En attendant de Gaulle

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Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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En attendant de Gaulle

30 avril 2019 – Je vais compléter le texte de ce jour sur de Gaulle, d’une plume britannique et néanmoins gaulliste, par un extrait d’un projet littéraire jamais terminée, et encore moins publié, comme mes armoires regorgent. Le projet se nommait (j’avais déjà mon titre) La parenthèse monstrueuse, et j’en ai déjà donné des extraits à deux reprises : une fois concernant la Beat Generationet l’autre fois concernant Raymond Aron. Pour ne vous faire grâce d’aucun détail, voici une reprise (du texte de présentation du passage sur Raymond Aron, qui à mon sens vaut le détour), explicitant de quoi il est question avec ce projet datant de 2005-2006 et déjà mené assez loin, avant que je ne divergeasse vers un projet plus vaste qui incluait des éléments de La parenthèseet allait nous conduire vers La Grâce de l’Histoire…

« …Ce projet avait un titre, La parenthèse monstrueuse, dont on retrouve les orientations fondamentales dans une partie de La Grâce de l’Histoire. (Rien n’est donc jamais perdu tout à fait.) La “parenthèse” en question va de 1933 à 1989-1991 et son interprétation se fonde sur l’idée que le grand événement du XXème siècle fut la Grande Guerre, dont la signification fut en bonne partie comprise et étudiée dans l’entre-deux, à peu près jusqu’en 1933, quand tout bascula soudain dans la mainmise des idéologies sur la politique du monde. Dès lors, l’orientation de la réflexion ne fut plus consacrée qu’à cet affrontement catastrophique des idéologies, qui écarta l’essentiel que nous avait inspiré la Grande Guerre, lorsque nous étions proches de la vérité fondamentale de notre temps historique. Cette “parenthèse” vit donc, d’une part, le paroxysme et l’effondrement catastrophique de la dynamique allemande qui avait été chronologiquement la première à prendre sous son aile la dynamique du “déchaînement de la Matière”, ou plutôt avait été choisie par elle pour la représenter dans l’histoire du monde ; et, d’autre part, le courant américaniste, déjà fort bien préparé, qui prit le relais à son compte et nous mena au terme de la parenthèse (en 1989-1991) pour en émerger dans la position qu’on sait et pour devenir définitivement l’élément fondateur et nourricier de la catastrophe universelle qu’est notre époque de Grande Crise générale. »

Il s’agit ici de donner un extrait de ce texte, concernant la période de la Guerre froide, et dans celle-ci l’évolution de la France. L’extrait mélange la IVème République et la Vème République avec l’arrivée de De Gaulle, en se concentrant sur les relations de la France avec les USA. Il s’agit de montrer une certaine constance dans le destin français et les grands caractères de cette nation, que ce soit dans la médiocrité de la IVème République des partis (“en partie” réhabilitée à cette occasion) autant que dans la gloire de la Vème du général de Gaulle. Il s’agit de montrer également, – et cela avec mon propre témoignage car j’ai vécu ce changement, – le paradoxe tout à fait remarquable d’une France soudain en plein vertige d’américanisation psychologique, culturelle et des mœurs, en même temps que présidait l’homme le plus opposé à un tel processus qui constituait nécessairement une agression contre la souveraineté française. Au contraire, la France de la médiocre IVème République avait su montrer une certaine résilience dans sa résistance aux pressions américanistes. Ces deux paradoxes sont par ailleurs, bien entendu, le reflet de la force des pressions de l’américanisme et de son américanisation, – beaucoup plus fortes au niveau des psychologies et des mœurs dans les années 1960

C’est pour cette raison que je reprends le passage d’hier, dans la courte présentationdu texte de Neil Clark :

« Effectivement, la question se pose : “Dieu sait ce qu’aurait pu faire un homme d’Etat comme ‘le Général’ aujourd’hui !” La réponse ne serait-elle être : sans doute n’aurait-il pas pu faire grand’chose, sinon, ce qui est fondamental, nous avertir solennellement que nous nous trouvons bien au cœur de cette Grande Crise, – et puis, qui sait, se vêtir au moins un instant d’un Gilet-Jaune avant de regagner Colombey-les-Deux-Églises… »

Cela est écrit sur le ton de l’ironie mais reflète en vérité une conviction : contre ce qui se passe, nul ne peut rien de décisif, de fondamental, aussi ne reste-t-il qu’à accélérer la crise selon la conviction de la justesse de l’équation surpuissance-autodestruction. Ce que prétend montrer ce passage, outre la spécificité française, l’exceptionnelle légitimité gaulliste, la justesse tactique de la politique suivie, c’est l’apparition des premiers signes de la Grande Crise Générale que nous subissons aujourd’hui… Mon idée est à cet égard que le départ en 1969 du général de Gaulle, qui est l’objet d’un si intense débat depuis 50 ans et aujourd’hui encore très vivement, avec des hypothèses révolutionnaires pour ce qui regarde ses projets ou bien la thèse classique d’un “suicide politique” (Mauriac, Malraux), est également la conséquence d’une intuition d’un homme si proche de la métahistoire, qu’on se trouvait devant une crise catastrophique qui emporterait la civilisation et contre laquelle il ne pourrait plus rien de fondamental.

Voici donc ce texte, extrait de l’impubliée Parenthèse monstrueuse. Sauf en de très rares occurrences, le texte n’a guère été modifié ; aussi faut-il tenir compte du fait qu’il a quasiment 15 ans d’âge (écrit en 2005-2006), et s’il est bien signé PhG on acceptera l’idée que certaines opinions et appréciations de PhG ont évolué, parfois rondement, durant ces quinze années

PhG (le vrai, celui de 2019)

http://www.dedefensa.org/article/en-attendant-de-gaulle

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