ASSANGE | Hilare Hillary et autres ricanements

Hillary Clinton semble prédestinée par son prénom à accueillir chaque bonne nouvelle par un éclat de rire. En 2011, quand elle visionne la mise à mort de Khadafi par ses sbires. Il y a quelques jours lorsqu’on lui annonce qu’Assange a été trahi par ses hôtes de l’Ambassade d’Equateur et livré aux bons soins de la police britannique. Elle justifie ainsi sa satisfaction hilare : « Assange doit répondre de ses actes. Il ne s’agit pas de punir le journalisme, mais de sanctionner l’assistance qu’il a donnée au piratage d’ordinateurs militaires dans le but de nuire aux Etats-Unis ». Puisqu’elle le dit!

Dévoiler au monde entier l’ignominie et le sadisme de pilotes américains dans le ciel irakien mitraillant des civils comme des lapins ne relève donc pas du devoir du journaliste, mais constitue une atteinte à la sécurité des USA. De même les centaines de milliers de dépêches, montrant comment la secrétaire d’Etat Clinton corrompait sans remords ses homologues étrangers, pour les faire entrer dans son jeu de va-t-en-guerre sous le regard débonnaire d’Obama. Sadique aussi sa plaisanterie doublée d’un nouvel éclat de rire sardonique: « Assange est peut-être le seul étranger que l’administration de Trump aurait du plaisir à accueillir sur le sol des Etats-Unis ». Pour y être torturé et exécuté ?

Le sort du martyr emmuré depuis sept ans, sans droit de promenade, dans des conditions pires que la plus dure des prisons n’a pas mobilisé jusqu’ici les bonnes consciences occidentales, ni ému le cercle de ses confrères. On lui reconnaît certes le mérite d’avoir mis en place une gigantesque banque factuelle où les journalistes peuvent puiser abondamment, mais il plane sur lui une réputation de violeur sulfureux même après que toutes les charges portées contre lui ont été abandonnées. A croire qu’il mérite d’être gardé en quarantaine pour éviter de nuire à la profession.

Une exception : la rédactrice en chef de la chaîne Russia Today, Margarita Simonian, voit en Assange un des plus grands journalistes de notre temps, qui n’hésite pas à se sacrifier au nom de la vérité. Son équipe était la seule à tenir la garde sur les lieux pour filmer ce moment que l’histoire enregistrera comme une trahison de nos prétendues valeurs occidentales : sept baraqués en civil emmènent de force le tribun de la liberté affaibli par sept ans de captivité. Ils ont seulement oublié de le ligoter et Assange parvient encore à esquisser un ultime geste de défi.

J.-M. Bovy/Vendredi saint 19.04.2019

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