G20: Poutine dénonce des idées pro-LGBT qui seraient «imposées» aux gens

G20: Poutine dénonce des idées pro-LGBT qui seraient «imposées» aux gens

DÉBAT « Cette partie de la société assez agressive impose son point de vue à la majorité », estime Vladimir Poutine, en parlant des militants et militantes pro-LGBT

20 Minutes avec AFP

Publié le 29/06/19 à 15h58 — Mis à jour le 30/06/19 à 16h07409 COMMENTAIRES4,5kPARTAGES

Vladimir Poutine au G20, le 29 juin.
Vladimir Poutine au G20, le 29 juin. — Mikhail Klimentyev/AP/SIPA

« Dans certains pays européens, on dit aux parents que les filles ne peuvent plus mettre de jupes à l’école. C’est quoi ça ? » C’est en ces mots que le président russeVladimir Poutine a dénoncé samedi les idées de liberté sexuelle et de liberté de genre « imposées » selon lui aux gens, qui y seraient majoritairement hostiles. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet du G20 à Osaka au Japon.

« Cette idée progressiste commence à être dépassée », a estimé le président russe, qui avait déjà provoqué un tollé en estimant dans une interview publiée à la veille du sommet dans le Financial Times que le progressisme « avait vécu ». « Il y a toutes sortes de choses maintenant : on a inventé cinq ou six genres (…) je ne comprends même pas ce que c’est », a poursuivi le président russe.

« Cela peut expliquer le phénomène de Trump »

« Le problème est que cette partie de la société assez agressive impose son point de vue à la majorité écrasante » des gens, a-t-il affirmé. « Les représentants des idées libérales imposent un certain type d’éducation sexuelle à l’école, les parents ne le veulent pas, mais on ne demande pas leur avis », a encore assuré M. Poutine.

Selon lui, « cela peut expliquer le phénomène de Trump, sa victoire, le fait que les gens mécontents sortent dans la rue dans les pays occidentaux ». Alors que la Russie est souvent accusée à l’Occident d’ingérence dans les processus politiques d’autres pays, il y a de vraies « raisons profondes » pour le mécontentement, affirme le président russe.

Elton John accuse Poutine d’hypocrisie

Le chanteur britannique Elton John s’est adressé vendredi avec une série de tweets à Vladimir Poutine, après que le maître du Kremlin a affirmé que la Russie n’ « avait pas de problème » avec les personnes LGBT et voulait que tout le monde soit heureux, dans l’interview au Financial Times.

Alors que des scènes d’amour homosexuelles et de consommation de drogues ont récemment été retirées de la version russe du biopic sur Elton John, la star britannique a accusé M. Poutine d’« hypocrisie ». Pour sa part, Vladimir Poutine a affirmé samedi que le chanteur, « un génie musical (…), avait tort ».

« Nous avons une attitude très calme envers la communauté LGBT », a-t-il déclaré. « Nous avons une loi, critiquée par tout le monde, la loi interdisant la propagande homosexuelle auprès des mineurs », a-t-il rappelé. « Mais écoutez, laissez une personne grandir, devenir adulte et puis décider qui elle veut être », a lancé M. Poutine

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G20: à Osaka, un sommet au goût d’inachevé

G20JAPONÉTATS-UNISCHINEDIPLOMATIE

G20: à Osaka, un sommet au goût d’inachevé

Par RFIPublié le 29-06-2019 Modifié le 30-06-2019 à 00:10

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Le président américain Trump, lors de sa conférence de presse de clôture du G20 d’Osaka.Jacquelyn Martin/Pool via REUTERS

Le sommet du G20 s’est achevé ce samedi 29 juin à Osaka au Japon sur une note de soulagement. Les chefs d’État et de gouvernements des pays industrialisés et des grandes économies émergentes sont parvenus « in extremis » à se mettre d’accord sur une déclaration finale qui intègre à la fois un appel à la défense d’un environnement commercial libre et équitable et au respect de l’accord de Paris sur le climat, même si une nouvelle fois les États-Unis ont refusé d’endosser ce dernier point.

Avec notre envoyée spéciale à Osaka, Mounia Daoudi

Les négociations ont été extrêmement difficiles à Osaka, au point de faire dire au président français que « le pire a été évité. Même si éviter le pire n’est pas suffisant », a reconnu Emmanuel Macron.

Et ce sont les tractations sur le climat qui ont été les plus éprouvantes. Elles ont duré une bonne partie de la nuit, avant d’être interrompues à 5 heures du matin en raison de la ligne très dure adoptée par la partie américaine, qui a cherché à faire en sorte que la déclaration finale ne mentionne pas le caractère irréversible de l’Accord de Paris. « Inacceptable », pour les Européens qui sont de nouveau réunis ce matin avant de nouvelles négociations. In fine, pas de recul sur le climat, mais pas d’avancée non plus. L’ambition climatique vigoureusement défendue par Emmanuel Macron n’est donc pas au rendez-vous.

Les dirigeants des pays du G20, autour du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, à Osaka, au Japon, le 28 juin 2019.Tomohiro Ohsumi/Pool via REUTERS

Sur le commerce, comme en 2018, là aussi déception : à Buenos Aires, le G20 a renoncé une nouvelle fois à la demande des États-Unis de condamner le protectionnisme, même si les 20 ont affirmé leur volonté de réformer en profondeur l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Seule avancée, la trêve entre Etats-Unis et Chine

Donc, ce sommet d’Osaka a un goût d’inachevé. La seule avancée notable concerne la guerre commerciale que se livrent depuis des mois Américains et Chinois. En marge de la réunion, une trêve a été conclue par Donald Trump et Xi Jinping. Washington renonce à imposer des droits de douane supplémentaires sur les importations de produits chinois et les négociations en vue d’un accord devraient très bientôt reprendre.

Après le sommet d’Osaka, Donald Trump a proposé – dans un tweet – d’aller serrer la main du dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong-un et de le faire dans la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées. Rapidement Pyongyang a répondu en jugeant l’initiative « très intéressante ». Donald Trump a fait cette proposition, car il se trouve désormais en Corée du Sud.

Le G20 a-t-il encore son utilité ?

Réactivé pendant la crise financière de 2008 pour venir au chevet d’une économie mondiale au bord de la rupture, le G20 a-t-il fait son temps ?

Une chose est sûre, le sommet d’Osaka a été littéralement pris en otage par la rencontre entre l’américain Donald Trump et le chinois Xi Jinping, en conflit ouvert depuis des mois sur les questions commerciales.

Et comme l’année dernière à Buenos Aires le principal événement du G20 était un rendez-vous qui n’avait rien à voir avec le G20.

Sans compter que la multiplication des rencontres bilatérales sur des sujets, comme par exemple cette année la crise iranienne ou les tractations des Européens pour le renouvellement des principaux postes à Bruxelles, a éclipsé les thèmes à l’agenda de la présidence japonaise.

► À lire aussi : G20 à Osaka: l’accord sur le climat se fait à 19, sans les États-Unis


► Greenpeace dénonce le peu d’engagement

Pas de grandes annonces donc côté environnement : les pays membres du G20 ont réitéré leurs engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris, signé il y a deux ans et demi à l’exception des Etats-Unis qui s’étaient déjà retiré de l’accord.

Ça aurait pu être pire, mais c’est quand même bien peu. C’est en substance ce que pense Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

C’est un G20 décevant parce que finalement on s’est contenté d’assurer le minimum, c’est-à-dire de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’accord de Paris qui vole en éclat.PUBLICITÉinReadinvented by TeadsJean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.30/06/2019 – par David BachéÉcouterCHRONOLOGIE ET CHIFFRES CLÉS

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20190629-bilan-g-20-osaka

G20 d’Osaka : Donald Trump à nouveau seul contre tous

JAPON

G20 d’Osaka : Donald Trump à nouveau seul contre tous

Par Vincent McAviney  • Dernière MAJ: 29/06/2019 – 17:12
G20 d'Osaka : Donald Trump à nouveau seul contre tous

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Après deux jours de rencontres et de discussions, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a sonné la fin du G20 d’Osaka. Mais derrière les poignées de main et sourires de façade, ce sommet n’a pas permis de régler les désaccords, comme l’explique notre correspondant Vincent McAviney :

« Ce G20 s’est terminé, une fois encore, avec le même constat : les États-Unis sont en désaccord avec les autres nations. 19 pays ont décidé de réaffirmer leur engagement aux accords de Paris de 2015 sur le climat, mais nous pouvions voir, tout au long de ce sommet, que l’administration américaine y était fermement opposée. Il y a eu beaucoup d’allées et venues des négociateurs des différentes délégations, mais visiblement, Donald Trump reste convaincu que le changement climatique n’est qu’une idée fausse. Le président français, Emmanuel Macron, est venu ici déterminé à convaincre les États-Unis. Theresa May, aussi, a fait une intervention pleine d’énergie. Elle a expliqué comment le Royaume-Uni était devenu la première grande économie à s’engager sur l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050, et qu’une loi avait été déposée en ce sens. Elle a expliqué comment son pays s’était détourné du charbon et que les technologies vertes offraient de grandes possibilités. Mais il semble que tout ce lobbying mené par les dirigeants européens n’ont pas réussi à convaincre Donald Trump. Reste à voir maintenant si les États-Unis vont rester sur leur position, et combien de temps l’accord sur le climat peut rester intact. Parmi les autres sujets qui ont fait l’objet de débats, il y a la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine et, bien entendu, l’Iran. De nombreux pays ont appelé à la désescalade. Les trois pays européens présents – Allemagne, France, Royaume-Uni – continuent de s’accrocher à l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, dont se sont retirés les États-Unis. Ils ont insisté sur la nécessité de préserver l’accord, dans l’espoir, qu’à un moment donné, avec un nouvelle administration américaine, les États-Unis puissent le réintégrer. »

Journaliste • Julien Pavy

https://fr.euronews.com/2019/06/29/g20-d-osaka-donald-trump-a-nouveau-seul-contre-tous

LA LIBRA DE FACEBOOK VA ACCÉLÉRER LA PERTE DE CRÉDIBILITÉ DES BANQUES CENTRALES


LA LIBRA DE FACEBOOK VA ACCÉLÉRER LA PERTE DE CRÉDIBILITÉ DES BANQUES CENTRALES

PUBLIÉ PAR PHILIPPE HERLIN | 27 JUIN 2019 | ARTICLES1063 

Nous posions la question en mai dernier : les GAFA vont-ils précipiter la chute des banques ? Désormais, avec la cryptomonnaie que va lancer Facebook l’année prochaine, il faut passer à un niveau supérieur : en plus de concurrencer le secteur bancaire traditionnel, la Libra risque d’accélérer la perte de crédibilité des banques centrales. Car cette fois, il ne s’agit pas seulement de nouveaux services de paiement, mais d’une nouvelle monnaie internationale à part entière.

En effet, la Libra sera ce qu’on appelle un stablecoin, c’est-à-dire une cryptomonnaie stable car basée sur un panier de plusieurs grandes devises internationales (dollar, euro, livre sterling, sans doute yen et yuan). Cette stabilité constitue une différence essentielle avec le bitcoin dont la forte volatilité du cours décourage nombre d’utilisateurs. Facebook créera un portefeuille dédié afin de gérer sa monnaie, le Calibra ; là encore, sa simplicité d’utilisation représentera un vrai avantage par rapport aux différents portefeuilles bitcoin existants.

Avec ses presque 3 milliards de membres, Facebook (ainsi que ses filiales Whatsapp et Instagram) possède une force de frappe qu’aucune entreprise n’a jamais possédée dans l’histoire. En conséquence, sa cryptomonnaie peut concurrencer les monnaies souveraines de la planète. Les pays émergents ayant une monnaie inflationniste et pratiquant le contrôle des changes peuvent légitimement voir la Libra comme un concurrent direct. Leur population aura intérêt à basculer sur la nouvelle monnaie pour se libérer de l’inflation qui ronge leur épargne. Les banques centrales des pays émergents doivent sérieusement s’inquiéter et on peut prévoir que beaucoup d’entre elles voudront tout simplement l’interdire.

Pour les pays de l’OCDE, qui bénéficient de devises stables, l’intérêt apparaîtra moins évident au premier abord. Mais la facilité d’utilisation et l’effet de mode peuvent convaincre de nombreux utilisateurs. Mais surtout, ceux qui doutent de la solidité de leurs banques (les Italiens, les Grecs, les Espagnols, les clients de la Deutsche Bank, etc.) peuvent également se reporter sur la Libra afin de protéger leurs avoirs (ne vaut-il pas mieux déposer son cash chez Facebook, qui dispose de plus de 100 milliards de dollars de liquidités et qui pèse 500 milliards de dollars en bourse, soit presque autant que tout le secteur bancaire européen, plutôt que dans une banque au bilan rempli de dettes ?).

Les banques centrales européennes ont flairé le danger et viennent de décider, à l’initiative de la France, de créer une « taskforce » sur les stablecoins dans le cadre du G7. L’inquiétude est réelle, d’autant que leur crédibilité s’érode dangereusement ces temps-ci : la Fed vient d’interrompre sa remontée des taux, la BCE admet qu’elle pourrait continuer sa politique de taux-zéro, pendant que la BoJ reste engluée dans un QE massif. Les acteurs économiques commencent (enfin !) à s’interroger sur la crédibilité des banques centrales (et d’ailleurs le cours de l’or se met à monter…).

Ce type de concurrence s’est déjà produit dans l’histoire : au Moyen Âge, le Florin de Florence et le Ducat de Venise circulaient dans l’Europe entière. Leur teneur garantie en or en faisait des monnaies de confiance par rapport aux devises nationales trop souvent manipulées. Cependant, la Libra ne joue pas dans cette catégorie et c’est son point faible, que l’on a pas encore suffisamment mesuré : l’actif qui le soutiendra sera « la dette de gouvernements stables et peu susceptibles de faire défaut ou de connaître une forte inflation » comme le précise son Livre blanc. Justement, en cas de crise « 2008 en pire », il risque de ne pas y en avoir… Si le yen, l’euro, le dollar s’effondrent et connaissent une vague d’inflation, la Libra sera emportée dans la même tourmente, et les épargnants subiront de sévères pertes. Non, la seule vraie garantie en cas de crise monétaire reste l’or physique, comme à l’époque du Florin et du Ducat.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.Tags : OrÉconomieCrise financièreMonnaieBanques centralesPolitiqueQEInflation


PHILIPPE HERLIN CHERCHEUR EN FINANCE / DOCTEUR EN ÉCONOMIE

Chercheur en finance et docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. Adepte des penseurs du risque extrême comme Benoît Mandelbrot et Nassim Taleb, ainsi que de l’école autrichienne, il apporte son regard sur la crise actuelle, celle de la zone euro, des dettes publiques, du système bancaire. Auteur d’un livre de référence sur l’or (L’or un placement d’avenir, Eyrolles), il souhaite lui voir jouer un rôle croissant dans nos économies, jusqu’à sa remonétisation pleine et entière.

https://or.fr/actualites/libra-facebook-va-accelerer-perte-credibilite-banques-centrales-1570

Les guerres de Syrie

Les guerres de Syrie

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Note de lectureLeslie Varenne

« Ils mentent… et ils savent qu’ils mentent… et ils savent que nous savons qu’ils mentent… Et malgré cela, ils continuent à mentir de plus en plus fort. » En choisissant de mettre en exergue de son livre, cette phrase écrite par Naguib Mahfouz, Michel Raimbaud donne le LA, celui d’une volonté de rétablir la vérité concernant un conflit qui a été si mal traité par les médias et certains experts. Le diplomate n’épargne pas ces intellectuels qui se sont « déconsidérés à force de respecter la doxa plutôt que la vérité et ceci au prétexte d’éviter marginalisation et isolement. » Lui, décrit « la guerre de Syrie telle qu’elle s’est déroulée dans sa réalité crue et cruelle et non la fiction martelée à coups d’intox par la communauté internationale. »

L’ouvrage est dense et limpide, il parle de la Syrie comme on l’aime, « ce cœur historique du monde », ce pays que tout être civilisé se devrait d’aimer et de chérir (1).

Michel Raimbaud parle clair. Il ne se perd pas. Il ne s’emberlificote pas dans les demi-mesures de salon chères aux diplomates, il ne renvoie pas dos à dos, « le régime de Bachar » et les « djihadistes modérés » qui auraient mal tourné. Il ne confond pas agresseurs et agressés. D’un côté il y a un Etat légitime, membre des Nations Unies, disposant donc du droit de se défendre et de protéger sa souveraineté, de l’autre, une horde de terroristes « hirsutes, coupeurs de têtes, égorgeurs, cannibales à l’occasion ayant laissé aux vestiaires toute trace d’humanité. »

L’auteur ne dilue pas non plus les responsabilités. Il désigne les Etats-Unis avec ses alliés occidentaux, France et Royaume-Uni en tête et leurs complices orientaux qui « ont tout fait pour anéantir la Syrie, son modèle de société, son identité de vieille nation, sa conscience historique immémoriale, tout ce que les régimes obscurantistes haïssent et veulent éradiquer, quel que soit le prix à payer. – Plus de soixante pays se sont abattus sur la « proie syrienne » dans le cadre des groupes Amis de la Syrie, sous direction américaine, ils ont soutenu les groupes armés, y compris, al-Nosra, en liaison avec les Etats-Unis et la CIA. » Personne n’a lésiné sur les moyens et l’auteur de rappeler que l’entreprise Caterpillar a fourni des tunneliers pour assister les terroristes de la Ghouta afin de creuser des galeries souterraines accessibles aux véhicules. L’un des administrateurs de cette firme, John Huntsman JR, est l’actuel ambassadeur des Etats-Unis à Moscou. Le monde est si petit…

« Les guerres de Syrie » n’est pas un pamphlet. C’est un livre documenté, précis. C’est un ouvrage de géopolitique nécessaire pour comprendre le Moyen-Orient, en ces temps où résonnent à nouveau les bruits de bottes. Michel Raimbaud nous apprend ou nous rappelle, c’est selon, toutes les diverses doctrines qui ont inspiré les néoconservateurs qui aiment à semer le chaos ici ou là sur la planète : de la « doctrine Northwoods », au  « chaos créateur »  en passant par la « théorie du fou« , jusqu’au « leading from behind » (diriger de l’arrière).

Cette dernière version des doctrines interventionnistes élaborée par Obama en 2011, qui a servi lors des conflits de Libye et de Côte d’Ivoire, « revient à camoufler le véritable ‘’cerveau’’ derrière ses alliés européens ». Au passage, en revisitant le conflit syrien, en le replaçant au centre d’une stratégie visant à affaiblir les Etats, à créer l’instabilité et le désordre, le lecteur averti ne peut s’empêcher de tracer des parallèles avec la situation ouest-africaine actuelle. 

Evidemment, Michel Raimbaud n’oublie pas le peuple syrien. Comment le pourrait-il ? Il revient sur le terrible bilan, 400 000 morts, 2 millions de blessés et handicapés, 14 ou 15 millions de réfugiés ; la destruction massive des infrastructures ; les dommages causés aux trésors de l’Humanité ; l’hémorragie de main-d’œuvre et l’exode des cerveaux. Un crève-cœur pour le cœur historique de l’Humanité.  

Cette guerre qui a duré huit longues années n’est toujours pas terminée. Mais un jour il faudra bien « rendre justice à se peuple martyrisé ». Est-ce que ce sera une justice des vainqueurs ou une victoire de la justice ? Comme le rappelle le diplomate, « Faire respecter la légalité internationale suppose qu’elle existe encore. – Dans le contexte actuel, l’affaire syrienne n’est pas simplement un casse-tête intellectuel, elle se présente avant tout comme un défi juridique. »

Qui rendra la justice et sur la base de quelle vérité ? Dans ce livre, Michel Raimbaud cite un haut responsable occidental qui aurait confié à son interlocuteur « Nous sommes allez trop loin dans le mensonge auprès de nos populations pour nous permettre de les confronter brutalement à la réalité ! »

« En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire » disait Georges Orwell.

Les guerres de Syrie
Michel Raimbaud

Préface de Philippe de Saint Robert
Editions Glyphe

(1) Selon la formule d’André Parrot, ex-directeur des antiquités du Louvre « tout être civilisé à deux patries, la sienne et la Syrie »

https://www.iveris.eu/list/notes_de_lecture/433-les_guerres_de_syrie_

La vente d’automobiles en Chine est-elle le signe d’une crise économique qui arrive ?

La vente d’automobiles en Chine est-elle le signe d’une crise économique qui arrive ? 
Par F. William Engdahl

vendredi 28 juin 2019, par Comité Valmy

La vente d’automobiles en Chine est-elle
le signe d’une crise économique qui arrive ?

Les ventes de voitures neuves en Chine, aujourd’hui le plus grand marché automobile au monde, ont chuté de 16,4 % en mai, soit le pire mois de l’histoire de l’industrie automobile chinoise, encore relativement nouvelle. Selon la China Association of Automobile Manufacturers (CAAM), les ventes désastreuses de mai sont survenues après des baisses de 14,6 % en avril et de 5,2 % en mars. On peut se demander si cette situation est imputable à la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. La baisse des ventes de véhicules en Chine a cependant un impact significatif sur les constructeurs étrangers, en particulier allemands. Cette information est-elle le présage d’une nouvelle récession économique mondiale majeure ou pire encore ?

Une donnée montre que la guerre commerciale sino-américaine n’en est pas la cause principale car mai 2019 marque le 12ème mois consécutif de baisse des ventes d’automobiles en Chine. Les ventes entre les constructeurs automobiles en Chine et les concessionnaires automobiles ont baissé de 44 %. De même, les ventes d’automobiles de marque chinoises ont chuté de 26 % en mai. Baojun, Dongfeng et Trumpchi sont des marques chinoises qui ont chuté de 40% dans l’année. Seules les marques japonaises Honda et Toyota ont pu afficher des hausses de ventes. Il est clair que quelque chose d’important et de mauvais est en train de se produire en Chine, la deuxième plus grande économie au monde.

Xu Haidong, secrétaire général adjoint de CAAM, a donné un indice sur ce qui provoque cette chute. Selon lui, «  la baisse du pouvoir d’achat dans les groupes à revenu faible et moyen ainsi que l’attente de mesures d’incitation à l’achat prises par le gouvernement » en sont une causemajeure.

C’est ce que signifie la «  baisse du pouvoir d’achat dans les groupes à revenu faible à moyen » qui est le point préoccupant. Comme je l’ai mentionné dans un article précédent, les années de prospérité chinoise, tout comme celles de l’Occident, ont été marquées par le crédit facile, surtout depuis la crise financière mondiale de 2008.

En 2009, la Chine est devenue le pays qui produit le plus grand nombre d’automobiles au monde. Beaucoup sont des marques américaines, japonaises ou européennes avec des usines de production chinoises. Depuis une décennie, sa production automobile dépasse celle des États-Unis et du Japon réunis, ainsi que celle de l’ensemble de l’UE. En 2010, la Chine produisait près de 14 millions de véhicules par an, soit la plus grande production de toute l’histoire du pays et la plus grande partie pour son marché intérieur «  à revenu faible et moyen ». Les Chinois à revenu moyen considéraient la possession d’une voiture comme essentielle, et les banques, bientôt des non-banques ou des shadow banks, furent impatientes de prêter. En 2009, le nombre total de voitures, camionnettes et camions immatriculés était de 62 millions. Il dépassera les 200 millions d’ici 2020. Cela signifie que le marché de l’automobile est, sinon saturé, a du moins atteint les limites de capacité d’endettement des ménages.

Au cours de la dernière décennie, un grand nombre de jeunes familles chinoises avec des revenus en hausse et une voiture, se sont tournées vers l’achat de leurs propres appartements ou maisons. En 2018, l’explosion de la dette des ménages et d’autres dettes, en grande partie non réglementées, a commencé à alarmer Beijing et la Banque populaire de Chine. On estime qu’un montant alarmant de 15 000 milliards de dollars de prêts hors bilan ou venant de shadow banks étaient en cours. Au moins 3 800 milliards de dollars de cette somme ont été versés sous forme de fonds en fiducie qui ont permis à des citoyens chinois ordinaires d’investir dans des projets gouvernementaux locaux ou dans la construction de logements. La Banque mondiale estime que la part du shadow banking chinois est passée de 7 % du PIB en 2005 à 31 % en 2016. La BRI suisse estime qu’environ 7 000 milliards de dollars sont menacés de défaut de paiement.

Le boom actuel de la consommation a été déclenché après la crise financière mondiale de 2008, lorsque le gouvernement de Pékin a injecté dans l’économie ce que beaucoup considéraient comme une infusion quasi panique d’argent bon marché, dans le but de maintenir l’emploi et les revenus en hausse. Alors que les organismes de réglementation ont commencé à tenter de mieux contrôler le problème, des millions de familles chinoises à revenu moyen ont soudainement réalisé que le paradis économique qui semblait exister depuis deux décennies devenait tout à coup une prison pour débiteurs, la valeur des propriétés ayant cessé d’augmenter selon un pourcentage à deux chiffres. L’une des difficultés consiste à obtenir des données économiques gouvernementales précises. Contrairement à la croissance officielle de 6+% du PIB qui semble inébranlable, certains économistes chinois ont suggéré qu’elle pourrait bien se situer autour de 1%, voire être négative.

Dans cette situation, la baisse récente des ventes de voitures chinoises est plus qu’alarmante. Elle a des implications mondiales, notamment en Allemagne. La VW allemande produite en Chine est la voiture la plus vendue dans ce pays, avec plus de 3 millions d’unités en 2017.

Au cours des derniers mois, l’industrie automobile mondiale est entrée dans une nouvelle phase de crise, en grande partie en raison de la baisse continue des ventes de voitures en Chine. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’industrie si l’on tient compte de questions comme les scandales sur les émissions de diesel. Le Center for Automotive Research allemandestime qu’en 2019 la production mondiale de voitures va chuter d’au moins 4 millions d’unités, un choc énorme. La plupart des analystes occidentauxne s’attendaient pas à cette forte baisse des ventes de voitures en Chine.

En mai, le PDG allemand de Daimler, Dieter Zetsche, a déclaré que des « réductions radicales des coûts » sont en vue pour se préparer à ce qu’il appelle une perturbation « sans précédent » du secteur. Les équipementiers automobiles allemands comme Bosch et des milliers de petites et moyennes entreprises parlent de leur pire crise depuis les chocs pétroliers des années 1970. Au cours des six premiers mois de 2019, les constructeurs automobiles du monde entier, de l’Allemagne à l’Italie en passant par les États-Unis et la Chine, ont supprimé quelque 38 000 emplois en réponse à la récession mondiale. L’analyste automobile de Bank of America Merrill Lynch, John Murphy, a déclaré : « L’industrie est en train d’être confrontée à ce que nous pensons être un ralentissement important. Le rythme du déclin en Chine est une vraie surprise. »

Pour les constructeurs automobiles allemands, le moment de l’effondrement du marché chinois ne pouvait pas être pire. Alors qu’ils investissent des milliards dans le développement de véhicules électriques du futur, dont on pense encore qu’ils sont à des années de la viabilité et beaucoup plus coûteux que les modèles actuels à essence ou diesel, ils sont aussi frappés par les exigences draconiennes et arbitraires de l’UE en matière d’émissions.

Si Washington imposait maintenant de nouveaux droits de douane sur les importations de voitures allemandes et d’autres voitures de l’UE, les choses pourraient mal tourner sur le plan économique. La mondialisation de la production industrielle depuis 2000, qui a fait de la Chine l’atelier du monde, commence maintenant à montrer des fissures tectoniques.

F. William Engdahl 
– Le 16 juin 2019

Traduction le Saker Francophone

Source : 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11354

La vérité sur… le fonds d’investissement aux centaines de milliards d’Apple


La vérité sur… le fonds d’investissement aux centaines de milliards d’Apple

Par Gilles Fontaine le 29.06.2019 à 13h42ABONNÉS

Filiale du géant high-tech américain, le fonds d’investissement Braeburn Capital opère sous le radar depuis 2005 en contournant toutes les règles fiscales. Son encours : plus de 225 milliards de dollars. Révélations.

La vérité sur… le fonds d'investissement aux centaines de milliards d’Apple

Mission principale de la filiale d’Apple en charge de la gestion des actifs : gérer et placer au mieux les énormes quantités de cash générées pas les ventes de ses produits.AFP

Bienvenue à Reno, riante bourgade du Nevada posée au pied des montagnes et réputée pour son rodéo de classe internationale, sa course d’avions en rase-mottes, ses casinos… Nettement moins connue du grand public, et pour cause, est la transhumance opérée par des dizaines d’entreprises de l’univers high-tech au cours des dernières décennies vers ce petit coin désertique à la météo plutôt clémente : les températures en été tournent ici autour des 22 degrés et les précipitations sont généralement bien étalées tout au long de l’année.

90 % logés à l’étranger

Parmi ces entreprises discrètement installées dans la région figure un nom qui fait fantasmer le monde de la finance et les journalistes depuis des années : Braeburn Capital. La Braeburn est une variété de pommes néozélandaises. C’est aussi une filiale du groupe Apple, fondée en 2005, et en charge de la gestion des actifs du géant high-tech américain. En clair, sa mission principale est de gérer et de placer au mieux les énormes quantités de cash générées pas les ventes de produits Apple. La totalité des sommes sous gestion dépasse aujourd’hui les 225 milliards de dollars, dont 90 % seraient logés dans des filiales étrangères, ce qui en fait l’un des fonds d’investissement les mieux dotés de la planète.

La filiale d’Apple opère sous le radar depuis sa création, mais elle n’est pas totalement invisible. Elle possède sa page Facebook, dans la rubrique  » entreprise locale « , et affiche chichement 44 mentions « like ». Quelques clics sur Google permettent même de localiser l’entreprise.

Celle-ci était initialement installée au 730 Sandhill Road, à Reno. Ironie du sort, c’est aussi le nom de la rue où sont domiciliées les plus grandes sociétés de capital-risque de la Silicon Valley, à Menlo Park.

Un vétéran à sa tête

Braeburn Capital a déménagé dans le courant de l’année 2012, à deux blocs de son ancienne adresse, au 6900 Boulevard McCarran. Le bâtiment est quelconque, sans charme et sans style, typique des petits immeubles de bureaux des zones d’activités commerciales américaines. Une simple plaque indique les bureaux de la filiale d’Apple, au deuxième étage, suite 3020. La banque d’investissement Merrill Lynch dispose également de locaux dans le même bâtiment, au rez-de-chaussée. La typologie des lieux semble indiquer qu’il s’agit plus que d’une simple boîte aux lettres pour la filiale financière d’Apple. Son patron est un vétéran de la finance : Jeffrey Power dirige l’organisation depuis près de six ans. La cinquantaine, visage rond et poupin, ce Californien est passé par Wells Fargo, le fonds d’investissement KKR et le site de e-commerce eBay avant de rejoindre la firme de Cupertino.

Impossible d’en savoir plus, ni sur le style de décoration du bureau de Jeff Power, ni sur le nombre de personnes travaillant sur place. A l’instar de tous les hedge funds, celui d’Apple se montre extrêmement discret sur ses activités. Et Braeburn Capital dévoile évidemment le moins d’informations possible sur la nature de ses participations. Mais, contrairement à un hedge fund, le fonds d’Apple ne se limite pas à accepter des investisseurs avertis. Ils placent l’argent des actionnaires du groupe, des investisseurs ordinaires, exactement comme le ferait un quelconque fonds commun de placement, mais sans jamais leur expliquer ce qu’ils possèdent réellement.

Dans un article intitulé «  Apple est un hedge fund qui fabrique des téléphones  » et publié en août 2018 par The Wall Street Journal, deux chercheurs de l’université de Washington, Thomas Gilbert et Christopher Hrdlicka, dénoncent l’opacité des grands groupes dans leurs stratégies d’investissement et celle d’Apple en particulier. «  Quand vous achetez des actions Apple, vous prenez aussi une part dans l’un des plus gros fonds d’investissement au monde, écrivent-ils. Apple se comporte comme un hedge fund en soutenant son portefeuille de valeurs avec 115 milliards de dollars de dettes. « 

Attributs du paradis fiscal

Ce n’est pas un hasard si les dirigeants d’Apple ont choisi Reno pour y installer leur bras armé financier. Ils auraient pu choisir de se rapprocher de Wall Street, où sont installés la plupart des autres hedge funds, leurs concurrents. Mais ils n’auraient pas trouvé la même qualité de vie aussi bon marché avec ses casinos géants et ses chambres d’hôtel de luxe à moins de 70 dollars la nuit. Toute l’ingénierie de Braeburn Capital repose sur le savoir-faire et la capacité de ses dirigeants à trouver des astuces fiscales légales dans le monde entier pour éviter de payer des impôts. Et l’Etat du Nevada est sans doute l’un des meilleurs endroits aux Etats-Unis pour faire ce genre de chose. Surtout quand le siège social de son entreprise se situe à moins d’une heure d’avion de la Californie, plus précisément à Cupertino, dans le sud de la Silicon Valley, où le taux d’imposition sur les sociétés est de 8,84 %. Dans le Nevada, c’est 0 %. La firme à la pomme n’est évidemment pas la seule à profiter de l’extrême largesse de cet Etat en matière de fiscalité sur les entreprises. Des dizaines d’autres ont ouvert une filiale, pour les mêmes motifs, dans les environs de Reno, parmi lesquels Oracle, Microsoft, Cisco, ou encore Harley Davidson. Et elles sont probablement des milliers à disposer au moins d’une adresse postale dans l’Etat du Delaware, sur la côte est des Etats-Unis, qui possède tous les attributs d’un paradis fiscal.

Mécanismes planétaires

A chaque fois qu’est acheté un Mac, un iPhone, un iPad, ou tout autre produit de la marque Apple, une partie des bénéfices de cette vente est généralement déposée sur des comptes contrôlés par Braeburn. L’argent est ensuite investi dans des actions, des obligations ou d’autres produits financiers. Plus tard, lorsque ces investissements commencent à produire leurs dividendes, ils peuvent être mis à l’abri des autorités fiscales californiennes grâce à l’adresse du quartier général de Braeburn, à Reno dans le Nevada. Et sa miraculeuse fiscalité des entreprises à 0 %.

Le fabricant de l’Apple Watch est un orfèvre en matière d’optimisation fiscale. Et les stratèges de Braeburn sont parvenus à étendre ces mécanismes à l’échelle planétaire. «  Quand un iPhone est vendu où que ce soit dans le monde, les profits sont légalement exportés, sous la forme d’une redevance vers un pays à la fiscalité avantageuse « , explique Jean-Louis Gassée, ancien vice-président d’Apple. L’entreprise a été l’une des pionnières, à partir des années 1980, d’une technique comptable connue sous le nom de  » Double Irish With a Dutch Sandwich « , le Double irlandais et sandwich hollandais, qui permet de réduire substantiellement les impôts en faisant transiter les bénéfices par des filiales irlandaises et aux Pays- Bas, puis de les expédier vers les Caraïbes. Cette technique est aujourd’hui utilisée par des centaines d’autres entreprises et pas seulement issues du monde de la tech. Certaines ont carrément fait le copier-coller des méthodes d’Apple.

Pressions politiques

 » Le problème des réserves de cash d’Apple est que ça se voit et que l’enjeu devient très politique « , commente Jean-Louis Gassée. Les financiers de Braeburn jouent au chat et à la souris avec la Commission européenne et l’administration Trump, qui réclament chacune leur part de cet incroyable trésor de guerre. «  Mais les actionnaires font également pression, analyse Daniel Pinto, fondateur de Stanhope Capital. Soit vous rendez l’argent, soit vous montrez que vous pouvez en faire quelque chose. «  Que faire avec plus de 225 milliards de dollars ? Racheter Tesla ou Disney ? Dans son roman paru en début d’année Le jour où Apple a acheté la Grèce, Jean-Cédric Michel suggère une autre voie : racheter la dette grecque pour imposer un nouveau logiciel Apple Tax permettant de collecter facilement la TVA. Absurde ou visionnaire ?

https://www.challenges.fr/high-tech/la-verite-sur-le-bras-arme-financier-d-apple_661191

Le Nord Stream 2 ne passera pas par les eaux territoriales danoises

La construction du Nord Stream 2

Le Nord Stream 2 ne passera pas par les eaux territoriales danoises

Nord Stream 2INTERNATIONAL09:02 29.06.2019(mis à jour 15:50 29.06.2019)URL courteDossier:Gazoduc Nord Stream 2 (180)26996

Après plus de deux ans d’attente pour obtenir l’autorisation du gouvernement danois, l’opérateur Nord Stream 2 AG abandonne l’itinéraire initial du gazoduc, qui devait passer dans les eaux territoriales de ce pays. La société a deux projets de tracés alternatifs.

L’opérateur Nord Stream 2 AG a révoqué la demande d’obtention d’autorisation des autorités danoises pour le tracé principal du gazoduc, qui devait passer au sud de l’île de Bornholm, dans les eaux territoriales du Danemark, a fait savoir le 28 juin sur son site Nord Stream 2 AG. L’Agence Danoise de l’Énergie (DEA) a été informée de cette décision le même jour.

«Cette mesure était nécessaire puisque depuis plus de deux ans, depuis le dépôt de cette demande, l’ancien gouvernement du Danemark n’a pas montré que la décision serait prise», a déclaré Matthias Warnig, directeur général du groupe.

Nord Stream 2 (archives photo)

© PHOTO. GAZPROMDonald Trump propose une alternative «made in USA» au gaz russe acheminé par Nord Stream 2Selon lui, les investisseurs ont besoin de «sécurité juridique» et de la «protection de leurs attentes».

Dans son communiqué, l’opérateur indique également que la production de gaz en Europe peut baisser deux fois plus d’ici 2035 et que les pays européens devront donc augmenter leurs importations. Dans ce contexte, le Nord Stream 2 peut contribuer à la sécurité des livraisons et à la stabilité des prix.

Selon les amendements à la loi danoise sur le plateau continental entrés en vigueur le 1er janvier 2018, la diplomatie du pays a le droit de bloquer la construction des infrastructures dans ses eaux territoriales. 

En août 2018, le groupe Nord Stream 2 AG a annoncé avoir présenté aux autorités danoises un projet d’itinéraire alternatif qui passait au nord-ouest de l’île de Bornholm. En mai dernier, la société a proposé un autre tracé passant au sud-est de l’île.

Ces deux routes ne traversent pas les eaux territoriales du Danemark mais sa zone économique exclusive. Dans ce cas, l’opérateur du gazoduc n’a pas besoin d’obtenir l’approbation du ministre danois des Affaires étrangères. 


https://fr.sputniknews.com/international/201906291041546564-le-nord-stream-2-ne-passera-pas-dans-les-eaux-territoriales-danoises/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr

Patrick Lawrence : Les États-Unis en action sur le marché iranien du pétrole ou un exemple de politique étrangère irrationnelle

GÉOPOLITIQUE29.juin.2019 // Les Crises

Patrick Lawrence : Les États-Unis en action sur le marché iranien du pétrole ou un exemple de politique étrangère irrationnelle

IranUSAMerci32Je TweetJe commenteJ’envoie

Source : Consortium News, Patrick Lawrence

Patrick Lawrence évalue le potentiel retour de flamme de l’annulation de Pompeo pour 8 importateurs majeurs des dérogations quant aux sanctions américaines.

Une défaite décisive dans une bataille de longue haleine avec des cerveaux de la politique étrangère

L’annonce faite la semaine dernière par le Secrétaire d’État Mike Pompeo, selon laquelle aucun importateur de pétrole iranien ne bénéficiera désormais de dérogations quant aux sanctions américaines, est aussi risquée que malavisée. Le retrait des dérogations à compter de ce jeudi donne effectivement à huit importateurs dépendants du brut iranien – Inde, Japon, Corée du Sud, Chine, Turquie, Taïwan, Italie et Grèce – un préavis de 10 jours pour revoir leurs achats pétroliers. C’est maintenant une stratégie globale : L’intention est de couper l’accès de l’Iran à tout marché pétrolier dans le cadre de la campagne de « pression maximale » de l’administration contre Téhéran. « Nous allons vers zéro », a déclaré M. Pompeo lorsqu’il a dévoilé cette nouvelle politique.

Personne ne va vers zéro. La décision de l’administration nuira encore davantage à l’économie iranienne, certes, mais peu de gens en dehors de l’administration pensent qu’il est possible d’isoler l’Iran aussi complètement que Pompeo semble l’espérer. La Turquie a immédiatement rejeté les « sanctions et impositions unilatérales sur la façon de conduire les relations avec ses voisins », comme l’a dit le ministre des Affaires étrangères Mevlüt Çavusoglu dans un message Twitter. La Chine pourrait faire de même, mais moins brutalement. D’autres importateurs de pétrole sont susceptibles d’envisager des opérations de troc, des transactions en monnaie locale et d’autres « solutions de contournement » similaires. Dans le voisinage immédiat, l’Irak ignore jusqu’à présent les demandes des États-Unis de cesser d’acheter du gaz naturel et de l’électricité à l’Iran.

Pompeo se joint à une réunion de la diaspora iranienne à Dallas, le 15 avril 2019. (Département d’État/Ron Przysucha via Flickr)

Aperçus sur un abus de pouvoir

Il y a quelques enseignements à tirer de ce cas inhabituellement agressif d’abus de pouvoir.

Tout d’abord, le nouveau tournant dans la politique de l’administration vis à vis de l’Iran semble marquer une défaite décisive pour le président Donald Trump dans sa lutte de longue date avec ses responsables de la politique étrangère. Il est maintenant très peu probable que Trump atteigne l’un ou l’autre de ses objectifs politiques, un certain nombre d’entre eux représentant des alternatives utiles aux stratégies étonnamment arbitraires avancées par Pompeo, John Bolton, conseiller à la sécurité nationale, et d’autres fanatiques de l’administration Trump.

Ainsi, affaibli par les enquêtes implacables sur le « Russia-Gate », le président a désormais peu de chances d’améliorer ses liens avec Moscou ou de négocier avec des adversaires comme l’Iran et la Corée du Nord, comme il s’en est longtemps fait l’avocat.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a déclaré dimanche, lors d’une interview accordée à Face the Nation, que si les conditions étaient réunies, Téhéran serait ouverte à des négociations bilatérales. C’était la deuxième fois en une semaine que Zarif s’exprimait ainsi. Mais ceux qui entourent Trump, notamment Bolton et Pompeo, ont la certitude de pouvoir bloquer de telles éventualités – ou les saboter si elles avaient lieu, comme ils l’ont fait fin février, lors du deuxième sommet de Trump avec Kim Jong-un, le dirigeant de la Corée du Nord.

Deuxièmement, la politique étrangère de ce gouvernement a constamment adopté un aspect irrationnel qui pourrait être sans précédent dans l’histoire des États-Unis. C’est périlleux. L’hostilité quasi paranoïaque de l’administration envers Pyongyang et Moscou en est une illustration. Il en est de même quand il s’agit de s’aliéner, en toute indifférence des alliés de longue date de l’autre côté de l’Atlantique et en Asie. Depuis cette semaine, cependant, la politique de Pompéo, qui consiste à « aller jusqu’à zéro », fait de l’Iran le danger le plus immédiat.

Le goulot d’étranglement du golfe Persique

Des responsables iraniens, dont Zarif, menacent maintenant de fermer le détroit d’Ormuz, goulot d’étranglement du golfe Persique, si les pétroliers iraniens sont empêchés d’y passer. Il s’agit d’un avertissement indirect qui pourrait voir l’armée iranienne affronter la cinquième flotte américaine, qui opère dans le golfe et les eaux limitrophes.

Un autre danger auquel l’administration se retrouve aujourd’hui confrontée vient de la forte flambée du prix du pétrole. Conjuguées, les sanctions américaines contre le Venezuela et l’Iran visent à retirer du marché environ 2 millions de barils de pétrole par jour.

L’Arabie saoudite s’est engagée à compenser la perte d’approvisionnement, mais de nombreux analystes s’interrogent sur sa capacité à soutenir une augmentation de la production compte tenu de l’épuisement progressif de son champ de Ghawar, longtemps productif. La capacité de réserve des producteurs est déjà très faible. Faut-il prendre le risque d’une nouvelle crise pétrolière, compte tenu de l’essoufflement de l’économie mondiale ?

En Iran, Zarif : ouvert aux pourparlers bilatéraux. (YouTube)

Les responsables de la politique étrangère de Trump risquent aussi de se mettre à dos des alliés – la Corée du Sud, le Japon, l’Inde, les Européens – alors même que leur coopération sur de nombreuses autres questions politiques est nécessaire. Dans le cas de la Chine, l’administration met en péril les progrès d’un accord commercial presque achevéet compromet l’influence de Pékin sur la Corée du Nord.

Il y a d’autres cas qui démontrent l’indifférence apparemment totale de l’administration Trump à l’égard des dommages collatéraux et de l’animosité des alliés. Depuis que les États-Unis ont abandonné les accords de Paris sur le climat et l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, les Européens ont peine à contenir leur colère; ils sont maintenant ouvertement furieux que les des sanctions contre l’Iran se fassent plus sévères. Les Sud-Coréens, contrariés par la position intransigeante de Washington à l’égard de Pyongyang, cherchent maintenant les moyens de nouer des accords avec le Nord au mépris des nombreux degrés de sanctions imposées par l’ONU et les États-Unis.

La question est de savoir pourquoi la politique étrangère de cette administration est si déconcertante et relève de l’amateurisme. Question subsidiaire: Pourquoi le président s’entoure-t-il de conseillers politiques qui vont totalement à l’encontre de ceux de ses objectifs qui en valent la peine ?

Trump est arrivé à Washington sans être issu du corpus politique: c’est probablement là que commencent les réponses à ces questions. Le décideur new-yorkais avait un choix très limité à partir duquel il pouvait bâtir son administration. Son interminable problème avec le « Russia-Gate » l’handicape encore plus. Cette administration est l’une des plus opaques de l’histoire récente, ce qui fait que les certitudes quant à son fonctionnement interne sont difficiles à obtenir. Mais il est fort possible que Trump n’ait pas choisi son équipe de politique étrangère et que les membres de celle-ci lui aient été imposés.

Cependant, ses conseillers font maintenant partie de l’administration, ils forment une combinaison toxique de néoconservateurs, dont nombre proviennent de la Heritage Foundation, et des chrétiens évangéliques. Bolton est emblématique de la première, Pompeo de la seconde. C’est la couleur actuelle de la politique étrangère américaine.

Zélotes et Croisés

Les deux camps sont peuplés de fanatiques et de croisés; tous deux cultivent des visions du monde irrationnelles enracinées dans une idéologie et des positions extrémistes. L’obsession de Bolton est la restauration d’une suprématie américaine incontestée. On dit que Pompeo considère des adversaires tels que la Corée du Nord et l’Iran comme George W. Bush l’a fait : Les États-Unis sont dans une guerre de “fin des temps” avec Gog et Magog [référence à l’eschatologie biblique, NdT], manifestations bibliques du mal à l’étranger dans le monde.

Pour être clair, il y a plus de mal que de bien dans la façon de penser du président en matière de politique étrangère. Il était évidemment derrière la décision de déplacer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem ainsi que l’annonce en mars que Washington reconnaissait la juridiction israélienne sur le plateau du Golan.

« C’est très important stratégiquement pour la victoire, les sommets, parce que vous êtes très haut, très important », a déclaré Trump ce week-end. « Il y a cinquante-deux ans, cela a commencé [quand Israël a capturé le Golan en Syrie pendant la guerre de 1967] et je l’ai fait rapidement. C’est fait. C’est fini. »

Il est peu probable que l’on fasse quoi que ce soit en ce qui concerne le déménagement de l’ambassade et la décision concernant le plateau du Golan. Tous deux sont diamétralement contraires au droit international et tous deux ont considérablement entamé la crédibilité des États-Unis au Moyen-Orient. En bref, Trump fait ses propres erreurs de calcul, et elles sont aussi graves que celles faites par l’axe Pompeo-Bolton. Il y a peu de sages dans cette administration.

En même temps, le désir de Trump de négocier avec ses adversaires – Russie, Iran, Corée du Nord – est entièrement défendable. Mais la politique iranienne « vers le degré zéro » qui entrera en vigueur cette semaine peut être interprétée comme une preuve de l’échec du président à contrer la politique étrangère des manichéens qui l’entourent.

Il y aura peut-être des escarmouches à venir, mais la bataille est terminée. Nous devons maintenant regarder les idéologues extrémistes accélérer le déclin déjà évident de l’Amérique en tant que puissance mondiale – ainsi que son isolement croissant.

Patrick Lawrence, correspondant à l’étranger depuis de nombreuses années, principalement pour l’International Herald Tribune, est chroniqueur, essayiste, auteur et conférencier. Son livre le plus récent est « Time No Longer : Americans After the American Century » (Yale) [« La fin d’une époque: les Américains après le siècle Américain » (Yale), NdT]. On peut le suivre à @thefloutist. Son site Web est www.patricklawrence.us. Soutenez son travail via www.patreon.com/thefloutist.

Source : Consortium News, Patrick Lawrence, 29-04-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus

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