Macron veut une convention européenne pour refonder l’Europe

Macron veut une convention européenne pour refonder l’Europe

Le chef de l’État français n’est jamais à court d’idées pour l’Europe. Il souhaite mêler les idées des citoyens et des dirigeants pour remettre l’Europe à plat.

Dans une interview à 40 journaux de presse quotidienne régionale, quelques jours avant les élections européennes, le chef de l’État tente de motiver les Français à aller voter en agitant le chiffon du Rassemblement national, mardi 21 mai.

À la question « Quel doit être le chantier du nouveau Parlement européen ? », le chef de l’État répond : « une convention fondatrice européenne après les élections. Que les chefs d’État et de gouvernement, avec le nouvel exécutif et les responsables du Parlement, avec les citoyens, prennent le temps de définir la stratégie de l’Europe pour les cinq années à venir, y compris les changements de traités sur lesquels ils veulent aboutir ».

Le chef de l’État avait déjà tenté de sonder l’opinion et de faire réagir les Européens en suscitant l’opération des conventions citoyennes sur l’Europe. Un processus plus ou moins suivi dans les différents pays, et dont les résultats ont ensuite sombré dans les oubliettes.

Le sujet a d’ailleurs à peine été évoqué lors du sommet de Sibiu il y a dix jours en Roumanie, alors que les propositions pour le futur de l’UE devaient en théorie être centrales pour ce sommet.

Macron assume des «désaccords» avec l’Allemagne

Le président français Emmanuel Macron a concédé avoir des désaccords avec l’Allemagne sur un certain nombre de sujets, dont le Brexit et le commerce, et revendiqué la nécessité d’affirmer aussi « des positions françaises ».

Changer les traités, une idée toujours délicate

L’idée provocatrice de changer les traités ne risque pas d’emballer les foules, tant les chefs d’État et de gouvernement craignent de donner la parole à des électorats de plus en plus populistes pour les valider. Les urnes risquent de confirmer ce risque le 26 mai, notamment en Italie.

Au rang des sujets européens évoqués, le président français a par ailleurs souhaité également « une taxation commune du kérosène en Europe ».

Une initiative citoyenne réclame à Bruxelles une taxe sur le kérosène

L’exemption de taxe sur les carburants des avions est de plus en plus critiquée en Europe. Une initiative citoyenne européenne réclame à la Commission la mise en place d’une taxation du kérosène.

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UK au Pays des Merveilles

UK au Pays des Merveilles

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UK au Pays des Merveilles

Comme PhG, nous avions tous, plus ou moins, « tellement l’habitude d’un Royaume-Uni soigneusement plié, bridant sa sauvagerie politique et dissimulant ses appétits et ses intrigues derrière une solide charpente de vertus apparentes mais impératives, une organisation sociale et un cadre politiques semblant aussi solides qu’un roc, immuables, increvables… Et tout cela, Gone With the Wind ! » Pire encore : le chroniqueur et grand connaisseur John Laughland ne voit pas d’analogie meilleure pour illustrer la situation de son pays qu’une petite balade, au côté d’Alice-Theresa, au Pays des Merveilles de l’immortel Lewis Carroll.

Laughland, qui est étiqueté “conservateur eurosceptique” mais que nous qualifierions d’“indépendant”, – et par conséquent, naturellement eurosceptique, – est un universitaire de l’espèce rare qui échappe au formatage de cet univers académique qui est l’un des soutiens les plus efficaces du Système. Lui-même, Laughland, puisqu’“indépendant”, est naturellement antiSystème, avec une bonne connaissance et expérience des affaires européennes (il a été pendant 10 ans, – 2008-2018, – Directeur des Études de l’Institut de la Démocratie et de la Coopération à Paris).

…Il nous dépeint donc d’une plume alerte et que nous soupçonnons pas si mécontente que cela, le fantastique et fantasmagorique spectacle de la situation politique de son pays où un nombre incalculable de “pour la première fois dans l’histoire politique…” se bousculent pour les élections européennes qui ont lieu après-demain au Royaume-Uni ; étranges “élections européennes” d’un pays qui a voté son retrait de l’UE il y a quasiment trois ans et qui se débat dans un imbroglio détruisant absolument toutes les structures politiques du Système dans ce même pays, et endommageant à mesure celles de l’UE. Ainsi devrions-nous avoir au Parlement Européen comme premier  groupe britannique et pour trois mois pas plus, le parti du retrait des Britanniques de l’Union Européenne…

La crise du Brexit est un événement crisique (indeed)  important dans la Grande Crise Générale de l’Effondrement du Système. Quant au Pays des Merveilles où nous entraîne Laughland, on sait qu’il n’abrite pas que le seul Royaume-Uni, mais qu’il se pourrait bien que cette trouvaille géniale de la globalisation soit en vérité, en elle-même et à elle toute seule, le véritable Pays des Merveilles, celui du royaume des zombies qui s’est installé sur le monde en ce XXIème siècle. Nous sommes tous, enfin pour ceux qui savent encore regarder, en train d’observer cette forêt de miroirs déformants qu’est devenue la Très-Grande Civilisation Occidentale, en train de se fendiller, de se contorsionner, de se millefeuilliser et de se briser.

Allons voir avec Laughland quel miroir nous réserve monsieur Farage. (Article sur RT-France le 20 mai 2019.)

dde.org

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Theresa de l’autre côté du miroir

Le mot « surréel » n’est pas normalement associé à Theresa May, fille de pasteur anglican et l’incarnation même de cette Angleterre moyenne qui constitue la colonne vertébrale du Parti conservateur. Ce parti – qui est la formation politique la plus ancienne au monde, son existence remontant à 1834 sur le plan formel mais en réalité aux Tories qui siégeaient au Parlement déjà au XVIIe siècle – est surtout connu, comme son nom l’indique, pour son pragmatisme et pour son attachement au principe d’une évolution lente enracinée dans le réel.

Pourtant c’est bien cet adjectif qu’il faut employer pour les élections européennes qui auront lieu au Royaume-Uni ce 23 mai, et dont la tenue est le fruit de l’échec spectaculaire du Premier ministre May à faire voter son Accord de retrait de l’UE par la Chambre des communes. C’est cette même Theresa May qui s’était profilée, en 2017 lors des élections législatives anticipées qu’elle a perdues, comme celle qui allait garantir au pays un gouvernement « fort et stable ». Theresa May est en réalité le dirigeant le plus faible et le plus instable du pays depuis au moins Harold Wilson, qui présidait en 1974 l’un des gouvernements les plus éphémères de l’histoire britannique.

En réalité, Theresa May bat tous les records. Selon les derniers sondages, les Conservateurs recueilleront 9% des voix aux européennes. Ils arriveront ainsi en cinquième position, après le Parti du Brexit, les Libéraux, les Travaillistes et même les Verts. Il faut comparer ce résultat, s’il est confirmé ce 23 mai, avec les précédents «désastres» électoraux subis par ce même parti. Les pires dates gravées dans la mémoire collective des Conservateurs sont celles des législatives de 1906, 1945 et 1997 lorsque le score du parti était 43%, 36% et 30% respectivement. Aux élections européennes de 2014, le Parti conservateur sous David Cameron a recueilli 27% et aux élections municipales de 1995, sous John Major, dont le nom est synonyme de catastrophe électorale car c’est sa défaite en 1997 qui a permis aux Travaillistes sous Tony Blair de gouverner pendant 13 ans, 25%. Theresa May aura le tiers du soutien accordé à ces monuments d’impopularité. Sous la « forte et stable » Theresa May, il n’est pas impossible que le parti politique le plus ancien au monde subira le même sort que le Parti libéral qui, ayant dominé la vie politique britannique tout au long au XIXe siècle, et étant l’héritier des Whigs hégémoniques du XVIIe siècle, constitua son dernier gouvernement en 1906.

La défaite certaine du Parti conservateur est loin d’être le seul aspect nouveau de cette élection. Selon les règles normales d’un système bipartisan, c’est l’opposition qui devrait profiter de la déconfiture du gouvernement. Or, le principal parti de l’opposition, le Parti travailliste, est en troisième position, derrière le Parti du Brexit et les Libéraux-Démocrates (qui font campagne ouvertement pour l’annulation du résultat du référendum de 2016). Ce faible score est dû au fait que les Travaillistes sont aussi divisés sur le Brexit que les Conservateurs, Jeremy Corbyn, un Brexiter  in pectore  qui n’ose pas le dire, étant le reflet dans le miroir de Theresa May, un Remainer  in pectore  qui acte le Brexit à contre-cœur.

Autre fait radicalement nouveau : le parti du Brexit, qui va vraisemblablement rafler plus d’un tiers des suffrages, a été créé voici quelques semaines seulement et n’a aucune présence au sein de ce «Mère des parlements» qui, comme tout le monde voit depuis des mois, est le vrai creuset de la vie politique britannique. Il n’y a pas de précédent pour une telle nouveauté extra-parlementaire dans l’histoire britannique: paradoxalement, le parcours de l’homme du Brexit, Nigel Farage, est plutôt continental.  Il dit s’être inspiré par le succès de la jacquerie italienne des Cinq Etoiles mais, en réalité, son Blitzkrieg politico-médiatique rappelle surtout celui d’Emmanuel Macron qui, en 2017, et venu de nulle part, avait réussi en France à créer un nouveau parti de toutes pièces, basé sur sa seule personnalité, et à remporter une élection.

Cette élection est surréelle aussi du simple fait qu’elle aura lieu. Le Royaume-Uni aurait dû quitter l’Union européenne le 29 mars. Theresa May avait dit à plusieurs reprises que le pays ne contesterait pas les élections européennes. Malgré sa participation au scrutin, le pays est toujours censé quitter l’UE le 31 octobre, ce qui réduira le Parlement européen à un véritable pigeonnier – pour citer l’expression de Guy Verhofstadt, président du groupe libéral au Parlement européen – où les députés entrent et repartent comme des oiseaux rebelles. Autrement dit, les Britanniques sont appelés à voter dans une élection dont aucun parti politique majeur ne voulait, et qui va élire des députés qui vont quitter l’Assemblée européenne avant même que la nouvelle Commission commence son mandat. Ces députés britanniques au Parlement européen auront siégé pour rien.

Se rajoute à ce désordre total une incertitude totale sur l’avenir politique du pays. La semaine dernière, Theresa May, celle qui devait donner un gouvernement fort et stable au pays, a été contrainte par ses propres députés à démissionner dans les semaines qui viennent, malgré le fait que les règles internes du Parti conservateur sont censées la protéger d’une telle contrainte, dans la mesure où elle avait été réélue président du parti en décembre dernier. D’ici la fin du mois de juin, au plus tard, il y aura un nouveau premier ministre au 10 Downing Street. Le favori, c’est Boris Johnson, partisan convaincu du Brexit et opposant implacable de l’Accord de retrait négocié par Theresa May et les 27 autres pays membres de l’UE en novembre 2018. Son élection, si elle est confirmée, devrait logiquement aboutir à un Brexit sans accord en octobre, sauf que les opposants d’un no-deal feront tout pour l’empêcher à la Chambre des communes. Les incertitudes continueront donc, même avec un nouveau premier ministre, et par conséquent le Royaume-Uni aura connu une année entière pendant laquelle tout aura été possible.

Theresa May, telle Alice au Pays des Merveilles, a emmené son pays dans un univers parallèle où aucune règle normale n’est en vigueur et où la logique a cessé de fonctionner. Son action politique – ou plutôt son inaction car depuis la première défaite de son accord de retrait en janvier, elle n’a fait que revenir à la charge avec les mêmes armes et la même stratégie ratées – aura donné raison à la Reine blanche. Quand Alice lui dit qu’on ne peut pas croire des choses impossibles, elle rétorque: « J’ose dire que tu n’as pas eu beaucoup de pratique. Quand j’avais ton âge, je l’ai toujours fait pendant une demi-heure par jour. Parfois, j’ai cru jusqu’à six choses impossibles avant le petit déjeuner. »

John Laughland

http://www.dedefensa.org/article/uk-au-pays-des-merveilles

Libye : Un Pont Aérien Et Maritime Turc Pour Soutenir Les Forces De Tripoli Contre Haftar

Analysis

Libye : Un Pont Aérien Et Maritime Turc Pour Soutenir Les Forces De Tripoli Contre Haftar

Exclusif pour Strategika51 Intelligence :

La Turquie a envoyé des dizaines de véhicules blindés en renfort à Tripoli pour venir en aide au gouvernement d’entente nationale de Fayez Sarraj dans sa guerre contre le gouvernement rival de Tobrouk et les forces du maréchal Haftar.

Les premiers véhicules blindés turcs sont arrivés à Tripoli et surtout Misrata par voie maritime.

Des avions cargo militaires turcse continuent à atterrir à l’aéroport international de Tripoli et il demeure à peu près certain que des “conseillers militaires” turcs assistent les forces du gouvernement de Tripoli.

Des informations concordantes mais non confirmés font état de la présence de volontaires turcs issues de l’organisation ultranationaliste “les Loups Gris” à Ghariane (Djebel Gharbi/Nord-Ouest) où les forces de Haftar viennent de subir de très lourdes pertes en hommes et en matériel.

Les forces du maréchal Khalifa Haftar, qui ont pris la dénomination d’Armée Nationale Libyenne (ANL) ont juré d’écraser les renforts militaires turcs et de pousuivre l’opération “Al-Fath Al-Moubine” [La Conquête Éclatante] jusqu’à la “libération” de l’ensemble de la Tripolitaine.

Les forces ou plutôt les milices faiblement armées du gouvernement de Tripoli n’avaient quasiment aucune chance de l’emporter face aux forces de Haftar mais les renforts turcs semblent avoir radicalement changé la donne sur le terrain : le gouvernement de Sarraj, aux abois il y a un mois, a lancé l’opération “Burkane Al-Ghadab” ou [Volcan de la Colère], une contre-offensive destinée non seulement à repousser les forces de Haftar mais à reconquérir les champs pétrolifères du golfe de Syrte.

Ankara soutient militairement Misrata puisque ce sont les milices de ce port libre qui s’autoproclame “République de Misrata” et néanmoins allié au gouvernement d’entente de Tripoli contre les forces de Haftar et de Cyrénaïque qui a beneficié du plus grand nombre de blindés et d’armes turcs.

Des armes et des blindés legers fabriqués en Turquie sont embarqués à Samson depuis le nord de la Turquie à bord de navires arborant le pavillon moldave partant pour la Tripolitaine.

La venue de renforts militaires turcs en Tripolitaine signifie qu’un pays membre de l’OTAN (Alliance de l’Atlantique Nord) soutient activement et militairement un gouvernement contre un autre, rival, situé en Cyrénaïque soutenu par l’OTAN, les Émirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, l’Égypte, la France et la Russie.

Les relations entre Ankara et Le Caire sont franchement hostiles et extrêmement détériorées. La Turquie soutient le Qatar dans son conflit larvé avec Ryad et Abou Dhabi sur fond d’un conflit idéologique mettant aux prises les Frères Musulmans avec le Wahabisme mais également une lutte pour l’hégémonie stratégique régionale sur l’ensemble de la région MENA (Afrique du Nord et Moyen-Orient).

https://strategika51.org/archives/63041?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=libye-un-pont-aerien-et-maritime-turc-pour-soutenir-les-forces-de-tripoli-contre-haftar

La contrefaçon de marchandises et le rôle des territoires : la géographie mouvante d’un trafic illicit

Mondialisation criminelle

La contrefaçon de marchandises et le rôle des territoires : la géographie mouvante d’un trafic illicite

Par Jérémy LACHARTRE, le 19 mai 2019  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Docteur en géopolitique de l’Institut Français de Géopolitique – Paris 8. Les travaux de Jérémy Lachartre ont porté sur l’analyse des stratégies des pouvoirs publics et des entreprises en matière de lutte contre la contrefaçon de marchandises. Il est l’auteur de plusieurs articles sur ce sujet.

Parmi les aspects de la « face noire de la mondialisation », les trafics illicites transcontinentaux demeurent grâce au décloisonnement du monde, avec une ouverture des frontières favorisant les espaces de libre-échange. Le trafic de contrefaçon de marchandises profite en effet des moyens de transport modernes – notamment maritimes – et s’immisce dans le flux croissant des marchandises licites à travers le monde. Le difficile contrôle de la sous-traitance, le gigantisme des projets de développement des infrastructures logistiques et l’accroissement des zones franches testent toujours un peu plus la résilience des pouvoirs publics face aux mécanismes de la mondialisation économique. Illustré de deux cartes.

CONSIDEREE par certains comme le trafic du XXIéme siècle [1], la contrefaçon de marchandises préoccupe par son efficacité à prospérer à l’échelle planétaire. Portant atteinte aux droits de propriété intellectuelle (DPI), le commerce du faux nuit à la capacité d’innovation, met en péril des industries qui font face à une concurrence déloyale, entraînant des pertes économiques pour les entreprises et les États. Outre les enjeux économiques, les experts et les entités institutionnelles mettent en garde contre une activité liée à la criminalité organisée, qui permet de mettre sur le marché des produits de consommation courante nuisibles pour la santé des consommateurs. Jouissant des outils de la mondialisation tels que le libre-échange, l’intensification de la sous-traitance internationale, le développement des transports, le phénomène profite également de la présence des frontières politiques. Celles-ci sont utilisées par les trafiquants-contrefacteurs pour profiter des avantages de la mondialisation économique en termes de différence de coût de production ou de fluidité du commerce international selon le cadre national. Cela leur permet de contourner aussi – et surtout – les contraintes, en bénéficiant des disparités législatives entourant le DPI, des inégalités de la réponse publique face à la contrefaçon selon les États, pour produire, acheminer et écouler des contrefaçons en quantité industrielle.

En quoi le territoire peut-il être ainsi un lieu de profitabilité pour le trafic de contrefaçon de marchandises ?

Cet article propose de mettre en lumière des territoires qui expliquent la prospérité de ce trafic illicite en raison de leurs rôles dans la mondialisation économique. Il s’agit également de considérer la présence de territoires qualifiés d’ « espaces de non-contrôle » sur lesquels l’autorité de l’État (et de ses institutions) est fragilisée notamment par des conflits armés, des phénomènes de corruption, ou encore l’omniprésence d’une influence criminelle. Cet article veut ainsi apporter quelques éléments de réflexion sur une « géographie de la contrefaçon » dont les dynamiques territoriales sont liées à l’évolution de la mondialisation et aux interventions limitées des services en charge de l’application de la loi sur le territoire.

I. La mondialisation économique : une aubaine pour le trafic de contrefaçons

Parmi les nombreux outils de la mondialisation économique, l’internationalisation des entreprises et la multiplication des sous-traitants à travers le monde permettent à la contrefaçon de marchandises de se développer. La progression des échanges mondiaux de marchandises conteneurisées est également à l’avantage d’un trafic qui s’immisce allègrement dans le flux croissant des produits licites. Malgré l’explosion du Fret express et postal, l’essor du Fret aérien et la progression des transports routiers et ferroviaires, la voie maritime – premier mode de transport international de marchandises – figure encore aujourd’hui comme un des moyens d’acheminement privilégié de la contrefaçon. Dans un contexte de compétitivité entre structures portuaires, des États en faveur du commerce mondial de marchandises participent à la diffusion de biens contrefaits à l’échelle du monde.

Pays de sous-traitance et leurs évolutions : vers l’éclatement de territoires à risques en matière de contrefaçon ?

On fait ici référence à « l’accélération sans précédent de la liberté de délocalisation des firmes dans l’espace mondial [2] ». Les stratégies de délocalisation ont accentué le « risque contrefaçon » dans certains pays de production dans lesquels les législations sont faibles ou contournables en matière de Propriété intellectuelle (PI). Principal fournisseur de produits manufacturés contrefaisants à l’échelle du monde, la République populaire de Chine demeure un exemple probant. Si de nombreuses unités de production de faux subsistent sur son territoire, celles-ci suivent les tendances de la délocalisation vers ses pays voisins. L’apparition de « pays satellites » résulte effectivement des moyens anti-contrefaçons mis en place par les autorités chinoises depuis une dizaine d’années, mais aussi (et surtout ?) d’une montée des coûts de production avec notamment une augmentation des salaires en Chine, ce qui revient pour les entreprises à délocaliser les usines au Cambodge, au Bangladesh, au Vietnam, au Myanmar, à Taiwan où le prix de revient est désormais plus avantageux. Ces pays de sous-traitance sont encore peu soucieux du phénomène de contrefaçon et du respect de la propriété intellectuelle : « Actuellement au Myanmar, la protection de DPI est quasi inexistante en réalité  [3] ». D’autres pays pourraient également devenir des Etats sensibles en matière de contrefaçon sur le continent Africain. Bénéficiant d’une main d’œuvre moins chère et d’une logistique peu coûteuse, des sociétés et usines de produits manufacturés chinoises s’implantent en Éthiopie, où les autorités locales sont encore très peu sensibilisées aux infractions des DPI. L’État chinois pourrait-il ainsi ne plus devenir le principal point noir de la contrefaçon dans les prochaines décennies ? Avec une très forte demande de brevets et d’enregistrements de marques ces dernières années, la Chine compte désormais parmi les pays les mieux classés en matière d’innovation et de création de marques à l’échelle mondiale [4]. Avec l’émergence d’une classe moyenne plus exigeante, la propriété intellectuelle et sa protection tendent à devenir des sujets de plus en plus préoccupants pour les décideurs politiques chinois. Néanmoins, l’existence de l’industrie de la contrefaçon est nécessaire, car elle permet de répondre à des enjeux sociaux. L’industrie du faux permet encore de sédentariser des populations rurales dans des provinces chinoises reculées, en proie à des difficultés économiques.

L’effet pervers d’une concurrence économique interétatique et d’une rivalité entre places portuaires 

Dans un système économique globalisé, le mot d’ordre est celui de la libre circulation des biens. L’une des conséquences importantes de ce processus de massification des échanges commerciaux est la création de gigantesques lieux de convergence de la marchandise qui permettent au commerce du faux de se développer et de se fondre dans le commerce des biens licites. La concurrence mondiale du commerce de marchandises offre des territoires favorables à la fraude. Des intérêts économiques et commerciaux supplantent l’objectif de lutter contre les trafics illicites et la contrefaçon. Au sein de l’Union européenne, des États membres ont des économies qui reposent sur le commerce – notamment portuaire – et adoptent une politique orientée vers la facilitation des échanges, sur la rapidité du dédouanement. Premier en Europe, le port de Rotterdam se livre à une féroce concurrence avec ceux d’Anvers, Hambourg ou Le Havre sur la façade « Northern Range », ou encore avec le Port du Pirée en Méditerranée. De nombreux investissements ont été réalisés pour agrandir la capacité et la performance du port dans un secteur considéré comme une priorité nationale.

Le taux de contrôle théorique dans le port de Rotterdam oscille entre 0,68% et 0,79%, ce qui laisse entrevoir une efficacité relative du contrôle des marchandises et de l’interception des biens contrefaits dans les zones portuaires…

C’est dans ce contexte de concurrence que certains États sont moins enclins à vouloir faire des contrôles qui entraveraient la fluidité du trafic de marchandises : « Les douanes du Benelux et notamment celle des Pays-Bas sont souvent mises en cause par leurs partenaires européens dans leurs capacités à contrôler les flux de marchandises qui transitent par leurs ports et leurs aéroports. Le phénomène de concurrence entre le port d’Anvers et celui de Rotterdam pour la captation de parts de marché a conduit à la baisse du nombre et de l’efficacité des contrôles  [5] ». Le taux de contrôle théorique dans le port de Rotterdam oscille entre 0,68% et 0,79%, ce qui laisse entrevoir une efficacité relative du contrôle des marchandises et de l’interception des biens contrefaits dans les zones portuaires [6]. Pour ces États, il s’agit de capter des flux de marchandises malgré d’éventuelles contraintes liées aux recommandations et directives européennes [7]. Selon François Lafarge, professeur en droit public, « des États membres comme les Pays-Bas et la Belgique ont essayé et en partie réussi, à jouer sur l’environnement juridique en utilisant les marges de droit qui leur restent  [8] ». Les États membres concernés ont depuis longtemps capitalisé sur des positions géographiques privilégiées et continuent de le faire avec des investissements économiques importants. Cette concurrence entre places fortes de l’activité du commerce portuaire ne favorise pas les contrôles, et in fine la lutte contre la contrefaçon.

La contrefaçon de marchandises et le rôle des territoires : la géographie mouvante d'un trafic illicite
Carte 1. Le commerce de marchandises par voie maritime : une porte d’entrée de la contrefaçon de marchandises au sein de l’UE ?
Cliquer sur la vignette pour voir en grand format la carte « Le commerce de marchandises par voie maritime : une porte d’entrée de la contrefaçon de marchandises au sein de l’UE ? » Réalisation Jérémy Lachartre pour Diploweb.com

Fluctuation des « Shipping lignes » : des routes de la contrefaçon en constante évolution ?

Pour l’acheminement de biens contrefaits, les contrefacteurs utilisent bien volontiers un procédé lié à la conteneurisation et à l’augmentation des échanges de marchandises : « rupture de charge » ou technique de « l’acheminement indirect » [9]. Plusieurs territoires servent en effet de lieux de transit pour les marchandises avant d’être expédiées vers la destination finale. Cette technique permet de casser les routes de la contrefaçon dans l’optique de rendre opaque l’origine de la marchandise. De plus, avec l’émergence de nouveaux hubs [10], les routes du commerce de marchandises changent et celles de la contrefaçon évoluent. On pourrait ainsi traiter de la géopolitique du trafic maritime avec les lignes maritimes qui bougent selon les achats ou les rachats des compagnies d’infrastructures portuaires. La concurrence entre compagnies maritimes – sur fond de rivalités interétatiques – modifie en effet les shipping lignes dans une situation de « guerre tarifaire ». À titre d’exemple, le port de Djibouti et celui de Berbera font l’objet d’un jeu de concurrence entre les Emirats Arabes Unis (EAU) et la République Populaire de Chine pour s’emparer de la – stratégique – côte Est de l’Afrique. La première action concrète remonte à mai 2016, lorsqu’un contrat a été signé entre le géant de l’industrie portuaire Dubaï Ports World et l’Etat autoproclamé du Somaliland. Il s’agit d’investir 400 millions de dollars en trente ans pour développer le port [11]. Spécialisé dans l’export de bétails vers les pays du Golfe, le port de Berbera peut, étant donné sa position stratégique, devenir un hub et une porte d’entrée du commerce de marchandises sur cette façade maritime. L’émergence de Berbera pourrait ainsi concurrencer les infrastructures portuaires de Djibouti qui a très largement bénéficié d’investissement chinois. C’est en tout cas une volonté du Somaliland et de l’Éthiopie dans l’optique de voir une seconde porte d’entrée de la marchandise. Enjeu économique du pays, le port de Berbera – notamment sous l’emprise d’une organisation locale et clanique bien présente depuis longtemps – peut ainsi être à l’avenir une zone à risques pour le transit de la marchandise contrefaisante. En Afrique centrale, d’autres projets d’investissements sur des ports en eaux profondes (rénovation du Port d’Owendo au Gabon, projet d’investissement sur le port de Banana en RDC etc.) pourraient également jouer sur les shipping lignes, ce qui influerait sur de potentielles routes de la contrefaçon.

Ainsi les « nouveaux » pays de délocalisation sont des territoires à risques pour la contrefaçon, tout comme les pays qui – en général – mettent en avant le commerce international dans un contexte de concurrence commerciale entre entités étatiques. Reflet d’une tendance à la globalisation économique, l’essor des zones franches à travers le monde requiert également une attention bien particulière. Comme on le verra par la suite, ces territoires en faveur du commerce mondial de marchandises font partie des espaces qualifiés de « non-contrôle », participant à la prospérité du trafic de contrefaçons.

II. Des « espaces de non-contrôle », des lieux de profitabilité pour le trafic de contrefaçon ?

Peu propices à l’intervention des services en charge du contrôle des marchandises, les territoires ici nommés « espaces de non-contrôle » sont tous favorables aux trafics illicites en général, produits contrefaits compris. Ce terme englobe volontairement des territoires aux caractéristiques différentes (« zones grises », zones franches portuaires), mais ils ont un dénominateur commun : celui d’échapper – totalement ou en partie – à la compétence des acteurs publics chargés de la veille, des contrôles et de l’action répressive au niveau territorial.

Le concept des « zones grises » et « zones blanches » : l’intérêt d’une gouvernance faible (ou complice) en faveur de la contrefaçon

Mis en lumière par l’académicien Jean-Christophe Rufin au début des années 1990, le concept de « zone grise » faisait référence à des espaces géographiques qui deviennent des états de non-droit [12]. Ces espaces représentent « des régions devenues inaccessibles et hostiles à toute pénétration (…), (dans lesquelles) aucun gouvernement n’est en mesure de contrôler la situation ou de faire appliquer les règles minimales du droit [13] ». Encore aujourd’hui en proie à des discussions quant à sa réelle définition [14], cette notion concerne ici des territoires qui échappent à l’emprise (totale ou partielle) des entités étatiques et à leurs services en charge de l’application de la loi sur un espace géographiquement délimité. Ces territoires seraient notamment en prise avec une influence criminelle, permettant le développement des activités illégales et des trafics illicites en général : « Pour le crime organisé, le territoire est un lieu de production, de stockage, de transit, de distribution, bref de trafic qu’il doit impérativement contrôler et « vassaliser » afin de permettre à son activité de s’épanouir, sans être gênée par les forces de l’ordre et les concurrents potentiels. Sans un ancrage territorial fort, les organisations criminelles (ou insurrectionnelles) ne peuvent exercer leur « commerce » en toute liberté, ou presque » [15]. Ceci étant dit, une concentration des activités criminelles sur un territoire ne fait pas forcément de lui une zone grise. Les organisations criminelles ne sont pas toutes « destructrices » de l’État sur lequel elles font leurs activités. Parfois, elles ont même besoin de l’entité étatique et d’une certaine stabilité économique et politique pour développer des activités illicites, voire s’immiscer dans l’économie légale [16]. Pourtant, la présence de l’Etat et le respect du droit national (ou international) peuvent diminuer, laissant la place au délitement des autorités publiques, à l’isolement économique et juridique de la zone, avec un accroissement de la violence et des activités illégales. Dans un rapport de l’organisation Waito, certaines de ces zones grises jouent un rôle dans le trafic de contrefaçon [17]. Il en va ainsi de sous-ensembles ou d’Etats candidats à l’Union européenne. Le territoire de Herceg-Bosna [18]est cité tout comme la République Srpska [19] et le Monténégro, dans lesquels les autorités locales participeraient directement à différents trafics illicites en lien avec la sphère mafieuse. L’Albanie – également candidate à l’Union européenne – serait aussi un territoire à risques tout comme la Transnistrie, république auto-proclamée située entre la Moldavie et l’Ukraine, deux Etats officieusement candidats à l’UE mais sans en avoir le statut. Des territoires en situation de conflits armés – comme la Lybie – influent également sur le trafic [20]. L’opération « Gryphon » de l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) a permis de souligner l’importance des zones instables (Afghanistan, Ukraine et la Syrie) comme points de livraisons de cigarettes illicites (contrebande et contrefaçon). Les conteneurs arrivant sur ces territoires sont difficilement traçables, avec des contrôles douaniers « temporairement désorganisés » [21]. Les trafiquants profitent de ces territoires où la gouvernance est considérée comme faible, avec une forte présence de réseaux criminels organisés ou terroristes [22]. De même, on évoque le rôle joué de « zones blanches », celles-ci seraient des territoires stratégiques qui ne figureraient pas sur la carte [23]. Selon les chercheurs Franck Guarnieri et Eric Przyswa, ces « territoires fantômes » interviendraient dans le trafic de contrefaçon de médicaments, avec l’implication directe de l’armée chinoise ou russe. Si ces informations ne peuvent pas être complètement validées comme nous le rappelle Franck Guarnieri, ce concept est pertinent car plusieurs zones industrielles, notamment en Chine, sont considérées comme des « zones de non droit, dangereuses et difficilement accessibles ».

La face obscure des zones franches et portuaires

Les zones franches sont également des territoires défavorables aux contrôles (pertinents) de la marchandise. Outils de la mondialisation économique, ces « Free zone » sont des espaces délimités favorisant une réglementation souple, un régime fiscal allégé et un faible coût pour les opérateurs économiques. Ces zones ne bénéficient pas seulement aux activités légales et sont même devenues un véritable problème car les contrôles y sont en réalité très limités. Représentant de l’association « Business Action to stop counterfeiting and piracy » (BASCAP), Jeffrey Hardy estime que « la prolifération des zones franches s’accompagne d’une vulnérabilité accrue à toute une série de délits, commis par des criminels qui tirent profit de la surveillance plus lâche, d’un régime de contrôles douaniers plus souple et du manque de transparence qui y prévaut » [24]. Certaines de ces zones franches sont spécialisées dans la diffusion de biens contrefaits, en jouant le rôle de plaque-tournante, comme Jebel Ali à Dubaï, Tanger Med au Maroc ou Hong-Kong. Pour l’ancien coordinateur de la lutte anti-contrefaçon à l’OMD, Christophe Zimmermann, « ce qui dérange le plus ce sont les ports francs. Aucune organisation, ni administration ne peut contrôler ces zones franches. Les conteneurs peuvent entrer, être déchargés, puis rechargés avec n’importe quoi. Le « connaissement maritime » est alors changé plusieurs fois pour brouiller les pistes  ». Les contrefaçons sont ainsi importées dans ces zones franches par des cargaisons qui y sont blanchies en déguisant l’origine pour apposer la contrefaçon de marque. Les contrefaçons sont ensuite transformées et emballées comme des produits finis avant d’être exportées. À cela s’ajoute la présence d’organisations de type mafieuse installées dans les structures portuaires. La surveillance des trafics est pour le moins aléatoire du fait de phénomènes locaux de corruption. Les autorités portuaires et leurs personnels ne sont pas forcément disposés aux contrôles dans leur zone.

Des « mafias des docks » et autres « confréries » s’adonneraient à des arrangements illicites comme en France, en particulier dans le port de Marseille.

Lors de son enquête de terrain, le gendarme et docteur en Géopolitique Jean-Charles Antoine s’est confronté à des difficultés pour pénétrer les milieux des docks dans les ports européens [25]. Les opérations de chargement et déchargement des cargaisons, qu’elles soient en transit ou non, sont strictement interdites aux personnes étrangères au port. Des « mafias des docks » et autres « confréries » s’adonneraient à des arrangements illicites comme en France, en particulier dans le port de Marseille. Si peu de saisie se font dans ce port, c’est en partie à cause de « certaines organisations syndicales qui ont le monopole du recrutement des dockers, qui contrôlent le régime de travail, leurs horaires et qui assurent des prélèvements libératoires sur les marchandises, qu’elles soient vraies ou fausses pour nourrir la caisse légale ou occulte, surtout occulte de ces organisations quasi-mafieuse  [26] ». Dans ces zones portuaires, les bonnes conditions ne sont pas requises pour un contrôle efficace de la marchandise. Les conteneurs suspects ne sont pas exposés lors des interventions douanières et le travail « en toute discrétion » est quasi-impossible. Un système « de type mafieux » de la gestion de certains ports en serait la cause.

Diploweb.com : De même que la prospérité des « paradis fiscaux »-territoires de dissimulation fiscale interroge sur la volonté des Etats les plus puissants de la réduire, l’essor de la contrefaçon de marchandises questionne sur le manque de moyens alloués à la lutte contre cette forme de criminalité, notamment dans l’espace maritime. Sans parler de la criminalité financière dite « en col blanc ». Quelles sont les parts de l’ignorance, de l’incapacité et celle de la complicité ? Le moment est-il venu d’arrêter de « faire semblant  » ?

Autres « espaces de non-contrôle », les marchés considérés comme « fermés » à toutes intrusions des services de sécurité. À titre d’exemple, le marché de Sankar-Yaaré, situé dans le centre de Ouagadougou au Burkina Faso, est un lieu sensible pour le trafic de faux médicaments avec la présence de grossistes et semi-grossistes. Pour un agent de la force publique, il est difficile d’accéder ou du moins d’opérer dans certains marchés. Les services en charge du contrôle se font lyncher par les commerçants et leurs vies sont véritablement menacées. Ainsi, quelle que soit l’échelle étudiée, ces territoires aux caractéristiques parfois bien différentes contribuent au développement de la contrefaçon de marchandises.

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Carte 2. Des pays a risques pour l’Union européenne en matière de contrefaçon : des specificités territoriales favorables ?
Cliquer sur la vignette pour agrandir la carte « Des pays a risques pour l’Union européenne en matière de contrefaçon : des specificités territoriales favorables ? » Réalisation : Jérémy Lachartre pour Diploweb.com

Conclusion

Parmi les aspects de la « face noire de la mondialisation » du criminologue Xavier Raufer, les trafics illicites transcontinentaux demeurent grâce au décloisonnement du monde, avec une ouverture des frontières favorisant les espaces de libre-échange [27]. Le trafic de contrefaçon de marchandises profite en effet des moyens de transport modernes ou traditionnels et s’immisce dans le flux croissant des marchandises licites à travers le monde. Le difficile contrôle de la sous-traitance, le gigantisme des projets de développement des infrastructures logistiques et l’accroissement des zones franches testent toujours un peu plus la résilience des pouvoirs publics face aux mécanismes de la mondialisation économique. L’insuffisance des dispositifs de contrôle explique la présence de territoires propices au phénomène, dans lesquels des considérations économiques prévalent sur les enjeux sécuritaires. Par ailleurs, l’épanouissement de la contrefaçon réside dans l’inertie des pouvoirs publics à combattre les illégalités, incapables de faire appliquer les lois sur certaines zones de son territoire et ce, que ce soit volontaire ou non. Ces espaces de profitabilité, de par leurs caractéristiques, contribuent à l’essor d’un trafic dont la géographie est mouvante. Le phénomène s’adapte et évolue selon les spécificités territoriales qu’elles soient politiques, sociaux-économiques ou encore culturelles. Le fondement économique d’un pays, l’environnement politique, la fragilité de l’État de droit, les inégalités de richesse, les phénomènes de corruption, l’ancrage criminel, ou encore la vision consumériste sont autant de critères qui conditionnent géographiquement l’implantation des usines de faux, la distribution et de la vente de contrefaçon de marchandises. Opportunistes, les trafiquants savent très bien profiter des failles, et s’adaptent très rapidement aux contextes qu’ils soient locaux, nationaux ou internationaux. En insistant sur la notion de territorialité, le sujet de la contrefaçon de marchandises permet ainsi de contribuer à une réflexion plus large et conceptuelle d’une géographie de l’illégal [28].

Copyright Mai 2019-Lachartre/Diploweb.com



Bibliographie :

Cattaruzza (A.), 2012, « Zones grises », interstices durables de la carte politique ? Relecture critique d’un concept géopolitique », Risque et conflits, Bulletin de l’Association de Géographes français.

Champeyrache (C.), 2009, « Mafia et économie légale : pillage et razzia »,Hérodote, vol. 134, no. 3, pp. 125-137.

Lachartre (J.), 2018, « La contrefaçon de marchandises et ses territoires : modalités et enjeux d’une lutte contre un trafic illicite », Thèse en Géopolitique, CRAG/IFG, Université Paris 8.

Lachartre (J.), 2016, « Contrefaçons, ciblage et contrôle à l’heure de la mondialisation : « Trouver l’aiguille dans une botte de foin ». Cahiers de la Sécurité et de la Justice, Revue de l’INHESJ N°35-36.

Minassian (G.), « Zones grises. Quand les Etats perdent le contrôle  », Biblis, 2018.

Pascallon (P.) (Sous la direction), 2006, « Les zones grises dans le monde d’aujourd’hui : le non-droit gangrène-t-il la planète ? » ; L’Harmattan.

Raufer (X.), 2013, « Géopolitique de la mondialisation criminelle : La face obscure de la mondialisation », Puf.

https://www.diploweb.com/La-contrefacon-de-marchandises-et-le-role-des-territoires-la-geographie-mouvante-d-un-trafic.html

Guerre commerciale: les terres rares, « arme stratégique » de la Chine

Guerre commerciale: les terres rares, « arme stratégique » de la Chine

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  • afp,
Chargement de terres rares dans le port de Lianyungang, le 5 septembre 2010 dans l'est de la Chine/AFP/Archives

Simple visite mais lourde de symbole. En inspectant une usine de traitement de terres rares en pleine guerre commerciale avec Washington, le président chinois a subtilement laissé planer une menace: bloquer les exportations de ces métaux dont les Etats-Unis sont dépendants.

La guerre des droits de douane se double désormais d’un affrontement technologique centré sur Huawei, le géant chinois des smartphones, menacé dans son existence même par un embargo sur les puces électroniques américaines.

Mais si Pékin dépend de la technologie de l’oncle Sam, les Etats-Unis — comme le reste du monde — sont également en état de dépendance vis-à-vis de la Chine.

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Le géant asiatique produit plus de 90% des terres rares de la planète, un ensemble de 17 métaux essentiels aux technologies de pointe et que l’on retrouve dans les smartphones, les écrans plasma, les véhicules électriques mais aussi dans l’armement.

Derrière le déplacement du président Xi Jinping, massivement relayé lundi par les médias officiels, il y avait un message: « la Chine a un moyen de pression » face aux Etats-Unis, relèvent les analystes du cabinet Trivium China.

« Les terres rares sont une importante ressource stratégique », a souligné M. Xi, selon des propos rapportés mercredi par l’agence officielle Chine nouvelle.

« Ce n’est qu’en possession d’une technologie indépendante (que nous) pourrons rester invincibles », a-t-il ajouté, semblant faire le lien avec l’affaire Huawei.

La démonstration de force du président chinois « n’est pas le fruit du hasard », confirme à l’AFP le sinologue Li Mingjiang, de l’Ecole S. Rajaratnam des études internationales de Singapour.

« Il est clair qu’en ce moment, au sein du pouvoir chinois, on réfléchit à la possibilité d’utiliser l’interdiction des exportations de terres rares comme arme politique contre les Etats-Unis », ajoute-t-il. « Cela pourrait être vu comme une escalade importante » par Washington.

– « De l’huile sur le feu » –

Contrairement à ce que laisse entendre leur dénomination, les terres rares sont relativement abondantes mais leurs propriétés électromagnétiques — particulièrement recherchées dans l’industrie — en font des « métaux stratégiques ».

La Chine dispose ainsi d’un levier de pression, une « arme stratégique », selon Cyclope, un rapport annuel sur les matières premières.

Et Pékin n’hésite pas à s’en servir. En 2010, en représailles à un différend territorial, il avait brutalement interrompu ses exportations de terres rares vers le Japon.

Les entreprises de haute technologie de l’archipel, très dépendantes du voisin chinois pour leur approvisionnement, avaient été durement touchées.

Pour protéger ses ressources menacées d’épuisement, la Chine a par ailleurs instauré des quotas d’exportation. Les Etats-Unis, l’Union européenne et le Japon ont porté l’affaire devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui leur a donné raison en 2015.

Mais des quotas de production, imposés au nom de l’écologie car l’extraction de ces métaux est particulièrement polluante, sont toujours en vigueur.

« On ne peut exclure que la Chine mette le même type de pression sur les Etats-Unis en invoquant des problèmes environnementaux », estime Kokichiro Mio, spécialiste de la Chine à l’institut de recherche NLI au Japon.

« Une menace » qui ne serait pas forcément suivie d’effet, selon lui, car il est peu probable que les Chinois « veuillent mettre de l’huile sur le feu ».

– Un appétit grandissant –

De la robotique à l’informatique, en passant par l’aéronautique ou les lasers médicaux, un embargo sur les terres rares « toucherait un certain nombre d’industries stratégiques » aux Etats-Unis, précise l’analyste David Lennox, du cabinet Fat Prophets.

L’impact ne serait « pas immédiat » mais se ferait sentir sur la durée car « il n’y a pas de véritable substitut aux terres rares », explique-t-il à l’AFP.

« La Chine ne veut pas entrer frontalement en conflit avec les Etats-Unis » mais les terres rares servent à mettre « une pression psychologique », concède l’analyste politique Chen Daoyin, depuis Shanghai.

Non content d’en concentrer la production au niveau mondial, Pékin a lancé ces dernières années de nombreux projets de terres rares hors de Chine.

Cette stratégie est incarnée par le groupe Shenghe, qui exploite en coentreprise depuis le début de l’année le gisement de Kvanefjeld au Groenland, considéré comme le deuxième du monde, rappelle le rapport Cyclope.

Ce groupe est également présent dans le consortium qui a permis la reprise d’exploitation de la mine de Mountain Pass aux États-Unis, dont une grande partie est destinée à l’exportation… vers la Chine.

Signe de la vulnérabilité américaine, les terres rares, comme les médicaments, devraient être exclues des prochaines hausses de droits de douane visant la quasi totalité des produits chinois aux Etats-Unis.

https://www.la-croix.com/Economie/Guerre-commerciale-terres-rares-arme-strategique-Chine-2019-05-22-1301023672

Sauvons l’Europe !

Sauvons l’Europe !

Pour sauver l’Europe, les libéraux doivent emprunter le chemin du réalisme. Et ne pas rester silencieux le 26 mai prochain. OPINION

Par Bruno Pineau-Valencienne.

Cette Europe technocratique et impuissante n’a plus d’avenir mais est-ce une raison suffisante pour laisser brûler « la maison commune » ? Voulons-nous revivre le pitoyable spectacle du Brexit avec le risque d’éclatement et la relégation de notre continent ? Certes pas ! Alors n’abandonnons pas l’Europe, refondons là !

En 2016 Bruno Le Maire avait avancé l’idée d’un référendum positif, la démarche inverse de cette consultation populaire organisée au Royaume-Uni en juin 2016, dont l’objectif consisterait à redonner la parole aux peuples européens, non pas pour valider leur présence au sein de l’Union, la question ayant déjà été tranchée mais plutôt pour leur permettre de se ré-approprier un nouveau projet fondateur.

REPENSER L’EUROPE EST UNE URGENCE

Dans cet esprit, rouvrons sans tarder le débat pour proposer un nouveau traité garantissant des frontières stables tout en redéfinissant les règles de Schengen, la mise en place d’une politique commune contre les réseaux de passeurs, une coordination renforcée du renseignement européen et de la police, ou le renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l’Union européenne. En matière de défense donnons-nous également les moyens d’intervenir sur les théâtres d’opérations en nous dotant d’une véritable force de projection européenne tout en mutualisant le risque et en partageant la facture militaire dans un contexte géopolitique en pleine ébullition avec à l’est un Poutine imprévisible et au sud une menace terroriste qui se superpose à une crise migratoire gravissime et incontrôlée.

En parallèle, puissions-nous trouver dans cette Europe le véritable catalyseur qui nous obligera à entreprendre chez nous, Français, les réformes nécessaires telles que la diminution des déficits, la refonte du marché du travail et des retraites afin de remédier à notre décrochage économiquepour qu’enfin nous respections nos engagements. Pour gagner la confiance de nos partenaires, proposons un nouveau cadre fiscal attractif favorisant la liberté économique, la création d’une vaste zone de libre-échange et un entrepreneuriat européen imaginatif et puissant.

La France dispose également de nombreux atouts pour reprendre la main sur la transition énergétique face à une Allemagne sur le déclin qui a connu un échec retentissant avec ses usines au charbon. Capitalisons sur notre savoir-faire en promouvant le nucléaire qui fait partie des énergies renouvelables puisque décarboné.

Sur le plan fiscal osons revoir la règle des 3 % de déficit. Un bon budget n’a jamais été un budget à 3 % de déficit… un bon budget c’est d’abord un budget en équilibre !
Mettons fin à la comitologie en revoyant les règles de fonctionnement de la Commission européenne dans le but de rééquilibrer les pouvoirs en favorisant au contraire le rôle du conseil européen composé essentiellement des chefs d’État qui sont eux élus démocratiquement par leur peuple dans le but de faire émerger une véritable capacité d’action et de décision efficace et légitime, en somme un vrai pouvoir exécutif.

UNE EUROPE POUR LES LIBÉRAUX ?

En 2017, une grande majorité de libéraux avait rejoint François Fillon mais aujourd’hui les temps ont changé… Quelles alternatives s’offrent donc à nous dans un scrutin qui n’a rien de comparable à l’élection présidentielle même si les débats de politique intérieure ont relégué les enjeux européens au second plan ? La droite française aphone n’a pas de programme fédérateur et encore moins sur l’Europe, aucun chef, du jamais vu sous la Cinquième République. Pire encore, des députés LR préfèrent s’allier à nos adversaires les plus tenaces, emboîtant le pas à l’extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon et au PS au sein d’un front anti-Macron comme nous avons pu le constater lors de leur conférence de presse conjointe contre le projet de privatisation d’ADP. L’ opposition à l’unisson réédite le programme commun, une première au Palais Bourbon !

Et que dire de ses chefs, de Jean-Luc Melenchon à Marine Le Pen en passant par Nicolas Dupont-Aignan ou Laurent Wauquiez, lesquels ont été d’une complaisance inouïe dans la crise des Gilets jaunes comme fascinés par la violence des casseurs. En soufflant sur les braises, ils ont instrumentalisé le chaos, s’imaginant peut-être que celui-ci leur ouvrirait plus facilement les portes du pouvoir. En enfilant le Gilet de la honte ils ont été complices de ce viol collectif de la démocratie, prêts à tout marchander jusqu’à jeter aux orties les valeurs et les principes qui ont fondé nos libertés publiques.

Certes, Emmanuel Macron a commis des erreurs, se montrant tantôt hésitant ou faisant preuve d’un manque d’autorité mais l’homme a également beaucoup appris, synthétisé et mûri pour, espérons-le, mieux rebondir et fixer un nouveau cap. Le contexte international lui offre en tout cas une formidable fenêtre d’opportunité pour prendre le leadership de l’Europe alors que Merkel et May contestées au sein même de leur propre majorité s’apprêtent à abandonner le pouvoir dans la tourmente.

Fort de ce constat et en l’absence d’un sauveur ne vaut-il pas mieux tenter de soutenir un Président réformiste pro-entreprise, le plus libéral que nous ayons eu depuis Pompidou, à égalité avec Valéry Giscard d’Estaing, en essayant d’influer sur sa politique plutôt que s’engager dans un choc frontal stérile dont la France en sortira à coup sûr perdante ?

Nonobstant des sondages en berne Emmanuel Macron sera réélu en 2022, c’est une quasi-certitude si l’intéressé décide de se représenter.

Plus les réformateurs seront nombreux à l’entourer et plus nous maximiserons nos chances de faire progresser nos idées libérales. C’est en tout cas le pari que j’ai décidé d’entreprendre en soutenant le programme pro-européen de la liste Renaissance, le plus abouti, le mieux structuré bien que la taxe carbone sur les produits importés et le transport aérien, l’instauration d’un salaire minimum, ou la taxe sur les géants du numérique en Europe nous laissent dubitatifs. C’est bien connu, dans certains cas il faut savoir choisir ses batailles. « Choose your battles » ! En revanche, rester dans le silence ou l’abstention le 26 mai prochain c’est être dans le déni en faisant le jeu des extrêmes, des jaunâtres, des jacobins et autres souverainistes, ces perdants à répétition qui vocifèrent et nous promettent un champ de ruines. Face à la montée des périls, l’Europe mérite tout de même de livrer pour elle l’ultime bataille !

https://www.contrepoints.org/2019/05/20/344749-sauvons-leurope

Top chef : Finis les petits arrangements à l’européenne. Les neuf critères de sélection d’Emmanuel Macron

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l’université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 – Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l’IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

Top chef : Finis les petits arrangements à l’européenne. Les neuf critères de sélection d’Emmanuel Macron

PALESTINE : QUAND LA JUSTICE FRANCAISE CAUTIONNE LA CENSURE DU CRIF…

Observatoire Géostratégique

numéro 231 / 20 mai 2019

PALESTINE : QUAND LA JUSTICE FRANCAISE CAUTIONNE LA CENSURE DU CRIF…

Le ministère français de la Justice a dépensé beaucoup d’argent pour doter Paris d’un tribunal moderne. C’est tant mieux. Reste à trouver des sous pour rénover les prisons, mais là, les crédits restent à l’ombre. Il serait bien aussi, et le poste n’est pas onéreux, que la place Vendôme dote son administration d’un service médical efficace. En effet, le vendredi 17 mai, alors qu’elle tenait l’estrade de la XVIIème Chambre correctionnelle, la présidente n’a cessé de bailler, ce qui nous inquiète ; car sûrement maladif.

Il faut dire, en cet après-midi, que l’os que devait gober la bailleuse n’était pas mince. La Thémis justice devait trancher entre le CRIF et Médecins Sans Frontières (MSF). Un cas de figure que tout magistrat, même jeune issu de l’école de Bordeaux, sait qu’il y a des coups à recevoir. Mais pourquoi donc, en un combat incertain, se retrouvaient au prétoire un groupe communautariste et religieux, baptisé CRIF, et une ONG qui veut sauver la misère du monde ?

Début décembre 2015, MSF organise à la « Maison des Métallos » à Paris une exposition qui veut recréer l’image et l’ambiance d’une rue palestinienne. Le décor est issu de photos, de vidéos et d’une bande son, le tout enregistré sur place. L’entrée de la rue est encadrée par un portique, emprunté à Naplouse, et qui soutien de courts textes en arabe et les portraits de jeunes hommes morts dans leur engagement pour la libération de la Palestine. Il y a quelques mois Anne Hidalgo avait affligé la capitale d’un « Tel Aviv sur Seine », là, modeste et dans son coin Métallo, nous avions une ruelle de Palestine. Une exposition capable de transmettre au visiteur la dureté qu’il y a à survivre dans une terre occupée.

Mais le CRIF, comme Netanyahou et son gang, a depuis longtemps rayé le mot Palestine de son lexique. On ne parle plus que « Judée et Samarie », un royaume inspiré de la Bible qui, pour ceux-là, est un livre d’histoire plus crédible que les ouvrages de Shlomo Sand. Roger Cukierman, alors président du CRIF en 2015, écrit donc à MSF pour se plaindre de cette exposition, celle montrant une injustice centenaire, et qui pourrait convaincre qu’il y a des naufragés là-bas. Survivants des décombres de notre histoire occidentale, et qui pourrissent, en morts vivants. Outre une lettre au responsable de MSF, Cukierman écrit bien sûr à Anne Hidalgo, elle-même se rêvant en membre du CRIF : « Stoppons cette exposition infâme ».

Rendant son indignation publique, le CRIF publie des propos de son président sur son site Internet. On apprend alors que « Cette exposition est une incitation à la haine et une apologie du terrorisme ». Pas rien ! Pas grave pour la vérité, elle rompue au viol, mais grave pour MSF, ONG Prix Nobel de la Paix, association d’entraide médicale partout dans le monde où personne ne veut, ou ne peut aller.

Mais où le « choqué » Cukierman a-t-il lu une telle intention dans l’expo des « french doctors » ? Dans le portique. L’arc de triomphe, qui est celui de la mort, et qui porte des photos de martyrs et un sigle, celui du FPLP. Vous ne suivez pas ? Dans la tête du président du CRIF, un martyr est forcément un kamikaze qui s’est fait exploser au sein d’une crèche, forcément. Et le FPLP, Cukierman le carillonne, est « reconnu comme organisation terroriste par l’Union Européenne ». Voilà donc pourquoi, en donnant aux visiteurs la réalité d’une rue de Palestine, MSF s’est rendue complice : « d’incitation à la haine et d’apologie du terrorisme ». Je sais qu’à froid, pour un lecteur non entraîné aux loopings du CRIF, c’est difficile à comprendre. Choquée elle aussi, l’ONG dépose une plainte contre la Cukierman. Et c’était le débat qui se tenait devant la XVIIème sous la bouche bée de la présidente.

Ce n’est pas la première fois que le CRIF, par la menace, tente d’interrompre une exposition parisienne évoquant la Palestine. Déjà en 2013, alors que le musée du Jeu de Paume affichait les magnifiques photos d’Ahlma Shibli, une artiste ayant exposé partout dans l’univers et sans difficulté, le CRIF avait sonné la charge. Et d’aucun l’avait pris au mot puisque le musée a été contraint d’engager des gorilles et d’affronter une alerte à la bombe.

Dans la nouvelle XVIIème Chambre, aux allures de funérarium, les quelques spectateurs ont vite compris que le sort de MSF était scellé d’entrée et le CRIF vainqueur. Un CRIF dont on se demande pourquoi il a fait les frais d’un avocat puisque les assesseurs de la dame présidente – se désaltérant souvent dans gourde verte -, on fait un sacré boulot : les témoins de MSF ont été passés aux questions.

De tout ce moment de chaos, assez triste, cette justice qui comme les orchestres aime les exécutions capitales, il a été possible d’entendre des choses surprenantes. Heureusement que le malheureux Montfort, président historique de la XVIIème, n’était pas là pour enregistrer le niveau zéro des débats. « Alors martyrs qu’est ce ça veut dire… gnagnagna ? ». « Alors le FPLP classé terroriste par l’Europe ? Ça vous dit quoi ?  Des très méchants, non ? ».

Majed Nehmé (directeur d’Afrique-Asie), témoin dans le débat, et pris là comme dans une séquence de la Caméra Invisible n’en croyait pas ces yeux : « Martyr, c’est aussi un mot des chrétiens, je crois. A Beyrouth la place de Martyrs ne commémore-t-elle pas la résistance contre l’empire Ottoman. C’est ainsi. Dans cette région du monde quand un être perd la vie dans un combat contre l’oppresseur, même un bébé tué par une bombe, c’est un martyr ».

Déchiffrant les slogans du portique terroriste, Majed Nehmé y lit une sourate et l’identité d’un combattant qui n’a rien d’un kamikaze mais tout d’un garçon exécuté chez lui de 72 balles par l’armée israélienne. A propos du FPLP, notre expert aurait pu ajouter que la DST allemande n’a rien vu d’interdit à ce qu’un militant de ce parti palestinien se porte candidat au Bundestag !

Cette vérité il fallait la noyer. Elle l’a été dans un incroyable bain au cours duquel, pour vous indiquer le niveau, le cheikh Qaradawi, ce dingo égyptien qui prêche sur Al Jazeera depuis Doha, était « le chef, le donneur d’ordres, de la révolte palestinienne ». Tandis qu’à quatre pattes sous les bancs nous cherchions à savoir si des terroristes palestiniens ne s’étaient pas introduits dans le prétoire.

Après cet enfilage de sottises, que pouvait faire William Bourdon, l’avocat de MSF qui se retrouvait cloué au mur « terroriste, apologiste et haineux » ? Ce qu’il pouvait et c’était beaucoup. Remettant la folie du jour et le débat sur le chemin de la liberté, il a tenté de convaincre que ne pas condamner la CRIF en diffamation, c’était dire oui à la censure, oui à l’interdiction de toute exposition œuvre, propos qui défrise le CRIF. Drôle de dérive que celle de cette association communautaire née dans le meilleur de la Résistance, celle de la MOI, pour finir comme bras armé de Netanyahou. Et Bourdon a rappelé – avec beaucoup de courage – que « le CRIF d’aujourd’hui ne représentait pas tous les juifs de France, mais les plus réactionnaires ».

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Cause toujours, argumente avec du cœur et de l’intelligence, de l’histoire… Ici on s’en fout. La substitute de procureur, qui n’a pas posé une question pendant huit heures, mais beaucoup tapé sur son ordinateur (des dix doigts) durant l’audience, se lève. Même si l’éloquence n’est pas sa discipline, on comprend que le CRIF a gagné : qualifier MSF « d’incitation à la haine et d’apologie du terrorisme n’a rien de diffamatoire ». Justice est faite !

Etienne Pellot
20 mai 2019

PALESTINE : QUAND LA JUSTICE FRANCAISE CAUTIONNE LA CENSURE DU CRIF…

LES ETATS-UNIS ET L’OTAN POUSSENT À LA MILITARISATION DE L’EUROPE DE L’EST

LES ETATS-UNIS ET L’OTAN POUSSENT À LA MILITARISATION DE L’EUROPE DE L’EST

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Les tensions entre l’OTAN et la Russie s’accentuent, notamment entre les États-Unis et la Russie. Les deux côtés s’accusent mutuellement de se renforcer militairement. L’INF échoue, les deux parties accusant l’autre de ne pas s’y conformer depuis le début.

Du côté de l’OTAN, elle ne fait que donner suite à sa présence avancée renforcée (eFP), qui visait à dissuader l’agression, à ce point mythique, de la Russie. Alors que Moscou maintient qu’il est obligé de rassembler des forces, en réponse aux Etats-Unis et Cie.

Le 19 novembre, l’OTAN a adopté une résolution intitulée «Renforcer la dissuasion de l’OTAN à l’est». Cette résolution est due à la reconnaissance par l’OTAN du fait que «les territoires et les populations de l’OTAN font face à d’importantes menaces classiques et hybrides, notamment à l’est».

À savoir, certaines des menaces mentionnées sont:

  1. Consciente du fait que les relations entre l’OTAN et la Russie sont au plus bas depuis la fin de la guerre froide, compte tenu de l’agression militaire de grande ampleur commise par la Russie contre la Géorgie en 2008;
  2. Alarmée par les comportements de plus en plus agressifs et irresponsables de la Russie sous la forme de cyber-attaques, l’usage de la force contre ses voisins, l’utilisation illégale d’agents neurotoxiques pour la tentative de meurtre sur le territoire allié, ainsi que la sournoiserie insidieuse des institutions démocratiques et principes par le biais de son utilisation des campagnes d’ingérence électorale et de désinformation;
  3. Reconnaissant que le changement de doctrine de la Russie de 2010 à 2014 a réaffirmé que l’OTAN était son concurrent de facto et qu’elle considérait ses activités en Europe centrale et orientale comme des menaces directes aux intérêts nationaux russes;
  4. Préoccupé par le déploiement par la Russie de systèmes modernes anti-accès / refus de zone (A2 / AD) le long du flanc est de l’OTAN, qui pourraient entraver la liberté de circulation de l’Alliance;

À cette fin, le PAE en Pologne et dans les pays baltes est plus important que jamais pour protéger le flanc est de l’OTAN des exemples d’agression russe, dont la plupart, sinon tous, ne sont étayés par aucune preuve.

La Géorgie est félicitée pour son engagement dans les discussions stratégiques avec l’OTAN et ses efforts pour renforcer la sécurité dans la mer Noire.

Au moins, l’OTAN reconnaît que la nécessité du programme eFP tient à son expansion à l’est , mais uniquement parce que l’Europe de l’Est et les pays baltes sont encore relativement nouveaux dans le discours de «l’agression russe» et qu’ils doivent simplement «améliorer» leur infrastructure pour pour un déploiement rapide de troupes:

« Reconnaître que l’élargissement de l’OTAN vers l’est a nécessité des améliorations stratégiques, en particulier en ce qui concerne les infrastructures obsolètes et les réglementations bureaucratiques, ce qui pourrait retarder le mouvement rapide des troupes et des fournitures. »

Un grand nombre de ces problèmes découlent également du couloir Suwalki, entre Kaliningrad et la Biélorussie, qui pourrait constituer un point d’étranglement entre les pays baltes et le reste de l’OTAN.

En outre, le comité de coordination des transports de l’UE a été félicité pour son investissement de 1,9 milliard d’euros dans les infrastructures stratégiques en Europe de l’Est et pour d’autres améliorations majeures. En conséquence, l’impulsion doit maintenant être donnée à l’OTAN et à l’UE qui travaillent ensemble pour réaliser l’objectif commun qui est de pouvoir déplacer les forces de l’OTAN (des États membres de l’UE et des pays non membres de l’UE) à travers l’Europe le plus rapidement possible.

Parce que le déploiement rapide des troupes et l’absence de formalités administratives sont la raison même de la dissuasion.

L’exercice Trident Juncture 2018 a été salué parce que la simulation d’invasion de la Norvège par la Russie offrait une chance à la Force opérationnelle interarmées à disponibilité très élevée (VJTF) de se former.

Trident Juncture 2018 a rassemblé environ 50 000 participants de l’OTAN et des pays partenaires, environ 250 aéronefs, 65 navires et jusqu’à 10 000 véhicules. Elle s’est déroulée du 25 octobre au 7 novembre 2018.

« Trident Juncture montrera au monde que l’OTAN est pertinente, unie et prête à se défendre dans le scénario de l’Article 5, mettant à l’épreuve notre défense collective », a déclaré l’amiral James G. Foggo, commandant du commandement de la force interarmées alliée à Naples. L’article 5 est un pays allié en train d’être envahi et la Norvège est idéalement enneigée, à l’instar d’une grande partie de la Russie.

La formation a également permis à l’OTAN de retourner à sa mission principale.

«L’OTAN doit organiser des exercices à grande échelle. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons tester tous les niveaux de l’alliance: des troupes sur le terrain jusqu’à un niveau stratégique », déclare le général Denis Mercier, commandant suprême de la transformation alliée (SACT) à l’OTAN.

«L’OTAN a besoin d’une formation réaliste permettant de combiner des opérations aériennes, navales et terrestres. En Norvège, nous avons tout. C’est l’un des meilleurs endroits pour s’entraîner en Europe », a déclaré Mercier. «Le climat froid présente également des défis supplémentaires pour les soldats, qui affinent leurs compétences.»

En outre, la résolution «Renforcer la dissuasion de l’OTAN à l’Est» appelle à une militarisation encore plus poussée de l’Europe de l’Est.

«Continuer à assurer la pérennité et la disponibilité de la présence renforcée de l’OTAN dans les États baltes et en Pologne, ainsi que de la région de la mer Noire, de la force de frappe au feu, et de la force de réaction renforcée de l’OTAN»,

Et

« S’assurer que l’Alliance dispose des moyens nécessaires pour renforcer les Alliés dans un environnement A2 / AD, éventuellement via l’acquisition d’appareils de combat perfectionnés, de systèmes de brouillage et de systèmes de missiles de précision à longue portée. »

Immédiatement après la fin de Trident Juncture, du 7 au 16 novembre, la Pologne et les États baltes ont organisé leur plus grand exercice militaire de l’OTAN, « Anakonda ».

  • Environ 17 500 soldats de 10 États membres de l’OTAN ont participé aux exercices militaires. Parmi eux, 12 500 étaient des soldats polonais. Les 5 000 autres venaient de divers membres de l’OTAN en Estonie, en Lituanie et en Lettonie.
  • Les exercices comprenaient des manœuvres navales dans la mer Baltique.

Globalement, en 2018, l’OTAN a mené 103 exercices, dont 51 ouverts à des partenaires. En 2019, un total de 102 sont prévus, dont 39 seulement sont ouverts aux pays partenaires.

Les exercices dirigés par l’OTAN et les alliés en 2019 comprennent environ 25 exercices principalement axés sur le domaine terrestre, 27 exercices axés sur le domaine aérien et 12 exercices principalement axés sur les opérations maritimes. De nombreux autres exercices entraînent des fonctions ou des compétences spécifiques telles que la cyberdéfense, la prise de décision en cas de crise, la défense nucléaire chimique, biologique et radiologique, la logistique, les communications et le médical.

La plupart des exercices «clés» ont lieu dans les pays suivants: mer Noire, Géorgie, Estonie, États baltes, Pologne et Norvège. Un seul aura lieu en Bulgarie et en Roumanie, ainsi qu’en Hongrie.

Fait à noter, l’exercice de «Cyber ​​Coalition» se concentrera sur la cyberdéfense et se déroulera en Estonie, qui a déclaré à plusieurs reprises avoir des preuves d’activités de piratage en Russie, mais n’en a encore fourni aucune.

La militarisation de la région devient encore plus évidente en se concentrant sur certains pays situés à la frontière russe.

Lettonie

Le 8 mars, le ministère de la Défense letton a annoncé que le pays, avec l’Estonie et le Danemark, avait ouvert le quartier général de la division nord de l’OTAN à Adazi, près de Riga.

La Division du Nord aura pour tâche principale de gérer les opérations militaires dans sa zone de responsabilité. Le nouveau quartier général commencera à planifier et à gérer les opérations militaires, ainsi qu’à planifier et à intégrer les activités des unités de l’OTAN afin de renforcer la sécurité de la région et d’organiser des entraînements conformes aux plans de défense de l’alliance.

Il doit être accepté dans la structure de l’OTAN en juin 2019.

Le 8 février , 13 hélicoptères UH-60 et HH-60 Black Hawk sont arrivés en Lettonie, ainsi que 150 soldats du 3e bataillon de la 1re Brigade d’aviation de combat pour soutenir l’armée lettone.

Cela faisait partie de l’opération Atlantic Resolve, qui est décrite comme une démonstration de l’engagement des États-Unis envers la sécurité collective dans la région.

Au 31 mars, environ 1 400 soldats de l’OTAN étaient stationnés en Lettonie.

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En avril, le service de sécurité de la Lettonie, le Bureau de la protection de la constitution (SAB), a publié son bilan public annuel de ses activités en 2018.

Une grande partie du rapport se concentre sur la situation intérieure de la Russie et les conséquences de la politique du Kremlin sur la Lettonie ne sont présentes qu’après le point médian du document.

«Les actions contre la Lettonie sont menées par des services spéciaux de plusieurs pays. Les activités agressives des services de renseignement et de sécurité russes constituent une grave menace pour la sécurité collective de l’OTAN et de l’UE, ainsi que pour la sécurité nationale de la Lettonie, tandis que les activités menées par des services spéciaux d’autres pays au cours de l’année écoulée sont considérées comme modérées et sérieuses. ne pas avoir directement menacé la sécurité nationale de la Lettonie. Les activités des services spéciaux russes contre la Lettonie entrent dans le cadre de leurs activités générales contre l’Occident », a déclaré le rapport du Conseil consultatif, en s’appuyant sur les principaux médias.

«En octobre 2018, les médias ont annoncé que Roman Tatarka, un employé de l’ambassade de Russie à Riga, fréquentait la même académie militaire qu’Anatoly Chepiga, impliqué dans l’empoisonnement de Sergei Skripal. Tatarka a été rappelé de Lettonie au début de 2019 », explique SAB.

«SAB a prédit le fort intérêt de la Russie pour les élections législatives de 2018 en Lettonie. Aucune campagne ciblée influant sur les résultats des élections n’a été observée », a-t-il ajouté, ajoutant que les services russes« utilisaient principalement des sources ouvertes pour collecter des informations sur les élections et le processus de formation du gouvernement qui a suivi ».

En termes de cybersécurité, la Lettonie est particulièrement menacée par la Russie, indique le rapport, mais donne peu de détails ou de chiffres.

«Selon les informations dont dispose le SAB, des attaques informatiques contre la Lettonie ont été perpétrées par GU et FSB au cours des dernières années. Les attentats sont liés à l’espionnage et, dans la plupart des cas, sont dirigés contre des institutions gouvernementales ou des responsables individuels travaillant dans les domaines des affaires intérieures, des affaires étrangères et de la défense. ”

À peu près au même moment , la Rand Corporation, un groupe de réflexion basé aux États-Unis et parrainé par le gouvernement, a également donné des indications à la Lettonie et à d’autres États baltes pour leur permettre de mieux lutter contre la Russie.

Le rapport indique: « Ces trois pays sont vulnérables aux attaques à basse altitude, hybrides et à grande échelle menées par les opérations spéciales russes et les forces militaires régulières déployées près de leurs frontières », et soulignant le « déséquilibre existant entre les forces russes et conventionnelles déployées de l’OTAN ». dans la région baltique. « 

Il se concentre principalement sur la défense totale et la guerre non conventionnelle.

«Les capacités de la TD et de l’UW pourraient retarder et perturber l’agression militaire russe contre les États baltes et rendre l’occupation d’un État balte très coûteuse pour les forces d’invasion, renforçant ainsi la dissuasion. Ces techniques et ces forces pourraient également soutenir une campagne de libération de l’OTAN et faciliter la transition vers une paix durable après la fin des opérations militaires en soutenant les activités de stabilisation, de démobilisation et de reconstruction », conclut le rapport.

Lituanie

En Lituanie, 1055 soldats de l’OTAN sont déployés dans le pays.

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Le bataillon de l’OTAN en Lituanie comprend un quartier général et une compagnie de quartier général, une compagnie de soutien logistique, trois à quatre compagnies de combat et différentes unités de soutien au combat. Des renforts au bataillon de présence avancée de l’OTAN seront déployés si nécessaire, c’est-à-dire lors de la tenue d’exercices ou en cas de menace.

Il est basé à Rukla.

Depuis le sommet de l’OTAN à Varsovie en juin 2016 , environ 8 000 soldats alliés de neuf alliés de l’OTAN ont servi dans l’unité à tour de rôle.

En février , l’ Allemagne s’est engagée à investir plus de 110 millions d’euros d’ici 2021 pour améliorer les bases militaires en Lituanie.

«Nous voulons préciser que la Lituanie n’est pas seule et ne restera jamais seule. Il ne devra plus jamais sacrifier sa liberté et son indépendance », a déclaré à la presse Ursula von der Leyen lors d’une visite aux forces allemandes.

« Nous resterons ici avec la Bundeswehr (forces armées allemandes) aussi longtemps que nous aurons besoin de nous et tant que la situation de sécurité le nécessitera. »

La Lituanie se sent très menacée par les complexes de missiles russes Iskander situés à Kaliningrad, en Russie, juste de l’autre côté de sa frontière.

Mais Vilnius affirme que ce n’est rien de nouveau et simplement, rien d’extraordinaire.

Le ministre lituanien de la Défense, Raimundas Karoblis, a souligné « nous sommes [déjà] visés par des armes nucléaires tactiques d’une portée maximale de 500 km », faisant référence aux Iskanders. « Donc pour nous, la situation n’est pas nouvelle du tout », a-t-il ajouté.

Le Conseil atlantique financé par l’OTAN a également affirmé que certains diplomates européens souhaitaient même davantage d’armes nucléaires placées en Europe par les États-Unis afin de garantir la sécurité.

«Certains gouvernements européens aimeraient entendre exactement le contraire: que l’Occident ne recule devant rien pour combattre l’agression russe, y compris en combattant le système de missiles 9M729 anti-INF de Moscou avec plus d’armes nucléaires sur le territoire européen. Des diplomates baltes ont déclaré en privé qu’ils estimaient qu’écarter un tel déploiement était une erreur stratégique. « 

Récemment, à partir du 17 avril , le groupement tactique de l’OTAN a commencé l’exercice Eager Leopard à Pabrade.L’exercice a mobilisé près de 650 soldats et consistait en trois séquences d’entraînement de 36 heures, mettant à l’épreuve des tactiques offensives et défensives.

«Cet exercice est l’occasion idéale pour les entreprises allemandes, néerlandaises et tchèques d’accroître leur préparation et leurs capacités. Ceci est particulièrement important pour préparer l’exercice d’entraînement sur le terrain de niveau 3 Iron Wolf, que nous organiserons avec nos partenaires lituaniens en juin », a déclaré le lieutenant-colonel Peer Papenbroock, commandant du groupement tactique en Lituanie.

Estonie

L’Estonie abrite un contingent de 1 073 soldats de l’OTAN, originaires pour la plupart du Royaume-Uni.

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En avril 2018 , le président estonien Kersti Kaljulaid a appelé à l’installation de missiles Patriot américains et à l’envoi de troupes supplémentaires en Estonie.

«Nous voulons nous assurer que le territoire et les soldats de l’OTAN sont bien protégés», a-t-elle déclaré. «Nous devons nous assurer qu’il existe une défense aérienne et un appui aérien pour ces forces, le cas échéant. Nous avons besoin que notre dissuasion soit crédible. « 

Dans nos relations, nous avons dépassé le stade où vous venez à Washington avec un sac vide, puis un sac rempli de choses », a-t-elle déclaré. « Il y a un débat permanent entre les gouvernements des deux pays. »

Selon le président estonien, les pays occidentaux ont payé pour leurs erreurs lorsqu’elles traitent avec la Russie et qu’elles ne devraient pas être répétées, soulignant la question de la Géorgie en 2008 et la Crimée.

«Nous assumons une partie de la responsabilité de la situation actuelle», a-t-elle déclaré. «Cela commence en 2008 en Géorgie. Notre réaction à l’occupation partielle de la Géorgie a été faible et la situation a été rétablie assez rapidement.

«Cela fait partie de la raison pour laquelle la Crimée est arrivée, la Russie a mal interprété ce qui va se passer, ce qui va devenir une réaction. Nous nous sommes bien entendus et avons arrêté l’avalanche.

Kaljulaid a déclaré que l’Occident devait faire preuve de « patience stratégique », notamment en soutenant les sanctions économiques contre la Russie et peut-être en les renforçant.

Le 20 mai 2019, l’agence de presse nationale estonienne a déclaré qu’un avion de combat militaire russe Tu-154 avait violé son espace aérien pendant moins d’une minute.

L’ exercice Spring Storm 2019 s’est déroulé du 6 au 17 mai dans le nord-est de l’Estonie.

Plus de 9 000 soldats, parmi lesquels des milliers de conscrits, réservistes et soldats en activité estonienne, ainsi que des centaines de véhicules en provenance de 15 pays de l’OTAN et de leurs partenaires, ont été impliqués.

« La tempête de printemps montre que l’OTAN est capable de se défendre contre tous les adversaires », a déclaré le porte-parole adjoint de l’OTAN, Piers Cazalet. « Il teste le bon fonctionnement de nos forces et constitue une expression forte de la solidarité des Alliés ». L’exercice permettra de tester la capacité des forces de l’OTAN à réagir à une crise fictive.

En novembre 2018 , le colonel Riho Uhtegi, chef des forces spéciales estoniennes, a déclaré que si la Russie envahissait la ville, «ils mourraient à Tallinn».

«Il y a toujours ces discussions. Ouais. Les Russes peuvent se rendre à Tallinn en deux jours. … Peut être. [La capitale estonienne est à environ 125 miles de la frontière russe.] Mais ils ne peuvent pas avoir toute l’Estonie en deux jours. Ils peuvent se rendre à Tallinn et derrière eux, nous couperons leurs lignes de communication, leurs lignes de ravitaillement et tout le reste. »Ce regard fixe de la Baltique me fixe à nouveau. «Ils peuvent arriver à Tallinn en deux jours. Mais ils mourront à Tallinn. Et ils le savent. … Ils vont faire feu de tous les coins, à chaque pas. ”

Aux yeux d’Uhtegi, la nouvelle Estonie est déjà en conflit avec la Russie. « Tous les conflits entre l’Estonie et la Russie ont été des conflits hybrides – 1924 était identique à 2014. »

Selon lui, toute la Russie a agi en Géorgie et l’Ukraine devait les empêcher de rejoindre l’OTAN. Selon certains , la Russie aurait tenté d’assassiner le Premier ministre du Monténégro pour obtenir le même résultat, mais sans succès.

Plus récemment, le 16 mai, le détachement de la Royal Air Force britannique à la base aérienne d’Ämari, en Estonie, a été brouillé par le Commandement des opérations aériennes combinées (COOC) à Uedem, en Allemagne, les 14 et 15 mai.

«Le CAOC a bousculé l’avion de combat de la RAF Typhoon pour identifier plusieurs avions de l’armée de l’air de la Fédération de Russie volant dans l’espace aérien international contrôlé par les agences de contrôle du trafic aérien des trois États baltes. Certains des avions non-membres de l’OTAN n’ont pas transmis de signal de transpondeur valide indiquant leur position aux contrôleurs aériens civils et n’ont pas été en contact avec le contrôle de la circulation aérienne local, respectivement », selon le communiqué.

Les typhons de la RAF ont été appuyés par l’armée de l’air hongroise JAS-39 Gripens, basée à la base aérienne de Šiauliai, en Lituanie, qui a également mené sa deuxième bataille d’alerte dans les deux jours. La Hongrie est actuellement le pays chef de file du maintien de l’ordre dans la Baltique.

Au début de l’année 2019, la Pologne menait l’alerte en frôlant les frontières russes.

Pologne

La Pologne est vraisemblablement l’État qui se fait concurrence pour être le représentant des États-Unis en Europe, le meilleur des autres États membres de l’OTAN.

Il abrite un contingent de 1 218 soldats de l’OTAN.

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Le 28 mars, il a été annoncé que des responsables de l’OTAN s’apprêtaient à mettre sur pied le plus grand projet de construction de construction d’un site de stockage de véhicules de combat américains en Pologne.

«Le dépôt est censé contenir du matériel de guerre américain dans ce pays d’Europe orientale, au cas où une confrontation avec la Russie voisine deviendrait une possibilité. Les responsables du Pentagone considèrent que les futures installations de Powidz, dans le centre-ouest de la Pologne, font partie d’un réseau mondial de coffres matériels destinés à servir d’armoiries lointaines aux soldats américains lorsque des combats sont à mener. « 

Il en coûte 260 millions de dollars, le mécanisme de financement du site de Powidz est remarquable. L’argent provient du soi-disant programme d’investissement dans la sécurité de l’OTAN, ou NSIP, auquel contribuent les 29 membres de l’alliance.

Des sources de la défense américaine ont déclaré que le site de stockage de Powidz ne signifiait pas que l’administration Trump envisageait d’imposer une empreinte de troupes permanente en Pologne.

L’administration Trump a demandé 144 millions de dollars pour le programme NSIP pour l’exercice 2020, contre 171 millions de dollars pour 2019.

« Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN ont reconnu que l’Alliance de l’Atlantique Nord est à un moment crucial pour la sécurité de nos nations et de nos populations et que l’Alliance était prête à réagir rapidement et fermement aux nouveaux défis en matière de sécurité », ont écrit des responsables de la défense Demande de budget pour l’AF-20. « Les actions agressives de la Russie ont fondamentalement remis en cause notre vision d’une Europe entière, libre et en paix. »

Par ailleurs, la Pologne est sur le point de conclure un accord avec les États-Unis pour établir une base militaire américaine dans l’ancien pays du bloc communiste, selon des personnes familières du sujet – un avant-poste que les Polonais considèrent comme un moyen de dissuasion à l’agression russe et que le Kremlin envisagerait probablement provocation « , a déclaré Bloomberg.

«Si un accord est conclu, le président Donald Trump envisage de se rendre en Pologne à l’automne, en partie pour commémorer l’accord. Mais on ne sait pas s’il soutient totalement cette idée, même après avoir déclaré lors d’une réunion avec le président polonais Andrzsej Duda, en septembre, que les États-Unis cherchaient «très sérieusement» à établir une base. Duda, qui a dit en plaisantant qu’il pourrait s’appeler «Fort Trump», reste engagé à contribuer 2 milliards de dollars à sa construction. »

Les Etats-Unis et la Pologne doivent également discuter de l’achat de chasseurs F-35, selon la secrétaire de l’US Air Force, Heather Wilson.

« Ils veulent approfondir leurs relations avec les États-Unis d’Amérique en partie grâce à l’interopérabilité d’équipements de pointe », a déclaré M. Wilson après un événement organisé par le Meridian International Center à Washington. «Ces discussions se poursuivent. Nous leur fournissons les informations dont ils pourraient avoir besoin pour prendre une décision. « 

« Le gouvernement polonais a décidé de choisir le F-35 et est en pourparlers avec les États-Unis », a déclaré M. Wilson.

La Pologne, l’un des plus grands prédicateurs de «l’agression russe» après les États-Unis, reçoit également des éloges pour avoir dépensé plus de 2% de son PIB en défense.

En mars 2018, la Pologne a signé un contrat de 4,75 milliards de dollars avec les États-Unis pour l’achat de systèmes de défense antimissile Patriot, qui n’ont pas encore été livrés.

La Pologne a promis de défendre la Lituanie de la Russie avec son système de défense antimissile si le besoin s’en faisait sentir.

En janvier, la Pologne a signé un contrat portant sur la livraison de 4 hélicoptères S-70i Black Hawk d’ ici à fin 2019.

En février, la Pologne a signé un contrat de 144 millions de dollars pour l’achat du système de roquettes à haute mobilité, HIMARS.

A peu près au même moment, l’ambassadeur des Etats-Unis en Pologne, Georgette Mosbacher, a déclaré que davantage de troupes seraient déployées dans le pays.

Le Pentagone veut un « plus agile, plus rotatif, plutôt que d’avoir des hôpitaux physiques, des maisons et de faire venir ses familles », a déclaré Mosbacher à un journal local. «Mais en termes de présence indéniable et d’un grand nombre de soldats américains ici, c’est acquis. Et je pense que les Polonais vont obtenir le maximum de ce qu’ils veulent.

Aucun chiffre précis n’a été fourni, mais le contingent américain de 4 000 personnes en Pologne serait augmenté «par centaines».

«Les Polonais sont un allié important. Ils investissent leurs 2% sans même convaincre. La modernisation de leurs forces armées s’élève à 40 milliards de dollars. Nous respectons cela », a-t-elle déclaré.

Et d’autres

Séparément, il y a sans aucun doute un autre développement des pays baltes et de la Pologne.

La Norvège envisage de doubler son contingent d’armées américaines dans le pays et a accueilli Trident Juncture, une simulation d’invasion du pays par la Russie. Il a même récemment affirmé que la Russie avait envoyé un « espadon-baleine dans le pays ».

La Roumanie héberge le système de défense antimissile Aegis Ashore, qui peut être utilisé pour lancer des missiles Tomahawk. Il a également récemment reçu THAAD, tandis que l’Aegis Ashore fait l’objet de mises à niveau régulières.

En mars, les États-Unis ont déployé des bombardiers B-52 au Royaume-Uni et ont même participé à leurs premières patrouilles au-dessus de l’Europe , des pays baltes et de la frontière russe pour se familiariser avec le théâtre.

Les SAS britanniques ont commencé à surveiller officiellement la frontière russe pour la première fois depuis la guerre froide . Des troupes des 21 et 23 SAS, les deux bataillons de réserve du régiment d’élite, ont été mobilisées pour des opérations sur la frontière estonienne avec la Russie.

«Les troupes mènent des opérations HERA (Environnement humain, Reconnaissance et Analyse), dans lesquelles elles surveillent le mouvement d’un ennemi potentiel et analysent leurs intentions.

Il est entendu qu’en cas d’attaque russe sur l’Estonie, les troupes du SAS resteraient derrière les lignes ennemies, où elles renverraient des rapports chiffrés sur les mouvements de troupes. « 

Leurs homologues américains se trouvent autour de la frontière russe depuis 2017 . Le nombre de membres des forces spéciales déployés en Europe en 2017 a quadruplé par rapport à l’année précédente. L’année 2016 a été celle du Sommet de Varsovie et de l’adoption du programme eFP.

Les plans d’expansion constants de l’OTAN vers l’est aggravent encore la situation . À la fin de 2017, le Monténégro est devenu le 29 e pays de l’Alliance et Trump a affirmé qu’il pourrait en fait déclencher la «troisième guerre mondiale», car les Monténégrins sont un «peuple très agressif».

Le New York Times a fait l’éloge de l’ajout futur de la Macédoine du Nord à l’OTAN, affirmant qu’elle « comble un autre fossé dans ce qui était autrefois la cour de l’ex-Union soviétique ».

L’extension va totalement à l’encontre des promesses verbales de l’OTAN de ne pas encercler la Russie, lors de la chute de l’URSS.

Des plans sont en cours pour intégrer l’Ukraine et la Géorgie, mais on ne sait toujours pas si et comment cela se produira.

L’OTAN est considérée comme un facteur de paix, à «quelques exceptions près». Telle l’intervention menée par les États-Unis en Yougoslavie, au cours de laquelle la radio-télévision serbe a été délibérément bombardée, l’ambassade de Chine à Belgrade a également été prise pour cible.

La militarisation n’est pas encore terminée . En février , le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré que l’Alliance prévoyait d’accroître sa présence sur la mer Noire, car « l’agression de la Russie » est devenue une nécessité.

En décembre 2018 , la Russie a accusé le Royaume-Uni de tester ses capacités de guerre psychologique en Ukraine.L’ambassade de Russie a déclaré dans un communiqué que, dans un premier temps, des spécialistes britanniques formaient du personnel ukrainien à la conduite d’opérations spéciales contre les civils à Donetsk et à Louhansk, mais avaient ensuite déployé leurs propres experts pour mener des opérations de psychologie et d’information.

Enfin, la campagne de propagande contre la Russie n’est pas un secret. Il existe de nombreux exemples dans diverses parties du monde:

Ce sont quelques-uns des exemples notables, il y en a tellement.

Conclusion

Le cercle vicieux semble en train de tourner, la Russie et l’OTAN s’accusant mutuellement de provoquer l’autre partie pour la construction d’armes et de troupes.

Le fait est que des troupes sont positionnées le long de la frontière russe et que celle-ci doit clairement réagir d’une manière ou d’une autre. Cependant, il se peut que cela ne soit qu’une question de temps avant qu’un faux drapeau ou un incident inattendu et indésirable déclenche une chaîne d’événements sur lesquels il est impossible de récupérer.

Depuis la politique de l’OTAN selon laquelle si un membre est attaqué, c’est comme si l’ensemble de l’Alliance était attaqué, et son expansion constante rendrait un conflit ouvert beaucoup plus plausible.

En outre, certains membres ont un peu d’animosité à cause de la réalité historique vis-à-vis de la Russie, ce qui pourrait, en fin de compte, être la fissure qui ouvre les portes de la barrière.

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INFO LCI – Nick Conrad : l’avocate du rappeur menacée de mort, une enquête en cours

INFO LCI – Nick Conrad : l’avocate du rappeur menacée de mort, une enquête en cours

– Selon nos informations, une enquête a été ouverte après plusieurs menaces de mort à l’encontre de Chloé Arnoux, l’avocate du rappeur Nick Conrad, auteur d’un nouveau clip ce week-end qui a suscité l’indignation…

C’est l’affaire dans l’affaire mais elle illustre la violence des détracteurs extrémistes de Nick Conrad. Selon nos informations, l’avocate du rappeur, auteur d’un nouveau clip décrié ce week-end où il dit vouloir « poser une bombe sous le Panthéon », a déposé plainte le mois dernier après avoir reçu plusieurs menaces de mort, de viols, et avoir été visée par des propos misogynes, racistes et xénophobes.

« On va te butter »

Chloé Arnoux, avocate au barreau de Paris, a été la cible d’une campagne anonyme et ciblée par ce qui semble venir de réseaux identitaires. Après avoir assuré la défense de son client, condamné en mars dernier à 5000 euros d’amende avec sursis – il a interjeté appel – pour un clip « Pendez les blancs », elle a été destinataire d’une dizaine de mails et messages dans lesquels elle était traitée de « sale pute à nègres ». Les auteurs de ces messages la menacent même de s’en prendre à elle en lui faisant subir des « tournantes ». « On va te butter (sic) », « on sait où tu habites », « on te surveille », peut-on ainsi lire dans ces messages qu’elle a joints à son récit devant les policiers.

Certains de ces messages relaient vers des blogs ou sites internet identitaires comme fdesouche ou voire parfois suprémacistes.

Quatre ou cinq hommes, crâne rasé

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Sauf que, fin mars, pendant plusieurs jours, des signalements ont été rapportés, faisant état de la présence de quatre ou cinq hommes en bas de son cabinet, type « européen », crâne rasé et costauds. Aucun contact n’a été établi, mais selon les descriptions, ces individus, toujours les mêmes, semblaient attendre. L’affaire a été jugée suffisamment sérieuse pour qu’une enquête pour « menaces de mort » soit ouverte par le parquet de Bobigny et confiée à la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) de la police judiciaire parisienne afin de remonter jusqu’aux expéditeurs de ces messages inquiétants. Enquête qui est toujours en cours ce lundi 20 mai. « Je ne craindrai jamais d’exercer le métier que j’ai choisi. Mais il serait incompréhensible pour moi que ces comportements xénophobes et misogynes ne soient pas condamnés sans réserve et sans ambiguïté », indique à LCI l’avocate de Nick Conrad.

« L’affaire Nick Conrad » a été relancée ce week-end après la diffusion sur YouTube d’un nouveau clip, « Douce France », dans lequel le rappeur dit « baiser la France », la « brûler », vouloir déposer « une bombe sous le Panthéon » et simule une scène de strangulation, assis à califourchon sur une femme. Des images et des textes dénoncés par le député LR Eric Ciotti, son collègue DLF Nicolas Dupont-Aignan ou encore la tête de liste LR pour les européennes François-Xavier Bellamy. Puis par le ministre de l’Intérieur en personne à travers un tweet dans la soirée du dimanche 19 mai dans lequel il annonce avoir saisi le parquet de Paris.

De son côté, Nick Conrad, dans un message à la fin de son clip, affirme que son message ne vise pas les Français ou la France mais la « mentalité française, médias, etc… » Son adresse personnelle et ses numéros de téléphone ont été publiés sur les réseaux sociaux, certains messages appelant à s’en prendre physiquement à lui et ses proches.

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Revue de presse nationale et internationale.

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