Trump met en garde l’Europe contre la tentation de contourner les sanctions envers l’Iran

13.mars.2019 // Les Crises

Trump met en garde l’Europe contre la tentation de contourner les sanctions envers l’Iran

 

Des nouvelles de “L’Europe puissance”

Source : Associated Press News, Deb Riechmann & Matthew Lee, 28-01-2019

 

WASHINGTON (AP) – L’administration Trump garde un œil attentif sur les efforts que fait l’Europe pour développer un canal de paiement alternatif afin de faciliter les affaires avec l’Iran tout en évitant de transgresser les sanctions que les États-Unis ont imposé à la république islamique

La Maison Blanche donne un avertissement aux Européens, précisant que s’ils essaient de contourner les sanctions américaines contre l’Iran, ils feront l’objet de lourdes amendes et pénalités. Impassible, l’Union Européenne progresse dans l’élaboration de son projet qui, s’il est implémenté, pourrait tendre un peu plus les relations transatlantiques.

Le ministre des Affaires étrangères allemand Heiko Maas a déclaré lundi que l’Union Européenne était sur le point de mettre en place un canal alternatif permettant d’envoyer de l’argent vers l’Iran en esquivant les sanctions américaines contre Téhéran. Il a également déclaré que l’Allemagne a travaillé sur ce projet au cours des derniers mois en collaboration avec la Grande-Bretagne, la France et d’autres partenaires européens.

« Ceci a toujours été notre objectif et nous allons le mettre en œuvre », a déclaré Maas.

L’Union Européenne lutte pour maintenir l’accord nucléaire iranien depuis que le président Donald Trump s’en est retiré l’an dernier. Le bloc a déjà introduit des mesures pour empêcher les compagnies européennes de se conformer aux sanctions américaines sans l’autorisation de Bruxelles.

En avance sur une possible annonce officielle, un haut responsable de l’administration a déclaré vendredi à l’Associated Press que les États-Unis procéderont à l’exécution complète de leurs sanctions et que les individus et entités qui les saperaient devraient en répondre. Ce haut responsable s’est exprimé à ce sujet sous couvert d’anonymat.

« Il faut choisir entre faire des affaires avec l’Iran ou avec les États-Unis », a déclaré le sénateur Tom Cotton, R-Ark. à l’AP. « J’espère que nos alliés européens feront un choix avisé ».

Les États-Unis s’étaient joints à la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie et la Grande-Bretagne dans la signature d’un pacte avec l’Iran en 2015 qui offrait une levée des sanctions économiques en échange de l’engagement de Téhéran à mettre un terme à son programme d’armement nucléaire.

Le président Donald Trump l’avait qualifié d’« accord unilatéral épouvantable ». Il s’était retiré du pacte l’année dernière et avait restauré les sanctions punitives américaines contre l’Iran. Téhéran, qui nie vouloir posséder des armes nucléaires, continue de se conformer à l’accord et les cinq autres nations du pacte tentent également de le préserver.

Le rétablissement du régime de sanctions fait partie de la « campagne de pression maximum » de l’administration envers les Iraniens pour les obliger à modifier radicalement leur politique de développement de missiles balistiques, de support de groupes combattants régionaux et de violation des droits humains.

Les États-Unis sont très préoccupés par ce système de paiement alternatif, selon un conseiller extérieur de l’administration Trump. Ce conseiller s’est exprimé sous couvert d’anonymat au sujet des principales préoccupations américaines.

À long terme, les États-Unis craignent que le système de paiement alternatif remporte assez de succès pour entrer en compétition avec le système de transfert bancaire connu sous le nom de SWIFT [Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication, NdT]. La crainte est qu’il puisse à terme supplanter SWIFT en tant que véhicule global principal pour les institutions financières dans l’envoi et la réception de transactions bancaires.

Par ailleurs, les États-Unis sont inquiets que d’autres pays puissent tenter de router leurs transactions via l’Europe uniquement pour contourner les sanctions américaines, a déclaré le conseiller. Enfin, alors que les Européens ont déclaré que le système de transfert d’argent alternatif ne serait utilisé que pour des transactions humanitaires, les États-Unis suspectent qu’il pourrait être utilisé pour des transactions non-humanitaires afin d’éviter les sanctions américaines, a également déclaré le conseiller.

« Nous devons lutter contre les efforts réalisés en vue de créer des canaux financiers étrangers que l’Iran pourrait utiliser pour contourner la campagne de pression maximum déployée par l’Amérique contre lui, d’autant plus que les exceptions humanitaires sont déjà prises en compte par les lois de sanction américaines », a déclaré le sénateur Marco Rubio, R-Fla., à l’AP.

Tandis que l’administration se prépare aux retombées potentielles d’une (possible) action européenne, elle poursuit sa campagne de sanctions contre l’Iran et se prépare à animer avec la Pologne le mois prochain une conférence centrée sur le combat contre les menaces iraniennes.

Jeudi, le Trésor a imposé des sanctions contre deux milices appuyées par l’Iran en Syrie et contre Qeshm Fars Air, une compagnie aérienne civile iranienne qu’il accuse de convoyer des armes et du personnel en Syrie pour apporter son support au gouvernement de Bashar Assad. Les sanctions bloquent tous les actifs que les cibles pourraient avoir dans des juridictions américaines et empêchent les Américains de faire des affaires avec elles.

En même temps, le Département d’État a déclaré au Congrès ce mois-ci qu’il renoncerait à certaines des sanctions contre l’Iran pour permettre à des compagnies américaines de vendre des pièces de rechange à des compagnies iraniennes dont elles ont besoin pour faire fonctionner des avions Boeing vieillissants, construits aux États-Unis.

Ces dérogations ont soulevé des questions sur la colline du Capitole parce que certains législateurs présentent des lois qui visent spécifiquement le secteur de l’aviation civile iranienne. Et certains faucons anti-iraniens en-dehors de l’administration ont exprimé leur inquiétude également.

Mark Dubowitz, le directeur général de la Fondation pour le Défense des Démocraties, a déclaré que le secteur de l’aviation iranien est utilisé par les Gardiens de la Révolution, une branche de l’armée iranienne qui a des liens avec les réseaux combattants, et que l’Iran utilise pour étendre son influence dans la région et à l’étranger.

« Quels contrôles effectifs l’administration a-t-elle mis en place pour s’assurer que les avions recevant ces services autorisés ne sont pas en train de faciliter le soutien de l’Iran en faveur d’activités destructrices ? » se demande-t-il.

Source : Associated Press News, Deb Riechmann & Matthew Lee, 28-01-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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