Brouillard d’Ormuz

Brouillard d’Ormuz

Publié le 14 Juin 2019 par Observatus geopoliticus in Moyen-OrientEtats-Unis

Et c’est reparti ! La guéguerre irano-américaine retrouve des couleurs. Si, en Syrie, les falses flags chimiques avaient la furieuse habitude de se dérouler début avril, leurs supposés collègues du Golfe persique ont une légère préférence pour le milieu de chaque mois. Le 12 mai, on s’en rappelle, quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens, sont abîmés non loin du détroit d’Ormuz.

Ne donnant pas sa part au chien, juin y va de son petit incident. Deux tankers, dont un japonais (au moment même où le Premier ministre du Pays du soleil levant fait une visite en Iran !) sont endommagés à la sortie du détroit :

Autre coïncidence troublante : l’attaque a lieu alors que le Follamour moustachu de Washington et iranophobe primaire, Bolton pour ne pas le nommer, est sur la sellette. Pas plus tard que la semaine dernière, le Donald a proposé à Téhéran d’ouvrir, sans précondition aucune, des discussions. On imagine aisément que ces éventuels pourparlers sont maintenant sur le fil du rasoir…

Cela ressemble donc à s’y méprendre à un nouveau false flag impérial, ou du moins d’une de ses composantes : torpiller tout début de détente entre Téhéran et Washington, faire plaisir aux Etats clients (les infatigables Israoudiens) voire remettre en selle Bolton.

D’autant plus que les accusations du CentCom, qui a publié une vidéo montrant les Iraniens tentant de retirer une mine non explosée pour  »cacher les preuves de leur crime », sont battues en brèche par les déclarations de l’armateur japonais. Ce seraient des torpilles ou des missiles qui auraient endommagé les bateaux, non des mines comme le prétendent les Américains.

Ainsi, tout semble concorder : nous sommes en présence d’une énième et piteuse mascarade US. Sauf que…

Quelques observateurs avisés de la scène moyen-orientale, peu suspects d’impérialophilie au demeurant, semblent accréditer la thèse d’actions iraniennes en réponse à l’agression économique et diplomatique américaine depuis des mois.

Pour Elijah Magnier ou Moon of Alabama, l’Iran, touché de plein fouet par les sanctions, met tout simplement ses menaces en pratique : Si nous ne pouvons pas exporter notre pétrole par le détroit d’Ormuz, personne ne le fera. Sachant que 20% de l’or noir mondial et 33% du GNL passent par cette zone ô combien stratégique, c’est le meilleur moyen de défense de Téhéran.

Toujours selon cette thèse, il se pourrait même qu’il y ait un lien entre les sanctions sur l’industrie pétrochimique iranienne, décrétées par Washington il y a quelques jours, et l’identité des navires visés : ceux-ci ne transportaient pas exactement du pétrole mais, vous l’avez deviné, des produits dérivés… pétrochimiques.

False flag ou message subliminal de Téhéran à destination de l’empire ? Nous en saurons peut-être plus ces prochains jours.

En attendant, le président Rouhani était à Bichkek, au Kirghizstan, pour le somment de l’Organisation de Coopération de Shanghai. Dans un discours remarqué, il y a descendu en flamme l’unilatéralisme US, pour le plus grand plaisir de Pékin. Il a également offert des privilèges et facilités économiques aux Etats membres de l’OCS qui investiraient en Iran. C’est précisément à cela que sert la grande organisation eurasienne, au grand dam de qui vous savez…

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