LES ÉTATS-UNIS SONT-ILS ENCORE NOS ALLIÉS ? Jean Daspry.

LES ÉTATS-UNIS SONT-ILS ENCORE NOS ALLIÉS ? Jean Daspry. Lors du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI (13 octobre 2019), Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et président des « Leaders pour la paix » dénonce la politique de Donald Trump au Moyen-Orient. Dans le cadre de l’offensive turque en Syrie contre les populations kurdes, il accuse les États-Unis de ne pas être « dans ce dossier, les alliés de l’Europe ». Poursuivant sur cette voie, il critique l’implication des États-Unis dans le feuilleton du Brexit. « Quand Trump va en Grande-Bretagne pour appeler les Anglais à se libérer des chaînes de l’Europe, De Gaulle aurait crié à l’ingérence ! », s’exclame-t-il. Si elles ne manquent pas de pertinence, les remarques de Jean-Pierre Raffarin manquent à l’évidence de substance tant le champ des désaccords entre les deux rives de l’Atlantique ne cesse de s’élargir au cours des dernières années, des derniers mois. Et, les raisons de ce dissensus ne tiennent pas uniquement à la personnalité imprévisible de Donald Trump. Elles sont inscrites dans l’ADN du peuple à « la destinée manifeste » qui s’estime hors droit tout en exigeant des autres nations qu’elles soient dans le droit. Un retour en arrière s’impose pour comprendre les méandres d’une évolution qui devrait nous conduire à repenser complétement les bases de la relation franco-américaine au XXIe siècle. Faute de quoi, nous nous promettons quelques lendemains difficiles. Ne dit-on pas que gouverner, c’est prévoir ! D’une France gaulliste alliée mais pas alignée, nous sommes passés à une France macronienne méprisée mais alignée.

LA FRANCE ALLIÉE MAIS PAS ALIGNÉE : LES SUCCÈS DU GAULLISME

Avec l’arrivée du général de Gaulle au pouvoir en 1958, la relation franco-américaine évolue dans une toute autre direction que celle empruntée par une Quatrième République encore affaiblie par les conséquences de la Seconde Guerre mondiale. C’est que le premier président de la Cinquième République a eu tout loisir, entre 1940 et 1945, d’apprécier à sa juste valeur la duplicité américaine et sa volonté d’asservir la France diplomatiquement, économiquement, financièrement, militairement, culturellement. Après avoir épongé ses dernières dettes auprès de l’Oncle Sam et s’être débarrassé du fardeau algérien, le général de Gaulle entend se défaire d’une tutelle trop pesante du grand frère américain. Tout en étant un allié fidèle d’une Amérique venue au secours de la France lors des deux conflits mondiaux du XXe siècle (blocus du mur de Berlin, crise des missiles de Cuba…), le général de Gaulle entend montrer son attachement au respect de la souveraineté et l’indépendance de la France. Et, il ne manque pas une occasion d’afficher sa différence. Et les occasions ne manquent pas de faire quelques coups qui irritent à Washington. Rappelons quelques-uns de ses hauts faits d’armes : visite de trois semaines en Amérique latine en 1964, sorte de coup de pied de l’âne aux États-Unis ; reconnaissance de la République populaire de Chine en 1964 ; conférence de presse de 1965 critiquant le rôle de monnaie de change du dollar ; discours de Phnom Penh de 1966 critique de la guerre du Vietnam ; retrait de la France de l’organisation militaire intégrée de l’OTAN en 1966 pour manifester son indépendance stratégique ; visite officielle en URSS de 1966 pour marquer sa volonté de disposer d’une alliance de revers et de s’impliquer dans le dialogue des Supergrands… Le message est on ne peut plus clair, si la France est un allié loyal dans le camp occidental, elle n’en est pas pour autant alignée sur toutes les positions américaines, surtout les plus baroques. La servitude volontaire n’est pas la tasse de thé du général de Gaulle. Mais, les vieux démons ne sont jamais lointains. Même dormants, ils n’en sont pas moins prêts à refaire surface à la moindre occasion. C’est ce qui va être le cas en ce début du XXIe siècle avec le « coup de génie » d’un certain Nicolas Sarkozy.

LA FRANCE MÉPRISÉE MAIS ALIGNÉE : LES ÉCHECS DU MACRONISME

Si bon an, mal an, les successeurs du général de Gaulle, après son départ en 1969, suivent ses traces – n’évoque-t-on pas une diplomatie gaullo-mitterrandienne ? – il existe une certaine continuité dans l’approche de la relation franco-américaine en dépit de quelques inévitables exceptions. À titre d’exemple illustratif, Jacques Chirac s’oppose frontalement à la guerre en Irak en 2003. Le point de rupture se situe au moment du quinquennat de Nicolas Sarkozy, surnommé l’Américain. L’homme décide que la France doit impérativement réintégrer la famille occidentale, à savoir la structure militaire intégrée de l’Alliance atlantique quittée par le général de Gaulle – celui dont il se réclame de l’héritage, ce qui ne manque pas de sel -, haut lieu de la servitude atlantiste française. Chose dite, chose faite. Il pensait obtenir un feu vert américain pour le développement d’une défense européenne autonome au sein de l’Union européenne. On connait la suite, la France rejoint le bercail atlantiste mais n’enregistre aucun bénéfice pour la construction d’une défense européenne. Après des mots durs à l’encontre de son prédécesseur, François Hollande, s’appuyant sur les conclusions du rapport Védrine, décide de ne pas revenir en arrière. La France est décidément atlantiste et les néocons tiennent le haut du pavé à Paris. Emmanuel Macron fait pire, pensant que c’est en parlant la langue du maître et jouant au bras de fer que l’on s’attire ses faveurs. Erreur de diagnostic fatale.

Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, le moins que l’on puisse dire est que les fidèles alliés de l’Amérique sont traités en vulgaires laquais que l’on siffle en cas de besoin (pour aller guerroyer en Irak et en Syrie) mais que l’on omet d’informer lorsque Washington décide unilatéralement de partir (laissant ainsi le champ libre à la Turquie1 ou aux Talibans en Afghanistan) laissant la France prise à son propre piège2, surtout ses forces spéciales qu’il va falloir exfiltrer de la zone3 ; à qui l’on impose le principe de l’extraterritorialité du droit américain (pour casser l’industrie européenne) ; à qui l’on impose des sanctions commerciales injustifiées en violation des règles de l’OMC (acier, aluminium, vins français…) pour aider l’économie américaine ; à qui on dicte leur conduite (sur le dossier iranien), à qui l’on demande de quitter l’Union européenne comme l’a fait le Royaume Uni ; à qui l’on met sous le nez le retrait de l’accord sur le climat conclu lors de la COP-21, le retrait de l’accord sur le nucléaire iranien, que l’on espionne sans vergogne comme de réels ennemis … Et, le reste à l’avenant. Chaque jour apporte son lot d’avanies, d’insultes, de mises en garde, de tweets assassins… sans que cela ne suscite la moindre réaction en retour, en particulier d’une Union européenne désunie4. Quand estimera-t-on que la coupe est pleine et qu’il y a lieu d’en tirer toutes les conséquences diplomatiques, économiques, commerciales, juridiques… qui s’imposent ? Quand estimera-t-on que l’on ne peut plus vivre au rythme de la versatilité de la parole américaine sur tous les grandes crises internationales qu’il s’agisse de l’Afghanistan ou de la Syrie5 ? La parole américaine est définitivement démonétisée comme le découvre, avec plusieurs années de recul, la grande géopoliticienne du Monde, Sylvie Kauffmann6. Sous ce seul angle, la parole russe est plus prévisible et plus fiable sur le court comme sur le long terme. Ne devrait-on pas en tenir compte à l’avenir surtout sur le dossier syrien7 ? Jean-Yves Le Drian semble à peine en prendre la mesure au moment où Washington impose 7,5 milliards de droits de douane aux pays de l’Union européenne, visant Airbus, vins français… Jusqu’à présent, la France effectue un sans-faute dans l’erreur sur ce dossier comme sur bien d’autres questions internationales. Une sorte de la débâcle de la République des grands mots !

Il faudra bien que la France jupitérienne accepte un jour – le plus tôt sera le mieux – de sortir des dogmes hérités de la Guerre froide, d’une vision manichéenne du monde avec les Bons américains et les méchants russes. Aux premiers, tout est pardonné. Aux seconds, rien ne l’est. Pourquoi ? Cette situation est-elle tenable encore longtemps ? Quand voudra-t-on bien repenser la grammaire des relations internationales au XXIe siècle en travaillant sur le réel et non en chevauchant quelques chimères, surtout au Proche et au Moyen-Orient8 ? Si l’on doit être redevable aux États-Unis pour leur engagement lors des deux conflits mondiaux, on doit rester lucide sur la valeur de leur alliance en ce début de XXIe siècle. Est-il raisonnable de mettre tous nos œufs dans le même panier en n’octroyant notre confiance aveugle qu’à un seul et unique pays (l’Amérique du nord) qui ne nous renvoie pas l’ascenseur et qui nous traite avec si peu d’égard (en Syrie) ? Est-cela la Realpolitik ? Nous serions bien inspirés, tout en continuant à conserver nos liens avec l’Amérique, nous devrions nouer des liens supplémentaires avec la Russie9. Où notre aveuglement assumé peut-il et va-t-il nous conduire dans les prochaines années si nous ne prenons pas garde tant le monde change et ses paramètres aussi ? Quand accepterons-nous de faire mentir Régis Debray qui écrit : « L’Européen a des velléités mais, à la fin, il fait où Washington lui dit de faire, et s’interdit de faire là ou et quand il n’a pas la permission » ? Quand aurons-nous la politique de notre pensée, en plagiant Paul Valéry ? Une question fondamentale s’impose aux responsables de notre politique étrangère et de notre diplomatie : les États-Unis sont-ils encore nos alliés ?

1 Georges Malbrunot, Les Américains désertent, la Turquie installe sa guerre en Syrie, Le Figaro, 14 octobre 2019, pp. 5-6.
2 Isabelle Lasserre, Jean-Yves Le Drian : « L’opération turque en Syrie remet en cause cinq ans de combat contre Daech », Le Figaro, 15 octobre 2019, p 4.
3 Nicolas Barotte, Paris doit envisager le repli de ses forces spéciales, Le Figaro, 15 octobre 2019, p. 5.
4 Jean-Louis Bourlanges, « Les Européens ne répondent jamais présent à aucun rendez-vous de l’histoire », Le Figaro, 15 octobre 2019, p. 20
5 Gilles Paris, Trump change de ton sur la Syrie, tout en confirmant le retrait des troupes américaines, Le Monde, 16 octobre 2019, p. 3.
6 Sylvie Kauffmann, La parole de Washington réduite à néant, Le Monde, Géopolitique, 17 octobre 2019, p. 31.
7 Benjamin Barthe/Benoît Vitkine, Poutine, seul maître du jeu en Syrie, Le Monde, 17 octobre 2019, pp. 1-2-3.
8 Isabelle Lasserre, Attaque iranienne contre l’Arabie saoudite : quelles conséquences stratégiques ?, Le Figaro, 14 octobre 2019, p. 21.
9 François d’Orcival, Poutine au centre du jeu, Valeurs actuelles, 17 octobre 2019, p. 4.
 
 
LA DERNIÈRE COULEUVRE DE JUPITER – Guillaume Berlat. Le quotidien de référence de l’intelligentsia parisienne, qui a pour nom Le Monde, nous assène une vérité vraisemblablement glanée auprès des faiseurs d’opinion du président de la République, à savoir ses éminents communicants, qui se lit ainsi : « Malgré les crises, Macron veut maintenir son cap »10. Objectif ô combien louable pour le chef de l’État d’inscrire son action dans la durée pour lui conférer cohérence et efficacité ! Qui pourrait objectivement critiquer la démarche d’Emmanuel Macron ? Personne de normalement constitué. Mais, comme toujours dans le monde de l’instant et de la communication, il y a loin de la coupe aux lèvres. Entre les généreuses pétition de principe et la réalité dans ce qu’elle a de plus triviale, il existe un gouffre. Ce qui vaut pour la politique intérieure abondamment commentée par nos perroquets à carte de presse sur les chaînes d’abrutissement en continu, vaut à fortiori pour la politique étrangère (le cap) et pour la diplomatie (sa route) du navire France. Examinons d’abord les conditions de la révolution copernicienne qui affecte la diplomatie moralisatrice de l’acte I du quinquennat avant d’en venir à la confirmation de cette rupture avec l’acte II de ce même quinquennat !

COMMENCEMENT DU REJET DE LA DIPLOMATIE MORALISATRICE

Plus de deux ans après que le peuple français eut installé « un gamin à l’Élysée » (Luc Ferry), le moins que l’on puisse constater est que les reniements par rapport aux grands principes jupitériens (attachement sans faille au multilatéralisme, à une Union européenne censée être la solution et non le problème, à une mondialisation heureuse aujourd’hui en passe d’être jetée aux oubliettes de l’Histoire11, mise au ban de la société internationale des autocrates du genre Poutine ou Orban..) se multiplient au fil des mois, des semaines. Nous en avons eu un exemple criant avec la réception en grandes pompes du dictateur Vladimir Poutine au Fort de Brégançon à la veille du G7 de Biarritz justifiée par des impératifs de Realpolitik, mais surtout par un isolement croissant de la France sur la scène internationale. Les « amis », hier, encensés par Jupiter (Donald Trump, Angela Merkel, Ursula von der Leyen…) sont, aujourd’hui, voués aux gémonies. C’est que pour ne pas crier dans le désert (« Vox clamantis in deserto ») de l’impitoyable échiquier international, il est indispensable de rechercher des alliances de revers. Si l’Ouest ne répond pas à ses attentes, on tourne son regard vers l’Est avec les yeux de Chimène. Or, qu’apprend-on, au détour d’une information de presse quasi-confidentielle noyée dans la crise syro-turque, dans les derniers épisodes du feuilleton qui a pour nom « Brexit »12, dans les remous de la tuerie de la Préfecture de police de Paris, dans la débandade de Sylvie Goulard qui rejaillit sur son mentor13 et qui le conduit à essayer de tourner la page14, dans la farce médiatique des retrouvailles de Xavier Dupont de Ligonnès en Écosse qui a monopolisé tous les commentateurs dans note lucarne15 (une « fake news » de grande envergure…)16  ? L’impensable, l’incroyable, l’invraisemblable.

CONFIRMATION DU REJET DE LA DIPLOMATIE MORALISATRICE

Ce qui était impensable hier est devenu aujourd’hui réalité dans une atmosphère surréaliste. Paris vaut bien une messe.

Une rencontre impensable, il y a quelques jours encore

La réponse à notre question paraît invraisemblable à maints égards. Que Jupiter a reçu, le 11 octobre 2019, en son Palais de l’Élysée, l’infréquentable, le pouilleux, le gueux, l’homme coupable du crime de lèse-valeurs européennes, Viktor Orban, le premier ministre hongrois ! Celui qu’il qualifiait, il y a peu encore de « son frère ennemi européen » parce qu’il prenait quelques libertés avec les principes sacrés de l’Union européenne et refusait d’accueillir sur son sol le moindre migrant extracommunautaire, devient aujourd’hui presque fréquentable. C’est du moins l’impression que donne l’accolade auquel il a droit sur le perron de l’Élysée sous le regard approbateur de son épouse Brigitte, la Dame d’influence. C’est à n’y rien comprendre au pays de la logique et de René Descartes. Emmanuel Macron accepte désormais de déjeuner avec le diable sans une grande cuillère. Par un coup de baguette magique, le président de la République aurait abandonné son approche manichéenne du monde divisé entre bons et mauvais, entre fréquentables et infréquentables, sa rhétorique qui l’emporte souvent sur le fond17. Il lui substituerait une approche diplomatique plus conforme à la tradition française de la Ve République consistant à dialoguer avec tout le monde pour pouvoir peser sur le cours des choses. La seule qui vaille pour une puissance moyenne comme la France dans le monde d’aujourd’hui. Une fois encore, celle qui est au cœur de la diplomatie. Face à Orban, Emmanuel Macron change de ton, jugeant qu’il faut panser les plaies.

Une rencontre surréaliste mais qui a bien eu lieu

Alors qu’il vient de subir un camouflet au Parlement de Strasbourg, avec le rejet de sa candidate Sylvie Goulard à la Commission européenne, le président de la République aurait besoin d’alliés de circonstances pour reconstruire une autorité. Mais avec Viktor Orban, les divergences semblent insurmontables. « Nous ne sommes pas d’accord sur tout », a convenu Emmanuel Macron. À côté de son hôte, le président de la République a cité l’immigration, le climat et le budget européen. Mais la Hongrie n’est plus la préoccupation principale du chef de l’État. Le contexte est à la « crise politique » entre la Commission et le Parlement, a-t-il relevé. Le président a aussi mentionné les défis qui se posent à l’Union, comme la perspective du Brexit. « Je crois dans l’unité, je pense indispensable que des solutions soient trouvées et je crois indispensable d’avoir une Commission forte qui puisse porter des projets ambitieux », a-t-il conclu, comme un appel du pied à son interlocuteur. Dans la crise actuelle, Emmanuel Macron et Viktor Orban peuvent se trouver un point commun. Comme Sylvie Goulard, le hongrois Laszlo Trocsanyi, candidat au poste de commissaire européen à l’élargissement, a été rejeté par le Parlement européen. L’ancien ministre de la Justice avait été recalé par la commission des Affaires juridiques pour un conflit d’intérêts présumé. Après ce revers, Viktor Orban a proposé un candidat au profil plus acceptable pour les parlementaires : l’ambassadeur hongrois à Bruxelles, Oliver Varhelyi. « Le vrai crime de Trocsanyi a été d’avoir protégé la Hongrie de l’immigration », a commenté par la suite un porte-parole de Viktor Orban, accusant les « partis pro-immigration » de ne pas pouvoir tolérer un commissaire favorable à la fermeture des frontières. S’il a rappelé brièvement sa politique en matière de défense des frontières ou vanté son bilan climatique, Viktor Orban n’a pas abordé, même de façon détournée, la question des nominations à la Commission européenne. Il a justifié sa présence à Paris par sa « curiosité intellectuelle ». En Hongrie, Emmanuel Macron fait l’objet d’un « amour infini » parce qu’il a su « mettre sur la table des sujets d’envergure », a-t-il expliqué en ayant l’air de s’en étonner18. Manifestement, Viktor Orban n’a pas boudé son plaisir d’être convié à la table jupitérienne.

MACRON OU LA STRATÉGIE DE L’AMPHISBÈNE19

Ce dernier changement de pied diplomatique – il risque d’y en avoir d’autres dans les mois à venir – constitue l’un des nombreux signes de ridiculisation de notre président de la République sur la scène internationale et sur la scène européenne20. Mais, mieux vaut tard que jamais. L’exercice d’indignation au plus sommet de l’État est un exercice vain comme le souligne François Sureau21. Une fois de plus, notre inspecteur des Finances formé à l’école de l’arrogance des crânes d’œuf de Bercy découvre les linéaments de la diplomatie, en particulier la nécessité impérieuse d’en finir avec les excès d’arrogance pour en revenir à plus de modestie. En un mot, de parler à tout le monde en abandonnant la diplomatie mortifère de l’anathème qui isole22. Elle nous rappelle que, de tout temps, il est hasardeux, si ce n’est dangereux, d’avoir raison trop tôt. C’est vraisemblablement ce que doit penser aujourd’hui notre ex-ambassadeur en Hongrie, Eric Fournier ! Lui qui croupit, depuis plus d’un an, dans un placard du Quai d’Orsay pour avoir eu l’outrecuidance d’écrire dans son rapport de fin de mission – supposé être confidentiel et uniquement destiné à la haute hiérarchie – ce qu’il constatait à Budapest, à savoir que la politique de Viktor Orban était soutenue par une majorité de Hongrois. Avec cette visite du premier ministre hongrois à Paris, nous découvrons la dernière couleuvre de Jupiter.

10 Cédric Pietralunga/Olivier Faye, Malgré les crises, Macron veut maintenir son cap, Le Monde, 13-14 octobre 2019, p. 7.
11 Jean-Paul Polin, La gouvernance de la mondialisation sera fragmentée, Le Monde, Idées, 13-14 octobre 2019, p. 26.
12 Cécile Ducourtieux/Virginie Malingre, La folle semaine qui a relancé le Brexit, Le Monde, 19 octobre 2019, p. 2.
13 Éditorial, Affaire Goulard : les leçons d’un camouflet, Le Monde, 13-14 octobre 2019, p. 30.
14 Olivier Faye, Macron cherche à tourner la page de l’affaire Goulard, Le Monde, 19 octobre 2019, p. 3.
15 Anne-Hélène Dorison, Une arrestation en Ecosse dans le cadre de l’affaire Dupont de Ligonnès, Le Monde, 13-14 octobre 2019, pp. 1et 6.
16 Christophe Nobili, Dupont de Ligonnès : merci pour ce moment médiatique !, Le Canard enchaîné16 octobre 2019, p. 3.
17 Gérard Araud, Passeport diplomatique, Grasset, 2019, p. 207.
18 Nicolas Barotte, Face à Orban, Macron change de ton, http://www.lefigaro.fr , 11 octobre 2019.
19 Ghislain Benessa, Macron ou la stratégie de l’amphisbène, Valeurs actuelles, 17 octobre 2019, p.
20 Étienne Girard/Louis Hausalter, Les dessous du crash européen de Macron, Marianne, 18-24 octobre 2019, pp. 24 à 27.
21 François Sureau, Sans la liberté, Collection « Tracts », Gallimard, 2019, p. 6.
22 Jean-Pierre Stroobants, Isolée la France bloque l’élargissement, Le Monde, 19 octobre 2019, p. 3.

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