entre l’UER et KAN, le projet de fiction 12 Points, dont nous avons appris l’existence la semaine dernière, est évoqué », affirme-t-il à 20 Minutes. Dans un communiqué, l’Union Européenne de Radio-Télévision a annoncé que des discussions sont en cours, « pour parvenir à une solution constructive pour tous ».

Vu sur : 20 Minutes

ENQUÊTE FRANCEINFO. Comment les renseignements s’adaptent depuis trois mois au mouvement inédit des « gilets jaunes »

ENQUÊTE FRANCEINFO. Comment les renseignements s’adaptent depuis trois mois au mouvement inédit des « gilets jaunes »

Policiers et gendarmes des services de renseignement ont dû s’adapter en urgence à l’émergence de cette vague de contestation sociale protéiforme et à des leaders d’un nouveau genre.

Des \"gilets jaunes\" manifestent à Paris le 16 février 2019, lors du quatorzième samedi de mobilisation du mouvement. 
Des « gilets jaunes » manifestent à Paris le 16 février 2019, lors du quatorzième samedi de mobilisation du mouvement.  (MICHEL STOUPAK / NURPHOTO / AFP)

Ils sont sur les ronds-points, dans les manifestations, assistent à des réunions organisées dans le cadre du grand débat national et aux discussions sur les réseaux sociaux. « Ils », ce ne sont pas « les gilets jaunes » mais ceux qui les observent et les écoutent, les agents des services de renseignement. Depuis trois mois, les policiers du renseignement territorial (RT), ceux de la préfecture de police de Paris mais aussi les gendarmes des brigades sont en première ligne pour recueillir des informations sur ce mouvement social inédit, tant par sa forme que par sa durée.

« Il a fallu en urgence établir la réalité d’un phénomène qui s’est construit du jour au lendemain, sur les réseaux, rapidement et en nombre », résume Guillaume Ryckewaert, secrétaire national du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure. Deux jours seulement avant la première journée de mobilisation, le 17 novembre, le service central du renseignement territorial (SCRT) publie une note de synthèse dans laquelle il décrit un « mouvement d’humeur », « assez désorganisé », avec des initiateurs inconnus des services mais un risque de récupération par les extrêmes.

« Une forme de violence totalement décomplexée »

Pour les renseignements, la difficulté réside précisément dans cette association spontanée entre des manifestants lambda, ni syndiqués ni affiliés à un parti politique, et des profils déjà identifiés pour leur extrémisme. « A Toulouse, Bordeaux, Nantes ou Caen par exemple », la présence des seconds a « généré une forme de violence totalement décomplexée et débridée chez des individus qui n’étaient connus ni pour leur appartenance à l’ultragauche, ni à l’ultradroite », analyse Nicolas Lerner, le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), dans Le Parisien.

« Les groupes d’ultradroite et d’ultragauche sont structurés et suivis. On peut anticiper, comme la participation de 1 200 blacks blocs à la manifestation du 1er-Mai. On savait plus ou moins le nombre qu’ils seraient et quelles cibles seraient visées par les casseurs », reprend Guillaume Ryckewaert. Dans le cas des manifestations de « gilets jaunes », qui ne sont, pour la plupart, pas déclarées en préfecture, les services naviguent davantage à vue. « A l’évidence, c’est un défi », confirme un haut gradé des renseignements au sein de la gendarmerie.

Tout le mouvement prend une dimension aléatoire, dans ses revendications, ses modes et ses lieux d’action.Un haut gradé des renseignements au sein de la gendarmerieà franceinfo

A la Sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO), le service central de renseignement de la gendarmerie, une structure a été montée spécialement pour suivre les « gilets jaunes ». « Ce mouvement, assez rural et périurbain au départ, part beaucoup des terrains de la gendarmerie », observe ce haut gradé. Les brigadiers en uniforme, présents sur les ronds-points notamment, sont les premiers échelons du renseignement. Ils recueillent des informations sur le terrain puis remplissent une fiche. En fonction de son importance, celle-ci est traitée par des analystes au niveau départemental puis régional. Les éléments sont ensuite centralisés au niveau de la SDAO.

Un rôle de médiation sur le terrain

Côté police, le recueil d’informations s’effectue localement par des agents en civil, qui s’annoncent comme tels. « On se présente pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté », explique le responsable du renseignement territorial d’une ville moyenne du nord de la France. Si l’abréviation « RT » n’est pas très parlante, celle de « RG » rencontre plus d’écho (les renseignements généraux ont été supprimés en 2008 et leurs missions reprises en 2014 par les RT). « On leur explique que le but n’est pas de les dénoncer mais de faire le lien avec les forces de l’ordre en face, qui sont là pour faire respecter l’ordre public », explique ce responsable.

Parfois ils nous parlent, parfois non. On y va une fois, une deuxième fois… Puis les gens vous connaissent. Vous faites ensuite partie du paysage.Un responsable local des RTà franceinfo

C’est ce qui s’appelle du renseignement « en milieu ouvert », fondé sur le dialogue. Pas question d’infiltration dans le suivi local des « gilets jaunes ». Qu’ils soient sur les ronds-points ou dans les manifestations, les agents du renseignement sont connus et travaillent à visage découvert. Selon nos informations, certains ont parfois pu en faire les frais et être victimes d’agressions. « Je me suis pris des coups de poing et des coups de pied de la part d’un manifestant alcoolisé sur un rond-point, témoigne l’un d’eux. On représente l’Etat. Parfois, on se fait engueuler pendant une heure. On en accepte l’idée, ça les calme », ajoute-t-il. Selon lui, la direction a donné pour consigne de ne pas prendre position et de ne pas se mettre en danger en cherchant à duper des « gilets jaunes »

« On est quand même bien intégrés », relativise le chef d’une autre section locale de renseignements, située dans l’Ouest. Loin de l’image d’Epinal de l’espion qui se fait discret, certains peuvent jouer le rôle de médiateur, notamment dans les petites villes, « où tout le monde se connaît ». « Le samedi, les CRS et les gendarmes mobiles sont mobilisés ailleurs. Quand la tension monte avec des chauffeurs routiers et des automobilistes bloqués, on est là pour faire tampon et faire baisser la pression », poursuit cet agent local. « L’idée, c’est d’avoir un coup d’avance pour chasser les mauvaises idées et les réorienter en leur disant, par exemple, qu’il n’est peut-être pas judicieux d’aller manifester devant l’hôpital », confirme son collègue du Nord.

« On est partis de zéro »

Ce travail de « pédagogie » est d’autant plus important que les agents du renseignement n’ont pas affaire à leurs interlocuteurs habituels, rompus aux rapports de force avec des autorités locales ou une direction d’entreprise. « Les gens qu’on croise ne sont pas du tout dans les radars, on est partis de zéro dans l’ensemble », relève-t-on côté police comme gendarmerie. Sur les ronds-points, pas de figures syndicales ou politiques, mais des anonymes, à l’image des pionniers du mouvement identifiés par le SCRT comme ayant créé la première page Facebook appelant à bloquer le périphérique parisien le 17 novembre. Ces huit personnes, dont faisait partie Eric Drouet, étaient dépeintes dans une note du 29 octobre comme des individus « au profil plutôt neutre, ne révélant aucun engagement militant, et sans lien connu avec des groupes à risque », avec une passion commune : les rassemblements automobiles.

« On croise beaucoup de femmes, des mères célibataires souvent, des retraités, des travailleurs indépendants, des chômeurs », souligne le responsable des RT de la ville de l’Ouest. Pour identifier les leaders, « on observe ceux qui tiennent les porte-voix, qui guident la foule. On essaie de discuter avec eux, de les connaître personnellement, de savoir ce qui les a amenés ici », détaille son homologue du Nord. Mais les leaders d’hier ne sont pas forcément ceux de demain. « Tous les jours, on est étonnés, une semaine balaye l’autre, c’est un mouvement complètement polymorphe », pointe l’agent.

Sur les ronds-points, ils étaient tous d’accord et après, les groupes se sont scindés. Certains voulaient prendre l’ascendant, d’autres prônaient l’horizontalité.Un responsable local des RTà franceinfo

« Les leaders en matière d’idées ne nous intéressent pas. Ceux qui attirent notre attention, ce sont plutôt les agitateurs locaux qui ont une capacité à promouvoir des violences collectives », souligne le haut gradé au sein du service de renseignement de la gendarmerie. A partir d’éléments observés sur le terrain, cette surveillance se poursuit sur les réseaux sociaux. « On a travaillé comme on le fait d’habitude, en récupérant d’abord les pseudonymes pour retrouver les administrateurs de pages Facebook », indique une source policière. Parfois, les services observent une concordance entre les leaders sur le terrain et les appels lancés en ligne, parfois non. « On entend très peu ces personnes lors des réunions, mais sur Facebook, ce sont elles qui amènent les discussions sur certains sujets, qui tirent le débat dans un sens », explique cette même source. Sans surprise, les agents se créent de faux comptes pour pouvoir regarder les Facebook Live, les nombres de vues, les commentaires.

« On est face à des gens jusqu’au-boutistes »

Quand il s’agit d’identifier de potentiels casseurs, le renseignement glisse vers ce que l’on appelle le « milieu fermé », via des moyens techniques qui permettent un travail plus discret, comme l’enregistrement des conversations sur des messageries chiffrées et des écoutes téléphoniques. Selon Le Point, environ 150 « gilets jaunes » – une centaine en province, une cinquantaine à Paris – ont été mis sur écoute par le SCRT et la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP). Ces écoutes administratives, hors procédures judiciaires, ont été rendues possibles par la loi sur le renseignement du 24 juillet 2015. Mais elles doivent être validées par le Premier ministre, après avis de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR). Sollicitée par franceinfo, la CNCTR n’a pas confirmé ce chiffre, mais assure veiller à ce que la loi « ne permette pas de restreindre abusivement le droit de manifester ses opinions ».

Certains « gilets jaunes » figurent également au fichier de la prévention des atteintes à la sécurité publique (PASP), comme l’a confirmé le ministère de l’Intérieur à franceinfo. Mais selon la place Beauvau, c’est parce que ces personnes sont « susceptibles d’être impliquées dans des actions de violences collectives ». C’est ce qui inquiète les autorités et les services de renseignement : la radicalisation progressive d’une frange du mouvement. « Des casseurs fortuits, il y en a toujours, dans les manifestations de pêcheurs ou d’agriculteurs, par exemple. Mais là, cela s’inscrit dans la durée, avec des attaques violentes protéiformes qui visent des personnes, comme les journalistes et les policiers, et des institutions », observe-t-on au sein de la SDAO.

Petit à petit, les revendications ont évolué et se sont multipliées. Né d’une mobilisation contre la hausse des prix des carburants, le mouvement s’est élargi à une critique globale du système économique et institutionnel français. L’instauration du grand débat national ne suffit pas à calmer les esprits, même si la mobilisation est en baisse. « On assiste aux débats locaux pour voir l’ambiance, mais ceux qui posent problème sur les ronds-points n’y participent pas. Ils organisent des assemblées citoyennes en parallèle. Tout ce qui est proposé est considéré comme une trahison, une tentative de récupération », constate un des cadres locaux des RT. Face à cette attitude, les services se sentent désarmés.

On n’arrive pas à voir où ils veulent en venir, ce qui pourrait les calmer, leur apporter une satisfaction.Un responsable local des RTà franceinfo.fr

« Toute personne qui se positionne comme leader est bloquée par l’inertie du mouvement, qui prône l’horizontalité », poursuit cet agent. Dernier exemple en date : l’exfiltration d’Ingrid Levavasseur de la manifestation parisienne du 16 février. Cette aide-soignante qui a tenté de créer une liste « gilets jaunes » pour les européennes a été violemment prise à partie. « Aujourd’hui, on est face à des gens jusqu’au-boutistes. Mais au bout de quoi ? Ils ne savent plus trop. Ils se sont trouvé une vocation, ils sont dans une bulle, il n’y a plus rien autour », déplore un autre policier. A la différence des conflits sociaux traditionnels, les agents du renseignement sur le terrain n’ont pas de « monnaie d’échange » à proposer. « Un syndicat, s’il veut un rendez-vous chez le préfet ou rencontrer un ministre de passage, on sait quoi faire. Là, ils ne demandent rien. » 

« Les ‘gilets jaunes’, c’est du travail en plus »

C’est pour cette raison, selon ces mêmes sources, que le renseignement local travaille de plus en plus en « milieu fermé » et a tendance à se judiciariser, plutôt que de remplir « une sorte de contrat social avec les organisateurs ». Comme le prévoit l’article 40 du Code de procédure pénale, le préfet doit saisir le procureur de la République s’il a connaissance d’un crime ou d’un délit à partir d’un signalement, qui émane souvent des services de renseignement. « Le recours à l’article 40 est plutôt rare, mais cela a été beaucoup fait pour les ‘gilets jaunes' », observe un des responsables locaux des RT. Objectif : procéder à des interpellations préventives avant les manifestations.

Les notes des services de renseignement servent aussi à éclairer les décideurs sur la suite du mouvement et, surtout, à adapter les dispositifs de maintien de l’ordre. Leur rythme varie selon les régions. « Au début, on faisait jusqu’à six points par jour sur la mobilisation, pour le préfet et le service central. Désormais, on est redescendus à un point par jour », explique l’agent qui travaille dans l’Ouest. « Après plusieurs remontées par semaine, on est passés à une note de synthèse pour les réunions organisées dans le cadre du grand débat, une note pour les manifestations du samedi et une note pour les rassemblements sur les ronds-points », énumère celui qui officie dans le Nord. La fatigue dans les services se fait sentir.

Les ressources des services de renseignement sont absorbées par les ‘gilets jaunes’, avec la crainte de passer à côté d’une autre menace.Un haut gradé du renseignement au sein de la gendarmerieà franceinfo

Pas question, pour autant, de lever le pied sur les autres missions. « Pour Paris, il est hors de question de laisser tomber le suivi de la radicalisation islamiste. On a deux mondes parallèles dans le renseignement : le premier [sur la radicalisation] continue à évoluer comme si l’autre n’existait pas », explique-t-on côté police. « Les ‘gilets jaunes’, c’est du travail en plus, on continue à suivre nos thématiques », confirme un agent.

Les renseignements territoriaux ont également pour mission de suivre la santé économique de leur secteur géographique. Et l’impact du mouvement commence à se faire sentir. « A Paris, on s’inquiète des violences mais en province, on craint les conséquences économiques. La grande distribution a les reins solides, mais pour les petits commerçants, c’est plus difficile, analyse ce cadre des RT. C’est plus insidieux et on le verra sur le long terme. » Cet agent craint l’arrivée des beaux jours. « Les ‘gilets jaunes’ ont un peu désinvesti les ronds-points, mais avec les jours qui rallongent et les températures qui remontent, qu’est-ce qui va les empêcher de s’y réinstaller ? Je n’en vois pas la fin. »

La BCE reconnaît que les banques européennes vont mal

La BCE reconnaît que les banques européennes vont mal

Publié par Philippe Herlin | 21 févr. 2019 | Articles 1164

Si l’on vous dit que le secteur bancaire européen se porte bien, n’en croyez rien : la Banque centrale européenne (BCE) elle-même est consciente du problème, et elle vient de l’avouer. La nouvelle n’a fait que quelques lignes dans les journaux spécialisés, mais elle mérite d’être mise en lumière. Un des membres du directoire de la BCE, le Français Benoît Cœuré, a en effet laissé entendre qu’il « pourrait y avoir de la place pour un autre TLTRO » (L’Agefi).

Les TLTRO (Targeted Long-Term Refinancing Operation) sont des facilités de financement (des prêts à taux très faibles) offerts par la BCE aux banques commerciales de la zone euro en mal de liquidités. La précédente tranche avait été lancée en juin 2016, d’une durée de quatre ans, son remboursement doit commencer à partir de juin 2020. Problème : de nombreuses banques ne disposent pas de cet argent, du fait de leur situation financière dégradée, d’où la volonté de la BCE de proposer une autre tranche. Une façon comme une autre de rouler la dette, de faire de la cavalerie financière…

Les montants souscrits par les banques des différents pays en 2016 ont été estimés par l’agence Reuters. On connaît la situation dégradée des banques italiennes et espagnoles, ainsi que celle de la Deutsche Bank, de la Commerzbank et de plusieurs banques régionales allemandes. Mais la surprise est de la voir la France arriver en troisième position, devant l’Allemagne dont, pourtant, les difficultés de sa plus grande banque constituent une vive source d’inquiétude en Europe et dans le monde. Des banques françaises nous cachent-elles quelque chose ?

 

  Montant des TLTRO souscris par les banques en 2016
Pays Milliards d’euros
Italie 250
Espagne 175
France 110
Allemagne 90
Portugal 25
Pays-Bas 20
Belgique 20
Autriche 20
710

Source : Reuters

 

Depuis le 1erjanvier, la BCE a arrêté son QE, son programme de rachat d’actifs obligataires. Les 2 600 milliards d’euros de planche à billets n’ont servi à rien, comme nous l’avons dit. Ils n’ont eu aucun effet sur la croissance économique. Leur véritable utilité aura seulement consisté à abaisser les taux d’intérêt pour permettre aux États de continuer à s’endetter, et à fournir des liquidités aux banques qui en ont besoin. Il fallait donc, pour les banques en difficulté, qu’un autre programme prenne le relais.

Cette politique monétaire laxiste ne fait que repousser les problèmes dans le futur ; il serait vraiment temps qu’elle cesse ! Le mandat du président de la BCE, Mario Draghi, prendra fin en octobre de cette année et parmi les successeurs pressentis figure Jens Weidmann, l’actuel président de la Banque centrale allemande, connu pour ses positions plus rigoureuses. Ce serait à l’évidence le meilleur choix. On parle aussi de François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France qui lui, par contre, s’inscrirait dans la continuité de Mario Draghi. Il faut vraiment souhaiter la victoire du candidat allemand. Quoi qu’il en soit, l’assainissement du secteur bancaire européen figurera en tête des priorités du nouveau président de la BCE.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.


Philippe Herlin  Chercheur en finance / Membre de l’équipe éditoriale de Goldbroker.com

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Madame Schiappa, vous n’aurez pas notre haine !

Madame Schiappa, vous n’aurez pas notre haine !

JACQUES DEMARTHON / AFP
La Secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, à l’Assemblée nationale, le 12 février 2019.

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Dans un entretien accordé à Valeurs actuelles, Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, déclare : « Je ne mets pas sur le même plan La Manif pour tous et les terroristes islamisées, mais je souligne l’existence d’une convergence idéologique », à propos de l’homophobie. Alors que LMPT a annoncé vouloir porter plainte, Marlène Schiappa a présenté ses excuses dans un communiqué.

Alors que l’expression « pas d’amalgames » fait florès dans les médias depuis la vague d’attentats islamistes sur notre territoire, la fringante secrétaire d’État a commis le pire. Comment, en effet, souligner une « convergence » entre les terroristes et un mouvement citoyen qui a défilé pacifiquement, malgré quelques outrances, pour défendre une vision de la famille traditionnelle ? En creux, nous devinons que Marlène Schiappa établit cette analogie surtout pour dénoncer l’homophobie. Mais qui, dans nos banlieues, pourchasse les homosexuels ou les frappe dans la rue ? Il s’agit à première vue d’une mauvaise foi éhontée, et, plus grave encore, d’un aveuglement face aux périls traversés par notre civilisation. Nous pouvons également avoir une sincère pensée pour les survivants du Bataclan, de l’Hyper Casher ou de Nice qui ont sûrement découvert cette phrase la boule au ventre.

L’art de la mesure

Les faits sont hélas têtus : s’il existe effectivement une certaine homophobie ou, tout du moins, une gêne à l’égard de ce sujet dans les milieux catholiques traditionnels, il n’en demeure pas moins que la plupart des agressions homophobes commises en France ne sont pas le fait d’anciens participants à La Manif pour tous… Dans L’Homme révolté, Albert Camus écrit : « La logique du révolté est… de s’efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel », et Marlène Schiappa serait bien inspirée de retrouver l’idéal camusien de mesure et de discernement pour ne pas ajouter au malheur de notre monde. On ne peut pas mettre sur un même pied d’égalité les clichés véhiculés par certains chrétiens et les prêches salafistes qui appellent à l’éradication de l’homosexualité, prêches qui, hélas, sont suivis de graves conséquences.

La parole de Marlène Schiappa est injuste, car se dessine en creux un rapprochement entre le terrorisme islamique et la doctrine catholique. Assumer la défense d’un modèle familial n’est pas rejeter l’homosexualité dans son ensemble. D’ailleurs, le pape François œuvre pour que les fidèles homosexuels soient accueillis. En recevant Juan Carlos Cruz, victime d’actes pédophiles au Chili, le Saint-Père lui a confié : « Juan Carlos, que vous soyez gay importe peu. Dieu vous a fait ainsi et vous aime ainsi. Cela n’a pas d’importance. Le Pape vous aime ainsi. Vous devez être heureux de ce que vous êtes. » S’il a pu exister ou s’il existe encore des paroles déplacées à leur égard, un minimum d’honnêteté intellectuelle saluerait cette initiative du Pape, au lieu de constamment brocarder l’Église, à grands renforts de punchlines.

Conséquences et inconséquence de la communication

Le rapprochement entre LMPT et les terroristes islamistes est honteux. Alors que le pape François est à l’initiative du sommet de l’Église contre les abus sexuels, que le journaliste Frédéric Martel publie Sodoma, un livre à charge sur l’homosexualité dans les hautes sphères de l’Église, que François Ozon a vu son film Grâce à Dieu autorisé par la justice (ô surprise !), la fenêtre de tir était trop belle pour Marlène Schiappa. La secrétaire d’État semble avoir bien appris sa leçon chez Cyril Hanouna : lorsque l’actualité s’y prête, il faut créer le buzz à tout prix. Et tant pis pour la subtilité ou la prise de hauteur face aux événements : le but est uniquement de truster les premières pages de Google Actualités et d’alimenter un débat sur BFM TV. Mission réussie pour l’idole de la macronie : elle fait les gros titres, son nom est cité sur les plateaux de télévision. Il aura fallu la menace de plainte de La Manif pour tous pour sonner la fin de la récréation. Le ministre présente ses excuses, mais « assume ses propos ».

Car la déclaration de Marlène Schiappa participe aussi d’un climat plus complexe qu’il n’y paraît. Lorsqu’un principe coranique fait débat dans notre société (menus halal, voile à l’école, mixité dans les piscines municipales), il est de bon ton de brandir l’étendard de la laïcité face à l’influence néfaste des religions dans leur ensemble. L’Église catholique constitue ainsi le bouc émissaire idéal sur le dos duquel il est facile de faire porter tous les fardeaux. Depuis 1789, l’Église est habituée à faire le dos rond face aux outrances, aux quolibets, et aux attaques déplacées. Alors que l’islam propose un défi majeur à notre société façonnée par le christianisme, les hommes politiques préfèrent cibler l’ensemble des religions par refus de froisser une partie des citoyens de confession musulmane. Il ne s’agit pas de verser dans l’excès inverse (cibler l’ensemble des musulmans), mais bien de répondre fermement à ce défi en nommant les dérives et en assumant notre culture chrétienne comme nos principes intangibles pour garantir le bien commun.

Raser les murs ou vivre en paix ?

Dans un article inspiré paru dans Le Point, « Feu sur les catholiques », Jérôme Cordelier s’interroge en ces termes : « Alors que l’Église traverse l’une des plus graves crises de son histoire contemporaine, les catholiques, qui depuis des siècles ont en grande partie façonné notre culture collective et ont été parmi les premiers à s’engager dans les heures sombres de notre histoire, vont-ils devoir aujourd’hui en France raser les murs ? » Nous serions tentés de lui répondre par l’affirmative. Tant de scandales ternissent l’image de l’Église en ce moment que les catholiques peinent à se faire entendre. La prière, l’adoration, la lecture de la Bible, le recueillement, semblent les seules alternatives à court-terme pour sortir de ce marasme. En revanche, nous devons assumer nos valeurs : oui, nous défendons une vision de la famille traditionnelle, car nous estimons qu’un père et une mère sont un idéal de complémentarité essentiel pour l’enfant. Non, ce n’est pas assimilable à des tirs de mitrailleuse dans une salle de concerts. Non, nous ne voulons pas pourchasser les homosexuels.

Pour tout cela, Marlène Schiappa, vous n’aurez pas notre haine. Nous acceptons vos excuses. Nous pardonnons même votre quête effrénée de reconnaissance médiatique, qui est compréhensible au regard de ce que devient la politique à l’heure des réseaux sociaux. Nous vous invitons simplement à davantage de modération, et vous demandons humblement de ne plus oser ces rapprochements douteux, car ils peuvent être douloureux. Et même si les chrétiens sont censés accepter la souffrance, ils n’en préfèrent pas moins vivre dans la joie et la fraternité.

La Chine et l’Arabie saoudite s’engagent à élargir leur coopération

La Chine et l’Arabie saoudite s’engagent à élargir leur coopération

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 22/02/2019 18:53

Le vice-Premier ministre chinois Han Zheng, a rencontré vendredi Mohammed ben Salmane Al Saoud, prince héritier, vice-Premier ministre et ministre de la Défense de l’Arabie saoudite, et a co-présidé avec lui une réunion du Comité conjoint de haut niveau sino-saoudien.

Saluant le développement rapide des relations bilatérales ces dernières années, M. Han, également membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois, a indiqué que la Chine et l’Arabie saoudite avaient maintenu une communication et une coordination étroites depuis la deuxième réunion du comité.

Le Comité conjoint de haut niveau sino-saoudien a été créé en 2016, et il s’agit de sa troisième réunion cette année.

Selon M. Han, le comité conjoint est une plate-forme globale, de haut niveau et institutionalisée entre les deux gouvernements, qui a joué un rôle de coordination important. La construction institutionnelle s’est améliorée et de nombreux progrès ont été réalisés grâce à la coopération approfondie dans divers domaines depuis la dernière réunion, a noté M. Han.

Le vice-Premier ministre chinois a également fait plusieurs suggestions sur les domaines de coopération majeurs et les projets prioritaires entre les deux pays.

Il a suggéré que la Chine et à l’Arabie saoudite renforcent leur confiance mutuelle politique, se soutiennent mutuellement dans leurs intérêts fondamentaux et renforcent la communication et la coordination dans les affaires multilatérales.

La Chine et l’Arabie saoudite doivent renforcer la synergie entre l’Initiative « la Ceinture et la Route » et « la Vision saoudienne 2030 », intensifier leur coopération pragmatique dans les domaines de l’énergie, de la construction d’infrastructures, des finances et des hautes technologies, a déclaré M. Han.

Le prince héritier de l’Arabie saoudite a confirmé que son pays attachait une grande importance au partenariat stratégique global avec la Chine, qu’elle adhérait sans réserve au principe d’une seule Chine, et soutenait fermement les efforts de la Chine pour sauvegarder sa souveraineté, sa sécurité et sa stabilité, et s’opposait à ce que des forces extérieures s’ingèrent dans les affaires intérieures chinoises.

L’Arabie saoudite est prête à travailler avec la Chine pour renforcer la synergie des stratégies de développement, approfondir la coopération dans le dévelopement conjoint de « la Ceinture et la Route », et apporter des avantages aux deux pays et aux deux peuples, a-t-il ajouté.

Après leur rencontre, MM. Han et Mohammed ont assisté à la signature d’une série d’accords de coopération couvrant la politique, les transports, la capacité, l’énergie et les finances.

https://chine.in/actualite/cn/arabie-saoudite-engagent-elargir-leur_116827.html

«Blaxit»: de nombreux Noirs américains quittent les États-Unis pour le Ghana et l’Afrique du Sud

«Blaxit»: de nombreux Noirs américains quittent les États-Unis pour le Ghana et l’Afrique du Sud

Jusqu’à 5 000 Noirs américains sont rentrés au Ghana – et des milliers d’autres dans d’autres pays africains – au cours des dernières années dans le cadre d’un mouvement grandissant visant à vivre dans une société dans laquelle ils se disent capables de vivre dans un monde quels sont les noirs sont en charge. « 

 

Le mouvement croissant de «retour en Afrique» a été mis en évidence dans un article récent du service de presse Al Jazeera intitulé «Pourquoi certains Afro-Américains s’installent en Afrique ».

L’article – qui, bien sûr, blâme les Blancs pour tous les maux affectant les Noirs – s’articule autour d’une interview avec Muhammida el-Muhajir, une spécialiste du marketing numérique de New York, qui a quitté son travail pour s’installer à Accra, la capitale du Ghana. .

«Ils viennent des grandes villes de San Francisco, Chicago et New York. Des milliers d’entre eux. Et beaucoup refusent de rentrer », écrit l’article, affirmant qu’une« nouvelle vague d’Afro-Américains échappe au racisme et aux préjugés incessants aux États-Unis. Du Sénégal et du Ghana à la Gambie, des communautés émergent en défiant la sagesse conventionnelle voulant que l’Afrique soit un continent que tout le monde essaie de quitter. ”

L’article poursuit en disant qu’il est estimé qu’entre 3 000 et 5 000 Noirs américains vivent dans la seule capitale ghanéenne. (Le Ghana, rappelons-le, a une loi sur le «droit de résidence», semblable à la «loi sur le retour» d’Israël. Cette loi sur le droit de résidence accorde la résidence et la citoyenneté du Ghana à toute personne d’ascendance raciale noire .)

«Ce sont des enseignants dans des petites villes de l’ouest ou des entrepreneurs dans la capitale et ils affirment que même si vivre au Ghana n’est pas toujours facile, ils se sentent libres et en sécurité», poursuit l’article.

El-Muhajir dit avoir déménagé, « parce que malgré son éducation et son expérience, elle a toujours été conçue pour se sentir comme une citoyenne de deuxième classe. »

Déménager, a-t-elle déclaré, était «une occasion de réaliser son potentiel» et «d’éviter d’être la cible de violences raciales».

Cette dernière raison est évidemment absurde, car toutes les preuves montrent qu’aux États – Unis, les Blancs sont beaucoup plus la cible de violences raciales que les Noirs et que les crimes contre les Noirs constituent de loin la plus grande menace pour les Noirs en Amérique .

Même si la perception de «violence blanche» par El-Muhajir est fausse – générée sans aucun doute par les médias contrôlés -, sa première raison est véridique: à savoir qu’en concurrence ouverte et sur un pied d’égalité, les Noirs sont presque toujours perdants contre le QI plus élevé les Blancs et les Asiatiques en Amérique.

«J’ai grandi à Philadelphie, puis à New York. Je suis allé à Howard, qui est une université historiquement noire », a déclaré El-Muhajir.

«Je dis aux gens que le Ghana est comme Howard dans la vraie vie. C’était comme un microcosme du monde. À l’université, ils nous disent que le monde n’est pas noir, mais il y a des endroits où c’est le monde réel. Howard vous prépare à un monde où les Noirs sont aux commandes, ce qui est une expérience complètement différente de celle des personnes qui ont fréquenté des universités à prédominance blanche. « 

Elle a ensuite expliqué qu’elle ne se sentait plus comme une « étrangère » en Afrique, une expérience qu’elle avait toujours vécue en Amérique.

«Le premier pays où je suis allé était le Kenya. J’avais 15 ans et voyagé avec un groupe d’enfants. J’étais l’un des deux enfants noirs. J’ai vu très tôt que je pouvais m’intégrer et n’était pas un outsider.

«Soudain, ça a basculé, je venais d’Amérique où j’étais un outsider, mais en Afrique, je ne me sentais plus comme ça. J’ai fait des études supérieures au Ghana en 2003 et je suis retourné à New York, puis au Ghana en 2014. »

Elle a ensuite expliqué comment ce dilemme de ne jamais être la première  s’est  résolu par  lui-même lorsqu’elle a déménagé en Afrique:

«En Amérique, vous essayez toujours de faire vos preuves. Je n’ai pas besoin de me prouver aux normes de quelqu’un d’autre ici. Je suis une championne, j’ai couru et suis allé à l’université et j’aime gagner. Je refuse donc de me retrouver dans une situation où je ne gagnerai jamais. ”

«Il y a des commodités auxquelles je me suis habituée chez moi à New York – comme les fêtes, les bars ouverts et la mode, alors quand j’ai réalisé que je pouvais faire les mêmes choses en Afrique que chez moi aux États-Unis, j’ai été vendue. Il y a aussi un grand festival d’art de rue ici, et c’était la différence par rapport à ma venue [en tant qu’étudiante]. J’ai vu ce que j’aime chez moi ici, alors j’ai décidé que le moment était venu.

El-Muhajir a même réalisé un documentaire intitulé «Blaxit» sur les Noirs qui se déplacent en Afrique.

«J’ai créé Blaxit à cause de cette vague d’afro-américains qui s’installent en Afrique. Cette tendance a commencé à se produire autour de l’indépendance des pays africains, mais la nouvelle vague [comprend] des personnes qui viennent dans des endroits comme celui-ci. Ce nouveau groupe a un accès certain en Amérique et vient ici pour avoir ce style de vie en Afrique », a-t-elle déclaré.

«À notre insu, nous vivons la vision que le politicien et révolutionnaire ghanéen Kwame Nkrumah a exposée pour nous, de ce pays constituant la porte d’entrée de la diaspora noire en Afrique.

«Je ne veux pas que les gens pensent que l’Afrique est cette utopie magique dans laquelle tous vos problèmes disparaîtront. C’est juste que certaines des choses auxquelles vous pourriez être confronté en Amérique en tant que personne noire – vous ne devrez pas souffrir avec ces choses ici. « 

Lorsqu’on lui a demandé si elle pensait que le mouvement «de retour en Afrique» gagnerait de la vitesse et augmenterait en nombre, elle a conclu en disant: «Je pense que davantage viendra quand ils commenceront à y voir une alternative viable. Mais ce n’est pas facile et ce n’est pas bon marché. Je ne peux pas dire que ce qui se passe en Amérique aujourd’hui est pire que ce qui s’est passé à un autre moment. Je pense que le moment est venu où les gens commencent à voir qu’ils peuvent vivre ailleurs. »

* Le mouvement original de «retour en Afrique» en Amérique remonte à l’époque de l’American Colonization Society (ACS), dont les membres les plus remarquables comprenaient des membres notables de l’American Colonization Society, dont Thomas Buchanan, Thomas Jefferson, James Monroe et Abraham Lincoln. James Madison, Daniel Webster, John Marshall et Francis Scott Key.

L’ACS est l’organisation qui a fondé l’État africain du Libéria en 1847, après avoir transféré plus de 15 000 Noirs des États-Unis sur leur continent. La constitution et le drapeau libériens ont été modelés directement sur ceux des États-Unis.

Marcus Garvey

De nombreux autres Noirs ont également essayé de renvoyer leurs compatriotes africains en Afrique, le plus célèbre étant Marcus Garvey, qui dans les années 1920 avait rassemblé au moins quatre millions de Noirs américains qui avaient adhéré à son organisation pour promouvoir un déménagement en Afrique. Les efforts de Garvey se sont effondrés après qu’il ait été reconnu coupable de fraude postale en raison d’un manque de contrôle sur la vente d’actions dans une compagnie de transport qu’il a commencé à transporter des noirs en Afrique.

En 1937, un groupe de rivaux de Garvey appelé le Peace Movement of Ethiopia collabora avec Theodore Bilbo, sénateur des États-Unis du Mississippi, et Earnest Sevier Cox  dans la promotion d’un programme de rapatriement présenté au Congrès américain sous le nom de Greater Liberia Act.

Bilbo a proposé le 6 juin 1938 un amendement au projet de loi fédéral sur l’allègement du travail, proposant de financer le déplacement de 12 millions de Noirs au Libéria aux frais du gouvernement, sujet traité dans son célèbre ouvrage intitulé Take Your Choice, Separation or Mongrelization .