Climat : cessons le catastrophisme, misons sur la technologie !

6 JUILLET 2019

Climat : cessons le catastrophisme, misons sur la technologie !

Source https://unsplash.com/photos/I0_Ptnxe-5s

Une étude réalisée par le think tank australien Breakthrough annonce la fin de la civilisation à l’horizon 2050. Les progrès technologiques, et non l’alarmisme, aideront à lutter contre le changement climatique.

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Par Chelsea Follett.

Une étude publiée le 30 mai par le think tank australien Breakthrough – National Centre for Climate Restoration s’inquiète de ce que « les systèmes humains et planétaires atteignent un point de non-retour d’ici le milieu du siècle, avec la perspective d’une Terre en grande partie inhabitable provoquant l’effondrement des nations et de l’ordre international ». Cette vision apocalyptique de l’année 2050 s’inscrit dans une longue tradition de catastrophismes contre-productifs.

Dernièrement, Joe Biden, l’ancien vice-président et candidat à la primaire démocrate, a situé le « point de non-retour » encore plus tôt, dans seulement douze ans. « La façon dont on va agir ou échouer à agir au cours des douze prochaines années déterminera les conditions de vie sur notre planète »a-t-il dit il y a quelques jours.

Les problèmes environnementaux sont bien réels, mais les alarmistes ne rendent pas service à la cause en utilisant un discours cataclysmique pour décrire le futur proche.

DES PROPHÈTES DE MALHEUR

Comme l’a souligné Steven Pinker de l’Université Harvard dans son livre Enlightenment Now, la recherche en psychologie a montré que « les gens sont plus disposés à reconnaître le réchauffement climatique si on leur dit que le problème peut être résolu par des innovations politiques et technologiques au lieu de les alerter sur de terribles catastrophes ».

Mais au lieu de se concentrer sur des solutions, comme l’énergie nucléaire qui n’émet pas de CO2 et d’autres avancées technologiques susceptibles de réduire les émissions de carbone, certaines personnes bien intentionnées ont recours à une rhétorique apocalyptique. L’humanité a déjà atteint le « point de non-retour » à plusieurs reprises, selon d’anciens prophètes de malheur.

En 2006, Al Gore prédisait que « dans les dix prochaines années », le monde « atteindrait un point de non-retour » si des mesures drastiques n’étaient pas prises. Cela situait « le point de non-retour » en 2016.

Il y a trente ans, en 1989, un haut responsable de l’environnement de l’ONU déclarait à l’Associated Press que « des pays entiers pourraient être rayés de la surface de la Terre par l’élévation du niveau des mers » si des actions radicales n’étaient pas déployées d’ici l’an 2000. L’océan n’a englouti aucun pays depuis cette prédiction.

En 1982, Mostafa Tolba, le directeur général du Programme des Nations Unies pour l’environnement, déclarait qu’une absence d’intervention d’ici l’an 2000 entraînerait « une catastrophe écologique qui connaîtrait une dévastation aussi complète et irréversible qu’un holocauste nucléaire ». Sa prophétie d’un « holocauste nucléaire » écologique en quelques 18 années ne s’est pas réalisée.

Remontons jusque 1970. Déjà à l’époque, George Wald, biologiste de l’Université Harvard, affirmait : « La civilisation prendra fin d’ici quinze ou trente ans si des mesures immédiates ne sont pas prises contre les problèmes que connaît l’humanité. » Sa prédiction situait la fin de la civilisation entre 1985 et 2000.

Toujours en 1970, le philosophe Peter Gunter de l’université de North Texas écrivait : « D’ici l’an 2000, dans trente ans, le monde entier, à l’exception de l’Europe occidentale, de l’Amérique du Nord et de l’Australie, sera en famine. »

Et en 1969, le biologiste de l’Université de Stanford Paul Ehrlich déclarait : « Si j’étais joueur, je parierais que l’Angleterre n’existera plus en l’an 2000. » Il a bien fait de ne pas miser d’argent sur cette idée, il aurait beaucoup perdu 31 ans plus tard.

POUR UNE APPROCHE BEAUCOUP PLUS RÉALISTE DE L’ÉCOLOGIE

Cette multiplication de prévisions exagérées et infondées de catastrophes serait amusante si celles-ci ne nuisaient pas autant à la perception du public quant aux véritables défis environnementaux, notamment le changement climatique.

Heureusement, de nombreux environnementalistes ont une vision moins pessimiste et plus réaliste. Jesse H. Ausubel, professeur à l’Université Rockefeller, qui a joué un rôle essentiel dans l’organisation de la première conférence mondiale sur le changement climatique à Genève en 1979, a montré comment le progrès technologique permet à la nature de rebondir. Par exemple, augmenter le rendement des cultures pour produire davantage de nourritures avec moins de terres réduit l’impact environnemental de l’agriculture. En fait, si les agriculteurs du monde entier se hissaient au niveau de productivité de l’agriculteur américain moyen, l’humanité serait en mesure de restituer à la nature un territoire de la taille de l’Inde.

Au-delà des progrès technologiques, le développement économique peut aussi contribuer à la protection de l’environnement. Au fur et à mesure que les gens sortent de l’extrême pauvreté, ils en viennent souvent à se soucier davantage de la préservation de l’environnement. Par exemple, l’incroyable recul de la pauvreté en Chine, favorisé par la libéralisation économique, a coïncidé avec une meilleure préservation des forêts. En 2015, la Chine comptait 511 807 kilomètres carrés de forêts de plus qu’en 1990. Lorsqu’un pays atteint un PIB par habitant d’environ 4500 dollars, la superficie forestière commence à se redresser. C’est ce qu’on appelle la « transition forestière » ou, plus précisément, la « courbe de Kuznets environnementale ».

Il existe beaucoup d’autres raisons d’être optimiste. Mais ça n’empêche pas David Spratt, directeur de recherche au Breakthrough, de déclarer à Vice que le scénario de leur dernière étude décrit pour 2050 « un monde en décomposition sociale et en chaos total ».

Jamais en reste dans le catastrophisme, la députée Alexandria Ocasio-Cortez, nouvelle égérie des Démocrates, a prophétisé que « le monde va toucher à sa fin dans douze ans » sans intervention urgente, et non pas dans 31 ans. En l’an 353, un évêque nommé Hilaire de Poitiers prédisait aussi la fin du monde en seulement douze ans, soit en 365. Il y a fort à parier que les prévisions d’Ocasio-Cortez soient aussi farfelues que les siennes.

Les défis environnementaux doivent être pris au sérieux. Et, à l’instar de tant d’autres problèmes auxquels l’humanité a été confrontée, les problèmes écologiques devraient être résolus à l’aide de technologies appropriées et d’une prospérité croissante. Le monde existera encore dans une douzaine d’années

Sur le web. Traduction : Raphaël Marfaux pour Contrepoints

.https://www.contrepoints.org/2019/07/06/348451-climat-cessons-le-catastrophisme-misons-sur-la-technologie


Sur le web. Traduction : Raphaël Marfaux pour Contrepoints.

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