Donald Trump met la guerre commerciale avec la Chine en sourdine à cause du ralentissement de l’économie américaine en vue

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Donald Trump met la guerre commerciale avec la Chine en sourdine à cause du ralentissement de l’économie américaine en vue

Si Donald Trump a mis une sourdine à ses plans protectionnistes et si le président américain cherche à suspendre le bras de fer qu’il a engagé avec les Chinois, c’est parce qu’il redoute un ralentissement sérieux de l‘économie américaine. Et les raisons de s’en inquiéter se multiplient. Cette semaine, le très mauvais chiffre de la consommation des ménages américains a perturbé l’attente des conseillers de la Maison blanche. Les ventes au détail ont subi une chute mensuelle inédite depuis la crise de 2009. Dans le même temps, les banques ont enregistré des premiers défauts de paiements sur les crédits automobiles et sur les prêts étudiants. Ce renversement de tendance s’est produit au mois de décembre et ne peut pas être franchement imputables au shutdown, qui n’a commencé que le 22 décembre. Ces chiffres signifient aussi que les Américains sont préoccupés de l’avenir de leur économie.

C’est bien la raison pour laquelle Donald Trump a envoyé des signes d’apaisement dans ses discussions avec la Chine, ce qui a permis à la bourse américaine de repartir à la hausse et de compenser les effets de la baisse du moral des consommateurs.

Le ralentissement économique est pourtant mesuré par la plupart des observateurs. Le plus long cycle de croissance qu’à connu le pays dans son histoire économique touche à sa fin, c’est une certitude. La question est de savoir de quelle ampleur sera le ralentissement. Selon les analystes, l’ampleur va de +1.5% de croissance jusqu’à une récession pour les plus pessimistes.

Au delà des variations boursières à Wall Street, qui ne profitent qu’à l’industrie financière, les entreprises traversent un véritable malaise. Pour deux raisons : un, le stimulus fiscal impulsé par Trump en début de mandat touche à sa fin. Et deux, la baisse de la consommation des ménages.

Alors même que l’économie réelle est encore en plein emploi, avec des salaires en augmentation, on conçoit que les chefs d’entreprises se soient mis en mode prudents et attentistes. Aux Etats-Unis, la croissance a toujours été soutenue à 70% par la consommation, ce qui veut dire qu’une consommation en baisse est évidemment un indicateur de ralentissement économique pour les années à venir.

Les résultats des entreprises annoncés en 2018 sont plutôt bons, mais les perspectives pour 2019 sont beaucoup moins réjouissantes. « Les profits de l’an prochain sont attendus en baisse, d’environ 4% », selon Christian Parisot, chef économiste d’Aurel BGC, alors qu’il faudra s’attendre encore à une pluie d’indicateurs et de signaux négatifs en ce début d’année. Et grande nouveauté, ce trou d’air a embarqué, dans son sillage le secteur des nouvelles technologies, avec Apple qui, reste la première capitalisation boursière au monde, mais qui vient de prévenir les marchés que ses ventes d’iPhones ne correspondaient pas aux promesses . Deux points viennent rappeler que l’économie américaine est aujourd’hui en risque. D’abord sur le plan monétaire avec la banque centrale américaine, fin janvier, qui a surpris son monde en annonçant qu’elle n’augmenterait plus son taux directeur en 2020. Cette mesure a pour vocation de ne pas entraver l’investissement en évitant que le crédit ne soit trop cher. Quand le patron de la Fed lève le pied et parle de « patience », c’est que ses cellules de prévisions ne sont pas capables de lui dire ce qui se profile à l’horizon. Le deuxième point nous vient des positionnements ambigus du président américain vis-à-vis de la Chine. Donald Trump a compris qu’il ne pourrait pas faire sans les Chinois, du coup les conseillers chinois et américains ont changé de partition. Une partition moins violente, moins brutale. Le but partagé par les deux grandes puissances est d’arriver à un accord avant l’échéance du 1er mars, date censée consacrer l’entrée en vigueur de l’augmentation des droits de douane sur les importations chinoises. M. Trump sait bien que s’il ne passe pas cet accord, les exportations américaines vers la Chine continueront de baisser puisque la Chine arrêtera ses achats, comme c’est le cas à présent. C’est l’exactement l inverse de qui est souhaité.

La question est de savoir jusqu’où doit aller l’accord commercial. L’ambition de La Chine est certes d’acheter plus de composants technologiques et de produits agricoles en provenance des Etats-Unis mais Donald Trump ne s’arrête pas là : Là où les négociations sont beaucoup plus ardues, c’est quand les Américains demandent un changement de politique intérieure aux Chinois : arrêt des subventions publiques aux entreprises et instauration de la concurrence, entrée sur le marché chinois des entreprises américaines. Tout le monde souhaite que la Chine respecte les règles du jeu de la concurrence mondiale mais personne ne voit pourquoi les dirigeants chinois prendraient ce risque. Bref, un changement de modèle pour l’économie chinoise, largement contrôlée par son pouvoir politique. Faut pas rêver ! Quand Donald Trump réclame un tel changement, il parle essentiellement à ses électeurs afin de leur administrer la preuve (verbale) de sa détermination à changer l‘ordre mondial… Sauf que si l’économie américaine montre trop de signes de ralentissement, les Américains eux mêmes auront moins de cartes en main pour négocier.

https://www.atlantico.fr/

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