Les banques russes rejoignent le système mondial chinois de paiements alternatifs

 

29.avril.2019 // Les Crises

Les banques russes rejoignent le système mondial chinois de paiements alternatifs

Merci122
Je commente

J’envoie

Source : Sentinelles Saps, 13-04-2019

Alors que la Russie se débarrasse activement de ses dollars américains et achète de l’or au rythme le plus rapide depuis des décennies, il n’est pas difficile de déchiffrer ce qui estécrit sur le mur pour savoir ce que le Kremlin pense de la possibilité d’une détente dans les relations douloureuses entre les États-Unis et la Russie.

Et comme la Russie cherche maintenant clairement à mettre fin aux liens monétaires avec un « ouest » arrimé au dollar, il n’y a qu’une alternative : la Chine. C’est pourquoi il n’est probablement pas surprenant que plusieurs banques russes aient rejoint le système chinois de paiements internationaux (CIPS), également connu sous le nom de « SWIFT chinois », afin de faciliter les opérations entre les deux pays, selon un haut responsable de la Banque centrale de Russie (CBR).

« En ce qui concerne la coopération sur les systèmes de paiement, plusieurs banques sont déjà connectées à CIPS, ce qui permet de faciliter la procédure d’acheminement des paiements », a déclaré Vladimir Shapovalov, directeur du département de la coopération internationale de la CBR, en début de semaine au forum international russo-chinois.

Dans le même temps, comme le note Russia Today, le régulateur espère que ses homologues chinois accorderont une plus grande attention à la solution proposée par la Russie qui a son propre SWIFT, le SFPS (Système de transfert des messages financiers), car il « peut stimuler davantage les échanges bilatéraux », a-t-il ajouté.

Comme RT l’a écrit, la Russie a activement présenté son réseau SFPS, créé en 2014 en réponse aux menaces des États-Unis de déconnecter la Russie de SWIFT, à des partenaires étrangers, dont la Chine, après que sa version à l’exportation eu été prête l’an dernier. La première transaction du système, impliquant une entreprise non bancaire, a été réalisée par le grand groupe pétrolier russe Rosneft en décembre 2017. Environ 500 participants, parmi lesquels d’importantes institutions financières et sociétés russes, ont déjà adhéré. Alors que l’Europe envisage des alternatives à SWIFT, afin de continuer à financer le régime iranien – suite à son exclusion du système monétaire basé sur le dollar, après réimposition des sanctions iraniennes par Trump – le statut de réserve du dollar américain serait sérieusement compromis si Bruxelles rejoignait également l’alternative chinoise ou russe à l’utilisation du dollar, un processus provoqué par la diminution des allocations en dollars américains de la part des gestionnaires des réserves des banques centrales… qui est déjà en cours :

Source : Sentinelles Saps, 13-04-2019

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/les-banques-russes-rejoignent-le-systeme-mondial-chinois-de-paiements-alternatifs/

Publicités

Coup D’État En Cours Au Venezuela

Coup D’État En Cours Au Venezuela

Des unités militaires rebelles soutenant le président autoproclamé Juan Guaido ont pris le contrôle d’une base aérienne militaire à Caracas.

Juan Guaido est soutenu par Washington dont les forces spéciales et la CIA participent activement à cet énième putsch militaire dans ce pays d’Amérique du Sud

https://strategika51.org/archives/62666

Iran-États-Unis : la tension est à son comble

PÉTROLE
Iran-États-Unis : la tension est à son comble

Alors que les États-Unis viennent de déclarer qu’ils ne tolèreraient plus aucune exception à la tolérance accordée jusque là à certains pays sur l’embargo pétrolier iranien – c’est-à-dire que les acheteurs s’exposent désormais à des sanctions américaines (Inde, Chine, Japon, Turquie, Taiwan, Italie, Grèce) -, Téhéran a rétorqué que si le pétrole iranien ne pouvait plus circuler, il en serait de même pour celui qui passe par le détroit d’Ormuz que ses forces sont en mesure de fermer. L’Arabie saoudite qui, avec Israël, se réjouit de la mesure américaine pourrait être la première concernée par un tel blocus. Au passage, Riyad a procédé le 23 avril à l’exécution collective la plus importante de ces trois dernières années en décapitant ou crucifiant 37 personnes, en majorité des chiites condamnés pour terrorisme, espionnage (au profit de Téhéran) ou manifestations séditieuses…

La réponse de Washington ne s’est pas faite attendre : si le détroit d’Ormuz est bloqué (par les Iraniens) « nous le rouvrirons par la force ! ». Depuis le temps que cette « option est sur la table », cela va bien finir par « péter ». Il ne faut pas se faire d’illusions, ce sera alors le déclenchement d’une guerre régionale qui peut déboucher sur n’importe quoi. Jon Meade Huntsman Jr., l’ambassadeur américain à Moscou a renchéri en affirmant que son pays faisait dans la diplomatie « à 200 000 tonnes » en référence aux porte-avions de l’US Navy. Même le citoyen français – certes actuellement embêté les samedi par les Gilets jaunes et autres Black Blocks anarchistes – connaîtra alors vraiment sa douleur car le prix des carburants, de l’électricité et du gaz devraient alors connaître une hausse exponentielle. Pour mémoire, 40% du pétrole mondial y transite… Ce sera plus qu’un choc pétrolier d’autant que le blocage du détroit d’Ormuz devrait durer un « certain temps » et même la toute puissante Amérique aura beaucoup de difficultés à neutraliser les centaines de batteries côtières iraniennes, les champs de mines navales qui seront répandues, les attaques des pays côtiers du Golfe arabo-persique, voire les opérations terroristes déclenchées à l’extérieur…

Pour compléter l’ambiance, les États-Unis classent désormais les pasdaran (le Corps iranien des Gardiens de la révolution -IRCG-) en tant qu’ »organisation terroriste ». Là aussi la réplique a été rapide, les militaires américains sont à leur tour assimilés à des « terroristes » par Téhéran. S’ils sont faits prisonniers (ce qui est déjà arrivé dans le passé suite à des incidents dans le détroit d’Ormuz), ils ne bénéficieront plus des garanties des conventions de Genève. C’est certainement un coup de bluff, Téhéran n’ayant jamais vraiment respecté les règles internationales, particulièrement lors de la prise d’otages de diplomates américains du 4 novembre 1979 au 20 janvier 1981.Fait sans doute significatif, les pasdaran ont vu la désignation par l’ayatollah Ali Khamenei d’un nouveau chef en remplacement du major général Mohammad Ali Jafari qui était à leur tête depuis dix ans. Son successeur est tout simplement son second, le brigadier général Hossein Salami. Le guide a déclaré : « Considérant vos capacités et votre expérience significative avec différentes responsabilités révolutionnaires […] je vous nomme major général et commandant en chef des Gardiens de la Révolution ». A noter qu’une fausse nouvelle a circulé ces derniers jours dans la presse israélienne (et sur les réseaux sociaux) faisant part de la défection du brigadier général Ali Naisiri, l’ancien chef du Ansar-ul-Mahdi Corps, l’unité pasdaran chargée de la protection rapprochée des autorités iraniennes.  Après une altercation avec Hossein Taeb, le représentant du Guide suprême auprès des pasdaran survenue le 11 avril, il avait été remplacé à son poste par le colonel Fathollah Jomeiri sans de plus amples explications. La rumeur avait couru qu’il s’était réfugié « avec de nombreux dossiers confidentiels » auprès d’une ambassade américaine au Proche-Orient. Mais une photo le montre assistant à la prise de fonctions du général Salami. Toutefois, cela peut aussi être un montage puisque l’on peut douter de tout! 

Le général Salami né en 1960 intègre les pasdaran durant la guerre Iran-Irak. Il dirige l’Université de commandement et d’état-major de cette force paramilitaire entre 1992 et 1997 avant de devenir adjoint aux « opérations du personnel ». Il prend le commandement de la composante aérienne des pasdaran en 2005 qu’il dirige jusqu’en 2009. Il convient de rappeler que c’est cette unité qui supervise toutes les études balistiques du régime. Depuis 2009, il était l’adjoint direct de Jafari.

Le général Salami est coutumier de déclarations provocatrices comme en octobre 2018 estimant que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, devait « s’entraîner à nager […] car il pourrait être forcé à fuir son pays » et, selon l’agence FARS : « Ils [les Israéliens] ne constituent pas un niveau de menace élevé pour nous, le Hezbollah suffirait à les détruire ». En janvier 2019 il récidive en déclarant « Nous annonçons que si Israël entreprend de nous faire la guerre, cela débouchera sur son élimination et sur la libération des territoires occupés […] la stratégie de l’Iran est de rayer de la carte politique le régime ‘sioniste’, et les Israéliens y contribuent par leurs menées criminelles ». Il se fait plus précis le 19 février en affirmant que l’Iran se prépare « à briser l’Amérique, Israël et leurs partenaires et alliés […] notre guerre n’est pas une guerre locale ». Pour mémoire, ce sont les pasdaran qui assurent majoritairement la garde du détroit d’Ormuz avec leurs nombreux missiles sol-mer qui sont installés dans des centaines d’abris enterrés le long de la côte et sur les îles la bordant; ils sont comme au « stand de tir de foire », les navires défilant devant eux comme des pipes (et les missiles sol-sol qui peuvent frapper de l’autre côté du détroit, particulièrement les terminaux pétroliers). Leurs forces spéciales sont capables d’actions de sabotage, d’assauts de navires, du mouillage de mines, etc. L’armée régulière a pour sa part en charge la mer d’Arabie mais là, ce serait beaucoup plus problématique pour les Iraniens opposés à la Vème Flotte US qui a été mise en alerte maximum depuis le 22 avril. Les points forts des forces armées et de sécurité iraniennes (dont font partie les pasdaran), c’est leur nombre (750 000 avant mobilisation) et la profondeur du territoire (1,648 million de km2) mais surtout le patriotisme des Perses. Ses points faibles sont une défense aérienne  et une marine plus que défaillantes et des matériels hors d’âge et disparates.

Le Corps des Gardiens de la révolution fondé officiellement en 1979 compterait quelques 125.000 combattants placés sous l’autorité directe du guide suprême. C’est une armée parallèle aux côtés de la « régulière » (Artesh). Sa mission principale est de « sauvegarder la Révolution et de ses acquis ». Les pasdaran disposent aussi d’une branche chargée des opérations extérieures – la force al-Qods – commandée par le major général Qassem Soleimani (donc plus « gradé » et même après la promotion de ce dernier, plus « ancien » que lui). Cela s’explique par le fait que Al-Qods constitue également un « État dans l’État » dépendant aussi directement du Guide suprême de la Révolution. Al-Qods est très active en Syrie, en Irak et, dans une moindre mesure au Yémen.

De toutes façons, Soleimani n’a jamais répondu de ses actions auprès de Jafari ; il a peu de chances que cela change avec son successeur ! Un tweet lui est attribué et, sans faire son apologie, il est révélateur de l’état d’esprit qui anime aujourd’hui les responsables pasdaran : « C’est moi, le soldat Soleimani qui te parle (au président Trump). Tu nous menaces d’une ‘guerre qui n’aurait pas de précédent dans l’histoire’. C’est une rhétorique de bistrot qui ne peut être employée que par un barman et qui ne fait que briser le prestige de la nation que tu représentes. Il est indigne de notre président de te répondre. Moi, en tant que soldat, je te réponds. Vous (les Américains) avez déjà fait tout ce qui est en votre pouvoir, mais vous n’êtes parvenu à aucun résultat ! Qu’avez-vous été capable de faire ces 20 dernières années ? Vous avez débarqué en Afghanistan à bord de chars de combat, de véhicules blindés et de centaines d’hélicoptères pour attaquer les taliban, une milice sous-équipée, et vous y avez laissé des plumes. Plus de 60 % de vos victimes étaient des civils. Vos 110 000 soldats, mobilisés depuis 17 ans, sont incapables de faire quoi que ce soit. En Afghanistan, vous en êtes désormais à supplier les taliban et en dépit de tout cela, vous osez encore nous menacer ? […] Moi Soleimani, je te ferai face, avec la Force al-Qods. Il ne se passe même pas une seule nuit sans que nous ne pensions à vous détruire, à vous supprimer… Sachez que nous sommes tout près de vous, là où vous ne l’imaginez même pas ». Certes, c’est de la pure propagande mais cela permet néanmoins de mesurer que l’adversaire désigné par Washington semble être loin d’être démoralisé.

Cela dit, les sanctions vont sérieusement impacter l’Iran qui exportait encore en mars 1,7 millions de barils par jour dont environ 630 000 vers la Chine (les intentions de Pékin – comme de la Turquie – ne sont pas connues à ce jour). Comme d’habitude, l’absence de rentrées financières vont gravement toucher la population civile qui vient de subir de très importantes inondations (25 des 31 provinces ont été touchées). L’espoir de Washington qu’elle va finir par se soulever contre le pouvoir des mollahs en place à Téhéran. La réalité est que ce dernier va être de plus en plus dur et qu’il n’est pas certain que le peuple perse de se réunisse pas une nouvelle fois comme lors de la guerre Iran-Irak (la « guerre imposée ») qui a duré du 22 septembre 1980 au 20 août 1988.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après

Loi Helms-Burton contre Cuba : l’extraterritorialité du droit américain

Loi Helms-Burton contre Cuba : l’extraterritorialité du droit américain

Tribune
24 avril 2019
par Janette Habel, chercheuse à l’IHEAL, membre du Programme Amérique latine/Caraïbe de l’IRIS

Dans une interview publiée le 9 avril 2019, des journalistes de l’agence Reuters interrogeaient deux très hauts fonctionnaires de l’administration Trump sur la stratégie du président américain à l’égard de Cuba et du Venezuela[1]. À la question des journalistes s’interrogeant sur l’efficacité de la politique mise en œuvre à l’égard de ces deux pays, la réponse des deux hauts fonctionnaires fut sans ambigüité : « Il faut prendre au sérieux nos déclarations concernant Cuba et le Venezuela. Certains pensent, ou espèrent peut-être que le président Trump bluffe et que nous n’avons pas de stratégie. Nous avons une stratégie d’ensemble. Il s’agit de notre arrière-cour, c’est très sérieux »Une affirmation confirmée depuis, le 17 avril, par le secrétaire d’État Mike Pompeo. L’administration américaine pourra dès la date du 2 mai, en application du titre III de la loi Helms-Burton, engager des poursuites judiciaires contre les sociétés étrangères, notamment françaises, présentes à Cuba. La loi Helms-Burton, de portée extraterritoriale, a été promulguée en 1996 sous la présidence de Bill Clinton. Son titre III permet, notamment aux exilés cubains, de poursuivre devant les tribunaux fédéraux américains les entreprises soupçonnées de « trafiquer » (trafficking en anglais) avec des biens ayant appartenu à des ressortissants américains (ou à des exilés cubains ayant acquis depuis la nationalité américaine). Il s’agit des biens nationalisés par le régime de Fidel Castro après la révolution de 1959 dans l’île des Caraïbes. De nombreuses sociétés européennes ont investi à Cuba, certaines d’entre elles pourraient être contraintes de quitter l’île sous peine de se voir sanctionnées aux États-Unis. Ledit « trafic » comprend les investissements dans des biens nationalisés, la détention d’un intérêt légal sur ces biens ou la réalisation d’affaires directes avec ces biens, la gestion ou la location de ces biens. Le texte définit comme « faisant du trafic » quiconque participe à une activité commerciale dans laquelle il utilise un bien nationalisé ou en tire un profit quelconque.

La loi Helms-Burton (ainsi nommée du nom de ses auteurs, le sénateur républicain Jesse Helms et le représentant démocrate Dan Burton) est une loi fédérale américaine dont le titre Cuban Liberty and Democratic Solidarity (Libertad) indique la finalité politique explicite : imposer à Cuba, grâce aux sanctions, un gouvernement qui ne comprenne ni Fidel Castro ni son frère Raúl. Cette loi est parfois surnommée « Bacardi Bill » par des juristes, car elle a été rédigée par les avocats de Bacardi, une entreprise productrice de rhum exilée aux États-Unis après avoir été nationalisée. Bacardi mène une guerre sans merci contre son rival, le groupe français Pernod Ricard. Alors que le rhum Havana Club -propriété d’une co-entreprise détenue par l’État cubain et Pernod Ricard – est fabriqué à Cuba, le rhum Bacardi est fabriqué à Porto Rico. Depuis 1996, le titre III de la loi avait été suspendu par tous les présidents américains, y compris par Trump, grâce à une disposition spécifique (« waiver ») suite à un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Union européenne (UE). Sa réactivation a plusieurs objectifs : empêcher la « concurrence déloyale » des investissements directs d’entreprises  étrangères à Cuba, alors que les entreprises américaines ne peuvent pas y investir du fait de l’embargo, imposer l’extraterritorialité du droit américain sur le plan international (comme en Iran), asphyxier économiquement l’île pour renverser le régime castriste alors que La Havane connaît des difficultés économiques, satisfaire enfin aux exigences des exilés cubano-américains installés en Floride, un État clé pour l’élection présidentielle américaine de 2020.

La réactivation du titre III a suscité de nombreuses réactions en particulier de la part de l’UE. Cette dernière a jugé « regrettable », mercredi 17 avril, la décision de Washington de permettre, à partir du 2 mai, des actions en justice contre les entreprises étrangères espagnoles et françaises notamment, présentes à Cuba. Les vingt-Huit menacent Washington de représailles en cas de sanctions contre les investissements européens. « La décision des États-Unis (…) aura un impact important sur les opérateurs économiques de l’UE à Cuba (…) et ne peut que mener à une spirale inutile de poursuites judiciaires », ont déclaré la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, et la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini. « L’Union européenne sera contrainte d’utiliser tous les moyens à sa disposition » pour protéger ses intérêts, avaient-elles averti auparavant dans un courrier en date du 10 avril, adressé au secrétaire d’État américain, Mike Pompeo. Parmi ces moyens, le recours à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est envisagé, les sanctions américaines étant contraires à son règlement. La saisine de l’organe de règlement des différends (ORD) de l’OMC permettrait de recourir à des arbitrages internationaux sur un certain nombre de lois américaines. Même si, comme le souligne un diplomate, « ils n’en ont cure ».

Mais pour certains observateurs, combattre l’extraterritorialité du droit américain par des sanctions permettant en miroir la poursuite des filiales nord-américaines en Europe ne sera pas suffisant. Les sanctions américaines ont un effet extrêmement dissuasif dans la mesure où pas une seule entreprise ne peut se passer du marché américain. Entre un (petit) marché cubain potentiel et l’immense marché américain, le choix est vite fait. Si vous ne coopérez pas, c’est « no deal ». La loi Helms-Burton codifie l’interdiction d’investir. Le droit américain est utilisé pour sanctuariser des marchés.

En octobre 2016, Pierre Lellouche et Karine Berger avaient présenté un rapport bipartisan devant la commission des Finances et la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale sur l’impact extraterritorial du droit américain. Les conclusions de leur mission d’information montraient comment l’administration américaine est dans une logique d’utilisation du droit pour défendre les intérêts économiques américains et éliminer les concurrents. La mission préconisait d’instaurer un mécanisme de blocage à l’échelle européenne afin de faire face à l’offensive américaine. Pour le député François-Michel Lambert, président du groupe d’amitié France Cuba, Trump a déclenché « la plus grande guerre économique contre l’Europe en utilisant Cuba comme prétexte ».

————————————————–

[1] Entretien donné dans le programme « Economic Eve On Cuba ». Disponible sur le site https://www.cubatrade.org/

http://www.iris-france.org/136037-loi-helms-burton-contre-cuba-lextraterritorialite-du-droit-americain/

Des violations israéliennes de l’espace aérien et maritime du Liban risquent ne pas perdurer

Des violations israéliennes de l’espace aérien
et maritime du Liban risquent ne pas perdurer
PressTV

lundi 29 avril 2019, par Comité Valmy

 

Des violations israéliennes de l’espace aérien
et maritime du Liban risquent ne pas perdurer

Il y a deux jours le ministre libanais de la Défense s’est rendu sur les frontières avec les territoires occupés pour inspecter l’état de ses troupes. Pas loin des fermes de Chebaa, bout de territoire libanais qu’occupe Israël, le ministre a lancé un appel particulièrement significatif : le Liban frappera l’aéroport de Tel-Aviv si Israël prenait pour cible l’aéroport du Liban. Cette annonce n’a pas fait l’objet d’analyse des commentateurs sans doute à tort puisqu’elle renvoie, à vrai dire, aux capacités balistiques supposées de l’armée libanaise. Que veut dire très exactement l’annonce du ministre de la Défense alors que le régime israélien viole régulièrement le ciel du Liban dont il s’en sert comme base arrière à des frappes contre la Syrie ? Cela veut dire très exactement que les missiles de la Résistance sont désormais à la portée de l’armée libanaise et que celle-ci dans tout face-à-face à venir avec le régime israélien, n’hésitera pas à prendre pour cible Israël.

Dans un communiqué publié samedi 27 avril, l’armée libanaise fait part de la violation de l’espace maritime du sud du Liban par une vedette israélienne. Dans son communiqué, l’armée libanaise a annoncé qu’une vedette d’assaut israélienne dotée d’un canon a illégalement pénétré à 7 h 49 les eaux territoriales libanaises et avancé au large libanais à 535 mètres de la localité sudiste de Ras-Naqoura.

Selon l’agence de presse officielle du Liban, la vedette d’assaut israélienne a patrouillé pendant 26 minutes dans les eaux libanaises, avant de quitter la région.

Samedi 13 avril, un drone israélien avait violé l’espace aérien du Liban en même temps qu’une vedette militaire israélienne s’était introduite dans l’espace maritime du pays.

Le 4 avril, l’espace aérien libanais a été à trois reprises violé par les avions de combat israéliens dans le sud du pays. Un bateau israélien s’était également introduit dans les eaux territoriales libanaises en patrouillant pendant cinq minutes à Ras-Naqoura.

« Maintenant, la Force intérimaire de l’ONU au Liban (FINUL) repère les récentes violations des frontières aérienne et maritime libanaises », annonce le communiqué de l’armée libanaise.

Or lors d’une conférence de presse tenue peu de temps après sa visite dans le siège militaire de la FINUL au sud du Liban, à Naqoura, mercredi 24 avril, le ministre libanais de la Défense, Elias Bou Saab, a affirmé que le Liban défendrait ses droits territoriaux .

« Le Liban n’abandonnera jamais une parcelle de son territoire », a ajouté le ministre libanais, accompagné par le commandant en chef des forces armées libanaises, Joseph Aoun.

Bou Saab a averti que les forces de l’armée de l’air libanaise attaqueraient l’aéroport israélien Ben Gourion en cas de conflit militaire avec Israël.

« Si Israël bombarde notre aéroport, nous bombarderons son aéroport. S’il frappe nos installations pétrolières, nous frapperons ses installations pétrolières, a déclaré Elias Bou Saab, lors d’une visite dans le sud du Liban », a rapporté le site d’information Al-Manar.

Les médias en Israël parlent régulièrement de la peur des autorités de Tel-Aviv au sujet d’une guerre des missiles entre ce régime et les mouvements de la Résistance libanaise et palestinienne (Hezbollah et Hamas). Le site web israélien Walla faisait part de profonds désaccords entre l’armée israélienne et le Centre de l’état d’urgence du régime sur la question de la préparation du front intérieur à une guerre potentielle. Selon les analystes, les manœuvres hostiles des USA contre la Résistance relève en grande partie des plans américains destinés à affaiblir la puissance de frappe du Hezbollah. L’inscription de la Résistance libanaise sur la liste noire renvoie aussi à cette même logique. Mais le Liban semble bien organiser sa riposte. En cas de guerre, ce sera le Liban entier- et non pas une partie de lui-qui défendra le pays, note un analyste à Téhéran.

28 avril 2019

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11165

Bercy : le Top 5 des (plus grosses) niches fiscales d’entreprise, mais elles sont intouchables, certaines sont même protégées par les gilets jaunes.

IMPÔTS
Bercy : le Top 5 des (plus grosses) niches fiscales d’entreprise, mais elles sont intouchables, certaines sont même protégées par les gilets jaunes.

En annonçant que la baisse d’impôts aux particuliers serait financée par la suppression de quelques niches fiscales dont bénéficient les entreprises, Emmanuel Macron a semé la panique au Medef, qui ne s’attendait pas à devoir payer cette nouvelle facture, mais surtout, le président de la République n’a pas facilité la tache de ses ministres de l’économie et du budget, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin.

Pour trouver les 5 milliards de baisse, il va falloir faire chauffer les ordinateurs sans être surs d’y arriver, parce que les niches fiscales d’entreprise n’ont pas été installées par hasard, ni pour satisfaire quelques intérêts individuels. Alors certaines sont certes le résultat de la pression de quelques lobbies, mais l’essentiel des aides fiscales aux entreprises répond à des nécessités d’ordre économique que le président du Medef n’aura aucun mal à détailler.

« Les niches fiscales ont été installées pour amortir l’effet des impôts qui pèsent sur les activités économiques ». Et Geoffroy Roux de Bézieux d’ajouter que la suppression des niches reviendra à augmenter l’impôt, alors qu’on le dise clairement.

Il y a tout juste un an, Gérald Darmanin, qui cherchait déjà 5 milliards d’économie, avait bien tenté de tailler dans la jungle des aides aux entreprises. Il avait très vite renoncé devant la fronde de toutes les fédérations professionnelles. Le total des aides aux entreprises dépasse 140 milliards d’euros.

Alors si on veut arracher 5 milliards, il va falloir y aller à la pince à épiler et affronter les chiens de garde qui veillent dessus. Bruno Le Maire et Gérald Darmanin vont s’y épuiser et hypothéquer leur carrière.

Les grosses niches sont tellement importantes qu’elles seront impossibles à déplacer ou à fermer…. Le top 5 des niches est impressionnant mais intouchable, certaines niches qui bénéficient aux entreprises sont aussi protégées par les gilets jaunes. On croit rêver  !

1ère niche : le CICE, le crédit d’impôt pour la compétitivité et pour l’emploi20 milliards d’euros, était le plus gros des crédit d’impôts. La plus grosse niche offerte par Manuel Valls et François Hollande. Le CICE n’existe plus, il a été remplacé pour le même prix, par une baisse des charges sur salaires depuis le 1erjanvier.  Donc juridiquement, ce n’est plus une niche fiscaleet la suppression de ces baisses de charges ne paraît pas envisageable car ces baisses de charges sont désormais le principal moyen pour améliorer la compétitivité des entreprises par l’allègement du cout du travail. Le CICE a déjà eu un impact sur les secteurs qui emploient beaucoup de main d’œuvre, cette baisse de charge va prolonger cet effet. Donc avec encore 9% de chômage, on ne voit pas le gouvernement toucher à cette mesure.

2ème niche : le crédit d’impôt recherche, qui représente 6 milliards d’euros. Bercy s’est immédiatement penché sur ce poste de dépenses fiscales en imaginant trouver là de quoi financer la baisse d’impôt promise par Emmanuel Macron sur le revenu des ménages. Bruno Le Maire a stoppé très rapidement la spéculation en rappelant que grâce au crédit impôt recherche, toutes les grandes entreprises françaises ont localisé leurs bureaux de recherche et développement en France. On peut même dire que la France est désormais un paradis fiscal pour la recherche et ça marche très fort. La France est le troisième pays du monde au classement des investissementsde recherche. Alors on pourrait toujours faire mieux et moins cher, mais personne ne commettra l’imprudence de changer un process fiscal qui marche. Conclusion, le crédit d’impôt recherche paraît intouchable.

3ème niche : le mécénat, 1 milliard par an.  Alors cette niche fiscale qui représente donc 1 milliard d’euros par an permet aux entreprises de distribuer de l’argent pour les activités culturelles et pour le patrimoine,qui viennent en déduction des impôts à payer à concurrence de 60%, dans la limite de 0,5% du chiffre d’affaires ou 10 000 euros. Ce qui veut dire concrètement que, quand une entreprise donne 100 euros à un théâtre ou à un musée, elle peut déduire 60 euros de son impôt, si ces 60 euros n’excède pas 0,5% du chiffre d’affaire. Alors cette niche fiscale était condamnée il y a encore un mois. Le principe de sa fermeture était acquis. Depuis l’incendie de la cathédrale deParis, il n’en est plus question.

4ème niche : le régime de TVA à taux réduit et le gazole non routier. Au total, un cout fiscal de 2 milliards. Bruno Le Maire a déjà lancé des travaux pour supprimer les taux réduits de TVA qui représentent une grande partie de 70 milliards de manque à gagner. Actuellement, le taux normal de TVA est de 20% mais il existe plein de secteurs où le taux appliqué est plus bas : dans les DOM-TOM, la restauration, l’hôtellerie, les travaux dans les logements, les services d’aide à la personne sans parler des 5,5% dans l’alimentaire, l’édition et la presse où le taux est tombé à  2,1%. Alors l’impact de ces taux favorables est parfois très discutable (dans la restauration), il n’empêche que les gilets jaunes qui réclament la suppression de la TVA sur beaucoup de produits de première nécessité pour améliorer le pouvoir d’achat font le jeu des entreprises qui ont rarement répercuté les baisses. Le gouvernement ne touchera pas à ce secteur très inflammable en remontant les taux.

Par ailleurs, beaucoup d’entreprises du BTP bénéficient d’un taux réduit de taxe sur le gazole. Le gouvernement envisageait de supprimer cette niche qui coute elle aussi plus d’un milliard d’euros par an à l’Etat. Mais les gilets jaunes ont fait le job et ont rendu un grand service aux entreprises du bâtiment. Les taux réduit sont désormais sanctuarisés.

5ème niche : le régime d’intégration fiscal français couterait 5 milliards d‘euros à l’Etat. Pour faire simple, une société peut réduire ses impôts en déduisant de ses profitsles pertes faites par ses filiales. C’est de l’optimisation fiscale. Mais c’est un système qui a permis d’attirer beaucoup de sociétés holding sur l’Hexagone, alors que les activités industrielles et commerciales sont ailleurs. Bercy a ouvert un chantier pour éventuellement commencer à réduire cette liberté et même à la supprimer. Autant dire que le risque est grand de voir des holdings déménager vers Rotterdam ou Londres. Il y a beaucoup de pays en Europe plus généreux.

Les grosses niches fiscales offrent des gisements de récupération importants, sauf que si Bercy se lance dans ce type de travaux, il va avoir fort à faire avec les organisations patronales qui n’ont pas encore toucher l’avantage de la baisse des impôts sur les sociétés.

Et cela à un moment où la conjoncture dans les grandes entreprises se redresse sur les investissements et sur l’emploi. A un moment aussi où les investisseurs étrangers ont retrouvé la route pour rentrer en France. Et si les étrangers reviennent en France, ça n’est pas forcément pour gouter au soleil, c’est plutôt grâce à une perspective de météo fiscale plus favorable qu‘autrefois.

Le comble dans cette affaire, c’est que beaucoup de ces niches fiscales d’entreprises sont aussi protégées par les gilets jaunes. 

https://www.atlantico.fr/decryptage/3571402/bercy–le-top-5-des-plus-grosses-niches-fiscales-d-entreprise-mais-elles-sont-intouchables-certaines-sont-meme-protegees-par-les-gilets-jaunes-jean-marc-sylvestre

27 avril 1994 : le début du naufrage de l’Afrique du Sud

samedi 27 avril 2019

27 avril 1994 : le début du naufrage de l’Afrique du Sud

En Afrique du Sud, le 27 avril 1994, il y a donc 25 ans, se tinrent  les premières élections multiraciales. Grâce à elles, l’enfer de l’apartheid allait être oublié et le paradis sur terre allait advenir puisque,  des fontaines de la démocratie non raciale allaient couler le lait et le miel. Alléluia !
Vingt-cinq ans plus tard, les illusions ont été dissipées et le pays a sombré :
– Taux de chômage officiel, 27,7% (taux officieux 40%).
– Chômage des jeunes âgés de 15 à 34 ans, 38,8% selon le  taux officiel.
– PIB en chute libre : 3,5% en 2011 ; 2,6% en 2012 ; 1,9% en 2013 ; 0,6% en 2016 ; 1,3% en 2017 et 0,8% en 2018, alors qu’il faudrait 7% durant plusieurs décennies pour simplement stabiliser la pauvreté.
– Economie entrée en récession technique depuis  2018.
– Revenu de la tranche la plus démunie de la population noire inférieur de près de 50% à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant 1994.
– Un habitant sur trois survivant  grâce aux aides sociales, le Social Grant.
– A l’exception de l’agriculture, branche encore contrôlée par les Blancs, tous les secteurs économiques sud-africains sont en recul ou en faillite, à commencer par les industries de main d’œuvre (textile, vêtement, chaussures), qui n’ont pu résister aux importations chinoises. Quant aux secteurs de la mécanique dans lesquels, avant 1994, l’Afrique du Sud produisait la majeure partie des pièces dont ses industries avaient besoin, ils sont moribonds.
– Les mines ont sombré. En raison des pertes de production et des coûts d’exploitation en hausse constants, nombre de puits secondaires ont fermé, entraînant  la  mise à pied de dizaines de milliers de mineurs. Pour maintenir la production, il aurait fallu investir des sommes colossales, mais le climat social, la corruption et l’insécurité ont découragé les investisseurs qui ont préféré faire glisser leurs activités vers des pays moins incertains.
– L’industrie minière est pénalisée par les coupures de courant à répétition car la compagnie publique Eskom, littéralement pillée par ses nouveaux dirigeants nommés par l’ANC a vécu sur l’héritage laissé par le régime blanc sans procéder aux investissements indispensables. Résultat : les mines qui représentent aujourd’hui 10% du PIB sud-africain, qui emploient 8% de la population active et qui sont le premier employeur du pays avec 500.000 emplois directs, ont  perdu plus de 300.000 emplois depuis 1994.
– La criminalité  fait de l’Afrique du Sud un des pays les plus dangereux au monde.
– L’exceptionnel maillage médical a disparu.

Face à ce désastre, regardons en arrière. En 1994, quand, après avoir menti à son peuple, le président De Klerk hissa au pouvoir un Nelson Mandela bien incapable de le conquérir par les armes, il légua à l’ANC la première économie du continent, un pays doté d’infrastructures de communication et de transport à l’égal des pays développés, un secteur financier moderne et prospère, une large indépendance énergétique, une industrie diversifiée, des capacités techniques de haut niveau et la première armée africaine.

Libérée de l’ « oppression raciale », la « nouvelle Afrique du Sud » fut immédiatement la proie du parti prédateur ANC dont les cadres, aussi incapables que corrompus, eurent comme objectif principal leur propre enrichissement. Caricature du corrompu, le président Zuma fut évincé par un coup d’Etat interne à l’ANC qui mit au pouvoir  le vice-président Cyril Ramaphosa. A cette occasion, le monde médiatique entonna son habituel péan: débarrassée du « maffieux » Zuma remplacé par le « vertueux »  Ramaphosa, l’Afrique du Sud allait pouvoir renouer avec l’héritage de  Nelson Mandela.
Or, comme je l’ai dit à l’époque, en dehors du fait qu’un Venda allait remplacer un Zulu, cette révolution de palais n’allait rien changer au pays. A un Jacob Zuma lié au gang indien Gupta, succédait en effet l’ex syndicaliste Cyril Ramaphosa qui avait trahi ses camarades mineurs en se vendant au patronat blanc. C’est en effet dans les conseils d’administration des sociétés minières au sein desquels il fut adoubé pour contrer les revendications des mineurs dont il avait été le représentant avant 1994, qu’il édifia sa colossale fortune !!!
Pris entre les pressions des milieux d’affaires pro-occidentaux dont il était la créature, et celles des tendances radicales-racialistes lourdes qui constituent le fonds de commerce de l’ANC et des partisans de Julius Malema, le nouveau président se trouva vite paralysé. Et, comme d’habitude, il utilisa l’habituel joker des politiciens de l’ANC aux abois, à savoir la dénonciation du bouc-émissaire représenté par les fermiers blancs.

25 ans après les premières élections multiraciales, et comme l’a dit avec justesse Julius Malema: « En Afrique du Sud, la situation est pire que sous l’apartheid  la seule chose qui a changé, c’est qu’un gouvernement blanc a été remplacé par un gouvernement de Noirs ».

Avec une différence cependant : avant 1994 les Noirs ne mouraient pas de faim, ils étaient gratuitement soignés et éduqués, l’électricité fonctionnait, les pénuries d’eau étaient inconnues et la police faisait son travail.
Mais, tout cela appartient au passé car, entre 1994 et 2019, l’ANC, le mouvement de Nelson Mandela, a conduit l’Afrique du Sud vers un naufrage. Selon la Banque Mondiale, et bien que réalisant ¼ du PIB de tout le continent, le pays est aujourd’hui devenu un des 5 pays « les moins performants » d’Afrique, juste devant les Comores, Madagascar, le Soudan et le Swaziland…
En 25 ans de pouvoir, l’ANC a donc ruiné un pays prospère, le transformant en un Etat du « tiers-monde » dérivant dans un océan de pénuries, de corruption, de misère sociale et de violences.
Afin de comprendre le naufrage de l’Afrique du Sud, Bernard Lugan propose un cours vidéo de 2 heures, illustré de nombreuses cartes animées, retraçant la longue histoire du pays. Le cours est divisé en 5 parties (format HD) consultables pour une durée illimitée. 
Pour visionner le cours, s’inscrire sur :

Fiascochenko et nouvelle donne (ou pas)

Fiascochenko et nouvelle donne (ou pas)

Publié le 28 Avril 2019 par Observatus geopoliticus in UkraineRussie

 

Comme prévu, l’élection présidentielle ukrainienne de la semaine dernière a accouché d’une humiliation pour le roi du chocolat, pion mis en place par l’empire atlantique après le putsch du Maïdan. Au moins, Tapiocachenko a-t-il réussi à accéder au second tour, ce qui est déjà une surprise en soi. Il n’empêche, ses 25% sont une gifle monumentale pour le gang impérial.

Les cartes électorales sont parlantes et cruelles pour le chouchou de l’Occident. Entre les deux tours, Zelensky (en vert) a récupéré le vote de tous les autres candidats, ne laissant à Poroclown (violet) que des miettes dans l’extrême-Ouest ultra-nationaliste.

1er tour :

2nd tour :

Un acteur sans expérience accède donc à la présidence, perpétuant la tragi-comédie ukrainienne débutée en février 2014. Russophone, proposant un référendum conditionnant l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN ou l’UE (entrée qui n’est de toute façon qu’hypothétique), ne promettant rien sur la Crimée ou le Donbass, Zelensky semble plus disposé à reprendre langue avec Moscou.

Cependant, il ne faut pas exagérer la portée de l’élection du comédien. D’abord parce que, comme chacun sait, il officiait sur les plateaux-télé de Kolomoiski. On se rappelle que cet oligarque s’était certes retourné contre Chocochenko dès 2015, mais que cela ne l’empêchait pas de financer certains bataillons néo-nazis férocement russophobes. Bref, un personnage bien peu recommandable dont l’ombre plane au-dessus du néo-président, même si l’on ne connaît pas tout à fait le niveau réel de leurs relations…

Ensuite parce que le nouveau venu n’a pas de plateforme politique. Il vient de créer, le mois dernier, un parti attrape-tout portant le même nom que la série télévisée dans laquelle il joue. Pas sûr que cela suffise pour gagner la Rada en octobre. Or, le baby Deep State ukrainien mis en place par Washington après le Maïdan y tient les rênes du pouvoir et s’est d’ailleurs précipité, juste après l’élection, pour passer une loi renforçant l’usage de l’ukrainien. Même le Figaro, inhabituellement objectif, voit la grossière manœuvre :

Le Parlement ukrainien a adopté ce jeudi une loi renforçant l’usage de la langue ukrainienne, au risque de crisper des populations russophones du pays au moment où le président élu Volodymyr Zelensky dit vouloir leur tendre la main.

Le but, évident : savonner la planche du nouveau président et torpiller toute possibilité de rapprochement. Cela ne vous rappelle rien ? En décembre 2016, nous décrivions le sabotage en règle de la future présidence Trump par le prix Nobel du pet,  :

Obamaboul semble décidé à laisser le déluge derrière lui. Humilié d’être totalement marginalisé dans le dossier syrien par la prise en main des trois boss (Russie, Iran, Turquie), régulièrement giflé par Poutine sur la scène internationale, mortifié par l’hilarante débandade de la présidentielle, il nous sort un pet du cerveau dont il a le secret.

La « confidence » d’un « responsable anonyme » de la CIA s’est, par la magie de l’effet boule de neige médiatique, transformée en « piratage de la démocratie » par Poutine. Ah d’accord… Comme pour le Boeing de la Malaysian Airlines au-dessus de l’Ukraine, on attend encore le moindre début de soupçon de preuve, mais le camp du Bien n’en a cure : ce qu’il dit est d’or et ne doit pas être discuté. Des preuves ? Mais voyons, que chantez-vous là, croyez-nous sur parole, le reste n’est que propagande russe

La journaloperie a embrayé au quart de tour, du moins ce matin, car le barrage de critiques des lecteurs a obligé les rédactions à mettre de l’eau dans leur vin. Un ahurissant article du Fig à rot hurlant à la « menace russe sur la démocratie américaine et européenne » (pourquoi pas jupitérienne tant qu’on y est) a disparu corps et bien pour faire place à des analyses plus honnêtes. Est également réapparu le mot « présumé » piratage.

Qu’il soit vrai ou faux – nous nous étions posé la question en juillet -, ce « hackage » est bénin en comparaison des multiples coups d’Etat, changements de régime et autres révolutions de couleur perpétrés par Washington. Comment dit-on l’hôpital se fout de la charité en anglais ?

N’ayant plus que 20 jours à tirer, Barack à frites ne s’arrête pas à ces détails. Pour torpiller encore un peu plus les relations russo-américaines et savonner la planche à son successeur, il expulse 35 diplomates russes et leur famille, et confisque deux « retraites » russes sur le territoire US. C’est sans doute ici que les perfides agents du KGB préparaient la fin du monde…

Ironisant sur la « paranoïa » d’Obama et « l’agonie anti-russe » (dixit Medvedev), Moscou l’a ensuite joué tout en finesse. Réponse de Poutine : il n’expulse personne, souhaite au président états-unien une bonne année et invite les enfants des diplomates américains à Moscou à venir fêter le Noël orthodoxe au Kremlin ! La Maison Blanche doit verdir de rage…

En ne « s’abaissant pas à faire de la diplomatie de cuisine » et en prenant une posture gandhienne, Vladimirovitch a gagné la bataille médiatique face à l’agité du bocal de Washington.

Le Deep State US semble avoir fait des petits du côté de Kiev… Moscou n’attend en réalité pas grand chosede la nouvelle équipe dirigeante dont la marge de manœuvre est réduite, du moins jusqu’aux élections législatives d’octobre. Il convient également de relever que le Kremlin la joue moins subtile qu’il y a trois ans. Dans ce qui peut être vu comme un faux pas, en tout cas une décision au timing fâcheux, Poutine a signé il y a quatre jours un décret simplifiant l’obtention de la citoyenneté russe pour les habitants du Donbass. Décision forcément très mal reçue à Kiev, y compris par le néo-président qui s’est vu obliger de riposter en promettant la citoyenneté ukrainienne aux « opposants des régimes autoritaires » (sous-entendu la Russie). Ne s’arrêtant pas en si bon chemin dans cette véritable guerre des passeports, Vladimirovitch considère maintenant carrément la possibilité de faciliter la citoyenneté russe à tout ressortissant ukrainien !

On se demande quand même pourquoi le Kremlin propose cela maintenant, plaçant Zelensky dans un embarras certain. Coup de pression à l’égard du néophyte qui, malgré le petit coup de griffe de l’ours, se déclare toujours prêt à « discuter des nouvelles conditions pour une coexistence entre l’Ukraine et la Russie » ? Aide indirecte permettant au nouveau président ukrainien de donner des gages publics de russophobie à son baby Deep State avant d’entreprendre des négociations avec Moscou ? Tout est possible, mais il n’en reste pas moins que cette décision au timing curieux paraît bien cavalière…

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/04/fiascochenko-et-nouvelle-donne-ou-pas.html

Beijing, Moscou et Washington s’accordent en secret sur l’Afghanistan

Beijing, Moscou et Washington s’accordent en secret sur l’Afghanistan

  

+

Des négociations entre les États-Unis et leurs ennemis Talibans se sont tenues au Qatar, en l’absence de représentants du gouvernement afghan. Sur pression du Pentagone, le président Trump a dû revenir sur son intention de retirer sans attendre les troupes US d’Afghanistan. Tandis que des consultations entre factions afghanes sous présidence russe se sont tenues en Russie.

En définitive, les États-Unis, la Russie et la Chine ont débuté en mars 2019 des consultations trilatérales pour ramener la paix en Afghanistan.

Selon le dernier rapport trimestriel de la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (Unama), le nombre de victimes imputables au gouvernement afghan est désormais plus élevé que celui des victimes imputables aux insurgés [1].

Après une première réunion à Washington, une seconde réunion tripartite s’est tenue à Moscou, le 25 avril 2019. Y participaient Deng Xijun (Chine), Zalmay Khalilzad (États-Unis) et Zamir Kabulov (Russie).

Entre les deux réunions, le département d’État US a débuté une réorganisation de son ambassade à Kaboul. Celle-ci abritait 1 500 collaborateurs et devrait diminuer de moitié son personnel dans les semaines qui suivent. Washington n’a pas cherché à justifier cette réduction auprès de la presse.

Le communiqué final de la réunion de Moscou [2] souligne que les trois Grands s’accordent
- à encourager les Talibans à lutter contre les organisations terroristes internationales (principalement Daesh, Al-Qaïda et le Mouvement islamique du Turkestan oriental) et contre la production de drogues.
- à participer à des négociations non seulement avec les États-Unis pour un retrait progressif des forces étrangères, mais aussi avec le gouvernement afghan.

Ces réunions tripartites sont actuellement les seules organisées sur ce format. Aucune photographie officielle n’a été diffusée.

[1Afghanistan Protection of Civilians in Armed Conflict Quarterly Report — 1 January to 31 March 2019, Unama, 24 April 2019.

[2] “Consensus on Afghan Peace Process by Russia, China and the United States”, Voltaire Network, 25 April 2019.

https://www.voltairenet.org/article206322.html

RAPPORT SUR LA GUERRE EN SYRIE – 29 AVRIL 2019: LES FORCES RUSSES ET SYRIENNES FONT PLEUVOIR LES MILITANTS D’IDLIB

RAPPORT SUR LA GUERRE EN SYRIE – 29 AVRIL 2019: LES FORCES RUSSES ET SYRIENNES FONT PLEUVOIR LES MILITANTS D’IDLIB

ISIS et Al-Qaïda ont profité de la récente rupture d’opérations antiterroristes en Syrie pour regrouper et développer leurs activités.

Au cours des deux dernières semaines, les cellules de l’Etat islamique opérant dans le désert de Homs-Deir Ezzor ont mené à bien plusieurs attaques sur des positions et des convois de l’armée arabe syrienne (SAA) et de ses alliés. Au moins deux douzaines de combattants pro-gouvernementaux ont été tués et plusieurs véhicules ont été éliminés ou capturés par des terroristes de l’Etat islamique. L’agence de presse liée à l’Etat islamique Amaq a publié une série de photos montrant les succès du groupe terroriste dans la région.

L’expansion de l’activité ISIS dans le désert de Homs-Deir Ezzor est récemment devenue un problème important pour les forces progouvernementales. Jusqu’à présent, le SAA et ses alliés n’ont pas utilisé de mesures complètes pour se débarrasser des cellules ISIS dans le désert. Si la situation reste la même, l’Etat islamique poursuivra ses attaques sur les positions et les convois de la SAA et pourrait même renforcer son influence dans cette partie de la Syrie.

Les cellules d’ISIS ont continué à planter des engins piégés et à mener des embuscades sur la rive est de l’Euphrate. Par exemple, le 27 avril, une voiture piégée a explosé près de la caserne des Forces démocratiques syriennes dans la ville de Raqqah.

Hayat Tahrir al Sham, Horas al Din, Ahrar al Sham et d’autres groupes radicaux ont également intensifié leurs opérations. Les 26 et 28 avril, des militants ont bombardé la zone contrôlée par le gouvernement dans la province de Lattakia, y compris la base aérienne de Hmeimim (Russie), à ​​l’aide de roquettes non guidées.

HTS a attaqué des positions de la SAA dans l’ouest d’Alep. Un porte-parole de HTS a affirmé que 45 soldats et officiers de la SAA avaient été tués au cours des affrontements. Ces affirmations ont été dénoncées par des sources militaires contactées par SouthFront. Selon les sources, le SAA n’a pas fait de victimes notables alors que HTS a perdu plusieurs combattants. Malgré cela, la situation dans la région reste tendue.

Les actions militantes ont déclenché une réaction féroce du SAA et des forces aérospatiales russes. La SAA a lancé un missile balistique tactique OTR-21 Tochka sur une cible non identifiée située près de la ville de Benin, dans le sud d’Idlib. Un avion russe a pilonné des positions terroristes près de Kansafra, d’Almaouzrah, d’Al Sheikh Idris, de Tell Huwash et de points proches. Des sources pro-militantes ont déclaré que ces actions constituaient une violation flagrante du régime de cessez-le-feu.

Dans l’après-midi du 28 avril, le point de passage de Tabqah, qui relie les zones contrôlées par le gouvernement aux territoires contrôlés par l’administration autonome dans le nord-est de la Syrie, a été témoin de tensions inhabituelles entre le SAA et les SDF. Selon un rapport de l’agence de presse nord, des unités du SDF tentent de creuser une tranchée profonde près du passage. Cette manœuvre non coordonnée a provoqué une réaction de la part du SAA, qui s’est dirigé vers certaines positions dans une zone vide voisine connue sous le nom de Hawrat al-Jriat.

La traversée a été fermée après cet incident. Des hélicoptères d’attaque de la coalition dirigée par les États-Unis ont été vus survolant la région. Certains médias ont exagéré l’incident en affirmant que le SAA avait fait des avances au SDF. Cependant, tous les développements se sont produits dans le no man land.

RAPPORT SUR LA GUERRE EN SYRIE – 29 AVRIL 2019: LES FORCES RUSSES ET SYRIENNES FONT PLEUVOIR LES MILITANTS D’IDLIB