Existe-t-il un cyberespace centrasiatique ?

Existe-t-il un cyberespace centrasiatique ?

Par Grégory JOUBERT, le 31 mars 2019  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Grégory Joubert est en deuxième année de Master à l’Institut Français de Géopolitique (IFG, Université Paris VIII Vincennes – Saint-Denis) ainsi qu’à l’Université d’Etat pour les Sciences Humaines de Moscou (RGGU). Ses travaux portent sur les stratégies de contrôle dans le champ du cyberespace en Russie et dans les espaces post-soviétiques.

L’annonce de la mise en retrait relatif du président Noursoultan Nazarbaïev, le 19 mars 2019, a attiré l’attention sur le Kazakhstan, ex-république soviétique d’Asie centrale de 2,7 millions de km2 (18,4 millions d’habitants). L’occasion de se poser une question : existe-t-il un cyberespace centrasiatique ? La première partie de cette étude solidement documentée a pour principal objectif de traiter de la dépendance infrastructurelle des États d’Asie centrale à la Russie. Sur la base de ces considérations, une deuxième partie présente le vecteur d’influence que constitue le cyberespace, ainsi que de la perception que se fait le pouvoir kazakhstanais de ce terrain conceptuel. De l’influence informationnelle subie à l’absence de prise en compte de l’aspect profondément technique du cyberespace, le Kazakhstan est foncièrement un État vulnérable. Dans la troisième partie, Grégory Joubert se penche plus particulièrement sur les leviers d’action utilisés par les autorités pour le contrôle des activités de la population en ligne et les moyens de surveillance dont dispose le pays. Outre son intérêt propre, cette étude peut aussi être féconde pour réfléchir aux relations entre les pays de l’Union européenne et une autre puissance de l’Internet, les Etats-Unis.

ESPACE devenu incontournable pour la réflexion militaire, le cyberespace revêt désormais une dimension stratégique inscrite dans les doctrines des principales puissances de la planète. Composés d’infrastructures physiques, logiques et informationnelles, ses réseaux deviennent à bien des égards de redoutables vecteurs d’influence et sont aujourd’hui au centre de nombreuses polémiques au retentissement international. Dans le cas de la Russie plus particulièrement, on observe une multiplication des accusations liées au cyberespace. Du pirate informatique supposément soutenu par les services de sécurité de la Fédération à ses tentaculaires organes médiatiques, l’influence prêtée aux réseaux russes dans de nombreuses crises politiques contemporaines est devenue un thème récurrent dans les débats occidentaux.

Dans ce nouvel espace de rivalités de pouvoir, les espaces aux marges de la Fédération de Russie se révèlent être des territoires pertinents à analyser. Pour ces États indépendants enclavés, aux infrastructures de communication entièrement dépendantes du centre moscovite sous l’Union soviétique, les conditions ne semblent pas avoir fondamentalement changé depuis 1991, date de la fin de l’URSS. La situation de ces anciennes périphéries coloniales dans le domaine du cyberespace est aujourd’hui marquée par des logiques d’influence et de coercition, dans la continuité de ce passé. Une analyse en est ici proposée.

Existe-t-il un cyberespace centrasiatique ?

La présente étude s’intéresse de manière plus appuyée au Kazakhstan et se compose de trois parties. La première a pour principal objectif de traiter de la dépendance infrastructurelle des États de la région à la Russie. Sur la base de ces considérations techniques, une deuxième partie traite du vecteur d’influence que constitue le cyberespace, ainsi que de la perception que se fait le pouvoir kazakhstanais de ce terrain conceptuel. De l’influence informationnelle subie à l’absence de prise en compte de l’aspect profondément technique du cyberespace, le Kazakhstan est foncièrement un État vulnérable en de nombreux points. Dans la troisième partie, nous nous intéressons plus particulièrement aux leviers d’action utilisés par les autorités pour le contrôle des activités de la population en ligne et aux moyens de surveillance dont dispose le pays.

I. Dans le cyberespace : une influence structurelle de la Russie sur ses anciens satellites


Le développement des infrastructures

Qu’il soit question des infrastructures routières, ferroviaires, des flux migratoires, financiers ou culturels, la Russie reste aujourd’hui la seule voie de transit de flux fiable à laquelle les acteurs de la région peuvent recourir. Cette situation d’enclavement et de permanence des voies de communications dirigées vers le Nord se traduit également dans le champ du cyberespace. L’analyse cartographique de ces territoires composés de câbles et de routeurs interconnectés permet de restituer l’organisation des voies de télécommunications, dont le développement nécessite investissements massifs et coopération entre les acteurs en assurant la gouvernance.

Existe-t-il un cyberespace centrasiatique ?
Carte. L’espace centrasiatique : un enclavement numérique
Cliquer sur la vignette pour agrandir cette carte de l’espace centrasiatique : un enclavement numérique. Conçue et réalisée par Grégory Joubert

La première dorsale transnationale connectant la région, le Trans Asie-Europe (TAE) développé en 1998, a, dès sa mise en service, présenté des problèmes structurels. Si les États ont dès lors été connectés aux réseaux mondiaux au moyen de cette nouvelle artère, le fait est que la structuration du cyberespace repose foncièrement sur des logiques économiques et politiques. Ses capacités de transit de données limitées (622ms/s) en font une dorsale où l’offre est inférieure à la demande, rendant son coût d’utilisation élevé. De plus, le trop grand nombre d’acteurs (publics et privés) de nationalités différentes impliqués dans la gouvernance de la dorsale TAE la rend par nature inefficiente. Le réseau fonctionne comme un « patchwork de câbles nationaux », à la gestion d’ensemble incohérente [1].

La connectivité des États de la région ne s’est réellement développée qu’au rythme des projets émanant de la Russie. Le réseau Trans Europe-Asie (TEA) développé en 1999 relie le centre névralgique de l’Internet européen (Francfort) à Hong Kong, en longeant le parcours du Transsibérien [2]. Chemin le plus court pour la transmission de données entre ses deux extrémités, cette dorsale permet également de pallier à une congestion des câbles à Suez (Egypte). Son développement a été permis par la prise de participation d’opérateurs européens, russes et chinois. Ses ramifications sur les territoires centrasiatiques ont quant à eux été rendus possibles par les opérateurs russes, Rostelecom et TransTelecom, en direction du seul territoire de la région frontalier de la Russie, à savoir le Kazakhstan.

Les réseaux russes représentent dès lors les voies privilégiées pour la transmission de données. Leur large bande passante, mais également le nombre restreint d’accords nécessaires pour le transit de données, en sont les principaux arguments techniques.

L’analyse des Systèmes Autonomes (Autonomous System ; AS) traduit la place centrale qu’occupe la Russie dans les flux de télécommunications [3]. S’il existe des interconnexions avec les réseaux chinois avec des capacités de bande passante connectées importantes, ces dernières ne sont pourtant, à l’hiver 2018, que peu sollicitées. Aussi, les jonctions de câbles chinois et centrasiatiques semblent surtout être utilisées pour les flux financiers, les Systèmes Autonomes qui y sont reliés étant principalement des institutions bancaires. Les opérateurs du TAE ne sont en revanche pas sollicités par les réseaux centrasiatiques. Ce qui démontre la faible centralité de cette dorsale.

Cette situation tient également à l’histoire. Au-delà du fait que la connectivité de la région ait principalement dépendu des projets russes sur le plan technique, le partage d’une langue et d’une culture commune en est un autre facteur déterminant.

Le Runet  : un vecteur de puissance

L’utilisation préférentielle de réseaux de télécommunication orientés vers la Russie tient également aux plateformes d’intermédiation utilisées par la population de la région. YandexVkontakteMail.ru sont les composantes principales du Runet, l’Internet russophone [4]. Comparables dans leur fonctionnement aux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) américains ou aux BATX chinois (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi), elles brassent un nombre considérable de données, stockées et traitées dans des centres de données localisés en Russie. L’utilisation préférentielle des réseaux de télécommunication en direction de la Russie tient également, dès lors, à l’utilisation de ces plateformes dont les ressources se retrouvent sur son territoire.

La réalité de ces pratiques sur Internet n’est pas sans conséquences. Sur la base du traitement des données qui sont ainsi produites, c’est toute une économie qui se développe. Le pouvoir politique n’est pas en reste puisque ces données sont également à la disposition des services de renseignements russes, qui peuvent y accéder sans réelles contraintes [5] grâce à la législation.

Par la possession de sa propre industrie numérique, la Russie est théoriquement dans la capacité d’imposer à ses opérateurs de stocker les données que ceux-ci traitent sur son territoire [6]. Les États d’Asie centrale ne possédant ni ce type d’industrie, ni les capacités de stockage conséquentes, n’ont alors que peu de marge de manœuvre quant au destin des données produites par leur population.

Les autorités peuvent tout au plus demander que les données produites par leurs citoyens soient stockées sur leur territoire ou, à défaut, bloquer la ressource. Les autorités kazakhstanaises ont déjà émis ce type de demande auprès de Google, qui a répondu par une fin de non-recevoir. Au mois de juin 2011, l’entreprise américaine a même décidé de rediriger pendant deux semaines les requêtes provenant de google.kz vers google.com, donc vers un système algorithmique relié aux requêtes mondiales et non plus nationales [7].

Induite par la géographie (physique) et les usages de la population, la faiblesse infrastructurelle des pays de la région les pousse indubitablement dans une situation de dépendance structurelle vis-à-vis de la Russie. De plus, cette dernière affiche une recherche de développement de son influence. Le projet de datacenter d’Omsk répond à cette volonté d’accaparement des données. Directement relié par câbles de fibre optique, il permettra aux opérateurs russes d’offrir un temps de latence moindre pour le transfert de données, mais également de mettre en valeur de nouveaux territoires répondant à des considérations (cyber)stratégiques plus larges encore [8].

Les intérêts politiques et économiques liés aux données produites sont conséquents. Le Kazakhstan, s’il souhaite effectivement mener une politique souveraine sur ses données, n’aura d’autre possibilité que de se placer dans une position offensive à l’égard de la Russie. Au vu de leur importance, le déni d’accès aux plateformes russes sur l’ensemble du territoire serait une décision lourde de conséquences. Le principal dilemme que poserait un blocage de ressources de grande ampleur est que ces plateformes sont d’une utilité précieuse pour les services de renseignements et de police. Même s’il paraît convenable de douter des capacités techniques d’interception réelles dont disposent les autorités, l’analyse de données ouvertes (comme les commentaires sur des articles en ligne) permet, en soi, de bénéficier d’une image du ressenti de la population sur les politiques menées. Elle permet également de contrôler de possibles messages dissidents ou appels à manifestation pouvant y circuler et d’arrêter les auteurs de ces derniers.

II. Le Kazakhstan : une puissance régionale vulnérable…


Une influence informationnel russe

Au-delà d’une dépendance aux infrastructures et plateformes d’intermédiation russes, l’influence du Nord sur la couche sémantique, sur l’information, en est un prolongement logique. Si la Russie ne peut être considérée comme un modèle vertueux quant à la pratique du journalisme, le traitement de l’information demeure néanmoins de meilleure qualité par rapport à ce qui prévaut dans la région [9]. Dans le cas du Kazakhstan, un contrôle étatique fort rend peu crédibles pour une large partie de la population kazakhe des supports nationaux manquant de réelles analyses portant sur les problèmes ayant cours à l’intérieur du territoire.

La formation des journalistes tient également un rôle important quant au poids de la Russie dans l’information. Les formations en kazakh ou en russe ne laissent que peu de place à l’apprentissage d’autres langues, comme l’anglais. Bien que des universités proposent des formations coûteuses en anglais, cet argument n’est que commercial, le russe prédominant au sein de celles-ci. Du fait de ces faiblesses en langues, les sources utilisées par les journalistes kazakhs, notamment concernant l’information internationale, proviennent principalement de médias russophones.

Liens hypertextes présents dans les 50 médias en ligne les plus consultés au Kazakhstan, le 16 juillet 2018
Cette représentation des liens hypertextes présents dans les 50 médias en ligne les plus consultés au Kazakhstan, le 16 juillet 2018, a été réalisée par Grégory Joubert

Le schéma ci-dessus, effectué à l’aide du robot d’indexation hyphe du Medialab de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, représente tous les liens hypertextes présents sur les principaux sites d’information kazakhs. De celui-ci, réalisé le 16 juillet 2018, lendemain de la finale de la coupe du monde et jour de la rencontre entre MM. Donald Trump et Vladimir Poutine à Helsinki, il ressort une très faible utilisation de sources non-russes. L’analyse de certains articles révèle même des copies conformes d’articles produits au sein de rédactions basées sur le territoire de la Fédération de Russie.

Bénéficiant d’une audience majoritaire au Kazakhstan, y compris en dehors de ses relais spécialement à destination de l’étranger, le pouvoir russe possède dès lors un puissant vecteur d’influence. L’absence de réels débats dans l’espace médiatique kazakhstanais fait que la population est bien mieux informée sur les questions touchant la Russie qu’à propos de son propre pays. Les débats centrés sur celle-ci, au sein des organes télévisuels notamment, confèrent à ceux ayant trait au Kazakhstan (peu nombreux) un caractère exceptionnel et une force de frappe proportionnellement décuplée.

Cette influence certaine est de plus intégrée par les médias russes, qui s’en sont notamment servi après l’abstention du Kazakhstan sur une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU du 14 avril 2018 condamnant les actions de la coalition occidentale en Syrie. A la suite de cette prise de position, lors du talk-show « Dimanche soir avec Vladimir Soloviev », deuxième programme le plus regardé en Russie, ce dernier s’est interrogé sur cette abstention, ainsi que sur le passage du Kazakhstan à l’alphabet latin. La perspective d’un « Maïdan » [10]au Kazakhstan fut même posée en direct [11]. Les semaines suivantes ont vu fleurir sur Internet divers articles faisant état d’une coopération militaire entre le Kazakhstan et les États-Unis sur la mer Caspienne. Bien qu’il s’agisse de fausses informations déjà relayées par le passé, la coopération entre les deux États ne concernant que le fret non-militaire, les autorités kazakhes ont été contraintes de s’exprimer à plusieurs reprises pour rétablir la réalité des faits.

Même si des réflexions s’engagent sur la prééminence des médias d’information au Kazakhstan, la relation entre les autorités kazakhstanaises et les ressources informationnelles russes révèle aussi une certaine proximité. Lors de manifestations, comme celles ayant eu lieu en 2016 contre la prolongation de la durée de location des terres agricoles de dix à vingt-cinq ans, seuls les sites d’informations occidentaux, comme Azattyq, ont été bloqués. Ce dernier est l’un des rares médias traitant en profondeur des problèmes affectant le Kazakhstan, et qui en donne des analyses. Ainsi, si lors de ces manifestations, Azattyq publia plusieurs articles sur le sujet, son homologue russe Sputniknews(.kz) ne fit que des résumés des événements, et se garda d’analyser plus profondément les problèmes profonds gangrénant la société kazakhstanaise. Les médias russes dans leur ensemble n’ont fait qu’évoquer ces événements. Ce comportement rédactionnel dénote une proximité des vues dans le traitement des soulèvements entre le pouvoir kazakhstanais et son voisin, ce dernier n’interférant que lorsque ses propres intérêts sont en jeu, mais avec une force de frappe à même de sérieusement déstabiliser son voisin.

Une faible prise en compte des problèmes infrastructurels

Dans la conception russe, le terme d’espace informationnel prévaut sur celui de cyberespace. Ce terme vise à prendre en compte les multiples aspects composants le cyberespace, y compris ses aspects cybernétiques, tout en gardant comme finalité stratégique la protection première de l’information et son contrôle. Dans ce cadre, les réseaux numériques, et en premier lieu Internet, sont considérés comme étant des vecteurs d’informations sur lesquels la souveraineté de l’État doit s’établir au même titre que pour tout média de masse, et sont donc sujets à régulation [12]. Cette notion d’espace informationnel prévaut également au Kazakhstan.

Néanmoins, l’interprétation kazakhstanaise de celle-ci souffre de défauts conceptuels. Les mesures prises par les autorités jusqu’en 2017 à ce sujet portaient quasi-exclusivement sur la couche sémantique du cyberespace. Les mesures prises pour sa protection n’ont pas pris en considération l’aspect profondément technique et infrastructurel que revêt pourtant le contrôle de l’information. Dans son acception kazakhstanaise, la notion d’information a longtemps été simplement considérée sous ses aspects médiatiques.

Découlant de cette interprétation littérale, les lacunes dans le domaine de la cybersécurité sont conséquentes et les exemples de déficiences nombreux – d’agents des services de sécurité intérieure (le KNB) minant de la cryptomonnaie via les serveurs d’infrastructures critiques, au piratage du site Internet du Ministère de la Défense, en passant par la compromission des serveurs du Ministère des Affaires Intérieures par un adolescent qui avait suivi pas à pas un tutoriel sur Internet ; ceux-ci ne donnent pas lieu à contre-offensive. Au 6 juin 2018, selon le système de monitoring développé par le centre d’analyse et d’investigation des cyberattaques (Tsarka), sur les 495 sites du domaine gouvernemental kazakhstanais (.gov.kz), seuls 55 ont un protocole SSL valide. Le protocole SSL est pourtant le protocole garant de la sécurité et de la confidentialité des informations qui transitent entre l’utilisateur du site Internet et les serveurs de ce dernier. Ajoutons qu’à la même date deux sites du domaine étaient défacés [13], 8 « infectés » et 98 étaient indisponibles. Ces informations ne sont désormais plus publiées publiquement.

Approuvé le 28 octobre 2017 par le président Noursoultan Nazarbaïev, le projet de cyber-bouclier [14], dont l’avancée notable serait une prise en considération de l’aspect cybernétique du cyberespace, laisse sceptiques les spécialistes de terrain. La rédaction de ce projet a été l’objet d’amers débats entre la principale organisation indépendante de cybersécurité du pays et les Services Techniques de l’État, laissant transparaître le manque de volonté de ces derniers sur le sujet.

L’un des exemples les plus révélateurs de cette prise de distance des autorités concerne l’intégration de mesures statistique de l’avancement des actions entreprises dans ce cadre sur la base de standards internationaux. La prise en considération de l’indice de cybersécurité du Global Cybersecurity Index, publié chaque année par l’Union Internationale des Télécommunications, n’a été intégrée dans le projet de cyber-bouclier qu’après deux jours de discussions. Et pour cause, cet indice permet une comparaison avec les autres pays. D’après Olzhas Satiev (co-fondateur de l’organisation de cybersécurité Tsarka), la difficile intégration de cette mesure tient à la difficulté de modifier l’indice, notamment de le fausser. Or, il s’agit là d’une pratique relativement courante au sein des administrations du pays, à des fins de communication publique. Au total, il semble que la mise en place de cet outil de suivi sera laborieuse. La dernière vulnérabilité critique en date fut publiée sur la page Facebook du groupe Tsarka le 8 février 2019 [15]. Alors que ses membres avaient notifié aux autorités des vulnérabilités permettant l’accès à toutes les informations internes à l’ambassade de la république du Kazakhstan en Russie (y compris les mots de passe des administrateurs) dix jours auparavant, celles-ci n’avaient toujours pas été corrigées et avaient même été aggravées.

L’exil des spécialistes vers des contrées aux salaires valorisants, l’absence de formation à la « bonne hygiène numérique » des corps administratifs, la cupidité de certains fonctionnaires, l’inaction des Services Techniques de l’État : rien ne prédispose à un environnement numérique sécurisé dans le pays. Les orientations politiques dans ce domaine restent cantonnées à un rapport coût/bénéfice à court-terme. Le chantier de la sécurisation des réseaux, conséquent et nécessitant un effort de longue haleine, est dès lors occulté dans la pratique.

III. … aux capacités limitées


Le blocage de ressources : premier levier d’action dans « l’espace informationnel »

En dépit du manque de prise en compte de déficiences techniques pourtant considérables, les autorités kazakhes sont néanmoins volontaires sur des aspects plus visibles d’Internet. Dérivant du développement de la conception d’espace informationnel, la priorité donnée à l’information visible et compréhensible par tous a poussé les organes de sécurité à se développer sur ce terrain, dans une volonté d’en assurer un contrôle répondant à des intérêts de court-terme.

Le prolongement de l’action étatique dans le champ du cyberespace est un corollaire logique du contrôle de l’information au sein de toutes les rédactions. À la suite des émeutes ayant eu cours dans la cité pétrolière de Zhanaozen en 2011, qui ont fait émerger un nouveau médium d’information (les blogueurs) [16], tout l’arsenal législatif relatif à l’information en ligne a été profondément remodelé.

La mesure la plus usitée par les autorités consiste à interdire l’accès aux ressources en ligne qu’elles mettent sur la sellette. Les motifs d’interdiction d’accès sont nombreux et assez flous pour pouvoir englober tous types de contenus : de la pédopornographie à l’opposition politique (extrémisme-séparatisme-terrorisme) [17]. C’est ainsi que, lors de chaque intervention de la principale figure d’opposition Mukhtar Ablyazov, exilé en France, tous les contenus photographiques et vidéos publiés à son sujet sont inaccessibles sur les réseaux sociaux au Kazakhstan. Son parti politique « Choix Démocratique du Kazakhstan » est considéré depuis mars 2018 comme extrémiste, ce qui fait que toute publication le soutenant est sujette à blocage (réalisé par les Services Techniques de l’État, ainsi que par le KNB), les auteurs s’exposant de leur côté à des poursuites.

Depuis 2016, les contenus peuvent ainsi être bloqués sur Internet, sur simple ordre extrajudiciaire et sans justification, par les services de sécurités kazakhstanais et les ministères. Ces opérations sont automatisées, et peuvent donc être réalisées à grande échelle.

Des interceptions aux intrusions : un marché globalisé

Le renseignement dans la sphère des données numériques et le contrôle des contenus sont permis à grande échelle au moyen de la technologie russe SORM (Sistema Operativno-Rozysknykh Meropriyatiy ou Système des Activités de Recherche Opérationnelles). Sa troisième version inclut la technologie dite du Deep Packet Inspection (DPI). Son fonctionnement consiste en un déploiement de nœuds d’interceptions au sein desquels transitent tous les réseaux de télécommunications, directement reliés aux locaux des services de l’État. Les fournisseurs d’accès à Internet opérant au Kazakhstan sont dans l’obligation d’installer le système sur leurs réseaux. De plus, pour les connexions vers l’étranger, tous les opérateurs dans le domaine des télécommunications sont dans l’obligation de se connecter aux réseaux de l’opérateur national Kazakhtelecom. Depuis le mois de mai 2018, ils sont également dans l’obligation légale de stocker sur le territoire du Kazakhstan les données de leurs utilisateurs, ainsi que les métadonnées produites par ces derniers (protocole utilisé, date et heure d’inscription dans le réseau, IP, temps passé en ligne, IP de la ressource Internet).

Traiter des technologies d’interception reste chose complexe. Un état des lieux de la situation dans les pays centrasiatiques dans ce domaine a été réalisé par Privacy International en novembre 2014 [18]. Faire l’analogie entre les marchés des interceptions / intrusions et ceux de l’armement semble pertinent, tant les uns comme les autres répondent à des objectifs étatiques, avec implication d’acteurs privés, dans des secteurs remarqués pour leur opacité.

La standardisation autour de SORM permet avant tout la mise en place de coopérations entre les États de la région et la Russie dans le domaine sécuritaire. La normalisation des pratiques et technologies utilisées est en cours, dans le cadre des diverses structures, principalement la Communauté des États Indépendants (CEI) et l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), toujours orientées sur la « sécurité de l’information ». Dans le cadre d’exercices communs entre membres de l’OTSC, il n’a pas été question de contrer d’éventuelles intrusions sur les systèmes mais plutôt d’analyser et de bloquer les ressources jugées extrémistes. La traduction dans le champ technique de ces accords interétatiques passés dans les domaines du renseignement est difficile à mesurer, mais la normalisation des pratiques ne peut indéniablement être impulsée que par la Russie… qui possède la majorité des données produites par la population centrasiatique, et bénéficie de fait des ressources pour l’analyse de ces données. Si la technologie du DPI permet de collecter un nombre conséquent de données, d’autres technologies sont nécessaires pour surveiller les réseaux, nécessitant d’autres fournisseurs spécialisés. Si la technologie russe d’analyse sémantique de l’activité sur les réseaux existe et s’exporte (par MFI-Soft au Kazakhstan et en Ouzbékistan), encore faut-il avoir accès aux contenus. En ce sens, autant la loi obligeant les fournisseurs d’accès Internet au sein des États peut être mise en place, autant seul un nombre limité de données peuvent être récupérées, obligeant nécessairement à coopérer avec la Russie dans ces domaines.

La position de la Russie dans la sphère du cyberespace vis-à-vis des États centrasiatique est dès lors intégrée dans une logique de domination. Alors que Russie et Chine, deux « puissances cyber », ont été signataires d’accords bilatéraux de coopération et de non-agression en 2015 [19], aucun accord de ce type n’a été passé avec les acteurs de la région. Plus encore, l’utilisation de l’espace informationnel (et de manière plus générale du cyberespace dans son ensemble) fait partie de l’arsenal coercitif dont dispose la Russie afin de défendre ses intérêts, et sa remise en cause ne semble pas être à l’ordre du jour.

Néanmoins, la Russie n’est pas le seul exportateur dans la région. Bien que la standardisation du renseignement soit opérée autour de SORM, la surveillance des réseaux a été confiée, dans les cas du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan, à deux sociétés israéliennes, Nice Systems et Verint Systems.

Se basant sur SORM, ces dernières permettent, en plus des métadonnées, l’analyse des SMS, MMS, publications sur les forums ainsi que la reconnaissance vocale et faciale des contenus transitant sur les nœuds du système. Les technologies de ces sociétés ayant leurs centres à Astana, Almaty et Tachkent, y sont trois fois plus chères que leurs substituts russes, préférés par les services kirghizes. L’utilisation préférentielle de solutions israéliennes, au-delà de leur aspect qualitatif prouvé, peut être interprété comme une volonté de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan de garder une marge de manœuvre au niveau de leur appareil sécuritaire.

L’utilisation de technologies étrangères est particulièrement avérée dans le domaine des interceptions ciblées permettant de capter notamment des informations jusqu’alors inaccessibles par les services de renseignements de la région (comme des données issues de Facebook ou Whatsapp, pour ne citer qu’eux). Il s’agit de produits coûteux dont le champ est plus limité que celui de SORM puisqu’il est question, dans le cas de ce type d’activités, d’intrusions sur les appareils de personnes ciblées précisément. Le spectre de celles-ci indique toutefois que l’attention portée par les services reste politiquement motivée, et dépasse le simple cadre anti extrémisme-terrorisme-séparatisme. Les outils de communication de Mukhtar Ablyazov et de sa famille ont ainsi été interceptés et contrôlés grâce à l’implication de l’entreprise italienne Hacking Team [20]. L’ont été également des organisations féministes au Kazakhstan, dans des proportions difficilement quantifiables. Néanmoins, des conversations privées de leurs membres sur Whatsapp ont été interceptées par le KNB local, et des pressions effectuées grâce à ces dernières [21].

L’utilisation de spywares (logiciels espions) a été rapportée par l’Electronic Frontier Foundation. Plus particulièrement, le logiciel Finfisher a été fourni par les entreprises anglaise Gamma et suisse Dreamlab aux autorités kazakhes et ouzbèkes. L’entreprise israélienne NSO group a également vendu au Kazakhstan le logiciel d’intrusion Pegasus. Mais de nombreux autres contrats avec d’autres entreprises ont été passés, pour des services dont les capacités réelles sont difficiles à établir.

*

Le Kaznet, une chimère ?

Utilisant à l’intérieur de ses frontières le terme de Kaznet pour en définir son espace informationnel, le cyberespace kazakh ne revêt pour autant aucun élément permettant de conclure une quelconque position d’indépendance ou de supériorité pouvant être pris en compte dans des logiques de rapports de force. La dépendance accrue de la région vis-à-vis de la Russie, tant par ses aspects infrastructurels qu’informationnels, peut même en quelque sorte laisser transparaître un processus de colonisation numérique. L’extraction des données de la région et leurs traitement et valorisation sur le territoire de la Russie, qui dispose des capacités idoines, ne laisse à ces États que peu de marge de manœuvre pour leur contrôle.

La focalisation sur l’information, au détriment de la protection des infrastructures critiques ou contenant les données de leurs citoyens en font des États vulnérables, potentiellement faciles à déstabiliser par d’autres qui bénéficient de capacités offensives dans le champ du cyberespace. La collaboration sécuritaire des États de la région avec la Russie dans le cadre de la CEI et de l’OTSC (à laquelle l’Ouzbékistan et le Turkménistan ne sont néanmoins pas associés) ne laisse pour le moment pas apparaître une quelconque coopération dans le domaine de la cybersécurité sur un plan technique. La permanence au sein de ces structures de la domination par la Russie, qui a par le passé manipulé la menace sécuritaire posée notamment par le Mouvement Islamiste d’Ouzbékistan pour répondre à ses propres intérêts, laisse penser que les mêmes mécanismes sont à l’œuvre en 2019. La protection des infrastructures cybernétiques dans la région par le biais d’une collaboration, et donc d’un échange de capacités dans ce domaine, ne va pas dans le sens des intérêts de la Russie, dont le potentiel offensif résulte en partie de l’existence de vulnérabilités sur les systèmes physiques de ses alliés et adversaires.

De même, les relations de la région avec la Chine, peu évoquées dans la présente étude, ne se traduisent en 2019 que dans le domaine sécuritaire, dans les sphères informationnelles. La principale coopération revient à de l’échange d’informations dans le cadre de l’Organisation de la Coopération de Shanghai, à vocation sécuritaire. L’écosystème numérique fermé du voisin chinois en fait un acteur informationnel à l’influence faible dans la région. Aussi, même si le pendant « digital » du projet Belt and Road Initiative fait état de volontés de prises de positions dans les affaires des pays dans la région, l’efficience de ces projets ne sera véritablement mesurable que lorsque ces derniers seront plus avancés. Toutefois, par les investissements massifs qui y sont opérés, notamment dans le domaine des transports, il parait très probable que la Chine aura la volonté de protéger ses acquis. Il en sera nécessairement de même avec les projets émanant des « routes de la Soie digitales » dont l’opacité est constante.

La coopération sino-russe, partageant une conception similaire du cyberespace sera dès lors à analyser dans ses prolongements qui auront immanquablement lieu, et dont la région dépend. Alors que les positions russes dans le domaine économique tendent à être concurrencées par celles de la Chine, celles dans les domaines sécuritaires, et notamment dans le cyberespace, sont un champ au sein duquel se retranscriront nécessairement des prises de position par les deux puissances dans le futur. En tout état de cause, peu laisse à penser qu’un cyberespace centrasiatique avec sa propre identité soit à même d’émerger.

Copyright Avril 2019-Joubert/Diploweb.com


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Élection présidentielle ukrainienne: le comédien Vladimir Zelensky en tête des sondages à la sortie des urnes

Élection présidentielle ukrainienne: le comédien Vladimir Zelensky en tête des sondages à la sortie des urnes

Élection présidentielle ukrainienne: le comédien Vladimir Zelensky en tête des sondages à la sortie des urnes
Le comédien Vladimir Zelensky est en tête des sondages à la sortie du scrutin présidentiel en Ukraine avec plus de 30% des voix, selon les sondages à la sortie des urnes. Le vice-président est le président en exercice, Petro Porochenko, avec 17,8%.

Zelensky, un nouveau venu dans la vie politique, a fait campagne sur une plateforme anti-corruption et à l’image d’un personnage (le président ukrainien) qu’il a joué dans une émission télévisée satirique très populaire, « Servant of the People ». Les critiques disent qu’il est juste une figure de proue du magnat Igor Kolomoisky, une allégation que les deux nient avec force.

Le chef de la course à la présidence, Zelensky, a exprimé sa gratitude à ces Ukrainiens qui ont voté « pas seulement pour la fente », comme il l’a dit. 

Porochenko, de son côté, a remercié tous les Ukrainiens d’avoir participé au scrutin, louant leur détermination à voter. L’Ukraine n’a jamais vu une compétition aussi dure que lors de cette élection, a-t-il déclaré, ajoutant qu’il considérait que c’était un très bon signe.

AUSSI SUR RT.COMRiez tout ce que vous aimez à l’Ukraine Vladimir Zelensky – mais le prochain dirigeant de votre pays pourrait être un comiqueLa campagne de Porochenko est axée sur la promesse qu’un jour l’Ukraine rejoindra l’UE et l’OTAN, une aspiration inscrite dans la constitution ukrainienne lors de son premier mandat. Il se présente également comme un nationaliste convaincu, car il a proposé de restreindre l’utilisation de la langue russe en Ukraine pour promouvoir l’ukrainien et a exprimé son soutien à l’Eglise orthodoxe nouvellement formée en Ukraine, que l’Eglise orthodoxe russe considère comme une schismatique. Obliger.

Yulia Tymoshenko, une vétéran de la politique ukrainienne, occupe la troisième place avec un peu plus de 14%. Bien que les données officielles suggèrent le contraire, Mme Timochenko a affirmé qu’elle avait en fait terminé deuxième et serait au deuxième tour des élections, accusant le service de sécurité ukrainien (SBU) d’interférer dans les scrutins.

Elle a occupé le poste de Premier ministre à deux reprises et a passé trois ans en prison sous le prédécesseur de Porochenko. Elle a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une persécution politique. Son message principal est la promesse d’un meilleur niveau de vie et d’un coût de la vie moins élevé.

Si aucun des candidats n’obtient 50% plus un vote, un second tour aura lieu le 19 avril entre les deux meilleurs candidats. Au moins 45% des sondeurs ont voté lors des élections, mais il n’ya pas encore de données définitives sur le taux de participation.

Le ministère de l’Intérieur a reçu environ 1 900 plaintes pour violations présumées et 31 affaires pénales ont été engagées en réponse. La commission électorale a toutefois indiqué qu’aucune violation significative n’avait été commise

https://www.rt.com/news/455211-ukraine-president-elections-polls/?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Arnaud Montebourg balance sur l’Union européenne et sur la trahison des élites françaises

Arnaud Montebourg balance sur l’Union européenne et sur la trahison des élites françaises

Dommage qu’il n’aille pas au bout de son raisonnement et s’arrête au seuil de la seule solution qui vaille, le Frexit. Il n’y a rien à renégocier. Renégocier les traités est impossible, c’est la garantie d’être toujours « couillonnés »comme le disait le général De Gaulle. L’Union européenne et l’oligarchie financière qu’elle incarne (les décisions se prennent « quelque part, on ne sait pas trop où »…) ne sont pas réformables. Il faut en sortir, point à la ligne. Ce qui ne se fera évidemment avec la clique de dirigeants mafieux qui vendent le pays à la découpe, en se servant au passage. OD

(BFM TV, 24 mars 2019)

Rappels :

Affaire Alstom-GE : un « pacte de corruption » impliquant Emmanuel Macron ?

Juncker : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens »

https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2019/03/30/arnaud-montebourg-balance-union-europeenne-trahison-elites-francaises/

L’ONU appelle à reconsidérer de toute urgence l’utilisation des ressources alors que leur consommation augmente en flèche

12 MAR 2019 PRESS RELEASE RESOURCE EFFICIENCY

L’ONU appelle à reconsidérer de toute urgence l’utilisation des ressources alors que leur consommation augmente en flèche

  • L’extraction de ressources a plus que triplé depuis 1970, avec notamment une multiplication par cinq de l’utilisation de minéraux non métalliques et une augmentation de 45 % de l’utilisation de combustibles fossiles.
  • D’ici 2060, l’utilisation de matériaux dans le monde doublera pour atteindre 190 milliards de tonnes (contre 92 milliards), tandis que les émissions de gaz à effet de serre augmenteront de 43 %.
  • L’extraction et la transformation des matériaux, des combustibles et des aliments contribuent pour moitié aux émissions mondiales totales de gaz à effet de serre et à plus de 90 % au stress sur la diversité biologique et lyrique

Nairobi, 12 mars 2019  Le développement rapide de l’extraction de matériaux est le principal responsable des changements climatiques et du stress sur la biodiversité, un défi en passe de s’aggraver si le monde entreprend une réforme systémique de l’utilisation des ressources, selon un rapport publié lors de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement.

Global Resources Outlook 2019, un rapport élaboré par le Groupe international d’experts sur les ressources, passe en revue les tendances de l’utilisation des ressources naturelles et les modes de consommation correspondants depuis les années 1970 afin d’aider les décideurs à prendre des décisions stratégiques et à opter pour une transition vers une économie durable.

Au cours des cinq dernières décennies, la population a été multipliée par deux et le produit intérieur mondial a été multiplié par quatre. Le rapport constate que, pendant la même période, l’extraction mondiale annuelle de matériaux est passée de 27 milliards de tonnes à 92 milliards de tonnes (d’ici 2017). Selon les tendances actuelles, ce chiffre sera encore amené à doubler d’ici 2060.

Selon le rapport, « l’extraction et le traitement des matériaux, des combustibles et des aliments représentent environ la moitié des émissions totales de gaz à effet de serre et sont responsables de plus de de 90 % du stress hydrique et sur la biodiversité. ». En 2010, les changements dans l’utilisation des sols avaient entraîné une perte d’espèces globales d’environ 11 %.

« L’avenir des ressources mondiales montre que nous exploitons les ressources limitées de cette planète comme s’il n’y avait pas de lendemain, entraînant dans le même temps des changements climatiques et une perte de biodiversité », a déclaré Joyce Msuya, directrice exécutive par intérim d’ONU Environnement. « Je le dis franchement, il n’y aura pas de lendemain pour beaucoup d’entre nous à moins de mettre fin à ces pratiques. »

Depuis 2000, la croissance des taux d’extraction s’est accélérée pour atteindre 3,2 % par an, principalement en raison d’investissements importants dans les infrastructures et de niveaux de vie plus élevés dans les pays en développement et en transition, notamment en Asie.

Plus spécifiquement, l’utilisation de minerais métalliques a augmenté de 2,7 % par an et les effets connexes sur la santé humaine et les changements climatiques ont été multiplié par deux entre 2000 et 2015. L’utilisation de combustibles fossiles est passée de 6 milliards de tonnes en 1970 à 15 milliards en 2017. La quantité de la biomasse est passée de 9 milliards de tonnes à 24 milliards, principalement pour l’alimentation humaine et animale et l’énergie.

En ayant recours à des données tirées de tendances historiques, le rapport prévoit d’atteindre l’horizon 2060. L’utilisation des ressources naturelles devrait augmenter de 110 % d’ici 2015-2060, ce qui entraînerait une réduction de plus de 10 % des forêts et d’autres habitats tels que les prairies à hauteur d’environ 20 %. Les conséquences sur les changements climatiques sont graves, car les émissions de gaz à effet de serre augmenteraient de 43 %.

Le rapport indique que si la croissance économique et la consommation se maintiennent aux taux actuels, des efforts beaucoup plus importants seront nécessaires pour garantir qu’une croissance économique positive ne provoque pas d’impact négatif sur l’environnement.

Le rapport démontre que l’utilisation efficace des ressources est essentielle, mais pas suffisante en soi. « Nous avons besoin de passer de flux linéaires à circulaires en combinant des cycles de vie prolongés, une conception et une conception de produits intelligentes, ainsi que la réutilisation, le recyclage et la re-fabrication », indique le rapport.

Si les mesures recommandées sont appliquées, la croissance économique pourrait accélérer, dépassant les coûts économiques initiaux du passage à des modèles économiques compatibles avec la limitation du réchauffement climatique à 1,5 ° C au cours de ce siècle.

« La modélisation entreprise par le Groupe international d’experts sur les ressources montre qu’avec des politiques efficaces en matière d’utilisation rationnelle des ressources et de consommation et de production durables, l’utilisation mondiale des ressources pourrait ralentir de 25 %, le produit national mondial pourrait progresser de 8 %, en particulier pour les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire, et les émissions de gaz à effet de serre pourraient être réduites de 90 % par rapport aux prévisions concernant la poursuite des tendances historiques à l’horizon 2060 », ont écrit les coprésidents du Groupe d’experts, Isabella Teixeira et Janez Potocnik, dans la préface commune du rapport .

À l’attention des journalistes :

  • Pour plus d’informations, visitez le site internet du Groupe international d’experts sur les ressources.

LA «PARTIE AMÉRICAINE» AU SEIN DES INSTITUTIONS DE L’UNION EUROPÉENNE

LA «PARTIE AMÉRICAINE» AU SEIN DES INSTITUTIONS DE L’UNION EUROPÉENNE

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26.03.2019

Le Parlement européen vient d’adopter une résolution demandant à l’Union de ne plus considérer la Russie comme un partenaire stratégique, mais plutôt comme un ennemi de l’humanité. Dans le même temps, la Commission a mis en garde contre la menace chinoise. Tout se déroule comme si les États-Unis étaient en train de forcer l’Union à jouer un rôle dans leur propre stratégie de suprématie.

«La Russie ne peut plus être considérée comme un partenaire stratégique et l’Union européenne doit être prête à imposer de nouvelles sanctions si elle continue à violer le droit international» – telle est la résolution approuvée par le Parlement européen le 12 mars avec 402 voix pour, 163 contre et 89 abstentions [ ]. La résolution, présentée par la parlementaire lettone Sandra Kalniete, dénie avant tout toute légitimité aux élections présidentielles en Russie, les qualifiant de «non démocratiques» et présentant ainsi le président Poutine comme un usurpateur.

Elle accuse la Russie non seulement de «violation de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et de la Géorgie», mais aussi «d’une intervention en Syrie et d’une ingérence dans des pays comme la Libye» et, en Europe, d’une «ingérence visant à influencer les élections et à accroître les tensions». . Elle accuse la Russie de «violation des accords sur le contrôle des armements» et lui impose la responsabilité d’avoir enterré le traité INF. En outre, elle accuse la Russie «d’importantes violations des droits de l’homme en Russie, y compris tortures et exécutions extrajudiciaires» et «d’assassinats perpétrés par des agents des services de renseignement russes à l’aide d’armes chimiques sur le sol européen».

Après ces accusations et d’autres, le Parlement européen a déclaré que Nord Stream 2 – le gazoduc destiné à doubler la fourniture de gaz russe à l’Allemagne via la mer Baltique – «accroît la dépendance de l’Europe à l’égard du gaz russe, menace le marché intérieur européen et ses intérêts stratégiques […] Et doit donc être terminé ».

La résolution du Parlement européen est une répétition fidèle, non seulement dans son contenu, mais même dans son libellé, des accusations selon lesquelles les États-Unis et l’OTAN visent la Russie et, ce qui est encore plus important, ils dissimulent fidèlement leur demande de bloquer Nord Stream 2. objet de la stratégie de Washington visant à réduire l’approvisionnement en énergie russe de l’Union européenne, afin de les remplacer par des approvisionnements provenant des États-Unis, ou du moins d’entreprises américaines. Dans le même contexte, la Commission européenne a adressé certaines communications à celles de ses membres [ 2], dont l’Italie, qui avait l’intention de s’associer à l’initiative chinoise de la Nouvelle route de la soie. La Commission affirme que la Chine est à la fois un partenaire, mais aussi un concurrent économique et, ce qui est capital, un «rival systémique qui favorise des formes de gouvernance alternatives», autrement dit des modèles de gouvernance alternatifs jusqu’ici dominés par les puissances occidentales. .

La Commission souligne qu’il faut avant tout «protéger les infrastructures numériques critiques des menaces potentiellement sérieuses pour la sécurité» posées par les réseaux 5G fournis par des sociétés chinoises comme Huawei et interdits par les États-Unis. La Commission européenne fait écho fidèlement aux avertissements lancés par les États-Unis à leurs alliés. Le général Scaparrotti, commandant suprême des forces alliées en Europe, a précisé que ces réseaux mobiles ultrarapides de cinquième génération joueraient un rôle de plus en plus important dans les capacités de l’OTAN en matière de guerre. Par conséquent, aucun «amateurisme» de la part des alliés ne sera toléré.

Tout cela confirme l’influence du «Parti américain», puissant camp transversal qui oriente la politique de l’UE dans le sens des orientations stratégiques des États-Unis et de l’OTAN.

En créant la fausse image d’une Russie et d’une Chine dangereuses, les institutions de l’Union européenne préparent l’opinion publique à accepter ce que les États-Unis préparent maintenant pour la «défense» de l’Europe. Les Etats-Unis – déclaré porte-parole du Pentagone auprès de CNN – se préparent à tester les missiles balistiques basés au sol (interdits par le traité INF enfouis par Washington), c’est-à-dire de nouveaux Euromissiles qui feront à nouveau de l’Europe la base et le même temps, la cible d’une guerre nucléaire.

Traduction de  
Pete Kimberley

Texte d’origine:  Il Manifeste (Italie)

Source:  voltairenet.org

 

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Les barrages français cèdent face aux intérêts privés

Les barrages français cèdent face aux intérêts privés

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Les négociations avec la Chine « se passent très bien », assure Trump

Les négociations avec la Chine « se passent très bien », assure Trump

  • afp,
Le vice-premier ministre chinois Liu He et le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin se serrent la main, entourés du représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et du govuerneur de la Banque centrale chinoise Yi Gang, le 29 mars 2019 à Pékin/POOL/AFP

Donald Trump a assuré vendredi que les négociations pour mettre un terme au conflit commercial avec la Chine « se passent très bien » mais a réitéré qu’il ne paraphera rien de moins qu’un « excellent accord ».

Le président américain s’exprimait de sa luxueuse résidence privée en Floride où il passe le week-end, alors que ses deux principaux négociateurs, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et le Représentant américain au commerce Robert Lighthizer, sont sur le chemin du retour à Washington après deux jours de discussions à Pékin avec leurs homologues chinois.

« Les négociations commerciales se passent très bien. On verra bien ce qui va se passer mais ça se passe très bien », a lancé le président, avant de rappeler ce qu’il n’a de cesse de répéter: « il faudra que ce soit un excellent accord. Si ce n’est pas un excellent accord on ne le fera pas ».

Les propos présidentiels viennent faire écho à ceux de son principal conseiller économique, Larry Kudlow, qui avait fait état « de beaucoup de progrès » un peu plus tôt dans la journée sur la chaîne CNBC, alors qu’un bref communiqué de la Maison Blanche évoquait des discussions « franches et constructives » à Pékin.

En général, l’expression de « discussions franches » est toutefois utilisée par les diplomates pour signifier que les différends restent marqués.

Côté chinois, pas de déclarations de responsables mais la télévision d’Etat CCTV a donné le ton en indiquant « que les deux parties avaient discuté le texte de l’accord et fait de nouveaux progrès ».

Ni les Américains ni les Chinois n’ont donné de détails sur ces progrès que tous ont vantés.

Le président américain a simplement affirmé que la négociation « était très complète (…), une liste détaillée des problèmes que nous avons eus avec la Chine par le passé ».

Les négociations reprendront à Washington le 3 avril et la délégation chinoise sera menée une nouvelle fois par Liu He, véritable chef d’orchestre de l’économie chinoise et négociateur en chef.

Le scénario des rencontres, alternativement à Pékin et Washington, est bien rodé depuis le début de cette année avec la reprise de véritables négociations entre la première et la deuxième économie du monde. Il s’agit de tenter de mettre fin à la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump pour forcer Pékin à réformer des pratiques qu’il juge « déloyales ».

Mais les deux pays tardent à sceller un accord.

Le conflit s’est matérialisé par des droits de douane punitifs réciproques sur des centaines de milliards de dollars de marchandises.

– Le temps au temps –

Outre un rééquilibrage des échanges de biens –un déficit record de 419 milliards de dollars en 2018– Washington réclame des changements « structurels » du système économique chinois, toujours dominé par des groupes publics subventionnés par l’Etat. Mais les divergences persistent.

« Certains progrès ont été réalisés mais il reste une énorme quantité de travail à accomplir » pour trouver un compromis, avait concédé jeudi Gao Feng, porte-parole du ministère chinois du Commerce.

L’administration du président Trump espère également aplanir les différends sur la volonté du régime communiste de faire du pays un leader technologique en protégeant certaines entreprises via l’ambitieux programme « Made in China 2025 ».

Mais Washington se dit prêt à négocier le temps qu’il faudra pour avoir un accord qui lui convienne, d’autant que le président américain estime avoir un avantage dans la négociation parce que la Chine est en difficulté économique.

Jeudi, M. Kudlow avait déjà insisté: « Ce n’est pas une question de temps, c’est une question de politique et de mise en oeuvre », laissant entendre que les Américains avaient le temps d’attendre « plusieurs semaines ou plusieurs mois ».

La semaine dernière, le locataire de la Maison Blanche avait aussi averti que les tarifs douaniers punitifs qu’il a instaurés pourraient rester « en place pour une période conséquente ».

Le président américain veut maintenir ces taxes sur plus de 250 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis parce qu’il veut « être sûr », si un accord est conclu avec la Chine, « que celle-ci le respectera ».

Les Américains insistent beaucoup sur un mécanisme de suivi de la mise en oeuvre d’un futur accord, M. Trump et certains de ses proches conseillers étant très sceptiques quant à la volonté de Pékin de tenir ses engagements.

https://www.la-croix.com/Economie/negociations-Chine-passent-tres-bien-assure-Trump-2019-03-29-1301012230

Ils éclairent pour nous le chemin…

Ils éclairent pour nous le chemin…

Les soldats et les tireurs d’élite ont ouvert les feu.
(Photo correspondant d’Assawra)
Cliquez pour agrandir


« Assawra »
 a répondu à l’appel de grève général lancé par le Haut Comité de la « Grande marche du retour et contre le blocus » pour le 1er anniversaire de cette « Marche » et le 43ème de la « Journée de la terre ». Aucune mise à jour du site et aucun message de sa liste de diffusion. Silence totale.
Pourtant, tout le long de la journée, des dizaines d’informations me sont parvenues du « front ». Quarante et une pour être précis. Chacune étant aussi alarmante que l’autre.
La répression a frappé. Les soldats de l’occupant et ses tireurs d’élite ont ouvert les feu.
La journée du 30 mars 2019 a été sanglante et meurtrière.
Quatre des nôtres sont tombés:
Bilal Abou Jamous, 17 ans à Khan Younès;
Tamer Abou Kheïr, 17 ans à Khan Younès;
Adham Sakr, 17 ans à l’Est de Gaza-ville;
Mhammad Saad, 20 ans à Gaza-ville.
316 blessés dont 27 par des balles réelles. Quatre le sont gravement et trois avec le processus vital engagé.
La « Marche du retour » se poursuit. Nous en connaissons le prix. Notre « Peuple debout » est prêt à payer.
Nos martyrs éclairent pour nous le chemin !

(Al Faraby
Dimanche, 31 mars 2019)


L’Arabie saoudite «rejette absolument» toute mesure susceptible d’avoir une incidence sur la souveraineté de la Syrie sur les hauteurs du Golan

L’Arabie saoudite «rejette absolument» toute mesure susceptible d’avoir une incidence sur la souveraineté de la Syrie sur les hauteurs du Golan

L'Arabie saoudite «rejette absolument» toute mesure susceptible d'avoir une incidence sur la souveraineté de la Syrie sur les hauteurs du Golan
Le roi saoudien Salman a déclaré qu’il «rejetait absolument» toute mesure susceptible de saper la souveraineté syrienne sur les hauteurs du Golan sous contrôle israélien, après que le président américain Donald Trump ait reconnu la région en tant que territoire israélien.

S’exprimant lors d’un événement de la Ligue arabe en Tunisie dimanche, Salman a également réitéré son soutien à une « solution à deux États » pour Israël et la Palestine, avec Jérusalem-Est comme capitale de l’État palestinien.

Ses remarques ont constitué une forte opposition au président américain Donald Trump, qui a signé  une déclaration la semaine dernière reconnaissant officiellement le plateau du Golan comme faisant partie d’Israël. La zone stratégique a été capturée en Syrie pendant la guerre des Six jours en 1967 et est depuis restée sous contrôle israélien.

En 1981, le Conseil de sécurité des Nations Unies a voté à l’ unanimité de déclarer illégale l’annexion par Israël du plateau du Golan et a demandé à Tel Aviv de « l’annuler » .

Le geste de Trump, sans surprise, a été salué par le gouvernement israélien et a suscité de vives critiques de la part de la Syrie, qualifiant de « nulle et non avenue » l’annexion de son territoire .

La question a également provoqué une scission entre certains des alliés des États-Unis dans l’OTAN. Le dirigeant français Emmanuel Macron a déclaré que la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan  » viole le droit international et crée des tensions dans la région ».

Federica Mogherini, responsable des affaires étrangères de l’UE, a souligné dimanche que le fait d’ignorer la position de l’ONU sur le plateau du Golan  n’était « pas une solution ».

L’affirmation de Jérusalem-Est par le roi saoudien en tant que Palestinien est un autre reproche flagrant de la politique de Washington, puisque Trump a reconnu Jérusalem entière comme la capitale d’Israël et a déplacé l’ambassade américaine de Tel Aviv à Tel Aviv. Les alliés de Washington n’ont pas bien compris la situation, ont averti certains en affirmant qu’ils mettaient en péril toute la perspective du processus de paix.

Washington et Riyad ont récemment signé plusieurs contrats importants dans le domaine des armes. Cependant, leurs relations sont devenues tendues par le journaliste et dissident saoudien Jamal Khashoggi, qui aurait été assassiné sur ordre de la famille royale saoudienne.

Le président Trump a condamné le meurtre et sanctionné plusieurs responsables saoudiens dans le cadre de l’affaire. La maison blanche subit maintenant des pressions sur son pays pour qu’il prenne davantage de mesures contre le royaume, Trump n’ayant pas renoncé à ses contrats d’armement de plusieurs milliards de dollars avec Riyad.

AUSSI SUR RT.COM, LESEtats-UnisSOUTIENNENTla « souveraineté » d’Israël sur le plateau du Golan, prouvant que la souveraineté n’est pas quelque chose qu’il respecteLe plateau du Golan, quant à lui, reste une étape de tensions entre Israël et la Syrie. Tel-Aviv a accusé les «mandataires iraniens» opérant en Syrie d’avoir lancé des missiles sur les Golans sur son territoire. En réponse, les FDI ont mené des raids transfrontaliers en Syrie. Damas a condamné ces incursions en les qualifiant de «violation de sa souveraineté»

https://www.rt.com/news/455190-saudi-king-golan-syria-sovereignty/?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

L’ANCIEN N°2 DE WALL STREET ANNONCE UN « TSUNAMI » FINANCIER

ECONOMIE ET POLITIQUE

L’ANCIEN N°2 DE WALL STREET ANNONCE UN « TSUNAMI » FINANCIER

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L’ancien n°2 de Wall Street annonce un « tsunami » financier

L’ex-numéro deux de la Bourse de New York tire la sonnette d’alarme. Selon lui, il faut se préparer à vivre une crise financière mondiale sans précédent d’ici fin 2020.

C’est une mise en garde et une alerte en bonne et due forme. L’ancien numéro deux de la Bourse de New York Georges Ugeux craint le pire. Interrogé par Le Parisien, le patron de la société de conseil Galileo Global Advisors prévoit une crise financière encore plus violente que celle de 2008 d’ici fin 2020. Cette fois-ci, les banques ne seraient pas en cause, Georges Ugeux vise le surendettement des pays industrialisés. Il estime que les États ont pu emprunter « dans des conditions excessivement favorables et ne s’en sont pas privés ».

Conséquence : « des pays comme l’Italie, la France, les États-Unis et le Japon sont arrivés à un niveau d’endettement qui n’est plus soutenable ». L’ancien n°2 de Wall Street explique que « le montant de la dette publique mondiale s’élève désormais à 63.000 milliards de dollars (55.000 milliards d’euros) ». Pour lui le calcul est simple, « au fur et à mesure que les taux d’intérêt augmentent, les déficits budgétaires augmentent et menacent la notation de ces pays et leur capacité à se refinancer sans exploser ».

>>> À lire aussi : La crise de 2019, celle qui ridiculisera toutes les autres ?

Un constat qui devrait entraîner « d’ici à fin 2020 », « un tsunami » financier. Georges Ugeux estime que « ce qui est arrivé à Lehman Brothers, c’est lilliputien à côté de ce qui nous attend ! ». Alors que faire pour empêcher la banqueroute ? « Les banques centrales doivent absolument arrêter progressivement d’emprunter de l’argent facile ». L’ex-numéro deux de la Bourse de New York invite, dans Le Parisien, les gouvernements à avoir également une « meilleure discipline budgétaire ».

Tester la hausse graduelle des taux d’intérêt

La solution pratique face à cette crise financière annoncée ? « Tester la hausse graduelle des taux d’intérêt comme l’ont fait les États-Unis pour sortir d’urgence des taux d’intérêt négatifs » selon le patron belge. À ses yeux, cela n’aura « aucun impact sur la décision d’un chef d’entreprise ou d’un ménage d’investir ».

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>> En vidéo – Cette jeune femme de 24 ans est la plus jeune courtière de Wall Street

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