Sahara marocain, quand M. Bourita se met enfin à table…

POLITIQUE

Sahara marocain, quand M. Bourita se met enfin à table…

LE 26 MARS 2019

« Il » a consenti à parler !
« Il », c’est M. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Royaume du Maroc, qui, hormis quelques confidences et informations réservées à des « happy few », se suffit trop souvent des dépêches MAP et de leur contenu convenu pour informer l’opinion publique sur la question nationale.

M. Bourita, pourtant, n’ignore pas que cette dernière motive et intéresse au plus haut point l’ensemble des Marocains à qui il est demandé, depuis plusieurs décennies, de défendre et soutenir la marocanité des provinces du Sud.

M. Bourita ignore encore moins que le Droit à l’Information est proclamé par la Constitution de juillet 2011, mais il estime sans doute que son agenda chargé l’empêche de remplir un des devoirs d’un responsable public, celui d’être au service des citoyens…

Mais, las !
Ne faisons pas la fine bouche puisqu’à l’occasion de la récente réunion à Marrakech de « la conférence ministérielle africaine sur l’appui de l’Union Africaine au processus politique des Nations Unies sur le différend régional au sujet du Sahara marocain » (ouf, quel titre !), notre ministre des AE, dans son incommensurable mansuétude, a consenti à répondre aux questions des journalistes présents.

Du concret pour l’opinion publique

Et sa prestation a été des plus intéressantes puisqu’à son terme, nous savons enfin à quoi nous en tenir sur les deux rounds de discussions quadripartites qui se sont tenus à Genève (ou ses environs) sous l’autorité de M. Horst Köhler, envoyé spécial du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.

On retiendra notamment que le premier round a surtout servi de « tour de chauffe » afin que les participants, Maroc, Algérie, Mauritanie et polisario, prennent langue dans des conditions de pleine civilité et de respect mutuel, notamment dans l’objectif de montrer à tous (surtout les membres du Conseil de Sécurité), qu’ils étaient conscients de la nécessité de se conformer aux desiderata de la communauté internationale afin de parvenir à un règlement politique, pacifique et négocié du « différend » sur le Sahara occidental marocain.

Le second round, qui a eu lieu la semaine dernière, a incontestablement été plus animé en ce sens que les quatre délégations ont pu développer leurs perceptions sur les questions fondamentales qui déterminent ce différend. Mais, il n’y a pas eu d’avancées notables parce que les parties sont restées sur leurs positions traditionnelles et connues de tous.

Le Maroc a déroulé les principaux points de son argumentation en faveur de plan d’autonomie élargie tandis que l’Algérie et ses obligés de Tindouf reprenaient leur fantasmagorique et indécrottable proposition du référendum d’autodétermination.

On notera néanmoins que cette sempiternelle rengaine a été très mal perçue par l’envoyé spécial Köhler qui est tenu, dans son mandat, d’amener les parties à placer leur discours dans le cadre strict déterminé par les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité.

Or, comme chacun sait, ces différentes et successives résolutions appellent à des solutions de compromis à partir de propositions pertinentes et de négociations marquées au sceau de la bonne foi. Ce qui veut dire que l’ONU, son Conseil de Sécurité et ceux qui le contrôlent récusent par avance la seule solution mise en avant par les mercenaires et Alger, celle du référendum.

Et c’est bien pour cela, au demeurant, que M. Bourita, au terme de sa conférence de presse à Marrakech, a clairement mis en garde les autres parties dans la perspective d’un troisième round de négociations qui pourrait se tenir l’été prochain.

En effet, dixit le ministre des AE, le Maroc n’ira pas plus loin que le troisième round si durant son déroulement, les participants n’entraient pas dans le vif du sujet, c’est-à-dire les discussions sur le compromis censé mettre un terme à ce « différend sur le Sahara marocain ».

Le meilleur pour la fin

Le Maroc, clairement dit, ne souhaite pas tenir des réunions dans le seul objectif de rencontrer les parties adverses, mais pour faire avancer le processus définitif de règlement de cette question.

Faute de quoi, il cessera d’y participer !

Une position ferme et claire que devront comprendre les mercenaires du polisario et leurs maîtres algériens sous peine de mettre en échec le processus voulu par M. Guterres et le Conseil de Sécurité.

Car il faut bien comprendre qu’en l’occurrence, le Royaume est droit dans ses bottes, bénéficiant du soutien actif de son opinion publique, des partis et autres forces vives de la Nation, mais aussi de l’adhésion massive des populations du Wadi Eddahab et de la Saquiat Al Hamra, tandis que le drapeau national flotte majestueusement de Tanger à Lagouira (ou presque…).

En acceptant d’aller au fond des choses, en participant réellement à la recherche d’un compromis politique et négocié, le polisario aura peut-être un autre destin que celui de finir dans les poubelles de l’Histoire.

C’est donc avec une sérénité impavide que l’on attendra les traditionnelles réunions de la fin du mois d’avril, précédées du rapport annuel du secrétaire général de l’ONU sur la question du Sahara marocain, et clôturées par le vote de la résolution prorogeant le mandat de la Minurso.

Une assurance incontestablement renforcée par l’annonce toute récente par le Département américain de la Défense de la conclusion du « contrat d’armement du siècle » avec le Maroc.

Notre pays et ses forces armées, en effet, se doteront de 25 nouveaux avions F16 version V, et de divers armements pour un montant de 3,778 milliards de dollars et consacreront 985,2 millions de dollars supplémentaires à la modernisation des 23 F16 actuellement en service.

Une annonce assortie d’un communiqué du même département qui précise que :
« Cette vente contribuera à la politique étrangère et à la sécurité nationale des États-Unis en contribuant à améliorer la sécurité d’un important allié non membre de l’OTAN, qui continue d’être une force importante pour la stabilité politique et le progrès économique en Afrique du Nord… »

Un communiqué qui prend tout son poids alors que notre voisin, l’Algérie, connaît les soubresauts que l’on sait et qui, sans doute, prouve que M. John Bolton, conseiller à la Sécurité Nationale du président Trump, tempèrera à l’avenir ses ardeurs anti-marocaines…

Fahd YATA

https://lnt.ma/sahara-marocain-m-bourita-se-met-enfin-a-table/

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