Vers Idlib ?

Vers Idlib ?

24 Août 2019

Le plumage désormais complet des barbus de Khan Cheikhoun a ouvert d’intéressantes perspectives sur la suite de la guerre syrienne. Mais avant de les détailler, un petit retour en arrière n’est peut-être pas inutile…

Khan Cheikhoun était l’une des villes emblématiques de la rébellion djihadiste. C’est là, on s’en souvient, qu’avait eu lieu en avril 2017 le fameux second false flag chimique, macabre farce qui soulevait un certain nombre de questions :

Tout part de ce qui ressemble à un énième false flag barbu : le supposé bombardement chimique par l’aviation syrienne. Comme d’habitude, aucune preuve et aucun temps de réflexion – quel serait donc l’intérêt d’Assad de perpétrer ces attaques en un point non stratégique alors qu’il est en train de gagner la guerre et que l’administration américaine venait de lui donner un blanc-seing ? Ca n’a strictement aucun sens. Que cela soit un false flag assumé ou, comme les Russes l’affirment, un entrepôt d’armes chimiques djihadiste bombardé par un raid, tout cela a furieusement l’air d’un mauvais remake de la Ghouta

Il n’en fallait en tout cas pas plus à tout ce que l’empire compte d’euronouilles soumises, de Follamours, de fondamentalistes et de journalopes pour éructer, adresser force coups de menton et changer l’environnement favorable au 4+1. Aura-ce des conséquences concrètes ?

Une impression cependant. Votre serviteur peut se tromper mais cette assez évidente manipulation n’a pas l’air d’avoir été improvisée.

Cela fait quelques semaines que l’on sent de l’eau dans le gaz entre Ankara et Moscou et l’on a comme l’impression que les Turcs avaient leurs autopsiesleurs rapports à envoyer d’urgence à l’ONU et leurs excuses presque tout prêts. Etant donné que la Turquie avait coutume de fournir les « rebelles » en gaz sarin, la rapidité de ses conclusions n’est peut-être pas pour surprendre…

Pour la première fois depuis bien longtemps, des critiques émanent du régime sultanesque à l’encontre du Kremlin. Il est vrai que le survol de l’espace aérien turc par les Sukhoïs pour bombarder les petits protégés d’Ankara n’avait rien fait pour arranger les choses. Nouvelle rupture en perspective ? Ce serait presque à souhaiter dans un souci de clarification : que les masques tombent !

Israël se réveille également d’un long sommeil et le moins qu’on puisse dire est qu’il eût mieux valu que Tel Aviv restât endormi. Ne craignant visiblement pas le ridicule, Bibi la Terreur affirme qu’Assad a donné l’ordre direct du bombardement, reprenant d’ailleurs la logorrhée de son ministre de la Défense, le polémique Liberman. Des rapports contradictoires font état de frappes mystérieuses dans le sud syrien, près de Deraa, mais tant le Hezbollah que Damas réfutent la chose, ce qui n’est pas dans leur habitude. Dans le doute, quelques S400 ne seraient peut-être pas de trop pour ramener à la raison(définitivement ?) les jets à la nuque raide comme aurait dit le grand Charles…

Toujours est-il que Poutine a sèchement remis Netanyahou à sa place lors d’une conversation téléphonique : « Il est inacceptable de porter des accusations sans fondement ». A Moscou, on sent comme une irritation de voir les bouffons turc et israélien du roi sortir de leur boîte dès qu’on a le dos tourné. Armer le PKK et le Hezbollah devient une option chaque jour plus tentante.

Plus troublantes sont les informations selon lesquelles Washington parrainerait tout cela. Après avoir mis le holà dès l’élection de Trump, la CIA aurait partiellement repris ses livraisons aux coupeurs de tête modérés avant la crise chimique. Peut-être dans la foulée de la visite de Tillerson à Ankara le 30 mars. Ce même T. Rex avertit sans rire que la Russie devrait « repenser son soutien à Assad » tandis que la représentante US à l’ONU déclare qu’en cas de veto russe et chinois, les Etats-Unis pourraient agir seuls. Rappelons que tout ceci intervient quelques jours après que tout ce beau monde ait déclaré qu’Assad ne devait plus partir…

Par quelle mouche l’administration Trump a-t-elle donc été piquée ? Le poisson pourrit par la tête, dit-on, et le Donald ne fait rien pour faire mentir cette maxime. Témoin, son discours pour le moins crétind’hier dont il restera désormais prisonnier. Il en remet une couche aujourd’hui, confiant à des membres du Congrès qu’il considère maintenant une action militaire en Syrie ! Comment peut-il ne pas voir qu’il s’agit selon toute probabilité d’un false flag ? A-t-il été croqué par le Deep State ? Le débarquement de Bannon du Conseil de la Sécurité Nationale hier entre-t-il dans le cadre ce revirement étourdissant ? Ou bien joue-t-il un périlleux coup de poker pour se distinguer publiquement des Russes au moment où il marque des points contre la clique néo-con autour d’Obama. Pour une fois, votre serviteur est sans réponse et l’avoue humblement…

Et à l’instant, Erdogan vient d’offrir son soutien en cas d’intervention américaine (cette « trahison » ne passera évidemment pas inaperçue du côté de Moscou). Les rebondissements affluent d’heure en heure, bouleversant la fragile construction internationale qui se mettait en place depuis trois mois. Heures exaltantes, dangereuses aussi…

Les jours suivants, la planète hors MSN s’interrogeait sur la vraie-fausse frappe américaine : false flag au carré ou conversion de Donaldinho au Deep State ? On s’en souvient, nos billets d’alors avaient entraîné une kyrielle de commentaires sous-pesant les différentes hypothèses.

Au-delà du jeu des grandes puissances et des puérilités chimiques barbues, Khan Cheikhoun était le verrou de l’Idlibistan et un éperon menaçant directement Hama, ville centrale de la Syrie utile :

On mesure aisément l’importance de la réduction de ce saillant par l’armée loyaliste, dont la reconquête, difficile et tâtonnante au début des opérations en juillet, fulgurante au final, est bien résumée sur cette animation :

Hama est maintenant définitivement sécurisée tandis que le moral des rebelles modérément modérés en a pris un (très) sérieux coup. Il se murmure d’ailleurs que Jaysh al-Izza, groupe qui avait bénéficié pendant longtemps des largesses de la CIA en missiles anti-tanks TOW, est en voie de dissolution après avoir perdu un nombre considérable de combattants et la plupart de son matériel de guerre.

Surtout, la reconquête de Khan Cheikhoun pourrait ouvrir la voie à une offensive plus générale et la réduction d’un autre saillant, plus vaste, centré sur Ma’arat al Numan :

Que cette protubérance soit liquidée et c’est Idlib elle-même, capitale djihadiste entre toutes, qui serait directement sous les feux de l’actualité et, plus prosaïquement, des tirs loyalistes. Quel retournement de situation en quelques mois…

Nous n’en sommes pas encore là mais ce scénario pourrait bien être dans les tuyaux si l’on en croit l’activité de l’aviation syro-russe qui, sans répit, arrose copieusement la zone.

Tag(s) : #Moyen-Orient

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Washington pourrait se servir de la dette de l’Empire chinois pour faire pression sur Pékin

U.S. dollar and Chinese yuan notes are seen in this picture illustration June 2, 2017

Washington pourrait se servir de la dette de l’Empire chinois pour faire pression sur Pékin

© REUTERS / Thomas WhiteECONOMIE08:45 30.08.2019(mis à jour 09:58 30.08.2019)URL courte17527

En pleine guerre commerciale entre Washington et Pékin, les autorités américaines envisagent de ressusciter la question de la dette sur des obligations émises près d’un siècle plus tôt par l’Empire de Chine, relate Bloomberg.

L’administration Trump considère la possibilité d’exiger de Pékin qu’il rembourse la dette sur les obligations vendues par la Chine impériale, soit de l’époque précédant la fondation de la République populaire communiste, relate Bloomberg.

Hô-Chi-Minh-Ville

© SPUTNIK . VLADIMIR ASTAPKOVICHCe pays pourrait tirer de sérieux avantages de la guerre commerciale USA-ChineSelon l’agence, Donald Trump a déjà rencontré un groupe de détenteurs d’obligations chinoises datant d’avant la Révolution, qui promeuvent l’idée d’obtenir un remboursement de Pékin.

Les obligations qui se retrouvent aujourd’hui au cœur de la polémique ont été émises par la Chine impériale au début du XXe siècle pour attirer les investissements pour la construction de chemins de fer. Un nombre important de ces titres de valeur restent toujours entre les mains de collectionneurs américains et sont vendus aux enchères en ligne pour seulement quelques centaines de dollars chacun, note Bloomberg.

D’après les estimations de l’un des créateurs de la Fondation des détenteurs de dettes pré-communistes, la Chine devrait à ce jour rembourser plus de 1.000 milliards de dollars, au regard de l’inflation, des intérêts et d’autres dédommagements.

Les autorités chinoises ne reconnaissent pas les dettes accumulées avant la Révolution et refusent donc de les rembourser.

Guerre commerciale

Un différend commercial oppose les États-Unis à la Chine depuis l’été 2018. La semaine dernière, Pékin a annoncé des représailles tarifaires, après la décision du Président américain d’augmenter les droits de douanes sur une partie des 300 milliards de dollars d’exportations chinoises supplémentaires au 1er septembre et le reste le 15 décembre.

Le Président américain a immédiatement répliqué en relevant le niveau des droits de douane supplémentaires initialement prévu.

Les économistes et les marchés redoutent que l’escalade de la guerre commerciale mette un coup de frein à la croissance mondiale.

https://fr.sputniknews.com/economie/201908301042009767-washington-pourrait-se-servir-de-la-dette-de-lempire-chinois-pour-faire-pression-sur-pekin/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (3/3)

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (3/3)

Harold MICHOUD 27 août 2019 ActualitéActualités analyséesAfrique et Moyen-OrientAmérique du SudRussie Leave a comment

Depuis quelques années, le nom « Wagner » fait écho à de nombreux points « chauds » de l’actualité internationale. Ukraine, Syrie, Centrafrique, Libye, Soudan et même Venezuela sont des territoires où résonnent la présence de civils armés à l’accent russe. Mais qui sont ces membres du groupe Wagner ? De simples « contractors », payés pour faire de la protection comme toute société militaire privée ? Ou ses actions sont-elles plus opaques ?

Alors que tous les pays précédemment nommés sont directement concernés par des intérêts russes, il est de bon ton de se poser la question. Le groupe Wagner : société militaire privée ou barbouzerie ?

Wagner et la Centrafrique

Le Venezuela, partenaire stratégique de Moscou. Le groupe Wagner serait dans le pays de manière officieuse.
Le Venezuela, partenaire stratégique de Moscou. Le groupe Wagner serait dans le pays de manière officieuse.

Depuis janvier 2018, Moscou envoie 170 « instructeurs russes civils » pour former les soldats de Centrafrique. Ce pays, l’un des plus pauvre du monde, est sujet à des affrontements interethniques et religieux, opposant les milices Séléka (composées de musulmans) aux milices anti-Balaka (composées de chrétiens). Le pouvoir du gouvernement y est très faible. Moscou peut ainsi apporter un soutien militaire qui agace l’Organisation des Nations Unies et la France, toutes deux engagées sur ce théâtre d’opération.

Parmi les « contractors » russes présents se trouvent des hommes du groupe Wagner. Certains seraient même dans la garde prétorienne du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra. Cette « protection » du groupe Wagner semble avoir également beaucoup concerné le secteur minier. Le pays a un sous-sol très riche en minerais tels le diamant, l’or, l’uranium, le fer ou les terres rares. Ces dernières sont indispensables au fonctionnement d’appareils électroniques de pointe.

Une présence de Wagner qui questionne

Trois journalistes russes d’investigation ont été tués à 200 km de la capitale, Bangui, alors qu’ils enquêtaient sur les actions du groupe Wagner. L’enquête a conclu à un crime crapuleux. Cela a révélé le caractère flou des missions du groupe dans le pays. Cet événement tragique d’août 2018 fait peut-être écho à l’attribution d’un permis de recherche d’or à Yawa à une entreprise russe. Un certain Evguenii Khodotov en est le directeur. L’homme est surtout un proche d’Evguénii Progojine, le « cuisinier du Kremlin ».

De plus, Monsieur Prigojine a également pu se tailler une part de lion grâce à sa société Lobaye Invest Serlu, qui a reçu une concession d’exploitation minière le 2 juin 2018, deux mois avant que ses trois compatriotes journalistes décèdent mystérieusement. Alors que des contrats d’armement sont passés entre Bangui et Moscou, la tête de pont de ce rapprochement a peut-être une allure de traiteur russe avec une kalachnikov en bandoulière.

Wagner et le Venezuela

Un groupe de mercenaire serait également au Venezuela. Cette troupe a pu s’y rendre via des vols commerciaux au départ de la Havane en janvier 2019. Ils seraient arrivés à Cuba dans des avions affrétés de Russie selon Reuters. Aucune mention de Wagner n’y est faite. Un chef de mercenaires russe aurait en revanche confirmé l’information d’une présence de sociétés militaires privées dans la zone. Les effectifs de ces sociétés s’élèveraient à 400 selon cette même source.

Les contractors se seraient enregistrés sous différentes organisations – environ une douzaine – pour ne pas attirer l’attention à leur arrivée au Venezuela.  Leur rôle est de protéger le président Nicolas Maduro, affaiblit par une opposition soutenue par les pays occidentaux. Dans un pays en plein troubles politiques, en pleine crise économique, la présence de mercenaires russes laisse peu de doutes sur la signature de Moscou. Une source anonyme et proche du groupe Wagner aurait confirmé la présence des hommes d’Evguéni Prigojine sur le territoire Vénézuélien.

Mais la présence de ce groupe, ou de toute autre entité relevant du groupe, n’est jamais officialisée par le pouvoir russe, hormis devant un fait accompli. Le déploiement de troupes russes officielles en avril est peut-être un nouveau moyen d’officialiser une présence russe informelle depuis quelques mois. En tout cas, le procédé semble être le même qu’en Centrafrique et qu’au Soudan.

Le Venezuela, un partenaire stratégique pour la Russie

Ce qui change est surtout l’immense intérêt économique, politique et stratégique que présente le Venezuela pour la Russie. En effet, le Venezuela est le principal allié américain continental de Moscou. Son armement est majoritairement d’origine soviétique et Moscou reste le principal fournisseur d’équipement militaire de Caracas. La Russie est également la deuxième créancier du pays derrière la Chine. Enfin, la Russie a énormément investi dans le pays, spécialement dans le pétrole via l’intermédiaire de Rosneft, fleuron pétrolier russe.

Les Etats-Unis, en fermant leur économie à Caracas, ont précipité Nicolas Maduro dans les bras moscovites. Et la Russie bénéficie de conditions favorables pour continuer d’y investir. C’est le cas notamment de l’entreprise Rosneft qui a des accès préférentiels à certains gisements de gaz de schiste. En définitive, Moscou est une des pierres angulaires du maintien du président Maduro au pouvoir.

Simple société militaire privée ou fabrique à barbouzes ? 

Il devient clair que l’aspect indépendant de cette société militaire privée ne peut occulter sa proximité avec le pouvoir russe. Tout d’abord, Evguéni Prigojine est un proche du président russe, et agit cependant en toute impunité. Ensuite, une partie de l’intelligentsia du pouvoir bénéficie des retombées économiques négociées après l’aide du groupe Wagner. Enfin, et surtout, ses contractors se déploient dans des zones stratégiques pour le Kremlin et assistent des pouvoirs, gouvernements ou groupes séparatistes proches de Moscou. Leur présence discrète dans tous les dossiers internationaux obscurs russes laissent à penser que ce groupe est beaucoup plus barbouze que simplement privé. Pour une société militaire privée interdite en Russie, ce groupe semble avoir de beaux jours devant lui.

Sources :

-“Are Russian mercenaries in Venezuela ? What we know”, The Defense Post, 25 janvier 2019, (https://thedefensepost.com/2019/01/25/russian-mercenaries-venezuela-pmc-wagner/)

-“Du Venezuela à la Centrafrique, les mercenaires de Wagner sur tous les fronts”, Le Point, 30 janvier 2019, (https://www.lepoint.fr/monde/du-venezuela-a-la-centrafrique-les-mercenaires-de-wagner-sur-tous-les-fronts-30-01-2019-2289909_24.php)

– “Gaz : le Venezuela déroule le tapis rouge à la Russie”, Actu & Eco, 9 aout 2019, (https://www.capital.fr/economie-politique/au-venezuela-la-russie-risque-de-perdre-un-allie-et-des-milliards-1325457)Share

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About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant de Grenoble Ecole de Management et effectue une poursuite d’étude en géopolitique au sein de l’IRIS SUP’. Il s’intéresse particulièrement à la Turquie et au Khorasan. https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/41521-groupe-wagner-contractors-barbouzes-3/ 3

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (2/3)

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (2/3)

Harold MICHOUD 26 août 2019 ActualitéActualités analyséesAfrique et Moyen-OrientAmérique du SudRussie Leave a comment

Depuis quelques années, le nom « Wagner » fait écho à de nombreux points « chauds » de l’actualité internationale. Ukraine, Syrie, Centrafrique, Libye, Soudan et même Venezuela sont des territoires où résonnent la présence de civils armés à l’accent russe. Mais qui sont ces membres du groupe Wagner ? De simples « contractors », payés pour faire de la protection comme toute société militaire privée ? Ou ses actions sont-elles plus opaques ?

Alors que tous les pays précédemment nommés sont directement concernés par des intérêts russes il est de bon ton de se poser la question. Le groupe Wagner : société militaire privée ou barbouzerie ?

Wagner et la Libye

Le pétrole libyen, enjeu de la présence du groupe Wagner dans le pays
Le pétrole libyen, enjeu de la présence du groupe Wagner dans le pays

Le 7 novembre 2018, le maréchal Haftar, chef de l’Armée Nationale Libyenne (ANL), apparaît dans une vidéo le montrant avec le ministre russe de la Défense. A côté se tient un personnage connu des services de renseignements du monde entier. C’est Evguéni Prigojine.

Wagner se déploie en Libye, pour la protection de sites d’hydrocarbures. En effet, une grande partie du croissant pétrolier, zone vitale de l’industrie d’hydrocarbure libyenne, est sous contrôle du maréchal Haftar. La Russie joue un double jeu, et tente de négocier avec les deux grands ennemis politiques du pays afin de conclure des contrats économiquement profitables à Moscou. En 2017, la compagnie russe Rosneft obtenait un contrat avec la National Oil Corporation de Libye. Son siège est à Tripoli, ville contrôlée par Fayez Seraj. Une partie non négligeable des installations d’hydrocarbures se trouve cependant dans la zone contrôlée par le maréchal Haftar. Rosneft a pour directeur général un proche de Vladimir Poutine, Igor Setchine, surnommé le « Richelieu du Kremlin » en référence au très influent premier ministre de Louis XIII.

Un groupe au service des proches du pouvoir ?

Obtenir des contrats pétroliers ou d’hydrocarbures dans des pays en crise est une stratégie qui semble porter ses fruits. C’est également le cas de ces arrangements « conseil, formation militaire contre ressources locales ». L’exemple du Mali en est un autre révélateur.

La société privée Wagner permettrait ou influencerait les Etats ou groupes « protégés » en faveur de membres très proche du pouvoir russe. La Russie peut ainsi bénéficier d’entreprises contrôlées par Moscou et d’un accès russe à des hydrocarbures ou ressources naturelles.

Wagner et le Soudan

Le Soudan est également une zone stratégique d’intérêt pour Moscou. En effet, le pays connaît des troubles politiques. Depuis 2017, un rapprochement perceptible s’effectue entre les deux capitales. Entre deux visites d’Omar El-Béchir (novembre 2017 et décembre 2018), la Russie a obtenu de cartographier les réserves de métaux et d’uranium dans le pays. Et le « cuisinier du Kremlin », Evguéni Prigojine, y a effectué de nombreux voyages. Nul doute que le groupe Wagner est concerné par les voyages de son principal financeur.

Malgré le départ du dictateur Omar Al-Bechir, la coopération militaire entre les deux nations s’est confirmée par deux nouveaux contrats bilatéraux, signés le 25 mai 2019. Le premier ne faisait mention que de simples échanges et retours d’expérience entre les deux armées. En revanche, le second parle de l’installation d’une délégation militaire russe au Soudan dans le but de former les troupes soudanaises. Le contrat parle cependant de militaires, reconnus par l’armée.

Mais alors pourquoi le Times, souligne la présence de sociétés militaires privées dans les rues de Khartoum en janvier 2019 ? Comment est-il possible que ce journal présente une photographie d’un véhicule du groupe Wagner dans la capitale Soudanaise ?

Un soutien au régime, pour l’uranium soudanais ?

Selon le Times encore, ces mercenaires auraient aidé le pouvoir à réprimer les manifestants. Information démentie par Maria Zakharova, la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe. Elle reconnaît en revanche la présence de sociétés militaires privées russes pour la « formation des militaires et des forces de l’ordre ». Le groupe Wagner était officieusement présent au Soudan avant ce coup de projecteurs. L’accord militaire a donc sans doute permis d’officialiser une présence russe effective depuis déjà plusieurs mois dans le pays.

Et avant d’officialiser cette coopération militaire, un accord entre les deux gouvernements ouvrait l’uranium du pays à des investisseurs, notamment proches du Kremlin. Ce contrat sur le nucléaire civil illustre bien l’intérêt de Moscou pour le pays. Le Soudan possède en effet la troisième réserve d’uranium au monde. Soutenir un pays troublé, bénéficiant d’un sous-sol d’une telle richesse peut engendrer des contrats bénéfiques pour le Kremlin et son industrie, d’autant plus lorsque celle-ci est en grande partie détenu par le pouvoir ou par la garde rapprochée du président actuel. Rosatom, fleuron nucléaire russe aura ainsi la priorité sur l’investissement au Soudan.

Sources :

-“La sécurité, argument de la Russie pour avancer ses pions en Afrique”, France 24, 27 janvier 2019.Share

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About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant de Grenoble Ecole de Management et effectue une poursuite d’étude en géopolitique au sein de l’IRIS SUP’. Il s’intéresse particulièrement à la Turquie et au Khorasan.

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Sondages de l’Elysée: Guéant et d’ex-proches de Sarkozy renvoyés devant le tribunal correctionnel

Politique

Sondages de l’Elysée: Guéant et d’ex-proches de Sarkozy renvoyés devant le tribunal correctionnel

Par Challenges.fr le 29.08.2019 à 15h15

L’ex-secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, Patrick Buisson et quatre autres personnes sont renvoyés devant le tribunal correctionnel dans l’affaire des sondages de l’Elysée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Sondages de l'Elysée: Guéant et d'ex-proches de Sarkozy renvoyés devant le tribunal correctionnel

Dans sa décision signée mardi, le juge d’instruction Serge Tournaire a ordonné un procès pour « favoritisme » et « détournement de fonds publics par négligence » pour M. Guéant et l’ex-directrice de cabinet Emmanuelle MignonAFP/ARCHIVES – THOMAS SAMSON

Plusieurs anciens collaborateurs de Nicolas Sarkozy, dont l’ex-ministre Claude Guéant et le conseiller Patrick Buisson, ont été renvoyés en procès dans l’affaire des sondages de l’Elysée, a-t-on appris jeudi de source judiciaire et auprès de l’association Anticor.PUBLICITÉinRead invented by Teads

Au total, six personnes sont concernées par l’ordonnance de renvoi en correctionnelle, signée mercredi.

Parmi elles figurent Claude Guéant, qui fut l’homme de confiance de Nicolas Sarkozy, puis son secrétaire général à l’Elysée et enfin son ministre de l’Intérieur, Patrick Buisson mais également Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de l’ex-chef de l’Etat au début de son quinquennat.

Est également renvoyé l’ancien sondeur Pierre Giacometti, lui aussi conseiller de Nicolas Sarkozy à cette époque.

L’ex-président ne risque rien dans ce dossier mais il reste sous la menace de procès dans d’autres affaires toujours en cours d’instruction, en premier lieu celle du financement de sa campagne présidentielle de 2012, dite « affaire Bygmalion », et celle des écoutes, dans laquelle il est soupçonné d’avoir cherché à obtenir indûment des informations confidentielles sur une enquête alors en cours.

Selon franceinfo, Patrick Buisson va saisir la chambre de l’instruction pour contester son renvoi en correctionnelle.

« On a affaire à un juge qui instrumentalise la justice à des fins politiques », a-t-il dit, parlant de « discrimination politique ». « Il y a eu, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, 470 prestataires de service. Je suis le seul à être mis en examen et renvoyé en correctionnelle », a-t-il ajouté.

L’affaire des sondages, lancée en 2009 par un rapport de la Cour des comptes sur la gestion du budget de la présidence, a pris un tour judiciaire l’année suivante après une plainte de l’association Anticor.

« C’est une affaire qui avance très, très lentement », a dit à Reuters le président d’Anticor, Jean-Christophe Picard, qui regrette que Nicolas Sarkozy soit « le grand absent » du futur procès.

« Notre déception c’est de voir que Nicolas Sarkozy est épargné, protégé par son immunité alors que selon nous certains marchés n’avaient rien à voir avec sa fonction de président. Donc il a été protégé peut-être de manière exagérée », a-t-il ajouté.

Anticor estime qu’une bonne partie des sondages commandés sans appel d’offres par la société de Patrick Buisson Publifact, entre 2007 et 2009, n’avaient pas d’intérêt public lié à la fonction présidentielle.

Sur la période 2010-2012, Anticor juge que certains sondages réalisés, après appels d’offres, ne relevaient pas non plus de la fonction présidentielle.

Etaient également visés par la plainte de cette organisation des contrats de prestations en communication passés entre 2007 et 2012 entre l’Elysée et les sociétés de Pierre Giacometti et de Patrick Buisson, soupçonnés d’avoir bénéficié de favoritisme.

(Avec Reuters)

https://www.challenges.fr/politique/sondages-de-l-elysee-gueant-et-d-ex-proches-de-sarkozy-renvoyes-devant-le-tribunal-correctionnel_671450#xtor=CS4-92[Sondages+de+l%27Elys%C3%A9e%3A+Gu%C3%A9ant+et+d%27ex-proches+de+Sarkozy+renvoy%C3%A9s+devant+le+tribunal+correctionnel+]-671450

Chine-USA: Beijing Refuse Pour La Troisième Fois Consécutive L’escale D’un Navire De Guerre US Sur Fond De Révolution De Couleur À Hong Kong Et D’un Gigantesque Bras De Fer Économique, Commercial Et Technologique

STRATEGIKA 51 INTELLIGENCE

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AnalysisChinaChineNews/InfosOpen Source/Source Publique

Chine-USA: Beijing Refuse Pour La Troisième Fois Consécutive L’escale D’un Navire De Guerre US Sur Fond De Révolution De Couleur À Hong Kong Et D’un Gigantesque Bras De Fer Économique, Commercial Et Technologique

Posted on 30/08/2019 AuthorStrategika51Comment(1)

La République populaire de Chine a refusé la requête d’un navire de guerre de l’US Navy demandant l’accès au port de Qindao, sur fond d’une crise politique à Hong Kong prenant de plus en plus la forme d’une révolution colorée et d’un gigantesque bras de fer économique, commercial et technologique entre Beijing et Washington.

C’est la troisième fois consécutive que la Chine refuse l’escale d’un bâtiment de surface de la marine de guerre américain dans un de ses ports ou à Hong Kong.

L’accostage d’un navire de guerre US en Chine dans cette conjoncture risque d’éveiller de vieux souvenirs dramatiques de l’histoire chinoise remontant aux guerres de l’Opium avec l’empire britannique (1839-1860) mais également ce que l’on a appelé, faute de termes exacts à l’époque, la révolte des Boxers (1899-1901).

Fait inhabituel dans une Chine hyper-connectée et plus branchée que jamais, de vieux slogans en références à ces événements historiques refont surface avec pour mots d’ordre: “Plus jamais cela!”

.https://messageriepro3.orange.fr/OFX#mail/SF_JUNK/22179%25SF_JUNK/f

https://strategika51.org/archives/67751

L’échange de prisonniers entre la Russie et l’Ukraine serait en cours

L’échange de prisonniers entre la Russie et l’Ukraine serait en cours

30 août 2019, 06:10

L'échange de prisonniers entre la Russie et l'Ukraine serait en cours

Un avion transportant des détenus ukrainiens aurait décollé pour Kiev dans le cadre d’un échange de prisonniers avec la Russie. Mais selon Kiev, les négociations sont en cours et les détenus russes seraient toujours en Ukraine, selon leur avocat.

La Russie et l’Ukraine seraient en train de procéder à l’échange de prisonniers dont il est question depuis une semaine. Néanmoins, la présidence ukrainienne n’a fourni aucune confirmation officielle. «Le processus de la libération mutuelle des détenus est toujours en cours. L’information sur son achèvement ne correspond pas à la réalité.», a-t-elle précisé. Son porte-parole a par ailleurs appelé la presse à la «patience». Dans le même temps, d’autres sources annoncent l’arrivée des détenus ukrainiens à Kiev. Les négociations entre les deux pays seraient toujours en cours.

Selon plusieurs médias, l’avion avec à son bord des détenus ukrainiens serait en route pour Kiev. Parmi les passagers, le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov – transféré à Moscou la veille depuis sa colonie pénitentiaire russe de Iamalie, selon une source contactée par l’agence de presse Tass – ferait partie du groupe de détenus parti tôt ce 30 août depuis la capitale moscovite. Le nouveau procureur ukrainien Rouslan Riabochapka a partagé sur son compte Facebook une publication confirmant l’échange en cours.

Selon des sources citées par plusieurs médias russes, la Russie aurait été prête à renvoyer en Ukraine les 24 marins arrêtés lors de l’incident du détroit de Kertch en novembre 2018, ainsi que des Ukrainiens accusés d’activités terroristes, de possession illégale d’armes à feu et d’insultes envers les représentants des autorités russes. Valentine Rybine, l’avocat des détenus Russes, a déclaré que ses clients étaient toujours en prison. 

Selon lui, l’échange ne devrait avoir lieu que le 3 septembre. Un peu plus tôt, il avait déclaré que, du côté ukrainien, 12 citoyens de la Fédération de Russie pouvaient participer à l’échange. Outre Maxime Odintsov et Alexandre Baranov, Evgueni Mefedov, Igor Kimakovsky et Rouslan Bedjiev figurait parmi les participants potentiels à l’échange.

Négociations depuis une semaine

Le média russe RBK, citant des sources proches du dossier, avait fait savoir le 22 août que Moscou et Kiev s’étaient mis d’accord pour échanger 33 Russes détenus en Ukraine contre 33 Ukrainiens détenus en Russie.

Ce sujet était au menu des discussions entre le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, depuis plusieurs mois et ce, dès leur première conversation téléphonique en juillet 2019. Cet échange de prisonniers – à même d’apaiser les tensions entre Kiev et Moscou – a également été abordé par Vladimir Poutine et Emmanuel Macron lors de leur rencontre au fort de Brégançon le 19 août.

Si les autorités russes n’ont jamais confirmé ce jeu diplomatique, interrogé sur cette question par la presse dans la journée du 22 août, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait déclaré que des échanges entre les représentants de la Russie et de l’Ukraine avaient eu lieu au sujet des détenus.

Interrogée sur le même sujet, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, n’avait pas souhaité commenter. «Cette information existe, mais je ne peux pas la partager. Toutes ces questions doivent être résolues par des professionnels, des autorités compétentes sur une base légale, et c’est ce qui sera fait», avait-t-elle fait savoir.

Le 19 juillet, Kiev avait proposé d’échanger Kirill Vychinski contre Oleg Sentsov. Le 28 août, le journaliste russe, incarcéré en Ukraine depuis un an, a été libéré.

Détails à suivre…

Lire aussi : La Russie et l’Ukraine auraient convenu d’un échange de 33 prisonniers chacun

International

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Massacres, répression et politique : nouvelle semaine chaotique en Afrique

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Massacres, répression et politique : nouvelle semaine chaotique en Afrique

29/08/2019 05:19

Les années se suivent et se ressemblent en Afrique, et la barbarie ne semble jamais devoir s’y arrêter. Lundi, en quelques heures, de nombreuses informations plus inquiétantes les unes que les autres au sujet du continent africain ont encore été dévoilées par les médias européens.

Massacre entre tribus au Soudan, symbole des troubles de l’Afrique

Le Soudan est l’un des pays symbolisant le plus cette violence quasi-permanente. Les famines succèdent aux guerres et les guerres aux famines. Ce cycle infernal s’est poursuivi lundi avec un nouveau massacre. Une quarantaine d’hommes ont été tués et deux cents autres ont été blessés lors d’affrontements entre tribus rivales de l’état de la Mer Rouge, à l’Est du pays.
Le président soudanais avait été destitué quelques jours plus tôt par l’armée, entraînant certaines régions dans le chaos.

Amnesty International observe le Zimbabwe et le Cameroun

La célèbre ONG Amnesty International s’inquiète de son côté des événements survenus au Zimbabwe et au Cameroun. Le premier cas concerne le nouveau président zimbabwéen Muleya Mnangagwa dont le gouvernement serait déjà auteur de mesures liberticides et d’actes de tortures sur des opposants depuis les élections du 30 juillet dernier. Amnesty International demande par ailleurs que toute la lumière soit faite sur les assassinats de deux femmes et de leurs enfants au nord du Cameroun avant l’ouverture du procès des militaires accusés de les avoir commis.

Les camionneurs pris pour cibles et tués en Afrique du Sud

En Afrique du Sud, il ne fait pas bon être étranger. L’on connaissait le danger permanent planant au-dessus des Boers, les fermiers blancs étant régulièrement traqués et tués par les héritiers spirituels de Nelson Mandela, mais ce sont maintenant les camionneurs qui sont pris pour cibles. Une association de défense des droits de l’homme a annoncé lundique près de deux cents routiers étrangers – y compris de pays voisins – ont été assassinés par leurs homologues sud-africains depuis un an et demi. Le gouvernement se montre jusqu’à présent très laxiste sur la violence des Noirs d’Afrique du Sud, que ce soit sur les Boers ou les camionneurs.

Le Mali et le Burkina Faso unis contre les islamistes ?

Dans un autre registre, le Mali essaie tant bien que mal de se dépêtrer de la présence islamiste sur son territoire, qui, comme nous l’évoquions le 31 juillet dernier, fait des ravages. Le pays souhaite en effet établir un partenariat avec l’un de ses voisins, le Burkina Faso, dont l’armée a elle aussi été attaquée par les djihadistes. Vingt-quatre soldats ont en effet été tués le 19 août.

Quid de la Côte d’Ivoire ?

Pas de violence à déplorer cette semaine en Côte d’Ivoire mais la situation politique ne pousse pas à l’optimisme. Le Front Populaire Ivoirien, principal parti d’opposition, a annoncé ne pas vouloir participer à la commission d’organisation de l’élection présidentielle de 2020, estimant que le processus ne garantissait pas l’impartialité du scrutin.

Le continent entier semble déstabilisé et les nouvelles vagues migratoires d’Africains vers l’Europe ne vont pas diminuer les inquiétudes du Vieux continent sur leurs conséquences.

Crédit photo : DR
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LA RUSSIE AUGMENTE SES RÉSERVES D’OR DE 9 TONNES EN JUILLET

LA RUSSIE AUGMENTE SES RÉSERVES D’OR DE 9 TONNES EN JUILLET

PUBLIÉ PAR OR.FR ™ | 21 AOÛT 2019 | ARTICLES1921 

Les réserves d’or de la Russie ont augmenté de 9 tonnes en juillet, pour atteindre une valeur de 101,923 milliards $ (92 milliards €), au 1er août.

Les chiffres officiels indiquent que l’or représente désormais 19,6% des réserves totales de la Russie. Les achats de juillet ont porté les réserves d’or du pays à un total de 2 217,68 tonnes (71,3 millions d’onces), soit une augmentation de 0,42% en un mois, selon les dernières données publiées par la Banque centrale de Russie (CBR).

C’est moins que les 18 tonnes de métal précieux achetées en juin, mais cela démontre quand même que la Russie est sur la voie de la dé-dollarisation de son économie et reste déterminée à acheter de l’or pour contourner les sanctions américaines.

De janvier à juillet, l’institution russe a acheté 105,75 tonnes d’or au total. Le plus gros achat d’or a eu lieu en février, lorsque les réserves du pays ont augmenté de plus de 31 tonnes.

La part d’or dans les réserves de change russes, qui augmente régulièrement depuis 2007, est passée de 19,35% en juin à 19,61% en juillet.

L’an dernier, la Russie a été le plus gros acheteur d’or au monde, avec près de 275 tonnes accumulées, la plus grande quantité jamais achetée en une seule année, selon le World Gold Council.

Source originale: RT International

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.Tags : OrÉconomieOffre & demandeMonnaieBanques centralesPolitique


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La communication, seul enjeu du sommet du G-7 à Biarritz

La communication, seul enjeu du sommet du G-7 à Biarritz

par Thierry Meyssan

Le G7, qui était originellement un lieu d’échange entre dirigeants occidentaux pour mieux comprendre les points de vue respectifs, est devenu un enjeu de communication. Loin d’exposer à huis clos le fond de leur pensée, les invités sont devenus des acteurs d’un show médiatique où chacun essaye de faire bonne figure. Le pire aura été la surprise concoctée par Emmanuel Macron pour les journalistes et contre son invité états-unien.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 27 AOÛT 2019 عربيDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆESPAÑOLITALIANOROMÂNĂTÜRKÇEРУССКИЙENGLISHPORTUGUÊS

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Un club, pas une organisation décisionnaire

Lors de sa création en 1976, par Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, le G-6 était un groupe de discussion informelle. Le président français et le chancelier allemand entendaient échanger avec leurs homologues pour cerner leurs pensées dans le contexte de la crise du dollar qui résultat de la fin de la guerre contre le Vietnam. Il ne s’agissait pas de prendre des décisions, mais de réfléchir sur l’avenir de l’économie occidentale. Les invités étaient les mêmes que ceux réunis par le Trésor états-unien, pour la même raison, un peu plus tôt. Cependant la réunion ne rassemblait pas cette fois les ministres des Finances, mais les chefs d’État ou de gouvernement et l’Italie avait été ajoutée. L’année suivante, le Canada a également été invité.

Avec la dissolution de l’Union soviétique et la fin de la division du monde en deux camps, le G-7 a abordé des questions politiques, puis a associé la Russie à ses discussions informelles. Mais lorsque Moscou s’est relevé, s’est opposé à l’Otan en Syrie et a refusé le coup d’État en Ukraine, la confiance fut brisée et les Occidentaux décidèrent de se réunir à nouveau entre eux. Cet épisode clôt toute velléité de faire participer la Chine.

Les derniers G-7 ont produit quantité de Déclarations et de Communiqués. Cette littérature n’a acté aucune décision, mais élaboré un discours commun, d’autant plus verbeux que la politique intérieure US était dominée par le « politiquement correct ». Comme toujours lorsque l’on n’a pas conscience d’avoir de contre-pouvoirs, la séparation entre la réalité et ce discours n’a cessée de croître.

Une dérive a eu lieu en 2005, au Royaume-Uni, où le Premier ministre britannique Tony Blair attira l’attention de tous en assurant que le G8 qu’il présidait allait annuler la dette des 18 pays les plus pauvres d’Afrique. En réalité, cette annonce était gratuite : le G8 ne prit jamais cette décision. Par la suite, 14 pays acceptèrent les conditions léonines de la Grande-Bretagne, puis s’en mordirent les doigts. 4 autres refusèrent ce piège. Cette mise en scène a laissé l’impression fallacieuse que le G7/8 était une sorte de gouvernement mondial.

Il est essentiel qu’il ne prenne pas de décision : ce serait constituer un cartel au sein de l’Assemblée générale de l’Onu et violer le principe de l’égalité entre chaque État quelle que soit sa puissance. Il existe déjà un privilège, reconnu aux principaux vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, de siéger de manière permanente au Conseil de sécurité et d’y détenir un droit de veto. Privilège qui découle du réalisme : aucune majorité d’État ne peut imposer sa volonté à de si grandes puissances.

Le sommet 2019

Quoi qu’il en soit, l’importance de cette réunion informelle se mesure à la puissance cumulée de ses invités. Il convient d’abord d’observer que le G-7 réunit 9 personnalités : le président de la Commission européenne et celui du Conseil européen y sont invités. Il se trouve que pour des raisons de santé, Jean-Claude Juncker manquera à l’appel. Observons ensuite que, depuis 2015, le président tournant du G7 a invité des hôtes étrangers. Emmanuel Macron en a choisi 8, dont 3 l’avaient déjà été l’année dernière : deux des BRICS (l’Inde et l’Afrique du Sud), l’Australie (qui y a été invitée comme le Canada en tant que dominion britannique et devrait adhérer dans quelques années à l’Otan et y constituer une force anti-Chinoise avec le Japon), et des « clients » (l’Égypte, le Burkina-Faso, le Chili, le Rwanda et le Sénégal). Ces États participeront à certaines réunions, mais pas à toutes.

Le président Macron a rappelé la possibilité de réintroduire la Russie dans ce cercle fermé, en 2020 (évoquée par le président Trump qui présidera alors ce club). Cela supposerait d’abord que la Syrie soit libérée et que l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie soit reconnue. En outre, pour que la participation de Moscou ait un sens, il faudrait que la Russie se mette à parler comme les Occidentaux. Sergueï Lavrov a déjà poliment répondu qu’il examinerait cette proposition (saugrenue) lorsqu’elle serait formulée.

Après le fiasco du G-7 de 2018, où l’on ne parvint pas à élaborer un discours commun, Emmanuel Macron a fait le choix de chercher un discours plus large et plus général qui fait toujours recette et ne menace personne, un sujet sociétal et surtout pas social : la « lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes ». Précautionneusement, il a prévenu qu’il n’y aurait pas cette fois de texte final.

Au plan économique, les conséquences de la guerre douanière livrée par les États-Unis à la Chine sont la principale source de préoccupation des membres du G7. N’ayant aucunement l’intention d’être à nouveau placé en situation d’accusé comme il le fut l’an dernier, le président Trump a choisi l’attaque en dénonçant les taxes françaises sur Google/Apple/Facebook/Amazon. C’est en effet le point faible de son partenaire. La France a choisi d’attaquer les Gafa au plan fiscal, mais ne réagit pas à deux questions plus importantes : leur position monopolistique et leurs violations des libertés individuelles. Ce point devrait être réglé en marge de la réunion de Biarritz par les ministres des Finances français et états-unien et renvoyé à l’OCDE.

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Emmanuel Macron adolescent et sa professeure de théâtre, sa future épouse, Brigitte Trogneux.

Une pièce de théâtre d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron et son ancienne professeure de théâtre, son épouse Brigitte Trogneux-Macron, avaient prévu une mise en scène particulière pour ce sommet. Nul ne peut en nier la qualité scénique et les rebondissements.

Le président a fait précéder le sommet d’une courte adresse télévisée [1] au cours de laquelle il avait annoncé diverses initiatives spectaculaires et s’était engagé à en présenter un bilan le 26 août au soir.

Dans les jours qui ont précédé ce sommet, des médias européens ont massivement relayé une campagne d’intoxication selon laquelle la totalité de la forêt amazonienne serait en feu. Sa destruction priverait la Terre d’oxygène et accélérerait le réchauffement climatique. Or, ce n’est pas la forêt qui brûle, mais les zones déforestées soumises à la technique de défrichage par brûlis ; et l’Amazonie ne fournit qu’une très petite partie de l’oxygène de l’atmosphère. En réalité, certains membres du G7 espèrent contourner l’OTCA (Organisation du Traité de coopération amazonienne) afin de pouvoir exploiter les fabuleuses richesses minérales, pharmaceutiques et boisières de cette région. Déjà Emmanuel Macron a autorisé l’exploitation de plusieurs mines aurifères en Guyane française à un consortium franco-canadien au plus grand mépris de la forêt et de ses habitants. C’est à juste titre que le président brésilien Jair Bolsonaro a dénoncé le caractère colonial de l’entreprise du G7. Les mensonges d’Emmanuel Macron seront lourds de conséquences.

Autre sujet et non des moindres : le président a lui-même prétendu qu’il avait reçu un « mandat » du G7 pour négocier avec l’Iran. C’est évidemment impossible non seulement parce que le G7 ne donne pas de mandat, mais aussi parce que jamais les États-Unis ne délèguent ce pouvoir à un pays tiers. Après que la presse internationale a repris les yeux fermés cette ineptie et que le président Trump a eu un coup de sang, Emmanuel Macron a reconnu une méprise. Sur ce, il a invité le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, qui est immédiatement arrivé à Biarritz et qu’il a rencontré. Il était impossible de faire plus spectaculaire, mais c’est au prix d’une insulte publique à son invité, Donald Trump, et d’un inconfort pour ses autres invités.

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Les conseillers de l’Élysée assurent que le président états-unien avait donné son accord, mais à quoi ? Mohammad Javad Zarif n’a pas été autorisé à entrer dans l’hôtel du Palais où se tient le sommet. Il a été accueilli durant trois heures par son homologue Jean-Yves Le Drian et le ministre des Finances, Bruno Lemaire, à la mairie de Biarritz. Emmanuel Macron a abandonné ses invités pour se joindre à ses deux comparses durant une demi-heure. L’entretien s’est tenu en présence de conseillers britannique et allemand. Cette visite impromptue ne fera pas avancer le conflit irano-US, mais braquera les États-Unis à la fois contre l’Iran et contre la France. Ce scénario est la première grave faute internationale d’un président dont l’inclinaison sociopathique est connue depuis bien avant son élection. Par sociopathie nous entendons une tendance générale à l’indifférence vis-à-vis des normes sociales et des droits d’autrui doublée d’un comportement impulsif.

Conclusion

Le président Donald Trump considère le « discours politiquement correct » comme le symptôme de la mainmise de l’oligarchie globaliste sur son pays. Selon le Washington Post, il se serait bien passé d’aller perdre son temps à Biarritz. A l’évidence, l’arrivée en ville d’un hôte qu’il ne voulait pas voir a transformé son ennui en colère. Ses têtes à têtes avec son homologue français se sont délicieusement passés assurent les conseillers de l’Élysée mais ont été odieux selon les siens — et ceci dès le petit-déjeuner—. Selon sa conseillère, Kelly Ann Shaw, le président souhaiterait donc que la prochaine réunion, en 2020 aux États-Unis, fixe de nouveaux objectifs.

La Déclaration finale du sommet de Biarritz [2] n’est qu’un bref catalogue des points d’accord entre ses participants. Tout le monde constatera que, malgré l’autosatisfaction du président Macron et la vénération que lui porte une certaine presse, elle aurait pu être écrite longtemps à l’avance : aucun sujet listé n’a évolué. Personne n’a forcé la main de personne.

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan

Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump(2017).

https://www.voltairenet.org/article207410.html

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[1] « Adresse d’Emmanuel Macron avant le G7 », par Emmanuel Macron, Réseau Voltaire, 24 août 2019.

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[2] « Déclaration des chefs d’État et de gouvernement du G7 », Réseau Voltaire, 26 août 2019.

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