Les succès de la diplomatie russe au Moyen-Orient

Les succès de la diplomatie russe au Moyen-Orient

par Thierry Meyssan

Les changements politiques qui transforment le Moyen-Orient depuis deux mois sont la résultante non pas de l’écrasement de protagonistes, mais de l’évolution des points de vue iranien, turc et émirati. Là où la puissance militaire états-unienne a échoué, la finesse diplomatique russe a réussi. Refusant de se prononcer sur les crimes des uns et des autres, Moscou parvient à pacifier lentement la région.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 20 AOÛT 2019 عربيESPAÑOLITALIANOROMÂNĂTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆРУССКИЙENGLISH

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Depuis cinq ans, la Russie a multiplié les démarches pour rétablir le Droit international au Moyen-Orient. Elle s’est particulièrement appuyée sur l’Iran et la Turquie dont elle ne partage pourtant pas la manière de penser. Les premiers résultats de ce patient exercice diplomatique redessinent les lignes de partage au sein de plusieurs conflits.

De nouveaux rapports de force et un nouvel équilibre se mettent discrètement en place dans la vallée du Nil, au Levant et dans la péninsule arabique. Au contraire, la situation se bloque dans le Golfe persique. Ce changement considérable et coordonné touche différents conflits apparemment sans lien entre eux. Il est le fruit de la patiente et discrète diplomatie russe [1] et, dans certains dossiers, de la relative bonne volonté US.

À la différence des États-Unis, la Russie ne cherche pas à imposer sa vision du monde. Elle part au contraire de la culture de ses interlocuteurs qu’elle modifie par petites touches à son contact.

Recul des jihadistes et des mercenaires kurdes en Syrie

Tout à commencé le 3 juillet : un des cinq fondateurs du PKK, Cemil Bayik, publiait une tribune libre dans le Washington Postappelant la Turquie à ouvrir des négociations en levant l’isolement de son prisonnier le plus célèbre : Abdullah Öcalan [2]. Soudain, les visites en prison du leader des Kurdes autonomistes de Turquie, interdites depuis 4 ans, furent à nouveau autorisées. Cette ouverture fut immédiatement considérée comme une trahison par le Parti républicain du peuple qui manqua à l’appel de l’AKP le 23 juin à Istanbul, infligeant une sévère défaite électorale au candidat du président Erdoğan.

Simultanément, les combats reprenaient dans la zone occupée par Al-Qaïda au Nord de la Syrie, le gouvernorat d’Idleb. Cet Émirat islamique n’a pas d’administration centrale, mais une multitude de cantons affectés à des groupes combattants divers. La population est nourrie par des « ONG » européennes affiliées aux services secrets de ces pays et la présence de l’armée turque dissuade les jihadistes de tenter de conquérir le reste de la Syrie. Cette situation étant peu avouable, la presse otanesque présente l’Émirat islamique d’Idleb comme le paisible refuge des « opposant modérés à la dictature d’Assad » Soudain, Damas, appuyé par un soutien aérien russe, a commencé à reconquérir le territoire et l’armée turque à se retirer en silence. Les combats sont extrêmement meurtriers, en tout premier lieu pour la République. Cependant, après plusieurs semaines, l’avancée est notable, de sorte que si rien ne l’arrête, la province pourrait être libérée en octobre.

Le 15 juillet, à l’occasion du troisième anniversaire de la tentative de l’assassinat dont il fut l’objet et du coup d’État improvisé qui suivit, le président Erdoğan annonçait la redéfinition de l’identité turque, non plus sur une base religieuse, mais nationale [3]. Il révélait aussi que son armée allait balayer les forces du PKK en Syrie et transférer une partie des réfugiés syriens dans une zone frontalière de 30 à 40 kilomètres de profondeur. Cette zone correspond à peu près à celle dans laquelle le président Hafez el-Assad avait autorisé, en 1999, les Forces turques à réprimer d’éventuels tirs d’artillerie kurde. Après avoir annoncé que le Pentagone ne pouvait pas abandonner ses alliés kurdes, des émissaires états-uniens vinrent à Ankara faire le contraire et approuver le plan turc. Il s’avère que, comme nous l’avons toujours dit, les chefs du « Rojava », ce pseudo État autonome kurde en terre syrienne, sont presque tous de nationalité turque. Ils occupent donc la région qu’ils ont nettoyée ethniquement. Leurs troupes, de nationalité syrienne, envoyèrent alors des émissaires à Damas pour demander la protection du président Bachar el-Assad. Rappelons que les Kurdes sont une population nomade sédentarisée au début du XXème siécle. Selon la Commission King-Crane et la conférence internationale de Sèvres (1920), un Kurdistan n’est légitime que dans l’actuel territoire turc [4].

Il est peu probable que la France et l’Allemagne laisseront la Syrie reconquérir la totalité de l’Émirat islamique d’Idleb et abandonneront leur fantasme de Kurdistan, n’importe où (en Turquie, en Iran, en Iraq ou en Syrie, mais pas en Allemagne où ils sont pourtant un million). Ils pourraient y être contraints.

De même, malgré les discussions actuelles, il est peu probable que si la Syrie se décentralise, elle accorde la moindre autonomie à la région qui fut occupée par les Kurdes turcs.

Après plusieurs années de blocage, la libération du Nord de la Syrie repose uniquement sur le changement de paradigme turc, fruit des erreurs états-uniennes et de l’intelligence russe.

Partition de facto du Yémen

Au Yémen, l’Arabie saoudite et Israël soutiennent le président Abdrabbo Mansour Hadi en vue d’exploiter les réserves pétrolières qui sont à cheval sur la frontière [5]. Ce dernier doit faire face au soulèvement des zaïdites, une école du chiisme. Avec le temps, les Saoudiens ont reçu l’aide des Émiratis, et la Résistance zaïdites de l’Iran. Cette guerre, alimentée par les Occidentaux, provoque la pire famine du XXIème siècle.

Cependant, contrairement à l’organisation des deux camps, le 1er août, les gardes-côtes émiratis ont signé un accord de coopération transfrontalier avec la police des frontières iranienne [6]. Le même jour, le chef de la milice yéménite financée par les Émirats (dite « Conseil de transition du Sud » ou « Ceinture de sécurité » ou encore « séparatistes »), Abu Al-Yamana Al-Yafei, a été assassiné par les Frères musulmans du parti Islah financé par l’Arabie saoudite [7].

À l’évidence l’alliance entre deux princes héritiers d’Arabie et des Émirats, Mohammed ben Salmane (« MBS ») et Mohammed ben Zayed Al Nahyane (« MBZ »), est malmenée.

Le 11 août la milice soutenue par les Émirats prenait d’assaut le palais présidentiel et divers ministères à Aden, malgré le soutien de l’Arabie au président Hadi ; lequel était déjà réfugié depuis longtemps à Riyad. Le lendemain, « MBS » et « MBZ » se rencontraient à La Mecque en présence du roi Salmane. Ils rejetaient le coup d’État et appelaient leurs troupes respectives au calme. Le 17 août les pro-Émiratis évacuaient en bon ordre le siège du gouvernement.

Durant la semaine où les « séparatistes » avaient pris Aden, les Émirats contrôlaient de facto les deux rives du très stratégique détroit de Bab el Mandeb reliant la mer Rouge à l’océan Indien. Maintenant que Riyad a préservé son honneur, il va falloir accorder une contrepartie à Abou Dhabi.

Sur ce champ de bataille, le changement est imputable aux seuls Émirats qui, après avoir payé un lourd tribu, tirent la leçon de cette guerre ingagnable. Prudents, ils se sont d’abord rapprochés des Iraniens avant d’envoyer ce coup de semonce à leur puissant allié et voisin saoudien.

Chaises musicales au Soudan

Au Soudan, après que le président Omar el-Béchir (Frère musulman dissident), ait été renversé par des manifestations de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC) et que la hausse du prix du pain ait été annulée, un Conseil militaire de transition était placé au pouvoir. Dans la pratique, cette révolte sociale et quelques milliards de pétro-dollars permettait à l’insu des manifestants de faire passer le pays d’une tutelle qatarie à une autre saoudienne [8].

Le 3 juin, une nouvelle manifestation de l’ALC était dispersée dans le sang par le Conseil militaire de transition, faisant 127 morts. Face à la condamnation internationale, le Conseil militaire engageait des négociations avec les civils et concluait un accord le 4 août, qui fut signé le 17. Pour une période de 39 mois, le pays sera gouverné par un Conseil suprême de 6 civils et de 5 militaires, dont l’accord ne précise pas les identités. Ils seront contrôlés par une Assemblée de 300 membres nommés et non pas élus, comprenant 67 % de représentants de l’ALC. Il n’y a évidemment rien de démocratique là dedans et aucune des parties ne s’en plaint.

L’économiste Abdallah Hamdok, ancien responsable de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique deviendra Premier ministre. Il devrait obtenir la levée des sanctions dont le Soudan fait l’objet et réintégrer le pays dans l’Union africaine. Il fera juger l’ancien président Omar el-Béchir dans le pays afin de lui garantir de ne plus pouvoir être extradé à La Haye, devant le Tribunal pénal international.

Le véritable pouvoir sera détenu par le « général » Mohammed Hamdan Daglo (dit « Hemetti »), qui n’est pas général, ni même soldat, mais chef de la milice employée par « MBS » pour mater la Résistance yéménite. Durant ce jeu de chaises musicales, la Turquie —qui dispose d’une base militaire sur l’île soudanaise de Suakin pour encercler l’Arabie saoudite— n’a rien dit.

De fait la Turquie accepte de perdre à Idleb et au Soudan pour gagner contre les mercenaires pro-US kurdes. Seul ce dernier enjeu est vital pour elle. Il aura fallu beaucoup de discussions pour qu’elle se rende compte qu’elle ne pouvait pas gagner sur tous les tableaux à la fois et qu’elle hiérarchise ses priorités.

Les États-Unis contre le pétrole iranien

Londres et Washington poursuivent leur concurrence, entamée il y a soixante dix ans, pour contrôler le pétrole iranien. Comme à l’époque de Mohammad Mossadegh, la Couronne britannique entend décider seule ce qui lui appartient en Iran [9]. Tandis que Washington, ne veut pas que ses guerres contre l’Afghanistan et l’Iraq profitent à Téhéran (conséquence de la doctrine Rumsfeld/Cebrowski) et entend fixer le prix mondial de l’énergie (doctrine Pompeo) [10].

Ces deux stratégies se sont télescopées lors de la saisie du pétrolier iranien Grace 1 dans les eaux de la colonie britannique de Gibraltar. L’Iran a, à son tour, arraisonné deux tankers britanniques dans le détroit d’Ormuz prétendant —insulte suprême— que le principal transportait du « pétrole de contrebande », c’est-à-dire du pétrole subventionné iranien acheté par Londres au marché noir [11]. Lorsque le nouveau Premier ministre, Boris Johnson, réalisa que son pays était allé trop loin, il eut la « surprise » de voir la justice « indépendante » de sa colonie libérer le Grace 1. Immédiatement Washington émit un mandat pour le saisir à nouveau.

Depuis le début de cette affaire, les Européens font les frais de la politique états-unienne et protestent sans grandes conséquences [12]. Seuls les Russes défendent non pas leur allié iranien, mais le Droit international comme ils l’ont fait à propos de la Syrie [13] ce qui leur permet d’avoir une ligne politique toujours cohérente.

Dans ce dossier, l’Iran fait preuve d’une très grande ténacité. Malgré le virage clérical de l’élection de cheik Hassan Rohani, en 2013, le pays se réoriente vers la politique nationale du laïque Mahmoud Ahmadinejad [14]. Son instrumentation des communautés chiites en Arabie saoudite, à Bahreïn, en Iraq, au Liban, en Syrie, au Yémen pourrrait se transformer en un simple soutien. Là encore, c’est des longues discussions d’Astana que ce qui est évident pour les uns l’est devenu pour les autres.

Conclusion

Avec le temps, les objectifs de chaque protagoniste se hiérarchisent et leurs positions se précisent.

Conforme à sa tradition, la diplomatie russe ne cherche pas, à la différence de l’états-unienne, à redessiner les frontières et les alliances. Elle tente de démêler les objectifs contradictoires de ses partenaires. Ainsi a t-elle aidé l’ancien Empire ottoman et l’ancien Empire perse à s’éloigner de leur définition religieuse (les Frères musulmans pour le premier, le chiisme pour le second) et à revenir à une définition nationale post-impériale. Cette évolution est extrêmement visible en Turquie, mais suppose un changement de têtes en Iran pour se réaliser. Moscou ne cherche pas à « changer les régimes », mais certains aspects des mentalités.

Thierry Meyssan

[1] Voir les paragraphes 3, 4, 5 et 10 de la « Déclaration conjointe de la Russie, de l’Iran et de la Turquie relative à la Syrie », Réseau Voltaire, 2 août 2019, et les comparer avec les déclarations des réunions précédentes.

[2] “Now is the moment for peace between Kurds and the Turkish state. Let’s not waste it”, by Cemil Bayik, Washington Post (United States) , Voltaire Network, 3 July 2019.

[3] « La Turquie ne s’alignera ni sur l’Otan, ni sur l’OTSC », « La Turquie renonce une seconde fois au Califat », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 et 13 août 2019.

[4] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[5] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[6] « إيران والإمارات توقعان اتفاقا للتعاون الحدودي« , RT, 01/08/19.

[7] “Missile fired by Yemen rebels kills dozens of soldiers in port city of Aden”, Kareem Fahim & Ali Al-Mujahed, The Washington Post, August 1, 2019.

[8] « Le renversement d’Omar el-Béchir », par Thierry Meyssan ; « Le Soudan est passé sous contrôle saoudien », « La Force de réaction rapide au pouvoir au Soudan », Réseau Voltaire, 16, 20 & 24 avril 2019.

[9] « Londres défend ses lambeaux d’Empire face à l’Iran », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 juillet 2019.

[10] « La nouvelle Grande stratégie des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 mars 2019. “Advancing the U.S. Maximum Pressure Campaign On Iran” (Note : The graph was distributed with the text !), Voltaire Network, 22 April 2019.

[11] « Royaume-Uni/Iran : « Grace 1 » et « British Heritage » », Réseau Voltaire, 11 juillet 2019.

[12] « Déclaration conjointe des chefs d’État et de gouvernement de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni à propos de l’Iran », Réseau Voltaire, 14 juillet 2019.

[13] “Russian comment on the seizure of the Panama-flagged tanker by Gibraltar authorities ”, Voltaire Network, 5 July 2019.

[14] Par laïque, nous entendons que le très mystique président Ahmadinejad voulait séparer les institutions religieuses et politiques et mettre fin à la fonction platonicienne du Guide de la Révolution.

https://www.voltairenet.org/article207362.html

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[1] Voir les paragraphes 3, 4, 5 et 10 de la « Déclaration conjointe de la Russie, de l’Iran et de la Turquie relative à la Syrie », Réseau Voltaire, 2 août 2019, et les comparer avec les déclarations des réunions précédentes.

[2] “Now is the moment for peace between Kurds and the Turkish state. Let’s not waste it”, by Cemil Bayik, Washington Post (United States) , Voltaire Network, 3 July 2019.

[3] « La Turquie ne s’alignera ni sur l’Otan, ni sur l’OTSC », « La Turquie renonce une seconde fois au Califat », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 et 13 août 2019.

[4] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[5] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[6] « إيران والإمارات توقعان اتفاقا للتعاون الحدودي« , RT, 01/08/19.

[7] “Missile fired by Yemen rebels kills dozens of soldiers in port city of Aden”, Kareem Fahim & Ali Al-Mujahed, The Washington Post, August 1, 2019.

[8] « Le renversement d’Omar el-Béchir », par Thierry Meyssan ; « Le Soudan est passé sous contrôle saoudien », « La Force de réaction rapide au pouvoir au Soudan », Réseau Voltaire, 16, 20 & 24 avril 2019.

[9] « Londres défend ses lambeaux d’Empire face à l’Iran », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 juillet 2019.

[10] « La nouvelle Grande stratégie des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 mars 2019. “Advancing the U.S. Maximum Pressure Campaign On Iran” (Note : The graph was distributed with the text !), Voltaire Network, 22 April 2019.

[11] « Royaume-Uni/Iran : « Grace 1 » et « British Heritage » », Réseau Voltaire, 11 juillet 2019.

[12] « Déclaration conjointe des chefs d’État et de gouvernement de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni à propos de l’Iran », Réseau Voltaire, 14 juillet 2019.

[13] “Russian comment on the seizure of the Panama-flagged tanker by Gibraltar authorities ”, Voltaire Network, 5 July 2019.

[14] Par laïque, nous entendons que le très mystique président Ahmadinejad voulait séparer les institutions religieuses et politiques et mettre fin à la fonction platonicienne du Guide de la Révolution.

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L’Australie pourrait adhérer à l’Otan

L’Australie pourrait adhérer à l’Otan

RÉSEAU VOLTAIRE | 15 AOÛT 2019 DEUTSCHESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊS

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L’Alliance atlantique va déployer des missiles nucléaires à moyenne portée autour de la Chine. C’était le sens profond du retrait des États-Unis du Traité INF qui n’avait été signé que par la Russie et pas par la Chine.

Le secrétaire US à la Défense, Mark T. Esper, et son collègue secrétaire d’État, Mike Pompeo, se sont rendus du 3 au 6 août en Australie. Ils y ont été rejoints par le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, qui y était présent du 6 au 8 août.

Tous ont discuté à Canberra d’une éventuelle adhésion de l’Australie à l’Otan [1].

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, l’Alliance atlantique ne se limite plus à la sécurité de l’espace transatlantique face à la Russie, mais entend maintenir la Pax Americana dans l’ensemble du monde.

L’éventuelle adhésion de l’Australie modifiera profondément la composition et le sens de l’Alliance jusqu’ici réservée aux deux rives de l’Atlantique-Nord. Elle ouvrira la voie à une adhésion du Japon et à une division du monde en deux blocs, l’un dominé par Washington, l’autre autour de Moscou et de Beijing.

Dominion de l’Empire britannique, l’Australie dispose d’un bureau au siège de l’Otan à Bruxelles. Depuis 2005, ses troupes sont présentes sous commandement de l’Alliance en Afghanistan et en Iraq. Elles participent également à l’opération Sea Guardian.

En février, la France a signé un contrat de 50 milliards de dollars avec l’Australie afin de construire 12 sous-marins de nouvelle génération. En avril, Ursula van der Leyen a été la première ministre de la Défense allemande à se rendre à Canberra. Toujours en avril, l’Australie a organisé les manœuvres Indo-Pacific Endeavour avec l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, le Sri Lanka, la Thaïlande et le Vietnam, puis en juin d’autres encore avec le Japon.

[1] “China rückt näher”, Till Fähnders, Michael Stabenow, Frankfürter Allgemeine Zeitung, 12. August 2019

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Le Tibet signale le plus grand nombre de diplômés d’université

Le Tibet signale le plus grand nombre de diplômés d’université

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 20/08/2019 21:40

Le nombre de diplômés d’université dans la région autonome du Tibet, dans le sud-ouest de la Chine, a atteint 23.616 en 2019, un record, selon le département régional des Ressources humaines et de la Sécurité sociale.

67% d’entre eux ont trouvé un poste grâce à 16 grands salons de l’emploi organisés par le département.

Mardi, un autre salon pour les diplômés d’université a eu lieu à Lhassa, capitale régionale, avec plus de 300 employeurs et près de 4.000 emplois disponibles.

Les employeurs sont principalement de grandes entreprises d’Etat et des entreprises privées, offrant des postes dans l’éducation, la finance, le marketing, la médecine tibétaine, la gestion administrative, l’ingénierie, la comptabilité, de l’informatique, etc.

Le Tibet a signalé un taux de croissance du produit intérieur brut de 9% au premier semestre, se classant au deuxième rang des économies provinciales en Chine, ce qui a grandement activé le potentiel du marché de l’emploi.

En plus des postes offerts par le gouvernement et les grandes entreprises, les diplômés peuvent également tenter l’entrepreneuriat. Le département régional des Ressources humaines et de la Sécurité sociale a lancé en décembre 2018 le premier incubateur de l’entrepreneuriat pour attirer des jeunes diplômés originaires du Tibet pour établir de petites et micro-entreprises.

L’incubateur encourage la recherche et le développement technologiques, le développement de logiciels, la créativité culturelle et l’e-commerce, etc

https://chine.in/actualite/cn/tibet-signale-plus-grand-nombre-diplomes_122371.html.

La Chine va faire de Shenzhen une zone de démonstration socialiste


La Chine va faire de Shenzhen une zone de démonstration socialiste

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 18/08/2019 22:39

La Chine va faire de la ville méridionale de Shenzhen une zone pilote de démonstration du socialisme aux caractéristiques chinoises, selon un document publié dimanche.

L’édification de la zone de démonstration contribuera à approfondir les réformes et à élargir l’ouverture de manière globale, selon le document publié par le Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et le Conseil des Affaires d’Etat.

Cela est également propice à la mise en oeuvre du plan de la région de la Grande Baie Guangdong-Hong Kong-Macao et à la réalisation du rêve chinois de renouveau national.

D’ici 2025, Shenzhen deviendra l’une des premières villes au monde en termes de puissance économique et de qualité de développement. Son apport en recherche et développement, sa capacité d’innovation industrielle et la qualité de ses services publics et de son environnement écologique seront de premier ordre dans le monde, selon le document.

D’ici 2035, Shenzhen deviendra un modèle national de développement de haute qualité, ainsi qu’un centre d’innovation, d’entrepreneuriat et de créativité ayant une influence internationale, affirme le document.

D’ici le milieu du 21e siècle, la ville deviendra l’une des plus grandes villes internationales du monde et une locomotive mondiale avec une compétitivité, une capacité d’innovation et une influence exceptionnelles, ajoute le document.

https://chine.in/actualite/cn/faire-shenzhen-une-zone_122319.html

Bataille d’Idlib : l’armée syrienne isole Khan Shaykhun…

Bataille d’Idlib : l’armée syrienne isole Khan Shaykhun…

… la Russie bombarde les renforts turcs envoyés aux djihadistes


Par Moon of Alabama − Le 19 août 2019

Ceci est une mise à jour de l’article de la semaine dernière sur la Syrie : Syrie. La fracture de la ligne de front marque le début de la bataille décisive pour Idlib.

Aujourd’hui, l’armée syrienne pris le contrôle de l’autoroute M5 au nord de Khan Shaykhun.

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Carte de Peto Lucem   Agrandir

Les djihadistes, dans le chaudron bientôt fermé au sud de Khan Shaykhun, sont maintenant coupés des réapprovisionnements routiers.

Au cours des dernières nuits, des renforts du nord d’Idleb ont tenté d’atteindre Khan Shaykhun. Les forces aériennes syriennes et russes les ont empêchés (vidéo) de s’y rendre.

Cette carte montre la situation il y a cinq jours avec la position du point d’observation turc dans la zone.

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via ISWnews Agrandir

Ce matin, la Turquie a envoyé (vidéo) un convoi de 29 camions avec cinq chars, deux véhicules de combat d’infanterie, des munitions et du personnel supplémentaire en direction du poste d’observation de Morek, au sud de Khan Shaykhun.

Avant que le convoi ne traverse Maarat al-Numan, à 20 kilomètres au nord de Khan Shaykhun, l’armée de l’air russe a bombardé la route (vidéo). Le chef de Faylq al-Sham, un groupe de « rebelles syriens » contrôlé par les services de renseignement turcs, escortait le convoi de l’armée turque pour des raisons techniques. Il a été tué. Aucun soldat turc n’a été blessé. Le convoi s’est arrêté et devra retourner en Turquie. Les chars et les munitions ne parviendront pas aux djihadistes de Khan Shaykhun.

Le ministère turc de la Défense a faussement affirmé que trois civils avaient été tués dans le bombardement. Le gouvernement syrien a condamné l’invasion turque.

Le moment est venu pour l’armée syrienne d’utiliser ses réserves et d’engagerla bataille acharnée pour Idleb en remontant rapidement vers le nord le long de l’autoroute M5.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/bataille-didlib-larmee-syrienne-isole-khan-shaykhun

Crise du gouvernement italien: le Premier ministre Conté démissionne au milieu de la coalition

Crise du gouvernement italien: le Premier ministre Conté démissionne au milieu de la coalition

  • Il y a 47 minutes
Le Premier ministre italien Giuseppe Conte (C) est accompagné des vice-premiers ministres Matteo Salvini (à gauche) et Luigi Di Maio.
Légende de l’imageLe Premier ministre italien Giuseppe Conte s’adresse au Sénat entouré de Matteo Salvini (à gauche) et de Luigi Di Maio

Après une attaque meurtrière contre son partenaire de la coalition Matteo Salvini, le Premier ministre italien Giuseppe Conté a annoncé qu’il présenterait sa démission.

M. Conte a déclaré que M. Salvini avait été « irresponsable » dans la création d’une nouvelle crise politique pour l’Italie « pour des intérêts personnels et partisans ».

M. Salvini, chef du parti nationaliste de la Ligue, avait présenté une motion de censure à l’encontre de M. Conté.

Il a également déclaré qu’il ne pouvait plus travailler avec ses partenaires de la coalition Five Star.

La Ligue et le Mouvement des cinq étoiles anti-établissement ont formé une coalition pour gouverner il y a à peine 14 mois, avec M. Conte en tant que Premier ministre indépendant.

Qu’a dit le Premier ministre à propos de Salvini?

S’adressant au Sénat mardi, M. Conte a déclaré que le dirigeant de la Ligue, assis à côté de lui, « cherchait un prétexte pour retourner aux urnes » depuis le succès de son parti aux élections européennes de mai.

Lors de ces élections, la Ligue est arrivée en tête avec 34% des voix en Italie, alors que Five Star en a obtenu environ 17%.

M. Conte a averti que M. Salvini avait sapé la fonction du gouvernement « qui s’arrête ici ».

« Il est irresponsable de déclencher une crise gouvernementale. Elle montre les intérêts personnels et du parti », a-t-il déclaré.

« Je saisis cette occasion pour annoncer que je présenterai ma démission au chef de gouvernement du président de la république », a-t-il ajouté.

Qu’ont dit les chefs de la coalition?

« Je n’ai pas mal parlé à certains de mes collègues, mais en tant que ministre de l’Intérieur, j’ai rendu l’Italie plus sûre au cours de la dernière année de gouvernement », a déclaré M. Salvini au Sénat.

« Je ne crains pas le jugement des Italiens », a-t-il ajouté, se référant à son appel antérieur à de nouvelles élections.

Il a poursuivi en affirmant que bien qu’il ait été accusé de diriger un parti de « présumés fascistes », la Ligue était le seul parti à réclamer un vote démocratique. « Imaginez cela », a-t-il déclaré, « la dictature qui veut le vote du peuple italien ».

Légende »Tous les politiciens sont à blâmer »

Le chef des Cinq étoiles, Luigi Di Maio, a déclaré que son parti ne craignait pas de nouvelles élections.

Dans un message Facebook avant le discours de M. Conte, M. Di Maio a déclaré que c’était « le jour où la Ligue devra répondre de ses fautes pour avoir décidé de tout réduire, ouvrant une crise gouvernementale à la mi-août ».

Il a ajouté que travailler avec M. Conte « était un honneur ».

Qu’est-ce qui se passe ensuite?

M. Conte devait présenter sa lettre de démission au président Sergio Mattarella pour approbation après le débat au Sénat.

La prochaine étape est entre les mains du président. M. Mattarella pourrait convoquer des élections anticipées, mais il pourrait également décider d’annoncer des discussions avec les chefs de parti sur la formation d’un nouveau gouvernement de coalition.

Bien que M. Salvini soit en avance dans les sondages, il est peu probable qu’il ait suffisamment de soutien pour devenir Premier ministre.

Five Star aurait eu des discussions avec le parti démocrate (PD), parti de l’opposition de centre-gauche, sur la formation d’une coalition alternative.

Matteo Renzi, ancien dirigeant du PD et Premier ministre, est revenu au jeu politique en affirmant que M. Salvini devait être arrêté.

Il a appelé à un gouvernement intérimaire technocratique.

Les pourparlers de coalition représentent un changement de cap pour Five Star. M. Di Maio a récemment déclaré que « personne ne veut s’asseoir à la table avec Renzi ». Cette relation instable pourrait rendre difficile la formation d’un gouvernement.

https://www.bbc.com/news/world-europe-49411760

Le débarquement de Provence

15 août 1944

Le débarquement de Provence

Le15 août 1944, à 8h, les Alliés débarquent en Provence, sur dix-huit plages entre Toulon et Cannes. Aux côtés des troupes anglo-saxonnes figure un puissant corps d’armée constitué de 260 000 Français sous le commandement du général Jean de Lattre de Tassigny. C’est le troisième débarquement après ceux de Sicile et de Normandie.

Le débarquement proprement dit se déroule plutôt bien, car une bonne partie des troupes allemandes ont été rappelées vers le front de Normandie, ouvert deux mois plus tôt. Toutefois, la prise de Marseille et de Toulon va se heurter à une forte résistance de l’occupant.  

Les troupes françaises remontent vers Toulon après être débarquées près de Saint-Tropez (photo : ECPAD)

Un soutien bienvenu à Overlord et à la libération de la France

Baptisé Anvil (« Enclume ») puis Dragoon (« Dragon »), le débarquement de Provence est placé sous le commandement du général Alexander Patch, qui commande la VIIe Armée américaine. Pour la première fois intervient aussi une véritable armée française, sous les ordres du général  Jean de Lattre de Tassigny

Forte de 260 000 hommes, elle est constituée de volontaires de la France Libre et surtout d’anciens soldats de l’armée d’armistice, qui étaient aux ordres de Vichy. Elle recense aussi des conscrits d’Afrique du Nord, « pieds-noirs » et musulmans à part égale. Pendant que les Anglo-Saxons s’engouffreront dans la vallée du Rhône, c’est elle qui va conduire l’assaut contre Toulon et Marseille.

Une progression plus rapide que prévu

Robert T. Frederick, commandant de la 1st Airborne, le 15 août 1944 (14 mars 1907, San Francisco - 29 novembre 1970, Stanford)

Dans la nuit du 14 au 15 août 1944, neuf mille parachutistes anglo-saxons sous les ordres du général américain Robert T. Frederick, sont largués dans l’arrière-pays, entre les massifs des Maures et de l’Estérel. Ils s’assurent le contrôle des routes et marchent sans attendre vers Cannes.

À l’aube arrivent les premiers navires, avec une solide couverture aérienne qui permettra qu’aucun ne soit coulé. Ces navires sont partis pour certains dès le 4 août, d’Afrique du Nord ou d’Italie du Sud.

En deux jours, 115 000 hommes touchent terre. L’assaut a été si rapide que les Allemands ont eu à peine le temps de réagir et l’on ne comptera que quelques dizaines de victimes parmi les Alliés.

Dès le 19 août 1944, les Allemands reçoivent de leur hiérarchie l’ordre de se replier, à l’exception des garnisons de Toulon et Marseille qui ont ordre de résister coûte que coûte.

Toulon et Marseille libérées

Les Américains du général Patch se dirigent à marches forcées vers la vallée du Rhône et font leur jonction avec l’armée de Patton, venue de Normandie, le 12 septembre 1944, à la hauteur de Dijon.

Pour les Français, le plus dur reste à faire.  À Toulon résistent dix-huit mille soldats de la Wehrmacht. Ils ne se rendront que le 26 août.  À Marseille, la population se soulève dès le 19 août 1944 mais les Allemands, au nombre de 20 000, ne cesseront la résistance que le 28 août. 

Grâce à cette participation de l’armée française à la libération du continent, le général de Lattre ratifiera au nom de son pays la capitulation de l’Allemagne, le 8 mai 1945, à Berlin.Voir la version intégralePublié ou mis à jour le : 2019-08-15 15:59:47

https://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19440815&ID_dossier=125

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (1/3)

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (1/3)

Harold MICHOUD 19 août 2019 Actualités analyséesAfrique et Moyen-OrientAmérique du SudRussieSujets chaudsSyrie Leave a comment

Depuis quelques années, le nom « Wagner » fait écho à de nombreux points « chauds » de l’actualité internationale. Ukraine, Syrie, Centrafrique, Libye, Soudan et même Venezuela sont des territoires où résonnent la présence de civils armés à l’accent russe. Mais qui sont ces membres du groupe Wagner ? De simples « contractors » (mercenaires), payés pour faire de la protection comme toute société militaire privée ? Ou ses actions sont-elles plus opaques ?

Alors que tous les pays précédemment nommés suscitent les intérêts russes, il est de bon ton de se poser la question : le groupe Wagner, société militaire privée ou barbouzerie ?

Qu’est-ce que le Groupe Wagner ?

Emblème du GRU, dont est issu Dimitri Outkine, le chef militaire de Wagner
Emblème du GRU, dont est issu Dimitri Outkine, le chef militaire de Wagner

Le Corps Slave est une société militaire privée créée en 2013, officiellement basée en Argentine. En effet, la Russie interdit ce type d’entreprise. Cela n’empêche pas le groupe de ne comporter que des russophones dans ses rangs.  Le chef militaire de ces « contractors » et le fondateur du groupe se nomme Dimitri Outkine, il est un ancien dirigeant de la 2e brigade des forces spéciales du renseignement militaire russe, le GRU. Son surnom est Wagner, ce qui aurait donné le nom officieux du groupe. Wagner n’est pas un nom qui tient du hasard car il rend hommage au célèbre compositeur antisémite prussien. Cela pourrait démontrer une sympathie de cet ancien officier russe pour le IIIe Reich.

Cependant, le véritable mécène et dirigeant de ces combattants privés est le milliardaire Evguéni Prigojine via la société Evro Polis.

Pourquoi ce groupe aurait-il des liens avec le pouvoir russe ?

Tout d’abord, Evguéni Prigojine est connu sous le surnom de « cuisinier de Poutine ». Il a en effet servi le président russe à table. Le russe détient un petit empire de la restauration appelé Concord Catering qui est en charge des réceptions au Kremlin. Il est également connu défavorablement par les pays occidentaux comme étant le créateur des fameuses « usines à troll » qui pourraient influencer les élections européennes et américaines.

De plus, le groupe Wagner s’entraînait jusqu’en juin 2016 sur la base militaire de Molkino, une zone se situant dans la région de Krasnodar. Ce lieu abriterait également certaines unités de forces spéciales du GRU. Ces hommes se déploient dans des zones d’influence russe qui servent directement ou indirectement les intérêts du Kremlin.

Ukraine et guerre du Dombass : une aide non officielle de Moscou aux séparatistes

Le groupe Wagner aurait participé de manière informelle au conflit du Dombass, permettant ainsi à la Russie d’aider les séparatistes de la région face aux forces ukrainiennes, sans officialiser la présence russe dans la zone. Ce sont une partie des « bonhommes verts » aperçus par les journalistes étrangers. Cette intervention « militarisée », à défaut d’être officiellement militaire, permet de geler une situation profitable à Moscou tout en ne s’impliquant pas directement et officiellement au sol dans le conflit. Cette société militaire privée est donc fort utile au président russe Vladimir Poutine. C’est un moyen de ne pas déplorer de pertes officielles mais également de servir la politique étrangère russe.

Le groupe Wagner en Syrie

Le véritable coup de projecteur sur le groupe Wagner se fait en Syrie. C’est le cas notamment de la présence de 1600 contractors russes durant la bataille de Palmyre en 2016. Ils étaient présents au sol, au côté des troupes du régime syrien contre les djihadistes de l’organisation Etat Islamique. Le journal russe d’investigation RBK indiquait que ces forces de mercenaires travailleraient en partie pour le GRU. Cette raison expliquerait pourquoi Dimitri Outkine a été décoré lors de la journée nationale de héros pour son œuvre en Syrie en 2016.

Des accords juteux et extrêmement bénéfiques

Surtout, cela justifierait l’accord extrêmement intéressant conclu entre Evguéni Prigojine et le régime de Damas concernant les champs de gaz. Celui-ci peut en effet bénéficier de 25% des revenus des champs pétroliers récupérés par son groupe à Daesh. Le groupe se mettrait au service du GRU en échange d’accès aux ressources et à de juteux contrats d’exploitation. Alors que le pouvoir russe déplore très peu de pertes officielles en Syrie, près de 200 mercenaires auraient perdu la vie dans le pays. D’anciens soldats russes, vétérans de guerres d’Ukraine, de Tchétchénie servent donc de supplétifs aux forces militaires officielles.

Lien supplémentaire entre Evguéni Prigojine et Dimitri Outkine, ce dernier est depuis 2017 directeur général de Concord Management and Consulting, une entreprise détenu par Prigojine.

Wagner, groupe utile mais trop visible en Syrie

Une centaine de combattants du groupe seraient morts lors d’un raid aérien américain le 7 février 2018. Selon certains officiers militaires, le fait d’avoir des mercenaires en place en Syrie permet également de maintenir une guerre par procuration en Syrie. Et cela sans que cela ne déclenche une guerre ouverte en Etats-Unis, occidentaux et russes aux intérêts divergeant.

Devenus trop visibles sur ce théâtre d’opérations, ils furent assignés à protéger les champs gaziers et pétroliers récupérés à Daesh. Le groupe revenait ainsi à la fonction classique qu’une société militaire privée pouvait exercer. Mais le groupe Wagner est aussi présent sur d’autres théâtres d’intérêts russes.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/41500-wagner-contractors-barbouzes

Trump confirme qu’il aimerait racheter le Groenland

Trump confirme qu’il aimerait racheter le Groenland

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COPIERTaille : x pxRestartSeek00:00Current time00:00Duration01:49Toggle MuteVolumeToggle FullscreenAnnulerPowered by SparkInternationalBUSINESS – Quelques jours après des informations révélées par le Wall Street Journal, Donald Trump confirme son intérêt pour le Groenland, qui appartient au Danemark. Malgré la fin de non-recevoir des autorités locales et danoises, il considère la possibilité d’acheter l’immense île qui représente un intérêt géopolitique et économique pour les Etats-Unis.19 août 08:25 – La rédaction LCI

« Une grosse transaction immobilière », c’est le terme utilisé par Donald Trump pour qualifier un éventuel achat de la deuxième plus grande île du monde. Le président américain a confirmé dimanche auprès de journalistes son intérêt pour  le Groenland, suite à un article du Wall Street Journal. 

Le quotidien économique avait révélé jeudi dernier que l’ancien magnat de l’immobilier s’était « montré à plusieurs reprises intéressé par l’achat » de ce territoire et en avait parlé à ses conseillers de la Maison Blanche.

La possibilité d’un échange avec un territoire américain ?

« C’est quelque chose dont nous avons parlé », a déclaré Donald Trump selon l’AFP. « Le concept a surgi et j’ai dit que stratégiquement, c’est certainement intéressant et que nous serions intéressés, mais nous parlerons un peu », a poursuivi le président américain, précisant que ce n’était pas « la priorité numéro un » pour son gouvernement. 

Interrogé sur la possibilité d’échanger le Groenland avec un territoire américain, Donald Trump a répondu que « beaucoup de choses peuvent se faire ». La gigantesque île de l’Arctique « fait beaucoup de mal au Danemark parce qu’ils perdent environ 700 millions de dollars chaque année pour l’entretenir… Et stratégiquement, pour les Etats-Unis, ce serait sympa ».

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Pourtant, cette transaction ne pourra pas se faire sans l’accord du Groenland, qui est une colonie danoise mais possédant un statut semi-autonome. Après les révélations du Wall Street Journal, le ministère groenlandais des Affaires étrangères avait déjà prévenu : « Nous sommes prêts à faire des affaires, mais nous ne sommes pas à vendre ». Les responsables politiques du Danemark ont également exprimé leur désaccord sur les réseaux sociaux, qualifiant la proposition de « blague ».

Donald Trump est attendu début septembre en visite officielle au Danemark, peut-être mettra-t-il le sujet sur la table…

https://www.lci.fr/international/donald-trump-confirme-qu-il-aimerait-racheter-le-groenland-2129856.html

Ukraine, Syrie, Gilets jaunes… Ce qu’il faut retenir de la conférence de presse Macron-Poutine

Politique

Ukraine, Syrie, Gilets jaunes… Ce qu’il faut retenir de la conférence de presse Macron-Poutine

Par Challenges.fr le 19.08.2019 à 17h54

Le président français Emmanuel Macron a reçu son homologue russe Vladimir Poutine dans sa résidence d’été lundi pour un entretien bilatéral avant le sommet du G7.

Ce qu'il faut retenir de la conférence Macron-Poutine

Le président français Emmanuel Macron a reçu son homologue russe Vladimir Poutine dans sa résidence d’été lundi pour un entretien bilatéral avant le sommet du G7.POOL/AFP – GERARD JULIEN

Le président français Emmanuel Macron a reçu son homologue russe Vladimir Poutine dans sa résidence d’été lundi pour un entretien bilatéral avant le sommet du G7 qui se déroulera sans la Russie à la fin de la semaine en France. Vladimir Poutine, arrivé au fort de Brégançon (sud de la France) dans un hélicoptère aux couleurs de la Russie, a été accueilli par Emmanuel Macron et son épouse Brigitte, à qui il a remis un bouquet de fleurs. Les deux hommes ont ensuite tenu une conférence de presse. Voici ce qu’il faut en retenir.

Macron appelle au respect de la liberté de manifester en Russie

Emmanuel Macron a appelé lundi, lors d’une visite de Vladimir Poutine en France, au respect de la liberté d’expression et du choix de se présenter à des élections en Russie où plus de 2.000 manifestants, réclamant des élections libres, ont été interpellés ces dernières semaines. « La Russie a toute sa place dans l’Europe des valeurs », a déclaré le chef de l’Etat français lors d’une déclaration à la presse, au Fort de Brégançon, dans le Var. « Nous avons pu appeler cet été à ce que la liberté de manifester, d’expression, d’opinion, de se présenter à des élections dans le cadre de tout pays au sein de ce conseil (de l’Europe) soit pleinement aussi respectée en Russie », a-t-il ajouté aux côtés de son homologue russe.

Macron demande le respect du cessez-le-feu à Idleb en Syrie

Le président français Emmanuel Macron a exhorté le régime de Damas et son allié russe à respecter le cessez-le-feu décrété dans la province d’Idleb dans le nord-ouest de la Syrie. »Il est impérieux – nous y tenons beaucoup et nous aurons l’occasion d’en parler – que le cessez-le-feu décidé et acté à Sotchi (en Russie) soit vraiment respecté », a-t-il déclaré. Le président russe Vladimir Poutine a répondu que la Russie « soutenait l’armée syrienne » dans son combat contre les « menaces terroristes ».  « Nous soutenons les efforts de l’armée syrienne pour éliminer les menaces terroristes à Idleb », a déclaré Vladimir Poutine, où l’armée syrienne est à l’offensive, épaulée par des militaires russes.

Poutine évoque un « optimisme prudent » sur la situation ukrainienne

Vladimir Poutine a évoqué lundi « un optimisme prudent » sur le dossier des régions séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine après ses contacts avec le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky. Au cours d’une conférence de presse avant sa rencontre avec le président français Emmanuel Macron, le chef de l’Etat russe a déclaré : « Je vais parler (avec Emmanuel Macron) de mes contacts avec le nouveau président ukrainien. Il y a des choses qui sont dignes de discussions et qui provoquent un optimisme prudent ».

Macron souhaite un sommet à quatre sur l’Ukraine

Emmanuel Macron a souhaité lundi que les conditions soient réunies rapidement pour organiser « dans les prochaines semaines » un sommet en format « Normandie » (France, Russie, Ukraine et Allemagne) en vue de résoudre le conflit dans l’est de l’Ukraine. « Les prises de position, les choix qui ont été faits par le président (ukrainien Volodimir) Zelenski sont un vrai changement », a dit le chef de l’Etat français avant un entretien avec Vladimir Poutine, au Fort de Brégançon, dans le Var. « Le président Poutine a eu plusieurs échanges avec lui ces dernières semaines, c’est pour nous l’opportunité de revisiter cette situation, de pouvoir échanger et de pouvoir préparer des rendez-vous à venir. En lien étroit avec le président Zelenski et la chancelière Merkel, nous aurons à considérer l’opportunité – ce qui est mon souhait – d’un nouveau sommet en format Normandie dans les prochaines semaine si nous arrivons à configurer les voies d’avancement », a-t-il ajouté devant la presse à côté de son homologue.

Macron se rendra à Moscou en mai 2020 pour l’anniversaire de la victoire sur les nazis

Le président français Emmanuel Macron a annoncé lundi qu’il se rendrait à Moscou en mai 2020 pour assister aux célébrations en Russie du 75e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie. « Je serai en Russie aux côtés du président Poutine » pour cet événement, a-t-il déclaré en recevant son homologue russe dans sa résidence d’été dans le sud-est de la France. « Je suis reconnaissant » à Emmanuel Macron d’avoir accepté cette invitation, a renchéri Vladimir Poutine, les Russes accordant la plus haute importance à ces commémorations qui ont été boudées par les Occidentaux depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

(Avec AFP et Reuters)

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