Yémen : les Émirats arabes unis soupçonnés de livrer des armes occidentales aux milices

Sécurité

Yémen : les Émirats arabes unis soupçonnés de livrer des armes occidentales aux milices

06 février 2019 à 12h36 | Par Jeune Afrique avec AFP

Amnesty International a accusé ce mercredi les Émirats arabes unis, engagés militairement au Yémen, de fournir des armes de pointe d’origine occidentale à des milices yéménites, quelques heures après des inquiétudes exprimées sur ce sujet par un général américain.

Le général Joseph Votel, chef des forces américaines au Moyen-Orient, a fait part de ses préoccupations à des sénateurs après une enquête de la chaîne CNN, selon laquelle des équipements fournis par Washington à l’Arabie saoudite et aux Émirats avaient été utilisés par des milices au Yémen. Amnesty international a également publié une enquête dénonçant les accointances occidentales avec les pays du Golfe.

Des armes transférées à Al-Qaïda ?

Selon CNN, la coalition menée par l’Arabie saoudite a transféré des armes et des véhicules militaires fabriqués par les États-Unis à des combattants liés à Al-Qaïda, des milices salafistes radicales et d’autres groupes. « Nous prenons les allégations de mauvais usage d’équipement de défense d’origine américaine très au sérieux, et lancerons promptement des enquêtes une fois reçues des preuves crédibles », a déclaré Johnny Michael, un porte-parole du Pentagone. Le département d’État américain a dit chercher à obtenir des informations complémentaires.


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« Nous attendons de tous les destinataires d’équipement de défense de fabrication américaine (…) qu’ils ne retransfèrent pas de l’équipement sans une autorisation préalable du gouvernement américain », a indiqué un porte-parole du département d’État. La coalition sous commandement saoudien qui combat les rebelles chiites Houthis au Yémen est composée de forces très hétéroclites, comprenant des soldats de l’armée yéménite et des groupes armés sunnites de diverses obédiences.

Des milices accusées de crimes de guerre

Dans un rapport publié mercredi, Amnesty International a également accusé les Émirats arabes unis, engagés militairement au Yémen, dénonçant l’implication de ce pays devenu un canal majeur de distribution de véhicules blindés, de systèmes de mortier, de fusils et de mitrailleuses. Autant d’armes qui seraient détournées illégalement vers d’innombrables milices qu’ils soutiennent et qui sont accusées de crimes de guerre. « Les Émirats arabes unis fournissent des armes occidentales à des milices sans se soucier des conséquences », dénonce l’ONG.

Les forces armées émiraties ne font que détourner des armes vers des milices qui sont connues pour commettre des crimes de guerre

« Les forces armées émiraties reçoivent des milliards de dollars d’armes provenant de pays occidentaux et d’autres sources, qu’elles ne font que détourner vers des milices au Yémen qui ne sont pas contrôlées et sont connues pour commettre des crimes de guerre. » Depuis mars 2015, les Émirats participent, aux côtés de l’Arabie saoudite, à la guerre au Yémen pour soutenir le gouvernement internationalement reconnu. Cette coalition combat des rebelles Houthis, soutenus par l’Iran et qui contrôlent de vastes régions, notamment la capitale Sanaa.


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Les groupes qui reçoivent ces armes – y compris ceux qu’on appelle « Les Géants », la « Ceinture de sécurité » et les « Forces d’élite » – sont formés et financés par les Émirats, mais ne sont responsables devant aucun gouvernement, affirme Amnesty, basée à Londres. Certains d’entre eux sont accusés de graves violations des droits humains, notamment pendant l’offensive contre la ville portuaire de Hodeida (ouest), et dans le réseau de « prisons secrètes » appelées « sites noirs », soutenu par les Émirats dans le sud du Yémen et où des cas de torture ont été signalés, selon l’organisation.

Le conflit au Yémen a fait quelque 10 000 morts, en majorité des civils, depuis mars 2015, selon un bilan partiel de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais des ONG affirment que le nombre de victimes est largement supérieur, certaines citant un chiffre cinq fois plus élevé

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