Pourquoi viennent-ils tous se faire démolir par Zemmour ?

ditoriaux – Médias – Polémiques – Politique – Télévision – 27 février 2020

Pourquoi viennent-ils tous se faire démolir par Zemmour ?

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Avec un Z comme Zorro, Éric Zemmour est devenu, en quelques mois, le Cassius Clay du débat télévisé : les challengers se succèdent et se fracassent les uns après les autres. Cette semaine, ce sont trois vaincus par KO qui se sont suivis, tous des soutiens du pouvoir.

Emmanuelle Wargon a tenté de défendre la politique énergétique du gouvernement, modèle typique du « en même temps » qui ne marche pas : en quelques minutes, on a compris que les éoliennes sont un gadget pour complaire aux écolos et que rien ne justifie le retrait du nucléaire, même à pas mesuré, car c’est la seule énergie qui peut pallier les émanations de gaz à effet de serre. La secrétaire d’État à l’Écologie s’est vite retrouvée dans ses petits souliers, embrouillée, a minaudé des éléments de langage : elle a sombré corps et biens.

Mounir Mahjoubi a aligné les belles phrases et mots creux pour définir le macronisme : un monde nouveau pour une politique réaliste, l’insertion de tous par le travail, l’égalité des chances, bla-bla bla-bla-bla… Zemmour lui a juste envoyé que le macronisme était le dernier avatar de l’ancien monde en voie de disparition, celui du mondialisme. Et qu’il était l’illustration parfaite de la bourgeoisie postmoderne qui porte cela, envers et contre le reste du peuple. Mahjoubi s’est forcé à garder jusqu’au bout son sourire béat, mais il a encaissé et cela s’est vu.

La palme de la déconfiture revint à Jack Lang, qui refusa carrément le débat, monta sur ses grands chevaux, traitant Zemmour d’obscurantiste fermé et rabougri : on a rarement vu Lang aussi outré, outrancier, vexé de la raclée qu’il n’a pu éviter. Eh oui, la splendeur du courtisan Lang, à la cour du roi Mitterrand, est passée depuis longtemps. Il faut dire qu’ériger la langue arabe comme langue de France, c’est fort de café… Expliquer que son institut n’est pas financé par les monarchies du Golfe, il faut déployer une bonne dose de mauvaise foi… Comme il ne pouvait nier l’évidence, il s’est réfugié dans une posture de vierge effarouchée, de seigneur et d’homme de savoir et d’ouverture confronté au mal, blessé dans son orgueil et sa probité…

Mais pourquoi donc viennent-ils tous se faire pulvériser, en toute connaissance de cause ? N’ont-ils donc pas compris que Zemmour combat avec des arguments savamment travaillés et que la moraline bien-pensante ne fera pas le poids ? Au début, ils étaient peu nombreux à vouloir l’affronter, se drapant dans les habits de la blanche colombe qui ne veut pas recevoir les postillons du crapaud. Maintenant, c’est la bousculade autour du ring de CNews. Car voilà, les audiences de « Face à l’info » sont considérables – autour de 300.000 téléspectateurs tous les soirs. À ce compte-là, même une bonne déculottée assure un coup de projecteur, pour le livre de Lang par exemple. Et puis, ne se retrouve pas face à Zemmour qui veut : pour Mahjoubi, un peu sur la touche depuis son échec à la candidature à Paris, c’est un rappel au bon souvenir du public, comme du pouvoir. Voilà à quoi en sont réduits les suppôts d’une idéologie encore dominante malgré ses contradictions et ses contre-vérités : jouer au faire-valoir de Zemmour pour exister encore politiquement et médiatiquement.

  17kÉTIQUETTESEric Zemmour

Olivier Piacentini

Ecrivain, politologue

https://www.bvoltaire.fr/pourquoi-viennent-ils-tous-se-faire-demolir-par-zemmour/?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=c55eed6482-MAILCHIMP_NL&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-c55eed6482-30450793&mc_cid=c55eed6482&mc_eid=d973bb6006

La procédure britannique fantoche contre Assange

La procédure britannique fantoche contre Assange


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Par Moon of Alabama − Le 26 février 2020

La Grande-Bretagne tient actuellement un procès-spectacle obscène contre le fondateur de Wikileaks, Julian Assange. L’audience est destinée à se terminer par l’extradition d’Assange vers les États-Unis, ou sa mort. Aux États-Unis, il serait accusé de complot pour révélation de secrets et mis en prison pour le restant de ses jours.

Au fil des ans, Wikileaks a révélé des informations sur de nombreuses questions importantes. Comme l’a fait remarquer Patrick Cockburn : avec WikiLeaks, Julian Assange a fait ce que tous les journalistes devraient aspirer à faireWikileaks a fourni le matériel que ses sources ont révélé à leurs médias partenaires qui en ont profité, mais ont ensuite trahi Assange. Comme Kit Klarenberg l’a écrit il y a quelques jours : « Ils devraient être en prison », ou comment le Guardian et le New York Times ont «mis le pied à l’étrier» pour Julian Assange.

Ceux qui ne connaissent pas le faux dossier contre Julian Assange devraient lire cet entretien avec Nils Melzer, le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, qui fournit un aperçu détaillé. De l’avis de Melzer, Assange, en tant qu’éditeur principal de Wikileaks, n’a commis aucun crime.

Melzer a également écrit sur sa page médium à propos de l’affaire :

  • Dévoiler la torture de Julian Assange
  • La Responsabilité de l’État dans la torture de Julian Assange. La fausse affaire de « viol » en Suède qui a été utilisé pour incarcérer Assange est également détaillée dans le livre de Marcello Ferrada de Noli : le cas géopolitique de la Suède contre Assange 2010-2019. Il peut être téléchargé gratuitement.

Le fait que l’affaire d’extradition en cours contre Assange est pourrie et qu’une mauvaise issue pour lui est probablement assurée peuvent être déduits des personnes à l’origine de la procédure en cours. Matt Kennard et Mark Curtis de Declassified UK ont fait des recherches :

  • RÉVÉLÉ : le magistrat en chef de l’affaire Assange a reçu des avantages financiers d’organisations secrètes partenaires du ministère britannique des Affaires étrangères
  • Le ministre britannique, qui a approuvé la demande de Trump d’extrader Assange, s’est entretenu lors de réunions américaines secrètes avec des personnes appelant à sa «neutralisation»

Craig Murray et Kevin Gosztola sont dans la salle d’audience pour surveiller la procédure. Gosztola tweete en direct – jour 1jour 2jour 3 – depuis le palais de justice de Woolwich à Londres et fournit des comptes rendus quotidiens sur Shadowproof.com :

  • La défense d’Assange détaille l’opération d’espionnage soutenue par la CIA, la politisation, par Trump, du ministère de la Justice.
  • Audience d’extradition d’Assage. La résistance du Grand jury de Chelsea Manning est un obstacle majeur pour les procureurs

L’ambassadeur Craig Murray publie des résumés quotidiens sur son site :

  • Your Man in the Public Gallery – Assange Hearing Day 1
  • Your Man in the Public Gallery – Assange Hearing Day 2
  • George Galloway a prononcé hier un discours sur les processus abstrus autour de l’audience. La vidéo de celui-ci est ici.

Certains espèrent que le tribunal britannique n’extradera pas mais libérera Assange. Malheureusement, cela semble actuellement peu probable. Mais l’affaire sera durement combattue, pendant plusieurs mois, et parfois de bonnes choses se produisent.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/la-procedure-britannique-fantoche-contre-assange

Centrafrique : la Russie s’engage à œuvrer pour lever l’embargo sur les exportations de diamants

Economie » Centrafrique : la Russie s’engage à œuvrer pour lever l’embargo sur les exportations de diamants

Centrafrique : la Russie s’engage à œuvrer pour lever l’embargo sur les exportations de diamants

(Agence Ecofin) 26 février 2020 – L’interdiction qui pèse encore sur les exportations de diamants en provenance de la République centrafricaine (RCA) pourrait bientôt être levée. Alexei Moiseev, vice-ministre russe des Finances, a indiqué mardi dans des propos relayés par Reuters, que la Russie, présidant actuellement du processus de Kimberley, s’emploiera à négocier dans les prochains mois la levée définitive de l’embargo.

Le processus de Kimberley, mécanisme international permettant de tracer l’origine des diamants commercialisés dans le monde, a en effet suspendu les exportations de diamants de la RCA en 2013. L’organisme craignait que les pierres extraites dans le pays proviennent de zones en conflit et servent donc à alimenter la guerre.

Le gouvernement centrafricain avait réussi en 2016 à identifier cinq « zones vertes » où il pouvait certifier les diamants produits libres de tout conflit, permettant ainsi une reprise partielle des exportations.

Il faut noter que les restrictions n’ont pas empêché la production, mais plutôt encouragé le commerce illégal de diamants en générant des bénéfices pour les intermédiaires au détriment des communautés locales. « Ce n’est pas ce que nous voulons », a déclaré M. Moiseev, qui précise que la Russie va travailler avec le gouvernement pour améliorer la réglementation de la production locale de diamants afin de permettre au pays de réintégrer le marché d’exportation.

Pour rappel, la République centrafricaine a produit en 2018 officiellement 12 000 carats de diamants contre 113 000 carats en 2017. Elle a annoncé fin septembre 2019 une « refonte complète » de son secteur de diamants alluviaux afin de générer davantage de revenus.

https://www.centrafrique-presse.info//article/13846/centrafrique-la-russie-sengage-a-oeuvrer-pour-lever-lembargo-sur-les-exportations-de-diamants

‘La Turquie ne retient plus les migrants qui veulent se rendre en Europe’

‘La Turquie ne retient plus les migrants qui veulent se rendre en Europe’

POLITIQUE

28/02/2020 | Anthony Planus | 3 min de lecture

Des Syriens se tiennent à la frontière entre leur pays et la Turquie, face à une inscription ‘Ouvrez des passages sûrs’, en février 2020. – EPA

Plusieurs centaines de migrants se dirigeaient vers la frontière entre la Turquie et la Grèce, affirment les médias turcs ce vendredi matin. Et pour cause, un haut responsable turc a déclaré à l’AFP que son pays n’empêcherait plus les migrants qui le souhaitent de se rendre en Europe.

‘Nous ne retiendrons plus ceux qui veulent se rendre en Europe’, a déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat. Cette décision ‘d’ouvrir les portes’ aurait été prise lors d’un conseil de sécurité extraordinaire, présidé par le chef de l’État Recep Tayyip Erdogan, dans la nuit de jeudi à vendredi, selon l’agence de presse française.

L’élément déclencheur de cette réunion aura été la mort d’au moins 33 militaires turcs dans des frappes aériennes près d’Idleb et attribuées par la Turquie au régime syrien, soutenu par la Russie.

Selon, l’agence de presse DHA, relayée par l’AFP, environ 300 migrants syriens, irakiens ou encore iraniens sont arrivés dans la province d’Edirne, à la frontière grecque.

‘Nous accueillons déjà près de quatre millions de réfugiés’

Depuis la crise migratoire de 2015, ce n’est pas la première fois que la Turquie menace l’Europe ‘d’ouvrir les portes’ dans le but de faire pression sur l’UE. En mars 2016, Turquie et Union européenne ont conclu un pacte migratoire. Les passages ont alors drastiquement chuté, mais il semble être en augmentation depuis plusieurs mois.

‘Nous accueillons déjà près de quatre millions de réfugiés et n’avons pas les moyens ni les ressources d’autoriser l’entrée sur notre territoire à un million de personnes supplémentaires’, a déclaré vendredi Fahrettin Altun, dont les propos sont cités par l’AFP. Le directeur de la communication de la présidence turque fait ainsi référence à la catastrophe humanitaire à Idleb, où près d’un million de personnes ont fui les bombardements du régime pour tenter de trouver refuge en Turquie.

Source: AFP

https://fr.businessam.be/la-turquie-ne-retient-plus-les-migrants-qui-veulent-se-rendre-en-europe/

Covid-19, miroir de la crise

Covid-19, miroir de la crise

Faits et commentaires

   jeudi 27 février 2020

   Forum

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Covid-19, miroir de la crise

27 février 2020 – Ca y est, le coronavirus, désigné aussi par l’acronyme Covid-19 qui s’adapte mieux aux temps nouveaux, a atteint les USA. Non pas l’épidémie qui semble devenir pandémie, qui devient pandémie si elle atteint les USA, mais la réalisation de l’existence de la crise… Car, cette perception atteignant les USA, cette crise sanitaire devient une crise tout court, une crise-crisique si l’on veut, s’inscrivant parfaitement dans la Grande Crise d’Effondrement du Système.

Trump lui-même s’en est avisé, c’est dire ! Il est bien entendu furieux et, bientôt, il invectivera le virus Covid-19 comme il invective les démocrates et le CDC (Centers for Disease Control and Prevention, organisme officiel et public chargé des questions de santé). Sa dernière attaque en date, contre le CDC, vient du fait qu’il impute à cet organisme la chute des marchés, le  krach  erratique, tantôt au ralenti, tantôt insaisissable (« …ce krach est totalement différent de tout ce qui s’est passé auparavant… Cela sort de notre expérience habituelle », écrit Bill Blain [voir plus loin]).

Trump a tout misé, pour sa réélection, sur ce qu’il connaît le mieux et qu’il chérit comme l’indicateur suprême de son action divine : les marchés, la bourse, Wall Street. Ainsi prend-il furieusement conscience de la crise du coronavirus et fait-il en sorte, en hurlant comme il le fait et ainsi montrant une extrême préoccupation que d’aucuns croiraient venue d’un homme d’État honorable, que Covid-19 devienne dans l’esprit des gens une crise vraiment colossale aux multiples facettes. A cause de ces sonovobitches du CDC… ZeroHedge.com  résume l’affaire :

« Le penchant du président Trump à considérer les performances de la bourse comme un baromètre de la réussite de sa présidence est désormais bien connu du public. Le fait que Trump ait été extrêmement agité par les événements qui se sont déroulés à Wall Street, alors qu’il se trouvait en Inde cette semaine, n’est donc pas une surprise.
» Habituellement, nous n’accordons pas beaucoup de crédit aux articles du Washington Post sur le base-ball intérieur, qui prétendent offrir la “vérité de ce qui est caché” tout en créant une base d’où des fonctionnaires vindicatifs peuvent se venger en dénigrant anonymement le président ou même ses rivaux au sein de l’administration.
» Mais aujourd’hui, le récit de WaPo confirme en gros ce que nous soupçonnons de se dérouler en coulisses, le président s’en prenant à une autre agence fédérale et lui reprochant de faire peur aux marchés. Dans le passé, M. Trump a (publiquement ou en privé) accusé les démocrates, le secrétaire au Trésor Mnuchin, le secrétaire au Travail Wilbur Ross, Boeing et, – bien sûr, – [le président de la Fed] Jay Powell d’avoir provoqué la chute des marchés.
» Aujourd’hui, nous pouvons ajouter le CDC à cette liste. 
» Le paragraphe ci-dessous est en fait le cœur de l’histoire de WaPo, décrivant la fureur impuissante du président Trump observant sans pouvoir intervenir la chute du marché.
» “Alors qu’il a passé les deux derniers jours à voyager en Inde, Trump a observé de près la chute de la bourse et pense que les avertissements [jugés par lui trop] alarmistes du Centers for Disease Control and Prevention ont effrayé les investisseurs, ont confié des sources proches de la présidence. Certains responsables de la Maison Blanche ont été mécontents de la manière dont le ministre de la Santé et des Services sociaux, Alex Azar, a géré la situation, ont-elles précisé.” »

On comprend la situation psychologique, et par conséquent politique sinon métahistorique : Trump ne s’intéresse pas vraiment à Covid-19 en tant que tel, ce que ce virus va causer de handicaps, d’angoisse et de morts. La seule situation qui lui importe, c’est l’effet sur la bourse, sur Wall Street, parce que Wall Street est l’une des références fondamentales de son jugement et que c’est sur la situation de Wall Street qu’il a basé toute sa rhétorique de réélection d’une majestueuse reprise économique.

Tout cela n’est pas à l’avantage du personnage mais peu nous importe. Nous savons très bien, nous, ce que vaut Trump, ce qu’il ne faut pas attendre de lui (qu’il soit un homme de qualité, un homme d’Etat) et ce que l’on peut attendre de lui… Effectivement, on peut attendre de lui, et qui  est sans prix, qu’il soit antiSystème par inadvertance, à cause de ses traits de caractère démesurés, sa pétulance irresponsable, son narcissisme, son américanisme primaire, – paradoxalement puisque normalement le Système utilise ces traits de caractère à son avantage mais le Système est aujourd’hui en phase d’autodestruction ; par conséquent le paradoxe est partout puisque ce qui le favorisait et le servait dans sa surpuissance se retourne contre lui en phase d’autodestruction.

Quoi qu’il en soit, le fait majeur est bien là : grâce aux circonstances née de la globalisation, et grâce au caractère extrême de Trump, la crise sanitaire du coronavirus est devenue une crise majeure antiSystème (la crise du Covid-19) qui se place avantageusement dans le tourbillon crisique de la Crise Générale d’Effondrement du Système.

(Trump se trouve d’ailleurs pris dans l’habituel dilemme qu’impose l’énorme puissance du système de la communication et une autre pandémie chronique qui en découle, qui est la rapidité des réactions de la population avec une psychologie à vif dans les conditions actuelles. Il doit donc naviguer malgré ses outrances coutumières, entre l’affirmation que “tout va bien”, “tout est sous contrôle” et “nous avons le meilleur service de santé du monde et il est prêt”, et d’autre part une préparation à une extension de la pandémie [il nomme le vice-président Pence “Czar du coronavirus”, titre particulièrement baroque mais flatteur].)

La vertu antiSystème de cette crise est sa complète originalité, son caractère totalement inattendu, totalement nouveau par rapport aux crises auxquelles nous sommes accoutumés, – notamment les habituels “krachs des marchés”. Ils sont quelques-uns, parmi les commentateurs US qui suivent Wall Street avec attention, à découvrir le caractère sans précédent la crise Covid-19, la façon dont l’espèce de krach-insaisissable est totalement étranger au modèle habituel.

C’est ce qui rend l’événement de la crise tout à fait extraordinaire, et par conséquent un événement contre lequel on ne sait pas comment lutter. Un événement paradoxalement assez lent (par rapport à un krach  normal), qui laisse le temps de réfléchir… et de se tromper plus lourdement ! Comme l’écrit Bill Bain, qu’on cite plus loin : « Le bon côté de cette crise au ralenti est qu’elle donne aux acteurs du marché plus de temps pour réfléchir et réagir, – ce qui signifie également plus de possibilités de se tromper horriblement ! »

Voici donc cette appréciation du commentateur financier indépendant Bill Bain, sur  MorningPorridge.com, repris par  ZeroHedge.com  hier. Ce qui nous intéresse n’a strictement rien à voir avec d’éventuelles prévisions, mais avec la description de la crise, et aussi avec cette phrase que Blain place en exergue : « L’échec n’est pas de s’effondrer complètement mais de ne pas parvenir à revenir à nouveau où l’on se trouvait »…

« La réalité du marché devient… très compliquée.  D’ici la fin de la semaine, il est tout à fait probable que le marché aura baissé de 10 % ou plus par rapport au sommet de la semaine dernière (actuellement 7,5 % de baisse et à surveiller !).  Mais ce qui est effrayant, c’est que ce krach est totalement différent de tout ce qui s’est passé auparavant… Cela sort de notre expérience habituelle.
» Le marché, hier, c’était comme regarder  Homer Simpson  dévaler une pente raide.  Il rebondit sur une corniche, il s’élève un moment, avant que la gravité ne reprenne inévitablement le dessus.  Badaboum ! 
» Le marché va-t-il cesser de dégringoler aujourd’hui ? Probablement pas, – la tendance est à la poursuite du ralentissement économique, déclenché par un virus auquel le marché est réactif. Mais ce n’est pas une fin-du-monde-telle-que-nous-la-connaissons, lorsque les actions sont en chute libre et mortelle. Il s’agit d’une catastrophe au ralenti que mâchouille une prise de conscience choquée ; où la réalité du virus a induit une récession instantanée dont les conséquences continueront à s’écarter du modèle d’un krach conventionnel. 
» Le bon côté de cette crise au ralenti est qu’elle donne aux acteurs du marché plus de temps pour réfléchir et réagir, – ce qui signifie également plus de possibilités de se tromper horriblement ! 
» Cela va être une nouvelle expérience pour tout le monde.  La plupart des krachs, et c’est mon sixième ou septième depuis le premier que j’ai connu, en 1987, voient l’ensemble du marché s’effondrer en même temps.  Ce krach sera davantage lié à des fondamentaux inconnus, liés aux coronavirus, – quels secteurs et quels marques sont les plus vulnérables aux ruptures de chaînes d’approvisionnement, aux pertes de commandes permanentes, à la limitation drastique des voyages et à la mentalité d’un état de siège industriel, et quels secteurs sont les plus susceptibles de bénéficier d’un soutien gouvernemental essentiel.
» Il fait également l’objet d’une force exogène,  – les inconnues du virus. Cette force dépendra de la façon dont les gouvernements réagiront à une menace de pandémie externe plutôt que des vecteurs de crise interne habituels, comme des prêts bancaires stupidement imprudents ou l’éclatement d’une bulle boursière (même si cela n’aide pas à faire éclater la bulle de valorisation qui semblait très proche !). Les effets et le tempo de la crise vont accélérer et ralentir selon des facteurs non-économiques, – l’extension (la contagion) et les effets (décès) de la maladie. »

Ce texte montre bien les caractères inédits de la situation, – de la crise, bien entendu, du point de vue d’un observateur de l’évolution des affaires financières et boursières. Il montre :
• l’extraordinaire différence de nature entre l’événement déclencheur de la crise et ses effets, sous la forme d’une sorte de “crise secondaire”, les deux crises ayant chacune une vie indépendante tout en continuant dans un cas à exercer une influence l’une sur l’autre (Covid-19 sur Wall Street) ;
• l’impossibilité pour les acteurs de la “crise secondaire” (Wall Street), pourtant considérée comme “crise principale” par eux, de prévoir quoi que ce soit de l’évolution de ce qui est chronologiquement la “crise principale” (la crise Covid-19), qui n’est pour eux que la “crise déclencheuse” (ou “crise-détonateur”) ;
• par conséquent, l’emprisonnement de cette chaîne crisique complètement improbable dans un ballet de cause à effet éventuellement réciproque, ne répondant à aucune logique de crise par rapport à l’expérience qu’on en a. 

L’abîme de la globalisation

Nous avons déjà signalé (voir PhG, le 15 févrieret le 26 février 2020) le caractère extraordinaire de la crise Covid-19 par rapport aux épisodes de pandémies habituels. PhG cite les pandémies de la “crise asiatique” (1957) puis de la “crise de Hong-Kong (1968), et il aurait pu citer, plus proche de nous, la pandémie SRAS de 2003 qui, de la même façon, n’eut aucun effet sérieux hors du domaine sanitaire et ne fut en aucun cas le détonateur de rien. Ce dernier cas était cité hier par François Lenglet sur LCI, avec ce commentaire : « Oui, mais en 2003 la Chine faisait 3% du PIB mondial, aujourd’hui elle fait 16% ». D’autres parlent de la Chine d’aujourd’hui comme “l’usine du monde” pour constater que la chose est en panne.

Mais au-delà de ces explications conjoncturellement justes mais que nous jugeons structurellement insuffisantes, ce que nous constatons, et cela comme une nouveauté par rapport aux crises précédentes, c’est l’extraordinaire “solidarité négative” qu’implique la  globalisation qui caractérise aujourd’hui, hors de tout contrôle, les relations internationales. Le paradoxe, qui est bien entendu le “paradoxe de la globalisation” car là (dans ce phénomène de la globalisation) se trouve l’explication, c’est que ce nouvel (?) arrangement (?) du monde crée une “solidarité” des effets catastrophiques. Sur le plan “constructif”, les insuffisances de la globalisation sont évidentes, sinon furieuses et agressives. Les tensions internationales sont considérables, beaucoup plus nombreuses et diverses qu’en aucun autre époque dans l’histoire, et presque impossibles à apaiser. La coopération dynamique, celle qui est capable de créer des nouvelles situations pour nous faire sortir de nos impasses, – c’est dire si nous écartons les accords de libre-échange signés aveuglément, – est pratiquement inexistante et la législation internationale est le plus souvent réduite à la loi du plus fort.

Par contre, ce que nous montre la crise actuelle, c’est que ses aspects et conséquences négatives menacent tous les acteurs de la globalisation, soit par effets directs, soit indirectement. Dans ce cas, nous sommes “enchaînés”, comme dans une prison à ciel ouvert et sans barreaux nécessaires puisqu’enchaînés les uns aux autres, derrière une devise qui en rappelle fâcheusement d’autres, – ce pourrait être “la globalisation c’est la liberté”. Il s’agit, si l’on veut, d’un “enchaînement” des acteurs-figurants que nous sommes du fait du “déchaînement de la globalisation” (correspondant au “déchaînement de la Matière”).

Nous avons regardé et écouté les premiers échos du coronavirus, alias Covid-19, d’un œil serein et critique. Il n’était question que de savoir si le gouvernement chinois mentait ou disait la vérité, si les droits des gens étaient respectés, si l’organisation de riposte du gouvernement chinois à l’épidémie naissante était au point, si la croissance chinois reculerait de un, deux ou trois points. Pompeo ricanait ouvertement en réclamant un regime changed’urgence, avec tant de bonhomie qu’on s’interrogeait pour savoir si ce n’était pas ses services qui avaient fabriqué la bestiole Covid-19. Bref, le Système se félicitait bruyamment de sa propre vertu, de sa propre morale, de sa propre démocratie dont les Chinois s’avéraient plus que jamais dépourvus et privés à la fois. Puis brusquement, aidés en cela par le début de l’expansion du virus, nous commençâmes à réaliser que nous étions tous dans la même baignoire, à barboter misérablement, et que le sort des Chinois n’était contenu par aucune barrière, que les chaînes qui nous unissent constituaient le meilleur moyen de partager le même sort éventuellement catastrophique, de connaître les mêmes avatars.

Il est très probable, à notre sens, que c’est évidemment cette réalisation qui a conduit notre perception à passer de la seule crise sanitaire du coronavirus à la crise “détonatrice” Covid-19 déclenchant une réaction “en chaîne” (là aussi) nous faisant passer, ou bien plutôt révélant en plein jour qu’il s’agit en fait de la crise du Système, c’est-à-dire d’une étape supplémentaire, et peut-être décisive comme l’on peut dire de plus en plus pour chaque épisode, de ce que nous appelons la Grande Crise d’Effondrement du Système (GCES). De ce point de vue, les polémiques politiques antichinoises du début ont bien contribué à accélérer cette prise de conscience, en donnant une dimension politique et polémique à la perception, en éloignant cette perception de la neutralité solidaire qui caractérise ce qu’on ressent devant une crise sanitaire.

Dans cette dynamique de la perception, il est évident que les USA jouent un rôle déterminant, bien que Pompeo n’ait pas encore demandé de regime change (aux USA)pour sanctionner la folie de Wall Street de ces derniers jours. Ces quatre-cinq derniers jours, alors que l’enchanteur-TV Trump se trouvait en Inde à tenter de séduire Modi, tout s’est mis en branle pour que les USA en prennent conscience, d’un seul élan d’une psychologie collective étrangement alertée et finalement montrant une fois de plus sa fragilité. Cette prise de conscience, comme d’habitude avec les USA, fit grand bruit, d’autant plus que le président Trump éructait de fureur parce que ses fonctionnaires avaient porté un rude coup au moral des traders de Wall Street et qu’on lui avait abimé son indice du NASDAQ. 

Il va être très difficile, c’est-à-dire impossible de se défaire de cette idée, que certains disent à haute voix et que d’autres dénoncent avec une hâte bien suspecte, que nous assistons à une “crise de démonstration” catastrophique du déterminisme du Système, c’est-à-dire de la globalisation pour ce cas, d’un déterminisme qui conduit irrémédiablement à la catastrophe. D’une certaine façon, l’on peut avancer le jugement que nous assistons, en direct, “en temps réel” comme ils disent, “en boucle” comme l’on vit l’attaque du 11-septembre, à l’agonie de la globalisation comme une blessure mortelle percée dans le flanc du Système. C’est dire combien nous pensons que cette affaire ne se résumera pas à un certain nombre de malheureux décès et à une myriade de malades, à la pratique de la quarantaine, au port du masque, aux restrictions de circulation ; c’est à autre chose qu’il faut penser, c’est-à-dire à la possibilité de la nécessité d’un réarrangement du monde dans l’ère du post-coronavirus, – si nous arrivons à bout de cette pandémie.  

Comme l’écrit James Howard Kunstler, « Nous n’avons pas vu venir ce truc ». Rassemblant toutes les excentricités et les folies de la situation intérieure des USA et du pouvoir de l’américanisme, – car cette dimension du désordre intérieur et de l’affrontement radical qui le guide est bien en place pour accélérer et renforcer la puissance de la crise, – il les couronne par l’apparition du Covid-19 et retrouve les idées qu’il avait émises deux semaines avant, qui se précisent, qui prennent forme, qui deviennent pertinentes, sinon évidentes

 « Cela devient sérieux maintenant. Certains d’entre vous ont peut-être remarqué ce matin que les indices boursiers se dirigent vers la pire ouverture depuis des années. Aujourd’hui, M. Market s’est réveillé, comme  Rip Van Winkle, et a découvert que le monde avait changé pendant qu’il dormait. Il y a de fortes chances que les conditions de la vie quotidienne en Amérique se détériorent fortement dans les mois à venir. Depuis janvier, nous avons observé à distance les rues vides de Wuhan et d’autres villes chinoises, pensant que c’était comme une de nos émissions d’horreur sur le réseau câblé. Il n’est pas inconcevable qu’une ville américaine, ou plus d’une, soit soumise à une quarantaine, ou qu’un grand nombre de personnes ne quittent tout simplement pas leur maison pendant un certain temps. Les camionneurs continueront-ils à transporter par camion les choses dont les gens ont besoin ? Nous ne le savons pas. Comment organiser une convention politique dans une telle situation, ou même une élection ? »

Nous n’avons rien vu venir et nous ne savons pas, et nous ne savons rien. Nous sommes irrésistiblement pris de vitesse par les événements qui s’ordonnent, seuls, pour imposer un rangement métahistorique à cette période étrange et extraordinaire que nous vivons. Métaphoriquement, tout se passe comme si la Grande Crise qui attaque le Système cherchait toutes les voies pour le faire, mais aussi pour se signaler à nos psychologies souvent déroutées par une perception faussée ; comme si la crise avait une vie propre et, agissant comme un événement autonome, avait trouvé dans ce cas une voie extrêmement audacieuse et novatrice pour prendre tout le monde, – et notamment le Système, – par surprise.

… D’un point de vue opérationnel, la globalisation est la victime désignée de cet épisode. Nous croyions que la globalisation était au bord de l’abîme et nous réalisons que la globalisation est un abîme où elle est elle-même en train de se perdre. Il va falloir commencer à penser aux choses sérieuses.

https://www.dedefensa.org/article/covid-19-miroir-de-la-crise

L’État-major des armées réfute les accusations portées contre la Légion étrangère par l’ambassadeur du Mali en France

L’État-major des armées réfute les accusations portées contre la Légion étrangère par l’ambassadeur du Mali en France

PAR LAURENT LAGNEAU · 27 FÉVRIER 2020

Le 26 février, invité à s’exprimer par la commission sénatoriale des Affaires étrangère et des Forces armées dans le cadre d’un cycle d’auditions dédiées à l’opération Barkhane, l’ambassadeur du Mali en France, Toumani Djimé Diallo, a commencé son intervention en demandant une minute de silence pour rendre hommage à la mémoire des militaires français morts au combat dans son pays. Puis, il a enchaîné sur le sentiment anti-français que peuvent ressentir certains de ses compatriotes, en s’en faisant en quelque sorte l’avocat.

Ainsi, avant, toutefois, de rappeler les propos du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, pour qui « tous ceux qui, au Mali, appellent au départ des forces étrangères, et notamment françaises, sont des ennemis du Mali et les complices des jihadistes », le diplomate s’en est vivement pris à la Légion étrangère, ou du moins au comportement de certains légionnaire.

« Je n’ai pas l’habitude de la langue de bois. Je vais vous parler franchement. Dans les forces [françaises], il y a les officiers, il y a l’armée normale mais il y a aussi la Légion étrangère. Et c’est là le problème. Je vous dis, en vous regardant droit dans les yeux, qu par moment, dans les ‘Pigalle’ de Bamako, vous les y retrouvez, tatoués sur tout le corps, en train de rendre une image qui n’est pas celle que nous connaissons de l’armée nationale du Mali. Alors, ça fait peur, ça intrigue et ça pose des questionnements », a lancé M. Diallo, qui, à l’issue de l’audition, tiendra à souligner que le Mali « doit tout à la France » pour avoir conduit l’opération Serval en 2013.

« Le président Macron avait promis 200 militaires français de plus à Pau. C’est maintenant 600 parmi lesquels on a fait appel au 3e régiment nîmois de la Légion étrangère [sic]. Alors, c’est bien parce qu’ils sont âpres à la bataille, au combat mais ils sont aussi âpres au gain. Ce n’est pas le type de soldat […] qui, si on les encadre pas, donneraient une belle image de l’armée », a continué l’ambassadeur malien, en invitant son collègue tchadien « à dire certains choses sur la Légion étrangère, qui a fait la bataille, avec des résultats clairs, mais [avec] parallèlement des débordements qui, lorsque la population les réalise, posent problème ». Et d’insister encore une fois sur « le comportement de certains éléments […] tatoués de partout qui font n’importe quoi dans les rues de Bamako et d’ailleurs le soir ».

Pour rappel, il n’y a pas de « 3e régiment » de la Légion étrangère à Nîmes, ville qui accueille le « 2e Régiment Étranger d’Infanterie » [REI], le 3e REI étant présent en Guyane. En outre, les renforts évoqués par M. Macron lors du sommet de Pau ont été fournis par le 2e Régiment Étranger de Parachutistes [REP], dont les groupes commandos étaient alors déployés en Côte d’Ivoire.

Quoi qu’il en soit, les propos du diplomate malien ont fait immédiatement réagir Jean-Marc Todeschini, sénateur [PS] de Moselle et ancien secrétaire d’État chargé des Anciens combattants et de la Mémoire [2014-2017]. Le parlementaire a surtout critiqué la façon dont M. Diallo a évoqué ces « débordements » présumés. « Vous avez stigmatisé l’armée française au travers de comportements certainement vrais de certains soldats […] Vous n’ignorez pas que, au sein du ministère de la Défense, tout cela est surveillé de près, que […] en bon diplomate que vous êtes, ces sujets doivent remonter aux états-majors et remontent dans les discussions politiques que nous avons de cabinet à cabinet », a-t-il dit.

Par ailleurs, « ce n’est pas l’image que nous pouvons avoir de la Légion étrangère en France. Les légionnaires vivent des conditions difficiles, y compris sur la formation et la discipline. Et je pense que s’il y a des brebis gâleuses, il faut bien sûr les dénoncer mais ne pas stigmatiser la totalité », a conclu M. Todeschini.

Le souci, dans les propos de M. Diallo, est que les légionnaires de Barkhane ne sont pas censés se trouver à Bamako, qui abrite seulement la « Représentation militaire Barkhane au Mali » [RMBM]. À noter que la capitale malienne accueille également les états-majors de la mission européenne EUTM Mali, de la Force conjointe du G5 Sahel et la Mission multidemensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali [MINUSMA].Arouna SISSOKO@Arouna_Sissoko1

#Mali: « C’est à #Bamako où on crie le plus #barkhane dehors et c’est justement là où il n’y a pas de Barkhane… » Le Général de brigade Damien #DeMarsac représentant de la force française engagée dans le #Sahel. @EtatMajorFR

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En outre, les réseaux sociaux, sur lesquels les groupes hostiles à la présence des troupes étrangères au Mali sont pourtant actifs, n’ont pas massivement relayé de photographies et autres documents dénonçant des comportements inappopriés de militaires français dans les rues de Bamako.

Cela étant, l’État-major des armées [EMA] a fait une mise au point après les propos tenus par l’ambassadeur malien. « Les légionnaires n’ont jamais été stationnés à Bamako, ils n’ont pas vocation à y aller et n’ont ni quartier libre ni temps de repos hors des bases opérationnelles » de Barkhane, situées dans le nord du pays », a fait valoir son porte-parole, le colonel Frédéric Barbry, auprès de l’AFP.

Le président de la commission des Affaires étrangères et des Forces armées, Christian Cambon, a dit « prendre note » des propos de M. Diallo. « Mais mais nous souhaitons réaffirmer notre solidarité envers nos forces armées » et « s’il y a des manquements, il y a des autorités militaires qui sont tout à fait adaptées pour corriger ces choses », a-t-il estimé.

Le cabinet de la ministre des Armées, Florence Parly, a également vivement réagi aux accusations du diplomate malien, via une déclaration envoyée à l’AFP.

« Plutôt que de véhiculer et de propager de fausses accusations, nous attendons de l’ambassadeur du Mali qu’il mobilise toute son action pour la mise en oeuvre des décisions du sommet de Pau et la réussite de tous », a-t-il affirmé, en rappelant qu’il « n’y a « quasiment plus de soldats français stationnés à Bamako » depuis août 2014.

« Cette mise en cause est non seulement fausse mais inacceptable. Inacceptable et indécente quand la France s’est résolument engagée pour combattre les groupes terroristes qui menacent les populations du Sahel », a poursivi le cabinet de Mme Parly. Et de rappeler que « chaque jour, les militaires français risquent leur vie pour protéger les autres. »

Actuellement, et outre les GCP du 2e REP, le 2e REI de Nîmes et le 1er Régiment Étranger de Cavalerie [REC] de Carpiagne sont déployés au Mali, au titre de l’opération Barkhane.

Photo : Légion étrangère

http://www.opex360.com/2020/02/27/letat-major-des-armees-refute-les-accusations-portees-contre-la-legion-etrangere-par-lambassadeur-du-mali-en-france/

Dinde volante et oiseau MiGrateur

Dinde volante et oiseau MiGrateur

23 Février 2020

Dans le grand bras de fer de l’armement entre le Heartland russe et la thalassocratie américaine, quelques nouvelles intéressantes ont paru ces dernières semaines.

A tout saigneur (saignée en l’occurrence) tout honneur, la dinde volante n’y est toujours pas. Fin janvier, un rapport du Pentagone a révélé que le F35, programme qui devrait coûter au total la somme astronomique de 1 000 milliards de dollars, connaît toujours une foule de problèmes. Entre autres choses, pas moins de 873 défauts logiciels ont été détectés, certes en léger mieux par rapport à 2018 où 917 failles avaient été décelées. Cerise sur le gâteau, le canon est mal aligné et incapable de viser correctement ! Tout simplement « inacceptable’ ont déclaré les testeurs du Pentagone.

Les problèmes du F35 sont proverbiaux et le site Defense News y consacre même un tag. Et pourtant, en bons petits soldats de l’empire, les alliés/vassaux se ruent pour l’acheter et le carnet de commande ne désemplit pas : Japon, Australie, Pologne, Royaume-Uni… Un comportement qui fait fortement penser aux pétromonarchies du Golfe, achetant des tonnes d’équipement inutile au protecteur américain pour faire tourner les usines du Kansas ou de l’Arizona.

De leur côté, les Russes se débrouillent pour faire toujours aussi bien avec beaucoup moins. Les lecteurs du livre se rappelleront sans doute ce passage :

Avec un budget militaire dix fois moins élevé, Moscou donne une véritable leçon d’efficacité, ébréchant le mythe d’une Amérique performante, professionnelle, productive. Dans la course à l’armement, comme dans la conquête spatiale d’ailleurs, la réalité met souvent à mal l’image chimérique du « rêve américain » : amateurisme, gaspillages et fiascos militaro-industriels y sont légion. Derrière l’aura médiatique de la NASA, c’est bien l’URSS, aux moyens financiers pourtant bien plus modestes, qui avait gagné la course aux étoiles : le premier satellite, le premier homme dans l’espace ou la première station (Mir) constituent, au final, des avancées plus importantes que le symbolique premier pas sur la lune. Et la faillite du programme des navettes américaines, au coût astronomique, donne raison à la robuste Soyouz russe, vieillotte mais efficace et économique. Par une curieuse ironie du sort, cette fusée, simple adaptation d’un missile balistique soviétique fabriqué pour atteindre les Etats-Unis durant la Guerre froide, est depuis 2011 le seul moyen pour les astronautes américains d’aller dans l’espace !

Moscou ne déroge pas à sa règle d’or et prévoit de donner un usage inédit au MiG-31, pourtant entré en service il y a quatre décennies. Moche comme un pou, sans égards pour la furtivité, l’avion possède cependant des qualités hors-normes, comme celle d’évoluer dans la stratosphère à des hauteurs insondables.

Si Reagan, en bon acteur hollywoodien, pensait mettre sur pied un exorbitant système de défense anti-missiles sur le modèle de la Guerre des étoiles, projet aussi spectaculaire que vain, les Russes sont beaucoup plus pragmatiques. Pourquoi ne pas utiliser le bon vieux Mig-31 et en faire un intercepteur de haute altitude ?

On sait déjà qu’il peut intercepter avec succès des missiles supersoniques dans la stratosphère et lui-même tirer des missiles hypersoniques, on subodore qu’il pourrait servir de plateforme pour abattre des satellites ennemis. Le ministère russe de la Défense prévoit maintenant de l’employer contre des missiles hypersoniques.

Les spécialistes se disputeront sans doute sur la faisabilité de la chose, dont les contraintes techniques ne sont pas minces. Pour notre part, contentons-nous de revenir sur le gouffre culturel entre les deux puissances. L’armée américaine s’offre des joujoux hors de prix dont l’efficacité et même la simple viabilité sont encore à prouver. Les Russes reprennent un avion destiné à la casse pour en faire, à moindre coût, leur intercepteur de haute altitude. Il est vrai qu’en Russie, il n’y a pas de lobby militaro-industriel à enrichir…

*****

Chers amis lecteurs, c’est bien un bug d’Overblog qui a fait disparaître temporairement les commentaires. Des dizaines d’autres sites sont dans le même cas et les blogueurs relativement furieux contre la plateforme dont le service technique semble, il est vrai, quelque peu mou du genou. Aux dernières nouvelles, il faut attendre demain lundi pour avoir du nouveau… Désolé pour ce désagrément et pas d’inquiétude : la politique du blog vis-à-vis des commentaires, qui apportent tellement aux Chroniques, n’a évidemment pas changé ! Bien à vous tous.Tag(s) : #Etats-Unis#Russie

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/dinde-volante-et-oiseau-migrateur

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Pandémie du virus de la peur

Pandémie du virus de la peur

par Manlio Dinucci

L’exagération de la dangerosité du coronavirus par rapport à d’autres maladies ainsi que la préparation de la réponse des principaux acteurs deux mois avant l’épidémie laissent pantois. Il n’est pas possible de tirer de conclusions, pour le moment.RÉSEAU VOLTAIRE | ROME (ITALIE) | 25 FÉVRIER 2020 ITALIANOESPAÑOL

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Étant entendu que le coronavirus ne doit pas être sous-évalué et qu’on doit suivre les 10 règles préventives du ministère de la Santé, il faut adopter une 11ème règle fondamentale : empêcher la diffusion du virus de la peur. Celui-ci est répandu surtout par la télévision, en commençant par la Rai qui consacre les journaux télévisés quasiment entièrement au coronavirus. Le virus de la peur pénètre ainsi dans tous les foyers à travers les chaînes de télé.

Tandis qu’elles lancent la plus grande alarme pour le coronavirus, elles taisent le fait que la grippe saisonnière, épidémie beaucoup plus mortelle, a provoqué en Italie pendant la 6ème semaine de 2020 —selon l’Institut supérieur de la santé— en moyenne 217 décès par jour, dus aussi à des complications pulmonaires et cardiovasculaires liées à la grippe. Elles taisent le fait que —selon l’Organisation mondiale de la santé— meurent en Italie en une année du HIV/Aids plus de 700 personnes (en moyenne deux par jour), sur une total mondial d’environ 770 000.

À propos de la campagne alarmiste sur le coronavirus, Maria Rita Gismondo —directrice de macrobiologie clinique, virologie et diagnostic de bio-urgences du laboratoire de l’hôpital Sacco de Milan, où s’analysent les échantillons de contagions possibles— déclare : « C’est une folie. On a transformé une infection à peine plus sérieuse qu’une grippe en une pandémie létale. Regardez les chiffres. Ce n’est pas une pandémie ». Mais la voix de la scientifique n’arrive pas au grand public, alors que chaque jour, de la Rai service qui qui devrait public, aux chaînes Mediaset et pas seulement, on diffuse chez les Italiens la peur pour « le virus mortel qui de Chine se répand dans le monde ». Campagne de fait correspondant à ce que déclare le secrétaire USA au commerce Wilbur Ross dans une interview à Fox Business : « Je pense que le coronavirus contribuera au retour des emplois de la Chine aux USA. En Chine il y a eu d’abord le SARS, ensuite la peste porcine et maintenant le coronavirus ». Donc, commente le New York Times, « la perte pour la Chine pourrait être un gain pour l’Amérique ». Autrement dit, le virus pourrait avoir un impact destructeur sur l’économie chinoise et, dans une réaction en chaîne, sur celles du reste de l’Asie, de l’Europe et de la Russie, déjà touchées par la chute des flux commerciaux et touristiques, à l’avantage des USA restés économiquement indemnes.

Global Research, le centre de recherche sur la mondialisation dirigé par le professeur Michel Chossudovsky, est en train de publier sur l’argument de l’origine du virus une série d’articles d’experts internationaux. Ceux-ci soutiennent qu’« on ne peut pas exclure que le virus ait été créé en laboratoire ». Cette hypothèse ne peut pas être considérée comme « complotiste » et exorcisée comme telle. Pourquoi ? Parce que les États-Unis, la Russie, la Chine et les autres grandes puissances ont des laboratoires où sont menées des recherches sur des virus qui, modifiés, peuvent être utilisés comme agents de guerre biologique y compris sur des secteurs ciblés de population. C’est un domaine entouré du plus dense secret, souvent sous couvert de recherche scientifique civile.

Mais des faits émergent : la présence à Wuhan d’un bio-laboratoire où des scientifiques chinois, en collaboration avec la France, effectuent des recherches sur des virus létaux, parmi lesquels certains envoyés par le Laboratoire canadien de microbiologie. En juillet 2015, l’Institut gouvernemental britannique Pirbright, a breveté aux USA un « coronavirus atténué ». En octobre 2019 le Johns Hopkins Center for Health Security a effectué à New York une simulation de pandémie par coronavirus en prévoyant un scénario qui, s’il se réalisait, provoquerait 65 millions de morts [1]. Mais on ne simule pas la pandémie du virus de la peur, qui se répand avec des effets socio-économiques destructeurs.Manlio Dinucci

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

https://www.voltairenet.org/article209325.html

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[1] « Quand le Forum de Davos se préparait à une pandémie de coronavirus », Réseau Voltaire, 4 février 2020.

Développement de la langue arabe : Éric Zemmour et Jack Lang s’affrontent sur CNews

Editoriaux – Immigration et diversité – Médias – Polémiques – Radio – 26 février 2020

Développement de la langue arabe : Éric Zemmour et Jack Lang s’affrontent sur CNews

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Quand Christine Kelly le présente, mardi soir, dans l’émission « Face à l’info », où il doit débattre avec Éric Zemmour, Jack Lang est aux anges devant l’énumération de ses titres : président de l’Institut du monde arabe, plusieurs fois ministre sous des gouvernements de gauche, maire, député, patron de théâtre, créateur de la fête de la Musique, auteur de plusieurs ouvrages dont le dernier en date, La langue arabe, trésor de France. Éric Zemmour n’a pas de mal à démonter son argumentation.

Il est vrai que Jack Lang paraît plus jeune que ses 80 ans, mais ses idées fleurent le passé. Selon l’ancien ministre, son livre « vise à expliquer au lecteur que nous sommes liés à la culture orientale, à la culture arabe, à la langue arabe depuis des siècles », le titre signifiant que « la langue arabe et la culture arabe appartiennent à notre histoire ». Ce n’est évidemment pas l’avis d’Éric Zemmour, dont les explications ont un effet immédiat : son interlocuteur passe de la suffisance à l’irritation.

Jack Lang est venu faire la promotion de son ouvrage, à cette heure de grande écoute sur CNews, et voici qu’on oppose des arguments à son arabophilie ! Si le polémiste reconnaît son « affection » et son « admiration » pour cette langue « poétique » dans laquelle a baigné son enfance, il conteste que ce soit « une langue de science », encore moins « une langue de France ». Ses connaissances historiques semblent désarçonner son interlocuteur, qui s’accroche à ses certitudes au point que, perdant ses nerfs, il dit à Christine Kelly qu’« [il n’est] pas venu ici pour ça ». Il évoque même le « fanatisme » et l’« obscurantisme » des propos de Zemmour.

La journaliste, avec son habileté coutumière, permet au débat de se poursuivre. Éric Zemmour précise qu’« il y a des spécialistes de l’allemand, aussi, et en 1940, on n’aurait pas dit que l’allemand était un trésor et une langue de France […], que l’arabe, aujourd’hui, c’est aussi une langue que cherchent à développer les services secrets parce que c’est la langue du terrorisme ». Il déclare à Jack Lang : « En parlant de l’arabe comme vous le faites, vous êtes l’idiot utile des Frères musulmans. Ils essayent de réarabiser pour réislamiser. Ça fait trente ans qu’ils font ce boulot-là et vous leur apportez votre caution de républicain. »

Le pauvre Jack Lang en reste coi. Il ne trouve pas d’autre moyen de défendre sa position que de dénoncer les « contre-vérités » et les « mensonges » de son contradicteur. « Ce n’est pas vrai ! », proteste-t-il, comme un enfant pris en faute. Quand, à la fin de l’émission, le polémiste lui lance que son point de vue découle de son « idéologie » et de sa responsabilité à la tête de l’Institut du monde arabe, il l’accuse encore, avant de s’écrouler sur le ring, de « proférer un mensonge ». Zemmour résume la question en soulignant que « les langues sont des outils de conquête ». Jack Lang, comme enfermé dans ses préjugés et ses intérêts, ne l’admet pas. Ainsi passe la gloire d’un vieil éléphant socialiste. 

Eric ZemmourJack Lang

Philippe Kerlouan

https://www.bvoltaire.fr/developpement-de-la-langue-arabe-eric-zemmour-et-jack-lang-saffrontent-sur-cnews/?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=006ef5a818-MAILCHIMP_NL&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-006ef5a818-30450793&mc_cid=006ef5a818&mc_eid=d973bb6006

Coronavirus: Sotheby’s rapatrie ses ventes d’Hongkong à New York

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Coronavirus: Sotheby’s rapatrie ses ventes d’Hongkong à New York

Alors que l’épidémie du coronavirus s’intensifie, la maison de vente américaine déplace sa vente d’art moderne et contemporain d’avril à New York.Par Le Figaro et AFP agencePublié le 25 février 2020 à 15:08, mis à jour hier à 11:18

En réponse à l’épidémie du coronavirus, Sotheby’s délocalise ses ventes d’avril qui devaient se tenir à Hongkong.
En réponse à l’épidémie du coronavirus, Sotheby’s délocalise ses ventes d’avril qui devaient se tenir à Hongkong. Dia Dipasupil/AFP

Le marché de l’art est secoué par l’épidémie du coronavirus. Face à l’intensification de l’épidémie, Sotheby’s a transféré ses principales ventes modernes et contemporaines d’avril qui devaient se dérouler à Hongkong à New York.

Une session de ventes aura notamment lieu la semaine du 16 avril dans les locaux de la maison américaine dans l’Upper East Side de Manhattan: «Cette décision stratégique a été prise après mûre réflexion», a déclaré Kevin Ching, PDG de Sotheby’s Asia, dans un communiqué. Les vacations de peinture, bijoux et montres chinoises qui devaient également se tenir à Hongkong en avril, seront déplacées au mois de juillet dans l’ancienne colonie britannique. Pour Kevin Ching, ces modifications «faciliteront la participation de nos clients asiatiques.»

Ces changements ne sont pas les premières perturbations liées au coronavirus sur le marché international de l’art. Les principales maisons de vente aux enchères ont confirmé que les ventes régulières de la semaine de l’Asie du printemps à New York seraient reportées en juin. Et la foire d’Art Basel, qui devait se tenir fin mars à Hongkong, a été annulée.À lire aussi : Coronavirus: la foire d’Art Basel de Hong Kong annulée en raison de l’épidémie

Cette décision de la maison de vente est une mauvaise nouvelle supplémentaire pour celle que l’on nomme la Perle de l’Orient qui, au cours des derniers mois, a été contrainte d’annuler de nombreux événements sportifs et culturels en raison des manifestations pro-démocratie.

Le territoire semi-autonome est entré en récession courant 2019, victime de la guerre commerciale sino-américaine et du mouvement de contestation pro-démocratie qui a débuté en juin. L’épidémie de pneumonie virale devrait porter un nouveau coup dur à l’activité économique de la mégapole. Certains experts estiment que dans le meilleur des cas, l’épidémie pourrait être ramenée sous contrôle en avril ou mai.

À voir aussi – Coronavirus: la France est-elle à la hauteur?Coronavirus: la France est-elle à la hauteur?Alors que l’Italie tente de contenir le coronavirus au nord du pays, le gouvernement assure que les hôpitaux français sont prêts à accueillir des malades potentiels. Êtes-vous confiant? On en débat.SharePlayUnmuteCurrent Time 1:00/Duration 12:50Loaded: 16.86% Quality LevelsPicture-in-PictureFullscreenLa rédaction vous conseille