La présidente estonienne rappelle le rôle dissuasif de l’OTAN face à la Russie

La présidente estonienne rappelle le rôle dissuasif de l’OTAN face à la Russie

Par : Samuel Stolton | EURACTIV.com | translated by Sandra Moro

 20 nov. 2019 (mis à jour:  20 nov. 2019)

Kersti Kaljulaid.

Langues : English

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Si l’Estonie était menacée par la Russie, l’OTAN devrait être prête à assurer sa défense, plaide la présidente estonienne Kersti Kaljulaid, en contrepoint des déclarations d’Emmanuel Macron, sur « l’état de mort cérébrale » de l’alliance.

La sentence prononcé par le président français sur l’état de l’OTAN n’en fini pas de susciter des réactions de la part de pays de l’Europe de l’est et orientale, en première ligne face à la Russie.

« La Russie ne respecte pas les traités internationaux qu’elle a signés, ce n’est pas un secret », a déclaré Kersti Kaljulaid, la présidente estonienne, à la suite d’un entretien à Bruxelles cette semaine avec Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN.

« L’analyse de la situation a amené l’OTAN à conclure que les risques étaient très élevés », a-t-elle ajouté.

Kersti Kaljulaid a également souligné que les troupes russes et l’équipement technologique actuellement positionnés à l’ouest de la Russie, à proximité immédiate des alliés de l’OTAN situés à l’est, atteignent actuellement un niveau comparable à la mobilisation de 2009 pour les exercices militaires de l’opération « Zapad ».

Les exercices effectués en 2009 dans le cadre de « Zapad » étaient destinés à simuler la contre-offensive de la Russie à une potentielle attaque de l’OTAN contre la Biélorussie. Des manœuvres similaires avaient été organisées durant la Guerre froide, et plus récemment, en 2009, 2013 et 2017.

La présidente relève que le risque lié à la Russie n’est probablement pas « immédiat », mais qu’avec des troupes russes positionnées aussi près des frontières orientales de l’OTAN, le temps de réaction serait extrêmement réduit, « si quelque chose devait mal se passer ».

« Nous savons que l’OTAN a un taux de réussite de 100 % dans la défense de ses membres », a noté Kersti Kaljulaid, ajoutant toutefois que « ce taux de réussite dépend [ait] de sa capacité à être prêt et à se montrer vraiment dissuasif ».

La présidente de l’Estonie appelle à travailler avec la société civile russe

La présidente de la République estonienne était à Paris lors du défilé militaire du 14 juillet.  Elle a participé à un déjeuner de travail organisé à l’Élysée autour des questions de défense européenne. Championne en matière de cyberdéfense et de services numériques, la République d’Estonie est une alliée importante pour la France. Un article de notre partenaire Ouest France.

Les déclarations de la présidente estonienne sur l’importance de l’OTAN font suite aux propos tenus par Emmanuel Macron plus tôt ce mois-ci. Le président français avait provoqué l’ire des autres membres de l’alliance en la déclarant « en état de mort cérébrale », en raison des difficultés rencontrées par ses membres pour trouver un terrain d’entente, en particulier sur l’épineuse question de l’incursion turque en Syrie.

Les relations avec Poutine

Le 19 novembre, la présidente estonienne a souligné qu’elle n’avait toujours pas reçu d’invitation à la parade de la victoire que la Russie organise le 9 mai pour commémorer la reddition de l’Allemagne nazie en 1945. Plus tôt cette semaine, Urmas Reinsalu, le ministre des Affaires étrangères estonien avait déclaré sur les ondes d’une radio du pays qu’il conseillait à la présidente de ne pas prendre part à la cérémonie de Moscou.

Les propos du ministre font suite à une visite de la présidente estonienne dans la capitale russe en avril dernier. Son voyage avait suscité les critiques de certains politiciens. Et au début de son nouveau mandat de députée européenne à Bruxelles, Marina Kaljurand, ancienne ministre des Affaires étrangères estonienne (S & D), avait déclaré à Euractiv que la visite de Kersti Kaljulaid à Moscou « n’a [vait] pas envoyé les bons signaux ».

Kersti Kaljulaid estime cependant que le dialogue est important, « même avec le plus difficile des partenaires ».

La Russie, une priorité française

Le président français a lourdement insisté sur la Russie durant son discours annuel aux ambassadeurs, le 27 août. « L’Europe disparaîtra » si elle échoue à refonder sa stratégie, notamment par rapport à la Russie, a-t-il prédit.

Institutions européennes

Durant son séjour à Bruxelles cette semaine, la présidente estonienne a également rencontré Charles Michel, qui s’apprête à reprendre la présidence du Conseil européen, et Ursula von der Leyen, la présidente élue de la Commission européenne.

Évoquant l’avenir de l’Europe, Kersti Kaljulaid a déclaré qu’un certain nombre de questions urgentes devaient être abordées, telles que le Brexit et l’élargissement de l’UE. Elle a précisé qu’elle était déçue par la décision du Royaume-Uni de se retirer de l’Union européenne et qu’elle était « triste » que les négociations d’adhésion de la Macédoine du Nord et de l’Albanie à l’UE aient échoué lors du précédent sommet du Conseil européen.

Concernant la place de l’Estonie dans l’écosystème européen, la présidente a mis en avant le savoir-faire du pays dans le secteur numérique, et en particulier son système de e-gouvernance qui « facilite les interactions des citoyens avec l’État en proposant des solutions électroniques ». En 2014, le pays est devenu le premier au monde à offrir un permis de séjour électronique aux étrangers.

Kersti Kaljulaid a déclaré que ce n’était pas forcément la technologie qui avait fait de l’Estonie ce qu’elle était aujourd’hui, mais plutôt « l’espace légal » que le pays avait ménagé afin de favoriser l’innovation.

« Nous disposons d’une base juridique qui permet aux gens de se sentir en sécurité lorsqu’ils utilisent des technologies telles que les services de l’administration en ligne. La loi permet de proposer ces services tout en protégeant le gouvernement », a-t-elle expliqué, avant d’ajouter qu’elle aimerait que son pays demeure un lieu d’accueil propice pour les futurs essais des technologies d’avant-garde au sein du bloc européen.

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