Hydrogen Frontier : le Japon met à l’eau le premier navire apte à transporter de l’hydrogène

Hydrogen Frontier : le Japon met à l’eau le premier navire apte à transporter de l’hydrogène

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Hydrogen Frontier : le Japon met à l’eau le premier navire apte à transporter de l’hydrogène:

Ce mercredi, le Japon a baptisé et lancé le premier navire au monde capable de transporter de l’hydrogène liquide. Baptisé « Hydrogen Frontier » (ou « Suiso Frontier » d’après la traduction japonaise du mot « hydrogène »), il est capable de transporter 1 250 m3 d’hydrogène liquide par réservoir.

À terme, le Japon entend l’utiliser pour importer de l’hydrogène depuis l’Australie, où le pays en produit à partir de charbon à bas prix.

Pleinement opérationnel en 2021

Au moment de son inauguration ce mercredi, devant une foule de 4 000 personnes, l’Hydrogen Frontier ne disposait pas encore de ses réservoirs à hydrogène. La société Kawasaki Heavy Industries, qui l’a construit, compte
les produire en 2020 et les ajouter au navire pour une entrée en service en mars 2021. L’Hydrogen Frontier doit récupérer l’hydrogène en Australie, où il est liquéfié à une température d’environ -253 °C. Ceci permet d’obtenir, selon Asian Nikkei Review,
de l’hydrogène liquide occupant un volume 800 fois inférieur à son volume gazeux.

Le vaisseau, long de 116 mètres et d’un poids d’environ 8 000 tonnes, doit marquer l’engagement du Japon en faveur de la filière hydrogène. Le pays cherche désormais à rattraper son retard face à la Chine, qui investit de plus en plus dans ce secteur. La Chine a d’ailleurs ouvert cet été la plus grande station-service à hydrogène au monde.
Selon la société spécialisée dans l’analyse de marché Fuji Keizai, la demande mondiale d’hydrogène devrait être multipliée par 50 d’ici 2030.

Une filière propre, vraiment ?

L’hydrogène est particulièrement sollicité pour réduire la quantité de CO2 émise par le secteur automobile. Toyota, dont le P.-D.G. Takeshi Uchiyamada était présent à l’inauguration de l’Hydrogen Frontier, s’y intéresse
via sa Mirai restylée. Hyundai a, quant à elle, battu ce mois-ci un record d’autonomie avec un véhicule à hydrogène, son SUV Nexo.

Mais ici, cet hydrogène est obtenu à partir de la combustion du charbon, un procédé émettant entre 9 et 12 tonnes de CO2 pour chaque tonne d’hydrogène produite. Pourtant, l’Hydrogen Frontier fait bien partie d’un projet appelé HySTRA, qui travaille officiellement au développement d’une filière hydrogène ne rejetant pas de CO2. Jusqu’à présent, ni le gouvernement japonais, ni Kawasaki Heavy Industries n’ont annoncé avoir prévu de dispositif
pour la captation ou le stockage de ce gaz. Ce qui revient finalement à exporter les émissions japonaises de dioxyde de carbone en Australie.

Originalement publié sur Tumblr: 

https://ift.tt/2qOINRHhttps://eldorhaan.wordpress.com/2019/12/13/hydrogen-frontier-le-japon-met-a-leau-le-premier-navire-apte-a-transporter-de-lhydrogene/#more-53968

Chine digitale, dragon hacker de puissance

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Chine digitale, dragon hacker de puissance

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Publié par Agnes Boschet le 11 Décembre 2019

L’IA, bel exemple de l’intégration civilo-militaire chinoise pour la domination

Chine digitale, dragon hacker de puissance

Le Plan 863 (plan national de développement de la haute technologie, 1986-2016) affirmait déjà les choix stratégiques pour une création endogène d’industries de pointe, à type de technologie de l’information (circuits intégrés, logiciels, réseaux du futur, informatique), automatisation, biotechnologie, aéronautique et aérospatiale, énergie, nouveaux matériaux, naval, mis depuis à la sauce « green by design ». Depuis lors, le Plan « Made in China 2025 » n’a eu de cesse de rebondir sur ce premier palier de création de valeur via l’essaimage de centres de recherche et d’innovation. Les projets en partenariat sont nombreux et le modèle du « Rêve chinois » a permis de stimuler la motivation des jeunes générations d’étudiants et d’entrepreneurs à l’éclairage de la réussite des BATX. 

L’État Parti s’est lancé dans un projet fou et a su prendre le risque de stimuler toutes les envies de créativité dans un univers relativement fermé et contrôlé. Alimenter la machine à rêves a été la condition sine qua non pour avancer à grande vitesse sans avoir à craindre la contestation. La question est désormais de savoir où placer le curseur pour se donner les moyens des ambitions politico-économiques tout en gardant le contrôle. 
La vision stratégique pour le Plan IA est le relais de croissance attendu pour 2030 (26 % du PIB, McKinsey Institute 2017) car il permet de fédérer des acteurs qui sont en passe d’atteindre la maturité technologique. L’IA est l’outil de contrôle de la population qui permet d’avoir un œil sur les provinces, mais également de développer un réseau vertical de création de valeur par les services. La WAIC (World artificial intelligence conference) est désormais la tête de proue de la communication internationale sur l’IA et permet à Pékin d’afficher ses ambitions. L’objectif pour 2020 est de former les ingénieurs, d’améliorer les structures et la qualité des publications scientifiques pour devenir « le centre d’innovation » mondial de l’intelligence artificielle. La guerre des talents a commencé.
La fusion civilo-militaire renforce la capacité de l’État-Parti à prendre des décisions politico-économiques et à accélérer les usages. 150 milliards de dollars de subvention ont déjà été injectés dans l’écosystème privé. 

D’après le Pentagone, un budget de 70 milliards de dollars serait actuellement dédié au Plan IA et dépasserait celui des États-Unis (5 milliards environ), mais avoisinerait celui des GAFAM (50 milliards). C’est entre-autre, grâce aux immenses lacs de données mis à disposition par les acteurs du e-commerce que l’entraînement des réseaux de neurones peut se faire et accélérer ainsi la prise de position dominante dans le cyber espace. L’institut du Deep Learning de Baidu est un des chefs de file du big data à la manœuvre pour alimenter la recherche en IA. 

Depuis 2010, les nombreuses expérimentations en vie réelle participent à l’efficacité de la reconnaissance faciale et vocale. On peut citer quelques fleurons qui tirent l’écosystème de l’IA chinois, mais qui à l’heure de la guerre économique se voient interdits d’acheter des composants à des sociétés américaines sans l’approbation de Washington. 
Megvii Technology, fondée en 2011 par des étudiants de la Tsinghua University, est une startup de l’IA spécialisée dans la reconnaissance faciale qui, dans le cadre de sa croissance a déjà levé 750 millions de dollars au printemps 2019. Ce nouveau tour de table valorise la société chinoise à plus de 4 milliards de dollars. Ses technologies sont appliquées au contrôle pour faciliter les paiements (Alipay), les modèles d’assurance, etc. Portée par Alibaba Group, en octobre, Megvii a été ajoutée à la liste noire des 8 entreprises spécialisées dans l’IA, le big data et la vidéosurveillance ciblées par Washington. 
SenseTime est quant à elle la startup la plus valorisée au monde. Sa dernière levée de fonds lui a permis de récolter 1,2 milliard de dollars en deux mois. Elle possède un laboratoire de R&D dans la Silicon Valley ainsi qu’au MIT. iFlytek est le leader de la reconnaissance vocale en Chine. Yitu Technologies fournit des applications pour la sûreté industrielle. Hikvision et Dahua Technology sont spécialisées dans l’audiovisuel et la vidéosurveillance. Elles réalisent respectivement 30 % et 36 % de leur chiffre d’affaires à l’international. Xiamen Meiya Pico Information est spécialiste en cybersécurité pour les états. Yixin Science and Technology fut quant à elle révélée lors des JO de Pékin de 2008 comme fournisseur d’alertes pour d’éventuelles attaques terroristes.
La « fusion civilo-militaire » permet à l’armée chinoise (APL) de bénéficier des développements accompagnant la double dynamique robotique et intelligence artificielle. L’APL travaille notamment sur la stratégie de cyber guerre via la conduite de véhicules sans pilote. Elle développe et teste aussi des sous-marins sans équipages. Dès 2017, China Electronics Technology Group réussissait à exploiter un essaim de soixante-dix drones intelligents sans pilote. 

La militarisation de l’IA amène à s’interroger sur les conséquences de ce processus sur le plan opérationnel et stratégique global, c’est-à-dire le niveau où les intérêts politiques, économiques et stratégiques se recoupent et s’amplifient. 
Comme ils l’ont déjà fait dans les autres secteurs normatifs (TIC/UIT, Agriculture/FAO, etc.), les experts chinois se sont engagés dans la nouvelle organisation internationale de la normalisation dédiée à l’IA, Partenership on AI.

Mais où est donc consignée la stratégie globale de développement technologique français ? Quand la technologie chinoise pourrait perturber l’ordre du commercial mondial, les États-Unis s’apprêtent à rebondir après avoir compris (début 2018 ) que l’avance chinoise en IA reposait sur la stimulation et l’accélération des partenariats de recherche et développement. En France, fin 2019, le ministre des Finances Bruno Lemaire confirme l’enveloppe de 1,5 milliard d’euros (annoncée il y a un an) dédiée au soutien de la recherche en IA pour 2022. Le focus est mis ici sur l’innovation de rupture « made in France » et soutient l’idée « d’augmenter la porosité entre la recherche publique et privée… dans la santé, la cybersécurité et la certification des algorithmes ». 

La position dominante des deux géants de l’économie numérique est indiscutable et offre peu de place à une Europe sans stratégie ni champions avérés. Le progrès technologique associé à l’abondante montagne de données produites par les géants GAFAM et BATX a déjà créé la distance et leur procure l’avantage. Dans la seconde partie du XXIe siècle, ils capteraient 70 % de la valeur financière produite par l’IA. 

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JO : quand certains Russes refusent de devoir brandir le drapeau blanc par Karine Bechet Golovko

JO : quand certains Russes refusent de devoir brandir le drapeau blanc par Karine Bechet Golovko

mercredi 11 décembre 2019, par Comité Valmy

La nouvelle suspension annoncée de la Russie aux JO et aux évènements sportifs « majeurs », cette fois-ci, commence à mal passer dans les milieux politiques et sportifs, où le refus de participer sans hymne et sans drapeau, c’est-à-dire sans pays, fait son chemin. La fédération russe de boxe a déjà déclaré refuser de participer aux JO dans ces conditions et des députés émettent la possibilité d’organiser un évènement parallèle. La Russie va-t-elle se souvenir des Spartakiad des peuples soviétiques ?

4 ans de suspension pour la Russie et une sélection plus que douteuse de ses athlètes pour une participation neutre aux JO provoquent, cette fois-ci, plus de réactions négatives que la dernière fois. Il semblerait que les yeux s’ouvrent, il ne s’agit pas de résoudre des problèmes liés au dopage pour ensuite tranquillement pouvoir être réintégré dans la communauté internationale du sport. Et des contrats qui vont avec. Non. L’expérience vient de le montrer, peu importe les réformes réalisées, validées par les instances sportives olympiques, de toute manière la Russie doit être rayée du monde sportif. Comme pays. Parce que c’est la Russie. Ces décisions n’ont rien à voir ni avec la lutte contre le dopage, ni avec le sport. (voir notre texte ici)

La fédération russe de boxe vient de refuser d’aller participer aux JO de 2020 sans le drapeau russe, comme l’a déclaré son secrétaire général Oumar Kremlev :

« Les sportifs vont défendre devant la justice leur droit à participer sous drapeau russe. Il faut regarder ce que vont faire maintenant le comité olympique russe et RUSADA, mais nous aussi nous analysons la possibilité de contester cette décision. (…) Pour nous, le plus important est que nos boxeurs puissent participer sous drapeau russe et que résonne notre hymne national. Sans cela, il n’y a aucun sens à participer.« 

Le sentiment que ces sanctions sont sur le point de devenir permanentes, car le conflit géopolitique qui en est à la source n’est pas près de se résoudre demain, fait son chemin, ce qui oblige à voir la situation sous un autre angle. C’est notamment la position que développe le député russe Pietr Tolstoï : »Encore quelques mots au sujet de cette révoltante interdiction faite à nos sportifs de participer aux championnats du monde et aux JO. Et au sujet des mesures à prendre au cas où l’appel serait rejeté.

Il est clair que la décision est politique. C’est une interdiction à l’égard de la Russie et non pas de certains sportifs. Renie et va-y. En effet, « on s’est entraîné toute notre vie, et c’est une chance d’obtenir une médaille et une prime, et sous quel drapeau et avec quel hymne, ça n’a aucune importance ».

C’est important. Parce que nos sportifs ne se représentent pas eux-mêmes, individuellement, mais notre pays. Et nous les soutenons, tant qu’il y a ce « nous » commun. Les victoires des athlètes neutres, comme l’AMA propose d’appeler nos athlètes, ce ne sont déjà plus nos victoires. C’est pourquoi il vaudrait mieux ne pas participer à ces compétitions, et organiser les nôtres. Ce serait une réponse normale et sensible pour les personnes malveillantes.

Un Russe ne peut pas brandir un drapeau blanc, jamais. Ni dans le sport, ni dans la vie. C’est mon opinion »

Il est vrai qu’il est plus facile d’être « patriote » quand tout va bien. Aujourd’hui, il n’y a pas de place pour la neutralité. Chacun est libre de faire ses choix – et de les assumer.

PS : Comme l’URSS avait refusé de reconnaître les dettes de la Russie tsariste, la communauté internationale avait mis en place un système d’isolement international, auquel le CIO avait pris part. Déjà à l’époque, les instances olympiques étaient un élément de l’idéologie libérale, bref étaient impliquées dans le combat idéologique, tout comme aujourd’hui. En réponse au boycott des instances olympiques, l’URSS avait organisé dans les années 20 les Spartakiad, auxquelles participaient les sportifs des républiques de l’Union soviétique. Les premières Spartakiad furent organisées en été 1928, elles comprenaient 21 catégories sportives et 7000 sportifs. Pour comparaison, à la même époque des Jeux d’été, il y avait à Paris 17 catégories sportives et 3000 sportifs. Après la participation de l’URSS à partir de 1952 aux JO, les autorités soviétiques eurent l’intelligence de maintenir les Spartakiad, elles aussi en deux sessions, d’été et d’hiver. Elles prirent fin en 1991 avec l’arrivée triomphante de la démocratie atlantiste, qui a ainsi mis, en ce domaine, les autorités russes sous dépendance internationale – comme nous le voyons aujourd’hui. Le sport aurait pu être une excellente diplomatie entre les ex-républiques soviétiques, mais les temps n’étaient pas à cela. Gazprom fut plutôt choisi pour être le héraut du Monde russe, plus en phase avec les nouvelles valeurs occidentales, mais avec des résultats discutables lorsque l’on regarde la propagation des révolutions de couleur.

En image et en musique :

Karine Bechet-Golovko
11 décembre 2019
Russie politics

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11581

Victoire triomphale de Boris Johnson et du Brexit aux législatives britanniques

Victoire triomphale de Boris Johnson et du Brexit aux législatives britanniques

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Le Premier ministre Boris Johnson quitte le 10 Downing Street à Londres le 13 décembre 2019 après sa victoire aux élections

Le Premier ministre Boris Johnson quitte le 10 Downing Street à Londres le 13 décembre 2019 après sa victoire aux élections1/3© AFP, Ben STANSALLA lire aussi

Cap sur le Brexit pour Boris Johnson, grand vainqueur des élections britanniques

MondeCap sur le Brexit pour Boris Johnson, grand vainqueur des élections britanniquesMondeGrande-Bretagne: le parti du Brexit renonce à disputer les sièges des conservateurs

AFP, publié le vendredi 13 décembre 2019 à 13h48

Brexit, en avant toute ! Le Premier ministre conservateur Boris Johnson s’impose vendredi comme l’homme fort du Royaume-Uni après son triomphe aux législatives qui lui permet d’honorer sa promesse de sortir son pays de l’Union européenne le 31 janvier, après plus de trois ans de déchirements.

Les résultats publiés jusqu’à vendredi matin ont confirmé la tendance donnée par les premières estimations: une majorité écrasante pour les conservateurs, qui n’avaient plus exercé un tel contrôle sur le Parlement britannique depuis Margaret Thatcher.

En raflant des circonscriptions ouvrières détenues depuis des décennies par les travaillistes, les tories ont les coudées franches pour mettre en oeuvre le Brexit, approuvé à 52% par les Britanniques en 2016 mais dans l’impasse.


Après dépouillement dans 647 circonscriptions sur 650, le parti de Boris Johnson avait raflé 362 sièges à la Chambre des communes contre 317 remportés en 2017. Principale formation d’opposition, les travaillistes s’effondrent à 203 sièges (contre 262), plaçant leur très à gauche chef de file Jeremy Corbyn sur un siège éjectable. 

Ce « nouveau mandat fort (…) donne à ce nouveau gouvernement l’occasion de respecter la volonté démocratique du peuple britannique », a souligné Boris Johnson. Il a évoqué un « tremblement de terre » qui redessine le paysage politique britannique, au profit des conservateurs. 

– Accord commercial « lucratif » –

Le slogan « Réalisons le Brexit! », que le bouillonnant dirigeant à la tignasse blonde a répété à l’envi durant sa campagne, a fait mouche auprès des électeurs lassés de plus de trois ans de psychodrame. 

Désormais doté d’une confortable majorité absolue qui lui manquait jusqu’à présent, il ira tout droit à Buckingham Palace pour être renommé Premier ministre par la reine Elizabeth II.

Boris Johnson a été félicité par son fidèle soutien, le président américain Donald Trump, qui lui a promis sur Twitter « un énorme nouvel accord commercial après le BREXIT », « potentiellement beaucoup plus gros et plus lucratif que n’importe quel accord qui pourrait être conclu avec l’Union européenne ». 

A Bruxelles, où les dirigeants européens sont réunis en sommet, la France a salué une « clarification ».

Pour le travailliste Jeremy Corbyn, 70 ans, c’est l’humiliation. « Très déçu », ce dernier a annoncé qu’il ne conduirait pas le parti aux prochaines élections, tout en souhaitant voir son parti entamer une « réflexion sur le résultat du scrutin et sur sa future politique ». Maigre consolation, il a été élu pour la dixième fois, dans la circonscription londonienne d’Islington nord.

Chef de l’opposition le plus impopulaire jamais enregistré dans les sondages, Jeremy Corbyn a payé sa position ambiguë sur la sortie de l’UE. Il voulait renégocier un nouvel accord de divorce, plus social, puis le soumettre aux Britanniques avec comme alternative le maintien dans l’UE, sans lui-même prendre position.

Les travaillistes ont perdu des fiefs symboliques, comme la ville de Workington. Un groupe de réflexion avait identifié « l’homme de Workington », un homme blanc, âgé, sans diplôme, pro-Brexit comme l’électeur clé pour remporter le scrutin.

« Les conservateurs représentent désormais de nombreux ménages à faible revenu, des personnes qui travaillent dans les industries manufacturières et traditionnelles du centre et du nord de l’Angleterre », a dit à l’AFP le professeur Tony Travers, de la London School of Economics (LSE).

Jusqu’à présent, Boris Johnson n’avait pas réussi à faire adopter par le Parlement l’accord de divorce qu’il avait négocié avec Bruxelles, faute de majorité à la Chambre des communes.

Il a promis de soumettre cet accord aux députés avant Noël avec l’objectif de mettre le Brexit en oeuvre fin janvier, après trois reports. 

Boris Johnson a bénéficié d’un coup de pouce du Parti du Brexit, emmené par l’europhobe Nigel Farage, qui devrait faire chou blanc après s’être retiré de nombreuses circonscriptions pour ne pas diviser le vote pro-Brexit. 

– Quel lien avec l’UE? –

Réaliser le Brexit doit permettre de tourner la page et de s’atteler aux « priorités » des Britanniques, comme la santé, la sécurité et les infrastructures, a affirmé le chef de gouvernement.

Mais Boris Johnson devra aussi préciser quel type de relation il veut nouer avec l’Union européenne. Dès le Royaume-Uni sorti de l’UE s’ouvriront de difficiles négociations sur ce sujet, censées être conclues d’ici à la fin 2020. Mission impossible vu la complexité du sujet, estiment bien des analystes. 

Les nouveaux députés siégeront dès mardi et Boris Johnson leur déclinera son programme législatif par le biais du traditionnel discours de la reine jeudi.Pour les pro-UE, l’espoir d’empêcher le Brexit s’est évanoui avec la défaite du Labour et l’échec des libéraux-démocrates, opposés au Brexit, dont la cheffe Jo Swinson n’a pas été réélue. 

Seuls les nationalistes écossais du SNP tirent leur épingle du jeu, progressant nettement à 48 sièges, selon les résultats partiels.

https://actu.orange.fr/monde/victoire-triomphale-de-boris-johnson-et-du-brexit-aux-legislatives-britanniques-CNT000001m50tM/photos/le-premier-ministre-boris-johnson-quitte-le-10-downing-street-a-londres-le-13-decembre-2019-apres-sa-victoire-aux-elections-8f7d1989029c583b672c520df18f2561.html 

L’Otan souhaite devenir l’Alliance atlantico-pacifique

L’Otan souhaite devenir l’Alliance atlantico-pacifique

par Thierry Meyssan

Nul n’arrête le Pentagone. Alors que le projet de déploiement militaire alentour de la Chine évoqué par Hillary Clinton en 2011 avait officiellement été abandonné, l’Otan vient de le faire acter par le Sommet de Londres. Le processus a été lancé et devrait commencer par l’adhésion de l’Australie en 2026.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 10 DÉCEMBRE 2019 DEUTSCHESPAÑOLITALIANOROMÂNĂTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆعربيPORTUGUÊSРУССКИЙENGLISH

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Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, s’est exprimé le 7 août 2019 devant le Lowy Institute de Sydney. Il y a affirmé que ce n’est pas l’Otan qui veut se déployer dans le Pacifique, mais la Chine qui y menace les Alliés.

La presse internationale n’a retenu du Sommet du 70ème anniversaire de l’Otan à Londres que les éclats de voix qui l’ont précédé et les ricanements qui l’ont rythmé. L’important était évidemment ailleurs [1].

Lors de sa création, la fonction de l’Alliance atlantique fut résumée par son secrétaire général, Lord Hastings Lionel Ismay comme « Garder l’Union soviétique à l’extérieur, les Américains à l’intérieur et les Allemands hors jeu » (keep the Soviet Union out, the Americans in, and the Germans down) [2]. Cet objectif ayant disparu avec la « patrie du communisme », on s’est efforcé de présenter la Fédération de Russie comme sa continuation. Puis on a accepté l’idée d’autoriser l’Allemagne à disposer de sa propre politique. Enfin, on a envisagé d’étendre l’Alliance au Pacifique pour « endiguer » la Chine ; ce qui vient d’être confirmé.

Les insultes actuelles livrent une mauvaise image de l’Alliance, mais elles correspondent au retour de la rivalité séculaire franco-allemande. La France entend devenir une très grande puissance, à la fois grâce à sa bombe atomique et grâce à l’État supranational européen, tandis que l’Allemagne ne peut pas envisager de redevenir une puissance militaire sans la protection nucléaire de l’Otan [3].

Cette donne s’exprime à propos de la Syrie et du Sahel. Sur la Syrie, la France peste à propos de l’attaque turque contre les mercenaires kurdes du PKK/YPG, tandis que l’Allemagne se propose de déployer ses troupes sous contrôle de l’Otan. Aucun des deux ne parvient à avancer, les États-Unis restant les seuls maîtres du jeu. Sur le Sahel, la France commence à trouver trop lourd pour elle le poids du maintien du status quo, tandis que l’Allemagne serait prête à augmenter sa part, mais exclusivement sous commandement US. Là encore, aucun des deux États ne parvient à avancer. Tous ont compris ce qui se joue derrière la rhétorique anti-terroriste : le maintien des gouvernements actuels qui permettent l’exploitation des ressources de la région. Or, là encore, les États-Unis sont les seuls maîtres du jeu et entendent profiter les premiers de cette exploitation.

La nouveauté, c’est la possible ouverture du front chinois. Il supposerait de transformer l’Alliance atlantique en « Alliance atlanto-pacifique ». Selon les études du Pentagone, il conviendrait dès lors de faire adhérer l’Australie, l’Inde et le Japon de manière à encercler la Chine comme on l’a fait avec la Russie. Ce processus, qui devrait demander une décennie, vient de commencer avec le Sommet de Londres.

D’ores et déjà, l’US PaCom, c’est-à-dire le Commandement des États-Unis pour le Pacifique, a été renommé par le secrétaire à la Défense Jim Mattis US IndoPaCom [4].

Puis le nouveau secrétaire à la Défense Mark Esper, le secrétaire d’État Mike Pompeo et le secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg se sont discrètement rendus à Sydney, début août dernier, tester les dirigeants australiens qui s’en sont trouvés très honorés quoi qu’effrayés par la perspective de devoir abriter des missiles nucléaires [5]. Des contacts ont identiquement été pris avec l’Inde et le Japon, mais ils furent beaucoup moins fructueux. En outre, les États-Unis ont revu leur politique vis-à-vis de la Corée du Sud, de l’Indonésie, du Myanmar, des Philippines, de la Thaïlande et du Vietnam afin de rapprocher leurs armées respectives. Ces États ont l’habitude de travailler avec le personnel du Pentagone, mais pas du tout les uns avec les autres.

Beijing avait compris dès 2014 que la volonté US de quitter le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire traduisait moins une perspective anti-Russe qu’une menace pour elle. Il est désormais évident qu’il y aura un déploiement de missiles nucléaires US tout autour de la Chine et que l’Otan suivra.

Pour les Chinois, c’est un retour en arrière, lorsqu’à la fin du XIXème siècle les États-Unis élaborèrent leur « doctrine de la Porte ouverte ». Il s’agissait d’instaurer un pacte entre les empires coloniaux afin qu’ils établissent une forme de libre-concurrence commerciale entre eux et exploitent des régions sous-développées au lieu de se faire la guerre entre eux pour s’approprier un territoire. Compte tenu de sa supériorité industrielle, Washington était sûr de l’emporter. Pour poursuivre cette agression, il développa un discours apaisant. Il soutint « l’intégrité territoriale et la souveraineté » des pays où il souhaitait faire des affaires. Il favorisa le renforcement des gouvernements locaux dans la mesure où seuls ceux-ci pouvaient garantir l’application de traités inégaux. De la sorte, les peuples se contrôlaient eux-mêmes à son profit. Le caractère mensonger des déclarations de principe US fut vérifié lors des agressions japonaises contre la Chine : Washington soutint toutes les demandes japonaises et laissa dépecer la Chine orientale.

C’est précisément cette expérience de s’être battu contre tous les Empires coloniaux ligués contre lui —y compris la Russie tsariste— qui a poussé le président Xi Jinping à se rapprocher de son homologue russe, Vladimir Poutine, car son pays a connu la même agression par la suite : les deux États savent dans leur sang qu’ils devront les affronter un jour ou l’autre. Cependant le Pentagone a fait le pari qu’une fois le danger venu, Moscou ne soutiendra pas Beijing ; une évaluation du risque antérieure aux missiles hypersoniques russes.

La Chine n’envisage pas cette guerre dans les mêmes termes que l’Otan : elle entend déplacer le champ de bataille dans la sphère informatique et détruire les armes de l’Alliance Atlantique-Nord Élargie par de cyber-attaques avant qu’elle ne s’en serve.

En octobre 2011, la secrétaire d’État Hillary Clinton lançait dans Foreign Policy son appel au « pivot vers l’Asie » (pivot to Asia) : les États-Unis devaient quitter l’Europe et le Moyen-Orient élargi pour se déployer en Extrême-Orient [6]. Le conseiller de Sécurité nationale, Tom Donilon, explicitait ce plan en mars 2013 devant l’Asia Society [7]. Il comportait notamment un dispositif diplomatique et financier, le projet d’Accord de partenariat transpacifique. Cependant, très vite le Pentagone rectifiait le tir : il ne s’agirait pas d’abandonner une partie du monde pour une autre, mais de s’étendre de l’une sur l’autre. C’était la notion de « rééquilibrage » (rebalance), seule compatible avec la poursuite de la « guerre sans fin » (war without end) au Moyen-Orient élargi. Ne parvenant pas à convaincre, le Pentagone mettait abruptement fin au débat en soulignant qu’il était impossible d’un point de vue budgétaire d’entretenir trois fronts à la fois [8]. Depuis lors, le Pentagone a acquis quantité d’armes qu’il a stockées dans le Pacifique.

Le président Donald Trump a tenté de stopper ce mirage en retirant les États-Unis de l’Accord de partenariat transpacifique dès son accession à la Maison-Blanche. Mais rien n’y a fait. Le Pentagone poursuit inexorablement sa marche et vient d’imposer sa vision à l’issue de neuf années de palabres.

Alors que du point de vue français, l’Otan est en état de « mort cérébrale », le Pentagone a commencé sa mutation en une organisation globale. Tous les États-membres ont signé sans réfléchir la Déclaration de Londres qui stipule : « Nous sommes conscients que l’influence croissante et les politiques internationales de la Chine présentent à la fois des opportunités et des défis, auxquels nous devons répondre ensemble, en tant qu’Alliance » [9]. Le processus est lancé.Thierry Meyssan

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[1] « Sommet de l’Otan : le parti de la guerre se renforce », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 7 décembre 2019.

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[2Whitehall, Peter Hennessy, The Free Press, 1989.

[3] « Six projets contradictoires d’ordre mondial », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 novembre 2019.

[4] « L’US PaCom devient US IndoPaCom », Réseau Voltaire, 3 juin 2018.

[5] “Australia-US Ministerial Consultations (AUSMIN) 2019”, Voltaire Network, 4 August 2019.

[6] “America’s Pacific Century”, Hillary Clinton, Foreign Policy, October 11, 2011.

[7] “The United States and the Asia-Pacific in 2013”, by Tom Donilon, Voltaire Network, 11 March 2013.

[8] “DoD Official : Asia Pivot ‘Can’t Happen’ Due to Budget Pressures”, Defense News, March 4, 2014.

[9] « Déclaration de Londres », Réseau Voltaire, 4 décembre 2019.

https://www.voltairenet.org/article208500.html

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Les visées coloniales de l’Union européenne sur l’Arctique

Les visées coloniales de l’Union européenne sur l’Arctique

RÉSEAU VOLTAIRE | 10 DÉCEMBRE 2019 ITALIANOESPAÑOLENGLISHTÜRKÇEDEUTSCH

https://www.voltairenet.org/article208517.html

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Le Conseil européen des Affaires étrangères s’est réuni, le 9 décembre 2019 à Bruxelles, pour statuer sur sa politique en Arctique.

Sans vergogne, le Conseil a déclaré qu’il « reconnaît la responsabilité première des États de l’Arctique dans le développement de l’Arctique, mais considère également que nombre de problèmes affectant la région sont de nature mondiale et sont traités plus efficacement par le biais d’une coopération régionale ou multilatérale, en particulier le Conseil de l’Arctique et y compris via le système des Nations Unies » [1] (sic).

En d’autres termes, de même que le président Emmanuel Macron avait déclaré lors du sommet du G7 à Biarritz que le sort de l’Amazonie ne relevait pas uniquement des États de la région, mais aussi les membres du G7, le Conseil européen remet en cause la souveraineté des États de l’Arctique.

Cependant, alors qu’en août dernier, le président du Conseil, Donald Tusk, avait ignoré l’OTCA (Organisation du traité de coopération amazonienne), cette fois le Conseil, présidé par Charles Michel, mentionne le Conseil de l’Arctique. A la différence de l’OTCA, le Conseil de l’Arctique ne réunit pas seulement les États ayant une partie de leur territoire dans la région, mais associe également les populations indigènes.

Malgré cette précaution oratoire, ce discours marque clairement un retour en arrière à la période coloniale.

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[1] “The Council recognises the primary responsibility of the Arctic States for the development of the Arctic but also considers that many of the issues affecting the region are of a global nature and are more effectively addressed through regional or multilateral cooperation in particular the Arctic Council and including via the UN system”. (CFSP/PESC 942)

https://www.voltairenet.org/article208517.html

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Quelques vérités sur la guerre en Afghanistan

Quelques vérités sur la guerre en Afghanistan


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama – Le 10 décembre 2019

Le Washington Post a publié quelque 2 000 pages, tirées de plus de 400 transcriptions et résumés d’entrevues du Bureau de l’inspecteur général spécial pour la reconstruction de l’Afghanistan (SIGAR). Des entrevues qui se sont déroulées avec des fonctionnaires et des soldats ayant participé à la guerre contre l’Afghanistan.

Il est déprimant de lire les trois chapitres de cette série dans les journaux. Les opinions et les récits des gens ayant participé à cette guerre sont, comme on pouvait s’y attendre, dévastateurs :

"Nous étions dépourvus d'une compréhension de base de l'Afghanistan - nous ne savions pas ce que nous y faisions ", explique Douglas Lute, un général trois étoiles de l'armée qui a servi de chef de guerre de la Maison-Blanche sous les gouvernements Bush et Obama, à des enquêteurs du gouvernement, en 2015. Il ajoute : " A quoi voulions nous aboutir ici ? Nous n'en avions pas la moindre idée."

Depuis 2001, les États-Unis ont dépensé plus de mille milliards de dollars en Afghanistan. La plus grande partie de l’argent est retournée dans les poches d’« entrepreneurs » étasuniens. Une part importante, tout ce que pots-de-vin et corruption pouvaient générer, a été investie par des fonctionnaires afghans dans l’immobilier à Dubaï.

En public, les responsables américains insistaient sur le fait qu'ils n'avaient aucune tolérance envers les détournements d’argent. Mais pendant ces entretiens, il a été admis que le gouvernement américain détournait les yeux quand des chefs afghans – les alliés de Washington - pillaient en toute impunité.

Christopher Kolenda, un colonel de l'armée ayant effectué plusieurs missions en Afghanistan et conseillé trois généraux américains chargés de la guerre, y déclare que le gouvernement afghan dirigé par le président Hamid Karzaï s'était "auto-organisé en une kleptocratie" dès 2006 - et que les responsables américains ont manqué de reconnaître que c’était une menace fatale pour leur stratégie.

Seule une infime partie de l’argent est parvenue au peuple afghan. Quand ce fut le cas, il a été gaspillé dans des projets que l’Afghanistan ne pourrait jamais soutenir. La corruption est l’une des raisons pour lesquelles de nombreux Afghans tolèrent ou même favorisent le régime taliban. (Les zones indiquées sur la carte comme étant « contestées » sont en fait gouvernées par les talibans.)

talibans


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Cette guerre fut, et est toujours, complètement inutile, depuis le début :

M. Jeffrey Eggers, un ancien SEAL de la Navy et représentant de la Maison-Blanche sous les ordres de M. Bush et de M. Obama, a déclaré que peu de gens remettaient en question le principe même du maintien des troupes américaines en Afghanistan. 

"Pourquoi avons-nous fait des talibans l'ennemi alors que nous avons été attaqués par Al-Qaïda ? Pourquoi voulions-nous vaincre les talibans ?" a questionné Eggers lors de ces entretiens. "Collectivement, le système est incapable de prendre du recul pour remettre en question les hypothèses de base."

Cette guerre était et est toujours un racket. Elle n’a pas d’autre but que de transférer de l’argent du contribuable vers certains intérêts particuliers. Pour justifier ce vol, les politiciens et les commandants militaires ont menti au public à maintes reprises :

Plusieurs des personnes interrogées ont décrit les efforts explicites et soutenus déployés par le gouvernement des États-Unis pour tromper délibérément le public. Ils ont dit qu'il était d’usage au quartier général militaire de Kaboul, et à la Maison-Blanche, de déformer les statistiques pour faire croire que les États-Unis étaient en train de gagner la guerre alors que ce n'était pas le cas.

"Chaque donnée était modifiée pour présenter la meilleure image possible", a déclaré Bob Crowley aux enquêteurs du gouvernement américain, un colonel de l'armée de terre qui a été conseiller principal des commandants militaires américains en matière de contre-insurrection en 2013 et 2014."Les sondages, par exemple, n'étaient pas du tout fiables, mais ils ont confirmé que tout ce que nous faisions était juste et que nous étions devenus un cornet de crème glacée qui se léchait lui-même."

Le cornet de crème glacée continue de se lécher lui-même.

Les élections présidentielles en Afghanistan devaient avoir lieu en mars de cette année. Elles ont été reportées deux fois avant d’avoir finalement lieu en septembre. Les résultats devaient être annoncés en octobre, mais cette date a été reportée à novembre. Ensuite, la commission électorale a décidé de reporter l’annonce une deuxième fois, indéfiniment.

Les postes à la tête du gouvernement afghan sont extrêmement lucratifs. Aucun des dirigeants ne laissera la place à un autre.

L’administration Trump est de nouveau en pourparlers avec les talibans pour négocier un accord de paix. Les conditions fixées par les talibans sont claires. Ils n’accepteront pas de troupes étrangères dans leur pays. L’armée américaine et la CIA ne sont pas disposées à accepter cela, même si les 12 000 soldats américains qui s’y trouvent n’ont aucun but identifiable.

La seule façon de quitter l’Afghanistan, c’est de le faire vraiment. Trump devrait ordonner aux troupes de partir. Toutes. Sans condition et dès que cela sera pratiquement possible. Les gros bonnets de Kaboul déménageront à Dubaï, les talibans s’empareront de Kaboul et pacifieront le pays en quelques mois ou un an. Ce n’est qu’à ce moment-là, lorsque l’Afghanistan sera dirigé par des dirigeants non corrompus, espérons-le, qu’il sera possible de développer raisonnablement le pays. On pourrait faire beaucoup avec moins de 1% de l’argent qui est actuellement dépensé pour la guerre.

Mais comme cela est sensé, cela ne se produira pas.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone

Note du Saker Francophone : Pour avoir un peu plus de détails, vous pouvez lire l'article du Figaro sur ce même sujet.

https://lesakerfrancophone.fr/quelques-verites-sur-la-guerre-en-afghanistan

En réponse à Berlin, Moscou va expulser deux diplomates allemands de Russie…

En réponse à Berlin, Moscou va expulser deux diplomates allemands de Russie 12 déc. 2019, 09:22 © Alexander Nemenov Source: AFP Le Kremlin, Moscou. (image d’illustration)

La diplomatie russe a annoncé que Moscou allait expulser deux diplomates de l’ambassade d’Allemagne. Une réponse symétrique après que Berlin a expulsé deux diplomates russes dans le cadre de l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien dans la capitale. Moscou a annoncé ce 12 décembre l’expulsion de deux diplomates allemands, en représailles à la décision de l’Allemagne début décembre de renvoyer deux russes après le meurtre commandité, selon Berlin, d’un Géorgien d’origine tchétchène dans la capitale allemande.

Le ministère russe des Affaires étrangères a convoqué ce même jour l’ambassadeur allemand Géza Andreas von Geyr pour lui signifier que «deux collaborateurs de l’ambassade d’Allemagne avaient été déclarés persona non grata et avaient sept jours pour quitter» la Russie.

La diplomatie russe a également fait savoir espérer que ces expulsions – «symétriques» et constituant une réponse «inévitable» de la Russie – ne détérioreront pas les liens diplomatiques bilatéraux entre les deux pays.

La partie allemande a dit regretter la réaction de la Russie, évoquant par la voix de son ministère des Affaires étrangères une expulsion «injustifiée» et un «mauvais signal».

Dans un communiqué, Berlin annonce se réserver «le droit de prendre d’autres mesures dans cette affaire à la lumière des enquêtes» en cours.

Lire aussi Deux diplomates russes expulsés d’Allemagne, Moscou promet une réponse Le 4 décembre, Berlin avait sommé deux membres de l’ambassade russe en Allemagne de quitter le pays, «avec effet immédiat», accusant Moscou de n’avoir pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin.

 Le même jour, le parquet fédéral allemand, compétent en matière d’espionnage, avait déjà décidé de se saisir de cette enquête, évoquant un «contexte politique». «Vous avez expulsé nos diplomates, nous expulsons les vôtres. C’est tout», a déclaré le président russe Vladimir Poutine répondant à des questions de journalistes sur ce sujet après un sommet au «format Normandie» qui s’est tenu à Paris le 9 décembre.

C’est un combattant, très cruel et sanguinaire. L’une des opérations à laquelle il a participé a fait 98 morts. Il était l’un des organisateurs de l’attentat du métro de Moscou Interrogé au sujet de l’affaire par un journaliste allemand, le chef de l’Etat russe s’est également exprimé sur l’identité et les antécédents de la victime, un Géorgien d’origine tchétchène, nommé Tornike K. et identifié comme étant Zelimkhan Khangochvili.

Vladimir Poutine a affirmé que ce dernier avait «participé à des activités séparatistes» et était recherché par les services russes. «C’est un combattant, très cruel et sanguinaire. L’une des opérations à laquelle il a participé a fait 98 morts. Il était l’un des organisateurs de l’attentat du métro de Moscou», a déclaré Vladimir Poutine. Le président russe n’a pas précisé de quel attentat il s’agissait mais Moscou a connu une série d’explosions meurtrières à partir de 1996. Les attentats dans le métro de la capitale russe ont fait, au total, 106 morts et 520 blessés dans la période entre 1996 et 2010. 

Le ministère russe des Affaires étrangères, de son côté, avait évoqué un acte «injustifié» concernant la mesure allemande et promis des représailles. «Nous considérons que les déclarations faites par la partie allemande concernant l’expulsion de deux employés de l’ambassade de Russie à Berlin sont hostiles et sans fondement. Une approche politisée de questions relatives à une enquête est inadmissible.

Nous sommes contraints de prendre une série de mesures de rétorsion», avait déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova. Un Géorgien tué par balle au beau milieu d’un parc à Berlin Le 23 août, en plein jour, dans un parc du centre de la capitale allemande, un Géorgien issu de la minorité tchétchène du pays et identifié comme Tornike K., a été tué de trois balles tirées d’une arme avec silencieux. Des témoins ont évoqué une «exécution».

Tornike K. avait participé à la deuxième guerre de Tchétchénie contre la Russie, avant d’entrer dans une unité anti-terroriste du ministère géorgien de l’Intérieur, tout en gardant des liens avec les milieux islamistes dont il était proche. Il était considéré par Moscou comme terroriste.

Déjà visé par plusieurs tentatives d’assassinat, il avait émigré quelques années avant sa mort en Allemagne. Selon le parquet fédéral allemand, chargé des affaires d’espionnage, le meurtre aurait été commis «soit pour le compte d’entités étatiques de la Fédération de Russie, soit pour le compte de la République autonome tchétchène». Le meurtrier présumé est un Russe, depuis emprisonné à Berlin où il garde le silence.

 Cet homme aurait été détenteur de papiers d’identité au nom de Vadim Sokolov, 49 ans, qui ne figurent pas dans les bases de données russes. Il était entré en Allemagne, en passant par la France, deux jours avant le meurtre.

Lire aussi : Selon Poutine, le Géorgien tué en Allemagne était «un combattant, très cruel et sanguinaire» International

En savoir plus sur RT France : 

https://francais.rt.com/international/68988-reponse-berlin-moscou-va-expulser-deux-diplomates-allemands-russie?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Expansion démographique : un facteur aggravant des crises au Sahel ?

Expansion démographique : un facteur aggravant des crises au Sahel ?

Alicia PIVETEAU 10 décembre 2019 ActualitéActualités analyséesAfrique et Moyen-OrientAfrique subsaharienne Leave a comment

Le Sahel est confronté à de nombreuses crises, qu’elles soient d’ordre humanitaire, environnemental ou sécuritaire. Outre les conflits armés, les changements climatiques dramatiques et la forte expansion démographique de la région inquiètent. Selon les Nations Unies, 24% de la croissance démographique mondiale d’ici à 2050 proviendra de dix pays du Sahel.

Démographie des pays du G5 SAHEL
Regroupement d’enfants, Yanfolila, Mali.

Le Sahel, une “bombe démographique”

L’actualité est rythmée par l’annonce d’attaques et des difficultés du G5 Sahel, adossé à l’opération Barkhane, d’annihiler la myriade de groupes djihadistes présente au Sahel. L’occasion se présente ici d’interroger les liens entre dégradation sécuritaire et explosion démographique. Mauritanie, Mali, Tchad, Burkina Faso et Niger connaissaient des fragilités structurelles et sécuritaires préexistantes à l’explosion démographique. Ce phénomène de population est ici à concevoir comme un élément amplificateur qui agit tant sur les racines de la crise que sur ses conséquences.

La population des pays du G5 Sahel passera de 83,7 millions d’habitants en 2019, dont environ 50% de moins de 15 ans, à 196 millions en 2050. Dans la zone des trois frontières, épicentre de la crise, le Niger se démarque particulièrement. Le pays comptabilise 21,48 millions de nigériens en 2019. Il présente la plus forte croissance africaine (3,8% selon la Banque Mondiale) et le taux de fécondité le plus élevé (6,5 enfants par femme selon l’ONU). Cette démographie exponentielle et la jeunesse de la population peuvent constituer un vivier de recrutements à l’avantage des groupes terroristes. En parallèle, les tensions interethniques renforcent la volonté de maintenir et de perdurer le groupe. Cette logique sociale fortement présente tend au ralentissement de la transition démographique[1].

Pour le démographe Michel Garenne, il est urgent de ne plus laisser la question démographique de côté, au risque d’arriver à une “situation insoutenable”. Il met en garde contre les conséquences de la surpopulation : migrations, guerres, famines, épidémies. “Il n’y aura pas assez de place et de ressources pour tout le monde”, précise-t-il.

Des tensions exacerbées par le réchauffement climatique

Le paramètre du réchauffement climatique est également à prendre en compte dans l’équation. Les scientifiques du GIEC l’affirment : le Sahel est l’une des régions les plus vulnérables face au changement climatique. À son climat aride s’ajoute la désertification, la réduction des terres arables, la diminution significative de la pluviométrie ou encore la réduction et l’imprévisibilité de la saison des pluies. En somme, le stress hydrique et alimentaire s’annonce sans précèdent dans la région. L’enjeu est d’autant plus stratégique dans le cadre d’une économie agropastorale où 80 % de la population dépend de ces ressources naturelles pour garantir sa subsistance.

La demande en ressources augmente donc alors que, au même moment, l’offre diminue. En parallèle, les migrations climatiques s’accumulent aux déplacements déclenchés par l’insécurité. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, ces déplacements ont concerné 4,1 millions de personnes au Sahel en 2019. Temporaires ou définitifs, internes ou externes, ils peuvent être un vecteur de tensions.

Longtemps, les dispositifs de planification des naissances ont été impopulaires auprès des populations. De même, les défis liés à la démographie restaient peu abordés par les gouvernements à l’échelle nationale. La mise en valeur des vertus économiques est parfois préférée au bilan alarmiste. Or, les croissances économiques ont été en partie absorbées par l’expansion démographique. Compte-tenu du contexte, les chances de bénéficier du dividende démographique sont faibles[1]. Toutefois, les Etats semblent prendre progressivement des mesures. Le Niger, par exemple, s’est doté d’une Politique nationale de population depuis août 2019. L’importance du facteur démographique ne doit pas être laissé-pour-compte. Il se révèle être un point clé dans la compréhension des enjeux de sécurité et de développement à moyen et long terme dans la région. D’intenses efforts de développement peuvent encore influencer et accélérer la transition démographique.

Notes

[1] Le dividende démographique correspond à la situation suivant la baisse rapide d’une fécondité élevée. La part des personnes en âge de travailler est favorable : il y a peu de personnes âgés et peu d’enfants à charge. C’est une période de forte stimulation économique qui a énormément profité aux émergents asiatiques. Dans le cas présent, la baisse de la fécondité est trop lente et les perspectives d’emplois sont faibles.Share

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About Alicia PIVETEAU

Alicia Piveteau est étudiante en master 2 Géopolitique et Sécurité Internationale. Passionnée par les liens entre sécurité et environnement elle en a fait son domaine de prédilection. Elle suit également de près la politique étrangère chinoise

.https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/42341-expansion-demographique-danger-pays-g5-sahel

Pourquoi l’éruption volcanique de White Island a surpris tout le monde

Catastrophe naturelle.

Pourquoi l’éruption volcanique de White Island a surpris tout le monde

Publié le 10/12/2019 – 15:48

L’éruption du volcan de l’île de Whakaari, aussi appelée White Island, le 9 décembre 2019. Photo INSTAGRAM @ALLESSANDROKAUFFMANN / via REUTERS
L’éruption du volcan de l’île de Whakaari, aussi appelée White Island, le 9 décembre 2019. Photo INSTAGRAM @ALLESSANDROKAUFFMANN / via REUTERS

L’éruption volcanique de l’île néo-zélandaise de White Island a surpris lundi une cinquantaine de touristes en excursion, faisant au moins six morts. Le volcan était pourtant surveillé très attentivement par les scientifiques.NOS SERVICES

Au moins six morts, 30 personnes blessées et huit disparus. Le bilan de l’éruption volcanique de White Island, au large de la côte est de la Nouvelle-Zélande, est lourd. Destination prisée, l’île – inhabitée – était visitée par une cinquantaine de touristes lundi en début d’après-midi, au moment où le volcan a explosé. Ils n’ont pas eu le temps de réagir. La série de “déflagrations” d’une dizaine de secondes chacune a duré au total deux minutes environ.

D’après le New Zealand Herald il s’agit d’“une des catastrophes les plus mortelles de Nouvelle-Zélande”. Une enquête a même été ouverte, affirme le Guardian. Pourtant, assure National Geographic, une telle éruption n’est pas complètement inattendue :

Pour ce volcan et compte tenu du type d’éruption qu’il implique, ce n’était rien d’extraordinaire : des éruptions similaires ont déjà eu lieu partout dans le monde, même si elles n’adviennent pas quotidiennement. Et elles continueront à arriver, sans prévenir.”

Le volcan était d’ailleurs très surveillé, notamment par des scientifiques de l’agence gouvernementale GeoNet, car il entre régulièrement en éruption.

Des signes invisibles à l’œil nu

Même avec ces efforts de surveillance, la catastrophe de lundi était difficilement prévisible, reprend le magazine américain. L’île de White Island – aussi appelée Whakaari en maori – est en réalité le sommet d’un “volcan sous-marin complexe”, précise National Geographic. Très actif, ses explosions modérées sont fréquentes.

Plusieurs indicateurs peuvent annoncer une éruption sur l’île : des déformations du sol, qui trahissent une pression anormale sous la surface ou des mouvements de la croûte terrestre ; des émissions de gaz plus fortes qu’à l’accoutumée notamment. La plupart de ces signes sont invisibles à l’œil nu et nécessitent des instruments spécifiques pour être repérés.À LIRE AUSSIVidéo. Nouvelle-Zélande : au moins cinq morts après l’éruption du volcan de White Island

En l’occurrence, aucune déformation suspecte n’avait été détectée par les géologues étudiant l’île. Plusieurs rapports avaient néanmoins fait état de “quelques convulsions ressemblant un peu à des geysers, ainsi qu’une légère hausse des émissions de gaz et des bruits sismiques”. Les autorités avaient d’ailleurs relevé le niveau d’alerte volcanique à 2 sur une échelle de 5 en novembre suite à ces observations.

Mais comme le souligne National Geographic“la hausse du niveau d’alerte ne veut pas dire qu’une éruption est inévitable. Et dans de nombreux cas, il n’y en a pas du tout”.

“Probablement le pire scénario”

“Dans ce cas précis, on a joué de malchance” commente le journal, qui cite le volcanologue de l’université d’Auckland Shane Cronin : “c’était probablement le pire scénario possible”. Un épisode volcanique similaire s’était déjà produit en 2016 sur White Island, pendant la nuit. L’île étant déserte il n’y avait pas eu de victime.

Quel que soit l’endroit cependant, “personne n’a jamais été en mesure de prévoir ce type d’événement” assure au magazine Geoff Kilgour, un chercheur qui travaille pour la société de consultants scientifiques GNS Science. “L’incertitude est une chose que les touristes ont du mal à admettre, continue-t-il. Or, rien n’est plus incertain qu’une éruption volcanique, surtout celles de ce type, rapides et pour l’essentiel imprévisibles.”SOURCE

NATIONAL GEOGRAPHICWashingtonwww.nationalgeographic.com/

Créé en 1888 par la National Geographic Society, le magazine poursuit le même but qu’elle : le développement et la diffusion de la connaissance géographique dans le monde. L’importance donnée à l’illustration en a fait une

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