L’IMAGERIE SATELLITE MONTRE SIMULTANÉMENT TROIS PORTE-AVIONS CHINOIS

L’IMAGERIE SATELLITE MONTRE SIMULTANÉMENT TROIS PORTE-AVIONS CHINOIS

 337 Faire un donLe 3 juin, ImageSat a publié de rares images satellitaires montrant trois transporteurs chinois distincts, le Type 001, le Type 001A et vraisemblablement le Type 002.

ImageSat Intl.@ImageSatIntl

Three aircraft carriers in one day.

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Le troisième porte-avions est encore mystérieux, car la marine de l’armée de libération du peuple n’a donné aucune confirmation officielle.

En novembre 2018, l’agence de presse officielle Xinhua, sur sa page WeChat, signalait que la Chine avait commencé à travailler sur son troisième porte-avions.

Aucun autre détail n’a été fourni, il s’agissait simplement d’un « transporteur de nouvelle génération ». Le point de vente China Daily a affirmé que le groupe de chantiers navals Jiangnan de la société China State Shipbuilding Corp à Shanghai construisait un « plus grand et plus puissant » que le Liaoning et le deuxième transporteur.

Quoi qu’il en soit, ces images satellitaires marquent la deuxième fois que l’activité sur le troisième porte-avions présumé est signalée dans les deux mois.

Début mai 2019, le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) à Washington a publié des images satellitaires commerciales, datées du 17 avril, montrant une activité significative au chantier naval de Jiangnan, par rapport à une analyse d’octobre 2018.

Satellite Imagery Shows Three Chinese Aircraft Carriers Simultaneously

Satellite Imagery Shows Three Chinese Aircraft Carriers Simultaneously

Satellite Imagery Shows Three Chinese Aircraft Carriers Simultaneously

Satellite Imagery Shows Three Chinese Aircraft Carriers Simultaneously

On ignore encore si le nouveau porte-avions aurait une propulsion à propulsion nucléaire ou conventionnelle. Le plus souvent, on suppose qu’il va avoir une propulsion conventionnelle et un type de lancement différent.

Il devrait être plus grand que le Liaoning de type 001 et le Type 001A, qui n’aura pas été nommé, et qui devrait terminer tous ses essais en mer et être mis en service en 2019.

Satellite Imagery Shows Three Chinese Aircraft Carriers Simultaneously

Selon le rapport 2019 du département de la Défense des États-Unis sur les capacités chinoises , la Chine a commencé la construction de son deuxième porte-avions construit dans le pays en 2018, qui sera probablement plus grand et équipé d’un système de lancement de catapultes. Cette conception lui permettra de prendre en charge des avions de chasse supplémentaires, des avions d’alerte avancée et des opérations de vol plus rapides. Le deuxième transporteur construit en Chine devrait être opérationnel d’ici 2022.

En juin 2018, le modèle présumé du type 002 avait été révélé «accidentellement» sur une photo montrant la salle de conférence de la China Shipbuilding Industry Corporation. Sur une photo sur son mur.

«Une photo publiée sur les médias sociaux par l’une des sociétés développant les porte-avions chinois semble suggérer que le dernier navire sera équipé d’un système de lancement de catapultes, à la différence de ses prédécesseurs.

La China Shipbuilding Industry Corporation (SCCI) a publié la photo mercredi, a rapporté le tabloïd soutenu par l’État, Global Times, bien qu’elle ait été retirée plus tard le même jour.

L’image – qui semblait être celle d’un artiste plutôt que d’une photo réelle – montrait le porte-avions chinois de type 002 – le troisième porte-avions du pays et le deuxième à être développé dans le pays – avec un poste de pilotage plat équipé de trois catapultes.

Apparemment, l’image était un instantané d’une grande affiche accrochée au mur dans la salle de conférence de la SCCI », a rapporté le SCMP en juin 2018.

Outre les images satellitaires et une impression d’artiste, la seule information concluante sur le Type 002 est que l’agence de presse nationale Xinhua a annoncé que des travaux étaient en cours sur le porte-avions. Autre que cela, tout le reste en ce qui concerne le navire de guerre chinois indigène reste un mystère.

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Les sept péchés capitaux de l’Europe

22 mai 2019

Les sept péchés capitaux de l’Europe

L’Europe (l’Union européenne) a la migraine. L’une de ses principales composantes (l’Angleterre) se dispose à la quitter, ses composantes orientales ex-communistes se rebellent au nom de leur liberté fraîchement acquise, sa croissance économique est au plus bas, y compris en Allemagne… L’Europe n’arrive pas à maîtriser les flux d’immigrants en provenance d’outre-Méditerranée. Enfin, elle est devenue le terrain de jeu des principales puissances de la planète, les États-Unis et la Chine, qui usent de ses divisions pour s’emparer de ses marchés, de ses entreprises et de son savoir-faire.

Faut-il s’étonner dans ces conditions de la poussée des partis « eurosceptiques » dans la plupart des pays de l’Union ?

L’Union européenne, dont les prémices remontent à soixante-dix ans, peut se flatter de nombreux succès et par-dessus tout d’une situation de paix exceptionnelle par sa durée. L’Europe de l’Ouest jouit aussi d’une aisance enviable, sans équivalent dans le monde si l’on met à part quelques pays comme le Japon, la Corée, Taiwan, Singapour, le Canada ou encore l’Australie… Elle le doit à l’effort renouvelé des quarante générations de femmes et d’hommes du précédent millénaire qui ont bâti des communautés nationales fondées sur le droit, la confiance et la solidarité.

Les inquiétudes actuelles tiennent à la crainte de dilapider ces acquis millénaires dans une Union européenne plus que jamais sous tension, du fait de ses dissensions internes et de son impuissance face aux défis extérieurs. On peut nier ces inquiétudes et traquer les partis politiques qui ont le front de s’en servir, de la même façon qu’on casserait un thermomètre pour ne pas voir une montée en température. C’est une approche « optimiste » mais stérile et vaine.

On peut aussi poser un diagnostic sans tabous sur la construction européenne et ses points faibles, en vue d’en tirer un protocole de soins salvateur. C’est une approche « pessimiste » mais constructive. Engageons-nous donc dans cette voie et demandons-nous quels sont les malentendus à l’origine de la crise européenne. Nous en avons distingué sept, comme les péchés capitaux du catéchisme d’antan : (1)l’Europe a été créée pour faire la guerre (froide), (2) elle s’est soumise à Washington, (3) elle prétend effacer les nations, (4) elle n’a généré aucune solidarité entre les citoyens des différents États, (5) elle s’est construite sur une idéologie (néo)libérale, (6) elle tourne le dos à sa diversité culturelle, (7) elle privilégie l’accessoire à l’essentiel.

Joseph Savès et André Larané

1/ L’Europe a été créée pour faire la guerre (froide)

Caressée par maints rêveurs, de Victor Hugo à Aristide Briand, l’idée européenne a été réactivée par Winston Churchill, à Zurich le 19 septembre 1946, et reprise au vol en mars 1947 par le Congrès américain qui se déclara « favorable à la création des États-Unis d’Europe dans le cadre des Nations Unies ».

On était alors en pleine guerre froide. L’URSS de Staline se dotait de la bombe thermonucléaire. La Chine, l’Indochine et la Corée étaient sur le point de tomber sous sa tutelle. Berlin allait faire l’objet d’un blocus et chacun craignait une troisième guerre mondiale entre les deux Super-Grands, États-Unis et URSS.

En rapprochant les pays ouest-européens, Washington souhaitait donc allumer un contre-feu face à la menace soviétique. Mais dans une Europe occidentale où les communistes pesaient jusqu’à 25% du corps électoral (France, Italie), on préféra se convaincre que la construction européenne avait avant tout vocation à réconcilier ses peuples. Cette fable innocente prévaut encore aujourd’hui.

Dans les faits, quand la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) fut créée le 9 mai 1950, cinq ans après la fin du nazisme, il était bien évident que l’Allemagne meurtrie, honteuse, occupée et divisée était pour plusieurs générations hors d’état de reprendre les armes. Ses voisins avaient tout autant perdu l’envie de replonger dans la guerre. De même que Waterloo (1815) avait inauguré un siècle de paix à peine altéré par quelques guerres brèves et limitées, on pouvait raisonnablement espérer un nouveau siècle de paix avec ou sans union politique de l’Europe.

C’est à nouveau le contexte international, le soulèvement de Budapest et la crise de Suez (1956), qui ont permis le traité de Rome l’année suivante. En réactivant la menace soviétique et surtout en démontrant la faiblesse de la Grande-Bretagne et de la France face aux deux Super-Grands, ces crises ont levé les objections de la France au projet de Marché Commun.

La chute du communisme européen en 1989-1991 a remis en question les prémices de l’Europe. La menace soviétique a disparu et la Russie en format réduit qui a succédé à l’URSS s’est montrée soucieuse de seulement protéger les russophones.

C’est dans ce contexte apaisé que l’OTAN et les pays de l’Union européenne ont pris le parti de faire la guerre pour la première fois de leur histoire, en intervenant en Yougoslavie puis en déstabilisant le Caucase et l’Ukraine.

On peut y voir la démonstration que c’est la guerre froide qui assurait la paix en Europe… et poussait les Européens à s’unir. Sitôt qu’elle a pris fin, par KO de l’URSS, l’Europe est redevenue une terre de conflits et de tensions.

2/ L’Europe s’est soumise à Washington

La construction européenne a été rendue possible par le soutien des États-Unis et jusqu’à la chute de l’Union soviétique, ce soutien n’a pas fait défaut. Il s’est aussi accommodé de quelques dissidences : le général de Gaulle ne s’est pas privé de dénoncer l’intervention américaine en Indochine et, dans un souci d’indépendance, il a même suspendu la participation de la France au commandement de l’OTAN.

Il est vrai que l’Amérique flamboyante de l’après-guerre suscitait attirance et fascination jusque chez ses adversaires du camp communiste. Le contexte a changé dans les années 1990 quand s’est effondrée la menace soviétique et que les États-Unis sont apparus comme une économie déclinante face à la percée de la Chine. Misant dès lors sur sa puissance militaire, le gouvernement américain est devenu un facteur d’instabilité : extension de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie, blocus de l’Irak, déstabilisation de l’Iran etc.

En 2003, le gouvernement français s’est une dernière fois permis d’apporter la contradiction au gouvernement américain quand celui-ci s’est mis en tête d’envahir l’Irak. Quinze ans plus tard, il n’est plus question de s’opposer à l’Oncle Sam. L’Europe suit les États-Unis quoi qu’ils fassent et quoi qu’il lui en coûte : diabolisation de la Russie, soutien à l’Arabie dans son agression du Yémen… Elle s’est même couchée quand le président Trump a unilatéralement déchiré l’accord de Paris sur le climat et le traité de Vienne avec l’Iran.

Plus grave que tout, l’Europe s’est soumise au droit intérieur américain en acceptant que soient sanctionnées les entreprises qui viendraient à commercer avec l’Iran. C’est du jamais vu en matière de servitude volontaire de la part d’États naguère indépendants et respectés. « Si nous acceptons que d’autres grandes puissances, y compris alliées, y compris amies dans les heures les plus dures de notre histoire, se mettent en situation de décider pour nous notre diplomatie, notre sécurité, parfois en nous faisant courir les pires risques, alors nous ne sommes plus souverains, » a reconnu Emmanuel Macron à Aix-la-Chapelle, le 10 mai 2018. La conclusion est sans appel et c’est donc le président qui le dit : nous ne sommes plus souverains !

L’Europe, vache à lait des Gafa

Aujourd’hui, les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple…) pillent impunément les ressources de l’Europe. Ces sociétés de « services » toutes basées outre-Atlantique usent de leur monopole numérique pour rançonner les travailleurs et les consommateurs européens (taxis, hôteliers…) comme les « fermiers généraux » de l’Ancien Régime qui s’étaient appropriés la collecte de l’impôt et en tiraient de juteux profits.

Il serait tout à fait possible de les en empêcher en promouvant nos propres acteurs de l’internet. C’est ainsi que procèdent les Chinois et cela leur permet de demeurer maîtres chez eux. Mais les fonctionnaires et élus européens se l’interdisent car ils ont placé toute leur foi dans la « libre entreprise ». Sauf révolution (improbable), on ne reviendra pas à la « préférence communautaire » des années 1960 et aux politiques intergouvernementales qui ont engendré Airbus et Ariane et défié les monopoles de Boeing et la NASA.

3/ L’Europe prétend effacer les nations

En 1914, au sommet de sa puissance, emportée par un orgueil démesuré, l’Europe a sombré dans une effroyable « guerre de Trente Ans ». D’aucuns en ont rendu responsables les États-Nations. C’est oublier que ceux-ci ont permis aux Européens de bâtir en mille ans une immense civilisation, avec la démocratie en prime. Ces États-Nations ont limité les conflits en permettant à chaque communauté de se développer suivant ses usages et ses mœurs, au contraire de l’empire chinois qui a connu de nombreuses guerres civiles à peu près aussi meurtrières que les guerres mondiales, de la rébellion An Lushan (VIIIe siècle) à la révolution culturelle.

L’Union européenne croit pouvoir faire table rase de son passé, à la différence de la Suisse, par exemple, qui s’est construite dans le respect des différences entre ses cantons. Illustration : en campagne pour la liste présidentielle aux européennes, Nathalie Loiseau plaide pour une « Europe des territoires ». Les territoires ? Des lieux habités par des gens, où les échanges se font avec des billets illustrés par des ponts et des portes sans nom et sans mémoire…

Cette dépersonnalisation de l’Europe vise clairement à gommer l’Europe des nations et des citoyens. Sur les murs du bâtiment Berlaymont qui abrite à Bruxelles la Commission européenne, on voit des cartes d’où les États ont pratiquement disparu au profit des circonscriptions administratives. Les fonctionnaires de Bruxelles ignorent ostensiblement les nations mais débordent d’attentions pour les régions, comtés, départements, communes, corporations, associations etc.

La Commission se fait ainsi un devoir de distribuer à quiconque lui en fait la demande des subventions joliment qualifiées de « fonds européens structurels et d’investissement » (FESI). C’est de l’argent versé à Bruxelles par les différents États et redistribué tous azimuts, pour le financement de ronds-points, de tunnels, de crèches, de musées, d’organisations caritatives etc. Par cette « générosité » faussement innocente et somme toute inutile, l’Union s’immisce dans les politiques nationales et brouille leurs priorités.

La raison voudrait que les FESI soient simplement versés aux États les plus nécessiteux et que l’on s’en tienne là en laissant aux citoyens de chaque État le soin de décider de l’affectation de leurs ressources.

L’illusion impériale

Instruit en histoire, le président Macron a réveillé ses souvenir de l’empire romain comme des empires byzantin, ottoman, mongol ou encore chinois. Il a avancé le souhait que l’Union débouche sur un « Empire européen » ! Un cauchemar en perspective ! La dernière fois qu’une myriade d’États se sont transformés en Empire, ce fut avec l’unification allemande, au XIXe siècle. Divisée en 350 principautés à l’issue des traités de Westphalie, en1648, l’Allemagne se montra prospère, pacifique et créatrice comme jamais. Réunie sous la forme d’un empire en 1871, elle ne tarda pas à devenir le plus effroyable des États…

Ainsi que le rappelle l’historien Gabriel Martinez-Gros, l’empire est par définition l’antithèse de l’État-Nation. C’est une structure autoritaire, qui fonctionne sur l’arbitraire et l’oppression fiscale, et dont l’oligarchie assure sa domination en divisant les populations, avec au final une société sclérosée. Quel citoyen pourrait en rêver ?

4/ L’Europe n’a généré aucune solidarité entre ses citoyens

La construction européenne n’a créé en soixante-dix ans aucune solidarité effective par-dessus les États. En pratique, dans leur vie quotidienne, les Français ne sont pas plus solidaires des Allemands et des Roumains que des Mongols ou des Sénégalais. En matière sociale, fiscale ou civile, les Européens ne partagent strictement rien entre eux et sont même dans plusieurs domaines en concurrence les uns avec les autres.

Il y a aujourd’hui plus de liens entre un habitant d’un bidonville de Mayotte et un bourgeois de Strasbourg qu’entre ce dernier et son voisin de Fribourg-en-Brisgau, si proches qu’ils soient par les mœurs et le mode de vie. Les Strasbourgeois acceptent sans maugréer de financer des aides sociales à destination des Mahorais. Mais on a vu par contre les Fribourgeois et les autres Allemands se soulever avec colère quand il a été envisagé en 2015 d’aider les Grecs victimes de la crise.

L’union monétaire et la libre circulation des capitaux ne compensent pas l’absence de solidarités sociales et humaines. Au contraire, elles exacerbent les conflits entre les citoyens des différents États. C’est ainsi que les paysans français encaissent aujourd’hui de plein fouet la concurrence de l’agro-industrie allemande sans pouvoir se défendre et l’actuel président de la Commission européenne a pu gouverner pendant dix-huit ans le Luxembourg en « pompant » à son seul profit les ressources fiscales des groupes américains installés en Europe.

Notons que les aides aux États les plus pauvres (Roumanie, Bulgarie…), justifiées et nécessaires, ne créent pas davantage de solidarité que l’aide de l’Europe à l’Afrique. Si elles sont mal gérées, elles peuvent induire une situation de dépendance et nourrir les réseaux mafieux et la corruption.

5/ L’Europe s’est construite sur une idéologie (néo)libérale

L’Europe est née en 1950 sur un projet de coopération économique. Rien de plus normal. À mesure qu’elle a grandi, elle a eu soin  d’abattre les barrières douanières et les entraves aux échanges. Normal aussi. Elle s’est aussi associée aux négociations initiées par les États-Unis sous le nom de Kennedy Round(1964-1967) en vue de faciliter les échanges internationaux. Normal également. On est ici dans une démarche pragmatique qui réunit des États souverains également développés.

Un changement s’est produit à la fin des années 1970, avec d’une part la fin de l’expansion d’après-guerre (les « Trente Glorieuses »), d’autre part l’émergence d’une idéologie néolibérale (Milton Friedmann, Friedrich Hayek…) qui n’a plus rien de pragmatique et soutient mordicus que « l’actionnaire sait mieux que quiconque ce qui est bon pour l’entreprise » (Jack Welch, General Electric), « l’État n’est pas la solution à notre problème, l’État est le problème » (Ronald Reagan, président américain) et « le libre-échange, c’est la paix »(Pascal Lamy, président de l’Organisation mondiale du commerce).

À la différence des autres dirigeants de la planète (Américains, Chinois, Japonais…), les Européens se sont convertis sans réserve à la nouvelle religion. Ils ont multiplié les accords de libre-échange dissymétriques (Japon, Chine, États-Unis…) en ouvrant leurs marchés et leurs capitaux sans s’assurer de la réciproque. Il s’en est suivi une perte de marchés et surtout de savoir-faire dont le dernier exemple est le rachat du géant allemand de la robotique, Kuka, par une société chinoise inconsistante mais grassement financée par Monsieur Xi (Xi Jinping).

Fidèles à leur foi, les dirigeants européens ont aussi prohibé toute forme de dirigisme étatique et de coopération intergouvernementale. De fait, depuis la mise en route de l’Acte unique (libre circulation des marchandises et des capitaux) et de la monnaie unique en 1988, l’Europe n’a plus aucune réalisation à son actif, comparable à Airbus (1970), l’Agence spatiale européenne (1975), Erasmus (1985) etc. L’Europe est en panne. Toute son énergie est vouée à la défense de la monnaie unique envers et contre tout, cependant que l’industrie qui a fait la richesse du continent s’étiole, s’évanouit ou s’évade.

Le néolibéralisme est au libéralisme ce que le marxisme-léninisme fut au socialisme, une extrapolation monstrueuse et mortifère. On n’en sort pas impunément et c’est en vain que certains Européens réclament la « préférence communautaire » sur les importations et les contrats publics. Il faut dire qu’il est plus avantageux à titre individuel d’importer un produit de Chine au prix de 20 et de le revendre 90 plutôt que de le fabriquer en Europe au prix de 50 et de le revendre 100.

6/ L’Europe tourne le dos à sa diversité culturelle

Art nouveau, Art déco… Jusque dans les années 1920, l’Europe a donné le la à la culture. Surmontant les divergences politiques et même les conflits, les Européens ont tissé entre eux des rapports étroits et féconds. Dès le XIIe siècle, les étudiants voyageaient sans doute davantage que les étudiants Erasmusdu XXIe siècle ! Il s’ensuit que chez les grands créateurs, Shakespeare, Mozart, Goethe, Hugo… l’inspiration était européenne avant que d’être nationale. Quel Français écrirait aujourd’hui un hymne à la culture allemande (ou italienne ou espagnole) comme autrefois Mme de Staël ou plus près de nous François Mitterrand ?

Nous n’en sommes plus là. Toutes les références culturelles communes aux Européens viennent d’outre-Atlantique, y compris les acteurs de cinéma et la musique. Ces références sont véhiculées par l’anglais international ou globish« À Bruxelles, c’est le globish qui règne en maître, une forme appauvrie à l’extrême de la langue de Shakespeare qui permet à tout le monde de communiquer sans problème », écrit Jean Quatremer, ex-européiste (Les Salauds de l’Europe). Faut-il s’en féliciter ? « La langue n’est pas neutre, rappelle Jean Quatremer. Elle véhicule des valeurs et des concepts et, surtout, seule la langue de naissance permet de communiquer au plus près de sa pensée : ce n’est pas un hasard si un Américain, un Chinois ou un Japonais ne négocie jamais dans une autre langue que la sienne »

Faut-il malgré tout se résigner à la domination de l’anglais ? Serait-ce le prix à payer pour la réconciliation des peuples ? Ce serait un bien mauvais calcul…

Dans quelques années, deux décennies au plus, nous disposerons avec internet d’outils de traduction instantanés d’une extrême fiabilité qui rendront inutile le recours à l’anglais international, y compris à l’oral. Il suffira à chacun de s’équiper d’une oreillette et de tendre son mobile vers son interlocuteur pour que chacun puisse parler et entendre dans sa langue maternelle. L’apprentissage des langues cessera d’être une obligation et redeviendra un pur plaisir. Les Japonais et quelques autres peuples demeurés fidèles à leur langue pourront alors pleinement jouir de leur avantage sur ceux qui auront fait le choix du plus petit dénominateur commun.

7/ L’Europe privilégie l’accessoire à l’essentiel

L’union fait la force, a-t-on coutume de dire. À condition que tous tendent vers le même objectif, faudrait-il ajouter. Autrement, l’union peut mener à la paralysie. C’est ce qui est arrivé à la Pologne au XVIIIe siècle à cause d’une mesure constitutionnelle d’une rare stupidité, le liberum veto, qui permettait à un quelconque député de la Diète de bloquer une loi. En conséquence, les voisins de la Pologne ne se faisaient pas faute de corrompre tel ou tel député pour affaiblir le pays.

De la même façon, en Europe, les intérêts égoïstes de tel ou tel pays viennent régulièrement entraver les intérêts de l’Union. C’est en particulier le cas en matière de fiscalité indirecte, de politique commerciale et de politique étrangère, des domaines dans lesquels est requise l’unanimité des États membres.

En matière de fiscalité indirecte, l’Union est devenue une jungle, chaque État faisant du moins-disant pour attirer chez lui les sièges des grandes sociétés sans qu’il soit possible d’y mettre bon ordre. La Chine a pu bloquer des décisions qui visaient à limiter son pouvoir de nuisance en faisant pression sur la Grèce ou le Portugal, des pays devenus dépendants de ses investissements. Les États-Unis ont pu bloquer la prétention du président Macron de taxer les Gafa (géants de l’internet) en menaçant simplement l’Allemagne de surtaxer ses voitures. Dans la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, l’Europe, paralysée par ses divisions, figure aux abonnés absents. Le vainqueur ramassera les morceaux.

En matière de diplomatie, les divisions sont encore plus nettes. Pendant les guerres de Yougoslavie (1992-1995), l’Allemagne et la France se sont rangées dans des camps opposés, la première soutenant la Croatie, la seconde la Serbie. À l’ONU et sur le terrain, les Européens étalent régulièrement au grand jour leurs divisions sur les enjeux israélo-arabes, africains, russes etc. Ainsi la France est-elle seule à combattre le djihad dans le Sahel cependant que Polonais, Baltes et Suédois préparent fébrilement leur revanche sur la Russie.

L’immigration et les questions intérieures affectent aussi les relations entre les États, pas seulement entre Européens de l’Est et de l’Ouest. En février 2019, Paris a ainsi rappelé son ambassadeur à Rome, un acte d’hostilité inouï entre deux « alliés » et partenaires aussi proches !

Là-dessus viennent se greffer les déclarations méprisantes de certains responsables allemands à l’égard de leurs partenaires, qu’il s’agisse de la Grèce ou… de la France. Un vice-chancelier a suggéré que la France renonce à son siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU cependant que la dauphine de la chancelière exige que le Parlement européen quitte Strasbourg pour Bruxelles (pourquoi pas ? Mais à condition que la Banque centrale européenne quitte Francfort pour Strasbourg !).  Démuni face à cet état de désunion, le président Macron détourne l’attention en dénonçant les « nationalismes ». C’est une rhétorique qui date. On la rencontrait déjà sous la plume de l’écrivain collaborationniste Drieu la Rochelle qui opposait le « nationalisme tardif des jeunes peuples » à la « nouvelle Europe ».

Conscients de leur impuissance dans les domaines régaliens (fiscalité, diplomatie, commerce), les Européens se rattrapent par un surcroît d’activité dans les domaines subalternes : droit civil, droit du travail, environnement, normes etc. Comme si l’uniformisation des règles allait rendre les Européens plus semblables et plus malléables. Cette orientation est en contradiction avec la belle devise de l’Europe : « Unie dans la diversité ». Elle est surtout en rupture avec le principe de subsidiarité inscrit dans tous les traités depuis 1957…

La subsidiarité signifie qu’une entité ne doit s’occuper que des missions dont les entités de rang inférieur sont incapables. Ainsi l’Union ne devrait-elle s’occuper que de ses relations avec le monde extérieur ainsi que de la protection des frontières. Elle devrait garantir la préférence communautaire concernant les biens et services ainsi que les contrats publics. Enfin, elle devrait veiller à l’équité dans les relations commerciales entre les États membres et sanctionner par exemple les États comme l’Irlande qui pratiquent le dumping fiscal ou les États comme l’Allemagne qui privilégient à tout va leurs exportations en sacrifiant leurs investissements intérieurs et déséquilibrant l’économie des pays clients. Tout le reste, environnement, éducation, droit du travail, droit civil et pénal, sécurité intérieure… ne devrait relever que des États et des citoyens (au moins dans un premier temps). Nous en sommes loin.

Publié ou mis à jour le : 2019-05-26 22:05:0

La Chine accueille le deuxième forum de l’Initiative de la Ceinture et de la Route.

4.juin.2019 // Les Crises

La Chine accueille le deuxième forum de l’Initiative de la Ceinture et de la Route. Par Peter Symonds

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Source : World Socialist Web Site, Peter Symonds, 01-05-2019

Par Peter Symonds
1 mai 2019

Le président chinois Xi Jinping a accueilli la semaine dernière à Beijing le deuxième forum de l’un de ses principaux programmes – l’Initiative de la Ceinture et de la Route (ICR) – un vaste projet d’infrastructure visant à relier la Chine par l’Eurasie par voie terrestre et maritime et à renforcer sa position sur la scène mondiale.

Depuis sa première annonce en 2013, l’ICR a été de plus en plus critiquée par les États-Unis, qui la considèrent comme un défi à ses propres ambitions mondiales. Lorsque l’Italie est devenue la première puissance du G7 à signer officiellement le projet le mois dernier, le Conseil national de sécurité des États-Unis a publié un tweet déclarant que Rome donne une légitimité à «l’approche prédatrice de la Chine en matière d’investissement».

Les responsables américains, y compris le vice-président Mike Pence, les groupes de réflexion et les médias ont accusé à plusieurs reprises la Chine d’utiliser l’ICR pour créer des «pièges à dette» afin de faire pression sur les pays pour qu’ils répondent aux demandes chinoises. Cette critique est tout à fait hypocrite. Depuis des décennies, les États-Unis exploitent des institutions comme le Fonds monétaire international pour imposer leurs diktats économiques et géopolitiques dans le monde entier.

Le président Xi était impatient d’utiliser le forum de l’ICR pour contrer les critiques croissantes des États-Unis et renforcer les liens ses liens en Eurasie et en Afrique. En ouvrant la réunion vendredi dernier, Xi a déclaré que la Chine s’engageait à la transparence et à la construction d’«infrastructures de haute qualité, durables, résistantes aux risques, à des prix raisonnables et inclusives».

Xi a dit à l’auditoire que l’ICR encouragerait un «développement ouvert, vert et propre». Sans mentionner spécifiquement les États-Unis, il a déclaré que «nous devons construire une économie mondiale ouverte et rejeter le protectionnisme». Cette remarque ne visait pas seulement à dénoncer les mesures de guerre commerciale de l’administration Trump contre la Chine. C’était aussi un signal aux puissances européennes, qui sont également confrontées à la menace de tarifs douaniers américains punitifs.

Devant une position américaine de plus en plus agressive à l’égard de la Chine – d’abord sous Barack Obama, puis sous Donald Trump – l’ICR a toujours été conçue pour renforcer la position économique et stratégique de la Chine, notamment en Europe, en vantant les avantages économiques d’une coopération économique et politique renforcée.

L’Italie est la seule grande puissance européenne à adhérer à l’ICR et à avoir envoyé son chef de gouvernement, le premier ministre Giuseppe Conte, au forum. Cependant, d’autres grands pays européens ont envoyé des représentants de haut niveau en quête d’opportunités économiques, tout en essayant d’éviter le mécontentement de Washington.

Le chancelier britannique Philip Hammond a assisté au forum pour faire du lobbying au nom des entreprises britanniques, un communiqué du Trésor soulignant des opportunités pour les entreprises britanniques dans les domaines du «design, du financement de l’ingénierie, des partenariats public-privé et des services juridiques».

Dans la perspective du forum de Beijing, malgré les fortes pressions exercées par les États-Unis, le gouvernement britannique a donné son accord de principe au géant chinois des télécommunications Huawei pour l’aider à construire le réseau de données 5G de la prochaine génération du pays. Robert Strayer, responsable du département d’État américain, a lancé un avertissement lundi contre toute implication du «fournisseur non fiable», même dans des éléments non essentiels du réseau, pouvant compromettre la coopération entre les services de renseignements américains et britanniques.

Le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier, était également présent au forum de l’ICR. Il a plaidé en faveur d’un accord multilatéral de l’ICR entre la Chine et l’Union européenne, qui permettrait à l’Allemagne d’avoir plus de poids au chapitre dans l’exécution des projets. Dans une critique à peine voilée de l’Italie, Altmaier a déclaré que l’UE «dans sa grande majorité» avait convenu qu’elle ne voulait signer aucun accord bilatéral.

Au total, quelque 5000 délégués étrangers de plus de 150 pays et plus de 90 organisations internationales ont participé au forum, dont 37 chefs de gouvernement ou chefs d’État. Le président russe Vladimir Poutine et le premier ministre italien étaient présents, ainsi que des dirigeants de l’Autriche, du Portugal, de la Hongrie et de la Grèce.

De hauts dirigeants de neuf des dix pays de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) étaient présents, ainsi que de quatre des cinq républiques d’Asie centrale. Le premier ministre pakistanais Imran Khan y a participé, mais l’Inde, hostile aux liens étroits de la Chine avec son rival régional, le Pakistan, n’était pas représentée par son premier ministre.

Non seulement le président américain Trump n’était pas présent, mais il n’y avait pas non plus de haut représentant américain au forum.

Avant le forum, le gouvernement chinois a entrepris d’atténuer certaines des critiques sur le financement des projets de l’ICR. Le premier ministre malaisien Mahathir Mohamad, arrivé au pouvoir lors de l’élection de l’an dernier, s’est montré très critique à l’égard des investissements chinois pendant la campagne électorale et a suspendu ou annulé plusieurs projets importants, dont une ligne ferroviaire le long de la côte est non développée de son pays.

Le mois dernier, la Chine a renégocié l’accord sur la ligne ferroviaire de 20 milliards de dollars en réduisant d’un tiers le coût de la construction. Le nouvel accord a permis à Mahathir d’assister au forum de Beijing et d’apporter son «plein soutien» à l’ICR.

Le président Xi a déclaré aux médias que la Chine avait signé quelque 64 milliards de dollars d’accords lors de ce forum de trois jours. Selon un rapport d’Al-Jazeera, «À ce jour, environ 90 milliards de dollars ont été investis dans divers projets liés à l’ICR, mais il reste plusieurs centaines d’autres milliards vaguement promis, et il faudra encore des années avant que tous ces capitaux ne soient investis.» Dans l’ensemble, la Chine a indiqué que plus d’un billion de dollars seront investis dans divers projets.

Le communiqué de ce forum a identifié plusieurs projets clés qui seront accélérés, y compris le port pakistanais de Gwadar, point de départ du corridor économique Chine-Pakistan vers le sud-ouest de la Chine et le port grec du Pirée, que la Chine considère comme une tête de pont clé pour l’Europe.

L’autre grand projet est le China Railway Express – un réseau de chemins de fer reliant Londres à la ville chinoise de Chongqing et devant être emprunté par plus de 14.000 trains de marchandises par semaine. Ces liaisons d’infrastructure devraient permettre de réduire les coûts, mais du point de vue de la Chine, cela lui permettra également d’éviter de dépendre trop fortement du transport maritime à travers le détroit de Malacca, qui pourrait être bloqué par la marine américaine en temps de guerre.

Les États-Unis sont déterminés à faire en sorte que les plans de l’ICR de la Chine ne portent pas atteinte aux intérêts économiques et stratégiques américains. Lors du sommet de l’ANASE en novembre dernier, le vice-président américain Pence a critiqué l’ICR et déclaré qu’un plan d’infrastructure américain pour l’Asie-Pacifique constituait une meilleure option. «Nous ne noyons pas nos partenaires dans une mer de dettes, nous ne contraignons pas, nous ne compromettons pas votre indépendance… Nous n’offrons pas une ceinture contraignante ou une route à sens unique», a-t-il déclaré.

Les États-Unis, qui cherchent à obtenir l’appui d’alliés comme l’Australie et le Japon, ont annoncé qu’un peu plus de 100 milliards de dollars seront offerts pour des projets d’infrastructure. Il n’est pas surprenant que tous les pays de l’ANASE étaient fortement représentés à Beijing la semaine dernière, car il y a là potentiellement beaucoup plus d’argent de disponible.

Peu intéressé à investir davantage, Washington intensifiera sans aucun doute ses méthodes agressives utilisées jusqu’à présent pour saper l’influence chinoise – intrigues diplomatiques comprenant des opérations de changement de régime, des provocations militaires dans des points chauds dangereux comme en mer de Chine méridionale et des préparatifs de guerre contre la Chine.

(Article paru en anglais le 30 avril 2019)

Source : World Socialist Web Site, Peter Symonds, 01-05-2019

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/la-chine-accueille-le-deuxieme-forum-de-linitiative-de-la-ceinture-et-de-la-route-par-peter-symonds/

Visa: les USA exigent votre identité sur les réseaux sociaux

Visa: les USA exigent votre identité sur les réseaux sociaux

Le Département d’État américain exige désormais que presque tous les demandeurs de visas des Etats-Unis présentent leur nom d’utilisateur sur les réseaux sociaux, leur adresse électronique et leurs numéros de téléphone, rapporte la presse US.

A travers cette démarche qui vient de prendre effet après l’approbation des formulaires de demande révisés, le département d’Etat a indiqué qu’il avait mis à jour ses formulaires de visas pour immigrants et non-immigrants afin de demander les informations supplémentaires, y compris les “identifiants de médias sociaux”, de presque tous les demandeurs américains.

Cette modification proposée en mars 2018 devrait toucher environ 15 millions d’étrangers qui demandent chaque année un visa pour entrer aux États-Unis.

Elle signale une vaste expansion du filtrage amélioré effectué par l’administration Trump sur les immigrants et les visiteurs potentiels.

Les comptes de réseaux sociaux, les adresses de courrier électronique et les numéros de téléphone n’avaient été recherchés que pour des candidats identifiés pour un examen plus approfondi, tels que des personnes s’étant rendues dans des zones contrôlées par des organisations terroristes. On estime que 65.000 candidats par an tombent dans cette catégorie.

Selon le département d’Etat, cité par la presse locale, la collecte d’informations supplémentaires auprès de davantage de candidats “renforcera notre processus de contrôle de ces candidats et de confirmation de leur identité”.

Les nouvelles règles s’appliquent à pratiquement tous les demandeurs de visas d’immigrant et de non immigrant. Selon les estimations de la diplomatie américaine, cela toucherait 710.000 demandeurs de visa d’immigrant et 14 millions de demandeurs de visa de non-immigrant, y compris ceux qui souhaitent venir aux États-Unis pour y faire des affaires ou y suivre des études.

Les nouveaux formulaires de demande de visa énumèrent un certain nombre de plateformes de médias sociaux, notamment Facebook, Twitter et YouTube, et exigent que le demandeur fournisse le nom des comptes qu’il a pu avoir au cours des cinq dernières années.

Ils offrent également aux candidats la possibilité de donner volontairement des informations sur les comptes de médias sociaux sur des plateformes non répertoriées dans le formulaire.

S.L. (avec MAP)

Visa: les USA exigent votre identité sur les réseaux sociaux

UE: quelles vont être les six dossiers les plus chauds des nouveaux eurodéputés ?

Europe

UE: quelles vont être les six dossiers les plus chauds des nouveaux eurodéputés ?

Le scrutin du 26 mai change les équilibres au Parlement de Strasbourg. Face aux souverainistes, le camp des europhiles va devoir compter avec la percée des Verts et des libéraux. Et tourner la page Brexit.

Les nouveaux eurodéputés ont déjà six dossiers chauds à gérer

Brexit, présidence de la Commission, avenir d’Angela Merkel, place de l’extrême-droite et de LREM… Les dossiers ne manquent pas pour les nouveaux eurodéputés.

Affaiblissement des deux grands partis, victoire modérée des populistes, percée des Verts (spectaculaire en Allemagne et aux Pays-Bas), poussée des centristes, en passe de devenir un groupe charnière. Les élections qui se sont déroulées du 23 au 26 mai sur tout le continent, Royaume-Uni compris, ont donné des tendances comparables à celles observées en France. Moins monolithique, le nouveau Parlement que les 370 millions d’électeurs européens se sont choisi devrait connaître, non pas la révolution dont les extrêmes rêvaient, mais une évolution.  » Le double vote en faveur des libéraux et des Verts paraît témoigner d’un désir de nouveauté politique « , analyse le professeur de sciences politiques à l’Université catholique de Lille Thierry Chopin, pour qui se dessine  » une forme de politisation de l’Europe « . Car, appuie l’expert,  » le débat ne portera finalement pas sur la désintégration de l’Europe, mais sur l’Europe que l’on souhaite (sur les questions d’environnement, de rapport à l’immigration, de valeurs, etc.).  » Décryptage des enjeux d’une mandature de cinq ans qui s’ouvrira le 2 juillet.

1. Quelle majorité pour diriger le Parlement européen ?

C’est une première en quarante ans. Alors que depuis 1979, l’hémicycle était gouverné au centre (centre droit sur les questions économiques, centre gauche sur les questions sociétales), par une alliance entre conservateurs (du Parti populaire européen, PPE) et sociaux-démocrates, dimanche 26 mai, le duopole est mort. Affaiblis, les deux grands partis ont ramassé 43,8 % des voix, un score insuffisant pour former une majorité.

Face à un résultat que le chef économiste d’ING, Julien Manceaux, qualifie de  » glissement historique « , il va falloir trouver des forces d’appoint, en s’appuyant sur trois partis, avec les centristes (qui ont obtenu 14 % des suffrages), voire sur quatre, (avec les Verts qui frisent la barre des 10 %). Une configuration optimale, selon Thierry Chopin.  » Le soutien des libéraux sera nécessaire pour bâtir une coalition. Mais après leur percée, il serait important que les Verts en fassent aussi partie. Arithmétiquement cela ne s’impose pas ; mais le vote a souligné combien les enjeux écologiques sont devenus incontournables. « 

2. Quel président pour la Commission européenne ?

Qui pour remplacer Jean-Claude Juncker ? L’élection du Parlement ayant acté un nouvel équilibre politique, s’ouvre désormais une série de nominations pour les  » top jobs  » de Bruxelles, à commencer par le plus crucial d’entre eux : celui de patron du Berlaymont, le siège de la Commission. Très politique, la question agite la bulle bruxelloise depuis des mois.

Deux visions s’opposent. Celle de la plupart des chefs d’Etat et de gouvernement, à commencer par Emmanuel Macron et les premiers ministres luxembourgeois et néerlandais, Xavier Bettel et Mark Rutte, qui veulent garder la main sur cette nomination stratégique. A l’inverse, les élus du Parlement réclament que s’applique le principe dit du  » Spitzenkandidat  » (tête de liste en allemand), selon lequel le Berlaymont revient au chef du parti arrivé en tête, en l’occurrence Manfred Weber, le président du PPE qui a recueilli presque 24 % des votes. L’Allemand argue de sa légitimité démocratique, même si son score est décevant et qu’il a des faiblesses. Il n’a jamais exercé de fonction gouvernementale, a longtemps soutenu le très autoritaire Premier ministre hongrois Viktor Orban.  » Il est peu charismatique et pas très aimé « , abonde le journaliste irlandais Brian Maguire, un des correspondants les plus influents à Bruxelles.

Dans les jours qui viennent le Bavarois va tenter de constituer une majorité, s’appuyant sur le précédent de 2014, où Jean-Claude Juncker, chef des conservateurs, a pris les rênes de la Commission.  » Ce n’était pas tant le spitzenkandidat que nous avons désigné, s’agace un diplomate français, que l’ancien Premier ministre du Luxembourg, incollable sur les arcanes de Bruxelles. « 

Les capitales ont déjà leurs poulains. Parmi les favoris soutenus par Paris : la Danoise libérale Margrethe Vestager, commissaire à la Concurrence qui a infligé des amendes record aux Gafa, et le Français conservateur Michel Barnier, dont le travail de négociateur du Brexit a fait l’unanimité. L’équation est d’autant plus délicate que cette nomination lance un grand mercato, par lequel seront désignés d’ici à la fin 2019 le président du Parlement et celui de la Banque centrale européenne (BCE). Il est de tradition que les capitales respectent des équilibres entre petits et grands pays et entre zones géographiques (Nord-Sud, Est-Ouest). Désormais, il y a aussi une forte pression pour nommer une femme : la Commission et la BCE n’ont été dirigées que par des hommes. En 2014, il a fallu trois sommets et trois mois pour décider des principaux postes. Cette fois-ci, les 27 veulent aller vite. Une gageure ! Le premier tour de table organisé lors d’un dîner informel à Bruxelles le mardi 28 mai a souligné l’étendue des divergences.

3. Quel pouvoir de nuisance pour l’extrême droite ?

Grand vainqueur dans son pays, l’Italien Matteo Salvini n’a pas réalisé au Parlement de Strasbourg le raz de marée qu’il annonçait. La droite populiste a certes progressé, confirmant une tendance de fond depuis quinze ans. Dans le prochain hémicycle, elle occupera un quart des sièges, mais ne sera pas, comme elle le proclamait, une force motrice capable de  » réformer l’Europe de l’intérieur « . Sa percée va bien sûr lui donner davantage de pouvoir, de moyens, de temps de parole. Professeur au Centre d’histoire de Sciences-Po, Sylvain Kahn estime que  » les populistes de droite et eurosceptiques pourraient présider plusieurs commissions ou encore rédiger plusieurs rapports parlementaires. Ils pourront aussi influencer l’ordre du jour du Parlement et mettre sur la table des projets de résolution.  » Pour Julien Manceaux, chef économiste d’ING, ils pourraient par ailleurs  » ralentir le processus d’intégration européenne « . Pour autant, ils n’ont pas suffisamment de poids pour infléchir les décisions majeures du Parlement. Leur pouvoir de nuisance risque de rester d’autant plus limité qu’il n’est pas certain qu’ils réussissent à s’unir. Pas sûr que Salvini puisse européaniser son parti (La Ligue) et constituer ce qu’il appelle  » la ligue de la ligue « . Car jusqu’ici les souverainistes européens ont été éclatés en trois groupes, irréconciliables pour des problèmes d’ego et sur beaucoup d’enjeux majeurs, comme la relation avec la Russie, les questions de sécurité ou de choix budgétaires. Autre inconnue : qu’adviendra-t-il des 56 sièges raflés par l’eurosceptique britannique Nigel Farage, une fois le Brexit effectif ?

4. La stratégie du coucou de LREM va-t-elle fonctionner ?

Arrivés troisième, les centristes européens vont devenir, comme le souhaitait Renaissance, une  » force charnière  » du Parlement, ce que les Anglo-Saxons appellent le  » swing party  » (le parti pivot). Sans doute l’implication d’Emmanuel Macron dans les dernières semaines de la campagne a-t-elle été décisive. Julien Manceaux, d’ING, observe  » si dans son pays son image s’est ternie, en Europe, il reste une figure très écoutée, capable d’exercer un rôle central « . Mi-mai, un meeting électoral à Strasbourg a rallié autour du projet présidentiel des poids lourds du continent, comme les libéraux de Ciudadanos en Espagne ou encore les sociaux-démocrates du Portugal ou ceux d’Italie, par la voix de l’ancien président du conseil Matteo Renzi.

Consciente que pour compter dans l’hémicycle de Strasbourg, il faut adhérer à un parti, La République en marche a fait le choix de rejoindre le groupe Alde (Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe). Mais cette stratégie du coucou a un prix. Faire disparaître le mot  » libéral  » de l’intitulé de la formation.  » Ce n’est pas une coquetterie, décrypte le site européen Euractiv. En France, mais aussi dans les pays du Sud où le nouveau groupe espère recruter sur la gauche de l’échiquier politique, le libéralisme a mauvaise presse, le terme ayant avant tout une connotation économique.  » En compensation, il faudra offrir un poste au président de l’Alde, le très madré et ambitieux Guy Verhofstadt. L’ancien Premier ministre belge réclame rien de moins que le perchoir du Parlement européen.

5. Quid du Brexit ?

Theresa May vient d’annoncer qu’elle quittait le pouvoir le 7 juin. Que va-t-il se passer, une fois son successeur désigné ? Après avoir souligné le courage de l’actuelle locataire de Downing Street, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a assuré qu’il  » respecterait et établirait des relations de travail avec le nouveau Premier ministre britannique tout autant qu’avec Theresa May « . Pas question néanmoins pour Bruxelles de revenir sur le traité de divorce signé avec Londres en novembre 2018, mais rejeté trois fois par Westminster. De son côté, Emmanuel Macron appelle les Britanniques à  » une clarification rapide  » sur le Brexit.

Donné favori comme prochain chef du gouvernement, le Brexiter et ancien ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson souhaite non seulement renégocier l’épineuse question de la frontière entre les deux Irlande, mais il se dit prêt à aller jusqu’à un Brexit sans accord, ce qui impliquerait une sortie de l’Union douanière.  » Un scénario catastrophe « , pour Enrico Letta, ancien président du conseil italien et président de l’Institut Jacques- Delors, qui espère  » que la raison va l’emporter. Car, dit-il, si Theresa May a toujours été respectueuse de l’Europe, Johnson, lui, est le modèle du populiste qui détruit sans assumer sa responsabilité. Un cauchemar « . Quel que soit le nom du Premier ministre, Bruxelles a donné aux parlementaires britanniques jusqu’au 31 octobre pour trouver un compromis. Après, c’est le saut dans le vide, ce que les éditorialistes outre-Manche appellent déjà l’ » Halloween Brexit « .

6. Angela Merkel sera-t-elle le joker de l’Europe ?

Les élections du 26 mai ont confirmé que l’heure de l’après-Merkel a sonné. Son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), est certes arrivé en tête, mais avec un score historiquement bas (28 %), relançant les rumeurs de départ anticipé de la chancelière. Affaiblie depuis les législatives de la mi-2017, elle a déjà cédé il y a cinq mois les commandes de la CDU à sa dauphine Annegret Kramp-Karrenbauer. Un remaniement ministériel est annoncé pour les prochains jours. Suivront, cet automne, dans trois Länder de l’ex-RDA, des élections régionales cruciales. Les sondages prédisent l’effondrement des partis traditionnels au profit des populistes. En cas de déroute de la droite modérée, Merkel pourrait bien tirer sa révérence, après quatorze ans de règne. Elle a certes assuré vouloir prendre sa retraite sitôt partie du pouvoir, mais son côté fille de pasteur pourrait l’emporter, face aux dangers qui menacent l’Europe.

A Bruxelles, de plus en plus de monde l’imagine prendre les rênes de l’Union. Le 18 mai, elle déclarait au quotidien Süddeutsche Zeitung  » Nous sommes confrontés à des courants qui veulent détruire nos valeurs. Nous devons y faire face avec détermination.  » Beaucoup d’éditorialistes outre-Rhin ont lu dans cette déclaration une volonté de s’engager. L’ex-président du conseil italien Enrico Letta approuve :  » Elle seule est capable de parler à égalité avec les grands fauves de la scène internationale « , les Trump, Poutine et autres Xi.

https://www.challenges.fr/monde/europe/ue-les-six-dossiers-chauds-des-nouveaux-eurodeputes_656909

COMMENT LA FINANCE A CAPTURÉ L’ÉCONOMIE ET COMMENT LA REMETTRE À SA PLACE ?

COMMENT LA FINANCE A CAPTURÉ L’ÉCONOMIE ET COMMENT LA REMETTRE À SA PLACE ?

23 avril 2019 – Posté par Alain Grandjean – ( 0 ) Commentaires

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L’économiste Laurence Scialom[1] vient de publier La fascination de l’ogre (chez Fayard), un essai sur la capture[2] de l’économie par le secteur financier. J’en recommande vivement la lecture ainsi que son interview par Romaric Godin. Laurence est une scientifique engagée ; elle s’est battue contre l’imposture de la loi de séparation bancaire (qui n’a rien séparé du tout , voir dans le blog la série des posts à ce propos), promesse de campagne majeure de François Hollande (exprimée lors du discours du Bourget) et non tenue. Cette affaire a bien montré non seulement le pouvoir considérable du système financier sur l’Etat, mais aussi sa capacité à enfumer au sens strict la conscience collective, notamment en créant une complexité artificielle qui rend inaccessible à la plupart d’entre nous les questions financières.

C’est cette puissance exorbitante que Laurence Scialom met en évidence, en s’appuyant sur un corpus d’articles scientifiques étayant solidement sa démonstration.

Ce livre réussit donc le tour de force de nous :

  • expliquer clairement les maux de la finance contemporaine : accroissement des inégalités sociales, normes de gestion des entreprises les poussant au court-termisme, risques systémiques, conflits d’intérêt etc. ;
  • montrer le rôle de la théorie économique néolibérale dans la justification et la construction de cette domination financière, d’autant plus choquant qu’elle ne résiste en rien au moindre test empirique ;
  • détailler les mécanismes de cette « capture » ;
  • proposer une réforme de l’enseignement de la finance ;
  • et pour finir de fournir des pistes convaincantes pour mettre le holà à cette capture.

La capture contre la nature

Je dirai ici juste un mot sur les liens pas toujours apparents entre la capture de l’économie par la finance et celle du financement de la transition écologique.

1 La financiarisation de l’économie est un obstacle majeur à la prise en compte du long terme donc des questions écologiques, tant dans le monde de la finance que dans celui des entreprises. Plus généralement, rien n’empêche vraiment aujourd’hui cette finance (et en particulier le « shadow banking », soumis à très peu de contraintes) de financer la destruction de la planète, au motif que son rôle est de financer l’économie.

2 Les périodes de crises que la finance dérégulée peut  engendrer aggravent la situation ; dans ces moments il s’agit de « sauver les meubles » ; rien d’autre ne compte.

3 L’aggravation des inégalités sociales (due en particulier à la financiarisation de l’économie) et le niveau exorbitant de certaines rémunérations dans le secteur financier, rendent d’autant plus difficile la lutte contre le changement climatique[3] . Or cette lutte est indispensable car la crise écologique sera elle-même porteuse d’atteintes lourdes aux conditions de vie des plus défavorisés.

4 La montée du pouvoir de la finance s’est accompagnée du désarmement de l’Etat. Le sociologue Benjamin Lemoine[4] a montré comment la dette publique s’est imposée comme la contrainte suprême qui justifie toutes les politiques d’austérité budgétaire et qui place les États sous surveillance des marchés financiers et des agences de notation. L’Etat et les entreprises publiques n’arrivent plus à investir suffisamment (voir notre dossier « libérer l’investissement vert » et notre livre à paraître).

5 Ce désarmement est financier mais aussi humain : les services de l’Etat ne résistent pas à la toute-puissance des lobbys, n’arrivent plus à incarner une orientation claire en matière de transition écologique (les intérêts des lobbys étant divergents, chacun cherche à préserver son terrain de jeu). Ils n’arrivent plus à préserver les intérêts de l’Etat (tant dans les privatisations, qui sont favorisées pour des raisons budgétaires et mal négociées faute de moyens humains , que dans les concessions et autres partenariats publics privés[5]).

5 La complexité construite de manière délibérée par la finance rend les enjeux de verdissement de la dite finance très difficiles d’accès. Si l’on peut se féliciter de la montée en puissance de la finance verte à Bruxelles, au sein du réseau des Banques Centrales pour verdir le système financier, il faut reconnaître que la technicité des débats et le poids des acteurs financiers sont tels que ces travaux pourraient eux aussi aboutir à  des dispositifs inefficaces.

Plus que jamais donc il est important que nos concitoyens prennent une claire conscience des causes doctrinales et organisationnelles de l’impuissance de l’Etat à agir vite et bien pour limiter l’ampleur des catastrophes en cours. Sinon, il est à craindre que les revendications se multiplient, la violence s’accroisse mais sans effet réel faute d’un diagnostic pertinent et, dès lors, de propositions de mesures adaptées.

Alain Grandjean

Notes

[1] Laurence Scialom est professeure à l’Université Paris Nanterre. Elle est membre du
conseil scientifique de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de la commission consultative épargnants de l’Autorité des marchés financiers (AMF),
responsable du pôle régulation financière du think tank Terra Nova et membre qualifiée de l’ONG Finance Watch.
[2] Voir aussi son article pour Finance Watch et le livre « La capture, Où l’on verra comment les intérêts financiers ont pris le pas sur l’intérêt général et comment mettre fin à cette situation ». Christian Chavagneux et Thierry Philipponnat,  La découverte, 2014
[3] En simplifiant, la taxe carbone est vécue comme une injustice de plus ; et sa redistribution n’est pas envisageable pour des raisons de doxa budgétaire, voir point 5
[4] L’ordre de la dette. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché. La découverte – 2016.
[5] Les PPP sont un moyen de faire réaliser et financer par le privé des opérations devenues non finançables par l’Etat ou les collectivités territoriales. Mais l’expérience montre qu’ils sont malheureusement souvent faits au détriment du donneur d’ordre…

https://alaingrandjean.fr/2019/04/23/finance-a-capture-leconomie-remettre-a-place/

Mali : Présentation des groupes terroristes (2/2)

Mali : Présentation des groupes terroristes (2/2)

L’augmentation des tensions au Mali et l’activité croissante des groupes djihadistes semblent indiquer un maintien prolongé des forces internationales dans le pays. Aux difficultés politiques s’ajoutent les rapports ethniques complexes et les problèmes d’identifications des différents groupes djihadistes qui sévissent dans le pays. Face à une certaine illisibilité il convient de présenter brièvement ces entités. Entre État Islamique et Al-Qaïda, ces multinationales djihadistes ont des ramifications au Sahel.

L’État Islamique s’implante dans le Sahara

L'État islamique dans le Grand Sahara recrute ses membres parmi les populations peuls et touaregs locales
L’État islamique dans le Grand Sahara recrute ses membres parmi les populations peuls et touaregs locales

La seconde organisation djihadiste connue au Mali est l’État Islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Filiale de Daesh dans le Sahel, l’EIGS est resté longtemps assez mystérieux. C’était la volonté de la “maison mère” djihadiste de ne pas prioriser le théâtre malien comme axe de propagande. Son dirigeant local est Adnan Abu Walid al-Sahraoui. Il est l’ancien porte-parole du Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). Suite à la fusion du MUJAO avec la katiba des Enturbannés, il rejoint Al-Mourabitoune en 2014.

En 2015, al-Sahraoui annonce qu’Al-Mourabitoune se rallie à l’organisation État Islamique. Mohktar Belmokhtar, émir du groupe, réfute cependant la déclaration d’Al-Sahraoui. Mohktar Belmokhtar prête de nouveau allégeance au chef des Talibans auxquels sont inféodés les membres d’Al-Qaïda. Il promet également fidélité à Ayman Al-Zawahiri, le dirigeant officiel de l’organisation djihadiste. Ainsi, seule une partie d’Al-Mourabitoune fait sécession et rejoint les rangs de Daesh.

L’EIGS, un groupe actif…

Al-Sahraoui dirige une troupe de 100 à 200 combattants qui sont présents dans tout le Mali et les pays voisins. Ses membres sont majoritairement touaregs, peuls, sarahouis et nigériens. Le nom même de leur chef semble indiquer qu’il serait né dans l’actuel Sahara occidental, région Sud du Maroc qui revendique son indépendance. L’activité du groupe djihadiste se concentre majoritairement autour de la zone des trois frontières (Mali, Burkina Faso et Niger). L’organisation État Islamique est par exemple responsable de la mort de soldats américains et nigériens en octobre 2017.

Bien qu’al-Sahraoui ait quitté Al-Mourabitoune en raison de désaccords stratégiques, politiques ou religieux, les relations entre concurrents djihadistes au Mali ne sont pas mauvaises. Il existe même des coopérations fréquentes entre groupes de différentes organisations. Ainsi, les affrontements entre Al-Qaïda et Daesh en Syrie ne représentent pas d’obstacle à leur coopération au Mali et même dans tout le Sahel.

… qui agit dans un relatif anonymat 

L’État Islamique dans le Grand Sahara souffre d’un manque de mise en avant de la part de sa maison mère. Cela s’explique en partie par une forte activité de l’État Islamique d’Afrique de l’Ouest, ancien Boko Haram. La secte dirigée par Abou Musa’ab Al-Barnawi est très présente autour du Lac Tchad et peut donc frapper au Tchad, au Niger, au Cameroun ou encore au Nigéria. Les effectifs sont, de plus, beaucoup plus importants que la filiale sahélienne. Al-Barnawi aurait sous ses ordres plus d’un millier de combattants.

Le groupe djihadiste pâtit également d’un manque de communication claire. Al-Sahraoui prêtait allégeance à Daesh en mai 2015 mais ce ne fut confirmé par l’Amaq (organe de propagande de l’organisation) qu’en octobre 2016. L’actuel dirigeant de l’organisation État Islamique, Abu Bakr Al-Baghdadi, a même officialisé sa nouvelle filiale au Sahel le 30 avril 2019.

Une base terroriste résiliente aux coups 

A ce relatif anonymat s’ajoutent deux revers pour l’EIGS. Tout d’abord, un fidèle lieutenant d’Al-Sahraoui aurait été tué par un raid de la force Barkhane en 2018. Mohammed Ag Almouner était le responsable de l’embuscade contre les soldats américains et nigériens en 2017. Enfin, le Sultan Oud Bady, qui commandait une katiba de Daesh dans le Sud algérien, impliqué dans des attaques au Mali, s’est rendu aux autorités d’Alger en août 2018.

Cela n’empêche en revanche pas les djihadistes de pouvoir provoquer des dégâts parfois considérables et de mettre au point des attaques complexes. C’est le cas notamment des combats du 15 mai à Tongo Tongo (Niger). Les djihadistes ont attaqué la prison de Koutoukalé et ont attiré les forces nigériennes dans une embuscade. Le bilan pour l’armée nigérienne est lourd, 28 morts. Les témoignages feraient état de « plusieurs centaines d’hommes lourdement armés » dans les rangs djihadistes. Cela prouve la formidable capacité de résiliences des groupes armés terroristes (GAT) dans le Sahel. En résulte un véritable casse-tête pour les autorités africaines, françaises et surtout pour la population.

Sources

-“Huitième rapport du secrétaire général sur la menace que représente l’EEIL (Daesh)”, Conseil de Sécurité des Nations Unies, 1er février 2019, (https://www.un.org/sc/ctc/wp-content/uploads/2019/02/N1901938_FR.pdf)

-“La menace de l’”Etat islamique dans le Grand Sahara”, France Info, 03 Nobembre 2017, (https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/politique-africaine/la-menace-de-l-etat-islamique-dans-le-grand-sahara_3059785.html)

About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant en Master II de Grenoble Ecole de Management. Il s’intéresse particulièrement aux questions de Défense et de gestion de crise dans les relations internationales.

Mali : Présentation des groupes terroristes (1/2)

Mali : Présentation des groupes terroristes (1/2)

L’augmentation des tensions au Mali et l’activité croissante des groupes djihadistes semblent indiquer un maintien prolongé des forces internationales dans le pays. Aux difficultés politiques s’ajoutent les rapports ethniques complexes et les problèmes d’identification des différents groupes djihadistes qui sévissent dans le pays. Face à une certaine illisibilité, il convient de présenter brièvement ces entités.

Les Groupes Armés Terroristes (GAT) sont très actifs au Mali
Les Groupes Armés Terroristes (GAT) sont très actifs au Mali

En mars 2017, différentes organisations djihadistes officialisent leur coopération en présentant une nébuleuse terroriste au Mali : Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen. Nous la connaissons sous le nom de Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI).

Cinq groupes distincts sont actuellement membres de cette coopération djihadiste au Mali.

Al-Qaïda au Sahel : force Sud d’AQMI au Mali

Numéro deux du GSIM, Yahia Abou el Hammam dirigeait cette filiale Sud d’AQMI. Le chef djihadiste d’origine algérienne est toutefois mort, tué par la force Barkhane près de Tombouctou en février 2019. Son successeur semble pour l’instant inconnu.

Al-Qaïda au Sahel regroupe plusieurs katibas (brigades de combat) autonomes. Il en existe entre quatre et cinq en raison de changement d’allégeance de certains combattants. Trois brigades servent Abou el Hammam de manière certaines : les katiba Tarik Ibn ZiyadYoussef Ibn Tachfin et Al Furqan. Cette dernière est très affaiblie par les interventions de la force Barkhane au Nord de Tombouctou en avril 2019. L’incertitude plane cependant sur la présence de la katiba Al-Ansar dans les rangs d’Al-Qaïda au SahelCette brigade pourrait avoir rallié Ansar-Dine.

Al-Mourabitoune de Mokhtar Belmokhtar

Le groupe est né d’une fusion entre le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest(MUJAO) de Abderrahmane Ould el-Amar et la katiba des Enturbannés de Mohktar Belmokhtar en 2014. Al-Mourabitoune naît ainsi, en référence à la dynastie des Almoravides qui régna sur le Sahara durant un siècle.

Mokhtar Belmokhtar est l’émir officiel du groupe djihadiste depuis la mort d’Ould el-Amar, en 2014. Il a choisi de rallier AQMI en 2015, organisation qu’il avait quitté en décembre 2012. Ce chef terroriste au Sahel est connu pour la prise d’otage du complexe gazier algérien d’In Amenas en janvier 2013. Actuellement, Belmokhtar se trouverait, selon certaines rumeurs, en Lybie. Il n’y a néanmoins pas de lien de vassalité apparent entre Al Qaïda au Sahel et Al-Mourabitoune, Belmokhtar étant un des favoris en cas de succession du leader d’AQMIAbdelmalek Droukdel.

Un djihadisme touareg malien : Ansar Dine

Ansar Dine est le troisième groupe djihadiste membre du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans. Ses combattants sont majoritairement touaregs. Iyad Ag Ghali dirige les « défenseurs de la foi » (signification d’Ansar Dine). De plus, il est le chef du GSIM. L’objectif de son groupe d’origine est simple, prônant l’instauration de la charia au Mali. L’émir de la katiba se fait néanmoins connaître pour la destruction des mausolées de Tombouctou en été 2012. Ses forces seraient très actives dans le Nord-Mali, en plein Azawad, une zone désertique recouvrant des zones saharienne et sahélienne.

La mystérieuse brigade Serma

Si cette organisation terroriste agit discrètement, elle affronte cependant la force Barkhane en janvier 2019. Cette katiba trouve son origine dans la forêt de Serma au centre du pays, au Sud de Boni. Le groupe armé salafiste djihadiste, fondé en 2012, est composé majoritairement de peuls. En revanche, son chef actuel n’est pas connu.

Le Front de Libération du Macina (FLM) : la katiba la plus active de l’entente djihadiste au Mali

Le FLM, ou Katiba Macina, est un groupe djihadiste très actif dans la région de Mopti. Ses membres revendiquent la création d’une République Islamique du Macina, ancien empire islamique qui existait dans les régions du centre du Mali. Son fondateur se nomme Amadou Koufa, prêcheur peul (ethnie d’agriculteur d’Afrique de l’Ouest). Ancien membre d’Ansar Dine, il fonde la brigade actuelle en 2015. Amadou Koufa serait mort après un raid franco-malien en novembre 2018, information cependant démentie par le FLM.

Le FLM est très actif au Mali et dans le nord du Burkina Faso. Il serait impliqué dans l’enlèvement de deux touristes français dans le nord du Bénin en mai 2019. La cellule à l’origine du kidnapping devait en effet remettre les otages au Front de libération du Macina, au Mali. Les forces spéciales françaises ont mené l’assaut afin d’empêcher le transfert des otages aux djihadistes maliens. Si la libération des otages fut un succès, deux commandos perdirent la vie.

Le Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans est donc une véritable nébuleuse djihadiste. Tentaculaire, elle est très active et engendre de nombreux risques sécuritaires au Mali.

Sources :

-“Qu’est-ce que la Katiba Macina, ce groupe terroriste impliqué dans la prise d’otage des Français ?”, LCI, 12 mai 2019, (https://www.lci.fr/terrorisme/video-burkina-faso-qu-est-ce-que-la-katiba-macina-ce-groupe-terroriste-implique-dans-la-prise-d-otages-des-francais-2120906.html)

-“Mali : Pour Paris, il est désormais “vraisemblable” que le chef djihadiste Amadou Kouffa soit encore vivant.”, OPEX 360, 12 mars 2019, (http://www.opex360.com/2019/03/12/mali-pour-paris-il-est-desormais-vraisemblable-que-le-chef-jihadiste-amadou-koufa-soit-encore-vivant/)

-“AQMI et Al-Mourabitoun : la djihad sahélien réunifié ?”, IFRI, Janvier 2017, (https://www.ifri.org/fr/publications/notes-de-lifri/notes-de-lifri/aqmi-al-mourabitoun-djihad-sahelien-reunifie)

About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant en Master II de Grenoble Ecole de Management. Il s’intéresse particulièrement aux questions de Défense et de gestion de crise dans les relations intern

Marion Maréchal dimanche sur LCI : le retour de la vraie-fausse retraitée de la vie politique

Marion Maréchal dimanche sur LCI : le retour de la vraie-fausse retraitée de la vie politique

ELECTIONS EUROPÉENNES 2019 : L’HEURE DES RÉSULTATS

ELECTIONS – L’ancien députée Marion Maréchal est l’invitée de LCI dimanche à 18 heures. Retirée officiellement de la vie politique depuis deux ans, rare devant les caméras, elle a pourtant multiplié les signaux ces derniers mois, notamment pour défendre « l’union des droites » conservatrices.

« J’ai quitté la vie électorale, mais je ne me suis jamais interdite de participer au débat public ». Marion Maréchal, officiellement retirée de la politique depuis deux ans, décrivait ainsi sa nouvelle vie dans une longue interview publiée, en avril, dans le magazine conservateur Valeurs actuelles. Un entretien, calibré juste avant la campagne officielle des européennes, qui n’avait rien d’un témoignage de jeune retraitée.

L’ancienne députée, qui ne se mêle pas publiquement de politique – « je ne suis pas là pour dire à ceux qui y sont restés ce qu’ils doivent dire, faire ou penser », assurait-elle – y lançait pourtant ses foudres contre Emmanuel Macron, qui « ne comprend rien à l’âme des peuples », et qui est dépourvu de « vision de la société ».

Tout en assurant n’avoir « pas de plan » d’avenir, la directrice de l’Issep (l’école de sciences politiques qu’elle a fondée) semait quelques idées pour son camp, celui de la « droite enracinée ».

Croisade pour « l’union des droites »

Au cours de l’année écoulée, l’ancienne députée frontiste, petite-fille de Jean-Marie Le Pen, n’a en réalité jamais cessé de diffuser ses idées, d’interviews en conférences. Si elle s’est montrée discrète lors de la campagne de Jordan Bardella, l’ex-tête de liste RN en France, Marion Maréchal s’est affichée en mai en Italie, où son compagnon, membre de la Ligue de Matteo Salvini, menait campagne. En avril, elle était présente au Forum économique organisé par le pouvoir russe à Yalta, en Crimée annexée, au même titre que Thierry Mariani, l’ancien ministre sarkozyste qui a rejoint le RN. Elle y a défendu l’arrêt des sanctions de l’UE contre la Russie.

En décembre, au lendemain de Noël, elle publiait une tribune dans le même Valeurs Actuelles, pour y évoquer l’islamisme. En novembre, devant le collectif Audace, elle défendait le principe de l’union des droites néoconservatrices, après avoir invité lors de ses conférences à l’Issep le polémiste Eric Zemmour, auteur du Destin français, et l’ancien député Jean-Frédéric Poisson, pour un débat sur « l’islam à la conquête de l’Occident ». On l’a vu également fin novembre, manifestant aux côtés de Gilets jaunes sur les Champs-Elysées.

Il y a quelques jours, l’ex-députée brisait à nouveau son silence très théorique pour dénoncer l’arrêt des soins – finalement annulé par la justice – de Vincent Lambert. Bref, Marion Maréchal n’a jamais cessé de s’exprimer. Mais elle le fait non plus dans le champ politique mais, selon ses termes, dans celui de la « métapolitique ». Ce qui ne la rend manifestement pas moins audible auprès de sympathisants qui guettent, désormais, la moindre de ses interventions.

Les enseignements du scrutin européen

En acceptant de revenir devant les caméras, dimanche à 18 heures sur LCI, Marion Maréchal semble toutefois franchir un nouveau cap. Une semaine après un scrutin européen qui a vu la liste RN arriver en tête et la droite s’étioler, on peut supposer que la figure montante de la droite conservatrice – qui devance Laurent Wauquiez dans les enquêtes de popularité auprès des sympathisants de droite – tirera ses propres conclusions de la situation politique pour adresser un message à son camp, et au-delà.

Ces derniers mois, elle a défendu à plusieurs reprises son mantra : le principe d’une « union des droites » au-delà des appareils politiques. Elle fustigeait ainsi en avril « le positionnement populiste » – longtemps pratiqué par Marine Le Pen -, « une impasse électorale » selon elle, estimant qu’il fallait parler aux classes populaires mais aussi « s’adresser à la classe moyenne et haute ». En clair : parler à cet électorat de la bourgeoisie conservatrice qu’était censée capter la candidature LR de François-Xavier Bellamy, et dont le rapprochement permettrait aux nationalistes de briser le fameux « plafond de verre » qui se reproduit d’élection en élection, empêchant l’extrême droite de s’approcher du pouvoir. « Il faut rassembler les droites, dire qu’il y a plein d’idées en commun, des valeurs communes, aller au-delà des querelles de chapelle », défendait récemment, sur la même ligne, le maire de Béziers Robert Ménard. « Le RN se heurte à un plafond de verre : la réserve de voix est chez LR », plaidait aussi, vendredi sur LCI, Erik Tegnér, ce jeune militant LR qui défend depuis plusieurs moins le principe d’une alliance, et poursuit lui-même des études à l’Issep.

Au moment où une partie des ténors de LR semblent plaider, autour de Gérard Larcher, pour une alliance avec les centristes, où d’autres appellent les militants LR à rejoindre la majorité d’Emmanuel Macron, la droite radicale pourrait être tentée, de son côté, de siphonner les sympathisants de l’aile droite des Républicains qui avaient suivi jusqu’ici Laurent Wauquiez. Avec, comme cheval de Troie, Marion Maréchal. A un détail près : Marion Maréchal, à l’aise dans ses habits d’éminence grise, ne semble pas disposée, pour le moment, à revenir dans l’arène politique.

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Revue de presse nationale et internationale.

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